La planète brûle… et la société aussi ! (plus 2 textes du Québec, Manifeste de l’Ecosocialist Alliance, Déclaration de la Via Campesina, appel Politis, Attac)

  1. La planète brûle… et la société aussi ! Signez l’appel pour un réseau éco-syndicaliste

  2. Il faut prioriser la justice sociale et la lutte à la crise climatique. Élections municipales. Déclaration des organismes communautaires pour la justice sociale et la justice climatique 

  3. Contre le réchauffement climatique, compter sur la convergence des luttes !

  4. L’écosocialisme, pas l’extinction ! Manifeste de l’Ecosocialist Alliance

  5. Travailleuses et travailleurs de la terre, unissons-nous ! Souveraineté alimentaire pour la justice climatique maintenant ! Déclaration de La Via Campesina en vue de la COP 26 de l’onu sur le climat (Glasgow)

  6. Votre inaction est un crime !

  7. Novembre 2021 : Cop26 à Glasgow. Négociations internationales sur le climat : Pour les riches, par les riches


Signez l’appel pour un réseau éco-syndicaliste

Chaque jour les effets du « dérèglement climatique » sont de plus en plus visibles notamment avec la multiplication des catastrophes environnementales. Ils s’ajoutent à l’épuisement progressif des ressources naturelles, aux pollutions de toutes natures, à l’affaiblissement de la biodiversité et à la dénaturation des équilibres au sein des écosystèmes. L’Humanité qui a longtemps pensé pouvoir régenter ces équilibres soumet les conditions de la vie sur la planète à des dégradations irréversibles, aux effets désastreux, y compris favoriser l’épidémie de Covid et ses conséquences sanitaires, sociales et économiques.

Une telle situation n’a rien d’une fatalité liée à une nature humaine intrinsèquement destructrice. Elle résulte en grande partie du modèle de production « industrialisation-financiarisation-mondialisation » capitaliste. Une poignée de possédant.es ou de trusts s’approprient de plus en plus de moyens de production et d’échange, les délocalisent, s’accaparent sans limites, ni contrôle les énergies fossiles et nucléaire, pillent et gâchent les ressources naturelles.

Iels continuent d’opposer à la dénonciation des crises structurelles du capitalisme, le mythe du progrès, comme croissance « infinie » des productions et des technosciences, en fonction du profit maximal attendu au lieu de leur utilité sociale et écologique. Cette course aux profits passe par l’oppression des peuples autochtones et de leur mode de vie, par la régression sociale, par l’exploitation de plus en plus violente des travailleurs -ses condamné.es à perdre leur vie à mal la gagner et réduit.es à une consommation « de masse » dictée par les médias et les pouvoirs au service des multinationales.

Des résistances à ce système productiviste et extractiviste se développent : luttes populaires pour la préservation des terres et des forêts, mouvements pour la « justice environnementale », ZAD et JAD (Jardins à défendre), lutte éco-féministes, gilets jaunes…

Ces mobilisations impliquent souvent les plus exploité.es et dominé.es, qui subissent le plus la dégradation environnementale : peuples des pays pauvres, jeunes, précaires, femmes, populations racisées subissant les séquelles du colonialisme et du racisme. Elles se fondent aussi sur l’auto-organisation des opprimé.es, montrant leur potentiel émancipateur et défiant des pouvoirs en place de plus en plus autoritaire (comme la 5e République en France). Car aujourd’hui la politique de plus en plus brutale et cynique des gouvernements capitalistes ne peut s’imposer que par le recours à des méthodes de plus en plus répressives. Mais si ces mobilisations permettent localement de préserver et se réapproprier le cadre de vie, et si elles commencent à se coordonner, elles ne permettent pas, à elles seules de s’attaquer au cœur économique du système et font encore trop souvent abstraction des problématiques sociales.

Le syndicalisme est plus ancré sur les lieux de travail. Depuis ses origines il pose la question de l’expropriation des grands groupes capitalistes et de la gestion démocratique de la production par la population, par les assemblées de travailleur.es, pour produire de façon organisée, rationnelle et planifiée en fonction des seuls besoins populaires et de l’économie de la ressource. Les grandes luttes syndicales et les épisodes révolutionnaires, comme la Commune de Paris, ont permis d’indéniables avancées. Mais le syndicalisme aussi connaît des difficultés : il s’est en partie intégré à l’ordre social, il s’est bureaucratisé et beaucoup de ses responsables ont renoncé à transformer en profondeur la société.

C’est dans les entreprises que nous devons affronter les conséquences du productivisme : amiante, pollution chimique, air pollué, ondes électromagnétiques, énergie nucléaire…
 Ce sont d’abord les ouvrier·es qui meurent des cancers professionnels liés aux produits chimiques… Pourtant même quand il n’élude pas délibérément les évolutions rendues indispensables par les urgences écologiques (nucléaire, chimie, transport…), le syndicalisme a du mal à intégrer les réponses environnementales dans ses revendications. Il a aussi largement perdu le contact avec les travailleur.es les plus pauvres et les plus précaires. Pour autant, lui aussi est traversé par des évolutions encourageantes : l’apparition régulière de structures d’auto-organisation des luttes, d’AG de base souveraines qui se coordonnent, qui organisent la solidarité collective. Les exemples abondent dans les mobilisations de ces dernières années, jusqu’à l’apparition de grèves dans des entreprises employant massivement des jeunes, des précaires et des femmes (luttes d’Ibis Batignolles, de Chronodrive, du nettoyage à Jussieu, des travailleurs-ses saisonnier.es…).

Ces mouvements sur la fin du monde et la fin du mois seront de plus en plus appelés à converger dans une même lutte anticapitaliste. Ils sont porteurs d’une même remise en cause de la société, d’une même exigence de réponses à la crise écologique et ils concernent en premier lieu les mêmes secteurs de la population : le monde du travail, et en particulier ses parties les plus fragilisées dans le système actuel (chômeurs·ses, précaires, intérimaires, travailleur·ses exilé·es…), les jeunes, les femmes… Iels ont le même refus du repli sur les comportements individuels, des manœuvres de récupération de prétendant.es au pouvoir ou de toute réponse technocratique et institutionnelle… qui se situerait dans le cadre du système (capitalisme vert, green washing, « Green deal », croissance verte…).

Pour favoriser ces convergences, nous appelons à constituer un réseau « éco-syndicaliste ».

Pas pour fonder une nouvelle structure, mais au contraire pour irriguer de nos réflexions et expériences les organisations existantes. Nous souhaitons, par delà nos différences et divergences, dans le respect de notre diversité et sans hégémonisme, pouvoir confronter nos expériences et pratiques militantes, élaborer des réponses, selon les axes ci dessous, qui peuvent être précisés ou complétés :

  • En commençant par soutenir et faire connaître les expériences de convergences existantes, fondées sur l’auto-organisation, comme récemment, à la raffinerie de Grandpuits, la lutte syndicale pour l’emploi dirigée par une AG de travailleur.es en grève reconductible, rejointe par des associations écologistes, pour porter un projet écologique et social opposé à celui de Total.

  • En ayant l’objectif de faire converger le plus possible les mobilisations éco-syndicalistes, mais aussi les luttes éco-féministes, des jeunes et associations pour le climat, des travailleurs qui reprennent en autogestion leur outil de travail, du mouvement coopératif….

  • En explorant avec les travailleurs-ses et les syndicats concernés et avec les associations de défense de l’environnement et les usagers, les débouchés éco-syndicalistes des luttes des secteurs directement impactés par les questions écologiques. Il en est ainsi des centaines de milliers de travailleurs-ses des déchets, du nettoyage, du BTP, des usines Seveso, de l’énergie, de l’agro alimentaire, des transports…

  • Et faisant soutenir et étendre ces mobilisations par les syndicats et associations qui n’en sont pas encore partie prenante, en veillant à ce que les déclarations d’intention comme « plus jamais ça », impliquent un travail de convergence dès le niveau local, avec les habitant.es, sur des objectif précis.

  • En osant débattre de nos différences sur le nucléaire, la croissance, la reconversion écologique, la taxe carbone, les nouvelles formes de luttes issues de la désobéissance civile, le revenu garanti, le protectionnisme et les normes sociales et environnementales à imposer, sans préalables, mais avec la volonté de trouver des solutions nouvelles et adaptées à la crise du productivisme et de l’État providence. Nous devons nous saisir de ces perspectives pour en finir avec la culture productiviste.

  • En rendant accessibles et en popularisant des outils pour promouvoir l’éco-syndicalisme, comme les diagnostics d’impact environnemental et des outils de formation (modules, podcasts, stages…), à la réalisation desquels seront associé.es des travailleurs·ses de l’éducation populaire, de l’éducation nationale, des associations de défense de l’environnement, du mouvement coopératif et mutualiste…

Proposition est faite de diffuser largement cet appel pour signature (d’individus, de structures), en vue de tenir la première réunion de mise en place de ce réseau, le 13/11/21 à 11 h,   imp. Cozatier 75012 PARISqui fixera collectivement et consensuellement les objectifs et les modalités de fonctionnement.

Envoyer signature individuelle (nom, prénom, engagement(s) syndical, associatif, département, mail) ou de structures, à l’adresse : eco-syndicalistes@riseup.net ou réseau éco-syndicaliste, EDMP, 8 impasse Crozatier 75012 PARIS.

Premier.es signataires :

Gabiel Amieux, membre du Conseil Syndical d’ASSO-Solidaires

Ségolène Amiot, CGT Nantes 

Ludivine Bantigny, SNES ; Se fédérer

Ali Chaligui Délégué CGT TAIS-Veolia

Serge Da Silva, Brest ; élu Emancipation à la CA nationale du SNES

Stéphane Daubilly, CGT Education 93

Quentin Dauphiné, Var ; élu Emancipation au bureau national de la FSU

Jean-Luc Debard,  Militant associatif pour le climat et contre la centrale biomasse de Gardanne (13)

Gérard Delahaye, C. Exécutive CGT PP Intérieur

Sylvain Dequivre, Sud Protection sociale 93

Véronique Dubarry, Sud Centrale Solidaires (Ministère de l’économie)

Patrick Farbiaz, UNIRS Solidaires Paris

Jean Fauché, UL CGT Castres (81), retraité

Marius Faure-Brac, membre de SUD Recherche EPST Lyon

Yves Frémion auteur, ancien président du Syndicat des écrivains de langue française

Raymond Jousmet, SNES ; Directeur gérant de l’Emancipation syndicale et pédagogique

Andy Kerbrat, CGT Banque Assurance – Nantes

Marjorie Keters, SNES

Daniel Lartichaux-Ullmann, SNES(95) ; Emancipation ; UJFP

Stéphane Lavignotte, Solidaires ASSO

Julien Le Gallo, Émancipation tendance intersyndicale, SNES-FSU 93,

Renaud Mandel, Délégué syndical CGT Croix-Rouge (Fédération santé action sociale)

Gilles Martinet, SNESUP- FSU / Université Ouverte  Paris

Frank Mintz, retraité, historien, syndicaliste CNT-SO

Thibaud Noël, CGT scaat

Claudia Nunez, CGT Education 93

Christine Poupin, retraitée ; CGT / FNIC (fédération nationale des industries chimiques) ex-secrétaire de CHSCT 

Karine Prévot, Nantes, élue Emancipation à la CA nationale du SNES

Boualem Snaoui, CGT 95

Christian Sunt, ex SNUPFEN/ Solidaires (ONF) ; ex  SUD Rural (forêt) ; fondateur SOS forêt Cévennes

Jérôme Teillary, CGT cheminots, AMAP, Épicerie participative écologie sociale et solidaire

Christophe Terras, syndicaliste Sud Education (83)

Olivier Vinay, 93, élu Emancipation au bureau national de la FSU

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Il faut prioriser la justice sociale et la lutte à la crise climatique

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Élections municipales Déclaration des organismes communautaires pour la justice sociale et la justice climatique

Québec, le 20 octobre 2021 – Les organismes communautaires de la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches publient aujourd’hui une déclaration afin d’interpeller les candidates et candidats aux élections municipales face à leurs responsabilités quant au respect des droits humains et sociaux et à la lutte aux changements climatiques. En tant que maillon essentiel du filet social, le milieu communautaire est à même de constater l’ampleur des inégalités sociales, comme les problèmes de logement, d’alimentation, de santé, de transports auxquels fait face une part grandissante de la population. Les 132 groupes signataires rappellent aux futur-e-s élu-e-s l’urgence de travailler à l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et des citoyens et d’agir pour enrayer les émissions de GES et protéger la population des conditions climatiques extrêmes.

