Le coin du polar… coréen

La pub le dit, elle doit avoir ses raisons, que la raison sûrement ne connaît pas : le polar coréen prendrait la place du polar scandinave. Pourquoi cette exclusion en forme de guerre des polars ? Le polar est un tout en étant multiple. Signaler les points communs et les spécificités serait un travail intéressant et excitant.

Evitons donc les affrontements. Le monde du polar s’élargit chaque jour. Il serait incompréhensible d’exclure un style pour un autre. Il est de fait que chaque pays ou groupe de pays, construit par ses paysages, ses villes, son histoire, son contexte politique, des trames, des drames, des intrigues qui décrivent les tares de leur société. Il est loisible de chercher des références communes à ces sociétés. Le polar, en général, possède la faculté d’ouvrir la voie à plusieurs niveaux de compréhension et de dénonciation. Un auteur, une autrice qui n’a pas la capacité de se révolter n’écrit un polar mais un roman à l’eau de rose. Lire la suite

Syndicalistes contre le racisme, pour la justice et l’égalité

Nous sommes syndicalistes. Nous sommes de celles et ceux qui luttons sans relâche pour la justice et l’égalité.

Pour certain·es d’entre-nous, le combat contre le racisme au travail et en général est une question de dignité au quotidien, vécu et payé mentalement et physiquement.

Un formidable mouvement de dénonciation du racisme, de tous les racismes, traverse la société française. C’est un tournant majeur. S’il s’incarne aujourd’hui par des manifestations initiées notamment par le Comité Vérité et justice pour Adama Traoré, il est le fruit de décennies de combat des familles des victimes de crimes policiers, d’années de combats antiracistes portées par les organisations héritières des luttes des immigrations et des quartiers populaires, qui ont puisées leur force dans leur autonomie et qui l’ont préparé et permis. Lire la suite

A propos des groupes extrémistes armés galvanisés par le Parti républicain

En opposition au déboulonnage des statues de racistes dans le pays tout entier, des milices de droite, extrémistes, lourdement armées ont menacé, et même abattu, des manifestant·e·s.

Cette éruption de violence, d’où vient-elle ? Elle procède de la multiplication de groupes d’extrême droite armés jusqu’aux dents. Après tout nous sommes aux États-Unis, ce pays qui préfère les armes à ses propres enfants. Et surarmés, ces groupes le sont. Leur hostilité à la démocratie libérale (avec un « d » minuscule et « l » minuscule) ne cesse de croître. Leur violence franchit un nouveau palier, à l’heure où une majorité du peuple américain commence enfin à mettre en question le racisme sanguinaire de leur nation, le racisme passé et le racisme présent. Lire la suite

Privilège et impunité, arrogance et haine débridée, misogynie et racisme, rivalité et solidarité…

Une salle, un homme, il n’a pas levé la main, il n’a pas attendu qu’on lui donne la parole, il parle haut et fort sans regarder la conférencière, « il parle depuis la position de celui qui a tout compris »…

Martine Delvaux indique qu’il aurait fallu ne pas répondre et laisser tomber son regard à coté, faire à lui « ce qu’on fait aux femmes depuis toujours : l’effacer, l’invisibiliser, pour qu’il ne compte pas ». Une des manières de mettre à jour le privilège masculin est bien de refuser de participer à sa mise en scène bruyante ou à bas bruit… Lire la suite

Les hommes, la pornographie et le féminisme radical

Les critiques féministes radicales de la pornographie ont été, depuis leur première formulation, prolongées.

