Archives de Catégorie: Solidaires internationnal

La solidarité contre les murs et la colonisation

Dans l’introduction, introduction-solidaires-international-palestine-fragments-luttes-et-analyses/, publiée avec l’aimable autorisation de Solidaires International, les auteurs et autrices abordent, entre autres, la poursuite de la colonisation des terres palestiniennes par l’Etat d’Israël, le blocus de Gaza, le mépris du droit international par les colonisateurs, la destructions des « maisons arabes » à Jérusalem, les conditions de vie des populations palestiniennes, les détentions administratives, les entraves à la libre circulation. Iels donnent la parole « à des ami·e·s, des camarades, des militant·e·s palestinien·ne·s et israélien·ne·s qui témoignent de ce quotidien qui leur est imposé depuis plusieurs décennies ».

Je souligne notamment le paragraphe sur la campagne Boycott Désinvestissements, Sanctions (BDS). Lire la suite

Dialectique des luttes ouvrières palestiniennes contemporaines

Avec l’aimable autorisation de Solidaires international

G. Nithya est militante et économiste. Elle met ici en évidence les liens forts entre colonialisme et exploitation, colonialisme et néo-libéralisme, faisant apparaître les enjeux de pouvoir et les contradictions sociales à l’oeuvre en Palestine, enjeux et contradictions que les mouvements de solidarité et encore plus les syndicats ne peuvent pas ignorer. Elle nous parle du mouvement des enseignant·e·s, de la mobilisation sur la sécurité sociale, de la lutte des chômeur·euse·s, toutes luttes dont nous avons pu mesurer l’importance lors des délégations auxquelles nous avons participé (1).

« Nous nous sommes battus pour la Palestine, maintenant nous nous battons pour un sac de farine ! » Lire la suite

Introduction : Solidaires International : Palestine. Fragments, luttes et analyses

Avec l’aimable autorisation de Solidaires International

Cette revue internationale de l’union syndicale Solidaires est consacrée à la Palestine, il s’agit d’une nouvelle version sur après celle de 2009 qui est épuisée.

Depuis 2009, force est de constater que la situation sur place ne s’est pas améliorée. Israël continue à coloniser les terres palestiniennes ; Le mur que la cour internationale de Justice déclarait illicite en 20041 est toujours présent, son tracé a même avancé ; Gaza est sous blocus depuis plus de 10 ans et sa population vit sous la menace des armes quand elle décide de protester et dans le plus grand dénuement avec des infrastructures constamment détruites par l’armée israélienne. Le manque d’électricité et de denrées vitales en font le théâtre d’un drame humanitaire. En Cisjordanie les Palestinien·ne·s vivent sous l’arbitraire israélien que ce soit lors des arrestations et des détentions administratives, pour se déplacer avec les check-points ou pour travailler. A Jérusalem on continue de détruire des maisons dans les quartiers arabes et partout sur le territoire israélien on observe les caractéristiques d’une situation d’apartheid, légitimée dans la nouvelle loi sur l’Etat-nation. Quant aux réfugié·e·s, ils et elles ne peuvent toujours pas rentrer chez elles et eux malgré les nombreuses résolutions de l’ONU. Lire la suite

Des droits individuels sans droits collectifs ni droits civiques ?

La mise en concurrence internationale des salarié·es et la nécessaire solidarité internationale des exploité·es.

Les résistances au capitalisme, au néolibéralisme, à l’internationalisation de la production, à la mondialisation néolibérale.

Un quart des salarié es du monde travaillent en Chine. Lire la suite

Droit à l’autodétermination et alternatives pour toustes

Une remarque préalable, je ne reprends pas ici un certain nombre de remarques développées à propos du confédéralisme démocratique, voir ma note de lecture rappelée plus bas sur La commune de Rojava.

« La situation en Turquie et en Syrie est devenue une situation de guerre totale. Le pouvoir syrien d’une part, et le pouvoir turc d’autre part, s’illustrent particulièrement en la matière. Ils sont en effet responsables de massacres de grande ampleur et de crimes de guerre sur les populations de cette région du monde ». Lire la suite

Derrière la 6ème économie mondiale et sa 85ème place pour la distribution de richesse produite


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Cette livraison sur le Brésil, le mouvement syndical, les mouvements sociaux et les derniers événements politiques, fournit de multiples analyses et renseignements sur les réalités brésiliennes.