Déclaration commune

Le milieu communautaire est un maillon essentiel de notre filet social. Si nos élu-e-s conviennent des services rendus à la population, peu prennent en considération la critique sociale et reconnaissent les propositions innovantes qui s’y développent. On nie l’importance de la vie démocratique et on minimise le travail acharné pour donner une voix aux personnes les plus vulnérables ou celles qui vivent les plus grandes injustices. Inutile de rappeler que les personnes fragilisées à cause de la pauvreté, des difficultés d’accès aux services, des préjugés et des multiples barrières sociales sont aussi celles qui votent le moins et dont la voix est souvent absente des instances municipales.

À l’aube des élections municipales, il nous apparaît essentiel, en tant que travailleurs-ses, participant-e-s et bénévoles des groupes communautaires des grandes régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, de rappeler sans partisanerie ce qui, dans nos milieux, ressort comme les plus grandes priorités.

Si nous répétons sans cesse l’importance de parler de justice sociale, c’est parce que nous voyons au quotidien dans nos villes et dans nos villages une portion grandissante de la population qui peine à joindre les deux bouts et qui doit jongler avec des problèmes de logement, d’alimentation, de santé, de transports… la liste est longue. Pourtant, c’est plutôt le trafic sur nos routes qui tient le haut du pavé. Pendant que les banques alimentaires et les refuges craquent sous la demande, le sujet est à peine abordé sous prétexte que le pouvoir d’agir se trouve au palier provincial ou fédéral. Quand verrons-nous un maire ou une mairesse remuer ciel et terre pour améliorer l’existence des personnes les plus vulnérables avec la même vigueur qu’on défend un amphithéâtre, un stade, une autoroute ou un tunnel ?

La responsabilité de nos élu-e-s envers les droits humains et sociaux

Les droits humains et sociaux ne doivent pas être négociables ni sujets à une partie de ping-pong entre les différents paliers gouvernementaux. Les municipalités sont les premières concernées par les injustices qui perdurent sur leur territoire. Elles doivent, par conséquent, agir de concert avec les groupes communautaires. En vue des élections qui approchent, nous talonnerons les candidat-e-s pour qu’ils et elles s’engagent à tout mettre en œuvre pour s’attaquer aux injustices.

La responsabilité de nos élu-e-s face à la crise climatique

La pandémie de Covid 19 aura mis en lumière la planification à court terme de nos gouvernements et la fragilité de nos services publics pour faire face aux crises. Les actions pour enrayer les émissions de GES et pour protéger la population des conditions climatiques extrêmes ne sont pas au rendez-vous. On nous présente des plans, on multiplie les engagements, mais il est plus que temps que les bottines se mettent à suivre les babines. Les futur-e-s élu-e-s municipaux auront la responsabilité de rattraper le retard colossal pris par leurs prédécesseur-e-s.

Si vous souhaitez ajouter le nom de votre organisme, c’est par ici => https://forms.gle/HdfCThfZwT5mmpjd7

Groupes signataires

ACSM, région de Québec

Action chômage de Québec

Aide alimentaire Lotbinière

Alphare

Association bénévole Beauce-Sartigan

Association des Familles Monoparentales et Recomposées la Chaudière

Association des personnes handicapées de Bellechasse

Association des personnes handicapées de Charlevoix inc.

Association Horizon Soleil

Association pour l’intégration sociale (AIS) région Beauce-Sartigan

Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain

Association Renaissance des Appalaches

Association TCC des deux rives

Atout-Lire, groupe populaire en alphabétisation

Auto-Psy (Région de Québec)

AutonHommie

Bureau d’animation et information logement

CALACS de Charlevoix

Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert

Centre aide et prévention jeunesse

Centre d’entraide de la région de Disraeli

Centre d’entraide Émotions

Centre de jour l’envol

Centre de Justice Réparatrice de Québec

Centre de parrainage civique de Québec

Centre de prévention du suicide de Québec

Centre de stimulation l’Intercom

Centre de vie Bellechasse INC.

Centre des femmes de la Basse-Ville

Centre Domrémy des Appalaches

Centre Famille Haute Ville

Centre Femmes d’aujourd’hui

Centre Femmes l’Ancrage

Centre La Barre du Jour

Centre Multi-Services Le Complice

Centre résidentiel et communautaire Jacques-Cartier

Centre ressources pour femmes de Beauport

Centre Yvon Mercier

Centre-Femmes aux Plurielles

Centre-Femmes de Beauce

Clinique Droit de cité

Collectif Les Accompagnantes

Comité d’aide aux Femmes Sourdes de Québec

Comité de femmes immigrantes de Québec

Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur

Comité logement d’aide de Québec Ouest

Comité populaire Saint-Jean-Baptiste

Comptoir d’aide Le Fouillis Inc.

Corporation de défense de droits sociaux de Lotbinière Inc.

Corporation de développement communautaire des Appalaches

Corporation Jeunesse l’Évasion l’Ormière

Craque-Bitume

Entraide Jeunesse Québec

ESPACE Chaudière-Appalaches

ESPACE région de Québec

Forum Jeunesse Charlevoix Ouest

Frigos Pleins

GAPI

GRAPE

GRIS-Québec

Groupe Action Jeunesse de Charlevoix

Groupe Alter Justice

Groupe Espérance et Cancer

L’Oasis de Lotbinière

L’Organisation pour la santé mentale œuvrant à la sensibilisation et à l’entraide (O.S.M.O.S.E.)

La Croisée

La Gîtée

La Maison de Marthe

La Maison des Femmes de Québec

La Maison des jeunes de Charny

La Maison des jeunes de Pont-Rouge 125 inc.

La Maison des jeunes L’Envol de Sainte-Foy

La Maison La Monte

La Marée des Mots

La Passerelle groupe d’aide et d’entraide en santé mentale

La Rencontre

Lauberiviere

Le Centre femmes de Portneuf

Le Filon

Le Passage

Le SHIC de Charlevoix

Maison des jeunes la Marginale

Maison de la Famille Louis-Hébert

Maison des femmes de Qc

Maison des Jeunes de Beauce-Sartigan

Maison des jeunes de L’Ancienne-Lorette

Maison des jeunes de Neuville

Maison des jeunes de Sainte-Brigitte-de-Laval

Maison des Jeunes de Thetford

Maison des jeunes de Wendake Inc.

Maison des jeunes du Lac Saint-Charles

Maison des jeunes Esper-ados

Maison des Jeunes L’Exode de Limoilou

Maison des jeunes l’Atôme de Stoneham-et-Tewkesbury

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Maison Helene -Lacroix

Maison l’Éclaircie

Maison Marie-Rollet

Maison pour femmes immigrantes

Maison Richelieu Hébergement Jeunesse

Mamie-Lait

MDJ La Parenthèse

MDJ Ste-Catherine

Meures Alternatives Jeunesse Frontenac

Parents d’Anges Beauce-Etchemins

Partage au Mascullin

Pilier Jeunesse

Popote et Multi-Services

Popote roulante Ste-Foy

Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de QUébec et Chaudière-Appalaches

Regroupement d’organismes communautaires de la région 03 – ROC 03

Regroupement des femmes sans emploi du Nord de Québec (ROSE du Nord)

Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN)

Regroupement des jeunes de Lotbinière

Regroupement des Organismes communautaires Famille 03

Regroupement des personnes aidantes de Lotbinière

Relais La Chaumine

Relevailles Québec

Réseau Entraide des Appalaches

Résidence Le Portail

Ressources familiales la vieille caserne de Montmorency (Re-Fa-Vie)

ROSE du Nord

Service d’entraide Basse-Ville

Service d’entraide de St-Lambert-de-Lauzon

Services TDAH & +

Sexplique

SOS Grossesse

SQUAT Basse-Ville

TRAAQ (Collecitf pour un transport abordable et accessible à Québec)

TRAIC Jeunesse

Viol-Secours

Violence Info

https://www.pressegauche.org/Il-faut-prioriser-la-justice-sociale-et-la-lutte-a-la-crise-climatique

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Contre le réchauffement climatique, compter sur la convergence des luttes !

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La COP 26 se déroulera à Glasgow en Écosse du 31 octobre au 12 novembre prochain. Six ans après les accords de Paris [1], cette rencontre se donne comme objectif de rehausser les engagements de tous les pays en ce qui a trait à la diminution de leurs émissions de gaz à effet de serre afin de parvenir à maintenir la température moyenne à moins de 2C et, si possible de 1,5C. Mais, nous sommes loin du compte. Selon l’ONU, les engagements actuels des différents pays, s’ils ne sont pas réellement rehaussés, nous conduiraient à une hausse de température de 2,7C d’ici la fin du siècle. Selon les engagements révisés actuellement, les émissions de GES devraient augmenter de 12% en 2030.

Les catastrophes liées aux changements climatiques se multiplient : feux de forêt, sécheresses s’attaquant à la production des aliments, inondations destructrices, montée des eaux des océans, et ce dans toutes les régions de la planète. Cela ne suffit pas à convaincre d’agir. Les intérêts en jeu sont considérables. Les entreprises fossiles refusent de laisser les hydrocarbures (pétrole et gaz) dans le sol et elles continuent d’investir pour augmenter leur production. Elles investissements mêmes dans les énergies renouvelables pour en prendre le contrôle et pour limiter leur déploiement. Les banques les soutiennent et placent dans ces secteurs des capitaux considérables. Les grands secteurs de l’économie (automobile, armement, pétrochimie, agrobusiness…) continuent d’utiliser massivement ces énergies fossiles. Plus, à quelques jours de la COP26, un immense lobbying est mené par l’Arabie saoudite, le Brésil, l’Argentine, l’Australie, la Norvège, en autres, contre la fin des énergies fossiles, contre la réduction de consommation de viande et contre l’augmentation de l’aide aux pays les plus pauvres.

Les pays riches et les grandes entreprises du capital fossiles sont donc responsables de la vaste majorité des émissions des GES. Si, la majorité des acteurs économiques et politiques ont abandonné leur rhétorique climatosceptique, le verdissement des discours ne débouche aucunement sur un plan de lutte radical visant la diminution des émissions de GES et la protection des ressources. On se contente de grandes promesses. Les États-Unis promettent de doubler leur aide aux pays pauvres. La Chine d’arrêter de subventionner la construction de centrales au charbon.

Les secteurs les plus touchés par des catastrophiques climatiques sont les pays pauvres et les populations les plus démunies. Cela signifie l’augmentation des victimes de la faim sur la terre. Des mouvements importants de population sont à prévoir, car des régions entières verront leur habitabilité de plus en plus remise en question. Les financements promis par le Nord [2] aux pays du Sud qui devaient atteindre 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, n’atteignaient en 2019 que 79,6 milliards.

