Archives de Catégorie: ATTAC/COPERNIC /CADTM/CETIM

La politique migratoire européenne et le régime marocain sont tous les deux responsables du drame de Ceuta

Depuis le lundi 17 mai, plus de 8000 personnes migrantes ont franchi la frontière qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Ceuta et près de la moitié ont déjà été refoulée dans le chaos. Sur fond de crise diplomatique, cette nouvelle tragédie est le symbole de la violence d’un système de dépendances néocoloniales imposé par les puissances européennes avec la connivence de ceux qui gouvernent au Maroc. Lire la suite

Fuir la misère… pour en trouver une autre

Prendre ses valises et quitter son pays pour construire un avenir meilleur, c’est facile à dire mais peu de personnes réussissent vraiment à le faire. J’ai quitté l’Afrique pour rejoindre l’Europe, là où les droits humains sont protégés. « L’Europe est le continent des droits humains ».

Cette phrase, vous pouvez l’entendre dans la bouche de toutes les personnes migrantes qui viennent d’arriver. Mais à peine quelques mois après être arrivées dans un pays européen, cette phrase commence à changer dans la tête de toutes les personnes migrantes qui rencontrent les premières difficultés administratives et financières, comme la difficulté d’obtenir un titre de séjour, de trouver un toit pour être à l’abri du froid. Tout cela entrave le droit de vivre tout simplement là où on se sent en sécurité. Alors, les personnes migrantes doivent parfois s’endetter pour accéder à certains droits, pour pouvoir par exemple payer les frais de procédure d’asile une fois arrivées dans un pays. Lire la suite

Travailleuses domestiques migrantes au Liban, le parcours de la dette

Au Liban, le travail domestique est majoritairement occupé par des femmes, principalement originaires d’Asie et d’Afrique, qui ont généralement dû s’endetter dans leur pays d’origine pour migrer. Une fois au Liban, ces dernières font face à des contraintes et des violences de traitement, en plus des difficultés financières qu’elles rencontrent pour survivre au quotidien. La crise économique qui accable actuellement le Liban accroit les besoins financiers de ces femmes qui n’ont parfois d’autres choix que de s’endetter à nouveau pour repartir, souvent dans leurs pays d’origine. C’est donc un parcours migratoire marqué par le joug de la dette qu’est celui de ces femmes en lutte. Lire la suite

Quelle est la part des facteurs environnementaux dans la croissance des migrations ?

Les causes visibles, connues

Quand un·e paysan·ne ne peut plus vivre de la terre qu’iel cultive parce que les conditions climatiques ont changé : sécheresses récurrentes, saisons des pluies raccourcies, déplacées, voire diluviennes avec inondations, que la montée de la mer noie les terres comme au Bangladesh, ou que les températures déjà élevées dans la région du Sahel sont devenues excessives, que fera-t-il ou elle ?

Quand l’environnement est fracassé par des coulées de boues, des pollutions dues à des extractions minières ou à des énergies fossiles, des barrages comme Belo Monte en Amazonie qui noie un millier de km2 et assèche les fleuves en aval, que les forêts sont rasées et brûlées (Amazonie, Indonésie) ou que les accaparements par la finance internationale et l’agriculture productiviste lui enlèvent sa terre et son eau, cela pour y implanter des cultures industrielles de soja, de canne à sucre ou d’hévéa, que fera l’habitant·e de ces régions pour nourrir sa famille ?

Quand un·e petit·e pêcheur/euse ne trouve plus de poissons parce que des bateaux-usines pour la pêche industrielle, venus d’Europe au large des côtes somaliennes ou des côtes d’Afrique de l’Ouest, des bateaux chinois dans le canal du Mozambique, ou ailleurs, ont anéanti la ressource halieutique, que fera-t-iel pour survivre ? Lire la suite

Le monde qu’ils préparent ressemble furieusement au monde d’avant. En pire !

note_arthuis3Le rapport Arthuis commandé par le gouvernement sur l’avenir des finances publiques contient une feuille de route pour diminuer les dépenses publiques, ces dépenses dont on a vu pourtant l’importance pour faire face à une crise comme celle due à la pandémie. La Note d’Attac et de la Fondation Copernic déconstruit les arguments avancés par le rapport qui sont la copie conforme des préconisations néolibérales habituelles. Elle présente des propositions pour engager une véritable réforme fiscale et pour mettre la politique monétaire au service d’une politique budgétaire résolument dirigée en faveur d’une transition sociale et écologique. En particulier, sortir de l’emprise des marchés financiers est devenu un impératif crucial ; c’est la raison pour laquelle le financement des investissements publics d’avenir par la banque centrale doit devenir possible. Lire la suite

Contre l’austérité programmée, le choix d’une politique fiscale progressiste

« Le gouvernement a donné mandat à la commission Arthuis de proposer des mesures pour une « remise en ordre des finances publiques », afin de rembourser la dette Covid, sans augmenter les impôts, grâce à « une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques » et des « réformes structurelles ». Le gouvernement n’a pas seulement fixé le cadre, il prépare le terrain à une austérité budgétaire qui pourrait être dévastatrice : le ministre chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, a ainsi déclaré que « 2021 marque la sortie du “quoi qu’il en coûte” » annoncé en mars 2020 par Emmanuel Macron. Lire la suite

Les vrais séparatistes, ce sont les riches !