Description du cadre institutionnel (logique de l’« unicité syndicale ») et du paysage syndical, pratiques et revendications, évolution de la Central Unica dos Trabalhadores (CUT), reconfiguration et fragmentation syndicale, relation aux partis politiques, évolution des emplois et du pouvoir d’achat (dont l’impact de la Bolsa Familia), actions unitaires et grèves, relation entre la CUT et le gouvernement du Parti des travailleurs (PT)… Lire la suite

Syndicalisme autonome et combat démocratique

eb018eef792aca3c-4741bLes organisations de l’Union syndicale Solidaires ont noué des relations avec des syndicats autonomes (c’est à dire autonomes par rapport au pouvoir) dans de nombreux pays. Ce numéro de leur revue internationale est consacré à l’Algérie. Lire la suite

N’oublier personne sur le chemin, avancer lentement, avec toutes et tous

mexiqueCe numéro 9 de la revueSolidarires internationale, édité conjointement par l’Union syndicale Solidaires et le CEFI (Centre d’Étude et de Formation Interprofessionnelle Solidaires), propose un dossier sur : Mexique, Chiapas et Zapatistes

Chaque chapitre est téléchargeable au format PDF sur le site de Solidaires International : http://orta.pagesperso-orange.fr/solidint/revues/revue-9.htm

Il s’agit d’un ensemble remarquable, tant sur l’histoire du Mexique – une courte « contre-histoire » du point de vue de l’émancipation -, que sur le Chiapas et le mouvement des zapatistes.

J’ai notamment apprécié dans la première partie, les analyses des codes du travail et des organisations syndicales.

Je souligne aussi l’intérêt du second chapitre sur les femme. Les auteur-e-s traitent du mouvement féministe, de la pénalisation de l’avortement, des féminicides, des violences masculines, des femmes indigènes, de la loi révolutionnaire et de des rapports à la « tradition ». Le titre de cette note est extraite de ce chapitre.

Loi Révolutionnaire des Femmes Zapatistes

1. Les femmes ont le droit de participer à la lutte révolutionnaire en tout lieu et à tout niveau de responsabilité déterminé par leur volonté et leur compétence, sans distinction de race, de religion ou d’appartenance politique.

2. Les femmes ont le droit de travailler et de percevoir un juste salaire.

3. Les femmes ont le droit de choisir le nombre d’enfants qu’elles désirent et souhaitent élever.

4. Les femmes ont le droit de participer pleinement à la vie de la communauté et d’y exercer des charges lorsqu’elles sont élues librement et démocratiquement.

5. Les femmes et leurs enfants ont droit à la satisfaction de leurs besoins, principalement dans les domaines de l’alimentation et de la santé.

6. Les femmes ont le droit à l’éducation.

7. Les femmes ont le droit de choisir leur conjoint et de ne pas avoir à contracter un mariage par la force.

8. Aucune femme ne pourra être battue ou physiquement maltraitée, ni par un proche, ni par un étranger. Les viols et tentatives de viols seront sévèrement punis.

9. Les femmes pourront occuper des charges de direction dans l’organisation et accéder à tous les grades des forces armées révolutionnaires.

10. Les femmes bénéficieront de tous les droits et seront soumises à toutes les obligations définis par les lois et les règlements révolutionnaires.

Un chapitre est consacré au zapatisme, à son histoire. Je souligne l’intérêt des parties sur le « Congrès National Indigène (CNI) », les déclarations de la Forêt Lacandone et notamment la Sixième, sur « La construction de l’autonomie », dont faire de la politique autrement, la santé, l’éducation, la communication, le travail collectif et les coopératives, les luttes, l’« offensive contre- insurrectionnelle multiforme », sur le fonctionnement du mouvement…

Les sept principes de bon gouvernement

Obedecer y no mandar (Obéir et ne pas commander)

Representar y no suplantar (représenter et non supplanter)

Bajar y no subir (partir d’en bas et non d’en haut/ne pas chercher à s’élever)