Les gouvernements subventionnent le capital fossile à la hauteur de plusieurs milliards de dollars pour leur permettre de continuer leurs activités. Ils ont rejeté la perspective d’engagements contraignants modulés pour tous les pays de la terre, engagements modulés qui reconnaîtraient la responsabilité historique des pays capitalistes riches dans le basculement climatique. Les principaux responsables des émissions de GES, les pays capitalistes avancés, les grands pays émergents et les grandes entreprises ont imposé la logique des contributions nationalement déterminées.

Le capitalisme, que les élites économiques et politiques soutiennent, est aux fondements de la crise climatique. Le slogan « Changer le système, pas le climat » est plus que jamais une perspective incontournable.

Comment expliquer une telle procrastination ?

Les négociations climatiques dans le cadre des COP restent subordonnées aux impératifs de la croissance capitaliste et des rivalités stratégiques entre les différents pays dominants. Les échecs de Copenhague, celui de la COP 24 de Katowice en Pologne et celui de la COP 25 à Madrid en 2019 reflètent l’impasse dans lequel les tenants du capitalisme vert ont embourbé les négociations sur le climat. Il est donc essentiel de compter d’abord sur la mobilisation populaire pour parvenir à trouver une solution réelle à ce défi historique auquel fait face l’humanité.

À la COP 26, les dirigeants politiques et les multinationales veulent imposer les mécanismes du marché comme moyens essentiels pour contrer la catastrophe climatique et mettent de l’avant des mesures de compensation carbone qui sont une immense arnaque « parce que le taux de la taxe est indépendant du niveau de revenu, ce qui est injuste par principe. Ensuite parce que la taxe fait abstraction du fait que les couches privilégiées ont accès beaucoup plus facilement que les autres aux technologies bas carbone – à la fois sur le plan financier et sur le plan de l’information nécessaire » [3]. Cette volonté de tout soumettre aux régulations du marché révèle leur objectif de garder le contrôle sur les orientations du mouvement climatique et le refus de soumettre l’entreprise privée à une régulation plus directe par l’État.

Le gouvernement canadien, le verdissement dans son expression la plus mensongère

Le gouvernement canadien fait semblant de lutter contre les changements climatiques. Le premier ministre Justin Trudeau promet que le Canada parviendra à zéro émission nette d’ici 2050. Pourtant, son gouvernement persiste à subventionner les industries fossiles et à leur permettre de poursuivre leur expansion. Le gouvernement fédéral est même allé jusqu’à investir des milliards dans l’achat du pipeline Transmoutain pour renforcer les capacités d’exportation du pétrole sur le marché asiatique.

Le Canada n’a jamais réussi à atteindre un seul des objectifs pourtant fort modestes qu’il s’était fixés dans les accords signés lors des différentes COP. Au printemps 2021, il s’est fixé une cible de réduction des GES de 40 à 45% pour 2030 sous le niveau de 2005. Il présente comme une avancée majeure la fixation d’un prix du carbone et la croissance annuelle de ce prix pour atteindre 170$ la tonne pour 2030. Mais, il s’agit plus ou moins de refiler l’essentiel de la facture à la classe laborieuse, malgré des compensations promises, cela sans remettre en question l’extractivisme et un mode de production et de consommation porteurs de dépenses d’énergies et de ressources considérables. Présenter le passage aux voitures électriques comme une solution, alors que cela signifiera la poursuite d’une économie extractiviste, n’offre en fait aucune solution sérieuse aux problèmes climatiques vécus par la population canadienne comme celle du reste de la planète. Que le premier ministre cherche à se présenter comme un leader de la lutte aux changements climatiques montre à quelle extrémité les élites politiques peuvent pousser l’hypocrisie et le mensonge.

Le gouvernement Legault, lui aussi, cherche à exhiber son côté vert

Le gouvernement Legault vient d’annoncer l’adoption d’une loi sur l’interdiction de toute exploration pétrolière et gazière sur le territoire du Québec. Les environnementalistes peuvent s’en réjouir, mais il ne faut pas oublier que c’est ce même gouvernement qui entérine et soutient la collaboration entre Hydro-Québec et le fournisseur de gaz naturel, cette énergie fossile, comme « énergie de transition ». Son Plan pour une économie verte (PEV) vise essentiellement à accompagner et aider financièrement les entreprises qui se voient attribuer l’initiative pour mettre en place un capitalisme vert. Ce plan n’impose aucune mesure contraignante aux entreprises. C’est ce même gouvernement qui met de l’avant la construction d’un tunnel sous le fleuve Saint-Laurent (le 3e lien) qui renforcera l’étalement urbain et l’usage de la voiture comme principal moyen de transport à Québec et sa rive sud. Ce projet d’infrastructure qui risque de coûter plus de 10 milliards de dollars est une dépense qui soustrait des montants importants qui pourraient aller au financement d’une véritable transition énergétique.

François Legault va se présenter à Glasgow avec son ministre de l’Environnement, Benoit Charette, en cherchant pour l’essentiel à mousser le potentiel du Québec en matière d’énergies vertes. En vendant l’énergie hydroélectrique à l’État de New York, le Québec prétend devenir la « pile de l’Amérique du Nord »et permettre aux États de l’est des États-Unis de fermer leurs centrales électriques au charbon. Mais rien n’est moins sûr, car l’expérience passée nous a démontré que l’augmentation d’un type énergie ne tend pas éliminer les autres types, mais plutôt à s’empiler et à amplifier la consommation globale d’énergies.

Le premier ministre maintient à 37,5% son objectif de réduction de GES au niveau de 1990. Il accorde sa confiance à la bourse du carbone comme moyen de diminuer les GES. Un rapide bilan montre pourtant que cette réduction est restée jusqu’ici marginale. Mais la posture de verdissement est, pour lui, plus importante, que les réductions réelles de GES. Alors, il défend le même modèle production extractiviste, centré sur l’exploitation du lithium et d’autres métaux rares. Son ambition est de faire du Québec un fleuron de l’économie verte sur la scène internationale aveugle à toute sobriété dans l’utilisation des ressources. Et cette orientation est bien illustrée par les initiatives de son ministre de l’Économie et de l’innovation, Pierre Fitzgibbon, en faveur de la révolution numérique, la 5G et les objets connectés, comme voie royale d’une nouvelle industrialisation du Québec. Les perspectives d’une économie d’énergie et des ressources naturelles ne sont vraiment pas à l’agenda de ce gouvernement.

Si on se fie à ce genre d’acteurs, canadiens ou québécois, la COP 26, risque d’être le lieu d’une démarche où le spectacle tendra à s’imposer aux dépens des débats essentiels aux mouvements sociaux du monde entier.

La stratégie de la croissance verte (ou du capitalisme vert) mène à l’impasse

Pour les organisations défendant la croissance verte, il y aurait un « momentum mondial pour une relance solidaire, prospère et verte ». C’est ce que soutient le G15+ [4]

Les postulats qui fondent leur action peuvent être résumés ainsi : la crise climatique est une occasion économique à saisir. Il faut mobiliser les capitaux pour investir dans les énergies renouvelables. L’économie québécoise doit prendre le tournant vert qui lui permettra de répondre aux besoins mondiaux de décarbonisation. Les gouvernements doivent aider les entreprises à prendre ce tournant.

Les revendications de la coalition G15+ sont complètement en phase avec le Plan pour une Économie verte : a) faire de la croissance verte une priorité et multiplier pour ce faire les occasions d’investissements rentables ; b) utiliser les impôts ou les taxes de la population pour aider les entreprises à passer à des technologies vertes et développer leurs capacités concurrentielles sur le marché mondial ; c) définir une énergie fossile comme le gaz naturel comme une énergie de transition et accepter la perspective du mixte énergétique ; d) inscrire l’action gouvernementale dans une logique de croissance verte combinant réindustrialisation pour certains biens stratégiques et expansion des exportations sur le marché international ; e) viser une souveraineté alimentaire, mais sans remettre en question une industrie agro-exportatrice centrée sur la production carnée et utilisant des entrants (comme les pesticides) dévastateurs sur le plan écologique.

Les directions syndicales qui sont parties prenantes du G15, et hormis leurs demandes concernant la « transition juste », elles s’inscrivent dans cette mouvance. Si le document des centrales [5] demande des contreparties environnementales, la relance passe par le soutien gouvernemental aux entreprises québécoises. Les fondements de la crise climatique dans le fonctionnement même du capitalisme sont tout bonnement ignorés. Aucune leçon n’est tirée de la propension du capitalisme à gaspiller les ressources de la terre et à exploiter la main d’oeuvre et à la logique de produire pour vendre indépendamment des besoins concrets établis démocratiquement par la délibération collective.

Les plans de la transition écologique produits par des acteurs de la société civile refusent de remettre en question le capitalisme pour embrasser le projet d’une société où l’économie est gérée démocratiquement par et pour le peuple.

Au lieu de poser dans le cadre de la lutte et des affrontements prévisibles avec les forces du capitalisme et de ses alliés politiques et de hiérarchiser les objectifs pour parvenir à mobiliser le plus largement possible la majorité populaire, les plans de transition proposés [6] invitent à une concertation sociale au niveau national comme au niveau régional : représentant-e-s des citoyens, des entrepreneurs, des employeurs, des syndicats, des acteurs de l’économie sociale et des groupes communautaires. C’est comme si un intérêt collectif pouvait s’imposer largement au-dessus et au-delà des intérêts de la classe dominante et que la transition pouvait se produire sans conflit social pour le bien commun. Le moment des luttes, des affrontements et des ruptures est escamoté de la réflexion tout comme le moment de la lutte politique pour que la majorité populaire puisse assurer sa souveraineté politique sur les grandes décisions économiques et environnementales.

Cependant, un secteur du mouvement écologiste tente de dépasser cette orientation et prépare la création d’une organisation démocratique intersyndicale, Travailleuses et Travailleurs pour la Justice Climatique (TJC) et ce, dans la perspective de « réfléchir à des stratégies syndicales permettant d’augmenter notre rapport de force avec l’État (incluant, mais ne se limitant pas, à de futures grèves climatiques) ». [7]

Les grands axes d’une stratégie et d’un programme écosocialistes

Les faits parlent. Nous ne pouvons pas nous fier au patronat et aux gouvernements néolibéraux pour diriger la lutte contre les bouleversements climatiques et l’effondrement de la biodiversité. Nous avons besoin que des millions de personnes descendent dans la rue et qui perturbent la descente tranquille vers la destruction de la planète pour forcer l’adoption de mesures réelles en faveur du climat. Les solutions réelles sortiront de la mobilisation des nombreux mouvements sociaux qui sont appelés à converger : mouvement anti-extractivistes, mouvements des féministes contre le patriarcat, mouvements autochtones pour la défense de la Terre-mère, mouvements anticolonialistes contre la prédation des multinationales, mouvements de la jeunesse pour la sauvegarde de la planète, mouvement contre l’agrobusiness et pour une agriculture écologique, mouvement national québécois contre les politiques extractivistes du gouvernement Trudeau … Tous ces mouvements peuvent et doivent converger pour forcer l’adoption de mesures pour diminuer les émissions de GES et pour construire un autre rapport à la nature.

