Archives de Catégorie: USA

Appel des femmes autochtones

Plus de 40 femmes autochtones issues de communautés impactées par l’exploitation des sables bitumineux (dont de nombreuses amies et alliées de longue date du CSIA-Nitassinan) ont envoyé une lettre ouverte à 70 grandes banques, assureurs et gestionnaires d’actifs, leur demandant de respecter les droits des Autochtones et de cesser de soutenir financièrement l’industrie qui détruit leurs terres. La lettre souligne les nombreux risques et impacts que l’industrie des énergies fossiles, et plus particulièrement des sables bitumineux, causent dans leurs communautés. La construction de ces projets d’expansion de l’oléoduc les expose à un risque plus élevé de contamination au COVID et de violences sexuelles. L’industrie des sables bitumineux a dévasté les communautés d’Amérique du Nord par l’exploitation minière, l’extraction et le raffinage. Le CSIA-Nitassinan, association membre de la Campagne #KeepItInTheGround, a décidé de traduire et diffuser ce texte majeur pour la protection de la Terre-Mère, de l’eau et du climat. Lire la suite

Les bordels légaux du Nevada sont un désastre pour les femmes

« Ce qui se passe à Vegas demeure à Vegas » dit le dicton populaire. On pense que cette phrase provient en partie des bordels légaux du Nevada, où les hommes sont assurés de l’anonymat. Ces bordels ont été considérés comme une industrie de services nécessaire dans la région depuis le XIXe siècle, lorsque le Nevada était presque entièrement peuplé de chercheurs d’or masculins. Il y a actuellement 21 bordels légaux en activité dans sept des comtés du Nevada, et j’en ai visité sept – en tant que journaliste et non en tant qu’acheteur de sexe. Ce que j’y ai vu et appris était horrible. Lire la suite

William Rivers Pitt : « Il faut en finir avec l’obstruction du Sénat et élargir la Cour suprême ». Un défi pour le Parti démocrate (plus deux articles)

Avec la nomination d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême, Mitch McConnell [président du sénat] et sa cohorte d’alliés conservateurs croient avoir enfin posé la clé de voûte d’un vieux chantier. Entre Amy Coney Barrett qui leur assure une large majorité conservatrice à la Cour suprême – 6 contre 3 – et les quelque 200 juges réactionnaires [dans l’ensemble des cours suprêmes des Etats] que le sénat républicain a élevés à la magistrature, ils pensent avoir établi le règne de la riche minorité blanche pour une génération tout entière. Qui sait ? Ils ont peut-être même raison. Lire la suite

La haine de l’égalité et de la démocratie

Les cahiers de l’antidote n°6 sont consacrés aux Etats-Unis. S’ils sont centrés sur « l’élection de tous les dangers », des textes abordent d’autres aspects de la situation passée et actuelle des USA. Lire la suite

La « classe moyenne » de plus en plus impossible

En 2010, le département du Commerce a préparé des données pour le groupe de travail sur la classe moyenne de l’administration Obama, dirigé par le vice-président Joe Biden. En passant outre les problèmes épineux – voir plus bas – de la classe moyenne, une partie de leur étude a présenté les espoirs, les attentes d’une famille de la classe moyenne comme multiples.

Elles comprenaient « posséder une maison », « économiser pour la retraite », « offrir une éducation universitaire » aux enfants, « protéger leur propre santé et celle de leurs enfants », « avoir une voiture pour chaque adulte » et prendre des vacances annuelles. Lire la suite

Les cahiers de l’antidote, n° 6. États-unis : l’élection de tous les dangers

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Etats-Unis. Société et religion. Une bataille au sein des structures religieuses

Avant que la Cour suprême ne légalise l’avortement en 1973, un groupe de pasteurs et de rabbins avait lancé le Pro-Choice Clergy [1], qui est devenu la référence la plus importante pour l’aide au droit à l’avortement et à l’exercice de ce droit aux États-Unis. Le Service de consultation du clergé (SCC) a aidé des centaines de milliers de personnes à accéder à des avortements sécurisés parce que ses membres considéraient que sauver la vie de ces personnes était une obligation morale. Lire la suite

La toile d’araignée des fondations et des businessmen au service du « contrôle électoral » en faveur du GOP

Le Parti républicain et ses alliés se sont livrés depuis des décennies à de nombreux procédés en vue de supprimer des électeurs et des électrices. Cette année, ils lâchent les freins !

