Archives de Catégorie: Sociologie

Covid-19 et répercutions sociales de la pandémie et du confinement

« Ce livre résulte d’un sentiment d’impuissance intellectuelle devant l’enfermement, devant la mort. Sa réalisation, dans la hâte, est une sorte de rite de passage, notre rite, signal de notre envie de reprendre le travail de chercheuses et chercheurs en sciences sociales et humaines, tout en réactivant la mission fondamentale de nos disciplines : produire de l’orientation. Et nous voulons partager ce réveil et cette envie avec tout un chacun. ». Dans leur avant propos, Fiorenza Gamba, Marco Nardone, Toni Ricciardi et Sandro Cattacin soulignent, entre autres, qu’à défaut de médicament spécifique ou de vaccin, « un virus relève surtout de subjectivités, d’émotions, voire d’irrationalités, autrement dit d’êtres humains, dans tous les aspects personnels, sociaux et culturels qui peuvent les caractériser », le manque de connaissance en sciences sociales de celles et ceux qui occupaient la scène médiatique, l’expérience du VIH/sida et de l’intervention des associations, l’importance de la « production de connaissances sur l’agir humain »… Lire la suite

Inégalités sociales, groupes dominés et préjugés

Je ne partage pas les définitions des « classes populaires » les notions d’« ouvrier·e » et d’« employé e » utilisées par les auteurs et autrices, encore moins les utilisations de ces termes au simple masculin. Je reviendrai donc sur ces éléments en complément de ma lecture.

Cependant, les analyses faites de ces couches sociales, au sens du livre, restent le plus souvent pertinentes. Porter le regard sur cette majorité de travailleurs et de travailleuses, sur les idées reçues et les pré-jugés, sur les appréciations sans fondement, me semble nécessaire. J’en partage les grandes lignes, même si certains points me semblent plus discutables. Lire la suite

Un chapitre de La France d’en bas ? Idées reçues sur les classes populaires

Avec les aimables autorisations de Jean-Pierre Terrail
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t des Editions Le Cavalier Bleu

« Les enfants des milieux populaires souffrent d’un handicap socioculturel à l’école »

Bien des enfants arrivent à la porte de l’école de la République en situation d’extrême insécurité linguistique et de terrible déficit culturel […] ayant noué avec le langage un malentendu fondamental : ils n’ont aucune idée de ce qui légitime et justifie l’effort et le soin de la mise en mots ; la volonté de laisser une trace d’eux-mêmes sur l’intelligence d’un autre leur est totalement étrangère […]

La Maternelle : au front des inégalités linguistiques et sociales, Alain Bentolila (dir.), rapport au ministre de l’Éducation nationale, décembre 2007

Les exigences intellectuelles de la scolarisation sont les mêmes pour tous. Or tous ne réussissent pas à y satisfaire, et le constat s’impose année après année : ce sont les élèves issus des classes populaires qui forment le gros du bataillon de l’échec scolaire. Comment ne pas en conclure que les ressources qui permettent aux autres de s’assurer un parcours réussi leur font défaut ? L’idée est de bon sens, et elle n’est pas récente. On utilisait volontiers, depuis la fin du XIXe siècle, la notion d’aptitude, celle des enfants d’ouvriers et de paysans étant censée les porter, comme par une sorte de penchant naturel, vers des scolarités courtes et des emplois… d’ouvriers et de paysans. Le sentiment que le ressort des destinées scolaires est moins d’ordre biologique que sociologique émerge dans les années 1960, sous l’effet de la critique des sciences humaines et de la biologie elle-même. Lire la suite

Ordre social raciste et discriminations

Dans son portrait, avant-propos-au-recueil-de-textes-de-veronique-de-rudder-sociologie-du-racisme-portrait-par-etienne-balibar/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Étienne Balibar nous propose un très riche avant-propos au livre. Je n’en souligne que certains éléments. A commencer par le rappel nécessaire : « Une œuvre qui démontre de façon irrécusable combien il importe à toute véritable sociologie, sans renoncer à aucune de ses spécificités, de communiquer avec les espaces concurrents de la politique et de la philosophie, dans un échange réglé de connaissances et d’hypothèses, soigneusement contrôlé par les normes de la vérification et de la conceptualisation, mais dégagé de tout a priori bureaucratique. » Lire la suite

Introduction au recueil de textes de Véronique De Rudder : Sociologie du racisme

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Cet ouvrage est une sélection de dix-sept articles représentatifs de l’œuvre et du parcours intellectuel de Véronique De Rudder.