Cela nous amène aussi à préconiser un projet de société axé sur le vivre ensemble et le prendre soin plutôt que celui centré sur les profits. En ce sens, il faut avancer la nécessité de reconnaître le travail gratuit fait par les femmes et dénoncer la situation de dégradation et d’exploitation des travailleuses dans les services sociaux. Les anges gardiennes de la Covid ont mis en évidence l’importance de prendre soin de nos communautés mais le gouvernement Legault tarde à reconnaître et payer à sa juste valeur tout ce travail. L’écoféminisme doit faire partie de notre compréhension de la question écologique.

Mais tous ces mouvements doivent dépasser la nécessaire manifestation de leur indignation face aux irresponsabilités des élites économiques et politiques. Ils doivent s’organiser pour bloquer l’extraction et le transport des hydrocarbures, utiliser la désobéissance civile, les actions perturbatrices et des grèves climatiques pour bloquer les productions nuisibles, dangereuses et inutiles. Pour ce faire, la classe des travailleurs et des travailleuses par la place qu’elle occupe tant au niveau de la production que du travail de soin doit absolument être gagnée à ce combat historique pour l’avenir de civilisation humaine.

Ce ralliement doit se faire autour d’un programme de ruptures concrètes basées sur les principes de justice sociale et de l’égalité des droits :

  • Sortie réelle des hydrocarbures et interdiction de toute exploration et exploitation de carburants fossiles

  • Mettre fin aux subventions directes et indirectes au capital fossile, expropriation sans indemnisation de ces entreprises pour mieux les démanteler et planifier leur reconversion

  • Appropriation publique des entreprises produisant des énergies renouvelables et planifications démocratiques de développement

  • Démantèlement des industries d’armements et conversions vers des productions purement civiles et pacifiques

  • Contrôle public d’un système collectif et gratuit de transport avec réduction rapide de l’utilisation des automobiles et élimination des lignes aériennes qui peuvent être remplacées par des lignes ferroviaires

  • Socialisation du travail de soin dans les domaines de la santé, du logement et de l’éducation

  • Interdiction de l’obsolescence planifiée et de la publicité débouchant sur l’hyperconsommation

  • Développement d’une agriculture écologique visant la souveraineté alimentaire et réappropriation par les producteurs et productrices agricoles des intrants nécessaires à la production. 

  • Socialisation du capital financier et son remplacement par un service bancaire public géré démocratiquement pour l’investissement dans des plans d’urgence et des projets écologiques durables et justes.

  • Annulation des dettes du Sud global, appui financier et transfert de technologies vers les pays pauvres, responsables d’une partie infime des émissions de GES et qui sont les plus frappés par la crise climatique.

  • Ouverture des frontières et adoption d’un droit d’établissement afin de faire face aux vastes mouvements migratoires qui seront provoqués par le réchauffement de la planète.

La COP 26 peut être une occasion de construire des mobilisations pour mettre au défi les élites économiques et politiques d’agir pour renverser la situation et pour proposer des revendications et des pistes d’action et de convergence des mouvements sociaux antisystémiques. Car l’issue ne peut être que dans la lutte.

[1] COP 21, Paris, 12 décembre 2015

[2] COP15, tenue à Copenhague en 2009

[3] Daniel Tanuro, Taxe CO2 : une arnaque difficile à emballer !

[4] Fondé en mars 2020, par quinze leaders issus des domaines sociaux, syndicaux, environnementaux et d’affaires défendant « mesures pour une relance, solidaire prospère et verte ». Il regroupe le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, la Fondation David Suzuki, Équiterre, Vivre en ville, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement, le Chantier de l’économie sociale et bien d’autres… G15+, Contribution aux initiatives de relance du gouvernement du Québec, Cahier de propositions – recommandations et fiches-projets, juillet 2020, https://www.g15plus.quebec/

[5] Voir le document des centrales syndicales québécoises, Dialogue social et concertation au niveau national, régional et local : un incontournable, Relancer et repenser le Québec et notre critique : Ça va bien aller ! Les propositions des centrales syndicales québécoises pour la prospérité et le bien-être de tous et toutes ! https://www.pressegauche.org/Ca-va-bien-aller-Les-propositions-des-centrales-syndicales-quebecoises-pour-la

[6] Voir la Déclaration d’Urgence climatique (La DUC), le plan proposé par Le Pacte.ca ou celui du Front commun pour la transition du Québec vers la carboneutralité d’ici 2050 (Zen Québec).

[7] Lire, Planifier les prochaines grèves climatiques, La Planète s’invite au parlement, Presse-toi à gauche ! 19 octobre 2021

https://www.pressegauche.org/EDITORIAL-50119

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L’écosocialisme, pas l’extinction !

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Manifeste de l’Ecosocialist Alliance

[Nous publions ici un manifeste adopté à la veille du sommet de Glasgow par diverses organisations du monde anglo-saxon]. La COP 26 se déroule dans un contexte de chaos climatique et de dégradation écologique croissants, après un été sans précédent de canicules, d’incendies de forêt et d’inondations. Le changement climatique nous heurte de plein fouet et nous nous affrontons à de multiples crises interconnectées et inséparables – du climat, de l’environnement, de l’extinction écologique, de l’économie et des zoonoses.

En tant qu’écosocialistes, nous affirmons qu’un autre monde est possible, mais qu’une transformation sociale et politique massive est nécessaire, exigeant la mobilisation de la masse des travailleurs et travailleuses du monde entier. Seule la fin de l’implacable poursuite du profit privé par le capitalisme, du gaspillage sans fin et de la course effrénée à la croissance peut apporter une solution non seulement au changement climatique, à la dégradation de l’environnement et à l’extinction écologique massive, mais aussi à la pauvreté, à la faim et à l’hyper-exploitation dans le monde.

Les grandes questions relatives au changement climatique seront débattues à Glasgow (31 octobre – 12 novembre), mais quel que soit l’accord conclu, le capitalisme peut, au mieux, atténuer le changement climatique, mais pas l’arrêter. Les véritables solutions pour le climat ne peuvent pas être fondées sur le système de marché qui a créé le problème. Seule la classe laborieuse organisée, les opprimé·e·s des et les Premières nations du Sud – femmes et hommes – ont le pouvoir de mettre fin au capitalisme, parce que leur travail produit toute la richesse et qu’ils n’ont pas de grande richesse à perdre si le système change, ni d’intérêts particuliers dans l’inégalité, l’exploitation et le profit privé.

Agir maintenant pour stopper le changement climatique! Nous exigeons :

  •  Tous les combustibles fossiles doivent rester dans le sol – pas de nouveau gaz, charbon ou pétrole !

  • Un passage rapide aux énergies renouvelables pour les transports, les infrastructures, l’industrie, l’agriculture et les foyers.

  • Un programme mondial massif de travaux publics investissant dans les emplois verts et remplaçant les emplois dans les industries non durables.

  • Une transition juste financée au niveau mondial pour que les pays du Sud puissent développer les technologies et les infrastructures durables nécessaires.

  • Une réduction majeure des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 70% d’ici à 2030, par rapport au niveau de référence de 1990. Cette réduction doit être globale – englobant toutes les émissions d’origine militaires, aériennes et maritimes – et inclure des mécanismes de comptabilité transparente, de mesure et de contrôle populaire.

  • La fin des systèmes d’échange de droits d’émission.

  • La fin immédiate de l’usurpation et de la destruction des territoires des peuples indigènes par l’extractivisme, la déforestation et l’appropriation des terres.

Durabilité et justice mondiale

La crise mondiale à long terme et les effets immédiats des événements catastrophiques ont un impact plus sévère sur les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes LGBTQ+ et handicapées et les peuples des Premières Nations. Une stratégie écosocialiste place la justice sociale et les luttes de libération des opprimé·e·s au cœur de ses préoccupations.

Les migrations sont, et seront de plus en plus, provoquées par le changement climatique ainsi que les conflits et guerres qui en découlent pour les ressources. L’adaptation et le soutien à la libre circulation des personnes doivent être une politique fondamentale ainsi qu’un élément nécessaire de la planification pour l’avenir.

Nous demandons:

  • L’annulation immédiate de la dette internationale des pays du Sud.

  • Un changement rapide du modèle des fermes industrielles et de l’agrobusiness de monoculture à grande échelle vers des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement et des investissements dans les technologies agricoles vertes afin de réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides synthétiques dans l’agriculture et de les remplacer par des méthodes biologiques ainsi qu’un soutien aux petits agriculteurs.

  • Une réduction importante de la production et de la consommation de viande et de produits laitiers par l’éducation et la fourniture ainsi que la promotion d’alternatives végétales de haute qualité et à un prix abordable.

  • La promotion de systèmes agricoles fondés sur le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire, les droits de l’homme ainsi que le contrôle local des ressources naturelles, des semences, des terres, de l’eau, des forêts, des connaissances et des technologies, afin de mettre fin à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans les pays du Sud.

  • La fin de la déforestation dans les forêts tropicales et boréales par la réduction de la demande de nourriture, de bois et de biocarburants importés.

  • La fin de l’extractivisme destructeur sur le plan écologique et social, en particulier dans les territoires des peuples indigènes et des Premières nations.

  • Le respect des droits économiques, culturels, politiques et fonciers des peuples indigènes et des Premières Nations.

  • Une augmentation massive des zones protégées pour la conservation de la biodiversité.

  • La fin de la précarité énergétique par la mise en conformité des maisons et des bâtiments existants avec des technologies durables et efficaces sur le plan énergétique.

Nous exigeons une transition juste :

  • La requalification des travailleurs et travailleuses des industries nuisibles à l’environnement en emplois alternatifs bien rémunérés, dans la nouvelle économie.

  • L’implication totale et démocratique des travailleurs et travailleuses afin d’exploiter leur énergie et leur créativité pour concevoir et mettre en œuvre de nouvelles technologies durables et mettre hors service les anciennes technologies non durables.

  • Des ressources pour l’éducation populaire et la participation à la mise en œuvre et au renforcement d’une transition juste, avec une éducation à l’environnement intégrée à tous les niveaux dans les programmes scolaires.

  • Le développement urgent de transports publics durables, abordables et de haute qualité, avec un plan intégré complet qui répond aux besoins des gens et réduit l’utilisation de la voiture privée.

  • Une économie écosocialiste planifiée qui élimine le gaspillage, les doublons et les pratiques nuisibles à l’environnement; une réduction de la durée de la semaine de travail et une augmentation correspondante du temps de loisirs.

  • Des pratiques de travail réorganisées en mettant l’accent sur une flexibilité équitable et un travail plus proche du domicile, en utilisant une infrastructure à large bande gratuite et rapide.

En tant qu’écosocialistes, nous proposons une vision d’un monde juste et durable et luttons avec chaque once de notre énergie pour chaque changement, aussi petit soit-il, qui rend un tel monde possible. Nous organiserons et aiderons, dans la mesure du possible, les organisations de salarié·e·s et les organisations communautaires au niveau international, en présentant nos exigences face aux gouvernements et en défiant les entreprises.

Manifeste publié sur le site Socialist Project en date du 24 octobre 202 ; traduction par la rédaction de A l’Encontre

Organisations signataires

  • Green Left (UK)

  • Left Unity (UK)

  • Anti-Capitalist Resistance (UK)

  • Global Ecosocialist Network (International)

  • ecosocialist.scot (Scotland, UK)

  • RISE (Ireland)

  • Red Green Labour (UK)

  • Green Eco-Socialist Network (USA)

  • People Before Profit (Ireland)

  • System Change Not Climate Change (USA/Canada)

  • An Rabharta Glas (in English Green Left) (Ireland)

  • Climate and Capitalism (International)

  • Socialist Project (Canada)

  • Ecosocialist Independent Group (UK) Lancaster City Council

  • Socialist Action (Canada)

  • Anti-Fracking Nanas (UK)

  • Pittsburgh Green Left (USA)

  • Breakthrough Party (UK)

  • One Vote for the Planet (UK)

http://alencontre.org/ecologie/lecosocialisme-pas-lextinction.html

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Travailleuses et travailleurs de la terre, unissons-nous !
Souveraineté alimentaire pour la justice climatique maintenant !

