Archives de Catégorie: axelle

Des lunettes pour observer le sexisme et ses effets violents sur les femmes

Je ne rédige qu’une seule note pour souligner quelques analyses. Une revue encore plus indispensable en ces temps de pandémie et de bouleversements socio-économiques, alors que la majorité de la presse contribue à l’invisibilisation des femmes. Je rappelle aussi l’article d’Eliane Viennot :Le Covid-19 s’attaquerait-il aussi à la langue française ? : le-covid-19-sattaquerait-il-aussi-a-la-langue-francaise/ Lire la suite

Axelle 229 en téléchargement gratuit

Axelle met exceptionnellement son numéro de mai en accès libre.

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DOSSIER : Toilettes pour femmes. Grandes discriminations au petit coin

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas ce journal de nos amies de Belgique, une offre de découverte avant éventuellement de souscrire un abonnement !

Sur les précédents numéros : revue/axelle/

Axelle 228 en téléchargement gratuit

Axelle met exceptionnellement son numéro d’avril en accès libre.

Téléchargez-le gratuitement ICI.

DOSSIER : Santé des femmes : pour une médecine aux petits soins 

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Mettre la lumière sur celles qui sont dans l’ombre

Dans son éditorial, « Liberté, égalité, matriarcat », Sabine Panet revient sur les masculinistes, qui tel Eric Zemmour, parlent de société féminisée et matriarcale. Le patriarcat n’existerait donc plus, les femmes auraient pris le pouvoir, la menace d’un matriarcat pèserait sur les sociétés !!! Une forme de contestation véhémente de toutes les avancées possibles en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et une défense de la « virilité » ou de la « masculinité » alliée à la xénophobie au racisme… Lire la suite

Transformer la colère en une force puissante et collective

« Comme ce numéro nous le montre, le féminisme est pluriel. Il croise des voix multiples. Même les plus inaudibles. Ces paroles ne sonnent pas toutes à l’unisson – elles discordent même parfois – mais ensemble, elles forment comme un grand chant qui dénonce l’oppression des femmes et formule des pistes pour s’en libérer. Et dont l’écho résonnera, nous l’espérons, jusqu’à celles et ceux qu’on laisse toujours dans les angles morts ». Dans son édito, Manon Legrand aborde, entre autres, la pensée en mouvement, les injustices au quotidien, les agendas pluriels, les singularités et la solidarité, l’égalité, « Un monde où l’égalité s’entend comme le dépassement des rapports de domination »…

Francoise Collin, citée par l’éditorialiste, écrivait : « Le féminisme ne revendique pas ou pas seulement l’accès des femmes aux avantages sociaux jusqu’ici réservés aux hommes, mais une restructuration fondamentale des rapports entre les sexes qui engage les uns et les autres, c’est-à-dire une redéfinition du monde commun ».

(en complément possible sur Françoise Collin :

Irène Kaufer : Françoise Collin, une pensée en mouvement : francoise-collin-une-pensee-en-mouvement/

Françoise Collin ou la non-clôture en partagefrancoise-collin-ou-la-non-cloture-en-partage/

Eleni Varikas : « Françoise Collin. Philosophe et féministe, philosophe féministe (1928-2012) » et Françoise Collin : « Donner par ‘nature’, est-ce donner ? (Entretien avec Philippe Chanial et Sylvie Duverger) » dans Cahiers du genre N°53 : Subjectivités et rapports sociauxDimension singulière d’une subjectivité socialement constituée

Françoise Collin – Irène Kaufer : parcours féministeinterpreter-la-liberation-des-femmes-comme-une-menace-pour-lordre-social-cest-avoir-une-bien-pietre-idee-de-la-liberte/

Penser avec Françoise Collin. Le féminisme et l’exercice de la liberté. Direction d’ouvrage : Dominique Fougeyrollas-Scwebel et Florence Rochefort, deploiement-dans-lespace-du-politique-des-potentialites-creatrices-dun-autre-monde-commun/)

Sommaire du dossier :

Féminismes en mouvement : faire monde commun

L’égalité, une exigence à réinventer

Les impasses des politiques d’égalité

L’Institut pour l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, une coquille vide ?