La critique féministe radicale de la pornographie reste à ce jour l’analyse la plus convaincante des contenus sexuellement explicites, mais elle est régulièrement marginalisée dans la culture dominante et dans les groupes féministes. Pourquoi ? Le patriarcat est profondément enraciné dans nos vies, et le déni ou l’évitement du caractère mortifère du patriarcat est courant. Dans la deuxième partie, j’expliquerai en quoi cette critique, et le féminisme radical plus généralement, n’est pas une menace mais un cadeau pour les hommes. Lire la suite

Rachida Brahim : « Dans le contexte français, la question raciale reste une réalité que l’on ne veut pas penser »

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Racisme dans la police, police raciste, racisme structurel. La France connaît les mêmes débats que les États-Unis. De part et d’autre de l’Atlantique, deux cas emblématiques, George Floyd et Adama Traoré

Rachida Brahim est chercheuse associée au Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES) de l’Université Aix-Marseille. Sa thèse, bientôt publié sous le titre La Race tue deux fois. Une histoire des crimes racistes (1970-2000), paraîtra en décembre 2020 aux éditions Syllepse. Elle revient sur la difficulté qu’a la France à s’envisager non seulement comme une société qui connaît le racisme, mais également comme une société dont la structure, les institutions et l’organisation produisent en elles-mêmes ce racisme.

Middle East Eye : Pourquoi, en France, a-t-on tant de mal à accepter l’idée même de « violences policières » motivées par le racisme ? 

Rachida Brahim : Il y a des personnes qui arrivent à les envisager. Mais il est vrai que dans le contexte français, la question raciale reste un impensé. Une réalité que l’on n’arrive pas à penser ou que l’on ne veut pas penser. Lire la suite

Lobbying : l’épidémie cachée

Derrière l’épidémie du coronavirus, il y en a aussi une autre, moins visible : une épidémie de lobbying. Alors que les drames humains et le confinement attiraient toute l’attention, les industriels et les porte-voix du secteur privé n’ont pas perdu de temps pour « ne pas laisser se gâcher une bonne crise ». Tirant profit de l’urgence et d’une situation exceptionnelle, ils ont poussé leurs intérêts auprès des décideurs, parfois avec une bonne dose de cynisme, sur des sujets qui n’avaient rien à voir avec le contexte sanitaire et social. Lire la suite

Celles et ceux d’en bas prennent leurs affaires en mains

Les inégalités ? Quelle gifle prennent les chefs autoritaires, nationalistes, racistes, – souvent homophobes et sexistes -, tous celles et ceux qui pensaient écraser, jouer des peurs, profiter des divisions…

Affirmer notre démocratie

Avec les noir.e.s américains et les jeunes en France, racisé.e.s par les politiques publiques, les inégalités sont combattues, rejetées. Et, dans le même mouvement, la réaffirmation du féminisme à nouveau bouscule toute la société, impose une critique de tous les rapports sociaux.  Lire la suite

Louis-Georges Tin : « Comment faire France lorsque les héros des uns sont les bourreaux des autres ? 

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans son allocution télévisée du 14 juin, Emmanuel Macron l’a affirmé : « La République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue»

Le propos d’Emmanuel Macron constitue une double faute. Sur le fond, cette réponse tente de figer la France dans le statu quo, en faisant abstraction du débat national et international. Or, depuis trois ans, le CRAN a posé le problème. Tout récemment, Jean-Marc Ayrault lui-même, ancien Premier Ministre, et aujourd’hui président de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage, déclarait : « Comment comprendre que dans les locaux de l’Assemblée nationale, une salle porte encore le nom de Colbert ? » Or le président a répondu à cette requête en parlant de « séparatisme » : les mots sont forts, mais oui, s’il s’agit de se séparer de Colbert et de l’esclavagisme, oui, nous sommes « séparatistes ». C’est cela la République, et les droits de l’homme. Lire la suite

Les violences masculines envers les femmes ne surgissent pas de nulle part

« une femme sur dix subit des violences conjugales au sein de son couple, 75 000 femmes sont violées chaque année, une femme meurt tous les deux à trois jours sous les coups de son conjoint ». Dans leur introduction, Pauline Delage, et Hélène Tanné abordent, entre autres, les différentes formes de violences exercées sur les femmes, les marqueurs d’une société inégalitaire, les atteintes à l’intimité, les violences comme système, « Elles puisent leur origine dans les rapports de domination hommes-femmes, en même temps qu’elles participent à les entretenir », le relatif silence « qui se nourrit de nombreux mythes »…