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Déclaration de La Via Campesina en vue de la COP 26 de l’onu sur le climat (Glasgow)

(Harare : 25 octobre 2021) Cette année est l’année la plus chaotique au plan climatique jamais enregistrée, depuis l’année dernière. Mais les gouvernements contrôlés par les transnationales, les philanthropes, les médias grand public et la plupart des organisations non gouvernementales (ONG) proposent encore la même chose : des solutions basées sur le marché et des techno-réparers risquées. Deux ans après le début d’une pandémie mondiale qui a coûté la vie à des millions de personnes, l’humanité se réveille chaque jour avec des inondations, des incendies et des sécheresses sans précédent qui causent des famines, ainsi qu’un temps totalement imprévisible qui rend la vie de plus en plus difficile. Les dirigeants allèguent que « l’activité humaine générale » est à l’origine du chaos climatique, en passant sous silence les liens étroits entre l’extraction des combustibles fossiles, l’agro-industrie et le complexe militaro-industriel, sans parler des déséquilibres de pouvoir à l’échelle mondiale et des responsabilités historiques des pays qui se sont enrichis grâce au pillage colonial. Au lieu de nous proposer une voie véritable et transformatrice, on nous vend de fausses solutions qui ne manquent jamais de donner la priorité aux élites des entreprises – « net zéro », « solutions basées sur la nature », « géo-ingénierie » et «numérisation de l’agriculture » pour n’en citer que quelques-unes. Il faut que cela cesse, immédiatement !

Pour mettre un terme à la crise climatique, il faut un changement de système ancré dans les droits de l’humanité et de la Terre Mère. Pendant plus de 500 ans, le système alimentaire patriarcal, à l’origine colonial et aujourd’hui corporatif, a tenté de dominer toutes les formes de vie pour l’enrichissement d’une petite minorité. Ceux qui contrôlent les richesses accumulées – produites par les gens et la planète au fil des siècles – ont jusqu’à présent échappé aux foudres des inondations, des sécheresses, des sols dégradés, de la guerre et de la faim. Ils font fi des nombreux signes de l’effondrement des systèmes naturels qui entretiennent la vie et ils proposent plutôt que ce soit nous, les victimes les plus vulnérables, qui portions le plus lourd fardeau. Pour la Via Campesina (LVC) et notre diversité organisée de femmes et d’hommes paysans, migrants, travailleurs de la terre, pêcheurs, habitants des forêts, du monde rural, jeunes et autres, notre solution à la crise climatique est une transition juste ancrée dans la lutte et la solidarité – une solidarité internationaliste avec tous ceux et celles qui luttent pour la souveraineté alimentaire, la justice climatique et les droits de la Terre Mère ! C’est une lutte pour la pleine réalisation de tous les droits et responsabilités détaillés dans la Déclaration des Nations unies sur les Droits des paysannes et Autres Personnes Travaillant dans les Zones Rurales (UNDROP), en particulier le droit à un environnement propre, sûr et sain (article 18) récemment ratifié par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour l’ensemble de l’humanité. Il s’agit également d’une lutte contre la mainmise des entreprises sur les espaces de l’ONU par le biais du modèle “multiples parties prenantes”, mieux connu sous le nom de “capitalisme des parties prenantes”, dont tout le monde a été témoin lors du Sommet des Nations unies sur le système alimentaire de 2021 et, de plus en plus, lors des COP des Nations unies sur le climat.

Alors que nous nous préparons à une autre conférence douloureuse de l’ONU sur le climat – la COP26 de Glasgow – les 200 millions de défenseurs de la terre, de l’eau et du territoire de LVC se lèvent à nouveau pour exiger la souveraineté alimentaire pour la justice climatique. Nous rejoignons une large convergence de luttes contre le capitalisme des combustibles fossiles, le racisme, le colonialisme, et le patriarcat qui les lie. Alors que nous luttons pour rendre les entreprises responsables de cette destruction inutile, nous sommes fiers de la LWA (Alliance des travailleurs de la terre) – notre organisation membre de LVC basée en Écosse, en Angleterre et au Pays de Galles. La LWA travaille sans relâche pour faire entendre la voix des travailleurs de la terre agroécologiques à la COP26 en demandant « la reconnaissance de la contribution que l’agriculture agroécologique, la foresterie durable et une meilleure utilisation des terres peuvent apporter à nos engagements de réduction des émissions, de séquestration du carbone et de renforcement de la résilience. »

Que les entreprises se méfient, les travailleurs de la terre du monde entier ont de vraies solutions : des systèmes alimentaires, agricoles et forestiers au service des populations, du climat et de la nature ! Aux côtés de notre LWA et de tous ceux qui luttent pour une transition juste, nous créerons à nouveau un front commun pour contrer toute tentative de convertir la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en un gigantesque « mécanisme de marché. » Le capitalisme climatique est un crime, pas la solution !

Cop26 : plus de mécanismes de marché ne résoudront pas les problèmes des gens

Un prolongement de l’industrie des combustibles fossiles, le système alimentaire transnational est l’un des principaux responsables de la crise climatique, puisqu’il est à l’origine de 44 à 57% des émissions mondiales de GES. Ce système éloigne les gens de la terre, dégrade les communautés et alimente la violence et les inégalités dans tous les territoires du monde. Il est particulièrement néfaste pour les femmes et les jeunes dont la vie et le travail sont minés par un système qui ne valorise pas la vie.

Bien avant la COP21 à Paris, les multinationales de l’agroalimentaire et des énergies fossiles utilisaient déjà leur pouvoir et leur influence pour promouvoir des politiques aux plans national, infranational et mondial. L’Accord de Paris de 2015 a créé une sorte de « consensus » autour de plusieurs fausses solutions très problématiques. Les mécanismes d’échange et de compensation des émissions de carbone contenus dans l’article 6, par exemple, accorderont un pouvoir important aux gouvernements, aux sociétés, aux banquiers et aux négociants riches dont l’objectif premier est de maximiser les profits et non de prendre soin de la Terre Mère. Au lieu de prendre des mesures décisives pour s’adapter aux changements climatiques et s’engager dans une transition honnête vers des systèmes alimentaires démocratiques et fondés sur les droits de l’homme, ces puissants acteurs utilisent les engagements « net zéro » pour cacher leur inaction climatique.

Le « net zéro » permet aux entreprises de se soustraire à leurs responsabilités en matière d’émissions historiques et continues, en donnant la priorité aux initiatives qui favorisent les résultats de l’entreprise. Partout où les entreprises font la promotion de “solutions basées sur la nature” (NBS en anglais), nous mettons en garde contre la dépossession de la nature par le biais de systèmes de compensation des émissions de carbone des forêts et des sols, fondés sur l’idée fausse que payer quelqu’un d’autre pour s’occuper des émissions de carbone au lieu d’agir directement pour réduire la pollution ralentira en quelque sorte la crise. Pour combattre la crise climatique, il faut une transition juste vers l’abandon des combustibles fossiles, la fin de l’exploitation minière et de l’agriculture extractive destructrices, et la récupération des territoires et des écosystèmes endommagés. Nos solutions – qui sont véritablement fondées sur la nature, agroécologiques et contrôlées par les paysans – sont des solutions justes. Aucune « licorne du carbone » ni aucune pensée magique ne résoudra ce problème, il suffit d’agir immédiatement pour changer le système.

De plus, nous pensons que « l’agriculture intelligente pour le climat » devrait plutôt s’appeler « l’agriculture intelligente des entreprises », car elle fournit un cadre pour l’intégration des OGM et des produits agrochimiques dans l’agriculture à petite échelle, en s’appuyant sur le même paradigme raciste et sexiste que la révolution verte. Elle positionne la science et la technologie capitalistes comme des solutions aux problèmes rencontrés par le « sous-développement » et les paysans supposés « non éduqués » du monde. Ces problèmes originaux ont été créés par le capitalisme mondial, le vol, le pillage colonial, les guerres et la violence généralisée.

Alors que de nombreuses fausses solutions corporatives adoptent le langage de l’agroécologie paysanne, nulle part ne sont affirmés ou garantis les droits fondamentaux à une alimentation locale et nutritive, à des moyens de subsistance dignes, à la terre et à l’autodétermination. Ce qui est garanti, ce sont des cycles d’accumulation sans fin qui profitent à ceux qui sont à l’origine de la crise climatique, notamment les grandes entreprises agroalimentaires comme John Deere, Bayer-Monsanto, Syngenta, Cargill, Nestlé, Wal-Mart et d’autres.

La transition est maintenant ! La souveraineté alimentaire nourrit la justice climatique !

Les  travailleurs de la terre et autres producteurs alimentaires du monde entier exigent – et sont prêts à réaliser – une transition climatiquement juste dans l’agriculture ! Pendant des décennies, les producteurs alimentaires locaux ont été poussés sur la voie de l’intensification et de la monoculture par les entreprises agroalimentaires et leurs alliés. Le Sommet des Nations Unies sur le système alimentaire de 2021, qui a été coopté, n’en est qu’un exemple de plus. Ce dont les gens et la planète ont besoin de toute urgence, c’est de gouvernements et d’institutions offrant des possibilités financées par des fonds publics pour assurer la transition vers des systèmes agricoles plus écologiques et socialement sains. Pendant trop longtemps, les agriculteurs ont été tenus responsables d’un modèle imposé par le capital. Cela doit cesser maintenant! La société doit reconnaître que nos systèmes d’agriculture, d’eau et d’utilisation des terres sont ce qu’ils sont aujourd’hui en raison de pressions systémiques. Alors que nous nous éloignons du capitalisme fondé sur les combustibles fossiles, nous ne devons pas perdre d’agriculteurs, détruire les moyens de subsistance ou la capacité de production alimentaire saine. Le soutien des gouvernements en matière de subventions et de programmes de formation pour soutenir la transition est essentiel, et cette transition juste en agriculture doit être centrée sur les principes de la justice climatique. Cela signifie que tous ceux qui sont impliqués dans la chaîne alimentaire – y compris les paysans, les éleveurs, les travailleurs migrants, les travailleurs contractuels, les sans-terre et les peuples autochtones – doivent être au premier plan pour définir et mettre en œuvre les politiques publiques nécessaires à cette transition.

En tant que La Via Campesina, nous appelons à la fin de toutes les fausses solutions et des mécanismes de marché de l’article 6Nous appelons à une transition juste vers le vrai zéro, et non vers les plans de marketing des entreprises qui se cachent derrière le « net zéro ». En même temps, et c’est de la plus haute importance, nous appelons toutes les anciennes puissances coloniales à assumer leurs responsabilités historiques et à réduire drastiquement les émissions à la source, maintenant, y compris par un retrait immédiat de leur présence militaire dans le monde ! La Via Campesina est solidaire des victimes de toutes les guerres, sanctions et occupations – qu’il s’agisse des mutilés et des assassinés de Palestine, d’Irak et d’Afghanistan ou des pauvres, des travailleurs et des indigènes des Etats-Unis qui manquent d’hôpitaux, d’écoles et de pain quotidien. Pour la souveraineté alimentaire, les droits de l’homme et la Terre Mère – Désinvestir de la Machine de Guerre !