« Je ne veux pas que tout le monde vote », proclamait en 1980 Paul Weyrich [1942-2008, cofondateur de la Heritage Foundation, animateur de la dite « majorité morale »], le tristement célèbre leader de la droite radicale. « Ce ne sont pas une majorité de personnes qui gagnent les élections… En fait, lorsque la participation électorale diminue notre résultat s’améliore nettement. » Lire la suite

Introduction du livre de Laurence Gervais : Le sexe de la ville

Avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse

« L’air de la ville rend libre », nous dit un proverbe allemand du 15e siècle. Souvent attribué (à tort) à Hegel ou à Max Weber qui ne font que le citer, ce proverbe semble avoir motivé de nombreux ouvrages et publications sur la ville en géographie culturelle. La ville – celle de Weber, occidentale, même s’il élude totalement la question de la ville comme espace public et lieu démocratique – est censée donner accès à plus de territoire, plus d’autonomie, plus de services, plus de culture, plus d’anonymat et donc plus de liberté… Pourtant force est de constater que tout·e un·e chacun·e n’a pas le même accès à la ville. La notion d’espace public urbain est multidimensionnelle ; c’est la rue, la place, au sens physique (géographique), mais c’est aussi le champ de la négociation politique, le lieu d’expression des frictions sociales, la sphère individuelle et collective de la créativité culturelle et artistique. Or, les relations sociales dans un environnement urbain qui les construit et se construit avec et par elles créent à leur tour des relations de pouvoir et de lutte pour le territoire. Dans La Dimension cachée, Edward T. Hall (1971) explique que l’être humain est en mesure de construire son « biotope » et que cet environnement créé par l’être humain crée à son tour des individus profondément différents. Il y a en effet, d’après Don Mitchell, géographe connu pour son travail sur la théorie culturelle, une lutte culturelle pour le territoire. Selon lui, il n’existe pas de culture, mais uniquement une idée de culture qui n’a de sens que dans le jeu/conflit social (Mitchell, 1995)1. Ces relations de pouvoir à leur tour, qu’elles soient liées à des variables de genre, d’appartenance ethnique ou d’identité de classe, posent la question de l’accès à la ville. La notion de territoire en tant que constitutif d’identité et, partant, territoire contesté, négocié, remis en question, est ce qui mène à poser la question de l’accès à la ville : si celui-ci n’est pas le même pour tous, s’il est disputé, c’est qu’il met en jeu des questions de pouvoirs, des conflits sociaux, qui ont pour enjeu le territoire. Michel Lussault (2009) avance l’idée que la « lutte des places » s’est substituée à la lutte des classes. Les paramètres de classe, appartenance ethnique, genre, sexualité, mais aussi de stratégies de résistance sont centraux dans ces questions. Lire la suite

Collaboration et confrontation nécessaires pour construire le savoir et bâtir des coalitions

« Traduire est une leçon d’humilité. Comme auteure, il faut s’effacer devant le style de la personne que l’on traduit. Comme intellectuelle, il faut se couler dans la façon de penser d’une autre intellectuelle. Comme Blanche, il s’agissait de rendre le mieux possible les idées d’une féministe noire qui non seulement veut retrouver sa voix mais veut rendre compte des idées occultées, supprimées ou rendues inaudibles des femmes noires étasuniennes ». Diane Lamoureux s’explique sur sa place en tant que chercheuse féministe blanche québecoise, sa traduction et ses choix de vocabulaire. Lire la suite

« Le bonapartisme de Trump »

La Convention nationale républicaine (CNR) s’est concentrée sur deux thèmes interdépendants.

L’un était l’adulation de Trump comme le leader fort qui peut sauver le pays, et il doit s’accrocher au pouvoir quoi qu’il arrive.

L’autre était son moyen d’y parvenir – un racisme flagrant en mobilisant une attaque contre le mouvement Black Lives Matter, en accusant les « voyous violents de vouloir détruire physiquement le pays », et il les écraserait dans la rue. Lire la suite

Ce n’est rien d’autre qu’un meurtre…

Un lieu imaginaire « Plaguetown, USA », une des nombreuses citées des Etats du Sud des Etats-Unis. Comme l’écrit Gérard Cogez dans sa présentation, « Dans le Sud, la simple menace proférée par un Noir à l’encontre d’un Blanc vaut en somme peine de mort ».

Un assassin sans culpabilité, « le meurtre d’un « nègre » est un acte qui ne porte guère à conséquence, surtout lorsque ce « nègre » s’est montré agressif, voir irrévérencieux à l’égard d’un blanc – en bref, lorsque ce nègre n’a pas su « rester à sa place » », la distance séparant « l’Amérique blanche de l’Amérique noire », la violence et la terreur, les hantises et les mensonges, le contexte économique et social du racisme, les représentations fantasmatiques et le « refus épidermique du race-mixing », les mécanismes à l’oeuvre chez les « petits Blancs », l’absence de doute tant du coté blanc que du coté noir sur l’acquittement de l’assassin… Lire la suite

États-Unis : L’affrontement final a déjà commencé et le monde entier retient son souffle !