Elles présentent le colloque. « Les trois axes de réflexion proposés qui ont structuré la journée d’étude sont ainsi repris : analyse des pratiques, formes et effets de l’institutionnalisation et retour sur les enjeux scientifiques et politiques de la lutte contre les violences contre les femmes ». Lire la suite

Dordogne : « Il faut ranger Bugeaud au musée »

TRIBUNE LIBRE – Des Périgourdins plaident pour le retrait des statues du maréchal périgourdin en raison de son action en Algérie.

Si nombre de Périgourdins, élus mais aussi Betty Wieder, la présidente de la section périgourdine de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), n’estiment pas nécessaire de « déboulonner » les statues de Bugeaud érigées à Périgueux et Excideuil, d’autres ont décidé de plaider le contraire. « Sud Ouest » publie leur tribune libre pour contribuer au débat.

« L’assassinat raciste de George Floyd a relancé aux États-Unis mais aussi en Europe la question des anciens esclavagistes et autres colonisateurs honorés par des noms de rues et/ou des statues. À Périgueux comme à Excideuil, l’honneur fait au maréchal Bugeaud doit être mis en question. Il faudrait, nous dit-on, donner la parole aux historiens ? Ils l’ont prise et les faits sont établis.  Lire la suite

Loi sur la pornographie en ligne : une idée qui manque d’ambition

50% des enfants de 12 ans ont déjà vu un film pornographique en entier (support internet ou autre), et 75% ont déjà été exposés à des images pornographiques avant l’entrée au collège, soit avant 11 ans.

Face à ce constat nous ne pouvions que commencer par nous féliciter que le gouvernement prenne enfin des mesures pour restreindre l’accès aux plateformes hébergeant des films pornographiques aux mineur-es, alors que le problème est pointé du doigt depuis longtemps sans jamais être pris en considération. Lire la suite

Avant-propos (1995) de Pierre-Luc Abramson et Jean-Pierre Paute au livre d’Adolfo Gilly : La révolution mexicaine 1910-1920

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Les traducteurs saluent avec joie la parution française de La Révolution mexicaine, d’Adolfo Gilly, livre maudit par suite des incroyables vicissitudes éditoriales qu’il a connues ; mais aussi livre magique, le seul de la vaste historiographie de la révolution dont le souffle englobe et concerne le lecteur d’aujourd’hui, au point de pouvoir lui faire croire, parfois, qu’il fut le témoin de cette épopée. Lire la suite

Catastrophe de Lalla Mimouna : des centaines d’ouvrières agricoles marocaines atteintes par le coronavirus

Le 19 juin 2020, plus de 600 nouveaux cas de contamination au coronavirus ont été enregistrés dans une unité de production de fraises destinées à l’exportation. L’unité agro-industrielle se trouve à Lalla Mimouna, à l’ouest du Maroc. La majorité des cas sont des femmes. Lire la suite

Au Brésil, tant que le RACISME existera, la DÉMOCRATIE n’existera pas

Nous, population noire organisée, femmes noires, habitants des favelas, des périphéries, LGBTQIA+, qui pratiquons des religions de matrice africaine, quilombolas, noirs et noires de croyances distinctes, habitants des campagnes, des eaux et de la forêt, travailleurs exploités, informels et chômeurs, de la Coalition Noire pour les Droits, sommes là pour exiger l’éradication du racisme en tant que pratique génocidaire contre la population noire. Lire la suite

La charge raciale, c’est aussi d’avoir à expliquer la charge raciale !