Les voies pour atteindre la justice climatique doivent être radicalement différentes de celles qui ont produit la crise. L’agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire peuvent « nourrir le monde et refroidir la planète ! » Elles offrent la possibilité très réelle de réduire les émissions et de réaliser la justice sociale, les droits des personnes et de la planète. Un système alimentaire basé sur la souveraineté alimentaire et des systèmes alimentaires locaux, alimentés par des agriculteurs familiaux pratiquant l’agroécologie paysanne, peut véritablement transformer la société tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de manière spectaculaire et beaucoup plus rapidement que toutes les fausses solutions vendues par les entreprises. Tout cela peut se faire sans marchandiser le carbone tout en contribuant à renforcer les solutions démocratiques de base à la pauvreté, à la faim et à la violence.

Les défenseurs de la terre, de l’eau et des territoires agroécologiques du monde entier s’unissent ! Avec les producteurs de denrées alimentaires au premier plan de notre convergence mondiale pour une souveraineté alimentaire qui nourrit la justice climatique, la vie l’emportera sur la mort !

La transition est maintenant !

La souveraineté alimentaire nourrit la justice climatique !

Mondialisons la lutte ! Mondialisons l’espoir !

Via-info-fr@viacampesina.org

http://viacampesina.org/Via-info-fr/

https://mail.viacampesina.org/lists/listinfo/Via-info-fr

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Votre inaction est un crime !

À l’heure où les gouvernements entament de nouvelles négociations sur le climat, la rédaction de Politis s’engage. L’appel que nous lançons, rejoint par 225 personnalités, traduit une colère qui grandit. Il porte la voix de celles et ceux qui refusent la résignation et tenteront encore de se faire entendre dans la rue, le 6 novembre, lors de la grande marche pour la justice climatique. Joignez votre voix à la nôtre, en signant cet appel.

Signez notre appel

Cela fait plus de trente ans que les scientifiques du Giec vous alertent, vous les décideurs politiques et économiques. Trente ans que les climatologues du monde entier accumulent des données qui font la démonstration de l’urgence climatique, de son origine anthropique et de l’effondrement des écosystèmes de la planète. Presque autant que la société civile répète à l’envi que les discours ne suffisent plus. Que le temps de l’action est venu. Et pourtant rien ne vient. Du blabla. Encore du blabla. Toujours du blabla. Au mieux du greenwashing, au pire des reniements et des renoncements à n’en plus finir.

Qu’avons-nous observé ? Que cela fait près de trente longues années que vous négociez, que vous tentez de nous faire croire que vous allez vous attaquer à l’urgence climatique. Qu’il ne faut plus s’inquiéter. Et pourtant, en trente ans, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont explosé de 64 %. Si nous vous laissons faire, elles vont encore augmenter d’au moins 16 % d’ici à 2030.

Votre procrastination, cette irresponsable tendance à repousser à plus tard ce qui devrait être fait aujourd’hui, est un crime climatique, perpétré en toute connaissance de cause. Des gens meurent à cause du réchauffement climatique. Car celui-ci se conjugue au présent, contrairement à vos promesses, que vous n’envisagez qu’au futur. L’été, le thermomètre approche ou dépasse les 50°C aux quatre coins de la planète, tandis que les canicules, feux de forêt et inondations se multiplient et s’intensifient. Sans parler de la fonte des glaces ou de la montée des eaux. Des villes et des villages sont peu ou prou rayés de la carte ou rendus inhabitables. Des écosystèmes sont détruits ou transformés à jamais. Vous en avez la responsabilité. Nous en payons tous le prix.

Le 9 août dernier, le Giec a énoncé ce cruel constat avec encore plus de force : « Le changement climatique s’accélère et s’intensifie » à un rythme « sans précédent ». Combien d’entre vous, chefs d’État et de gouvernement, ministres, parlementaires, élus locaux, patrons d’entreprise, ont lu le résumé aux décideurs (39 pages) du dernier rapport du Giec ?

Certes, vous n’avez pas rien fait. Vous avez négocié et ratifié l’accord de Paris sur le climat. Mais celui-ci ne vous contraint à rien, et vous ne le respectez pas. Les engagements posés sur la table par les États depuis 2015 nous conduisent à un réchauffement climatique supérieur à 3°C. Charge à nous, citoyens, de faire respecter les objectifs de 1,5°C ou 2°C. Plutôt que de mettre le paquet sur des politiques climatiques ambitieuses à court terme, vous leur avez substitué un concept vaseux de neutralité carbone à long terme, pariant sur d’improbables innovations technologiques pour nous sauver.

Pire, vos plans de relance ont débloqué plus de financements nocifs pour le climat (3 000 milliards de dollars environ) que pour des projets supposés « verts » (1 800 milliards). La pandémie a tué des millions de personnes et montré combien l’économie mondiale était insoutenable. Que trouvez-vous comme réponse ? Relancer, quoi qu’il en coûte – en mobilisant ce pognon de dingue qui n’est prétendument pas disponible pour assurer les besoins élémentaires des populations –, un système économique qui détruit la planète, accroît les inégalités et broie les hommes et les femmes qui travaillent pour survivre.

Nous ne détournerons pas le regard. Nous vous garderons à l’œil, lors de la COP 26, et tenterons de faire pression. Parce que vous n’avez toujours pas débloqué les 100 milliards de dollars que vous aviez promis aux pays pauvres il y a douze ans à Copenhague. Parce que vous déroulez le tapis rouge aux pollueurs, aux as de l’évasion fiscale, aux champions des dividendes et du greenwashing. Parce que vous voulez créer de nouveaux marchés partout en transformant la nature en un capital qu’il faudrait valoriser.

Nous vous avons à l’œil, mais nous savons que cela ne suffira pas. Parce que nous en avons déjà fait l’expérience. Parce que nous savons que vous n’avez aucune intention de laisser 80% des réserves d’hydrocarbures dans le sol : en trente ans de négociations, vous avez toujours refusé ne serait-ce que d’évoquer des restrictions à l’exploitation des énergies fossiles. Parce que vous n’avez aucune envie de démanteler le pouvoir de nuisance que constituent les TotalEnergies, Exxon et consorts, qui savent depuis plus de cinquante ans qu’ils sont à l’origine du réchauffement climatique et qui ont tout fait pour le cacher. Parce que vous avez exclu le commerce international des secteurs couverts par l’accord de Paris.

Pour toutes ces raisons, et pour tant d’autres, nous avons besoin d’un ouragan citoyen en mesure de renverser, si ce n’est la table des négociations, le cours des choses. À la déception et à la désillusion, nous préférons la force de la lucidité et de la détermination. Depuis plusieurs années désormais, la jeunesse a montré la voie : ses mobilisations avancent plus vite que les négociations sur le climat. Si nous ne voulons pas faire face à l’impensable, nous devons faire l’impossible.

Signez notre appel

Les 220 premiers signataires :

