Autres dialogues (14)

J’ai séparé arbitrairement les disques où les instruments sont doublement présents (Jazz en dialogues) de ceux où les musiciens utilisent des instruments différents. Sans oublier trois autres rubriques plus centrées sur la présence du piano, actuellement : duo piano/saxophone ou clarinette ou trombone, duo piano/trompette et duo piano/cordes. Quoiqu’il en soit, ces errances hors des sentiers trop souvent parcourus, offrent des panoramas sonores souvent réjouissants. Échanges et constructions. Promenades dans des musiques qui ne s’épuisent pas dès une première écoute. Au hasard de ré-écoutes récentes. Lire la suite

Je ne cautionnerai jamais la violence ! (plus Réflexions du SO de Solidaires)

Nous voici 3 jours après le 1er mai. De cette date qui prenait le chemin d’un grand rendez vous de la résistance du peuple ne reste déjà dans les mémoires que les marques de violences. Macron du haut de sa pyramide peut garder son sourire méprisant.

Nous voici 3 jours après. Les esprits se calment et prennent la mesure du piège que représente la construction en camps ennemis entre gilets jaunes et syndicats, entre Cgt et gilets jaunes, entre peuple et peuple. Ensemble nous avons une très grande responsabilité pour l’avenir : pour échapper à l’aventure militaire qui avance avec le sourire de la force guerrière le peuple doit montrer sa dignité.

Et la violence ne fait pas partie de la dignité. Et la violence ne figure pas dans les aspirations du peuple. La violence est une arme des dominants méprisants et une parole de blessés de la société, ceux là qu’on nommait il y a un siècle « lumpenprolétariat ». Je regarde les images des événements, d’où qu’elles viennent, quelques soient les points de vu des témoins et journalistes, et je vois une violence immense, sauvage, périlleuse pour la société dans cette horde qui se jette sur les camions et les militants de la Cgt. Une violence qui n’a rien à voir avec une altercation. Une violence démesurée. Lire la suite

Chronique d’occupation de l’Odéon. Lulu Van Trapp

Dimanche, 2 mai 3021. Les groupes musicaux étant toujours interdits par la préfecture sur l’esplanade de l’Odéon, les occupants les accueillent derrière les barreaux du rez-de-chaussée, dans l’enceinte inviolable du théâtre. Aujourd’hui, le groupe Lulu Van Trapp, électrisé par Rebecca Baby, Maxime Sam Rezài, Manu et Nico. Ils se balancent. Ils se tortillent. Ils se dandinent. Ils se déhanchent. Ils s’enroulent dans les fils. Ils s’accrochent aux grilles. Violence et tendresse. Fulminance et volupté. Vibrations propagées. Emotions partagées. Au-delà des styles. Rythmes pop, soul, blues, rock, punk s’entremêlent. Les notes s’enragent. Les sentiments s’embrasent. Romantisme en bastringue. Plume de paon et marteau. Complexité à fleur de peau. L’agora, endormie par les inepties mélodramatique d’une philosophe médiatique, se réanime. La place se remplit en quelques minutes. Le bouche à oreille emprunte les raccourcis iphoniques. Les corps bougent, dansent, se carambolent joyeusement. Les canettes de bière circulent en contrebande. La fête nargue la répression. Dans le monde en ruine, échapper aux contraintes mortifères, oublier les gestes barrières, les distanciations physiques, arracher les bâillons, casser les coques robotiques, déborder les limites, retrouver des figures humaines, sentir ses zygomatiques, s’éveiller plus pour agir plus. La pop décomplexée, déshowbizée, désabusée, se déstarise, se désacralise. Ressortent des placards naphtalisés les chemises caribéennes, les pattes d’éléphants, les bottes de cowboy en cuir de serpent. Esthétique brocantique. Récurrences psychédéliques. Déguisements. Simulations. Travestissements carnavalesques. Arrangements burlesques. Gestuelles clownesques. Subtilités dantesques. Envoûtements. Le groupe s’autogère, se régénère. Illustration d’Apollo Thomas. Graphisme japonais. Veillée à ciel ouvert sous croissant de lune. Les quatre acolytes en combinaisons superwoman et superman. Rebecca tient une rose rouge à la main. Nico jette un pneu dans le feu de camp. Max, muni d’un calumet de la paix ou d’un sebsi de kif, médite, un nuage d’hallucinations jouissives au dessus de la tête. Manu filme la scène. Autre aquarelle. Le quartette au bord d’un précipice. Rebecca indique une abscisse à l’horizon, un azimut énigmatique, un éden onirique. Lulu Van Trapp, hydre à quatre têtes, ombre totémique, avatar manouche, en mutation permanente, métamorphose de La Mouche, né dans le squat Wonder à Saint-Ouen. Tournées en caravane. Scènes et buvettes bricolées avec des matériaux de fortunes. Rencontres de hasard. Hybridations. Métissages. L’autodérision casse le mur de verre. Transversalité. La voix déchaînée brise les vitres. Le tintamarre fissure la pyramide. Le geste artistique est révolutionnaire, par nature. Paroles en anglais. Paroles en français. A chaque langue son paysage. L’anglais se cymbalise. Le français se cérébralise. Nous ne sommes plus dans les contrefaçons des années soixante, dans la vogue abrutissante de Salut les Copains, quand les chanteurs français portaient des pseudonymes américains en guise d’authentification. Le rêve américain ? Des montagnes de bouteilles de Coca Cola dans les supermarchés, des fast-foods McDonald’s à chaque coin de rue. La philosophe médiatique assène ses inepties mélodramatiques. C’est peut-être dans la musique que renaît l’esprit critique. Lire la suite

