Archives de Catégorie: Travail

Le syndicalisme doit se renouveler profondément pour sortir de la spirale du déclin (plus Malaise dans la syndicalisation)

Le résultat des élections professionnelles sur la période 2017-2020, publié le 26 mai par la direction générale du travail, révèle une fragmentation croissante de la représentation syndicale. Sur fond de participation déclinante, la CGT perd 150 000 suffrages et la CFDT, 38 000. Cette dernière ne consolide sa « première place » que du recul de la CGT. La présence syndicale s’étiole, une « a-syndicalisation » rampante poursuit son cours.

Ce ne sont pourtant pas les mobilisations qui manquent : là où ils sont actifs, les syndicats continuent de jouer un rôle important, par exemple dans la défense de l’emploi dans les nombreuses entreprises industrielles mises à l’encan. Ils sont actifs aussi dans les mobilisations sectorielles, celles récentes du monde de la culture, ou dans la santé, même si d’autres modes d’action, à travers des coordinations, ont également trouvé leur place. Mais d’autres formes de contestation aussi le supplantent : « gilets jaunes », mobilisations pour le climat ou féministes…

Cette perte de rayonnement dans la société est un processus ancien, il est contemporain d’une certaine régression de l’Etat social, que le syndicalisme ne parvient pas à enrayer depuis une trentaine d’années. Les victoires locales existent toujours, mais sont de plus en plus limitées en nombre, du fait même du rétrécissement de la présence syndicale sur les lieux de travail et de leur caractère très défensif. Lire la suite

Introduction à l’ouvrage de Vincent Gay : Pour la dignité. Ouvriers immigrés et conflits sociaux dans les années 1980

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

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« C’était super, c’était bien. J’ai vécu deux ans les meilleurs de ma vie. Ces années-là, huit mois avant 82, jusqu’à 84, c’étaient les meilleures années de ma vie. C’était bien [1]. »

Revenant sur sa trajectoire militante, un ancien ouvrier immigré de l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois évoque avec enthousiasme une période qui débute avec sa découverte du militantisme syndical et se clôt après des grèves contre des licenciements collectifs. Rétrospectivement, il ne subsiste pourtant de ces années 1980 que la fin des espérances des décennies précédentes et, concernant l’histoire ouvrière, l’image d’une désindustrialisation galopante qui fera bientôt disparaître les ouvriers des préoccupations médiatiques et politiques. Comment alors comprendre que pour ce travailleur ce moment soit remémoré comme les plus belles années de sa vie ? C’est, entre autres, à l’élucidation d’un tel mystère qu’est consacré ce livre, centré sur deux années de conflits sociaux dans les usines Citroën et Talbot dans lesquels les ouvriers immigrés jouèrent un rôle prépondérant. Pour la dignité ; c’est sous ce vocable que sont souvent évoqués ces conflits, à partir de ce qui constitue un fil rouge pour les ouvriers immigrés mobilisés, une exigence première, qui cristallise, au-delà même de leurs conditions de travail, une dimension existentielle de leur condition sociale, de leur être immigré en France. Lire la suite

Les travailleurs et travailleuses de la restauration disent : pas de retour au travail sans un réel salaire minimum décent

Le 20 mai 2021, une cinquantaine de dirigeants de travailleurs du secteur des services de One Fair Wage, une organisation que je dirige et qui rassemble des travailleurs et travailleuses du secteur des services pour exiger un salaire décent, se sont réunis pour procéder à un vote officiel sur l’opportunité de faire une « grève des salaires ». Certains travailleurs et travailleuses avaient déjà quitté le secteur de la restauration et envisageaient de ne pas y revenir, tandis que d’autres étaient restés, effectuant le travail de deux ou même trois salarié·e·s dans des entreprises en sous-effectif. Tous étaient unis dans leur détermination à ne pas continuer à travailler pour un salaire inférieur à un salaire complet et décent, plus les pourboires.

« Lorsque la pandémie a frappé, j’ai été mis au chômage technique. J’ai essayé de toucher le chômage, mais mon salaire minimum était trop bas pour que je puisse y prétendre », a déclaré Ifeoma Ezimako, une serveuse afro-américaine de Washington D.C. qui est devenue un leader de One Fair Wage juste après le début des fermetures liées à la pandémie l’année dernière. « Mon vrai problème est que les pourboires sont censés être un supplément. Or, ce n’est pas l’obligation du client de nous payer. Du fait que l’employeur ne transmet pas cette obligation au client, et que le client le sait, c’est alors que le harcèlement sexuel intervient. » Lire la suite

