Archives de Catégorie: ATTAC/COPERNIC /CADTM/CETIM

Droits humains dans le contexte de la pandémie de Covid-19

Le confinement a démontré l’importance du respect et de la mise en œuvre effective de tous les droits humains.

Le confinement (généralisé ou partiel) décidé progressivement par la quasi-totalité des gouvernements à l’échelle mondiale, suite à la pandémie de Covid-19 en cours depuis quelques mois, a démontré, si besoin est, l’importance du respect et de la mise en œuvre effective de tous les droits humains (civils, politiques, économiques, sociaux et culturels), tout en mettant en lumière de nombreuses violations de ces mêmes droits. Lire la suite

Covid-19 : bilan d’étape de la crise multidimensionnelle et pistes alternatives

La crise sanitaire est loin d’être résolue. Le système capitaliste et les politiques néolibérales ont joué un rôle fondamental à tous les stades. Il est utile de réaliser un premier bilan d’étape des derniers mois. Cette crise représente aussi l’occasion de prendre conscience de la nécessité de modifier radicalement la société dans son mode de vie, son mode de propriété, son mode de production et son rapport à la Nature. Seule l’auto-organisation et l’action populaire pourront permettre les changements nécessaires. Lire la suite

« Plus jamais ça ! » (plus texte Attac)

18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer « le jour d’après »

En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des « décisions de rupture » et à placer « des services (…) en dehors des lois du marché ». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde. Lire la suite

Un autre projet de retraites est possible

La réforme des retraites voulue par le gouvernement constitue un changement de système, avec le passage à un régime unique, fonctionnant par points, ce qui, par construction, ne donne aucune garantie sur le futur montant de la pension. Surdéterminant tout, il est prévu un plafonnement des dépenses de retraite à leur niveau actuel, soit 13,8% du produit intérieur brut. Alors que la proportion de retraité·es dans la population va augmenter, limiter la part de la richesse produite qui leur revient signifie programmer leur appauvrissement par rapport à la population active.

Cette nouvelle réforme représente une rupture par rapport aux précédentes du fait de la modification structurelle du système, mais elle se situe néanmoins dans la même logique qui vise à diminuer les dépenses publiques et ouvrir la voie à la retraite par capitalisation. Nous refusons ce projet. Le système de retraites actuel doit être amélioré (1) et il est possible de le faire en harmonisant par le haut les différents régimes à partir de principes communs que nous mettons ici en débat (2). Nous présentons ensuite différentes pistes pour financer ces améliorations (3).

Ce qui suit doit être considéré comme des éléments de débat susceptibles d’être améliorés, notamment dans la troisième partie sur le financement. Lire la suite

Un président peu légitime, sourd et violent parle de démocratie

« Nous sommes une démocratie. Et une démocratie, c’est un système politique où l’on choisit nos dirigeants. C’est un système politique où l’on choisit les représentants qui auront à voter librement les lois qui régissent la société. […] Ça veut dire que la liberté du peuple et sa souveraineté sont reconnues. […] Dans une démocratie, on a un devoir de respect à l’égard de ceux qui représentent et portent cette voix, parce que précisément, on a le pouvoir de les révoquer. […] Une dictature, c’est un régime où une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c’est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. […] La dictature, elle justifie la haine. La dictature, elle justifie la violence pour en sortir. Mais il y a en démocratie un principe fondamental : le respect de l’autre, l’interdiction de la violence, la haine à combattre ». Ces propos d’Emmanuel Macron à Radio J au retour de son voyage en Israël le 23 janvier 20201 reprennent ce qu’il a affirmé auparavant à plusieurs reprises2.

Emmanuel Macron cherche ainsi de manière répétitive à nous convaincre que les manifestations des Gilets jaunes comme du mouvement actuel contre son projet de réforme des retraites sont inadmissibles dans notre système démocratique. Il estime en effet que la démocratie consiste à choisir ses représentants, puis à les laisser agir comme ils l’entendent (« librement »), et à les sanctionner éventuellement à la prochaine élection. Il n’y a alors aucune place pour « la haine, la violence et l’irrespect » que seule justifie la dictature.

