Magic BoJo

(Studios de Westminster – House of Commons – Londres – Royaume-Uni)

Nous sommes aujourd’hui aux Studios de Westminster, à Londres, où viennent de se tourner les dernières séquences du biopic Magic BoJo.

Magic BoJo que beaucoup de critiques saluent aujourd’hui comme le piètre et abâtardi remake du célèbre Duck Soup (en françaisLa Soupe au Canard), comédie musicale américaine des années 30, animée par les Marx Brothers.

Magic Groucho y jouait le rôle de Rufus Firefly, arrivé, porté par la banque, à la tête du pays de Freedonia. Par ses innombrables gaffes, il manquait de conduire Freedonia à l’éclatement – elle était encore à l’époque un Royaume-Uni – à l’éclatement et à la guerre contre sa puissante voisine, Sylvania.

Dans un parallèle saisissant, Magic BoJo, la dernière production des Westminster’s Studios, nous raconte l’histoire de Boris, menteur, égocentrique, obsédé par l’argent facile et bouffon excentrique, porté au pouvoir de Britannia par la City, et provoquant ainsi la guerre avec sa voisine Européia.

Après l’inoxydable et pourtant peroxydé Donald Trump, un nouveau dingue, lui aussi peroxydé, s’apprête donc à prendre en main les destinées d’un vieux et grand pays.

Un nouveau dingue, et, est-ce une coïncidence, lui aussi raciste, avec cette insultante formule à l’adresse de la Reine Élisabeth : « La Reine aime le Commonwealth car il lui fournit des foules enthousiastes de négrillons agitant des drapeaux. »

Au pays d’Halloween, où l’on en a pourtant vu bien d’autres, l’émotion est considérable.

Halloween est une fête originaire des pays celtiques, célébrée le 31 Octobre, la veille de la Toussaint. Son nom est une contraction de l’erse, le celte écossais, All hallow even, qui signifie The Even of All Saints Day en anglais contemporain. On le traduit en français par « La veillée de la Toussaint ». Ce sont des émigrants irlandais et écossais arrivés en Amérique du Nord après la grande famine d’Irlande, aux environs de 1850, qui ont introduit cette tradition quasi païenne aux États-Unis. Elle est aujourd’hui de retour en Grande-Bretagne. Les enfants s’y déguisent avec des costumes effrayants de sorcières, de monstres, de clowns ou de vampires, pour aller sonner aux portes, à la nuit tombée en demandant des friandises. Avec la formule toute ricanante et menaçante : Ticks or treat, qui signifie « Des bonbons ou un sort ». 

Halloween d’ordinaire fêté le 31 Octobre serait-il avancé de quelques mois cette année ? Et avec quelles conséquences ?

La première, et nous reconnaissons en être frappé, serait une une flambée de coulrophobie, ce terme qui sert à désigner en psychologie la phobie, la peur inexpliquée des clowns.

Le préfixe coulro de cette étrange affection provient du grec ancien kôlobathristes, signifiant « acrobate sur des échasses ».

Les exemples ne manquent pas dans la culture populaire anglo-saxonne de cette forme de mise en scène centrée sur le clown : Bienvenue à ZombielandBuffy contre les vampires, et autres encore. Craignons aujourd’hui la sortie prochaine de Donald et Boris contre les Ayatollahs.

Pétrolier britannique arraisonné par la marine iranienne

Toujours à notre inquiétude – que pourrait-il advenir aussi dans notre propre pays – avouant notre coulrophobie latente, mais cherchant à comprendre malgré tout, nous avons posé la question à Florence Fratellini, directrice de l’École du Cirque, la question de l’explication du surgissement d’un tel phénomène, l’arrivée au pouvoir de ces personnages clownesques.

Selon elle, le rappel des clowns sur la piste est depuis longtemps un procédé bien connu de tous les directeurs de spectacle et des géants de la banque, ceux chargés de tenir le public en haleine sur la piste, pendant que s’organise l’essentiel en coulisses.

Lorsque l’attention du public fléchit après un numéro raté, décevant, fatiguant, voire consternant, lorsque les applaudissements ont cessé depuis longtemps dans les gradins qui commencent à se vider, il faut faire revenir les clowns. L’indice de cette désaffection du public peut également se traduire au plan électoral : celui où les numéros de scène qui s’en sortent le mieux ne sont pas pour autant les plus aimés, mais simplement les moins rejetés.

Le retour des clowns sur la piste est alors utilisé pour relancer l’attention et la ferveur du public. Mais attention, nous précisé Florence Fratellini, l’effet de scène doit être centré sur le rire et non sur la peur.

Explication qui, depuis, ne cesse de nous travailler, car chez nous aussi, les applaudissements ont cessé depuis longtemps dans les gradins.

Après Donald aux États-Unis, après Boris au Royaume-Uni, quid en 2022 dans notre merveilleux pays ?

Jean Casanova, 24 juillet 2019

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