Le suprémacisme mâle et son discours contre l’égalité

« Le discours de la crise de la masculinité est à ce point répandu qu’il s’agit aujourd’hui d’un « cliché » ou d’une « sorte de lieu commun », comme le soulignent des spécialistes de la condition masculine en Australie, au Canada, aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni et ailleurs ». En introduction, Francis Dupuis-Déri revient sur « cet homme en crise », sur le discours qui fait des hommes des victimes des féministes, sur la soi-disant indifférenciation et l’égalitarisme. Un discours qui ne vient pas seulement de la droite et de l’extrême droite. Le discours de crise de la masculinité « (ré)affirme perpétuellement une différence et même une opposition entre le masculin et le féminin, mais par des notions floues et mal définies, des stéréotypes et des clichés, dont la « psyché mâle », l’« identité masculine innée », la « nature masculine, autant de concept empruntés de manière aléatoire à la psychanalyse ». Un homme n’est donc (surtout) pas une femme,… qui ne serait peut-être pas vraiment un être humain ! Il faut conforter les places sociales pour les un es et les autres, dans un ordre de « complémentarité » et assurément d’inégalité revendiquée. « Le discours de la crise de la masculinité est donc fondamentalement misogyne, puisque ce qui est féminin est présenté comme un problème, une menace, un élément toxique qui plonge le masculin en crise, qui le détruit, qui le mue en son contraire le féminin ». Un discours de mobilisation sociale des hommes.

Un mouvement social, un mouvement d’hommes, pour les droits des pères, hoministe ou masculiniste, « Face au mouvement féministe qui milité pour la liberté et l’égalité des femmes et des hommes, le masculinisme est un contre-mouvement qui cherche à freiner, arrêter ou faire reculer le processus d’émancipation des femmes, au nom des « droits » et surtout des intérêts des hommes par rapport aux femmes ».

Un mouvement transnational, parfois aux dimensions terroristes (par exemple à l’Ecole polytechnique de Montréal), dont des membres n’hésitent pas à qualifier le féminisme de « menace extrême ».

Comme le souligne l’auteur, le discours sur la crise de la masculinité est en décalage avec « la réalité des rapports entre les hommes et les femmes », la sur-représentation des hommes dans les instances de pouvoir, les différences salariales, le travail (gratuit) des femmes pour accomplir des tâches parentales et domestiques, la double journée de travail des femmes, les violences et les viols qu’elles subissent. En réalité le monde est encore un « boys’ club » où la solidarité entre mâles vise à maintenir le statu quo et refuser toute modification permettant une réelle égalité…

Francis Dupuis-Déri aborde aussi la valorisation des caractéristiques dites masculines, les modèles masculins conventionnels, les « batteurs, violeurs, tueurs de femmes » célèbres et célébrés…

« Ce livre présente ce discours dans l’histoire et dans l’actualité, s’intéresse à sa signification politique et sociale et à ses effets possibles sur le mouvement féministe et sur les rapports entre les hommes et les femmes ».

 

Dans un premier temps, Francis Dupuis-Déri interroge, Crise ou discours de crise ?, la récurrence dans le temps et l’espace, Représentation ou réalité ?, le discours de la crise, la transformation du « contrôle des ressources et des bénéfices concrets tirés du travail des autres » en question « de caractère et de force psychologique », les effets réels du discours, la mise en mouvement d’un ensemble de forces et d’acteurs socio-politiques, « le discours de la crise de la masculinité est un outil pour mobiliser les hommes (et possiblement certaines femmes) contre la menace que représenterait le féminisme et les femmes émancipées, même si les hommes sont encore clairement dominants dans les sociétés », la réaffirmation d’une « identité masculine définie en fonction de critères conventionnels », la logique suprémaciste, le mythe de la pureté de l’identité et le refus de toute hybridation, l’encouragement au mépris des femmes, la haine contre les femmes en général et des féministes en particulier, la panique – la thèse de la pente fatale – face à la promesse de l’égalité, « Il est donc possible de déclarer la fin des hommes parce qu’ils disent qu’ils se sentent assiégés par les femmes, même s’ils ne le sont pas du tout »…