Servir y no servirse (servir et non se servir)

Convencer y no vencer (convaincre et non vaincre)

Proponer y no imponer (proposer et non imposer)

Construir y no destruir (construire et non détruire)

Je souligne aussi le chapitre sur un « vie digne », le concept de « Lekil Kuxlejal », les deux conceptions du territoire, la « Escuelita zapatiste », la place de l’agro-écologie…

« Parler de «communauté», de « collectif », ce n’est pas renvoyer à une identité essentialisée (indigène, maya, autre…), mais à la solidarité rendue nécessaire par des conditions concrètes de vie et le désir d’habiter au mieux la Terre, au Mexique et ailleurs. C’est se donner les chances de tenir à distance le bulldozer capitaliste et ses « quatre roues » qui sont, pour les zapatistes, la spoliation, la répression, l’exploitation, la discrimination ».

Très richement illustré, ce numéro tant par ses choix éditoriaux, que par ses analyses ou par les documents mis à disposition, mérite une lecture attentive et une large diffusion. Une leçon de solidarité pratique…

Sommaire

1. Chapitre 1. Historique – contexte politique et syndical mexicain

De l’Amérique pré-hispanique à la colonisation

De l’indépendance à la dictature de Porfirio Díaz (1810-1876)

Le porfiriat (1876-1910)

Les frères Flores Magón, le Parti Libéral Mexicain et les prémices de la Révolution mexicaine

La Revolución mexicana (1910-1920)

Les années 1920 : la guerre des Cristeros et la naissance du parti unique

De la présidence de Lázaro Cárdenas (1934-1940) aux années 1960

Les années 1968-1993 : de la guerre sale au soulèvement zapatiste

Les années 1994-2000

Les années 2000-2013

Codes du travail au Mexique : l’ancien et le nouveau

Les syndicats au Mexique

Le CAT – Centre d’Appui aux Travailleurs-euses

2. Femmes

Femmes, mouvement féministe et droits pour la diversité sexuelle et de genre au Mexique

Femmes indigènes, loi révolutionnaire et rapport à la tradition

3. Zapatisme

Chronologie de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN)

Le CNI Congrès National Indigène

De la Première à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone 1994-2012

La construction de l’autonomie

Le Mouvement Zapatiste comme alternative concrète de fonctionnement démocratique et autonome : les sept principes de « commander en obéissant »

Le concept de Lekil Kuxlejal ou « vie digne » dans la pensée des indigènes du Mexique

Terre et territoire

De « l’Autre Campagne » à la Sexta. Un processus d’élargissement de la lutte zapatiste : pour l’autonomie et contre le capitalisme

Le café, un enjeu important pour la construction de l’autonomie zapatiste

La Escuelita zapatiste : « Une “Petite école” si grande qu’elle englobe le monde entier…»

4. Luttes autour des zapatistes

Nos Prisonniers-ères Libérons-les tou-tes !

Témoignage : Un lieu appelé « centro de readaptación »

Paroles de la chanson d’Alfredo

Bats’il Kop : cheminer en interrogeant le Chiapas à rebrousse-poil

Bats’il Kop : cheminer en interrogeant le Chiapas à rebrousse-poil

Le centre des droits humains Frayba soutient les défenseur-es des droits indigènes

Visite du CIDECI, San Cristóbal de Las Casas

Epilogue. les prochains pas des zapatistes

Bibliographie et liens internet

Glossaire

Annexes

Précédents numéros :

Solidaires International N°5, dossier Palestine Dossier Palestine | Entre les lignes entre les mots

Solidaires International N°6, dossier Sénégal Dossier Sénégal | Entre les lignes entre les mots

Solidaires International N°7, dossier Égypte Dossier Égypte | Entre les lignes entre les mots

Solidaires International N° 8, dossier Tunisie, Iran, Québec N’oublier-ni-les-luttes-de-salarie-e-s-ni-leurs-organisations-contre-le-neo-liberalisme-y-compris-dans-ses-versions-islamiques/

Solidaires International

N°9, automne 2013, 208 pages, 2 euros

Didier Epsztajn

N’oublier ni les luttes de salarié-e-s ni leurs organisations contre le néo-libéralisme, y compris dans ses versions islamiques