« Peut-on réparer durablement une société avec des bouts de ficelle ? Certes, les femmes bénévoles ou faiblement rémunérées, font des merveilles avec ces bouts de ficelle. Mais pour que la ficelle soit solide, arrive le moment où il faut de l’argent pour la payer, pour payer les ravaudeuses »

Dans son éditorial, « Le nerf du care », Sabine Panet aborde, entre autres, les salaires des professions occupées par les femmes, les couturières, les soignantes, les agentes de propreté, celles qui « ne peuvent remplir leur frigidaire avec des applaudissements et des médailles », l’argent comme nerf du care Lire la suite

Du coté du jazz (juin 2020)

Du côté des sélénites

La lune est très visitée ces temps-ci. L’Orchestra Nazionale della Luna, en fait un quintet, fait partie des habitants habituels de notre satellite. Ils ont même la nationalité. L’album vient aussi d’une autre planète produit qu’il est par le Budapest Music Center Records qui sait résister à toutes les ambiances nauséabondes par le jazz. La référence à la « Nation » lune permet l’ouverture à toutes les influences, à toutes les danses à commencer par la musique arabo-andalouse que le quintet sait faire swinguer. Manuel Hermia, saxophoniste, flûtiste et joueur de bansun, Kari Ikonen, pianiste et utilisateur du Moog – on se souvient que cet instrument était utilisé par Sun Ra -, Sébastien Boisseau est à la contrebasse et Teun Verbruggen à la batterie savent créer ensemble sans que l’un d’entre eux prenne la tangente et s’oriente vers Mars. Cette volonté commune de faire surgir d’autres paysages, de s’enfoncer dans un cratère, de respirer un autre air et s’envoler loin de la pesanteur marque toutes les compositions. Lire la suite

Patrick Chamoiseau : CONTRE LES STATUES : LES TRACES-MÉMOIRES

Nos monuments demeurent comme des douleurs.

Ils témoignent de douleurs.

Ils conservent des douleurs.

Ce sont le plus souvent des édifices produits par la trajectoire coloniale : forts, églises, chapelles, moulins, cachots, bâtiments d’exploitation de l’activité esclavagiste sucrière, structures d’implantation militaire… Les statues et les plaques de marbre célèbrent découvreurs et conquistadores, gouverneurs et grands administrateurs. En Guyane, comme aux Antilles, ces édifices ne suscitent pas d’écho affectif particulier ; s’ils témoignent des colons européens, ils ne témoignent pas des autres populations (Amérindiennes, esclaves africains, immigrants hindous, syro-libanais, chinois…) qui, précipitées sur ces terres coloniales, ont dû trouver moyen, d’abord de survivre, puis de vivre ensemble, jusqu’à produire une entité culturelle et identitaire originale. Lire la suite

« Health Data Hub »

Refusons la confiscation de nos données personnelles au profit du marché de la maladie et de la mort.

Exigeons l’accès au suivi médical professionnel, post-professionnel et environnemental, pour tous les exposés aux substances cancérogène, mutagènes et reprotoxiques. 

Réclamons l’ouverture immédiate d’un débat public associant l’Inserm, l’ensemble des collecteurs de ces données publiques, les chercheurs, les professionnels et usagers de la santé, coordonné par le Conseil National de l’Information Statistique. Lire la suite

Nawal el Saadawi : « La maternité est une prison ; le père est libre mais la mère ne l’est pas »

Nawal El Saadawi est une célèbre écrivaine égyptienne et féministe basée aux États-Unis, qui a lutté toute sa vie pour l’égalité entre les hommes et les femmes.

Enfant, elle a subi des mutilations génitales et à l’âge de dix ans, sa famille a tenté de la marier, en vain. Elle a ensuite étudié la médecine, une profession qui lui a donné une plus grande visibilité publique. En raison de ses idées controversées, elle est allée en prison et y a écrit sur du papier toilette « Mémoire de la prison des femmes ».

À 85 ans, Nawal El Saadawi, médecin, écrivain et féministe d’origine égyptienne, a réfléchi à la lutte inlassable pour l’égalité entre les hommes et les femmes, une cause à laquelle elle a consacré une grande partie de sa vie. Lire la suite