Chaque année un peu plus, ils font sécession avec le reste de la société.

La situation sanitaire se dégrade, les plans sociaux se succèdent, les inégalités et la pauvreté augmentent, le dérèglement climatique montre chaque jour ses effets… mais Emmanuel Macron et son gouvernement préfèrent pointer du doigt les « séparatistes » en alimentant les fantasmes islamophobes. Or, qui sont les vrais séparatistes ? Une multitude de travaux documentent comment les plus riches font sécession, à la fois spatialement, fiscalement, économiquement et sur le plan écologique !  Lire la suite

Pour un financement juste et pérenne des soins de santé pour toustes

Si les systèmes de soins de santé et leurs financements ne sont pas identiques en Belgique et en France, les politiques néo-libérales menées ont des conséquences similaires. Comparer les situations et les politiques est une nécessité pour mieux en comprendre les mécanismes et souligner les choix politiques effectués.

Dans cette analyse des « soins de santé » proposée par nos ami·es de Belgique, je souligne deux éléments : la prise en compte des effets de la dette de l’Etat sur les moyens de financement disponibles du secteur de la santé et la nécessité de mettre en place des audits citoyen tant au niveau de l’hôpital qu’à celui de l’Etat ou des collectivités territoriales. Lire la suite

L’endettement n’est pas qu’une question financière

« Ce document, publié à l’occasion du début de la législature 2019-2024, vise à présenter les constats partagés et les revendications communes de 39 collectifs et organisations à travers l’Europe sur l’enjeu des dettes publiques et privées et sur la nécessité d’un réel contrôle citoyen, tant sur les moyens de financement des États et la gestion des fonds publics, que sur les banques et autres institutions de crédit. Lire la suite

Droits humains dans le contexte de la pandémie de Covid-19

Le confinement a démontré l’importance du respect et de la mise en œuvre effective de tous les droits humains.

Le confinement (généralisé ou partiel) décidé progressivement par la quasi-totalité des gouvernements à l’échelle mondiale, suite à la pandémie de Covid-19 en cours depuis quelques mois, a démontré, si besoin est, l’importance du respect et de la mise en œuvre effective de tous les droits humains (civils, politiques, économiques, sociaux et culturels), tout en mettant en lumière de nombreuses violations de ces mêmes droits. Lire la suite

Covid-19 : bilan d’étape de la crise multidimensionnelle et pistes alternatives

La crise sanitaire est loin d’être résolue. Le système capitaliste et les politiques néolibérales ont joué un rôle fondamental à tous les stades. Il est utile de réaliser un premier bilan d’étape des derniers mois. Cette crise représente aussi l’occasion de prendre conscience de la nécessité de modifier radicalement la société dans son mode de vie, son mode de propriété, son mode de production et son rapport à la Nature. Seule l’auto-organisation et l’action populaire pourront permettre les changements nécessaires. Lire la suite

« Plus jamais ça ! » (plus texte Attac)

18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer « le jour d’après »

En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des « décisions de rupture » et à placer « des services (…) en dehors des lois du marché ». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde. Lire la suite

Un autre projet de retraites est possible

La réforme des retraites voulue par le gouvernement constitue un changement de système, avec le passage à un régime unique, fonctionnant par points, ce qui, par construction, ne donne aucune garantie sur le futur montant de la pension. Surdéterminant tout, il est prévu un plafonnement des dépenses de retraite à leur niveau actuel, soit 13,8% du produit intérieur brut. Alors que la proportion de retraité·es dans la population va augmenter, limiter la part de la richesse produite qui leur revient signifie programmer leur appauvrissement par rapport à la population active.

Cette nouvelle réforme représente une rupture par rapport aux précédentes du fait de la modification structurelle du système, mais elle se situe néanmoins dans la même logique qui vise à diminuer les dépenses publiques et ouvrir la voie à la retraite par capitalisation. Nous refusons ce projet. Le système de retraites actuel doit être amélioré (1) et il est possible de le faire en harmonisant par le haut les différents régimes à partir de principes communs que nous mettons ici en débat (2). Nous présentons ensuite différentes pistes pour financer ces améliorations (3).

Ce qui suit doit être considéré comme des éléments de débat susceptibles d’être améliorés, notamment dans la troisième partie sur le financement. Lire la suite

Un président peu légitime, sourd et violent parle de démocratie

« Nous sommes une démocratie. Et une démocratie, c’est un système politique où l’on choisit nos dirigeants. C’est un système politique où l’on choisit les représentants qui auront à voter librement les lois qui régissent la société. […] Ça veut dire que la liberté du peuple et sa souveraineté sont reconnues. […] Dans une démocratie, on a un devoir de respect à l’égard de ceux qui représentent et portent cette voix, parce que précisément, on a le pouvoir de les révoquer. […] Une dictature, c’est un régime où une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c’est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. […] La dictature, elle justifie la haine. La dictature, elle justifie la violence pour en sortir. Mais il y a en démocratie un principe fondamental : le respect de l’autre, l’interdiction de la violence, la haine à combattre ». Ces propos d’Emmanuel Macron à Radio J au retour de son voyage en Israël le 23 janvier 20201 reprennent ce qu’il a affirmé auparavant à plusieurs reprises2.