Pandémie et santé mentale. Quelques réflexions à propos du « corona-blues »

6b6340f607de3e1efa4799a3eed49adbLa pandémie représente un évènement exceptionnel qui bouscule chacun dans son rapport au monde et à l’existence. Les mesures de confinement visant à endiguer les contaminations rajoutent une dimension coercitive aux sentiments d’effroi et de peur que la plupart des personnes ont éprouvé au cours de l’année écoulée.

Depuis l’automne 2020, les psychologues sonnent l’alerte à propos de la santé mentale. En novembre, la Fondation Jean Jaurès publie les résultats alarmistes d’un sondage réalisé par l’institut IFOP [1]. Fin janvier, Emmanuel Macron refusait un troisième confinement en évoquant comme raison parmi d’autres la nécessité de préserver la santé mentale de la population. Au mois de mars, le ministre de la santé Olivier Véran exprimait ses craintes à propos d’une « quatrième vague de dépressions ».

Le vécu de cette pandémie a transformé la santé mentale en question sociale à part entière. Auparavant, il n’y avait guère que la psycho-dynamique du travail pour appréhender le bien-être psychique dans ses dimensions collectives [2]. Lire la suite

Nous pouvons continuer à nous mentir sur l’« apartheid », mais Israël a franchi la ligne

Human Rights Watch (HRW), l’une des organisations de défense des droits de l’homme les plus respectées, a déclaré qu’Israël avait franchi la ligne rouge et était coupable de crimes contre l’humanité et d’instaurer un régime d’apartheid.

Il est bien sûr possible de débattre sans fin sur Benyamin Netanyahou, de mettre en garde avec beaucoup de pathos contre les terribles dommages causés à la célèbre démocratie israélienne et à son État de droit. Nous pouvons continuer à nous leurrer, à profiter de la vie et à mentir comme bon nous semble. Mais lorsque les rapports s’accumulent – en janvier, c’était un rapport de l’organisation israélienne B’Tselem [voir l’article sur ce site du 13 janvier 2021], et maintenant celui de l’organisation américaine HRW – on ne peut pas continuer à prétendre que le crachat qui nous est lancé au visage est de la pluie. Un crachat est un crachat. Cela oblige les Israéliens dotés d’une conscience à réfléchir au pays dans lequel ils vivent, et oblige les divers gouvernements à se demander s’ils vont continuer à accepter un pays doté d’un tel régime. Lire la suite