L’auteur revient sur la petite histoire de la masculinité en crise, entre autres, ses expressions survenant « toujours en réaction à l’attitude de femmes qui remettent en cause un tant soit peu quelques normes patriarcales », l’amalgame entre discours sur la crise de la masculinité et discours nationalistes et racistes, Rome avant l’ère chrétienne, la dérive misogyne de l’Eglise catholique vers le XIIe siècle, la loi salique, la recherche d’une nombreuse population, « forte natalité et donc contrôle des corps des femmes », les premiers hommes accoucheurs « comble de la prétention masculine », la mobilisation des institutions au profit des hommes, la distinction des deux sexes, Jean Jacques Rousseau (en complément je souligne les travaux de Geneviève Fraisse), les crises de la masculinité vers 1900, la conquête de l’Ouest aux Usa, la guerre de sécession et la panique « à la fois raciste et sexiste », la soi-disant influence néfaste de l’éducation livresque, la ségrégation scolaire, les notables français à la rescousse du patriarcat, « le discours de la crise de la masculinité de l’époque est aussi une réaction face aux mobilisations des féministes qui tenaient des assemblées, organisaient des congrès, manifestaient pour le droit de voter et d’être élues, pour « l’amour libre » et la contraception et pour la protection des prostituées », la mâle inquiétude face aux premières femmes obtenant le statut d’avocate et autres professions de prestiges, l’importance de « consolider la binarité des sexes et hétérosexualité », l’antiféminisme et le sexisme, « Le féminisme était alors accusé de détruire la famille, car il prônait le travail salarié des femmes, il détournerait celles-ci de la maternité et détruirait la différence entre les sexes », les politiques natalistes après la première guerre mondiale, en Allemagne la nation contre l’émancipation des femmes, la crise de la masculinité et la masculinisation des femmes, l’antisémitisme et la répulsion contre les femmes émancipées…

L’auteur discute aussi des soi-disant « Nations matriarcales », du retournement des assassins en victimes, des guerres et des génocides, de la déresponsabilisation des hommes, « Même si les masculinistes s’amusent à traiter les féministes de « féminazis », il n’y a jamais eu un tel génocide féministe – jamais », des justifications des mesures de coercition par des gouvernements autoritaires, de ceux qui sont considérés soit castrés ou super-virils, du recyclage des discours racistes et masculinistes au gré des générations, de la valorisation de l’identité « par les mêmes références à l’action, à la force et à la violence », de la revendication de la suprématie mâle, de cette crise permanente – un contresens en soi – qui permet de poursuivre certains objectifs « discréditer les femmes et présenter leurs avancées comme une menace, un scandale, une catastrophe, une monstruosité ; réaffirmer une division binaire des sexes assignant des fonctions supérieures aux hommes, et mobiliser ou développer des ressources pour les hommes ». Il convient de connaître la longue histoire de la rhétorique masculine qui prétend que les femmes sont trop influentes et dominatrices…

Le troisième chapitre est consacré au mouvement des hommes des années 1960 à aujourd’hui, les premières organisations créées par des hommes pro-féministes, les lignes de tension et les éléments contradictoires, les évolutions du pro-féminisme anti-sexiste au masculinisme misogyne et antiféministe, « Il faut dire que la non-mixité pour les dominants n’a pas la même signification politique ni le même effet que pour les subalternes », la tangente prise par le « mouvement des hommes ». L’auteur détaille les tendances masculinistes et leur perspective « défensive » des « droits des hommes », leur souvent anti-féminisme implicite, le discours haineux envers les femmes et les féministes, les réseaux néo-nazis et la place du déclin de la nation ou de la « race », les suprémacistes blancs affirmant « que l’égalité et les politiques antidiscriminatoires représentent des menaces pour la supériorité naturelle des Blancs et aboutissent fatalement au génocide de la « race » blanche », sans oublier l’odieuse expression de « féminazisme »…

Francis Dupuis-Déri revient sur l’« identité masculine », l’idéologie de détermination des identités masculines et féminine par la configuration morphologique des organes génitaux, « Les envolés lyriques et théories farfelues au sujet de nos organes génitaux ne servent qu’à justifier l’accaparement des fonctions politiques, économiques, sociales et culturelles différentes et inégales pour les hommes et les femmes, qui ont pourtant les mêmes capacités humaines », le mythe de l’« âge des cavernes » et des spécialisations des rôles sexués dans la préhistoire, les références « à Dieu, à la préhistoire, au pénis ou aux hormones » et à la définition d’une identité masculine « puissante et dominante, active et violente », les réponses féministes en terme de lutte pour l’égalité et la liberté des femmes…

« DE TOUTES LES TENDANCES du Mouvement des hommes contemporains, celle des groupes de pères divorcés ou séparés est sans doute la plus influente et la plus militante ». Francis Dupuis-Déri détaille le profil des groupes de pères, le lobbying pour obtenir une loi imposant la garde alternée, la dénonciation de l’« Etat féminofasciste », les procédures judiciaires, leur médiatisation comme en égalité avec les mobilisations des femmes pour leurs droits…

