Archives de Catégorie: Sociologie

Introduction au recueil de textes de Véronique De Rudder : Sociologie du racisme

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Cet ouvrage est une sélection de dix-sept articles représentatifs de l’œuvre et du parcours intellectuel de Véronique De Rudder.

Véronique De Rudder a contribué au débat public, politique et scientifique, notamment dans le domaine de la sociologie de l’immigration, du racisme, des relations inter-ethniques et au-delà de la sociologie générale. Dès les années 1970, le caractère précurseur et parfois dérangeant de ses analyses se manifeste dans des domaines encore marqués par la méconnaissance et le déni, que ce soit au sein même ou hors de l’Université. À une époque où l’immigration était pensée avant tout comme un phénomène marginal et provisoire, l’approche du racisme était, de son côté, réservée à des essais de philosophie politique ou de psychologie sociale, par ailleurs très peu nombreux en France. La définition du racisme comme rapport social de domination, à l’instar du sexisme, ouvre la voie à des travaux sociologiques empiriquement fondés sur des données d’enquête qualitatives et quantitatives. Lire la suite

Avant-propos au recueil de textes de Véronique De Rudder : Sociologie du racisme. Portrait par Étienne Balibar

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Les éditrices du volume rassemblant dix-sept études de Véronique sur la cohabitation pluri-ethnique et le racisme, et Patrick Germe son époux, me demandent de rédiger un « portrait » de Véronique pour « introduire » cet ouvrage. J’accepte, évidemment, bien que peut-être je ne possède pas toutes les compétences qui seraient requises pour le faire. Je ne veux pas manquer l’occasion de dire toute l’importance que j’attache à la diffusion d’une œuvre essentielle, qui se réclame de la sociologie (et, je crois, apporte à cette discipline une contribution fondamentale), mais aussi – en raison de son objet et de la façon dont elle l’a redéfini – déborde très largement ce champ disciplinaire particulier. Une œuvre qui démontre de façon irrécusable combien il importe à toute véritable sociologie, sans renoncer à aucune de ses spécificités, de communiquer avec les espaces concurrents de la politique et de la philosophie, dans un échange réglé de connaissances et d’hypothèses, soigneusement contrôlé par les normes de la vérification et de la conceptualisation, mais dégagé de tout a priori bureaucratique. Lire la suite

La construction d’une mémoire falsificatrice et négationniste

« Le projet de recherche « Transmission de la conscience historique », dont les résultats sont présentés dans ce volume, était consacré à la manière dont on parlait, dans les familles allemandes, de l’époque nazie et de la Shoah, et aux images et représentations du « Troisième reich » qui étaient transmises dans les discussions entre générations ».

Sabine Moller, Karoline Tschuggnall, Harald Welzer soulignent, dans leur avertissement, que les images du passé national-socialiste transmises dans les familles diffèrent de celles présentées à l’école, que la souffrance de proches recouvrent les autres éléments de cette période, que la transmission se fait sous forme de certitude et non de savoir, que « contre toute attente, le souvenir de la Shoah n’a pratiquement pas de place dans la mémoire des familles allemandes », que la signification des processus émotionnels de restitution de l’histoire a « clairement été sous-estimée ». Lire la suite

Penser l’émancipation, construire l’égalité réelle entre les femmes et les hommes

Dans son introduction, Margaret Maruani, parle du travail et des études féministes, de la précarité des savoirs sur le genre, du genre comme « un outil indispensable à l’intelligence du monde social et non une variable facultative  », des vertus heuristiques d’une lecture sexuée du monde social, des inégalités entre hommes et femmes, du chômage et de l’emploi,« Au fond , nous défendons deux idées différentes mais indissociables : la pertinence durable du concept de genre pour l’analyse du monde du travail, d’une part ; la centralité du travail dans les sciences humaines et sociales, et en particulier dans les études de genre, d’autres part », de la mosaïque de thèmes traités et des passerelles entre domaines souvent dissociés, de logiques « postcoloniales » et d’« intersectionnalité », des migrantes qui ne sont pas que des femmes de… Lire la suite

Changer le monde, changer la vie, changer sa propre vie…

Pour Florence, Julie et Karel, Dominique et Vlad…

Des militants et des militantes, hier et aujourd’hui, de rouges espérances et des parcours trébuchants. L’imminence rêvée de la révolution et l’érosion plus ou moins prononcée des espoirs. La hâte de la jeunesse et les cours plus lents de la vie. Les études quelques fois suspendues ou abandonnées et l’insertion dans le travail salarié, les rencontres, les débats, les déchirures. Une hétérogénéité de personnes et de parcours derrière cette « génération 68 ».

« C’est à la question du devenir biographique des soixante-huitards que ce livre est consacré ». Une enquête, loin des « têtes d’affiche », à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes. Le(s) moment(s) 68 pris dans une séquence historique plus longue, « nous nous donnons le moyen de mesurer la place de l’événement dans les trajectoires biographiques comme dans les recompositions ultérieures des espaces militants locaux ». Lire la suite

Engagements militants, processus d’institutionnalisation, modalités de représentation…

Dans la présentation générale de l’ouvrage, Sophie Béroud, Baptiste Giraud, Karel Yon parlent d’introduction à une analyse sociologique du syndicalisme « attentive aux logiques de fonctionnement des organisations syndicales, aux pratiques et aux modes d’engagement de leurs adhérents et aux espaces de représentation dans lesquels ces derniers s’inscrivent », des caractéristiques singulières du syndicalisme français (dont le grand nombre des organisations rivales, la multitude de syndicats professionnels et catégoriels, la faiblesse des effectifs, etc.), des discours disqualifiants et du syndicalisme légitimé (celui d’autres pays), des réformes législatives restructurant « l’espace des relations professionnelles » – avec une volonté politique d’enrôler le syndicalisme « dans des processus de réforme libérale du marché du travail et de la protection sociale ». Lire la suite

Donner à lire, c’est prêter, offrir et échanger

Des livres. Des lecteurs et des lectrices. Iels lisent, prêtent, donnent, annotent ou commentent. Dans leur introduction, Mariannig Le Béchec, Dominique BoullierMaxime Crépel abordent les vies du livre, l’écologie du livre-échange, les paroles et les rapports entre lecteurs/trices, le déploiement « des manières de lire qui accompagnent la circulation même de l’objet-livre », les traces du lire sur le web, le sens du publier, « lire, c’est écrire », le livre numérique, les mutations des médiations dans l’offre…

« Le livre possède plusieurs vies. L’écologie de ce milieu vivant demande de suivre au plus près les témoignages et les occasions de ces rencontres que le livre, agent de circulation, de propagation parfois éphémère et pourtant constante, provoque ». Le livre et ses propriétés conversationnelles, sa propagation de main en main, de site en blog. Mais aussi les traces laissées par les lectures, les circuits qui accompagne l’objet ou qu’il entraine avec lui. Lire la suite