Les agricultrices indiennes ne sont plus de simples spectatrices 

Un phénomène très significatif dans le mouvement des agriculteur·trices en cours est la participation massive des femmes, surtout depuis la célébration de la Journée des agricultrices le 18 janvier à l’appel de Samyukt Kisan Morcha [coalition de plus de quarante syndicats d’agriculteur·trices indien·nes]. Non pas qu’elles ignoraient jusqu’à présent ce qui se passait autour d’elles, mais elles se sont senties plus libres de rejoindre activement le mouvement, même de façon indépendante, alors que presque toutes les communautés rurales étaient déjà en mouvement. La participation sans précédent des femmes dans le mouvement des agriculteur·trices en cours est quelque chose que nous regardons tous et toutes avec beaucoup d’espoir. L’engagement actif et offensif des femmes dans ce mouvement, sous différentes formes et par différents moyens, est quelque chose que nous devons examiner de près et comprendre pour en tirer des leçons pour l’avenir. Certains des principaux slogans du mouvement, que l’on peut entendre dans les deux villages et aux frontières, comme « Kisan-Majdoor Ekta Zindabad, Mahila Kisan Mazdur Ekta Zindabad, Punjab Haryana Bhaichara Zindabad », indiquent également que l’accent est mis sur l’unification du mouvement. L’accent est également mis sur la construction de la fraternité entre les agriculteur·trices de l’Haryana et du Pendjab. Lire la suite

Communiqué de l’association « Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre – 4acg »

Les membres de notre association nationale dénoncent vigoureusement et unanimement le texte publié le 21 avril 2021, dans une certaine presse, par 19 généraux en « demi-retraite » et 1 500 officiers en activité.

Les auteurs de ce texte, pourtant encore engagés, pour la grande majorité d’entre eux, par leur contrat de loyauté envers l’Etat, trahissent ainsi clairement leurs missions républicaines. Ils le font en accusant ouvertement les responsables de l’Etat et l’ensemble des citoyens eux-mêmes d’on ne sait exactement quoi, en fait. En prétendant poser un diagnostic sur l’état actuel de la société française, ils font preuve d’une prétention, d’une arrogance même, singulières. Ils utilisent en outre des termes d’une grande violence et d’un immense mépris à l’égard de certains boucs émissaires qu’ils se sont choisis en les montrant du doigt de façon totalement injuste et injustifiée. Lire la suite

Je ne me suis pas découverte Noire, j’ai été accusée de l’être

« Le racisme ne se combat pas avec de belles paroles mais à travers une formation et une transmission de savoirs et de pratiques indispensables ».

Dans sa préface, « Pour une pédagogie féministe et antiraciste », Françoise Vergès souligne l’importance des « manuels d’éducation populaire, de pédagogie féministe non-élitiste, de formation à la resistance et à l’autonomie ». Elle aborde, entre autres, les mécanismes de racisme d’Etat et du racisme structurel, les liens entre racisme et histoire esclavagiste et coloniale (dont l’histoire française), le travail de groupes afro-féministes « non seulement analysent l’intersection des discriminations, mais dénoncent la misogynoire, le machisme des hommes noirs », les clichés (Noire n’est pas mon métier. Stéréotypes, racisme et diversité : 16 actrices témoignent, les-refus-de-la-boite-a-cliches/), le mouvement féministe antiraciste transnational, les contributions de féministes du « Sud global »… Lire la suite

Sarah Halimi : combattre l’antisémitisme, refuser les manipulations

L’ampleur des mobilisations du dimanche 25 avril à Paris et dans de nombreuses autres villes témoigne d’une inquiétude et d’une colère forte, profonde et légitime, face aux nombreux crimes antisémites commis ces dernières années en France. 