9Ce numéro 8 de la revue internationale, édité conjointement par l’Union syndicale Solidaires et le CEFI (Centre d’Étude et de Formation Interprofessionnelle Solidaires), est composé

  • d’un dossier Tunisie,
  • d’un dossier Iran,
  • ainsi que d’un article sur les mobilisations étudiantes au Québec

Chaque chapitre est téléchargeable au format PDF sur le site Revue Solidaires international novembre 2012 Tunisie – Iran – Québec

Ont notamment participé à la coordination de tout ou partie de ce numéro : Alain Baron, Hélène Cabioc’h, Annick Coupé, Stéphane Enjalran, Behrooz Farahany, Noëlle Ledeur, Josseline Rongier, Houshang Sépéhr, Amira Aleya Sghaier« Au cœur des mobilisations de 2011 s’est exprimée non seulement la volonté de démocratie, mais aussi une volontés de justice sociale et un refus de masse des politiques néo-libérales :

  • libéralisation, privatisations, licenciements, remises en cause des mécanismes redistributifs,
  • classe supérieure richissime et développement de la corruption,
  • appauvrissement de la majorité de la,population,
  • montée des inégalités géographiques, notamment en Tunisie. »

Oublié par les médias, le caractère néo-libéral des politiques menées par régimes renversés lors des « révolutions arabes » et aujourd’hui poursuivies par les gouvernements « islamiques » explique, pour une large partie, les mobilisations sociales, celles des salarié-e-s. Ce numéro de Solidaires international leurs donne une large place. Contre les explications unilatéralement fixées sur la religion, les textes montrent des réalités sociales autrement plus complexes. Les auteur-e-s rappellent des éléments de l’histoire de la Tunisie et de l’Iran, analysent les politiques menées, les mobilisations sociales, en examinant plus particulièrement les organisations syndicales (Tunisie) ou leur interdiction (Iran : « La principale revendication des militants du mouvement ouvrier en Iran est le droit à l’établissement d’organisations ouvrières indépendantes. Ce droit est nié dans la Constitution de la République islamique qui ne reconnaît que les Conseils islamiques des travailleurs »). Elles et ils montrent les solidarités possibles des deux cotés de la Méditerranée. En donnant la parole aux syndicalistes, aux femmes, aux diplômé-e-s chômeurs/chômeuses, aux militant-e-s de la solidarité, les rédactrices et rédacteurs dévoilent un pan souvent occulté des luttes.

Dans dossier sur la Tunisie, une place importante est donnée au syndicalisme, à l’UGTT.

Les droits des femmes sont abordées à la fois du point de vue syndical et de l’Association tunisienne des femmes démocrates. Un chapitre, très intéressant est consacré à la mobilisation des « diplomés-chômeurs » (UDC)

Les auteur-e-s ne cachent pas les limites actuelles du processus, induites par le poids des dizaines d’années de dictature, la faiblesse de l’auto-organisation ou la difficile jonction entre le jeunesse et les organisations adultes, par exemple.

Je souligne l’intérêt de l’entretien avec Frédéric Madelin « Mondialiser le syndicalisme » et du texte de Fathi Chamkhi « Abattre la dictature de la dette pour libérer la Tunisie ! ».

La dictature iranienne ne se manifeste pas uniquement dans le domaine religieux mais dans les politiques privatives de droit d’organisation et en particulier syndical. Les auteur-e-s analysent les intérêts matériels, (contrôle de l’économie) qui président aux choix des politiques menées.

L’article de Behroz Farahany sur « La situation des femmes » est particulièrement éclairant des contradictions de l’organisation ségrégative des sexes : « le nombre de femmes fonctionnaires a augmenté afin de rendre possible la politique sexiste généralisée concernant la séparation des femmes et des hommes dans les établissements publics. Le corollaire de cette situation est la baisse du taux du travail féminin dans le secteur privé » ou « La part des femmes ayant fait des études secondaires et supérieures qui était de 18,5% à l’époque monarchiste (1977) est passée à 43% en 1997. En 2006-2007, 52,4% des étudiants étaient des femmes. Le régime islamique leur barre néanmoins l’accès au marché du travail. Pas étonnant que dans ces conditions les femmes ayant fait des études constituent l’épine dorsale du mouvement féministe en Iran ».