Véronique De Rudder a contribué au débat public, politique et scientifique, notamment dans le domaine de la sociologie de l’immigration, du racisme, des relations inter-ethniques et au-delà de la sociologie générale. Dès les années 1970, le caractère précurseur et parfois dérangeant de ses analyses se manifeste dans des domaines encore marqués par la méconnaissance et le déni, que ce soit au sein même ou hors de l’Université. À une époque où l’immigration était pensée avant tout comme un phénomène marginal et provisoire, l’approche du racisme était, de son côté, réservée à des essais de philosophie politique ou de psychologie sociale, par ailleurs très peu nombreux en France. La définition du racisme comme rapport social de domination, à l’instar du sexisme, ouvre la voie à des travaux sociologiques empiriquement fondés sur des données d’enquête qualitatives et quantitatives. Lire la suite

Avant-propos au recueil de textes de Véronique De Rudder : Sociologie du racisme. Portrait par Étienne Balibar

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Les éditrices du volume rassemblant dix-sept études de Véronique sur la cohabitation pluri-ethnique et le racisme, et Patrick Germe son époux, me demandent de rédiger un « portrait » de Véronique pour « introduire » cet ouvrage. J’accepte, évidemment, bien que peut-être je ne possède pas toutes les compétences qui seraient requises pour le faire. Je ne veux pas manquer l’occasion de dire toute l’importance que j’attache à la diffusion d’une œuvre essentielle, qui se réclame de la sociologie (et, je crois, apporte à cette discipline une contribution fondamentale), mais aussi – en raison de son objet et de la façon dont elle l’a redéfini – déborde très largement ce champ disciplinaire particulier. Une œuvre qui démontre de façon irrécusable combien il importe à toute véritable sociologie, sans renoncer à aucune de ses spécificités, de communiquer avec les espaces concurrents de la politique et de la philosophie, dans un échange réglé de connaissances et d’hypothèses, soigneusement contrôlé par les normes de la vérification et de la conceptualisation, mais dégagé de tout a priori bureaucratique. Lire la suite

La construction d’une mémoire falsificatrice et négationniste

« Le projet de recherche « Transmission de la conscience historique », dont les résultats sont présentés dans ce volume, était consacré à la manière dont on parlait, dans les familles allemandes, de l’époque nazie et de la Shoah, et aux images et représentations du « Troisième reich » qui étaient transmises dans les discussions entre générations ».

Sabine Moller, Karoline Tschuggnall, Harald Welzer soulignent, dans leur avertissement, que les images du passé national-socialiste transmises dans les familles diffèrent de celles présentées à l’école, que la souffrance de proches recouvrent les autres éléments de cette période, que la transmission se fait sous forme de certitude et non de savoir, que « contre toute attente, le souvenir de la Shoah n’a pratiquement pas de place dans la mémoire des familles allemandes », que la signification des processus émotionnels de restitution de l’histoire a « clairement été sous-estimée ». Lire la suite

Penser l’émancipation, construire l’égalité réelle entre les femmes et les hommes

Dans son introduction, Margaret Maruani, parle du travail et des études féministes, de la précarité des savoirs sur le genre, du genre comme « un outil indispensable à l’intelligence du monde social et non une variable facultative  », des vertus heuristiques d’une lecture sexuée du monde social, des inégalités entre hommes et femmes, du chômage et de l’emploi,« Au fond , nous défendons deux idées différentes mais indissociables : la pertinence durable du concept de genre pour l’analyse du monde du travail, d’une part ; la centralité du travail dans les sciences humaines et sociales, et en particulier dans les études de genre, d’autres part », de la mosaïque de thèmes traités et des passerelles entre domaines souvent dissociés, de logiques « postcoloniales » et d’« intersectionnalité », des migrantes qui ne sont pas que des femmes de… Lire la suite