Les Juifs de France, qui représentent moins de 1% de la population, sont, selon les statistiques officielles, la cible d’un tiers des actes haineux recensés dans le pays.

De plus la minimisation récurrente de la dimension antisémite de ces crimes a renforcé la colère.

Cela a été le cas pour le meurtre de Ilan Halimi, celui de Mireille Knoll et celui justement de Sarah Halimi.

Alors que Kobili Traoré était mis en examen depuis juillet 2017 pour « homicide volontaire » il avait fallu attendre la fin du mois de février 2018, après une seconde audition du suspect par la juge d’instruction, pour que le caractère antisémite de son acte soit retenu. Or cette qualification était demandée depuis le début par les parties civiles et le parquet.

Nous partageons au plus profond de nous-même la peine immense ressentie face à la mort de Sarah Halimi. Nous sommes ulcérés par l’attitude de la force de police alertée et présente sur place ce jour là et qui a fait preuve de passivité en laissant se dérouler les évènements tragiques.

Mais il y a aussi d’autres aspects qu’il faut exposer. La colère de nombreux Juifs a été détournée et manipulée, en partant d’une protestation contre les crimes antisémites et d’une volonté de solidarité avec Sarah Halimi, vers une mise en cause des décisions de justice, une stigmatisation des experts psychiatriques, des accusations graves contre les juges de la Cour de Cassation et des affirmations confuses et mensongères sur la consommation de drogues.  Lire la suite

Brésil : 400 000 Morts

Déclaration de la Campagne Nationale Bolsonaro Dehors

En ce jour où le Brésil dépasse les 400 000 morts du coronavirus, nous sommes solidaires des familles et des Brésiliens et Brésiliennes touché.es par la pandémie et nous en appelons une nouvelle fois au pays pour qu’il mette fin au gouvernement de la mort et de la destruction nationale.

Nous sommes encore en avril et il y a déjà plus de morts de la Covid-19 en 2021 que durant toute l’année 2020. Dans certaines villes, il y a plus de décès que de naissances.

Il y a presqu’un an, le mouvement syndical et populaire, les organisations de la société civile, les partis politiques et les collectifs militants se réunissaient pour donner vie à la campagne Fora Bolsonaro. Nous avions compris, dès les premiers mois de la pandémie, qu’il n’y aurait aucune issue à la crise brésilienne tant que la nation serait conduite par le gouvernement Bolsonaro. Cette crise a des conséquences si graves, pour le Brésil et pour la vie de ses habitants, que nous ne pouvons pas attendre passivement une nouvelle élection. Lire la suite

Le capitalisme néolibéral, allié des femmes ? Perspectives féministes matérialistes et imbricationnistes

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Le présent travail part d’une interrogation récurrente sur les liens entre le sort des femmes et le développement du capitalisme (aujourd’hui néolibéral), qu’Hirata et Le Doaré ont été en France les premières à nommer « Les paradoxes de la mondialisation » (1998). Observe-t-on une amélioration, même lente et partielle, de leur situation, grâce à leur intégration croissante sur le marché du travail ? Ou au contraire sa détérioration drastique, illustrée par leur appauvrissement généralisé, surtout chez les femmes non-privilégiées de la planète ? Je souhaite montrer ici le caractère particulièrement heuristique des théories féministes pour répondre à cette double question : comment fonctionnent les rapports sociaux de sexe, qu’est-ce que la mondialisation néolibérale, et partant, que fait la mondialisation néolibérale aux rapports sociaux de sexe et inversement ? Plus particulièrement, je me propose de développer une synthèse des théorisations féministes matérialistes francophones et les théories féministes de l’imbrication des rapports sociaux, produites tout particulièrement par des femmes racisées et/ou des Suds. Grâce à l’image provisoire des « vases communicants », j’essaierai de prouver que cette synthèse féministe matérialiste-imbricationniste constitue le meilleur outil pour répondre à trois séries d’importantes questions soulevées par les paradoxes de la mondialisation. Lire la suite

