Une pierre tendre à la construction de l’émancipation de toustes

1re-couv.-sexus2Le titre de cette note m’a été inspiré par l’éditrice, je l’en remercie.

« En l’an ix-mille ix-cent ixante-ixe, le président français est toujours élu au suffrage universel direct. Or, voici qu’un illustre inconnu n’appartenant à aucun parti accède à la magistrature suprême. Son programme électoral tient en une seule mesure: dorénavant le sexe des enfants ne sera plus enregistré par l’état civil à leur naissance. Tous les enfants seront élevés sans distinction de sexe.

Comment ce personnage réussit-il à accéder au sommet de l’État avec un programme aussi radical et restreint? Comment cette mesure, que quasiment personne ne réclamait, fédéra-t-elle tout à coup les ambitions politiques de la grande et tempétueuse nation ? »

Fiction et réalité… Sans penser qu’une « mesure » sera à même de modifier substantiellement les rapports sociaux, mais sans dédaigner la portée d’une telle proposition….

Commencer par lire le court passage reproduit ci-dessus. Le méditer comme invitation à ouvrir la fenêtre des questionnements peu fréquentés, des rêveries émancipatrices. Puis lire l’extrait de l’ouvrage, publié avec l’aimable autorisation des Editions iXe, extrait-de-louvrage-de-thierry-hoquet-sexus-nullus-ou-legalite/

Une proposition, un aimable regard vers l’égalité, un humour souvent dévastateur, une critique radicale des discours naturalisants et/ou réactionnaires, des incorporations des passés-présents si réels, une évasion vers les possibles…

La rime du pouvoir et du « sexe », les plafonds de verre, « une procédure administrative qui n’avait l’air de rien », l’accessoire sans pertinence pour les actes de la vie civile, la stigmatisation sous prétexte de sexe, de race. Toustes !

« Au nom de quel étrange fétiche les individus doivent-ils porter leurs génitoires en sautoir ? ». Une république enfin universelle…

Les fausses interrogations, les défenses des privilèges, le refus de l’égalité formelle et réelle, sous prétexte de nature / tradition / idole / rite, la fillisation des filles, l’attachement à LA différence, les doubles langages et exigences, « #EffacerSexes. Alors ? À votre avis, on le naît ou on le devient ? #femmes #Beauvoir. », le crédo viscéralement différentialiste, ordre civil et désordre légal, le mariage pour toustes, aimer les personnes et non courir les fétiches…

Les mythes fondateurs de la non-égalité, les paradoxes, le bleu et le rose, les tristes inventions de « sciences sociales », Lady Macbeth, Malone…

Epicène et pisse-debout, la sexuisemblance, « ce qui se joue dans notre entrejambe ne suffit pas à faire de nous des « mêmes » ou des « autres ». ». Illes sont autre chose…

« Un papillon voletait sur la prairie verte »

Rare, comme un mélange doux-amer d’ironie, d’intelligence, de refus du conformisme, de vivacité de la pensée…

En complément possible, chez le même éditeur :

Katy Barasc, Michèle Causse : requiem pour il et elle : se-nommer-sans-renoncer-a-sa-posture-singuliere-et-sans-pour-autant-la-figer-en-essence-normative/

Thierry Hoquet : Sexus nullus, ou l’égalité

Editions iXe, Donnemarie-Dontilly, 2015, 176 pages, 17 euros

Didier Epsztajn

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