Archives de Catégorie: Jazz

C’est les vacances. Le temps du jazz.

Les festivals de toute nature fleurissent. Beaucoup sont organisés par des retraité e s qui ont le temps de vivre leurs passions. C’en est trop, sans doute, pour ce gouvernement – comme les précédents – qui veut retarder l’âge d’entrée dans cette retraite et diminuer le montant de la pension pour nous forcer à rester tributaire du travail contraint et du « despotisme d’usine », pour citer Marx – logique en ce 200anniversaire de sa naissance. Même les fonctionnaires sont soumis à ce régime qui passe désormais par la tyrannie du nombre qui, comme le démontre Alain Supiot, est une ouverture vers la dictature.

Lutter pour nos retraites fait partie intégrante d’un combat pour l’accès à la culture et à l’éducation populaire, pour la libération du travail, pour l’émancipation des individus. Faute de ce carburant des « libéré e s du travail », les festivals ont tendance à s’enfoncer dans la marchandisation sans trouver l’étincelle de créativité qui fait toute la différence. Les collectivités territoriales qui subventionnent sont trop souvent conduites par la renommée attachée à la réussite. Réussir est une contrainte qui pèse sur la capacité à présenter des spectacles qui ne pourront pas réunir beaucoup de monde. C’est une insulte à la possibilité même de créer qui inclut l’échec. Sinon pas d’avant-garde, pas de mise en cause des dogmes.

Notre société installée sur les bases de l’idéologie libérale ne sait plus permettre les expériences. Le jazz – même au pluriel – a comme fonction de bousculer tous les arts établis pour proposer une autre vision, révoltée, bleu et libératrice. Le jazz dans sa définition première, originelle. Lire la suite

Workshop de Lyon

« 50 ANS. C’est une chose qu’on n’imagine pas qu’elle puisse arriver et, quand elle arrive, qu’on ne réalise pas ! Que l’on a d’ailleurs jamais souhaitée ! Comment l’aurait-on pu et à partir de quel moment de l’histoire du Workshop, ce groupe dont les répertoires scandent les années depuis 1967, peut-on s’arrêter et regarder en arrière ?… Lire la suite

Jazz, une musique qui n’oublie rien. Mémoires d’avenir

« Lucky Dog » – pourquoi les chiens ne seraient pas heureux ? – est un groupe à géométrie variable fondé par le saxophoniste, ténor et soprano, Frédéric Borey. Il suit la voie ouverte par le groupe de Don Cherry, « Old and New Dream », une devise qui lui sied à merveille. Lui et ses compagnons, qu’il entraîne dans son infortune, nous baladent entre vieux et nouveaux rêves, dans un espace qu’ils arrivent à rendre particulier et qui demande à être visité. Chacun, dans le groupe à la fois suit son inspiration et la partage avec les trois autres pour créer un son d’ensemble. Manière de lier l’individuel et le collectif en processus créatif. Lire la suite

Trio : batterie, contrebasse et piano (11)

« Le » trio par excellence. Volontairement j’ai indiqué les instruments par ordre alphabétique. Une diversité surprenante, des inventions et des (dés)équilibres toujours renouvelés, des surprises encore, malgré les effets de mode de certains.

Au hasard de ré-écoutes récentes. Voir les précédentes notes : Trio : batterie, contrebasse et pianoTrio : batterie, contrebasse et piano (2)DAG trio : « Upcoming summer » : Un trio,Trio : batterie, contrebasse et piano (3)Trio : batterie, contrebasse et piano (4)trio-batterie-contrebasse-et-piano-5/trio-batterie-contrebasse-et-piano-6/trio-batterie-contrebasse-et-piano-7/trio-batterie-contrebasse-et-piano-8/Tommy Flanagan : Giant Steps hommages-3/,trio-batterie-contrebasse-et-piano-9/trio-batterie-contrebasse-et-piano-10/    Lire la suite

Du coté du jazz (juin 2018)

Musicienne de notre temps

Marjolaine Reymond fait partie d’une génération de vocalistes qui sont aussi compositeure et arrangeure qui ne connaissent pas les frontières – pour le moins étrange – qui ont marqué les mondes de la musique. Elle se sert aussi bien de sa technique vocale acquise dans le cadre de la musique contemporaine que dans celui du jazz, découvert plus tard. Elle s’inspire autant des bréviaires du Moyen-Âge, « Le Bestiaire » qui forme le livre I de cet album, que des « Métamorphoses » – livre II -, « l’Odyssée » de Homère – livre III – ou de « l’Exode » de l’Ancien Testament pour forger des images de notre monde, un monde bestial, en train de subir des métamorphoses, qui refuse toutes les odyssées – y compris celle d’« Ulysse » de James Joyce – même s’il vit au rythme des exodes successifs. Lire la suite

Jazz, Dave Liebman, rencontre au sommet

Sous la cendre, la création encore.

Aucun album signé par Dave Liebman, saxophone soprano, ténor et flûtes, ne laisse tranquille. La sonorité des instruments qu’il se refuse à cajoler est au service de compositions interrogatives sur notre monde absurde tout en dégageant créativité et émotions. Il sait alterner les voix et les métriques pour envoyer l’auditeur vers d’autres horizons. Un de ceux qui marquent le passage entre les deux siècles. Lire la suite

Whirlwind – un label indépendant – côté saxophonistes

Tim Armacost et le NYSQ.

Une carrière déjà bien remplie pour Tim Armacost, saxophone ténor et soprano , né à Los Angeles et qui a créé son quartet, comme les initiales l’indiquent – NYSQ – à New York. Récompenses multiples pour ce musicien qui a commencé à se faire connaître au Japon. Il se situe, pour cet album « Sleight of Hand » – tour de passe-passe -, apparemment dans la lignée de Sonny Rollins et de toute la tradition du bop et du hard bop. Les compositions choisies en témoignent avec trop d’évidence, de « Soul Eyes » à « Lover Man » en passant par « Ask Me Now » et « I Fall In Love To Easily » ou une recréation d’un thème de Hank Mobley. Une seule composition originale due à la plume du pianiste du groupe, David Berkman… « Sleight of Hand » qui résume la démarche de « NYSQ », faire supporter aux oreilles et au cerveau un semblant de reconnaissance pour mieux tromper la connaissance. Lire la suite