La Marche Mondiale des Femmes a clôturé la 5e Action en connectant toutes les régions du monde

Entre le 12 et le 17 octobre, la Marche Mondiale des femmes a clôturé sa 5e Action Internationale. Avec le slogan « Nous résistons pour vivre, nous marchons pour transformer », l’action a marqué le 20e anniversaire de la MMF et a organisé les confrontations et les propositions féministes du mouvement, connectant des luttes locales et globales.

Le 12 et le 13 octobre, il y a eu un projet pilote de l’Ecole Féministe, qui a été organisée par la MMF et d’autres partenaires, et qui sera inauguré en Mars de l’année prochaine. « C’est une opportunité d’apprendre de tout le monde, de comprendre nos constructions à partir de nos propres expériences de luttes et de défense de nos territoires » a dit Sandra Moran, de la MMF Honduras. « Le système de multiples oppressions nous affecte tous mais parfois de manière différente, et être ensemble dans un même espace nous aide à identifier comment cela se fait et à trouver des moyens de lutter et de construire une alternative globale ». Plus de 70 femmes de 27 pays du monde entier y ont participé.

De plus, chaque jour de la semaine a été dédié à une région du monde : Afrique, Europe, Asie et Pacifique Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, les Amériques.

La lutte féministe dans les régions 

Le 12 octobre, des femmes de neuf pays d’Afrique francophone ont publié une courte et puissante déclaration en défense de la vie et des territoires, contre le pillage capitaliste. « Notre santé et celle de notre région, notre continent, et notre seule planète, sont « interconnectés » : Ce qui affecte l’un affecte l’autre. », affirment-elles dans le texte.

Le 13 octobre, la MMF Europe a publié le document régional, en synthétisant son affrontement de la crise créée par le néolibéralisme dans la région et la montée de l’extrême-droite.

Le jour suivant, des femmes d’Asie et d’Océanie ont dénoncé l’utilisation de la pandémie comme excuse pour ouvrir plus de portes aux entreprises multinationales et à la dette. Au Pakistan, les femmes ont publié une lettre ouverte au gouvernement, demandant l’annulation de la dette du pays vis-à-vis des institutions financières internationales.

Le 15, la MMF Moyen-Orient et Afrique du Nord a organisé une réunion en ligne pour discuter de la situation des femmes et des terres dans la région. Dans les territoires du Kurdistan, du Liban, du Maroc, de la Palestine et de la Tunisie, l’oppression contre les femmes et contre leurs peuples prennent la formes d’un apartheid et de la colonisation, d’une restriction des droits politiques et de la citoyenneté, des déplacements forcés et d’une spéculation de l’immobilier comme c’est le cas au Liban après l’explosion qui a eu lieu à Beyrouth. Les femmes ont parlé de leurs résistance, de leur droit à l’auto-détermination, de leurs luttes collectives.

La MMF dans les Amériques avait préparé le débat live « Notre mouvement et la durabilité de la vie dans les Amériques », auquel ont prit part des femmes du Québec, des États-Unis, du Mexique, du Guatemala, de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Pérou, du Brésil, du Chili et d’Argentine, avec des discours politiques, de la musique et de la poésie. L’activité a été traduite en quatre langues : espagnol, anglais, français et portugais. Le contenu du document régional des Amériques est le résultat d’une synthèse d’un programme politique, construit à travers un processus d’élaboration collective – il y a eu trois ateliers entre juillet et août, qui ont aussi résulté en la production d’une série de trois podcasts avec des conférences faites par les femmes.

La lutte féministe et la solidarité autour du monde

Comme dans toutes les actions précédentes, le clôture internationale a eu lieu le 17 octobre, date marquée dans le calendrier comme journée internationale de lutte contre la pauvreté. Ce jour là, nous avons publié la déclaration de la 5e Action internationale, via un texte et une vidéo, réunissant les voix de femmes du monde entier. La vidéo et le texte peuvent être vus et lus en espagnol, en anglais, français et portugais.

Un événement en direct et en ligne de clôture a été rejoint par des femmes de toutes les régions, et a été diffusé en espagnol, en français et en portugais. Les femmes ont parlé de la résistance féministe dans leurs territoires, marqués par la confrontation avec le capital et la lutte pour la défense de la vie. « Les femmes de la région maintiennent une lutte pour un meilleur lendemain, où les peuples peuvent vivre sans tyrannie, avec égalité et auto-détermination », a dit Ruba Odeh de la Palestine. Selon Nalu Faria, du Brésil, à travers l’action internationale « nous avons connecté nos 20 ans avec l’histoire des femmes qui luttent, qui marchent depuis longtemps, participant à toutes les luttes de libération ».