La désintégration par le travail

À propos de Robledo, de Daniele Zito

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Depuis des décennies, les politiques de l’emploi sont conduites dans les pays occidentaux au nom de la défense de la « valeur-travail ». L’argumentaire est le suivant : le travail est vecteur d’intégration, ce qui fait société. Et si nos démocraties se délitent, c’est parce que le travail vient à manquer. Il faut donc remettre les personnes au travail pour restaurer la civilisation, quitte à en baisser toujours plus le coût, à le rendre toujours plus flexible pour le distribuer plus largement. « Moins d’argent, plus de travail », pour reprendre – en l’inversant – un slogan ouvrier des années 1970 [1]. Dans Robledo, fable dystopique, Daniele Zito pousse ce raisonnement dans ses ultimes limites en imaginant une société où la prolifération des exclus de l’emploi aurait donné naissance à un mouvement politique de mortification par le travail, une conjuration de travailleurs bénévoles qui endossent le rôle de salarié sans réclamer de salaire. Lire la suite

Les mutations de la division sexuelle du travail et le refus de l’égalité

« Si la rédaction de cet ouvrage est bien antérieure à la crise du covid-19, il nous est néanmoins apparu essentiel en préface d’évoquer cette pandémie tant la crise sanitaire et le confinement ont été des miroirs grossissants des inégalités de genre. Au niveau mondial, l’épidémie a fortement touché les femmes : leur exposition au virus a été plus forte, leur niveau de vie a baissé et leur quantité de travail domestique a augmenté, tout comme les violences conjugales dont elles sont victimes. Elles ont donc été plus que jamais en première ligne, tant sur le front du travail que sur le plan de la vie familiale ». Lire la suite

Pour une conception politique du salaire

Le salaire symbolise bien plus qu’un montant perçu par le travailleur. En tant qu’outil d’émancipation, entre autres, il doit pouvoir rester librement négocié.

Le salaire est un élément central, mais aussi paradoxal de notre société. Central, car il concerne près de 4,5 millions de Belges (employé·e·s, chômeuses et chômeurs). Statistiquement, cette estimation devrait être revue à la hausse tant le revenu d’une part croissante des « faux » indépendant·e·s (Uber, Deliveroo, etc.) relève désormais du rapport salarial. Lire la suite

Le genre au travail. Avant-propos « Les femmes en première ligne face au covid-19 » (+ introduction générale et sommaire)

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse


Si la rédaction de cet ouvrage est bien antérieure à la crise du covid-19, il nous est néanmoins apparu essentiel en préface d’évoquer cette pandémie tant la crise sanitaire et le confinement ont été des miroirs grossissants des inégalités de genre. Au niveau mondial, l’épidémie a fortement touché les femmes : leur exposition au virus a été plus forte, leur niveau de vie a baissé et leur quantité de travail domestique a augmenté, tout comme les violences conjugales dont elles sont victimes
1. Elles ont donc été plus que jamais en première ligne, tant sur le front du travail que sur le plan de la vie familiale. Lire la suite

Renforcer les moyens d’action du syndicalisme pour garantir une citoyenneté sociale effective

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

En recentrant les relations professionnelles sur le niveau des entreprises, les réformes successives visant à « rénover la démocratie sociale » renforcent les inégalités entre travailleur.ses et fragilisent la citoyenneté sociale. Karel Yon nous explique en quoi le « dialogue social », loin d’accroître le pouvoir des salariés sur leur travail, devient un outil de gestion au service de la stratégie de l’entreprise et accompagne la restauration de l’autorité patronale. Il fait des propositions pour donner un sens réellement progressiste à la « démocratie sociale » et une effectivité au droit à l’action syndicale. Lire la suite

Contre l’Accord National Interprofessionnel (A.N.I.) sur la santé au travail.

Appel aux organisations syndicales de salarié.e.s

30 décembre 2020

Le projet d’accord national interprofessionnel « pour une prévention renforcée et une offre renouvelée en matière de santé au travail et conditions de travail », proposé à la signature des organisations syndicales de salariés dites « représentatives », début janvier 2021, précède sur le même sujet, le projet de loi Lecoq déposé le 23 décembre 2020 à l’Assemblée Nationale (1). L’un et l’autre remettent gravement en question le droit fondamental des hommes et des femmes à ne pas être mis en danger dans leur activité de travail, en réduisant la « prévention primaire » à la « prévention du risque de désinsertion professionnelle ». L’objectif central de cet accord est de reporter la responsabilité des atteintes à la santé des travailleurs sur la vulnérabilité de ces derniers et leur propre responsabilité, et non sur les conditions de travail qui menacent leur intégrité physique et psychique. L’analyse critique proposée dans le présent texte reprend quelques points essentiels qui n’épuisent évidemment pas les commentaires et critiques qui pourraient en être faits. Mais cette analyse nous amène à lancer un appel solennel aux organisations syndicales pour qu’elles refusent de signer un tel accord. Lire la suite

