L’ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a lancé jeudi une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril, mais aussi sur les « causes profondes » des tensions.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahua a immédiatement dénoncé une « décision honteuse » qui « encourage les terroristes dans le monde entier ». En revanche, le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a « salué » la décision du Conseil des droits de l’homme.

Plus tôt, la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait soutenu devant le Conseil, réuni en session extraordinaire, que les récentes frappes israéliennes sur Gaza peuvent constituer des crimes de guerre « s’il s’avère » que les civils ont été touchés « sans distinction ». Elle avait indiqué ne pas avoir vu de preuve de la présence de groupes armés ou d’action militaire dans des bâtiments visés par Israël à Gaza, une des justification de l’Etat hébreu pour les détruire.

Mme Bachelet avait également souligné que les tirs de milliers de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas « ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international ».

La réunion, qui portait sur les atteintes aux droits humains dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, et en Israël, était organisée à la demande du Pakistan, en tant que coordinateur de l’Organisation de la coopération islamique, et des autorités palestiniennes.

Une résolution adoptée avec 24 voix pour, 9 contre et 14 absentions, lance une « commission d’enquête internationale indépendante et permanente » chargée d’examiner les atteintes au droit international humanitaire et aux droits de l’homme ayant abouti aux récentes tensions israélo-palestiniennes.

Du 10 au 21 mai, 254 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts dont un enfant, une adolescente et un soldat, d’après la police.

Causes profondes

La portée de la résolution dépasse largement le récent conflit. Le texte demande que la commission étudie « toutes les causes profondes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse ».

L’enquête doit se concentrer sur l’établissement des faits et collecter les preuves et éléments qui pourraient être utilisés dans le cadre de poursuites judiciaires et, dans la mesure du possible, identifier les coupables pour qu’ils puissent être jugés.

Le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyad al-Maliki, qui s’est adressé à l’assemblée en ligne, a accusé Israël d’avoir instauré « un régime d’apartheid basé sur l’oppression du peuple palestinien » et son « déplacement forcé ». Il a revendiqué « le droit (des Palestiniens ndlr) de résister à l’occupation » et a affirmé que « les colons doivent être mis sur la liste des terroristes ».

L’ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU à Genève Meirav Eilon Shahar a accusé le Hamas d’avoir « initié ce conflit » et assuré que son pays « a tout fait pour désamorcer les tensions ». « Vous ne pouvez pas être pro-palestinien si vous ne condamnez pas le Hamas », a-t-elle dit.

La résolution « n’a rien à voir avec la réalité, n’a rien à voir avec les droits et n’a certainement rien à voir avec la promotion du dialogue entre Israël et les Palestiniens », a-t-elle estimé juste avant le vote.

Une première

C’est la première fois que le Conseil met sur pied une commission d’enquête avec un mandat sans durée fixée à l’avance. Le mandat d’autres commissions, comme celle sur la Syrie, doit être renouvelé tous les ans. Certains pays, comme la France, ont déploré que le mandat de la commission soit « trop large » et son objectif « trop indéterminé », mais la résolution a recueilli un large soutien auprès des pays africains et latino-américains.

Le Premier ministre israélien voit dans ce vote la confirmation « de l’obsession anti-Israël flagrante du conseil des droits de l’Homme ».

Israël est le seul pays avec un point fixe à l’ordre du jour de chaque session du Conseil, une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis, sous la présidence de Donald Trump, avaient quitté l’organisation. Le nouveau président Joe Biden a fait revenir les Etats-Unis en tant que pays observateur.

Neuf des trente sessions extraordinaires organisées par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU depuis sa création en juin 2006 ont porté sur Israël.

https://www.france-palestine.org/L-ONU-lance-une-enquete-sur-les-atteintes-aux-droits-humains-commises-dans-les

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Palestine : création historique d’une commission d’enquête de l’ONU sur les violations du droit

Le Conseil des Droits de l’Homme des Nation Unies a créé le 26 mai 2021 une commission chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé – y compris Jérusalem-Est   et en Israël sur toutes les violations présumées du droit international humanitaire et des droits humains commises depuis le 13 avril 2021, ainsi que sur toutes les causes profondes de ces atteintes au droit.

L’Association France Palestine Solidarité salue cette décision et se félicite de la création de cette commission d’enquête internationale, indépendante et permanente.

Elle est importante à plusieurs titres :

  • Pour la première fois de son histoire, le Conseil des droits de l’homme s’est penché sur les violations des droits humains et les politiques discriminatoires commises et appliquées par Israël à l’encontre du peuple palestinien, tant dans le Territoire palestinien occupé qu’en Israël.

  • Elle va enquêter sur toutes les atteintes au droit qui auraient été commises depuis le 13 avril 2021 et sur les causes profondes qui ont entrainé 11 jours de bombardements meurtriers et dévastateurs.

  • Elle va enquêter sur les causes profondes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse.

  • La France ne s’est pas grandie en s’abstenant lors du vote de cette résolution. Comment peut-on s’abstenir sur la création d’une commission d’enquête sur les violations du droit quand on a connaissance de manière très précise du nettoyage ethnique à l’œuvre en Territoire palestinien occupé et particulièrement à Jérusalem, de la répression féroce d’Israël à l’encontre du peuple palestinien. Et alors que deux millions de personnes subissent un blocus inhumain depuis 14 ans et des massacres récurrents, en violation du droit international qui interdit les punitions collectives à l’encontre des populations civiles.

  • Alors que le 23 mai, Jean-Yves Le Drian mettait en garde contre « le risque d’apartheid », le 27 mai, la France s’abstient : sur un sujet aussi important que le respect des droits humains, on se demande quelle est la politique de la France.

  • La création de cette commission d’enquête renvoie les USA, l’Union européenne et ses États membres ainsi que les défenseurs inconditionnels du régime d’apartheid israélien face leur responsabilité : pendant combien de temps vont-ils encore protéger l’État d’Israël et lui assurer une impunité criminelle ?

  • Israël a mis en place et maintient un régime institutionnalisé de domination raciale et de répression du peuple palestinien. La société palestinienne, les ONG de défense des droits humains, le dénoncent et le combattent en tant que régime d’apartheid.

  • L’AFPS est à leurs côtés dans ce combat et demande à la France de reconnaitre la réalité de ce régime d’apartheid et de cesser de se rendre complice de ces violations du droit en laissant Israël les commettre en toute impunité.

Le Bureau national de l’AFPS,

27 mai 2021

https://www.france-palestine.org/Palestine-creation-historique-d-une-commission-d-enquete-de-l-ONU-sur-les

Une réponse à “L’ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël

  1. Dès qu’une initiative n’est pas bloquée par le veto américain ou d’un autre pays occidental, elle aboutit parce que l’immense majorité des pays africains et latino-américains n’ont pas besoin qu’on leur fasse un dessin pour savoir et comprendre ce qu’est la réalité de la colonisation et de tout ce qui en découle (dépossession, violences multiples dont la discrimination, le racisme, l’incarcération de masse, l’ethnocide et l’apartheid).

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