Une remarque incidente, ces féministes islamiques insistent à juste titre, sur l’agenda différencié des revendications féministes dans les pays dominés. En regard de la baisse du nombre d’enfants par femme, de la révolution démographique accélérée dans un certains nombre de pays, dont la Tunisie ou l’Iran, il est pour le moins étonnant que les problèmes de la gestion de la fécondité ou de la reproduction ne soit pas abordés (contraception et avortement).

Dans un entretien sur le syndicalisme et l’absence de droit syndical en Iran, Mahoud Saléhi ajoute « Alors que centaines de militants sont exécutées, les gouvernements de France et d’Iran continuent d’avoir des bonnes relations. Si les salariés français et européens, par exemple, arrêtaient de charger et de décharger les bateaux commerçant avec l’Iran, je suis sûr que le patronat iranien chercherait à négocier l’arrêt de ce mouvement contre la liberté pour les travailleurs iraniens de créer des organisations syndicales », un appel à une forme concrète de soutien syndical par delà les frontière.

À lire et à diffuser largement.

En compléments possibles :

Sur la Tunisie, l’ouvrage généraliste de Benjamin Stora : Le 89 arabe. Réflexions sur les révolutions en cours, Dialogue avec Edwy Plenel, Un ordre d’idées Stock 2011, Être sur une frontière imaginaire, au croisement de plusieurs mondes du Sud et du Nord, reste cependant un atout pour la connaissance comme pour l’action

Sur les femmes en Iran, l’article de Ziba Mir-Hosseini « Le projet inachevé : la quête d’égalité des femmes musulmanes en Iran », inclus dans le livre de Zahra Ali : Féminismes islamiques, La fabrique 2012, Le féminisme comme notion radicale faisant d’abord des femmes des êtres humains 

Sur l’Iran, les sites Solidarité Socialiste avec les travailleurs en IranSolidarité Socialiste avec les Travailleurs en Iran, Collectif Solidarité Iran Paris solidarité avec la lutte du peuple iranien : soliranparis Blog | Collectif Solidarité Iran Paris solidarité avec la lutte du peuple iranien

Sur le Québec, l’ouvrage de André Frappier, Richard Poulin et Bernard Rioux : Le printemps des carrés rouges. Lutte étudiante, crise sociale, loi liberticide et démocratie de la rue, M éditeur 2011, L’éducation est un droit, non un privilège réservé aux plus nantiEs, elle doit donc échapper à la sphère marchande

 Rappel :

Solidaires International N°5, dossier Palestine Dossier Palestine 

Solidaires International N°6, dossier Sénégal Dossier Sénégal

Solidaires International N°7, dossier Égypte Dossier Égypte 

Solidaires International

N°8, automne 2012, 208 pages, 2 euros

Didier Epsztajn

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En complément (12 décembre)  Rassemblement de Solidarité avec l’UGTT et de soutien à la Grève Générale

GRÈVE GÉNÉRALE EN TUNISIE !

Rassemblement de Solidarité avec l’UGTT et de soutien à la Grève Générale : Jeudi 13 décembre 2012, 18h30, Place de la Fontaine des innocents, Paris 1er, Métro Châtelet ou les Halles.