Sans pouvoir mais avec une capacité de contraindre ceux qui en ont

Dans son avant-propos, Une expérience lyonnaise, avant-propos-du-livre-de-marielle-benchehboune-balayons-les-abus/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Marielle Benchehboune aborde l’externalisation par les entreprises de certaines activités dont le nettoyage, les emplois féminisés et à majorité à temps partiel dans ce secteur, le paiement à la tâche, le travail non déclaré et donc non rémunéré, le non respect du code du travail, la répression anti-syndicale… Lire la suite

Plus de 250 millions de travailleurs se joignent à la grève nationale en Inde

Malgré la répression, une grève générale commune des travailleurs et des agriculteurs a entraîné la mise à l’arrêt de l’Inde. Plus de 250 millions de travailleurs et travailleuses ont participé à la grève du 26 novembre. Lire la suite

Avant-propos du livre de Marielle Benchehboune : Balayons les abus

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Une expérimentation lyonnaise

La profession étant essentiellement occupée par des femmes, nous avons fait le choix, dans l’ensemble de ce récit, d’utiliser le féminin pour désigner les travailleuses du secteur.

Depuis le début des années 1970, les entreprises françaises ont engagé une politique d’externalisation de certaines activités, dont le nettoyage. D’abord limité à certains grands secteurs comme les transports avec la SNCF, la RATP, mais aussi EDF et certains hôpitaux, le phénomène gagne aujourd’hui tous les secteurs d’activité. Les emplois dans le nettoyage s’élève à 519 010 personnes en 2019 dont la majorité à temps partiel. Lire la suite

L’automatisation, entre promesses non tenues et réalités contrastées

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Introduction de Stephen Bouquin au dossier du numéro 24-25
Les Mondes du Travail :
Automatisation en question (novembre 2020)

La pandémie de Covid-19 a exacerbé la crise du travail, de production et de reproduction sociale. Si elle a rendu visibles les travailleurs des activités essentielles, elle a également renforcé les pouvoirs des entreprises de technologie numérique et accéléré la numérisation des activités de travail. Google, Apple et Salesforce construisent des logiciels de traçage des contacts. Palentir remporte des dizaines de contrats avec les départements de la santé et des services sociaux aux États-Unis et à travers l’Europe. Zoom permet aux jeunes d’étudier en distanciel et aux cadres de travailler de la maison. Netflix, Hulu et Twitch offrent des divertissements. Care.com aide les parents et les enfants à chercher des baby-sitters et des aides-soignants à domicile. Uber et Lyft sont disponibles pour ceux qui veulent échapper aux transports publics tandis qu’Instacart permet d’éviter les magasins. Amazon a embauché des centaines de milliers de travailleurs supplémentaires pour préparer et livrer les commandes réalisées en ligne, tout en continuant à vendre une grande partie de sa puissance de calcul. En effet, près de la moitié du cloud public mondial fonctionne sur Amazon Web Services, ajoutant 85 milliards de dollars à la fortune personnelle de Jeff Bezos depuis janvier 2020. Les multinationales du numérique sont devenues bien plus que des sociétés monopolistiques, elles fournissent des infrastructures sociales clés et se sont impliquées dans des réarrangements de notre vie quotidienne. Lire la suite

L’action de groupe, nouveau moyen de combattre les inégalités entre femmes et hommes au travail

La crise du Covid-19 a permis de mettre en évidence un paradoxe prégnant : les femmes restent en première ligne sur le front des inégalités au travail et dans la vie, alors qu’elles ont joué un rôle crucial dans la gestion de cette crise.

En France, les femmes sont toujours payées globalement 26% de moins que les hommes, chiffre révélateur d’inégalités systémiques. Tout d’abord, un plancher collant les empêche de progresser : elles sont enfermées dans le temps partiel et la précarité. Un plafond de verre limite leur progression de carrière et leur accès aux postes les plus qualifiés et rémunérés. Des parois de verre les contraignent à occuper les professions les moins valorisées (administration, éducation, social, soins, santé…). Enfin, leurs primes et autres parts variables de rémunération sont moins importantes, d’où des inégalités encore plus conséquentes chez les femmes cadres…

Sans oublier la « pénalité-maternité » : une mère sur deux interrompt ou cesse son activité professionnelle, contre un père sur neuf. Pour bien des femmes, l’arrivée d’un ou plusieurs enfants signe la fin de leur évolution de carrière. Cinq ans après une naissance, une mère perçoit un salaire inférieur de 25% à celui qu’elle aurait eu sans enfant. Lire la suite

Les femmes ont toujours travaillé, les femmes ont toujours lutté

« A travers ce numéro, nous ne prétendons pas explorer tout le champ féministe du syndicalisme. En plus de vingt ans, les journées intersyndicales femmes y ont largement contribué ; un article y est consacré ».

« Les femmes ont toujours travaillé, les femmes ont toujours lutté, les femmes ont toujours activement participé aux mouvements sociaux, politiques et syndicaux ; et les femmes ont régulièrement disparu des histoires retraçant tous ces moments ».