La précarité, le lot des femmes ?

Longues vies et petites pensions

Les éclats du plafond de verre

Travailleuses domestiques en lutte : « Vous allez nous voir ! »

Bienveillance obstétricale : rendre aux femmes le pouvoir d’accoucher

À la découverte de nos corps

« Les mécanismes d’oppression du sexisme et du validisme se rejoignent »

La traversée du genre

Pour un féminisme révolutionnaire

Féminicides : faire exister la réalité en la nommant

« Renouveler le féminisme sans rien céder sur la défense des femmes »

L’antiféminisme en 5 questions

Les bonnes planques de l’antiféminisme

« Être un bon allié, c’est un processus, pas un état »

« Écoutez les féministes ! »

Les casseroles au sol… et les femmes debout !

Féminisme à toutes les pages

Les ateliers de l’Antémonde : penser l’après-chaos qui s’annonce

Le féminisme pour embellir nos vies !

Sans volonté d’exhaustivité, quelques éléments choisis subjectivement dans les articles de ce très riche dossier.

Réjane Sénac (lire aussi : L’égalité sans condition.Osons nous imaginer et être semblables, ne-nous-liberez-pas-legalite-va-sen-charger/) parle des revendications de l’égalité, de l’instrumentalisation de l’égalité femmes-hommes à des fins xénophobes et racistes, de la persistance des inégalités ici et maintenant, de l’égalité comme « un combat, un horizon politique et un principe de justice fondamental », du dépassement des rapports de domination non réductible à une égalité de droit, de la démocratie « un dilemme, une contradiction tant que les femmes, et les groupes minorisés, en sont exclu·es », de logique identitaire et d’exigence « alors que seuls les hommes blancs n’ont pas à articuler singularité et similarité », de #MeToo et du passage de la parole à l’action, de sortie de la plainte et de l’assignation et « de nous placer collectivement dans la lutte », d’un « monde de singularité émancipées »…

Les impasses des politiques d’égalité lorsque ne sont pas pensées les dimensions de genre des politiques menées, lorsque les femmes sont considérées comme un groupe homogène, lorsque sont détricotés les droits et les moyens collectifs d’accueil des enfants…(lire aussi : Pauline Delage : Droits des femmes, tout peut disparaitre, les-moyens-de-legalite-contre-les-cecites-de-lequite-de-la-complementarite-ou-de-la-symetrie/)

« Ce discours de neutralité de genre est dangereux parce qu’il suggère que, comme toutes les personnes ont un genre, tous les problèmes sont des problèmes de genre. C’est peut-être politiquement plus facile à vendre mais c’est oublier que les femmes ne sont pas affectées de la même manière. Les femmes vivent un système d’oppression sexiste, les hommes peuvent rencontrer des stéréotypes sexistes, ce n’est pas la même chose et cela n’empêche pas qu’ils soient privilégiés ».

Travailleuses domestiques en lutte, « Nous les femmes / Nous ne sommes pas hors du monde / Parce que nous nettoyons le monde / Parce que nous le portons », services publics insuffisants, « Nous refusons d’être payées des miettes, celles-là mêmes que nous ramassons chaque jour »…

Rendre aux femmes le pouvoir d’accoucher, les praticien·nes et la relation distante et presque hiérarchisée apprise à l’université, la bienveillance obstétricales, les clichés sur la féminité, ne pas voler aux femmes leurs accouchements. (En complément possible Marie-Hélène Lahaye : Accouchement, les femmes méritent mieux, replacer-les-femmes-au-coeur-des-dispositifs-decisionnels/ et Marilyn Baldeck : Violences sexuelles commises par des professionnels de santé : Hippocrate phallocrate ?, violences-sexuelles-commises-par-des-professionnels-de-sante-hippocrate-phallocrate/).