Changer le monde, changer la vie, changer sa propre vie…

Pour Florence, Julie et Karel, Dominique et Vlad…

Des militants et des militantes, hier et aujourd’hui, de rouges espérances et des parcours trébuchants. L’imminence rêvée de la révolution et l’érosion plus ou moins prononcée des espoirs. La hâte de la jeunesse et les cours plus lents de la vie. Les études quelques fois suspendues ou abandonnées et l’insertion dans le travail salarié, les rencontres, les débats, les déchirures. Une hétérogénéité de personnes et de parcours derrière cette « génération 68 ».

« C’est à la question du devenir biographique des soixante-huitards que ce livre est consacré ». Une enquête, loin des « têtes d’affiche », à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes. Le(s) moment(s) 68 pris dans une séquence historique plus longue, « nous nous donnons le moyen de mesurer la place de l’événement dans les trajectoires biographiques comme dans les recompositions ultérieures des espaces militants locaux ». Lire la suite

Engagements militants, processus d’institutionnalisation, modalités de représentation…

Dans la présentation générale de l’ouvrage, Sophie Béroud, Baptiste Giraud, Karel Yon parlent d’introduction à une analyse sociologique du syndicalisme « attentive aux logiques de fonctionnement des organisations syndicales, aux pratiques et aux modes d’engagement de leurs adhérents et aux espaces de représentation dans lesquels ces derniers s’inscrivent », des caractéristiques singulières du syndicalisme français (dont le grand nombre des organisations rivales, la multitude de syndicats professionnels et catégoriels, la faiblesse des effectifs, etc.), des discours disqualifiants et du syndicalisme légitimé (celui d’autres pays), des réformes législatives restructurant « l’espace des relations professionnelles » – avec une volonté politique d’enrôler le syndicalisme « dans des processus de réforme libérale du marché du travail et de la protection sociale ». Lire la suite

Donner à lire, c’est prêter, offrir et échanger

Des livres. Des lecteurs et des lectrices. Iels lisent, prêtent, donnent, annotent ou commentent. Dans leur introduction, Mariannig Le Béchec, Dominique BoullierMaxime Crépel abordent les vies du livre, l’écologie du livre-échange, les paroles et les rapports entre lecteurs/trices, le déploiement « des manières de lire qui accompagnent la circulation même de l’objet-livre », les traces du lire sur le web, le sens du publier, « lire, c’est écrire », le livre numérique, les mutations des médiations dans l’offre…

« Le livre possède plusieurs vies. L’écologie de ce milieu vivant demande de suivre au plus près les témoignages et les occasions de ces rencontres que le livre, agent de circulation, de propagation parfois éphémère et pourtant constante, provoque ». Le livre et ses propriétés conversationnelles, sa propagation de main en main, de site en blog. Mais aussi les traces laissées par les lectures, les circuits qui accompagne l’objet ou qu’il entraine avec lui. Lire la suite

Lille : tout changer pour que rien ne change

Cet ouvrage a été écrit par une équipe pluridisciplinaire composée d’enseignants-chercheurs sociologues, politistes et géographes des universités de Lille et de Paris-Est-Marne la Vallée, regroupés dans le Collectif Degeyter, du nom du compositeur de l’Internationale.

