Archives de Catégorie: International

Externalisation des frontières : Oriol Puig raconte la frontière invisible en Afrique de l’Ouest

Les pays du Sahel font office de nouveaux murs de l’UE avec plus de contrôles frontaliers, augmentation des déportations et utilisation des fonds de coopération pour freiner les flux. L’externalisation de services européens vers des pays comme le Niger, le Mali et le Burkina Faso entraîne le détournement d’itinéraires, accroît la dangerosité de la route, le trafic informel et viole les droits de l’homme.

« On a récemment demandé à un ministre européen pourquoi il s’était rendu au Niger et il a répondu en assurant que « le Niger est notre voisin », symboliquement parlant ». C’est donc clair ». De cette manière voilée mais suggestive, le chef de mission de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), Martin Wyss, admet l’externalisation des frontières européennes au Sahel. L’ambassadrice communautaire dans le pays, Denise-Elena Ionete, rejette le concept, mais reconnaît l’importance croissante du Niger dans la gestion de la question migratoire. Lire la suite

Haïti : exils, violences et déracinements

Le migrant haïtien, Maxène André, a rendu l’âme, le mardi 6 août dernier, dans des conditions infrahumaines au centre d’internement appelé Estación migratoria Siglo XXI et basé à Tapachula, au sud de la frontière mexicaine. Malade et visiblement affaibli, il a pourtant été enfermé par des autorités migratoires mexicaines dans ce centre, pendant 20 jours. Exposé à des températures allant de 35 à 40º, il n’a pas reçu de soins médicaux appropriés et de la nourriture, selon le témoignage de Wilner Metelus, directeur de Comité ciudadano de defensa de los naturalizados afro en México (Ccdnam). « Crime raciste ! » (1), martèle cet infatigable défenseur des Droits de l’Homme au Mexique. 

Ce récit « dystopique », où le rêve d’une vie meilleure tourne au cauchemar, nous porte à jeter un regard neuf – quoique rapide – sur le déracinement haïtien actuel et sur ses multiples visages, en vrac : errance, migration de retour, réémigration, exil sur sa propre terre. Un déracinement de plus en plus complexe et vulnérable ! Lire la suite

La Via Campesina appelle à la mobilisation contre l’OMC et les accords de libre-échange

Deux décennies après sa création, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) – l’un des porte-drapeaux de la mondialisation et du néolibéralisme – est confrontée à une crise existentielle provoquée par le même groupe de personnes qui l’a créée. Cela se produit également à un moment où les paysan·ne·s et les populations autochtones sont dans une situation bien pire qu’il y a vingt ans : leurs terres, leurs rivières, leurs océans et leurs forêts ont subi une érosion massive et des expulsions forcées leur sont infligées par des entreprises avides de profits. Les marchés paysans locaux et les systèmes alimentaires de plusieurs pays ont été décimés par un ordre du commerce international qui ne tient compte que de la marchandisation de tout, y compris des aliments que les gens consomment.  Lire la suite

Les « beautés » du modèle suédois de retraites

Le système suédois de retraites est celui qui est allé le plus loin – et depuis longtemps – dans la logique des comptes dits notionnels. Même si le système par points proposé pour la France n’en est pas un pur décalque, il se réclame des mêmes principes de contributivité et d’universalité. Le modèle suédois étant par ailleurs paré de tous les mérites, il est éclairant de l’analyser de manière détaillée et d’aller voir l’envers du décor [1]. Lire la suite

Nous avons un problème de racisme

Le déni ne sert à rien ni à personne.

Il y a quelques semaines, deux vidéos ont atteint le stade viral au Québec. Dans l’une d’elles, un musulman raconte l’attaque au couteau dont il a été victime à Québec – un crime présumé haineux. La seconde vidéo montre une femme harcelée verbalement par un homme, alors qu’elle venait de récupérer de la garderie sa fille de trois ans.

Le fait d’avoir parlé en arabe à sa fille aurait provoqué la colère de l’homme. On voit dans la vidéo l’homme s’approcher de l’enfant en pleurs et se pencher vers elle en lui disant : « Demande à ta mère si je peux la fourrer. » Lire la suite

Parmi les gouvernements de droite, Bolsonaro présente les traits les plus néo-fascistes

Dans une interview avec le Brasil de Fato, un sociologue marxiste compare le capitaine à la retraite à « Mussolini des années 1920 ».

Michael Löwy travaille comme directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique à Paris, France. Michael Löwy vit en France depuis plus de 40 ans. C’est sur le sol européen qu’il s’est imposé comme l’un des intellectuels marxistes les plus connus et les plus respectés au monde. Au fil des décennies, il a aujourd’hui, à 81 ans, Löwy est devenu une référence dans les débats de la gauche, non seulement brésilienne, mais aussi latino-américaine. Au tournant de la première décennie des années 2000, un nouveau thème est apparu, lié à son nom. Le sociologue est devenu mondialement connu pour ses études sur la perspective écosocialiste, défendant l’urgence du débat écologique mené par le camp marxiste. Michael Löwy a répondu au reportage du Brasil de Fato pour parler de la nouvelle version du livre Notícias de Lugar de Nada. Il a signé l’introduction de ce livre.

Au cours de la conversation, le penseur marxiste a également proposé d’analyser les thèmes du scénario politico-social brésilien et mondial. L’avancement de l’extrême droite au Brésil, les similitudes avec les gouvernements fascistes européens du XXe siècle, le démantèlement de la politique environnementale sous le gouvernement de Jair Bolsonaro et la résistance politique étaient quelques-uns des thèmes élucidés par Löwy. Face à un scénario qu’il a qualifié de « résurgence de formes néo-fascistes ou semi-fascistes », le sociologue affirme que l’espoir réside dans la jeunesse. Lire la suite

Maroc : au royaume de la rente

Des métaux précieux à la pêche en haute mer, en passant par la manne du phosphate ou encore l’agriculture, le Maroc regorge de ressources naturelles, mais dont l’exploitation et la gestion s’apparentent à celles d’une véritable rente, dont profite, cependant, une infime minorité de puissants.

Si le Maroc ne dispose pas de pétrole et de gaz naturel, il est, cependant, pourvu de 3 500 kilomètres de côtes poissonneuses et d’importantes richesses naturelles. Des grands gisements des phosphates aux complexes d’extraction et d’exploitation des métaux précieux, en passant par la pêche en haute mer ou encore les innombrables carrières de sable, le royaume regorge de richesses naturelles dont l’exploitation recèle des enjeux économiques certes, mais également politiques.  Lire la suite