Paul Ariès, politologue • Pierre Aschieri, maire de Mouans-Sartoux • Hervé Aubert, président de l’association Pour Politis • Manon Aubry, coprésidente LFI du groupe de la Gauche au Parlement européen • Aurélien Gabriel Cohen, université de Paris • Clémentine Autain, députée LFI • Geneviève Azam, économiste, militante à Attac • Anne Babian Lhermet, conseillère régionale EELV Auvergne-Rhône-Alpes • Benjamin Ball, organisateur • Alexis Baudelin, avocat au barreau de Paris • Julien Bayou, secrétaire national d’EELV • Guy Benarroche, sénateur des Bouches-du-Rhône • Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris, professeure émérite à l’École pratique des hautes études • Tony Berbard, maire de Châteldon • Ugo Bernalicis, député LFI • Benoît Biteau, député européen EELV • Manuel Bompard, chef de la délégation LFI au Parlement européen – Groupe GUE-NGL • Évelyne Boulongne, porte-parole du Miramap • Dominique Bourg, professeur honoraire • Philippe Boursier, professeur de sciences économiques et sociales • Pauline Boyer, porte-parole d’Alternatiba • Géraldine Boÿer, membre du bureau exécutif d’EELV • Charles Braine, ancien marin pêcheur, président de Pleine Mer • David Buisson, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes • Mélissa Camara, conseillère municipale EELV à Lille • Damien Carême, député européen • Émilie Cariou, députée, coprésidente des Nouveaux Démocrates • Julian Carrey, enseignant-chercheur • Nathalie Caspard, maître de conférences en mathématiques • Florence Cerbaï, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes (EELV) • Leila Chaibi, députée européenne LFI • Patrick Chamoiseau, écrivain • Pierre Charbonnier, chercheur CNRS, Sciences Po • Eve Chiapello, sociologue • Yves Citton, codirecteur de la revue Multitudes • Laurence Cohen, sénatrice communiste • Marie Cohuet, porte- parole d’ANV-COP 21 • Albane Colin, conseillère régionale Auvergne-Rhone-Alpes • Maxime Combes, économiste • Éric Coquerel, député LFI • Alexis Corbière, député LFI • Mickael Coriat, astrophysicien • David Cormand, député européen • Sergio Coronado, ancien député des Français de l’étranger • Dominique Coujard, magistrat honoraire • Alain Coulombel, porte-parole national EELV et économiste • Annick Coupé, coporte-parole Attac • Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste, Université Paris-I Panthéon-Sorbonne • Franck Courchamp, directeur de recherches au CNRS • Jérémie Crépel, conseiller municipal de Lille, membre du bureau exécutif d’EELV • Alexis Cukier, philosophe • François Cusset, historien des idées • Flavia Cutivet, membre Youth For Climate • Michele d’Auria, président Les Démocrates • Lang Dany, économiste, maitre de conférence Université Paris-XIII • Renaud Daumas, conseiller régional d’Auvergne-Rhône- alpes • Laurence De Cock, historienne, enseignante • Geoffroy De Lagasnerie, philosophe • Monique De Marco, sénatrice de la Gironde • Brigitte del Perugia, retraitée de l’Éducation nationale, ancienne élue municipale EELV • Gwendoline Delbos-Corfield, députée européenne Verts/ALE • Karima Delli, députée européenne EELV • Julien Delord, enseignant-chercheur • Damien Deville, géographe et anthropologue de la nature • Emmanuel Dockès, professeur de droit, université Paris-Nanterre • Thomas Dossus, sénateur écologiste du Rhône • Emmanuel Drouet, professeur des universités • Grégory Doucet, maire de Lyon • Dub Inc, musiciens • François Dubreuil, administrateur Unis pour le climat • Olivier Dubuquoy, géographe • Cédric Durand, économiste • Sarah Durieux, activiste et autrice • Simon Duteil, codelegué général de l’Union syndicale Solidaires • Bernard Duterme, directeur du CETRI – Centre tricontinental • Yannick Duvergé, directeur général d’Exemplary • Annie Ernaux, écrivaine • Txetx Etcheverry, militant pour la justice climatique • Camille Étienne, activiste pour la justice sociale et climatique • Fatima Ezzahra Benomar, militante féministe • Didier Fassin, professeur de sciences sociales • Michel Feher, philosophe • Julie Ferrua, secrétaire nationale Union syndicale Solidaires • Caroline Fiat, députée LFI • Gérard Filoche, porte-parole de la Gauche démocratique et sociale • David Flacher, professeur des universités • Jean Gadrey, économiste • Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France • Raquel Garrido, conseillère régionale IDF • Noé Gauchard, Youth For Climate France • François Gemenne, professeur de géopolitique de l’environnement • Jacques Généreux, maître de conférences des universités -Sciences Po. • Susan George, autrice • Charlotte Girard, enseignante-chercheuse en droit public • Nicolas Girod, porte-parole Confédération paysanne • Jérôme Gleizes, économiste, conseiller EELV de Paris • Barbara Glowczewski, directrice de recherche CNRS • Guillaume Gontard, sénateur Isère président du groupe écologiste • Roland Gori, psychanaliste, professeur émérite • Pierre-Henri Gouyon, professeur • Adeline Grand- Clément, enseignante chercheuse • Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT spectacle • Fabienne Grebert, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes • Alban Grosdidier, Europe Organiser – Finance Campaign – 350.org • Claude Gruffat, député européen – groupe des Verts/ALE • Samuel Grzybowski, porte-parole de la Primaire populaire • Murielle Guilbert, codeleguée générale de l’Union syndicale Solidaires • Hélène Hardy, bureau exécutif EELV • Jean-Marie Harribey, économiste • Nadia Hatroubi Saf-Saf, rédactrice en chef du Courrier de l’Atlas • Quentin Heim, chargé de communication chez FAIRe un monde équitable • Anne Hessel, coprésidente d’honneur de Nouvelle Donne • Jean-Michel Hupé, chercheur CNRS en écologie politique • Yannick Jadot, eurodéputé, candidat à la présidentielle • Pascale Jamoulle, anthropologue • François Jarrige, historien • Yassine Jioua, machiniste • Paul Jorion, chroniqueur • Régis Juanico, député Géneration·s de la Loire • Wandrille Jumeaux, conseiller municipal à Montreuil (93) • Stéphen Kerckhove, directeur général d’Agir pour l’Environnement • Pierre Khalfa, Fondation Copernic • Isabelle L’Héritier, Team leader et campaigner pour 350.org en France • Thierry Labica, professeur de science politique comparée • Bastien Lachaud, député LFI • Myriam Laïdouni-Denis, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes/écologiste • Ariane Lambert- Mogiliansky, professeure • Michel Larive, député LFI • Pierre Larrouturou, député européen Nouvelle Donne, rapporteur général du budget • Christophe Laurens, architecte, paysagiste • Nadine Lauverjat, déléguée générale Générations futures • Christian Laval, sociologue • Jean-Louis Laville, enseignant chercheur • Yvan Le Bolloc’h, comédien • Gilliane Le Gallic, présidente d’Alofa Tuvalu • Frédéric Lebaron, sociologue CNRS-Centre de sociologie européenne • Nicolas Lebourg, chercheur en sciences sociales • Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers • Rémi Lefebvre, professeur de science politique • Denis Louviot, coporte-parole de Nouvelle Donne • Pierre Lehembre, président d’Allons Enfants • Élise Lowy, cofondatrice de PEPS (Pour une écologie populaire et sociale) • Axel Marin, conseiller régional AURA – coprésident du groupe Les écologistes • Philippe Meirieu, pédagogue • Jean-Luc Mélenchon, député LFI, candidat à la présidentielle • Guillaume Meurice, humoriste • Cécile Michel, conseillère régionale Les Écologistes – Auvergne-Rhône-Alpes • Corinne Morel Darleux, autrice • Yann Moulier Boutang, professeur émérite en sciences économique Alliance Sorbonne université, Université de technologie de Compiègne • Aline Mouquet, coprésidente de Nouvelle Donne • Birgit Müller, directrice de recherche CNRS • Évelyne Ngo, secrétaire nationale de Solidaires • Danièle Obono, députée LFI de Paris • Tania Pacheff, consultante en santé environnementale • Ugo Palheta, sociologue, codirecteur de la revue Contretemps • Mathilde Panot, députée LFI, présidente de groupe • Fatima Parret, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes • Bénédicte Pasiecznik, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes, conseillère d’arrondissement à Lyon • Willy Pelletier, sociologue • Irène Pereira, philosophe • Gilles Perret, documentariste • Stéphane Peu, député PCF • Thomas Piketty, directeur d’études EHESS • Éric Piolle, maire de Grenoble • Geoffrey Pleyers, sociologue • Dominique Plihon, professeur émérite • Marie Pochon, militante écologiste, secrétaire générale de Notre Affaire à tous • Raymonde Poncet Monge, sénatrice EELV • Thomas Portes, porte- parole de Génération·s • Raphaël Pradeau, coporte-parole Attac • Marie Pragout, conseillère départementale de Charente • Loïc Prudhomme, député LFI • Geneviève Pruvost, chercheuse au CNRS • Audrey Pulvar, adjointe à la mairie de Paris • Adrien Quatennens, député du Nord, coordinateur de La France insoumise • Felix Radu, auteur et comédien • Olivier Randria, porte-parole de Nouvelle Donne • Jean Hugues Ratenon, député LFI • Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe EELV • Muriel Ressiguier, députée LFI • Amandine Richaud Crambes, DG Fabrique des mobilités • Cecilia Rinaudo, coordinatrice générale de Notre Affaire à tous • Michèle Riot-Sarcey, historienne • Michèle Rivasi, députée européenne EELV • Julien Rivoire, porte-parole d’Attac • Rone, musicien • Gilles Rotillon, professeur émérite en sciences économiques, université Paris-Nanterre • Sandrine Rousseau, économiste, militante EELV • Agnès Rousseaux, directrice de Politis • Olivier Royer, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes • Sabine Rubin, députée LFI • François Ruffin, député LFI • Daniel Salmon, sénateur d’Ille-et-Vilaine • Chloé Sagaspe, conseillère de Paris et membre du bureau exécutif d’EELV déléguée à la jeunesse, au climat et à l’environnement • Eva Sas, porte-parole EELV • Mounir Satouri, député européen • Arnaud Schwartz, président de France Nature environnement • Clément Sénéchal,chargé de campagne politiques climatiques Greenpeace France • Denis Sieffert, éditorialiste à Politis • Yves Sintomer, professeur des universités, Université Paris-8/Maison française d’Oxford Margot Smirdec, coporte-parole de Nouvelle Donne • Bruno Solo, comédien Henri Sterdyniak,économiste • Aurélien Taché, député les Nouveaux Démocrates • Azzedine Taibi, maire de Stains • Sophie Taillé-Polian, sénatrice du Val-de-Marne et coordinatrice nationale de Génération·s • Bénédicte Taurine, députée LFI • Laure Teulières, maîtresse de conférences en histoire, université Jean-Jaurès de Toulouse • Stéphane Thobie, Attac • Marine Tondelier, conseillère régionale des Hauts-de-France • Sezin Topçu, historienne et sociologue des techniques • Hélène Tordjman,économiste • Marie Toussaint, eurodéputée, juriste pour le climat • Aurélie Trouvé, Enseignante chercheuse et militante d’Attac • Marieke Van Lichtervelde, chercheure IRD • François Veillerette,porte-parole de Générations futures • François Verdet, Bizi! (Mouvement pour l’urgence climatique et la justice sociale) • Françoise Vernet, présidente de Terre & Humanisme Hugo Viel,activiste pour la justice climatique • Mélanie Vogel, sénatrice écologistes • Anaïs Widiez,conseillère régionale • Hubert Wulfranc, député PCF • Michelle Zancarini-Fournel, historienne • Pierre Zaoui, philosophe • Reza Zia-Ebrahimi, historien

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Novembre 2021 : Cop26 à Glasgow.

Négociations internationales sur le climat :
Pour les riches, par les riches

En novembre prochain se tiendra la 26e Conférence des Parties (COP) à Glasgow, en Ecosse. Regroupant les représentants des pays ayant adhéré à la convention-cadre de l’ONU sur le climat en 1992, les COP annuelles sont officiellement le lieu où les États se mettent d’accord sur des politiques visant à combattre les changements climatiques. En réalité, l’histoire des COP est marquée par les tentatives des plus gros pollueurs de retarder au maximum la mise en œuvre de politiques volontaristes et contraignantes. L’accord de Paris lors de la COP21 de 2015 a ainsi acté la fin du principe d’obligations pour les États de respecter des baisses d’émissions de gaz à effet de serre. Résultat : chaque État fixe lui-même ses engagements et est libre de les respecter… ou non. En toute hypocrisie, les chefs d’État ont pu afficher un objectif de limitation des hausses de température à moins de 2°C, et de préférence à moins de 1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle, tout en prenant des engagements et en menant des politiques qui nous emmènent vers des hausses de température bien plus élevées.

Si le phénomène du réchauffement climatique est global, les populations les plus violemment impactées vivent dans les pays du Sud. Mais dans les COP, elles sont peu écoutées. A Glasgow, COVID oblige, une partie des délégations des pays les plus pauvres va être empêchée de venir et de participer aux négociations. Symbole supplémentaire des inégalités structurelles à l’échelle du Globe, d’autant plus catastrophiques concernant les dérèglements climatiques.

Les pièges du capitalisme vert

Les défenseurs du capitalisme vert, E. Macron en tête, ne sont pas à court d’idées pour nous faire avaler des couleuvres et marchandiser la nature. Raisonnement implacable des néolibéraux : si les sociétés humaines détruisent la nature, c’est parce qu’elle n’a pas de prix ; si on lui en donne un, elle sera susceptible d’être défendue. Lui donner un prix, et donc la marchandiser, serait une façon de la défendre. En réduisant la nature aux « services écosystémiques », par exemple en ne voyant dans une forêt qu’un puits de carbone, c’est une négation de la complexité et de la richesse du vivant en vue de sa marchandisation.

Lors de la COP26, on va beaucoup entendre parler de l’objectif « zéro émission nette ». Derrière ce mot d’ordre se cache l’alternative entre la réduction des émissions et l’augmentation des absorptions de gaz à effet de serre. Soit un changement profond de modèle économique et productif dans une visée de sobriété et de transformation des usages de l’énergie, soit des mutations limitées, un maintien ou une faible diminution des émissions de gaz à effet de serre mais un développement des mécanismes d’absorption ou de séquestration du carbone. Autrement dit, le « zéro émission nette » signifie « brûlez maintenant, payez plus tard, on trouvera bien les technologies nécessaires pour colmater tout ça. »

L’Union Européenne, bon élève de la lutte pour le climat ?

Active dans les négociations internationales, l’Union Européenne se rêve « leadeuse » des COP, mais le très médiatisé « Green Deal » de la nouvelle Commission (2019) révèle surtout l’insuffisance de toutes ses politiques antérieures. Ce plan de route prévoit notamment de créer une taxe carbone aux frontières de l’UE face aux « fuites de carbone » actuelles, et de renforcer un marché du carbone européen insuffisamment contraignant pour les entreprises – perpétuant le privilège des mécanismes de marché derrière le volontarisme affiché. Surtout, l’adoption des mesures n’est pas espérée avant 2023 et promet de virulents débats entre Etats-membres – alors même que l’objectif de 55% de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 reste loin des exigences réelles de l’Accord de Paris. Sans compter les tours de passe-passe : les émissions sont évaluées en termes de production et ne prennent pas en compte celles importées et consommées, véritables « passagers clandestins ». Enfin, les politiques sociales accompagnant les politiques climatiques ne sont pas à la hauteur face aux situations que connaissent les populations du continent. Ce Green Deal, désormais au cœur de la nouvelle stratégie de croissance économique et de compétitivité de l’UE, s’adapte sans rompre avec son entêtement néolibéral, le techno-solutionnisme lunaire et la logique de financiarisation de la lutte contre le changement climatique, dont on subit actuellement les impasses.

