Archives de Catégorie: Les autres voix de la planète

Soustraire le secteur bancaire à l’irresponsabilité privée

En introduction, « Pour un changement de société, s’emparer de la question des banques », les auteurs et autrices expliquent pourquoi il nous faut nous emparer de la question des banques « dont les agissements ont un impact croissant sur nos existences, s’avère primordial pour un mouvement social soucieux de prendre le mal à la racine ». Elles et ils, iels abordent, entre autres, la responsabilité des banques privées dans le déclenchement des crises financières, l’opacité et la complexité de leur fonctionnement, leur rôle dans l’architecture socio-économique, le processus de déréglementation et de financiarisation de l’économie… Lire la suite

Droits fondamentaux des êtres humains ou droit des créanciers ?

Comme l’indique Jean Ziegler, dans son introduction Les riches contre les peuples, les-riches-contre-les-peuples/, la dette est un puissant moyen de domination et les fonds vautours spolient et tuent. « Cette spoliation s’est encore aggravée ces dernières décennies avec l’apparition des fonds vautours, ainsi nommés du fait de leur caractère rapace et charognard. Les fonds vautours sont des fonds d’investissements spéculatifs, enregistrés dans les paradis fiscaux et qui sont spécialisés dans le rachat de dettes largement en dessous de leur valeur nominale, avec pour objectif d’engranger des profits maximaux. Ces fonds spéculatifs sont la propriété d’individus extrêmement riches, qui comptent parmi les plus terribles prédateurs du système capitaliste. Ceux-ci disposent de trésors de guerre se chiffrant en milliards de dollars. Ils commandent à des bataillons d’avocats capables d’engager des procédures sur les cinq continents, pendant dix ou quinze ans s’il le faut. »

Les dettes, les créanciers, la jungle financière et les fonds vautours. Lire la suite

Des moyens pour une effectivité universelle de la protection sociale

arton14277-a6aa1L’évolution de la protection sociale représente deux grandes tendances. Globalement, dans les pays dits développés, les mécanismes de protection sociale subissent un démantèlement structuré sous l’égide des politiques néolibérales et des mesures d’austérité. Alors que dans les pays dits en développement, des initiatives privées et publiques pour étendre la protection sociale se multiplient, bien que leur portée reste limitée. Lire la suite

La dette sociale française : un retour aux sources est nécessaire !

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

arton14277-a6aa1Le débat public sur le financement de la protection sociale a besoin de clarification. Il est aujourd’hui encombré de notions confuses et parfois contradictoires qui empêchent la construction d’une revendication claire.

Entre cotisation et impôt, entre cotisation salariale et cotisation patronale, entre répartition et logique assurantielle individuelle et privée, entre ce qui relève de l’État ou/et des collectivités locales et ce qui relève des caisses de sécurité sociale, un brouillard est volontairement et savamment entretenu sur la protection sociale.

Sur ce fond d’apparence compliqué, prolifère l’idée de la dette sociale que devraient les salariés et les retraités. Il est donc urgent et nécessaire que les termes du débat soient clarifiés et qu’émerge une revendication claire, sur laquelle une mobilisation puisse se construire et être victorieuse. Nous ouvrons le débat. Lire la suite

Solutions émancipatrices au problème de la dette publique

arton12449-3c9ddNouvelle formule de la revue Les autres voix de la planète.

« Restructuration, défaut de paiement, audit de la dette, annulation. Ces termes sont de plus en plus évoqués dans le débat public au sujet des réponses à apporter face à l ‘excès de la dette publique, qui peut être insoutenable, illégitime, illégale voire odieuse. »

Les auteur-e-s reviennent sur la définition des « restructurations de dette », les conditions imposées contraire aux intérêts des pays endettés et des populations, les calculs économiques et géopolitiques, la nécessaire priorité à donner à « la réalisation d’un audit intégral de la dette (avec la participation citoyenne active), combinée si nécessaire à la suspension des remboursements ». Lire la suite

L’annulation unilatérale des dettes illégitimes est un instrument politique de désobéissance puissant permettant d’ouvrir d’autres possibles 

arton11193-850f9Édito

« Merry Crisis and happy austerity ». C’est ce message que les militant.e.s du CADTM ont choisi de brandir sur les bâtiments de la Commission européenne et du futur Conseil à l’occasion de l’encerclement du Sommet européen qui a réuni plusieurs milliers de personnes le 19 décembre dernier dans les rues de Bruxelles. Alors le CADTM, cynique ? Pas autant que les chefs d’État européens, qui ont d’ailleurs préféré écourter leur réunion que d’être dérangés par le bruit des tracteurs et des mégaphones.

