Archives de Catégorie: Philo…

Elle aura un livre entre ses mains qui l’aidera à comprendre

Arrêtée le 22 février 1975 par le Service de renseignement de la Marine (SIN), amenée dans une maison de torture de la police politique (DINA), Teresa Veloso Bermedo dans une belle introduction, qui donne son titre au livre, revient sur la douleur, la liberté et un passé toujours au présent. « Au moment où je sens des mains qui me saisissent, je perçois en un éclair « le sens de la liberté ». J’étais en train de la perdre ». La violence politique, les personnes disparues, les prisonnier·es politiques, les tortionnaires, l’exil… Lire la suite

Pour une réactivation des gestes de Gilles Châtelet (membre du FHAR et Naturphilosophe)

Gilles reviens, ils sont devenus normaux !

Diptyque d’Alain Naze, Manifeste contre la normalisation gay, La fabrique, 2017 et de Philippe Roy, L’immeuble du mobile. Une philosophie de la nature avec Châtelet et Deleuze, PUF, 2017. Lire la suite

Quand Maxime Rodinson calait devant la spiritualité politique et réglait ses comptes avec Michel Foucault (et la philosophie en général)

Le refus décidé de prendre en compte la spiritualité politique, dans l’analyse des situations où les facteurs religieux sont indissociables des enjeux politiques, s’identifie distinctement chez un historien marxiste comme Maxime Rodinson, spécialiste de l’islam et des civilisations arabes. C’est la raison pour laquelle nous choisissons de privilégier son approche du religieux, pour autant qu’elle constitue un témoignage probant du réductionnisme opéré en la matière par l’orthodoxie marxiste en général (à commencer par Marx lui-même), avec certes d’heureuses exceptions1, et non sans susciter, au demeurant, de vigoureuses lignes de fuite hétérodoxes2. Lire la suite

Un effort constant pour saisir le politique dans ses multiples et différents points d’irruption

« l’étranger porte au cœur du monde autochtone le type d’hétérogénéité et de diversité qu’on n’attend et qu’on ne tolère normalement qu’à distance »

Dans leur introduction générale « La République vue par une étrangère », introduction-generale-la-republique-vue-par-une-etrangere-disabelle-clair-et-delsa-dorlin-a-louvrage-eleni-varikas-pour-une-theorie-feministe-du-politique/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions iXe, Isabelle Clair et Elsa Dorlin présentent le parcours de l’autrice et abordent, entre autres, la recherche historique, l’enfouissement de « l’histoire des vaincus », la mise à jour de « traditions cachées », du Journal des dames (au XIXe siècle en Grèce), ce qui relève déjà du « politique » dans les expériences singulières, les graines de révolte, « le personnel est politique », Olympe de Gouges, ce qui « se trame à l’ombre des Lumières », le féminisme, ce qui empêche la fête de se tenir, la philosophie politique, la critique de la naturalisation, le privé et ce qui légitime pour certain·e·s « un territoire d’exception aux pensées de l’émancipation », la notion de « genre », les catégories d’analyse et leurs situations historiques et sociales, la parité versus l’égalité, le travail d’historicisation, le « risque de fâcher », la multiplicité, les « parias ». Lire la suite

Etre exclue du pouvoir ne prémunit pas nécessairement contre ses sortilèges

Le livre de Geneviève Fraisse « du consentement » vient d’être réédité. Je rappelle ma note de lecture parue en janvier 2014, sous le titre : Car dire « oui », c’est aussi pouvoir dire « non », car-dire-oui-cest-aussi-pouvoir-dire-non/

Le texte initial est complété d’un nouveau chapitre : « Et le refus de consentir ? » Lire la suite

Les politiques d’« humains superflus »

« La « crise des réfugiés », la « crise de l’Europe », la « crise de l’humanité » ? Pourquoi résistons-nous à l’asile ancré dans l’hospitalité, évidence philosophique et politique, et pourquoi la crise des réfugiés suscite-t-elle autant de désarroi, d’impuissance, de cynisme ? Cet essai est un défi pour la politique et la philosophie. Il montre en quoi la philosophie dys-topique du mouvement qui intègre la violence extrême peut être un pari tragique positif d’exercice de la liberté, de l’hospitalité. Que signifie aujourd’hui les « humains superflus », les « sans-Etat », « le droit d’avoir des droits », la « violence extrême », quand on voit ces mots depuis les routes, les camps de réfugiés ? Choisir de résister a un sens. La question est de savoir comment parier. »

L’évidence de l’asile. « Son évidence a les pieds dans la boue de l’histoire, la matérialité des conditions d’existences humaines, les luttes les refus des guerres, le désarroi, un travail entre inconvertibilité/convertibilité de la « violence extrême » ». Comprendre et résister à ce qui se joue dans les politiques de fermeture des frontières, dans la création d’« humains superflus », dans la « catastrophe ». Lire la suite

Les Lumières en question. À propos du livre de Jonathan Israel, Une révolution des esprits. Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne

Cet ouvragei, synthèse d’une œuvre monumentale de quatre volumes de 1 000 pagesii, dont seul le premier a été traduit en français, permet d’entrevoir la nature encyclopédique du travail effectué par l’auteur, professeur aux États-Unis à l’Institute for Advanced Studies de Princeton. L’intérêt d’une synthèse, surtout quand elle est effectuée par l’auteur lui-même, est qu’elle permet d’aller à l’essentiel de sa pensée et facilite donc la discussion de la thèse avancée et de la méthode employée. Lire la suite