Dans l’édito, les auteurs et autrices soulignent, entre autres, la priorité à l’auto-organisation, « Celle des femmes s’impose ; les premières concernées doivent pouvoir prendre toute leur place », l’action syndicale contre les violences sexuelles et sexistes, la nécessité de ne pas rester confiné·es dans les frontières étatiques, la place du droit à l’avortement libre et gratuit, les dimensions culturelles, l’interpellation de toustes les syndicalistes, « Mais qui peut mieux en parler que les femmes syndicalistes ? »… Lire la suite

Féminisme et syndicalisme. Je t’aime, moi non plus…

Avec l’aimable autorisation de la revue Les utopiques

C’est dans la foulée du mouvement social de Mai 68, que va émerger ce qu’on va appeler la deuxième vague du féminisme (la première vague étant celle de la fin du 19e siècle/début du 20e siècle). Ce mouvement va poser la question de l’émancipation des femmes, de leurs revendications spécifiques et de leur oppression particulière, dans une société capitaliste et patriarcale.

Cofondatrice de Sud Ptt, Annick Coupé a été porte-parole de l’Union syndicale Solidaires jusqu’en 2014. Elle est secrétaire générale d’ATTAC-France. Lire la suite

Covid-19 et répercutions sociales de la pandémie et du confinement

« Ce livre résulte d’un sentiment d’impuissance intellectuelle devant l’enfermement, devant la mort. Sa réalisation, dans la hâte, est une sorte de rite de passage, notre rite, signal de notre envie de reprendre le travail de chercheuses et chercheurs en sciences sociales et humaines, tout en réactivant la mission fondamentale de nos disciplines : produire de l’orientation. Et nous voulons partager ce réveil et cette envie avec tout un chacun. ». Dans leur avant propos, Fiorenza Gamba, Marco Nardone, Toni Ricciardi et Sandro Cattacin soulignent, entre autres, qu’à défaut de médicament spécifique ou de vaccin, « un virus relève surtout de subjectivités, d’émotions, voire d’irrationalités, autrement dit d’êtres humains, dans tous les aspects personnels, sociaux et culturels qui peuvent les caractériser », le manque de connaissance en sciences sociales de celles et ceux qui occupaient la scène médiatique, l’expérience du VIH/sida et de l’intervention des associations, l’importance de la « production de connaissances sur l’agir humain »… Lire la suite

Reconnaissance de l’utilité des métiers à dominante féminine et transformation sociale

Merci à Christiane Marty qui a permis la reproduction de cet article

La crise actuelle met en lumière la contradiction qui existe entre, d’un côté l’apport essentiel de certains métiers pour le bien-être général et la satisfaction des besoins du quotidien, et, de l’autre, la faiblesse de leur rémunération et de leur reconnaissance au plan symbolique comme économique. Cette contradiction est particulièrement flagrante pour un ensemble de métiers très féminisés, même si elle concerne aussi certains métiers à dominante masculine comme les routiers, les chauffeurs de bus, les magasiniers…

Sommaire

1. Vers une logique de marchandisation du secteur social

2. Des métiers aux qualifications non reconnues avec des conditions de travail pénibles

3. Quelle société cherche-t-on à construire ?

Pour conclure Lire la suite

Le genre dans la crise du covid

La grève des femmes du 8 mars dernier portait un double message. Un appel à la protestation pour la reconnaissance de leur travail et de leurs droits et un appel à la mobilisation et à la solidarité. Trois mois plus tard, avec la crise du covid-19, démonstration est faite que le care, l’une des composantes les plus exploitées et les moins valorisées du travail, assuré en grande partie par des femmes, est central pour préserver la vie et favoriser une sortie de crise. Prise de conscience sans lendemain ou fondement d’une action politique ? Lire la suite

Travail : démocratiser, démarchandiser, dépolluer

Que nous apprend cette crise ? En premier lieu que les humains au travail ne peuvent être réduits à des « ressources ». Les caissièr.e.s, les livreur.e.s, les infirmièr.e.s, les docteur.e.s, les pharmacien.nes, et toutes celles et ceux qui nous ont permis de continuer à vivre dans cette période de confinement, en sont la démonstration vivante. Cette pandémie nous montre aussi que le travail lui-même ne peut être réduit à une « marchandise ». Les soins de santé, la prise en charge et l’accompagnement des plus vulnérables sont autant d’activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d’accroître toujours plus les inégalités, jusqu’à sacrifier les plus faibles et les plus démunis. Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Permettre aux employés de participer aux décisions. C’est-à-dire démocratiser l’entreprise. Démarchandiser le travail. C’est-à-dire que la collectivité garantisse un emploi utile à toutes et tous. Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d’un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d’assurer la dignité de chacun, mais aussi d’agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver. Lire la suite