Emmanuel Macron cherche ainsi de manière répétitive à nous convaincre que les manifestations des Gilets jaunes comme du mouvement actuel contre son projet de réforme des retraites sont inadmissibles dans notre système démocratique. Il estime en effet que la démocratie consiste à choisir ses représentants, puis à les laisser agir comme ils l’entendent (« librement »), et à les sanctionner éventuellement à la prochaine élection. Il n’y a alors aucune place pour « la haine, la violence et l’irrespect » que seule justifie la dictature.

C’est une conception très particulière de la démocratie et une analyse pour le moins biaisée de notre système politique et de son fonctionnement actuel. Même dans le cadre parfaitement contestable de la Constitution de la 5e République, cela pose en effet quelques questions quant à la sincérité des dernières élections présidentielles, au degré de légitimité du président de la République, quant au respect par ce dernier de son programme électoral, quant à la nécessité de valider en permanence la légitimité du pouvoir, quant à la légitimité de la violence d’État comme de celle des citoyens. Lire la suite

Derrière les clics, la destruction de l’environnement et des droits sociaux

Évasion fiscale massive, développement d’entrepôts entièrement robotisés, livraisons par drones, repas fournis en moins de 30 minutes, salarié·e·s sous surveillance, reconnaissance faciale, destruction d’invendus… Le monde selon Amazon, première capitalisation boursière au monde, semble s’inspirer d’une science-fiction. C’est pourtant une réalité chaque jour plus concrète.

Cette position invasive et omnipotente, Amazon a pu l’acquérir en s’affranchissant d’une série de règles et de lois. Jeff Bezos, multimilliardaire à la tête de la firme, a su construire sa suprématie au détriment du respect des normes les plus élémentaires. Lire la suite

ONU : Contribution du CADTM sur l’endettement privé et les droits humains

Nous publions ici notre contribution à l’appel de l’Expert indépendant de l’ONU chargé d’examiner les effets de la dette extérieure et des obligations financières internationales connexes des États sur le plein exercice de tous les droits humains, M. Juan Pablo Bohoslavsky. M. Bohoslavsky – dans la préparation de son prochain rapport thématique au Conseil des droits de l’homme portant sur l’endettement privé et les droits humains – a fait appel au CADTM ainsi qu’à d’autres organisations de solidarité internationale. Ce rapport sera présenté au Conseil des droits de l’homme, à l’occasion de sa 43e session, en février/mars 2020. Lire la suite

Alerte sur la sophistication des techniques d’endettement illégitime via la téléphonie mobile

A l’ère de la téléphonie mobile généralisée, on assiste à une sophistication des techniques employées par certaines firmes capitalistes pour généraliser l’endettement illégitime des classes populaires.

Au Kenya, pays de 50 millions d’habitants, considéré comme à la pointe de la téléphonie mobile et de la digitalisation, des firmes capitalistes ont développé les crédits par téléphone en proposant différentes applications qui permettent aux usagers de contracter un crédit très rapidement et facilement. Lire la suite

L’appel « Contre Amazon et son monde »

La satisfaction du client, c’est l’obsession affichée de Jeff Bezos patron d’Amazon, le géant du e-commerce aux 180 millions de références. Sa stratégie : le « day one », soit maximiser les cadences de préparation des colis pour livrer en moins d’un jour, moins d’une heure et peut être moins d’une demi-heure grâce à des drones de livraison. Son ambition : créer un écosystème complet avec des maisons connectées, des e-books, de la musique, des séries, des films… pour générer toujours plus de commandes de ses produits à bas prix. Mais, derrière le héros du néolibéralisme 2.0, se cache une vision du monde que nous devons combattre. Lire la suite

Contre les logiques d’accumulation privée sans fin

Limitation des revenus, limitation de la propriété. « Le propos de ce manifeste de la Fondation Copernic est de rendre légitime cette limitation aux yeux du plus grand nombre et que ces deux questions sont liées »

Les politiques néolibérales exacerbent les inégalités. Comment y opposer « l’urgence économique, sociale, écologique et démocratique », de nouvelles formes de protection pour toustes ? Lire la suite

Qui finance réellement qui ?

« 60 ans après la proclamation de l’indépendance, le Maroc est resté dépendant et soumis à la volonté des institutions impériales mondiales »

En introduction, les auteurs et autrices, abordent entre autres, les programmes d’ajustement structurel, les accords de libre-échange, la destruction du tissu productif local, le pillage des richesses, la destruction de l’environnement, le bilan économique et social des politiques libérales et son impact particulier sur « les pauvres et particulièrement sur les femmes », les encouragements à l’« esprit d’entreprise », la stimulation des micro-entreprises, l’« initiative nationale de développement humain »… Lire la suite