Dans le chapitre suivant, l’auteur discute de l’identité masculine et du travail salarié dans l’oubli des difficultés des femmes (il rappelle à juste titre les grèves déclenchées contre le travail salarié des femmes), des Angy White Men, « Ils se prétendaient floués par les femmes et les immigrants qui auraient volé leurs emplois, entre autres grâce à des programmes préférentiels d’embauche », de l’inégalité persistante entre hommes et femmes, du travail gratuit de femmes pour les hommes célibataires, de la prostitution et de la suprématie mâle, de l’auto-victimisation des hommes alors « qu’ils tirent profit du travail domestique et de la sexualité des femmes ». Il insiste sur le brouillage de la compréhension sociale et le détournement de l’attention de réalités. Il rappelle aussi que les problèmes économiques et leurs effets sur les populations sont « le résultat de la libéralisation économique imposée par l’élite du pays, en grande majorité masculine ». Une sous partie est consacrée aux « marxistes et anarchistes masculinistes » (l’exemple d’Alain Badiou aurait pu être complété par le rappel de son soutien aux pires exactions de la révolution culturelle chinoise, à la dictature albanaise et aux génocidaires khmers rouges). Une histoire banale du refus de l’égalité, de Sylvain Maréchal à Joseph Proudhon, de syndicalistes révolutionnaires d’action directe du début du XXème siècle aux « célèbres philosophes anticapitalistes ».

Si cette « crise » n’a pas le mérite de la nouveauté, il convient de s’interroger sur les symptômes et les discours dans leurs formes actuelles, le remplacement de la domination de l’« épouse acariâtre » par la « femme divorcée », les discours sur la séduction et le soi-disant féminisme « puritain, antisexe et anti-homme », l’inégalité et la domination comme stimulant du désir, les difficultés scolaires des garçons mis sur le compte des femmes, les clichés de comportement dérivés ou inspirés par les comportement des animaux, le « garçon » permettant de ne pas s’interroger sur qui réellement a des difficultés, « L’école n’est pas un espace neutre », la valorisation des comportements agressifs et violents…

Francis Dupuis-Déri discute, entre autres, des suicides, de la symétrisation des violences familiales, des soi-disant responsabilités des femmes, « Les femmes ont certes gagné le droit de divorcer, mais on les accuse de tuer leur ex-conjoint si elles l’exercent », des discours masculinistes ne mentionnant pas « le racisme, l’homophobie et la transphobie comme facteurs de risque pour le suicide », de la pression sociale à se conformer au modèle hétérosexuel, « l’identité masculine conventionnelle semble faire partie du problème du suicide, et non de la solution », d’acceptation ou non de sa vulnérabilité, de l’éducation traditionnelle et machiste, de l’idée du « père sacrifié », de la division sexuelle du travail, des règlements à l’amiable dans 80% des divorces (et des 10% de jugements par défaut) et des 10% qui donnent lieu à des batailles juridiques, des conceptions conservatrices des rôles parentaux, des hommes violents considérés comme de bons pères, de l’argent qui semble bien la principale préoccupation des pères lors des divorces, des problèmes de contestation et de non-paiement des pensions alimentaires, de la référence à l’égalité bien oublieuse des inégalités existantes, de l’inégalité post-divorce, des pères qui prétendent que les enfants formulent de fausses allégations en matière de violence physique et sexuelle, de l’invention de la symétrie des hommes battus, des demandes d’arrêt de subventions aux centres d’hébergement pour femmes violentées, des contestations des lois protégeant les femmes contre les violences (ne pas oublier les exemples de l’église orthodoxe russe ou du parti d’extrême-droite Vox dans l’état espagnol), du faible nombre de femmes portant plainte, de l’emprise du conjoint, de la macabre réalité des femmes tuées par les ex-conjoints, des femmes qui ont parfois recours à la violence et même au meurtre « comme moyen de défense contre un conjoint violent », des tactiques d’occultation, de la psychologisation et du refus de l’analyse politique de tous les meurtres de femmes (féminicides), des logiques politiques de domination et de prise de contrôle, « la violence conjugale sert souvent à restreindre l’autonomie et la capacité d’affirmation des femmes dans le but d’assurer aux hommes le contrôle de leurs conjointes et de leurs enfants »…

En conclusion de ce chapitre, l’auteur souligne « La propagande de la crise de la masculinité à l’époque actuelle en Occident est traversée par quatre principaux discours, à savoir les difficultés scolaires des garçons, le suicide au masculin, les problèmes des pères lors des divorces et des séparation et la symétrie de la violence conjugale ainsi que des hommes battus », la réponse en termes de (ré)affirmation d’une identité masculine associé à quelques clichés sexistes, « Ces discours permettent de contester l’idéal féministe d’égalité entre les sexes et d’accuser les féministes et les femmes – mères, institutrices, épouses – d’être responsables de tous les problèmes des hommes »…

