Archives de Catégorie: Santé, médecine…

Pour une appropriation sociale du médicament

Nous affirmons :

  • La santé est un droit universel : les Etats, les pouvoirs publics, tous les acteurs agissant dans le domaine de la santé, doivent garantir un égal accès de toutes et tous aux soins et traitements de qualité.

  • L’accès aux médicaments est un droit de la personne fondé sur le droit inaliénable aux soins.

  • L’égalité d’accès aux médicaments est une condition indispensable à la jouissance du droit à la santé. En ce sens, le médicament est un bien commun de l’humanité, sous condition d’une appropriation collective et démocratique des peuples, dans chaque pays et à l’échelle planétaire.

  • La nécessité de supprimer la notion de propriété privée et de monopole des droits de propriété intellectuelle sur les médicaments attribués par les brevets d’invention.

  • Vouloir rompre avec la logique de la rentabilité financière pour donner la primauté à la protection de la santé publique.

  • Le principe d’une santé publique et environnementale à l’échelle planétaire, la création d’un nouvel écosystèmela refondation des coopérations internationales et la mise en place d’une sécurité sociale à vocation universelle

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Nous apportons notre soutien à la grève des urgentistes

Tribune. L’engorgement des urgences est le symptôme de la double crise du système de santé : crise de la médecine de ville et crise de l’hôpital. Près de la moitié des personnes qui vont aux urgences relèvent de soins qui pourraient être pratiqués en ville. Mais, pour des raisons tenant à l’histoire de la vieille médecine libérale d’antan, nous n’avons pas construit un service de la médecine de proximité avec des professionnels, médecins et paramédicaux, travaillant en équipe. Les maisons de santé pluri-professionnelles et les centres de santé sont une réponse à ce besoin ancien rendu impératif par l’augmentation épidémique des maladies chroniques et le déficit programmé de médecins généralistes. Lire la suite

Santé et domination de genre

La crise du système de santé français et l’actualité de la grève des urgentistes, qui fait se déplacer plus de trois mois après son lancement la ministre de tutelle, m’offre l’occasion de rappeler ce qui ne semble pas d’intérêt pour la grande majorité des médias : ce système est inégal et perpétue en particulier les inégalités femmes/hommes. Il renforce la domination des hommes sur les femmes dans le domaine. Cette domination vaut « en interne » (entre personnels soignants, entre administration et praticien.nes) et « en externe » (entre système de santé et patient.es). Je ne m’attarderai pas ici au premier volet de cette domination et m’arrêterai plus volontiers sur le second. Lire la suite

Les besoins humains de la et du sujet malade dans sa singularité sociale et culturelle

Jean Pierre Martin propose, un Petit guide de lecture de son livre, petit-guide-de-lecture-jean-pierre-martin-emancipation-de-la-psychiatrie/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse.

Il parle, entre autres, de ses précédents ouvrages, d’alternative à l’hôpital asilaire – mettre fin à une médecine spécifique par l’enfermement -, de la « condition aliénante pour tous ceux qui s’y retrouvaient sous contrainte, enfermés et laissés en dépôt dans leur propre étrangeté », de traitement du symptôme « sans que le malade en soit libéré et émancipé comme sujet », de transition « vers sa propre émancipation »… Lire la suite

Petit guide de lecture (Jean Pierre Martin : Emancipation de la psychiatrie)

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Cet écrit est un essai qui ne fait pas traité, où le « je » rends compte de mes élaborations et le « nous » celui des équipes avec qui j’ai travaillé. Ce livre prolonge des ouvrages précédents, dont l’objet a été les pratiques d’une politique de secteur psychiatrique alternative à l’hôpital asilaire qui mette fin à une médecine spécifique par l’enfermement. Dès mes premiers pas de praticien en psychiatrie, j’ai rencontré cette condition aliénante pour tous ceux qui s’y retrouvaient sous contrainte, enfermés et laissés en dépôt dans leur propre étrangeté. Les tentatives de transformation radicale de cette condition aliénante sont la rencontre avec « les mondes » de la folie, dont le langage échappe et fascine, apprentissage d’être là en cheminant pour élucider les symptômes et élaborer des connaissances nouvelles. Lire la suite

Amianto

Alberto Prunetti donne à lire un récit déchirant pour lui. Et il donne ainsi à comprendre la vie des centaines de milliers, des millions sans doute qui voient leurs proches, mari, père, frères, amis s’abîmer de l’amiante et en mourir après des souffrances qui révoltent.

Son père Renato, qui avait commencé à travailler à 14 ans à l’usine en 1959 ; le fil conducteur, « une histoire ouvrière ». L’auteur, né en 1973, poussé par le père à faire des études, comprend assez vite qu’il vit un moment « où la société se referme dans sa coquille » (p.81) ; mais, trop tard ! Son père tenait à lui donner une autre vie que l’usine. Mais les enfants d’ouvriers doivent se contenter de l’université…, « sans participer aux coûteux programmes d’échanges avec les universités européennes ». Tandis que les riches « accèdent aux postes clés de la société par le biais des masters post universitaires à l’étranger très chers à suivre ». Quand il arrive à l’Université, son père a 35 ans et ne donne pas signe de fatigues liées à la maladie. Soudeur, métallurgiste expérimenté, il passe de chantiers de montage ou d’entretien d’usines à un autre, souvent absent. Mais quand Alberto reprend l’histoire, la raconte dans un premier article, comprend ce que d’autres ont traversé, il décrit ce travail dans sa double lecture : puissance et maîtrise des soudures, à deux pas d’un réservoir qu’une seule étincelle ferait exploser, « une bombe qui peut emporter une raffinerie » ; pour protéger des étincelles, un masque de soudeur et une bâche d’une matière légère et indestructible, en amiante. « Une seule fibre d’amiante et dans vingt ans vous êtes mort » (p.11). Son père mourra en 2004. Lire la suite

Le malheur des loosers

Direction les « urgences » psychiatriques, Hôpital public.

C’est un copain que j’aime bien. C’est un gars qu’on sent tout de suite fragile derrière son sourire fraternel. C’est quelqu’un qui tout d’un coup se casse, souffre, appelle au secours.

« Allo ! Au secours, viens me chercher ». J’étais heureusement disponible. J’ai vu la peur, la terreur immense comme ça dans la rue, pour rien, pour tout, pour les téléphones portables. Comment vivre dans cette terreur ? Il faut rassurer l’ami pour trouver le chemin de l’hôpital, l’hôpital pour protéger et rendre le droit au sommeil. Mais l’Hôpital aussi est malade, malade de pas de fric et d’abandon. Hôpital public jeté en inhumanité. Lire la suite