Quand les ultra-riches donnent…

Voler en grand, restituer en petit, c’est la philanthropie.
Paul Lafargue

Il y a un peu plus d’un an, les élans de solidarité pour l’hôpital public s’entendait depuis les balcons, et divers dons affluaient jusque dans les services. Chacune et chacun devait donner de soi quand l’Etat depuis des lustres se refusait à écouter les attentes et besoins des soignant-es. C’est toujours le cas après la mascarade du Ségur.

Nous étions en guerre mais le matériel manquait, nous étions en guerre mais pas assez pour que l’Etat oublie ses objectifs, entre autres avec toujours plus de fermetures de lits. En guerre, mais aucune entreprise n’était réquisitionnée, et les avancées médicales restaient privatisées. Depuis bien longtemps, nous n’en étions plus au stade du dégraissage du service public hospitalier – si tant est qu’un surplus existait – mais à celui de l’os rongé jusqu’à la moelle. Nous étions en guerre pour les plus grands bénéfices des ultra-riches. Lire la suite

1er mai : des violences inacceptables

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Halte à la guerre déclarée contre le peuple algérien (et autre textes)

Les Algériens subissent depuis plusieurs semaines une des pires escalades de la répression contre leurs droits et libertés. Cette offensive sécuritaire et judiciaire pour les empêcher de s’exprimer, de revendiquer, de manifester, de s’organiser, de faire grève, de rendre compte dans les médias et les réseaux sociaux, d’exister en tant que citoyens est entrain de prendre les allures d’une guerre ouverte contre le peuple Algérien.

Elle n’épargne personne, touche toutes les catégories sociales et toutes les régions du pays. Elle invente des illusoires complots terroristes pour justifier le retour aux pratiques les plus détestables de l’arbitraire (enlèvement, perquisition, mise au secret). La torture se banalise à nouveau. Les violences policières se généralisent. Rien ne peut justifier qu’un gouvernement traite avec une telle brutalité les citoyens de son pays. Lire la suite

Galerie d’affiches : Féminisme anti-impérialiste pour changer le monde

Ce 1er mai 2021, nous lançons une nouvelle galerie virtuelle, avec des affiches créées par 24 personnes et collectifs de 12 régions différentes du monde.

Les femmes sont en première ligne de la résistance contre l’impérialisme, les guerres, la violence, les blocus, les invasions et les occupations. De Cuba au Liban, du Chili à la Turquie et dans le monde entier, les travailleuses affrontent le néolibéralisme, le pouvoir des entreprises et la marchandisation de la vie et de la nature, et défendent la terre, le travail digne, la vie, les communautés, les biens communs, la liberté et la souveraineté populaire.

Le féminisme crée et recrée des symboles et des alternatives pour une société d’égalité, de solidarité, de liberté, de justice et de paix. Il brise les chaînes qui tentent de violer et de contrôler la sexualité et le corps des femmes. Il défend la vie et le droit à la santé. Il nourrit les communautés et combat la faim, les clôtures, le latifundium et le racisme. Il occupe les espaces et combat la division sexuelle du travail. Il entretient la mémoire des anciennes combattantes et la flamme actuelle de la rébellion. Il met en pratique l’affection révolutionnaire et organise l’unité dans la diversité. Lire la suite

Manifeste pour la laïcité


Signez à votre tour le Manifeste pour la laïcité sur notre site :

https://laiciteunpointcesttout.fr

Nous sommes la France d’aujourd’hui

Nous sommes des citoyen·ne·s engagé·e·s dans la cité, nous militons dans des partis politiques, nous agissons dans nos associations, nous écrivons et enquêtons pour des médias professionnels indépendants, nous fabriquons de la connaissance et des données dans des universités et des laboratoires, nous sommes élus et élues locales, ou étudiant·e·s menacé·e·s par la précarisation. Nous sommes celles et ceux qui voudront bien se retrouver dans cet appel.