Dans sa conclusion, « Crise de la masculinité et refus de l’égalité », Francis Dupuis-Déri parle de l’élasticité de la notion de crise de la masculinité, de discours de propagande pour la suprématie mâle, de discours de crise plutôt que d’une réelle crise, « Les hommes ne sont pas en crise, mais ils font des crises, réellement, au point de tuer des femmes », d’égalité, « Si le masculin est synonyme de hiérarchie, de domination et d’inégalité entre les sexes, le masculin serait par essence incompatible avec l’égalité des sexes, et donc par essence antiféministe »…

Une étude remarquable à faire connaître.

Masculinité, virilité, féminité, les habits bariolés du système de genre, les travestissements tenaces d’une catégorisation et d’une hiérarchisation sociale. Les oripeaux d’identité politique, « Malgré l’illusion qui nous pousse à croire que l’identité masculine est quelque chose que nous avons en nous, il s’agit donc en fait de quelque chose que je fais et pratique avec moi et les autres, dans mes rapports matériels et symboliques avec les femmes et les autres hommes », de l’inégalité sexuée valorisée au nom de dieu, la nature, de la bandaison… « Le discours sur la crise des hommes relève donc d’une attitude antiféministe, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une rhétorique servant à freiner ou faire reculer le féminisme en discréditant, ou en le déclarant coupable de la souffrance des hommes et de tous leurs problèmes ».

Francis Dupuis-Déri : La crise de la masculinité

Autopsie d’un mythe tenace

Editions du remue-ménage, Montréal (Québec) 2018, 320 pages, 22 euros

Didier Epsztajn


En complément possible :

Sous la direction de Christine Bard, Mélissa Blais, Francis Dupuis-Déri : Antiféminisme et masculinismes d’hier et d’aujourd’huirefus-des-droits-et-de-lautonomie-des-femmes-reaffirmation-du-pouvoir-des-hommes/

Irene Zeilinger avec la participation de : Abigail, Aïchatou, Alexandra, Amandine, Anne-Virginie, Cécile, Constance, Duar, Eva, Karima, Johanna, Lison, Lucie, Marta, Nastasia, Natalia, Nicola,Valérie et Véronique Clouez le bec à l’anti-féminisme ! Guide de défense verbale pour féministespourquoi-le-choix-detudes-ou-dune-profession-devrait-elle-dependre-des-parties-genitales-dune-personne/

Francis Dupuis-Déri : Quand l’antiféminisme cible les féministes. Actions, attaques et violences contre le mouvement des femmeslantifeminisme-une-des-nombreuses-entraves-a-lavancee-des-femmes-vers-la-liberte-et-legalite/

Mara Viveros Vigoya : Les couleurs de la masculinité. Expériences intersectionnelles et pratiques de pouvoir en Amérique du Sudlordre-du-genre-les-masculinites-et-leurs-violences/

LA FABRIQUE DU VIRIL : l’apprentissage de la masculinité toxique. Interview d’Olivier Manceron par Francine Sporendala-fabrique-du-viril-lapprentissage-de-la-masculinite-toxique/

Cahiers du genre N°52 : Les ANTI féminismes, des-reactions-masculines-a-lerosion-de-certains-de-leurs-privileges/

Collectif Stop Masculinisme : Contre le masculinisme. guide d’autodéfense intellectuellepirouettes-rhetoriques-concepts-farfelus-inversion-des-roles-travestissement-des-realites-et-toujours-le-refus-de-legalite/

John Stoltenberg : Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la viriliténous-sommes-toutes-et-tous-des-etres-humains/

Jules Falquet : préface au livre de Pinar Selek, Devenir homme en rampantjules-falquet-2013-preface-au-livre-de-pinar-selek-devenir-homme-en-rampant-paris-lharmattan/

Pierre-Guillaume Prigent : Les mécanismes de la violence masculine contre les mères séparées et leurs enfantscest-des-yeux-quil-faut-enlever-le-sable/

Sur de récentes revendications masculinistes, voir par exemple :

Les « paternités imposées », l’invention d’un faux problèmeles-paternites-imposees-linvention-dun-faux-probleme/

Contre le masculinisme et pour l’égalité entre femmes et hommescontre-le-masculinisme-et-pour-legalite-entre-femmes-et-hommes/

Geneviève Roy : des-hommes-qui-resistent/

Zéromacho : des-hommes-sur-des-grues-et-alors/

Patric Jean : lamendement-sur-la-garde-des-enfants-donne-raison-aux-peres-perches/

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