Archives de Catégorie: Philo…

Démocrates… et sexistes

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Des Lumières jusqu’à la fin du XXe siècle, la majorité des penseurs progressistes ont refusé l’égalité des sexes. Pour Rousseau ou Proudhon, pour les révolutionnaires de 1789 comme pour les leaders du mouvement ouvrier, la démocratie s’arrête aux portes de l’espace privé.

La question n’est pas celle de la misogynie mais du lien entre pensée politique (contrat social, Révolution, mouvement ouvrier) et refus de l’égalité des sexes.

Entretien avec Geneviève Fraisse 

Propos recueillis par Charles Giol

Vous avez été la première, en France, à étudier les fondements de ce que vous appelez la « démocratie exclusive »… Lire la suite

Post-scriptum : la « multiple vérité » (Geneviève Fraisse : Les excès du genre)

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

L’expression est de Simone de Beauvoir au bas d’un bref texte où elle accompagnait une brochure polémique, au temps du Mouvement de libération des femmes. Je l’emprunte et la déplace vers le moment où nous nous trouvons : non pas celui de la vérité relative, vérités partielles ou vérités de points de vue, mais celui de la multiple vérité, vérité ouverte sur aujourd’hui, vérité en travail. La vérité vacille, écrivais-je dans les dernières lignes de ce livre, ce qui signifie que, depuis Nietzsche, depuis cent cinquante ans, la vérité nous occupe toujours, à juste titre, mais qu’elle oblige à quelques précisions, ici et maintenant. Lire la suite

Vérité(s), contretemps historiques, excès…

En premier lieu, une couverture. Hilma af Klint : The Swan, 1915. une pionnière dans l’art abstrait. Une peintresse (pour utiliser un terme banni par la masculinisation de la langue orchestrée par l’Académie française) oubliée comme beaucoup de femmes dans les histoires écrites par les hommes.

Ayant chroniqué ce livre en 2014 sous le titre : L’opérateur égalité permet de concevoir et d’inventer les nouveaux rapports entre sexesloperateur-egalite-permet-de-concevoir-et-dinventer-les-nouveaux-rapports-entre-sexes/, je ne traite que du post-scriptum intitulé « La « multiple vérité » ». Lire la suite

Entretien : Geneviève Fraisse, l’indocile philosophe

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Directrice de recherche émérite au CNRS, Geneviève Fraisse travaille notamment sur la controverse des sexes, d’un point de vue épistémologique et politique. Elle décline ses travaux suivant trois axes : la généalogie de la démocratie, les concepts de l’émancipation et la problématisation philosophique de l’objet « sexe/genre ». Pour l’InSHS, elle revient sur son parcours et livre sa vision des études sur le genre. Lire la suite

Elle aura un livre entre ses mains qui l’aidera à comprendre

Arrêtée le 22 février 1975 par le Service de renseignement de la Marine (SIN), amenée dans une maison de torture de la police politique (DINA), Teresa Veloso Bermedo dans une belle introduction, qui donne son titre au livre, revient sur la douleur, la liberté et un passé toujours au présent. « Au moment où je sens des mains qui me saisissent, je perçois en un éclair « le sens de la liberté ». J’étais en train de la perdre ». La violence politique, les personnes disparues, les prisonnier·es politiques, les tortionnaires, l’exil… Lire la suite

Pour une réactivation des gestes de Gilles Châtelet (membre du FHAR et Naturphilosophe)

Gilles reviens, ils sont devenus normaux !

Diptyque d’Alain Naze, Manifeste contre la normalisation gay, La fabrique, 2017 et de Philippe Roy, L’immeuble du mobile. Une philosophie de la nature avec Châtelet et Deleuze, PUF, 2017. Lire la suite

Quand Maxime Rodinson calait devant la spiritualité politique et réglait ses comptes avec Michel Foucault (et la philosophie en général)

Le refus décidé de prendre en compte la spiritualité politique, dans l’analyse des situations où les facteurs religieux sont indissociables des enjeux politiques, s’identifie distinctement chez un historien marxiste comme Maxime Rodinson, spécialiste de l’islam et des civilisations arabes. C’est la raison pour laquelle nous choisissons de privilégier son approche du religieux, pour autant qu’elle constitue un témoignage probant du réductionnisme opéré en la matière par l’orthodoxie marxiste en général (à commencer par Marx lui-même), avec certes d’heureuses exceptions1, et non sans susciter, au demeurant, de vigoureuses lignes de fuite hétérodoxes2. Lire la suite