Des milices des « Ligues de protection de la révolution », proches d’Ennahdha, ont sauvagement attaqué le mardi 4 décembre 2012, les syndicalistes au siège national de l’union générale tunisienne du travail (UGTT).
Cette attaque est intervenue alors que l’UGTT s’apprêtait à commémorer le jour même le 60ème anniversaire de l’assassinat de son fondateur, le leader syndical Farhat Hached.
Plusieurs syndicalistes dont des membres du bureau exécutif de l’UGTT ont été blessés, certains souffrent de graves blessures.
Ces agressions préméditées sonnent comme des représailles, quelques jours seulement après le succès de la grève générale appelée par l’UGTT à Siliana et le soulèvement qui l’a suivi dans cette région. En effet, le gouvernement s’en est pris à l’UGTT l’accusant d’inciter à la violence.
En s’attaquant au symbole de la lutte des travailleurs, ces milices fascistes savent pertinemment que le syndicat dispose d’une force de mobilisation capable de mettre en échec la politique antisociale du gouvernement de la Troika dirigé par le mouvement Ennahdha.
Ce n’est pas la première fois que ces milices agissent en toute impunité à travers le pays contre les sièges régionaux du syndicat, des partis ou contre des militants politiques, des étudiants, des artistes, des femmes…
Face à cette agression préméditée, la Commission administrative nationale de l’UGTT a décidé d’entrer dans une grève générale nationale le 13 décembre 2012.
D’ores et déjà les militants du Front Populaire en Tunisie sont mobilisés partout dans le pays, pour la réussite de cette grève Générale.
La coordination de la région parisienne du Front Populaire de Tunisie :

–  Exprime sa solidarité inconditionnelle avec l’UGTT et les victimes de cet acte barbare,

–  Apporte son soutien à cette grève générale

–  S’insurge contre cette attaque criminelle et demande la dissolution immédiate de ces milices qui constituent un danger public,

–  Rend responsable le gouvernement par son inertie, son silence et sa complaisance face à ces agressions répétées,

–  Appelle toutes les organisations politiques progressistes et syndicales, les associations et militantes et militants à participer au :

Rassemblement de Solidarité avec l’UGTT et de soutien à la Grève Générale :
Jeudi 13 décembre 2012, 18h30, Place de la Fontaine des innocents, Paris 1er,
Métro Châtelet ou les Halles.

Dossier Égypte

Avant-propos

La vague révolutionnaire qui secoue le monde arabe, depuis le début de l’année 2011, a fait voler en éclat les clichés suivant lesquels les peuples de cette région étaient “culturellement” voués à la soumission à l’obscurantisme et au joug des despotes. Les aspirations à la démocratie et au progrès social, qui sont les moteurs de ces mobilisations, convergent en fait avec celle des peuples du monde entier. Ce n’est pas un hasard si les « Indignés » de l’État espagnol se sont inspirés des rassemblements géants de la place Tahrir. Prenant son envol quatorze jours après la chute du dictateur tunisien, la révolution égyptienne a constitué un chaînon décisif de cette vague qui secoue la région arabe.

Ce pays était jusqu’à présent mal connu de la plupart des militant-e-s française-s. L’Union syndicale Solidaires avait établi quelques contacts avec des militants cherchant à mettre sur pied un mouvement syndical indépendant du pouvoir. Nous avions notamment rencontré, en janvier 2010, Kamal Abou Aita du tout nouveau syndicat indépendant des impôts fonciers et Kamal Abbas de l’association CTUWS. ( Rencontre de Marseille du réseau syndical euro-maghrébin (janvier 2010) Nous étions loin d’imaginer, à l’époque, que nous serions amenés aussi rapidement à poursuivre de tels échanges dans un tout autre cadre. Fin mai 2011, une délégation de Solidaires s’est en effet rendue en Égypte. Ce voyage a notamment permis de rencontrer la Confédération syndicale indépendante récemment créée, plusieurs de ses structures professionnelles dont celles de l’enseignement, deux associations (ECESR et CTUWS) aidant à la mise en place d’un syndicalisme indépendant du pouvoir, une association féministe (Femme Nouvelle) tournée vers le monde du travail, et la plupart des forces politiques de gauche. Nous avons bénéficié pour ce voyage de l’aide de Françoise Clément, Mélanie Souad, Omar El Shaffei et Didier Monciaud, quatre chercheur-e-s et militant-es : sans leur aide, nombre de ces rencontres n’auraient pas eu lieu.

Ce dossier rassemble une série d’éléments visant à mieux comprendre le processus en cours et faciliter l’organisation d’actions de solidarité. On y trouve le contenu d’échanges avec nos interlocuteurs égyptiens, ainsi que des éléments glanés auprès de divers chercheur-e-s. Ce recueil est volontairement centré sur le rôle du monde du travail en s’efforçant d’y intégrer sa composante féminine.

