Notre futur est inscrit dans notre liberté

Dans sa préface écrite deux mois avant la pandémie, « Trois pas de plus dans l’agonie », Gilbert Dalgalian aborde entre autres, la destruction de l’environnement et du climat, l’impasse du capitalisme, la perte de la démocratie, la démission citoyenne et la délégation de pouvoirs, « Les phénomènes de violence eux-mêmes sont souvent en proportion de la perte de démocratie », les mobilisations à travers le monde, les inégalités, « un joli mot pour dire la misère des uns et l’exubérante accumulation par quelques autres », l’impossibilité d’une auto-abolition des privilèges par les privilégiés eux-mêmes, « Il y aura des heurts, des résistances, des aveuglements, des sabotages et des répressions. La violence est le fruit du système », les capacités – dont les capacités d’auto-intoxication – des humains, « C’est avec les mêmes neurones que se construisent les savoirs et les inepties, la science et la superstition, le vrai et le faux »…

Dans une première sous-partie « La destruction de notre environnement », l’auteur aborde le cumul des menaces qui englobent tous les fondements de la vie, l’oxymore « capitalisme vert », la place de la dette et des armements…

Dans la seconde sous-partie, il analyse « l’agonie amorcée du capitalisme », l’insécurité alimentaire, « une sorte de génocide à bas bruit en somme », la mal nommée intelligence artificielle, la place des ressources extractives…

La troisième partie est consacré au verrou que constitue l’absence de vraie démocratie, la démocratie réduite à la délégation permanente, « Une délégation de pouvoirs, sans mandats impératifs ni contrôle est une mise à l’écart du peuple », les procédures de surveillance des citoyen·nes, la « responsabilité incontrôlée des sommets de l’Etat »…

Gilbert Dalgalian discute ensuite des changements nécessaires de notre rapport à la nature, de nos priorités économiques, de la dette injuste et odieuse, des fonctions régaliennes de l’Etat, de la défiguration des producteurs et des productrices (« de leur expropriation de tout »), des changements impératifs de notre rapport à l’Etat, de contrôle et de délégation, de la notion de vote utile, « le vote utile n’est utile qu’à celui qui en bénéficie ». Il propose des pistes pour inventer « une démocratie authentique », donne place à la désobéissance civile, questionne « Comment mieux anticiper ? Comment prévenir ? Comment corriger ? »…

Je rappelle ma note de lecture, Pour faire un humain, il faut des humains, de la précédente édition, Pour faire un humain, il faut des humains. Je ne reviens pas ici sur le corps du livre. Outre certains éléments de la préface, j’en souligne d’autres extraits du Journal de bord : Leçons cruciales de la pandémie et de sa gestionet de la postface de Bruno Della Sudda, Une crise globale et systémique qui va s’approfondir : covid, résistances, alternatives et actualité de l’autogestion.

Quelques éléments choisi subjectivement dans le Journal de bord du 27 mars au 2 juillet 2020, une catastrophe sanitaire, un certain niveau d’autosuffisance nécessaire, « notamment alimentaire et sanitaire », la solidarité et la sobriété, nos ressources, « la créativité des hommes et des femmes, la coopération solidaire, y compris internationale, la mise au pilori de toutes les formes de racisme, de sexisme et de xénophobie, l’investissement sur la matière grise inépuisable dans tous les domaines », l’annulation des dettes, les solutions concrètes à la crise mises en œuvres par « les personnels de santé, de nettoyage et de voirie, les agents des services publics et de transports, dans une adaptation permanente aux nouvelles contraintes de vie et de survie », les liens entre le réchauffement climatique et la pandémie, les initiatives citoyennes, les Scop, le droit international et la libre circulation des personnes, la convention citoyenne, « Je mets l’ensemble des gauches au défi de suivre l’exemple de la Convention citoyenne : tirer au sort 500 citoyens et citoyennes qui se reconnaissent écolos et de gauche pour définir lors d’un travail commun un authentique programme de sortie du productivisme libéral-répressif », la baisse massive du temps de travail… Je souligne aussi les multiples propositions de l’auteur en matière d’éducation, la polyvalence éducative, la motivation et la curiosité des élèves, une nouvelle philosophie éducative… 

« La crise sanitaire n’est en rien une crise isolée, elle est articulée à une crise plus générale ». En postface, Bruno Della Sudda discute, entre autres, du nouveau cycle de luttes et de mobilisations, de l’autogestion « comme pratique, comme but et comme chemin », de nouvelle culture politique et des dimensions anti-hiérarchiques et anti-autoritaires, de la place du féminisme et de l’écologie, du potentiel des révoltes…

Le titre de cette note est emprunté à Gilbert Dalgalian. Il s’agit de la dernière phrase de sa postface sur la méthode.

Gilbert Dalgalian : L’autogestion : un impératif pour la démocratie

Editions L’Harmattan, Paris 2020, 232 pages, 23,50 euros

Didier Epsztajn


De l’auteur :

Présent et avenir des langues. Une question de civilisation, nous-sommes-la-parce-que-nous-sommes-des-hybrides/

Langues, cultures, peuples, langues-cultures-peuples/

Enfances plurilingues. Témoignage pour une éducation bilingue et plurilingue, langues-vivantes-comme-langues-vecues/

Reconstruire l’éducation ou le désir d’apprendre, un-autre-statut-de-lapprenant-e-pour-rehabiliter-lindividu-e-la-personne-lale-citoyen-ne-en-herbe/

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