Archives de Catégorie: Revue

Une brique dans le ventre, du ciment dans le coeur

Sabine Panet, dans son éditorial, L’aubépine et la mauve, parle, entre autres, de Semira Adamu, « Alors elle est morte, de ne pas vouloir rentrer. Elle est morte, il y a juste vingt ans, résistant au retour, résistant aux mains des hommes qui la maintenaient pour la priver d’oxygène », des centres fermés, de celles tuées par des hommes-compagnons…

Le titre de cette note est extrait de l’éditorial. Lire la suite

Présentation du projet Ehko

C’est en temps de crise que naissent les plus grands projets. Les plus fous aussi, peut-être les plus nécessaires. En France, comme dans de très nombreux pays du monde, le journalisme va mal : concentration des médias, désinformation, manquements à la déontologie, discours officiels repris sans recul, manque de moyens, manque de diversité, défiance des publics, infobésité, suivisme, opinions déguisées en faits et vérités assénées et bien d’autres maux sont en train de tuer cette noble profession. Pourtant au milieu de ce marasme, nous pressentons que le journalisme et les médias vont vivre un âge d’or. Et nous comptons bien y contribuer en faisant tout simplement du journalisme de qualité, avec Ehko.info, média indépendant que nous lançons (modestement) aujourd’hui. Lire la suite

Division sexuelle du travail et conception réductrice de l’activité

Pour Pierre

La lecture du dossier « Ménages populaires » m’a mis mal à l’aise. Pas seulement à cause d’une « définition » de la « classe ouvrière » que ne partage pas (j’y reviendrais) mais surtout par l’oubli des auteurs et des autrices de prendre en compte leur point de vue situé.

Je commence donc par cela. Le système de genre est imbriqué à d’autres rapports sociaux (classe, race, génération, etc.). Les configurations concrètes sont les fruits de l’histoire, des résistances et des luttes, des contraintes institutionnelles… Il est à mes yeux vain de penser une configuration comme plus ou moins « conservatrice » ou « émancipatrice ». D’ailleurs dans le cas du (non)partage des tâches domestiques, des violences exercées par les hommes sur les femmes, de la consommation de la pornographie, de la participation au système prostitueur, de l’inégalité dans l’utilisation des revenus – pour ne citer que cela – les études (ou moins ce que j’en connais) ne montrent pas de différences significatives entre groupes sociaux – pour autant que le groupe social soit un agrégat adapté à ces études. Sans oublier que la division sexuelle du travail s’y décline sans exception. Plus intéressantes sont les tensions et les contradictions à l’oeuvre dans chaque situation. Lire la suite

Le genre des politiques de conciliation travail/famille et le maintien des hiérarchies dans les rapports sociaux de sexe

Dans leur introduction, Jacqueline HeinenHelena Hirata et Roland Pfefferkorn soulignent que la notion de conciliation (articulation entre vie professionnelle et vie familiale) ne s’applique de fait qu’aux femmes. Cette notion est par ailleurs très critiquable, il vaut mieux mettre l’accent sur « sur la contradiction, la tension ou le conflit » car rien ne permet de supposer une harmonie dans les rapports sociaux. Elles et il, iels, abordent des politiques publiques, la prégnance de normes sociales, les configurations institutionnelles diverses et leurs contradictions, leurs effets… Lire la suite

La validité de l’aventure pour toustes et son pouvoir d’utopie

Alors que l’Histoire continue, le plus souvent, d’être écrite, non seulement sous le signe du « masculin l’emporte sur le féminin », mais plus généralement du point de vue des hommes – ou plus exactement d’une partie d’entre aux -, il n’est pas inutile de revenir sur des analyses sur les sexes et le savoir, le genre de l’histoire.

Dans son introduction, Françoise Collin parle du dossier « Femmes sujets de discours, sujets de l’histoire », de la question de la pratique et du concept de « recherches féministes », de la constitution « des femmes comme objet de recherche », de l’« histoire des femmes » et du confinement des femmes aux « marges du savoir », de leur accueil de manière « additive ». Lire la suite

Ne rester à l’écart d’aucun combat pour l’égalité

L’édito, les-utopiques-edito-et-sommaire-du-n8-antiracisme-et-question-sociale/, publié avec l’aimable autorisation de la revue : débute par une question : « Quelle articulation peut-il y avoir entre action syndicale, question sociale et lutte contre les discriminations raciales ? » C’est à cette question, à ces multiples facettes ou conséquences que pour l’essentiel consacré le N°8 de la revue. Un débat argumenté appuyé sur des expériences concrètes, des témoignages et des analyses, des actions collectives, « qu’il s’agisse des grèves chez Talbot à Poissy en 1984 ou des combats des travailleurs et travailleuses sans-papiers, des années 1980 (les Turcs du Sentier, à Paris) aux années 2000 », des campagnes de longue haleine (injustice fiscale touchant les travailleuses et travailleurs sans-papiers, réparation du travail forcé et le colonialisme)… Lire la suite

Les rapports sociaux de sexe ne sont pas dissous dans les usages néolibéraux de la notion de genre

De l’éditorial d’Aurélie Leroy, « Repolitiser le genre », editorial-daurelie-leroy-repolitiser-le-genre-alternatives-sud-de-lusage-du-genre/ , publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepseje souligne dans un premier temps, deux « bornes » : le genre et les sexes, la réduction par certain·es de l’intersectionnalité « à un examen réflexif sur des positions individuelles et de l’appréhender en termes d’identités et de rôles contradictoires, plutôt qu’en termes de rapports sociaux ». Lire la suite