Archives de Catégorie: Médiacritique(s)

La violence médiatique en renfort de la violence gouvernementale

Edito : « Les cheminots et les agents de la RATP rançonnent la France pour la pressurer davantage », s’alarmait Franz-Olivier Giesbert dans le Figaro du 4 décembre… 1995. Vingt-quatre ans plus tard, alors que la grève fait rage contre le projet de réforme des retraites, l’orthodoxie médiatique n’a pas bougé d’un iota. Et l’on dirait même plus : les contre-réformes menées au cours des vingt dernières années ont été autant d’occasions, pour les tenants du système médiatique, d’affûter leurs harangues sur tous les tons et tous les canaux. Lire la suite

La précarité des journalistes produit une information précaire

Edito : « Le 30 octobre 2011, un avis de naissance paraissait sur le site d’Acrimed. Notre magazine imprimé Médiacritiques poussait son premier cri. En huit ans d’existence, 32 numéros ont vu le jour, portant la même exigence, celle d’une critique radicale et intransigeante des médias, à travers différents thèmes : traitement des questions économiques, de l’extrême-droite, du sexisme, du racisme, de l’information internationale, des contre-réformes libérales, des violences policières, des mobilisations sociales… Collaborateur de longue date d’Acrimed, Colloghan a donné au magazine le visage que vous lui connaissez, celui qui rit jaune, acerbe et clairvoyant. Lire la suite

Vitrine promotionnelle et influence politique

« Ainsi livrés à la prédation des industriels, les médias évoluent ces dernières années sur l’autoroute d’une concentration accrue, facilité en France par l’absence de régulation à même de freiner les conquêtes capitalistes »

Que deviennent dans ces conditions les droits d’informer et d’être informé·es ? Lire la suite

Entre valets médiatiques et journalisme de préfecture

Pour rappel :

Face au mépris des médias dominants, à leur traitement délétère des mouvements sociaux : mobilisons-nous !face-au-mepris-des-medias-dominants-a-leur-traitement-deletere-des-mouvements-sociaux-mobilisons-nous/

Pour une réappropriation démocratique des médias

Depuis plusieurs semaines, le mouvement des gilets jaunes bouleverse l’agenda politique, et porte une remise en cause profonde des institutions. Les médias sont tout particulièrement visés. Les gilets jaunes dénoncent, à juste titre bien souvent, un traitement caricatural des mobilisations : surenchère sécuritaire sur les plateaux télévisés et dans certains quotidiens ; confiscation de la parole par les éditorialistes ; disqualification de certaines revendications jugées « irréalistes » et appels à « dialoguer » avec le gouvernement; ou encore dénonciations des violences des manifestants – alors que les violences policières ont été pendant trop longtemps passées sous silence. Lire la suite

Mettez les patins et pas les doigts dans le nez, et ne parlez que lorsque la/le journaliste vous interroge

L’éditorial aborde la condescendance et le mépris des éditocrates envers les gilets jaunes. D’une sympathie de façade au départ et « avec le temps de la mobilisation, et la publication de revendications sociales fortes, le ton des éditocrates va rapidement évoluer – qu’il s’agisse de contester d’éventuelles avancées sociales ou de dénoncer les violences… » Lire la suite

Face au mépris des médias dominants, à leur traitement délétère des mouvements sociaux : mobilisons-nous !

Nous lançons un appel à l’ensemble des forces politiques de la gauche de gauche, aux journalistes et à leurs syndicats, aux collectifs de journalistes précaires, aux médias alternatifs comme à l’ensemble des usagers des médias, pour contester les dérives médiatiques actuelles et penser urgemment la réappropriation démocratique des médias (des) dominants !

Le traitement médiatique des mouvements sociaux en cours, et en particulier celui des gilets jaunes, n’est hélas pas surprenant. Toutefois, la mobilisation des médias dominants en défense du pouvoir politique et des forces de répression a pris depuis quelques semaines des proportions inédites. Lire la suite

Les petits arrangements avec la vérité…

Dans l’éditorial, sont évoqués le « cirque médiatique », la course à la provocation et la surenchère, la captation d’audience, la financiarisation du paysage médiatique, la circulation circulaire des polémiques et leurs répétitions, le formatage des émissions de télévision, la surreprésentation de certain·es dans les grands médias, la dépolitisation de la politique, la promotion des thèmes chers à l’extrême-droite… « Tant que cet ordre médiatique ne sera pas radicalement remis en cause et donc posé comme une question politique, on aura beau sortir tous les Zemmour qu’on voudra par la porte, d’autres reviendront instantanément par la fenêtre ». Lire la suite

Outrances et mensonges éditocrates

Un éditorial partiellement en hommage à Henri Maler pour son travail et son engagement dans l’association Acrimed, des « unes » authentiques détournées et quelques fois savoureuses.