C’est une conception très particulière de la démocratie et une analyse pour le moins biaisée de notre système politique et de son fonctionnement actuel. Même dans le cadre parfaitement contestable de la Constitution de la 5e République, cela pose en effet quelques questions quant à la sincérité des dernières élections présidentielles, au degré de légitimité du président de la République, quant au respect par ce dernier de son programme électoral, quant à la nécessité de valider en permanence la légitimité du pouvoir, quant à la légitimité de la violence d’État comme de celle des citoyens. Lire la suite

Derrière les clics, la destruction de l’environnement et des droits sociaux

Évasion fiscale massive, développement d’entrepôts entièrement robotisés, livraisons par drones, repas fournis en moins de 30 minutes, salarié·e·s sous surveillance, reconnaissance faciale, destruction d’invendus… Le monde selon Amazon, première capitalisation boursière au monde, semble s’inspirer d’une science-fiction. C’est pourtant une réalité chaque jour plus concrète.

Cette position invasive et omnipotente, Amazon a pu l’acquérir en s’affranchissant d’une série de règles et de lois. Jeff Bezos, multimilliardaire à la tête de la firme, a su construire sa suprématie au détriment du respect des normes les plus élémentaires. Lire la suite

ONU : Contribution du CADTM sur l’endettement privé et les droits humains

Nous publions ici notre contribution à l’appel de l’Expert indépendant de l’ONU chargé d’examiner les effets de la dette extérieure et des obligations financières internationales connexes des États sur le plein exercice de tous les droits humains, M. Juan Pablo Bohoslavsky. M. Bohoslavsky – dans la préparation de son prochain rapport thématique au Conseil des droits de l’homme portant sur l’endettement privé et les droits humains – a fait appel au CADTM ainsi qu’à d’autres organisations de solidarité internationale. Ce rapport sera présenté au Conseil des droits de l’homme, à l’occasion de sa 43e session, en février/mars 2020. Lire la suite

Alerte sur la sophistication des techniques d’endettement illégitime via la téléphonie mobile

A l’ère de la téléphonie mobile généralisée, on assiste à une sophistication des techniques employées par certaines firmes capitalistes pour généraliser l’endettement illégitime des classes populaires.

Au Kenya, pays de 50 millions d’habitants, considéré comme à la pointe de la téléphonie mobile et de la digitalisation, des firmes capitalistes ont développé les crédits par téléphone en proposant différentes applications qui permettent aux usagers de contracter un crédit très rapidement et facilement. Lire la suite

L’appel « Contre Amazon et son monde »

La satisfaction du client, c’est l’obsession affichée de Jeff Bezos patron d’Amazon, le géant du e-commerce aux 180 millions de références. Sa stratégie : le « day one », soit maximiser les cadences de préparation des colis pour livrer en moins d’un jour, moins d’une heure et peut être moins d’une demi-heure grâce à des drones de livraison. Son ambition : créer un écosystème complet avec des maisons connectées, des e-books, de la musique, des séries, des films… pour générer toujours plus de commandes de ses produits à bas prix. Mais, derrière le héros du néolibéralisme 2.0, se cache une vision du monde que nous devons combattre. Lire la suite

Contre les logiques d’accumulation privée sans fin

Limitation des revenus, limitation de la propriété. « Le propos de ce manifeste de la Fondation Copernic est de rendre légitime cette limitation aux yeux du plus grand nombre et que ces deux questions sont liées »

Les politiques néolibérales exacerbent les inégalités. Comment y opposer « l’urgence économique, sociale, écologique et démocratique », de nouvelles formes de protection pour toustes ? Lire la suite

Qui finance réellement qui ?