Depuis la crise de 2008, ces derniers disent, en effet, prendre toute la gravité de la situation et imposent, à contre-cœur paraît-il, des mesures qui sauront nous placer sous de meilleurs auspices. Pourtant, la crise a été une occasion rêvée pour la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI ) d’appliquer une stratégie du choc sans précédent, qui justifie aujourd’hui cures d’austérité et accords de libre-échange (voir article p.10), comme hier dans les pays du Sud, sous couvert de « développement ».

Partout en Europe, cette politique au service des créanciers et des multinationales provoque récession et reculs sociaux (voir article p.4). Mais ne nous y trompons pas, la Troïka dispose de serviteurs zélés : entre autres, le gouvernement belge. Le 15 décembre dernier, au moment où la Belgique vit une grève générale historique contre l’austérité du gouvernement Michel (voir p.12), le FMI tient sa visite annuelle, contrôle le budget fédéral et salue les mesures annoncées.

Dans les rangs de l’UE, le « There is no alternative » (TINA) fait règle. La contestation sociale et la montée électorale de forces qui entendent revenir sur les mesures antisociales imposées par la Troïka et sur le paiement de dettes illégitimes, odieuses et/ou illégales, doivent être étouffées. En témoigne la campagne contre Syriza visant à intimider le peuple grec afin qu’il renonce à son droit de décider librement.

« L’histoire ne se répète pas, elle bégaie » nous dit Marx. La chute des prix des matières premières nous amène-t-elle vers une nouvelle crise de la dette des pays du Sud (voir article p.34) ?L’obstination des dirigeants européens à ne pas réguler banques et marchés financiers nous conduisent également, doucement mais sûrement, vers une autre crise systémique, où austérité et casse sociale seront sans aucun doute de nouveau brandies comme des remèdes inévitables.

Il est urgent de prendre le temps, de profiter de ces instants de rupture pour repenser nos stratégies, refonder nos alliances, rompre avec TINA. Que ce soit le peuple grec qui résiste, celui d’Europe de l’Est, premier cobaye européen du FMI (voir article p.8), ou encore le peuple burkinabé qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir (voir article p.37), la brèche est ouverte. Pour 2015, nous vous souhaitons : « Merry struggles and happy new year » !

De cette riche livraison, je signale notamment  :

* L’analyse d’Eric Toussaint sur la réalité des politiques menées (« Considérer que la politique des dirigeants européens est un échec parce que la croissance économique n’est pas de retour, c’est largement se tromper de critère d’analyse. ») et sur la remise en cause des droits démocratiques et sociaux (« Les droits économiques sociaux et culturels sont progressivement remis en cause dans leurs fondamentaux mêmes, sans oublier l’offensive contre les droits civils et politiques comme le droit effectif d’élire des législateurs. »)

* La formulation d’Anouk Renaud sur la dette : « L’annulation unilatérale des dettes illégitimes est non seulement nécessaire pour arrêter la saignée, mais également un instrument politique de désobéissance puissant permettant d’ouvrir d’autres possibles »

* A juste titre, le CADTM souligne la confusion au sein de « l’opinion publique » entre « illégalité », « inutilité » et « illégitimité ». Une décision légale peut être illégitime.

* L’article du Jubileo Sur Américas, CADTM AYNA, Fédération luthérienne mondiale qui rappelle, entre autres, sur les dettes « la majorité a été générée sans contrepartie en terme de biens ou de services pour les peuples. L’endettement augmente sous l’effet de l’usure, de commissions abusives, de clauses entachées d’irrégularité, de la transformation de dettes privées en dettes publiques, de refinancement successifs, etc ., les dettes engendrant de nouvelles dettes ». Dettes et transfert incessant de richesses et de biens communs.

* L’entretien avec Paul Ariès sur l’extractivisme et la dette.

Paul Ariès rappelle « n’oublions pas que les « trente glorieuses » françaises de l’après-guerre sont les trente odieuses de l’Afrique » et dénonce quatre formes de dette : dette écologique, dette sociale, dette environnementale, dette financière…

En complément possible :

Miriam Lang et Dunia Mokrani (dir.) : Au-delà du développement. Critiques et alternatives latino-américaines, toute-conception-emancipatrice-de-lhegemonie-se-doit-detre-beaucoup-plus-inclusive-que-celle-de-lhegemonie-capitaliste/

Alberto Acosta : Le buen vivir – Pour imaginer d’autres mondes : construire-collectivement-une-autre-facon-de-vivre/

Alternatives Sud : Industries minières – Extraire à tout prix ? : crises-sociale-et-energetique-generees-par-le-modele-extractiviste/

* L’article de Renaud Duterme : « Pourquoi le débat sur le réchauffement climatique fait fausse route ». L’auteur souligne la nécessaire réforme agraire et redistribution de terres…

* L’article de Renaud Vivien sur « Ebola ». Voir sur ce sujet, deux articles de Jean Batou : Ebola : Qui sont les artisans de la mort et comment les combattre ? (ebola-qui-sont-les-artisans-de-la-mort-et-comment-les-combattre/ et Capitalisme globalisé et environnement pathogène : la monoculture du palmier à huile a-t-elle pu provoquer Ebola ? (capitalisme-globalise-et-environnement-pathogene-la-monoculture-du-palmier-a-huile-a-t-elle-pu-provoquer-ebola/)

« Désobéir à la dette illégitime et poser la question de son annulation est une question éminemment démocratique »

Au delà des articles cités, un numéro indispensable.