Loin du brouhaha des médias et de leur imposition de réalités tronquées, erronées ou falsifiées, qui se résument, le plus souvent, à un affrontement entre « islamistes » et « processus démocratique », oubliant, gommant, niant, d’une part les populations et les organismes sociaux qu’elles construisent et d’autre part le pouvoir militaire toujours en place. Après les révolutions déguisées en pages Facebook, des révolutions sans actrices et acteurs !!!.

La brochure, écrite fin août 2011, permet de « mieux comprendre le processus en cours et faciliter l’organisation d’actions de solidarité ». Les différents textes, présentent à la fois l’historique récente, les forces sociales organisées, dont les organisations syndicales nouvelles, et les organisations des femmes. Pour beaucoup cela sera la découverte des grèves de la dernière décennie et celles plus actuelles.

J’ai particulièrement apprécié l’entretien avec Fatma Ramadan et celui de Nawla Darwiche sur « L’association femme nouvelle », et les textes sur « La construction du syndicat indépendant » et sur « La difficile lutte des femmes travailleuses ».

Des regards et des analyses de syndicalistes, c’est à dire aussi politiques et internationalistes. Indispensable.

En compléments possible :

ContreTemps N°11, troisième trimestre 2011 (Editions Syllepse, Paris 2011)  La réduction de la révolution au phénomène Facebook et à sa dimension démocratique est une lecture impressionniste  et l’indispensable ouvrage sous la direction de Vincent Battesti et François Ireton : L’Égypte au présent. Inventaire d’une société avant une révolution (Editions Sindbad, Arles 2011) Un présent réel, loin d’un monolithique orient euro-construit

Solidaires International

N°7, novembre 2011, 120 pages, 2 euros

Didier Epsztajn

Dossier Sénégal

Outre une introduction générale sur l’Afrique, ce numéro présente de nombreux éclairages sur le Sénégal et son histoire (dont crise alimentaire ou la recolonisation des télécoms, par exemple).

Suivent les présentations des différents partis politiques et organisations syndicales. Le mouvement syndical aujourd’hui est analysé dans la dernière partie avec des focus sur la CNTS, l’UNSAS et la CSA, sans oublier une présentation plus globale des problèmes actuels du syndicalisme sénégalais.

Un travail très utile pour syndicalisme vraiment internationaliste.

Ce riche dossier est complété de textes sur l’Amérique Latine dont un très utile « Fabriquer sans patron » présentant l’entreprise FASINPAT (abréviation de Fabricar SIN PATron).

Sur ce sujet, je renvoie aux articles de Richard Neuville dans : Autogestion hier, aujourd’hui, demain (Coordination Lucien Collonges, Editions Syllepse, Paris 2010)

 Solidaires International N°6

Union syndicale Solidaires, Paris 2010, 104 pages, 2 euros

 Didier Epsztajn

Dossier Palestine

Outre des rappels historiques, géographiques, la présentation des partis, organisations palestiniennes ou israéliennes progressistes, les auteur-e-s interrogent « Qu’est-ce qu’être palestinien » en traitant de  »l ‘apartheid israélien ».

Un chapitre est consacré à « La défense des droits des travailleurs » et au syndicalisme palestinien , à la Histadrout  »principale centrale syndicale israélienne ».

La dimension syndicale et la défense des droits des salarié-e-s sont souvent occultées par la  »question nationale ». Cette hiérarchisation des taches prive le mouvement syndical, et les mouvements de solidarité, d’une partie de leur argumentation.

A cela s’ajoutent des témoignages rendant plus palpables réalités vécues et subies par des femmes et des hommes colonisé-e-s, expulsé-e-s, discrédité-e-s par l’état sioniste.

Enfin un chapitre traite « Le devoir de solidarité internationale » et reproduit le texte de « Appel au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël jusqu’à ce qu’il applique le Droit International et les Principes Universels des Droits de l’Homme »

Sans oublier un poème « Carte d’identité » de Mahmoud Darwish .

Le dossier est complété par une analyse du Forum Social Mondial de Belem, de l’Appel des peuples indigènes.

Solidaires International

N°5, Juillet 2009, 111 pages, 2 euros

 Didier Epsztajn