« 60 ans après la proclamation de l’indépendance, le Maroc est resté dépendant et soumis à la volonté des institutions impériales mondiales »

En introduction, les auteurs et autrices, abordent entre autres, les programmes d’ajustement structurel, les accords de libre-échange, la destruction du tissu productif local, le pillage des richesses, la destruction de l’environnement, le bilan économique et social des politiques libérales et son impact particulier sur « les pauvres et particulièrement sur les femmes », les encouragements à l’« esprit d’entreprise », la stimulation des micro-entreprises, l’« initiative nationale de développement humain »… Lire la suite

Désobéissance civique et démocratie contre l’ordre des traités

Je suis en cours de lecture d’un autre document, « Manifeste pour un nouvel internationalisme des peuples en Europe ». Et au delà des accords et des désaccords, il me semble y avoir des problèmes de contextualisation, de non ou mal-prise en compte d’éléments déterminants pour assoir des analyses et des propositions.

Je commence donc par un pas de coté. Plus exactement j’élargis le point de départ de l’analyse. Il s’agit ici d’une première approche limitée sur laquelle j’espère pouvoir revenir. Lire la suite

La crise économique et les banques centrales 

Les éléments d’une nouvelle crise financière internationale sont réunis, on ne sait pas quand elle va éclater mais elle éclatera et son impact sur toute la planète sera important.

Les principaux facteurs de crise sont :

L’augmentation très forte des dettes privées des entreprises, d’une part, et d’autre part, la bulle spéculative sur les prix des actifs financiers : bourses des valeurs, prix des titres de la dette, et, dans certains pays (États-Unis, Chine, …), de nouveau le secteur immobilier. Les deux facteurs sont étroitement interconnectés. Lire la suite

Alarmé par la répression féroce contre le mouvement des « gilets jaunes », le CETIM saisit le Conseil des droits de l’homme de l’ONU

Dans sa déclaration, le CETIM demande au gouvernement français de cesser immédiatement la répression à l’égard des manifestant-e-s. Il lui demande aussi d’honorer ses engagements internationaux en matière de droits humains et de droit du travail.

En effet, le mouvement des « gilets jaunes » se heurte à la pire recrudescence de violences policières depuis la guerre d’Algérie. A titre d’exemple, le 1er décembre 2018, 7 940 grenades lacrymogènes ont été tirées, 800 grenades de désencerclement, 339 grenades de type GLI-F4 (munitions explosives), 776 cartouches de LBD, etc. Selon les chiffres provisoires, on compte plus d’une dizaine de morts accidentelles, plusieurs milliers de blessés dont une centaine grièvement, plusieurs centaines de personnes condamnées et/ou incarcérées.

Le mouvement des gilets jaunes découle des mobilisations antérieures et des grèves qui se multiplient pratiquement dans tous les secteurs (publics et privés) pour protester contre la flexibilisation du marché du travail. La réponse des autorités françaises est la répression et l’entrave des activités syndicales. Discriminations salariales contre des syndicalistes, licenciements abusifs de grévistes, pressions exercées par des menaces ou des sanctions disciplinaires, restrictions des droits syndicaux ou du droit de grève, voire criminalisation de l’action syndicale… Sans parler des récentes réformes gouvernementales du code du travail qui pénalisant encore plus les mouvements sociaux. Lire la suite

Pourquoi l’annulation de la dette allemande de 1953 n’est pas reproductible pour la Grèce et les Pays en développement

L’Allemagne a bénéficié à partir du 27 février 1953 d’une annulation de la plus grande partie de sa dette. Depuis cette annulation, qui a permis à l’économie de ce pays de reconquérir la place de principale puissance économique du continent européen, aucun autre pays n’a bénéficié d’un traitement aussi favorable. Il est très important de connaître le pourquoi et le comment de cette annulation de dette. Résumé de manière très concise : les grandes puissances créancières de l’Allemagne occidentale voulaient que l’économie de celle-ci soit réellement relancée et qu’elle constitue un élément stable et central dans la lutte entre le bloc atlantique et le bloc de l’Est.

Une comparaison entre le traitement accordé à l’Allemagne occidentale d’après-guerre et celui imposé aux Pays en développement ou à la Grèce d’aujourd’hui est révélateur de la politique du deux poids deux mesures pratiquée systématiquement par les grandes puissances.  Lire la suite

Une délinquance autorisée en bandes organisées

En France, les 40 multinationales qui composent le CAC 40 pèsent aujourd’hui plus de 1 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit l’équivalent de plus de la moitié du PIB de la France.