Sommaire

  • Eric Toussaint : L’Union européenne : conquêtes démocratiques et sociales radicalement remises en cause (union-europeenne-conquetes-democratiques-et-sociales-radicalement-remises-en-cause/)

  • Pierre Gottiniaux : La poudrière sociale de l’Europe de l’Est

  • Anouk Renaud : Stop au TTIP, Stop à l’austérité et annulation de la dette !

  • Déclaration de soutien du CADTM Belgique à la grève générale du 15 décembre

  • CADTM Belgique : Dettes illégitimes en Belgique : Qui doit payer ?

  • Jubileo Sur Américas, CADTM AYNA, Fédération luthérienne mondiale : Réflexions initiales quant à la décision de l’ONU d’établir un cadre juridique multilatéral applicable aux opérations de restructuration de la dette publique

  • Le CADTM encourage l’Argentine à suivre l’exemple de l’audit de la dette équatorienne et à se réapproprier la doctrine Calvo

  • CADTM AYNA : Lettre du CADTM Ayna à Rafael Correa, Président de l’Equateur (voir aussi : lettre-ouverte-a-rafael-correa-president-de-lequateur-en-solidarite-avec-la-conaie/)

  • Renaud Duterme : Le mythe du rattrapage

  • Interview de Nicolas Sersiron par Paul Ariès : Extractivisme, dette et désastres environnementaux

  • Renaud Duterme : Pourquoi le débat sur le réchauffement climatique fait fausse route

  • Renaud Vivien : Ebola : le FMI et la Banque mondiale, pompiers pyromanes

  • Eric Toussaint : Afrique : la chute du prix des matières premières peut déboucher sur une nouvelle crise de la dette (afrique-la-chute-du-prix-des-matieres-premieres-peut-deboucher-sur-une-nouvelle-crise-de-la-dette/)

  • Pauline Imbach : Burkina Faso : une dette illégitime qui doit être répudiée

  • Interview de Mimoun Rahmani par Sergio Ferrari : « Le Forum social mondial appartient au mouvement altermondialiste dans son ensemble et il doit se l’approprier »

Les autres voix de la planète N°65, http://cadtm.org/Les-autres-voix-de-la-planete-no65

1er trimestre 2015

La revue du CADTM, Liège 2014, 44 pages

Didier Epsztajn

Nous sommes têtu-e-s et déterminé-e-s. Nous voulons nos droits, ici et partout !

autres voix 64Édito

Les militant-e-s du CADTM s’engagent dans des actions concrètes pour exiger l’annulation des dettes illégitimes et odieuses : participation à des collectifs d’audit citoyen de la dette dans certains pays, travail d’étude pour cerner les dettes illégitimes, mobilisations, formations, etc. Ces actions, s’inscrivant toujours dans des mouvements plus larges, visent à saper un peu plus les fondements des institutions internationales et des gouvernements à leur service, déjà ébranlés par leur inefficacité, leur hypocrisie, leur perte de légitimité, leur déni des processus démocratiques.

Cette année, le FMI et la Banque mondiale célèbrent leur 70 ans d’existence. Un funeste anniversaire, et l’occasion de dresser, dans ce numéro, le bilan de leurs forfaits, depuis leur création (articles p.4 et p.6) jusqu’à l’intervention plus récente du FMI en Europe au sein de la Troïka (article p.26), ou encore celle, délétère, de la Banque mondiale en matière d’exploitation des peuples et de la nature (article p.14).

Depuis des années, nous nous efforçons de montrer qu’il est possible et souhaitable de se passer de ces institutions. Entre autres propositions, nous avons mis en avant la « Banque du Sud » : née en Amérique latine en 2007, cette initiative prometteuse peine à se concrétiser. La banque des BRICS, lancée en juillet 2014, présentée par certains comme un coup porté au couple FMI/Banque mondiale, est malheureusement moins porteuse d’alternatives (voir article p.20).

Depuis 1948, la planète Terre est dotée d’une Charte Universelle des Droits de l’Homme. On ne le dirait pas. Particulièrement pour cette moitié de l’humanité que sont les femmes. Le paiement de la dette et son cortège de mesures antisociales poussent les femmes au 1er rang des sacrifié-e-s. Fort de ce constat, le CADTM Belgique et Vie Féminine ont élaboré une mallette d’animation : « Austérité et dette, les femmes s’en mêlent ! » (voir p.18), un outil d’éducation populaire pour comprendre et se mettre en action !