Nous héritons des cultures juives, chrétiennes et musulmanes, de celles issues des philosophies émancipatrices, certain·e·s d’entre nous prient et lisent des textes sacrés, d’autres se revendiquent agnostiques ou athées, luttent contre les dogmes religieux, répandent la bonne parole du Pastafarisme.

Et certainement plus que tout cela, car nos identités ne s’arrêtent pas à nos héritages ni à nos pratiques. Tenter de nous y résumer, c’est déjà empêcher de comprendre l’autre. Tout comme une nation n’a pas à avoir « d’identité », le « français moyen » n’existe pas, pas plus que celui « de souche ». 

Enfants de la République, identifiée à la démocratie, nous voulons préserver ses principes fondateurs que sont la liberté, l’égalité et la fraternité, qui permettent le débat, l’échange d’arguments, la dispute, y compris la querelle. Et c’est la loi de 1905 qui rend possible l’expression de ces grands principes, en participant au socle législatif garantissant nos libertés individuelles et collectives.

La laïcité est notre rempart contre l’exclusion et la discrimination. Lire la suite

Du coté du jazz (mai 2021)

Traversées hors temps

Edward Perraud est batteur et compositeurs hors norme. Deux enregistrements, comme deux facettes de sa personnalité, viennent conforter l’appréciation.

D’une rencontre à Chicago, au club Hideout en 2008, reste « The Way Through », une traversée, pour le label « The Bridge » – le pont ! – spécialisé dans ces rencontres entre la France et Chicago, une des villes mères du jazz. Didier Petit, violoncelle, Josh Berman, cornet et Jason Stein, clarinette basse compétaient un quartet décidé à dépayser toutes les populations. Pour traverser, il faut accepter d’abandonner nos œillères musicales. Lire la suite

À la mémoire de Nawal El Saadawi

Nawal El Saadawi, éminente féministe égyptienne, s’est éteinte le 21 mars 2021 (premier jour du printemps qui coïncide avec le jour de la fête des mères dans le monde arabe), laissant derrière elle un héritage intellectuel immense. Militante tenace, elle a longuement plaidé pour un féminisme socialiste et intersectionnel et qui se dresse avec force contre ce qu’elle a appelé le « patriarcat capitaliste ». Plus récemment, elle a participé aux soulèvements qui avaient eu lieu sur la place Tahrir en Égypte depuis 2011 et a été alors saluée comme étant « la mère de la révolution », réitérant une fois de plus la nécessité de veiller à ce que les femmes soient au cœur de la révolution. Lire la suite

Revisiter la vie et l’héritage intellectuel de Primo Levi

Il serait banal – et pourtant vrai – de souligner combien la voix de Primo Levi nous manque aujourd’hui, en ces temps de montée de la xénophobie, du racisme et des mouvements d’extrême droite, à une époque où les intellectuels publics ont quasiment disparu en Italie. Mais la lamentation n’a jamais été le style de pensée de Primo Levi et il vaut mieux l’éviter.

Le destin des classiques est d’être réinterprétés en permanence, et Levi n’y échappe pas. Il existe cependant certaines idées fausses concernant son héritage. Sa relation avec la pensée des Lumières, sa définition en tant qu’écrivain juif et, enfin et surtout, le rôle de Levi en tant que témoin littéraire de l’Holocauste – un mot qu’il n’aimait pas et auquel il est aujourd’hui complètement identifié – ont été mal interprétés au cours des dernières décennies. Lire la suite

En concert

Certains concerts ont laissé des traces, dans l’imaginaire et sur des disques.

Heureusement, car la présence du public, la nature des salles et d’autres éléments, quelques fois plus contingents, font qu’il se passe quelque chose de plus, un peu au delà… Lire la suite