Des « fleurons » promus et soutenus par les pouvoirs publics, une forme bien actuelle de l’impérialisme. « Si les résultats économiques et financiers sont généralement mis en avant, la situation faite aux travailleurs et travailleuses, les inégalités entre hommes et femmes, la préservation du climat, le partage des richesses, les droits humains ou la pollution, ne sont généralement pas traités avec le sérieux nécessaire ». Lire la suite

Contre les visions néolibérales des lendemains… qui déchantent

Il me semble judicieux de comparer, comme le font les auteurs et les autrices, l’instauration de la Vème République par Charles de Gaule et l’élection présidentielle de 2017. « Dans les deux cas, des partis de gouvernement, apparemment solidement implantés, se sont vus laminés et un nouveau parti sorti de nulle part, créé pour et autour d’un homme, s’est imposé ». Des partis qui s’auto-désignent « mouvements », des hommes se présentant comme « providentiel », après des épisodes où la(les) gauche(s) ne respectent ni leurs engagements ni leurs promesses et mènent des politiques largement empruntés/soumis aux courants dominants du monde capitaliste. Lire la suite

Dette : un outil politique de dépossession

« Avant-propos

Déjà avant le début de ce qui deviendra la « crise grecque » en 2010, le CADTM – Comité pour l’abolition des dettes illégitimes – s’intéressait de près à la dette grecque et aux conséquences de son remboursement sur la population. Depuis plusieurs années, il s’efforce de proposer des analyses émancipatrices et des alternatives en lien avec les mobilisations grecques contre la dette illégitime. En 2015, le travail du CADTM concernant la Grèce s’intensifie, lorsque Syriza, un parti anti-austérité, gagne les élections et que la présidente du parlement grec met en place une commission d’audit, dont le porte-parole de notre réseau assure la coordination scientifique.

Depuis lors, plusieurs vidéos ont été réalisées par le CADTM en collaboration avec ZIN TV, les Productions du Pavé et les Films du Mouvement. Ces outils vidéo ont permis de vulgariser nos analyses, déconstruire des idées reçues et expliquer des mécanismes parfois complexes. Réalisées pendant ou peu de temps après l’expérience « Syriza », certaines de ces vidéos permettent également de documenter et de poser un regard critique sur cette séquence politique en tant que tentative avortée d’un pays de l’Union européenne de rompre avec l’austérité. Lire la suite

Mémorandum : ATTAC Maroc soutient le boycott citoyen de produits de consommation commercialisés par des grands groupes capitalistes

Pour l’élargissement de la campagne contre la Hogra et pour la dignité, la liberté et la justice sociale.

Le boycott citoyen de trois produits de consommation (le lait de Central, eau minérale Sidi Ali et les carburants des stations Afriquia) commercialisés par de grands groupes privés (la Société Centrale Laitière affiliée à la multinationale française Danone, spécialisée dans le lait et ses produits, la société des eaux gazeuses Oulmès appartenant au groupe Holmarcom de la famille Bensaleh, et la société de distribution de carburants Afriquia appartenant au groupe Akwa de la famille Akhannouch) a connu un large succès. Avec détermination et créativité, le peuple marocain résiste à de grands groupes capitalistes locaux et internationaux qui pillent les richesses du pays et appauvrissent les citoyens. Lire la suite

Pas de contribution commune sans participation commune

Réforme fiscale ou contre-révolution fiscale, les baisse d’impôts contenues dans les récentes lois de finance garantissent une hausse de revenus pour celles et ceux qui possèdent déjà le plus de richesses. De nouveaux privilèges fiscaux pour les privilégié·es, une redistribution à l’envers…

« L’objectif de ce livre est de montrer en quoi la justice fiscale, qui serait fondée sur un système fiscal véritablement consenti par la population, car équitablement réparti en proportion des facultés de chacun, et assurerait un bien-être collectif et individuel, est non seulement possible à mettre en œuvre mais absolument nécessaire ». Il faut donc privilégier les impôts directs et leur progressivité, lutter contre l’évitement de l’impôt « c’est à dire la fraude et l’optimisation fiscales ». Lire la suite