Malheureusement, heure après heure, l’histoire est en train de s’accélérer comme jamais auparavant aux États-Unis tandis que des événements graves de tout ordre se déroulant tant au sommet de l’État qu’à la base de la société de la super-puissance mondiale, confirment les pires prédictions. Désormais, il n’y a plus de doute : Trump et ses acolytes ont opté définitivement pour la politique du pire et les États-Unis semblent plongés dans un conflit fratricide généralisé à l’issue totalement incertaine. Lire la suite

La Convention nationale républicaine a donné le feu vert aux miliciens

Le 24 août 2020, lors de la soirée d’ouverture de la Convention nationale républicaine (CNR) un discours de Patricia et Mark McCloskey fut spectaculairement mis en scène. On se rappelle ce couple de riches blancs qui avait brandi, à Saint-Louis (Missouri) et au mépris de la loi, des armes à feu contre des manifestants de « Black Lives Matter » (BLM).

Vingt-quatre heures après leur intervention lors la CNR, un homme blanc tuait avec son arme deux personnes et en blessait une troisième à Kenosha (Wisconsin) lors d’une manifestation de BLM. Lire la suite

Trump refusant de s’en aller, le spectre de la guerre civile plane désormais sur les Etats-Unis en crise paroxystique !…

Force est de constater que tout est actuellement superlatif dans ces États-Unis de la plus grande crise économique, et sociale, et politique et sanitaire de leur histoire ! Alors, il ne reste pour compléter ce tableau de fin du monde qu’une « bonne » guerre civile qui viendra décider du sort pas seulement des ambitions fascisantes et dictatoriales de ce Caligula de nos temps qu’est le président Trump, mais aussi et surtout de l’Establishment américain qui l’a fait naître, grandir et régner sur le monde entier… Lire la suite

« Fucking bitch » : insultée par un membre du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez répond

Les États-Unis à l’heure de leur vérité

Avec ceux et celles qui « se battent dans le ventre de la bête » !

Les États-Unis épicentre de l’affrontement de classe mondial ? Les mouvements sociaux et populaires américains exemple à suivre, source d’inspiration et locomotive qui tire hors des bourbiers de l’inaction et du défaitisme ceux d’en bas européens ? Dorénavant, pareilles « utopies » et « vœux pieux » ne sont plus formulés seulement par quelques « rêveurs internationalistes » comme nous-mêmes. Elles sont matérialisées en actes par des centaines de milliers ou même par des millions de gens inspirés par les historiques mobilisations états-uniens de ces dernières semaines (1) et qui manifestent en masse presque partout de par le monde, de l’Australie et l’Afrique du Sud au Royaume Uni et la Bande de Gaza, et du Japon et du Brésil à la France et l’Allemagne ! Lire la suite

A propos des groupes extrémistes armés galvanisés par le Parti républicain

En opposition au déboulonnage des statues de racistes dans le pays tout entier, des milices de droite, extrémistes, lourdement armées ont menacé, et même abattu, des manifestant·e·s.

Cette éruption de violence, d’où vient-elle ? Elle procède de la multiplication de groupes d’extrême droite armés jusqu’aux dents. Après tout nous sommes aux États-Unis, ce pays qui préfère les armes à ses propres enfants. Et surarmés, ces groupes le sont. Leur hostilité à la démocratie libérale (avec un « d » minuscule et « l » minuscule) ne cesse de croître. Leur violence franchit un nouveau palier, à l’heure où une majorité du peuple américain commence enfin à mettre en question le racisme sanguinaire de leur nation, le racisme passé et le racisme présent. Lire la suite

États-Unis : « Now is the time ! » L’affrontement historique tant attendu vient de commencer !

Le constat est unanime : La lame de fond antiraciste qui balaie les États-Unis depuis deux semaines n’a pas son pareil dans l’histoire du pays. Comme le dit Bernie Sanders qui en a vu d’autres depuis le début des années ‘60, « c’est incroyable, c’est sans précédent dans l’histoire américaine” » ! Et en effet, désormais on manifeste en masse dans des centaines sinon des milliers de villes dans la totalité (50 sur 50 !) des États fédéraux ! Et en plus, on manifeste aussi en masse presque partout de par le monde, pas seulement par solidarité mais aussi parce que le racisme, la brutalité policière et l’autoritarisme des gouvernants font partie intégrante du quotidien mondial généré par ce capitalisme pervers et profondément inhumain… Lire la suite

Trump le pyromane déjà à l’œuvre incendiant le peu qui reste de la démocratie américaine ! (et un autre texte)

Quelques semaines de pandémie dévastatrice ont suffit pour que les États-Unis entrent dans la phase finale d’une crise qui s’éternise et qui pourrait bien se transformer en leur crise terminale. Bien que la pandémie est toujours loin d’avoir atteint son pic, et qu’une confusion (prévisible et compréhensible) continue de régner dans la société nord-américaine terrorisée et prise au dépourvue, les premiers signes annonciateurs de cette crise terminale commencent déjà à être visibles : L’économie est dans le coma et les chômeurs se comptent déjà par dizaines de millions, tandis que Trump et ses partisans donnent l’impression de se préparer pour l’affrontement décisif dans la rue plutôt que dans les urnes… Lire la suite