La déontologie des « grands » médias et des « grand·es » journalistes ne va pas jusqu’à la reconnaissance que la critique des médias est « juste, salutaire et saine ». Lorsqu’elles et ils n’éludent pas cette critique, iels fustigent « toute remise en cause qui ne provient pas de leurs rangs ». Lire la suite

Les junkies de la « réforme »…

Les éditocrates et « La réforme », l’unanimité presque sans faille, les conseils au gouvernement pour « muscler » la pédagogie, l’absence de critique, le monde lisse des bien-pensant·es payé·es par de grands patrons de presse, « les chefferies éditoriales mobilisent toutes leurs ressources et leur savoir-faire : unanimité sans faille pour vanter les vertus de la concurrence, railler l’archaïsme du statut des cheminots et marteler l’urgence et inéluctabilité des mesures gouvernementales ». Nous sommes ici loin du journalisme, de l’indépendance, de l’investigation, du pluralisme… Lire la suite

Quelle critique des médias ?

Notre association s’est réunie en Assemblée générale le 3 février 2018 et a adopté la Charte d’orientation suivante. Parce que le paysage de la critique des médias se diversifie, pour le meilleur mais aussi bien souvent pour le pire, il nous a semblé important de revenir sur les fondements de celle que nous essayons de mettre en œuvre, depuis plus de vingt ans. Nous abordons dans ce texte trois points essentiels : Pourquoi critiquer les médias ? Quelle critique pour Acrimed ? Quel rapport notre association entretient-elle avec les médias ? Cette charte, rendue publique, figurera dans l’onglet « Orientation » de notre site, rassemblant plusieurs contributions théoriques sur la critique des médias en général, et celle d’Acrimed en particulier. Lire la suite

Une question politique que certain·es voudraient maintenir en fait divers

Le président de la République et sa volonté de « réformer » l’audiovisuel public. Des « fake news » et « la solution proposée, qui consiste à rogner sur les libertés publiques et à confier à une quelconque autorité administrative le pouvoir d’édicter le vrai et de censurer le faux ». Comme le souligne l’édito « cette initiative revient en réalité à dédouaner les médias dominants de toute forme de responsabilité dans la « mal information » du public ». Qui distillent une profusion de nouvelles « biaisées », des sondages frelatés, des reportages relevant de la publicité ? Le revue propose un statut de média à but non lucratif, l’indépendance des sociétés de rédacteurs/rédactrices, un véritable service public de l’information et de la culture… Lire la suite

Le monde frelaté des éditocrates, sondologues et autres expert-e-s auto-désigné-e-s

Il ne faut pas confondre la grande majorité des journalistes « subordonné-e-s » et les bavard-e-s éditocrates. Les salarié-e-s des grandes entreprises médiatiques sont bien des salarié-e-s comme les autres, Les ordonnances Macron de destruction du Code du travail concernent bien la grande majorité des journalistes. Médiacritique(s) soutient donc « les manifestations contre les ordonnances et les mesures d’austérité qui les accompagnent ». Lire la suite

Impudiques exhibitions et doctes commentaires

« … dans la plupart des grands médias, la macromanie épouse et conforte la communication présidentielle, au point de proposer simultanément son impudique exhibition et son docte commentaire. De l’art de faire coup double… »

Il y a quelque chose de dérisoirement totalitaire à cette phrase d’Alain Duhamel citée dans l’éditorial : « L’abstention signifie l’inadaptation des Français à la vie politique ». Une pédante crétinerie sans l’humour d’un Bertolt Brecht : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple »… Lire la suite

Quand le doigt montre la Lune, d’immenses journalistes montrent le doigt !

Il y a une différence notable entre enquêter/informer et gloser « sans cesse et à tout propos sur les positionnements et les entrechats tactiques, ausculter les entrailles de l’opinion publique à grand renfort de sondages et de micro-trottoirs, abandonner le journalisme de diagnostics pour un journalisme de pronostics ».