Les multinationales contre le climat

Les multinationales ont une responsabilité majeure dans le dérèglement climatique. Les multinationales, qui représentent près de 30% du PIB mondial et 25% de l’emploi sur la planète, sont à l’origine de près de 20% des émissions mondiales de CO2. Et selon le rapport « Vigilance climatique » de Notre Affaire à Tous (mars 2021), l’empreinte carbone cumulée des vingt-sept plus importantes multinationales françaises s’élève à quatre fois les émissions territoriales de la France. Face à cette responsabilité écrasante, ces multinationales, soutenues par leurs États, sortent le sésame de la neutralité carbone à l’horizon 2050. Autrement dit une promesse à long terme pour minimiser les objectifs à court-terme. Et pendant ce temps, les accords de libre-échange et d’investissement sont toujours appliqués ou en cours de négociation. Ces accords placent les intérêts des multinationales au-dessus de tous les principes du droit et de la lutte contre le dérèglement climatique, jusqu’à instaurer des tribunaux d’arbitrage favorables aux investisseurs privés, remettant ainsi en cause les politiques favorables au climat. Le point d’orgue des traités internationaux protégeant les pollueurs est le Traité sur la Charte de l’Énergie, qui permet aux multinationales des énergies fossiles de dissuader, retarder, ou bloquer des politiques de transition énergétique vraiment ambitieuses (sortir du charbon, interdire l’exploitation d’hydrocarbures, etc.) . Ne soyons pas dupes de leurs « solutions », c’est tout le système économique et social orchestré par les multinationales et fondé sur la consommation et la production massive qui est à remettre en cause : la société du marketing permanent, de l’obsolescence programmée, la société du tout-monétaire,…

Énergies : la sobriété face aux fausses solutions

Le Protocole de Kyoto, signé en 1997, jamais ratifié par les USA, devait engager les industriels à diminuer leurs émissions. Ce même Protocole défendait la poursuite d’une croissance matérielle, du libre-échange commercial et la régulation par le marché. Les mesures prises n’ont ainsi pas permis de baisser le niveau d’émissions de gaz à effet de serre. D’autres secteurs se sont présentés en sauveur du climat, comme le nucléaire. Mais le nucléaire est clairement une fausse solution : dangereux, producteur de déchets, il nécessite aussi un apport abondant et continu d’eau, ce qui n’est pas sans poser problème alors que les ressources en eau se raréfient tous les étés. En France, le projet d’EPR est un gouffre financier et sécuritaire avant même d’être engagé. Contrairement au nucléaire, les coûts de production des énergies renouvelables ont considérablement diminué, en particulier l’hydraulique, le solaire et l’éolien. Brèche dans laquelle se sont engouffrés les industriels, avec la construction de gigantesques projets qui menacent les écosystèmes. Même illusion, le développement des véhicules électriques.

Pas de fausses solutions, des alternatives

Halte à la « croissance verte » avec le soutien de l’argent public

Les aides publiques doivent servir au développement des services publics et à la création de coopératives ou la reconversion d’entreprises alternatives et locales qui ne détruisent pas la biodiversité mais l’enrichissent et limitent les émissions de C02.

Les expériences de gestion directe des entreprises (coop, scoop, mutuelle, …) par les travailleur·euses et les collectivités (publiques ou associatives) doivent être soutenues. Des pôles publics de l’énergie, de l’eau, des transports doivent protéger ces secteurs des logiques économiques de profit et de rentabilité contraires à la protection de l’environnement à partir d’instances intégrant les salarié·es, les pouvoirs publics et un contrôle citoyen.

Stop au numérique à tout prix et à la dématérialisation sans limite

Les populations doivent avoir la parole sur les choix de « progrès » technologiques, être informées de leurs risques et conserver le choix de rester à l’étape précédente. Le numérique, outre le contrôle des populations qu’il facilite, émet autant de C02 que l’aviation mondiale, produit des tonnes de déchets, ravage paysages et populations dans les pays pauvres. Un appui au numérique alternatif et libre, moins énergivore, une réduction de la dématérialisation, un contrôle public et citoyen des équipements et une formation massive à l’usage sobre du numérique sont impératifs.

Pas d’arnaque sur les marques

Les multinationales créent leurs propres logos « verts » ou “made in France”. Mais les émissions de carbone dont la France est responsable ont augmenté de 20% en 2017 et 2018 si l’on tient compte des émissions indirectes. Les logos doivent être contrôlés par le service public (traçabilité, impact carbone, conditions sociales de fabrication) et connus du public, et les accords de libre- échange stoppés, pour réduire les importations grâce aux circuits-courts, la consommation de saison et locale, l’achat d’occasion…

Recycler ou moins produire ?

Les industriels ont trouvé la solution face aux pollutions. Produisons toujours plus, mais recyclons. Or, seule 9% de la quantité de plastique produite dans le monde est recyclée, les méthodes utilisées pour le recyclage sont extrêmement polluantes et énergivores. Les déchets sont dans leur immense majorité envoyés par les multinationales en charge du recyclage dans des pays à bas coût et sans réglementations pour être hypothétiquement “recyclés” ou “reconditionnés”.

Pour dire halte à l’obsolescence programmée, il faut définir nos besoins collectivement, acheter en vrac, standardiser les emballages, informer sur la réalité du recyclage, interdire les produits énergivores et peu durables, relocaliser le reconditionnement, imposer la consigne, la compatibilité des appareils, l’obligation de reprise par les distributeurs,…

Réparer, réutiliser, échanger pour maintenir la convivialité, là sont les sources d’une autre vie en commun. Le nombre d’emplois créés par ces activités serait bien supérieur aux quelques emplois précaires industriels existants dans ce secteur du recyclage.

Isoler, mais comment ?

La promesse d’isolation à 0€ s’appuie sur des matériaux chimiques fabriqués en Asie, aussi problématiques que des années de dépenses énergétiques d’une maison mal isolée. La formation et l’appui à la production de matériaux locaux biosourcés doivent primer sur l’importation de matériaux non contrôlés à bas prix.

Affiché comme une mesure phare de la transition énergétique, ils nécessitent toujours plus d’énergie électrique, venant par exemple justifier de nouvelles centrales nucléaires EPR. Les solutions doivent être mises en œuvre de manière urgente, nécessitant des décisions fermes et contraignantes. Un service public de l’énergie sous contrôle citoyen devrait mener une politique de sobriété, affranchie du mythe de la croissance, visant la solidarité et la démocratisation des choix en matière énergétique. Ses objectifs :

réduire drastiquement les consommations d’énergie, ainsi que les productions industrielles fortement émettrices.

permettre la construction et la gestion par les citoyen·nes de projets de production d’énergies renouvelables à taille humaine.

réserver des financements conséquents dédiés à l’isolation des bâtiments d’habitation des plus précaires et ceux à usage professionnel, ainsi qu’aux transports ferroviaires.

Fiscalité verte : injuste et inefficace

Très limitée (à peine 5% des prélèvements obligatoires avec de nombreuses exonérations ou remboursements pour les entreprises), la fiscalité écologique est peu efficace : la majorité des niches fiscales sont défavorables à l’environnement et deux fois plus coûteuses pour le budget de l’État que celles favorables à l’environnement (7,5 milliards d’euros contre 3,1 milliards en 2017). Bien souvent, les taxes dites écologiques nourrissent l’injustice fiscale : elles portent essentiellement sur des produits utilisés au quotidien, comme le pétrole, sans proposer de substitut.

De plus, la part des revenus consacrée à payer les taxes dites écologiques diminue au fur et à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie des revenus : les 20% des ménages les plus pauvres consacrent 4,5% de leur revenu total annuel à la fiscalité énergétique, contre 1,3% en moyenne pour les ménages des 20% les plus aisés alors même que les 1% des plus riches émettent 5 à 10 fois plus de CO2 que les 10% les plus pauvres.

Une fiscalité écologique juste, forte et redistributive devrait :

pour les entreprises, taxer chaque tonne de carbone émise et abandonner le marché des quotas carbone (1400 sites industriels les plus polluants sont exonérés de la taxe carbone nationale) ;

conditionner toutes les aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux ;

limiter strictement les niches fiscales, mais privilégier les aides directes ;

garantir une redistribution visant à neutraliser les injustices et réduire les inégalités (territoriales, de revenus, etc), par exemple via un « chèque climat » ;

inventer d’autres outils fiscaux, comme une taxe liée aux kilomètres parcourus afin d’inciter à la relocalisation des activités.

Justice climatique : une lutte internationaliste

La lutte pour la justice climatique est nécessairement une lutte internationale et internationaliste. Parce que le dérèglement climatique impacte en premier lieu les peuples des pays du Sud, ceux et celles qui ont historiquement été spoliés par les puissances industrielles, nous devons trouver des solutions basées sur la solidarité internationale et la réparation des inégalités Nord-Sud. Héritant des mouvements altermondialistes leur esprit internationaliste, les mouvements pour la justice climatique se développent aux quatre coins du globe et se mobiliseront au moment de la COP26. En Grande-Bretagne, la coalition de mouvements sociaux qui organise les mobilisations face à la COP des riches le dit : nous sommes les seuls à pouvoir imaginer et construire un avenir qui fonctionne pour chacun·e d’entre nous. Les solutions dont nous avons besoin pour survivre et construire un monde plus juste et équitable ne peuvent être apportées que par l’action collective, la solidarité et la coordination, depuis nos communautés locales jusqu’aux niveaux internationaux. Mouvements indigènes, communautés en première ligne, syndicats, groupes antiracistes, jeunes grévistes, travailleurs de la terre, paysan·nes, ONG, mouvements féministes, groupes religieux…, il est temps de rejoindre la lutte pour la justice climatique. Nous avons besoin de toutes les mains sur le pont : sur les lieux de travail, dans les communautés, les écoles, les hôpitaux et par-delà les frontières nationales.

Site de la coalition COP26 : https://cop26coalition.org/

Bifurquer et planifier, pour une relocalisation écologique et solidaire.

Lors de la COP26, les puissants de la planète feront tout ce qu’il faut pour maintenir le système dans ses rails. Face à eux, les mouvements sociaux et populaires doivent apporter leurs propres propositions et faire entendre leurs voix. La crise de civilisation actuelle appelle des réponses fortes et des voies alternatives : redistribuer les richesses, combattre les inégalités, combattre le patriarcat, changer en profondeur les modes de production et de consommation, relocaliser… Transformer nos sociétés, c’est aussi repenser complètement le travail, l’emploi et les entreprises : mis au service des besoins sociaux et de la bifurcation écologique, ils permettraient de donner du sens à notre travail et de créer les millions d’emplois nécessaires. Cela implique un renversement des pouvoirs et une planification démocratique. Les bifurcations susceptibles de ralentir le dérèglement climatique et la destruction de la biodiversité ne sont pas un renoncement mais une invention de possibles qui peuvent rendre bien plus heureux·ses que le système actuel, en agissant dès maintenant à plusieurs niveaux : bloquer les projets destructeurs pour l’environnement ; développer des alternatives, de production, de distribution et de consommation… ; défendre des changements profonds dans les politiques publiques au niveau national et européen ; freiner l’extension de la mondialisation, en particulier les accords de libre-échange et la surpuissance des multinationales comme Amazon ou les géants du capitalisme fossile.

Attac, aux côtés de nombreuses organisations, appelle à se mobiliser le 6 novembre dans le cadre de la journée internationale d’action pour la justice climatique durant la COP26, et à rejoindre les initiatives, manifestations, rassemblements, actions ou débats publics qui se tiendront partout en France.

https://france.attac.org/se-mobiliser/justice-sociale-et-climatique/article/cop26-appel-a-mobilisation-le-6-novembre-pour-la-justice-climatique

Télécharger le document : Critiques de la prochaine COP 26 à Glasgow par ATTAC

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