Malgré le format contraint de 120 pages, l’ouvrage restitue, à partir de nombreux matériaux empiriques, un panorama précis et cohérent de la métropole lilloise avec un diagnostic implacable : « Lille est l’agglomération la plus ségrégée de l’hexagone ». Les chapitres de l’ouvrage sont consacrées à l’étude des principales facettes de la métropole lilloise (90 communes autour des 3 pôles Lille-Roubaix-Tourcoing) : l’histoire économique, sociale et résidentielle de l’agglomération ; les liens entre les recompositions du marché du travail et la ségrégation socio-spatiale ; le poids de l’enseignement privé dans la reproduction des inégalités ; la politique culturelle évènementielle (Lille 2004, Lille 3000). Lire la suite

Introduction de Wilfried Lignier et de Julie Pagis à leur ouvrage : L’enfance de l’ordre. Comment les enfants perçoivent le monde social

Avec l’aimable autorisation des auteurs et des Editions du Seuil

L’enfance n’est pas l’expérience libre d’un monde à part, mais l’appropriation réglée du monde existant. Chacun d’entre nous, dès ses plus jeunes années, a été d’emblée pris dans un univers achevé bien avant lui, pré-structuré, pré-orienté, un monde qu’il fallait apprendre à maîtriser, pour agir au quotidien, et au-delà pour se trouver une place, si possible agréable, légitime. Dans ce type d’effort, ce ne sont pas seulement des techniques neutres et génériques, utiles pour elles-mêmes, que les enfants acquièrent, comme lorsqu’ils apprennent à manger, à marcher, à parler ou à écrire. Il s’agit aussi pour eux de maîtriser un ordre, un système de différences et de forces, au sein duquel leurs techniques, et plus largement toutes leurs activités pratiques, prennent un sens – parce qu’elles reviennent toujours à entrer en rapport avec cet ordre, qu’il s’agisse de s’y conformer ou, au contraire, de s’en émanciper. La psychologie du développement a plutôt insisté, dans le sillage de la théorie piagétienne1, sur l’ordre naturel et matériel : elle s’est intéressée, par exemple, à la compréhension que les enfants peuvent avoir, dès le plus jeune âge, des différences de couleur ou de forme2, ou encore à l’appréhension enfantine de la gravité3. Mais l’ordre en question est aussi social. Les différences matérielles qui importent sont très régulièrement associées à des différences symboliques ; dès l’origine, les forces auxquelles nous sommes soumis ne sont pas seulement physiques, mais aussi morales, voire politiques. Ce ne sont donc pas uniquement les objets, dans leur apparence immédiate, dans leurs mouvements, dont on apprend à se méfier ou, au contraire, que l’on apprend à apprécier dans l’enfance, mais aussi les gens, ce qu’ils sont, ce qu’ils font, ce qu’ils pensent. Là où nous naissons, dans les conditions où nous grandissons, nous percevons des personnes prestigieuses et d’autres méprisées, des groupes dont on se sent proche et d’autres qui ne suscitent que l’indifférence ou le dégoût, des comportements spontanément plaisants et des manières détestables, des idées, des valeurs qui paraissent respectables et d’autres fausses et insensées. Lire la suite

Modalités enfantines d’appréciation et de dépréciation

« L’enfance n’est pas l’expérience libre d’un monde à part, mais l’appropriation réglée du monde existant ». Pour le dire avec d’autres mots, les individu-e-s n’existent et ne se construisent que dans des rapports sociaux, il n’y a pas d’être humain « pré-existant » sans relation aux autres.

Je choisis de m’attarder sur l’introduction. Lire la suite

Cornichons et autoreproduction de la caste de haute hiérarchie militaire

L’auteure met d’emblée les pieds dans le plat : lorsqu’elle entame sa recherche sur l’institution militaire1, elle ne rencontre que désintérêt et sarcasmes de la part de ses collègues de l’Université : « En dehors d’un léger [c’est moi qui souligne] réflexe antimilitariste, le terrain militaire n’inspirait plus grand-chose aux intellectuels académiques ou critiques que je fréquentais. Si les uns et les autres avaient pu déployer une certaine énergie, quelques décennies auparavant pour éviter [c’est encore moi qui souligne] le service militaire […], ils ne semblaient pas avoir conservé grand-chose des critiques féroces que leurs aînés avaient, en leur temps, forgés contre la guerre d’Algérie et la conscription. » On devine derrière cette ironie que l’« antimilitarisme » évoqué n’est qu’une posture pour les dîners en ville où l’on raille à bon compte les militaires (les propos sont « plus volontiers moqueurs qu’assassins », note l’auteure), tout en laissant le soin aux « autres » – c’est-à-dire aux classes populaires – le soin de payer l’impôt du sang (la conscription hier) et le cens du sang (l’engagement aujourd’hui). Lire la suite

Un rapport spécifique aux règles sociales

La critique de l’économie politique permet de comprendre les tendances et les contradictions du mode de production capitaliste. Les rapports sociaux sont simultanément des rapports de pouvoir, des rapports de domination.