Comme indiqué dans l’éditorial « Rase campagne », l’actualité n’existe pas indépendamment de celles et ceux qui la construisent médiatiquement. Il est donc plus qu’étrange que la presse et celles et ceux qui la fabriquent soient aveugles à leur propre activité, « ils se contemplent, mais ne parviennent pas à se reconnaître » Lire la suite

Un écosystème indéniablement toxique

une22siteLa revue s’ouvre par des vœux ironiques sur l’avenir des médias et de leurs lignes éditocratiques.

Editocrate est un terme plus juste que celui de journaliste pour nommer les bavard-e-s au service de grands financiers ou d’idéologies bien marquées par le néolibéralisme, voir pour certain-e-s par la droite extrême. Parler de mensonges ne suffit cependant pas. Sous couvert d’une profession journalistique et d’un pluralisme limité, il s’agit bel et bien de propagande politique. Chacun-e est libre de défendre ses opinions. Mais justement les éditocrates disent ne pas donner leur opinion mais parlent d’objectivité professionnelle… Lire la suite

Trafic de connivence

3a39215272dfa3dbf91a7f288838c0Dégradation de la qualité de l’information, course au scoop, causeries policées et dépolitisées… La transformation des médias est bien une question politique. Il convient donc d’en renforcer la critique, « une critique qui ne renonce pas à la lutte pour un autre paysage médiatique, pour une autre information, pour une amélioration des conditions de travail des journalistes, etc. ». Lire la suite

Loi travail et mobilisations : les versions « offensives » des éditocrates

342_______mag20_une_453px_161Lors des mouvements sociaux, des éditocrates et des journalistes, présentent des versions plus ou moins fantasmatiques des événements. Leurs obsessions se révèlent chargées de haine pour les salarié-e-s, les grévistes, les syndicalistes, celles et ceux qui n’acceptent pas le désordre et la violence de l’ordre établi.

Ce numéro de Médiacritique(s) souligne quelques pratiques, quelques ritournelles et refrains de celles et ceux qu’il est bien difficile de ne pas nommer « chien-ne-s de garde » !!! Lire la suite

Entre préjugés, routines professionnelles et choix idéologiques, le racisme médiatique…

342_______mag19_une453px_156 Le dossier « Racisme médiatique » interroge non seulement « les contenus médiatiques », mais aussi « les pratiques journalistiques », « le poids des routines professionnelles », les conséquences de « la composition sociologique des rédactions ».

Je souligne que cette démarche me semble valide pour l’analyse des traitements des situations et des actions de l’ensemble des groupes sociaux dominés. Lire la suite

Primat de l’émotion sur l’information, débats atrophiés, servilité à l’égard des sources officielles ou policières

une_preview2Du dossier sur L’information internationale, je souligne particulièrement le manque de suivi et de continuité, l’absence le plus souvent de contextualisation, le choix de certains pays et le silence sur d’autres, la prime au spectaculaire, l’irrésistible triomphe des généralistes auto-proclamés experts… J’ajoute le non questionnement des politiques des firmes multinationales et des traités internationaux, la focalisation sur les divisions religieuses ou « ethniques », l’oubli des dimensions genrées, sauf lorsqu’il s’agit de pays dits « musulmans ». Les auteur-e-s indiquent à juste titre que « Les femmes se battent également pour défendre leurs droits au sein des territoires où elles vivent, mais ceci n’est guère médiatisé ». Lire la suite

Pour la télévision, un bon économiste doit être un homme disponible et caressant le marché dans le sens du poil

342_______une-n-17_site_126Du dossier « Médias et Economie », je souligne le « « restreindre les limites de la pensée » sur les questions économiques et sociales ». Les médias dominants sont « une formidable chambre d’écho aux porte-voix du capitalisme ». Acrimed parle d’un « oligopole de huit économistes » qui se partage la majorité des invitations. Et bien sûr des « économistes » orthodoxes, leurs cv sont éloquents : administrateur de grandes entreprises, cadre ou conseiller de banques, PDG d’entreprises… « Dans le domaine de l’économie, poser la question des conflits d’intérêts, c’est se demander si un expert peut, « en toute indépendance », prôner la modération dans la régulation financière quand il occupe simultanément un poste de conseilleur d’une société financière. C’est se demander si un économiste doit vraiment présenter ses analyses « techniques » du rôle des banques dans la société lorsqu’il en dirige une. C’est s’interroger sur l’opportunité pour un observateur rémunéré par une banque exposée à la dette grecque, d’éditorialiser sur la crise grecque » (Renaud Lambert) Lire la suite