Graça Samo, du Secrétariat International de la Marche mondiale des femmes, a rappelé l’histoire de la construction du mouvement. « La force de notre mouvement est un point de départ pour des alternatives pour maintenir la vie dans nos communautés. Ensemble, en tant que mouvement, nous sommes davantage capables de résister face à toutes les formes d’oppression », a-t-elle dit.

Pendant l’événement en direct, la vidéo qui réunit les messages des mouvements alliés de la MMF en espagnol, en anglais et en français a été diffusée. L’auto-gestion et la construction d’alliances stratégiques sont les enjeux politiques qui ont accompagné la MMF depuis le début. Dans la vidéo, il y a des prises de parole effectuées par des organisations internationales telles que Via Campesina et Amis de la Terre Internationale, ainsi que par des organisations régionales telles que le Mouvement sans Terre (MST), la Confédération des syndicats de travailleurs des Amériques (CSA-TUCA), la Coalition contre le trafic de femmes, l’alliance écoféministe panafricaine WoMin et par plusieurs autres.

De plus, le 17 octobre, nous avons participé aux 24 heures de solidarité féministe. De midi à 13 heures, autour du globe, les femmes ont fait des actions symboliques dans la rue ou à travers leurs réseaux.

En Suisse, a été lancé le livre Derrière les murs, au sujet de la vie quotidienne de femmes migrantes durant la crise du Covid-19. Au Pays Basque, la MMD a organisé une action symbolique dénonçant les frontières, les politiques migratoires et les entreprises multinationales. Au Portugal, des femmes ont produit un manifeste et une vidéo sur l’importance du féminisme. Dans la région autonome des Açores, elles ont fait une corde à linge de résistance, et celles de la ville de Coimbra se sont également réunies pour une action symbolique. En Galice, les activités ont eu lieu du 16 au 18 octobre : une intervention dans un square et une lecture publique sur la féminisation de la pauvreté.

En France, des vidéos sont réalisées sur les thèmes : l’écoféminisme ; les violences machistes dans la sphère domestique ; femmes, migrations, territoires ; Système prostitutionnel et GPA : la marchandisation du corps des femmes. En septembre, un « Forum féministe pour penser demain » a réuni plus de 200 femmes venues des différentes régions françaises. Pour le processus de clôture de l’action, en plus d’un atelier sur la Numérisation et les femmes, les 3 et 4, la MMF en Turquie a tenu un séminaire sur la souveraineté alimentaire et l’agro-écologie féministe le 17. Ces deux activités mettent l’accent sur l’importance de la résistance des femmes et des peuples à l’appropriation de nos biens communs par les sociétés transnationales.

Au Mexique et au Guatemala, des activités et des débats virtuels ont été organisés. Au Honduras, la MMF a réunit une table ronde de discussion. Au Québec, la marche a lancé une campagne avec des demandes pour lutter contre la pauvreté, contre les violences contre les femmes et contre toutes les formes de racisme et de colonialisme, et pour la justice climatique. Au Brésil, des femmes ont crées des flyers et organisé des actions de solidarité, avec la distribution de masques, de nourriture et de produits d’hygiène. Au Pérou, les femmes ont produit des images avec des extraits la déclaration internationale et dans la région Macronorte, elles ont diffusé des vidéos sur la économie solidaire et féministe et la violence et la militarisation durant la pandémie.

Dans plusieurs provinces du Mozambique et du Kenya, les femmes se sont réunies pour des actions collectives célébrant la clôture. En Côte d’Ivoire, elles ont créée une vidéo contre la discrimination et pour la défense des terres. Dans les Philippines, la MMF a organisé un événement en ligne « Le pouvoir des femmes contre l’exploitation, le capitalisme et l’autoritarisme », publiant une déclaration en défense de la vie des femmes face à l’autoritarisme. La MMF a manifesté au Maroc, en Tunisie, au Kurdistan et en Palestine en solidarité et lutte.

Toutes ces activités ensemble ont ainsi positionné la solidarité comme un principe féministe et comme une pratique de lutte, qui lie la résistance à la transformation. La 5e action internationale se clôture, mais la lutte féministe continue, forte et permanente : nous résistons pour vivre, nous marchons pour transformer !

https://marchemondiale.org/?lang=fr

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