Les mécanisme d’oppression du sexisme et du validisme, la désexualisation des femmes handicapées, les corps féminins illégitimes dans l’espace public, l’injonction constante faite aux femmes et aux personnes handicapées de faire leurs preuves…

Stop féminicides, Ni Una Menos, des affiches, en finir avec les « drames familaiux » et nommer les féminicides (Des vidéos : Un violador en tu camino – Québec, un-violador-en-tu-camino-quebec/ ; Un violeur sur ton chemin, un-violeur-sur-ton-chemin/ ; Le violeur c’est toi : Santiago, Mexico, Bogotá mais aussi Paris, New York, Berlin, Toulouse, Madrid ou encore Barcelone, le-violeur-cest-toi-santiago-mexico-bogota-mais-aussi-paris-new-york-berlin-toulouse-madrid-ou-encore-barcelone/ et Christine Dalloway : FEMINICIDES, le décompte macabre se poursuit dans l’indifférence générale, feminicides-le-decompte-macabre-se-poursuit-dans-lindifference-generale/ ou Féminicides : Etat coupable, justice complice, feminicides-etat-coupable-justice-complice/).

Renouveler le féminisme sans rien céder sur la défense des femmes. Au delà de ce que chaque individu·e pense et espère, « on finit toujours par se heurter au système de catégorisation hommes/femmes. Et on ne se débarrasse pas si facilement de sa socialisation ». Aude Vidal aborde, entre autres, les censures de féministes au nom de nouveaux habits soi-disant progressistes, le développement de individualisme et des théorisations autour de l’identité, les bases matérielles de la domination des femmes, « Le genre aura disparu quand le viol, l’exploitation domestique, etc., auront disparu ». (A lire de l’autrice : La conjuration des ego. Féminismes et individualisme, les-faux-amis-sont-nombreux-mais-nos-coleres-ne-sont-pas-steriles/ et Ecologie, individualisme et course au bonheurretour-morbide-sur-lindividu-et-abandon-de-futurs-collectifs/).

Cinq questions sur l’antiféminisme, autour du livre Sous la direction de Christine Bard, Mélissa Blais, Francis Dupuis-Déri : Antiféminisme et masculinismes d’hier et d’aujourd’hui (voir note de lecture : refus-des-droits-et-de-lautonomie-des-femmes-reaffirmation-du-pouvoir-des-hommes/, accompagnée de nombreux liens vers d’autres textes).

Les bonne planques de l’antiféminisme, à partir des travaux de Mélissa Blais, cet antiféminisme qui n’épargne pas les mouvements progressistes de gauche, les boys clubs et les faux derches (En complément possible, un texte récent de l’autrice, Le masculinisme est un contre-mouvement social, le-masculinisme-est-un-contre-mouvement-social/)

Je souligne aussi l’entretien avec Francis Dupuis-Déri : « Ecoutez les féministes » (voir son récent livre : La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace, le-supremacisme-male-et-son-discours-contre-legalite/). L’auteur indique entre autres, « Je me dis « proféministe » car le féminisme est l’affaire des femmes, Les hommes peuvent être complices, mais nous continuons à tirer avantage du suprémacisme mâle »…

Chaque homme devrait lire le texte « Etre un bon allié, c’est un processus pas un état ». je rappelle le très bel article de Yeun Lagadeuc-Ygouf : Être « allié des féministes » (etre-allie-des-feministes/ ; en complément possible, Refuser la connivence et la léthargie masculines, https://entreleslignesentrelesmots.blog/2017/11/21/refuser-la-connivence-et-la-lethargie-masculines/)

8 mars 2020. Grève. Quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête. Les casseroles comme symbole puissant et subversif… (En complément possible, #8mars2020 : on arrête toutes : 8mars2020-on-arrete-toutes/)