Les mois à venir fourniront de nombreux motifs d’action et de mobilisation. Partout, les gouvernements multiplient les mesures d’austérité et les attaques contre les conquêtes sociales (voir par exemple les politiques en France contre les chômeurs p.34). Notre défi sera que nos différentes luttes ne soient pas seulement destinées à préserver des soi-disant « acquis » attaqués de toutes parts, mais à exiger de nouveaux droits, forcer de nouvelles conquêtes.

Nous sommes têtu-e-s et déterminé-e-s. Nous voulons nos droits, ici et partout !

De cette riche livraison, je ne souligne que certains éléments :

  • L’article de Renaud Duterme sur « Dette, néolibéralisme et classes sociales ». L’auteur souligne très justement « il est clair que l’analyse comptable permet d’occulter une vision en termes de classe, pourtant au cœur de la gestion de la dette telle qu’elle se fait depuis plusieurs décennies ». Il montre aussi comment cette gestion sert les intérêts des « 1% » et indique que les budgets militaires sont peu ou pas concernés par les coupes dans les dépenses publiques. Il parle des « croyances et mythes » associés au libéralisme et au capitalisme et analyse la « règle d’or », pourcentage(s) fantasmagorique(s) (comme les 3% de déficit) « qui grave l’austérité dans le marbre et impose des choix budgétaires faisant fi des choix électoraux des populations… ». Il s’agit en fait d’une constitutionnalisation (sans passer par une case constituante) du néolibéralisme et d’un déni de démocratie…

  • Yao Désiré montre, entre autres, que le rapport Doing Business « soumet la réglementation du travail à la réglementation de l’activité économique au profit du capital privé » en bafouant les droits sociaux et politiques des populations.

  • Je souligne l’intérêt du travail en commun entre le CADTM et Vie féminine, dont la création d’une mallette d’animation comme « un outil d’un autre genre ». Une démarche de femmes qui « s’en mêlent ».

  • Renaud Vivien analyse « Pourquoi les programmes d’austérité imposés par la Troïka en Europe sont illégaux ? » (pourquoi-les-programmes-dausterite-imposes-par-la-troika-en-europe-sont-illegaux/). Il rappelle que « le respect des droits humains inscrits dans les conventions européennes et internationales mais aussi dans les PGD et la coutume internationale, dont font partie les pactes de l’ONU sur les droits humains, ne s’impose pas seulement aux États mais aussi aux organisations internationales comme la BCE, la Commission européenne, le FMI ou encore la Banque mondiale ». Il souligne aussi que la Troïka outrepasse ses compétences. Il en conclu que « les memoranda doivent être abrogés », « les prêts de la Troïka accordés en contrepartie de l’application de ces memoranda sont odieux et doivent de ce fait être annulés sans conditions » et qu’« il faut poursuivre en justice la Commission européenne, le FMI, la BCE, les États qui appliquent ces programmes d’austérité illégaux ainsi que les États qui décident de ces programmes au sein de ces institutions ».

  • Patrick Saurin contrôle celui qui veut contrôler les chômeurs et les chômeuses « Rebsamen contrôle les chômeurs… Nous avons contrôlé Rebsamen ! » (la-radiation-de-rebsamen-simpose/) et conclut : « Au terme de ce sitoyables états de servicede François Rebsamen, une seule solution s’impose pour lui : la radiation définitive du paysage politique ».

Au delà des articles cités, un numéro indispensable.

Sommaire

  • Le triomphe des Institutions financières internationales

  • Dette, néolibéralisme et classes sociales

  • Quelles banques de développement, pour quoi faire ?

  • « Doing Business » et « Benchmarking Business of Agriculture » : même combat !

  • Éric Toussaint « La Banque du Sud est une alternative, pas celle des BRICS »

  • Les États membres de la CEDEAO et l’Union européenne violent le droit des peuples au développement

  • Le C2D : Contrat de domination et d’endettement

  • Pourquoi les programmes d’austérité imposés par la Troïka en Europe sont illégaux ? (pourquoi-les-programmes-dausterite-imposes-par-la-troika-en-europe-sont-illegaux/)

  • En vérité, quels objectifs poursuit la BCE ?

  • Le CADTM se demande si Emmanuel Macron a lu le « Rapport d’audit de la dette française finance » et compte s’en emparer pour remettre la finance à sa place ?

  • Rebsamen contrôle les chômeurs… Nous avons contrôlé Rebsamen ! (la-radiation-de-rebsamen-simpose/)

  • Dette : de l’artefact social à l’outil de domination

Les autres voix de la planète N°64, http://cadtm.org/Les-autres-voix-de-la-planete-no64

4ème trimestre 2014

La revue du CADTM, Liège 2014, 40 pages

Didier Epsztajn