François Denord et Paul Lagneau-Ymonet nous proposent de regarder du coté de la structure du pouvoir, de l’inégalité des ressources, du rapport singulier des dominant-e-s – le plus souvent des hommes – au monde social, de la domination de l’ordre économique et de son poids sans précédent, des héritiers, « le passé ne meurt pas : il propulse les vivants dans une course de relais pipée ». Lire la suite

Il ne s’agit pas d’attendre, mais, par l’action rebelle, de hâter le millénium

lowy-couv1663-703x1024« LA LITTERATURE PEUT-ELLE CONTRIBUER de façon significative à la connaissance de la réalité sociale ? Peut-elle même apporter des éclairages qui vont au-delà des acquis des sciences sociales ? »

Ma réponse est indéniablement oui. Si je pense, en premier lieu, aux littératures sur les camps de concentration et les génocides, je pourrais aussi parler de Marcel Proust cité par les auteurs, ou de ce roman de Marguerite Duras, relu récemment, « Le square », vous-ne-pouvez-pas-savoir-ce-que-cest-que-de-netre-rien/« Le texte littéraire nous fait connaître le réel autrement que les documents et les analyses historiques et sociologiques ».

Erwan Dianteill et Michael Löwy précisent que leur approche ne relève pas de la sociologie de la littérature, que les œuvres seront analysées comme « des révélateurs de certains faits sociaux ». Pour les auteurs, des textes peuvent permettre de mieux comprendre la réalité sociale que des travaux de sciences sociales. « C’est donc bien en tant que sociologues que nous jugeons les limites de la sociologie ! » Lire la suite

Articuler les rapports sociaux. Rapports de sexe, de classe, de racisation

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans le monde social réel aucun rapport social n’existe à l’état pur : chacun, qu’il s’agisse du rapport de classe, de sexe, de « race » ou de génération, imprime sa marque sur les autres et de même inversement est largement marqué par les autres.

Dès leurs premières élaborations les sociologues féministes ont conçu le concept de rapports sociaux de sexe en l’articulant étroitement avec le concept marxien de rapports de classe. Il ne s’agissait pas pour elles de proposer une lecture du monde social univoque centrée exclusivement sur les rapports de sexe en ignorant les rapports de classe, mais bien d’articuler les deux. De la même manière elles ont pris en compte par la suite les rapports de « race » ou de racisation. Lire la suite

Norbert Elias : « Le courage de résister aux autorités du passé et de son propre temps »

elias_01Un petit livre de Norbert Elias, récemment éditéi, donne une occasion pour présenter ce sociologue trop peu connu. Né en 1897, juif allemand parti en exil sans  titre universitaire, il finira par voir ses premiers travaux publiés à la fin des années soixante. Ses analyses des rapports entre les structurations individuelles et la société ont pour notre époque une grande actualité. Lire la suite

Une sociologie pragmatique

Présentation de Max Weber.

product_9782070785285_195x320Max Weber fait partie des théoriciens les plus cités et, suivant son traducteur Jean-Pierre Grossein, le plus mal compris. Pour des raisons qui tiennent à la fois à la traduction d’un allemand volontiers touffu et d’une simplification de cette pensée dont les concepts sont souvent évolutifs. Rançon de ce pragmatisme, école dont se réclame ce sociologue. Ainsi le lien effectué entre le protestantisme et le capitalisme n’est pas aussi simpliste, dans le texte wébérien, que la présentation des manuels de sociologie. Tout est dans les nuances. Lire la suite