« Le mouvement féministe actuel est vivace, multiple et mouvementé. Il est aussi traversé de tensions. Comment dessiner des alliances ? Comment porter une stratégie politique commune sans laisser de côté les personnes plus minorisées et sans gommer les expériences et identités variées ? ». Ces questions de stratégie sont abordées dans Pour un féminisme révolutionnaire, https://www.axellemag.be/pour-un-feminisme-revolutionnaire/. Les autrices parlent, entre autres, d’« appréhender les questions comme un tout, et penser le féminisme en lien avec les autres rapports de domination », de questions économiques, des violences sexuelles, du sexisme, du racisme, de l’homophobie, d’exploration de « ses propres privilèges » (« le privilège doit être vu comme une manifestation à l’échelle individuelle de structures plus globales »), des espaces de non-mixités choisis, de réappropriation par chacune de la question politique…

Parmi les autres textes publiés, je signale notamment :

  • Dans l’oeil d’Axelle : Pologne. « Considérée comme une terrible menace pour la jeunesse, l’éducation sexuelle sera interdite à l’école si le projet de loi est approuvé par le Parlement », entre ultra-catholique et conservatisme du parti Droit et justice (Pis) la construction de l’absence de droit et de l’injustice…

  • Les femmes et la protection de la mangrove au Sri Lanka ;

  • Les séries et le petit écran.

  • Les nationalistes et le droit à l’avortement

  • L’échelle des douleurs ; les ressentis et leurs expressions ; clichés « tu accouchera dans la douleur », « il faut souffrir pour être belle » ; accouchement, règles, endométriose ; le prisme indispensable du genre ; « Ce qui reste peu exploré, c’est à quel point le regard de la société, et donc de la médecine, sur la douleur est lui aussi très subjectif »…

  • L’histoire avec un grand Elles : madame Qaqui, danseuse sur le fil.

  • et toujours de riches rubriques : culture (dont Noura Rêve de Hinde Boujemaa) et informations internationales (dont un article sur la comptabilisation dans le PIB des activités illégales et de la prostitution, la pauvreté réduite à des comportements inadéquats, le sexysme de la publicité…)

 

Un journal de nos amies belges à faire connaître.

Axelle Hors-Série : Féminismes en mouvement : faire monde commun

Janvier-Février 2020, http://www.axellemag.be

Didier Epsztajn


Précédents numéros : revue/axelle/

Briser le silence et retrouver l’estime de soi

« Insultes, harcèlement, violences conjugales, incestes, viols, féminicides… Chaque jour, partout dans le monde, des femmes sont victimes de violences parce qu’elles sont femmes ».

Dans son éditorial, « Pour elles et pour toutes les autres », Camille Wernaers parle des enfants, victimes souvent oubliés, « Les conséquences sur les plus petit·es, ce sont les mamans, elles-mêmes violentées, qui peuvent le mieux les expliquer », de ce que signifie aussi parler, « Raconter les violences qui s’exercent sur elles et sur leur famille, cela signifie les revivre et sentir remonter des souvenirs, dont elles se passeraient bien ». Lire la suite

Le sens des mots et le poids des inégalités

« Notre dossier du mois sur les inégalités à l’école illustre bien ce fossé entre ce qui est affiché dans un mot et ce qui se cache derrière : bagage culturel, maîtrise de la langue, des codes, des normes sociales ». Dans son éditorial, « Les mots ont un sens », Sabine Panet aborde, entre autres, ce monde « de subtilités pour certain·es, autant de gouffres pour d’autres », le pouvoir concret des mots, le « mode de vie européen » de Ursula von der Leyen, le film Sans frapper d’Alexe Poukine consacré au viol, « Lorsqu’on utilise le mot « monstres » pour qualifier les hommes violeurs, on contribue à les déshumaniser… A force de leur donner une apparence mythologique, on ne perçoit pas sous les traits de l’aimable voisin ou du gendre propres sur lui », la solidarité de la revue avec les travailleuses et les travailleurs de l’imprimerie Corelio en « faillite »… Lire la suite