Archives de Catégorie: Europe

Le rabbin et le sans-papiers (plus texte d’Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles)

Le jeudi 1er juillet, une conférence de presse était organisée devant l’église du Béguinage à Bruxelles occupée par des sans-papiers en grève de la faim pour leur régularisation. Ouvrant le feu, c’est Ahmed qui parle. Il est le porte-parole des grévistes, expose les motivations de leur action, interpelle Sammy Mahdi, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration. Puis les différentes associations qui se tiennent aux côtés des sans-papiers viennent expliquer le sens de leur présence. Enfin, au moment de conclure, Ahmed reprend la parole. Il parle de l’Europe et des événements douloureux qui s’y sont déroulés dans le passé. Il évoque ses « cousins juifs » qui ont subi des épreuves dont il dit ne rien ignorer.

Je m’étais demandé : pourquoi en parle-t-il ? Était-ce pour contredire le préjugé tenace qui met systématiquement les Musulmans en concurrence victimaire avec les Juifs ? Mais non, comme j’allais l’apprendre bientôt. Alors que la foule se dispersait, un ami conduisit Ahmed jusqu’à moi. Il m’exposa alors son souhait : il voulait que le grand rabbin de Bruxelles Albert Guigui leur rende visite. Et pas uniquement à cause de sa fonction mais parce qu’il est, comme lui-même, originaire de Meknès, une des quatre cités impériales du Maroc. Peut-être pourrais-je l’aider à nouer le contact ? Lire la suite

Mettre fin aux politiques migratoires inhumaines de l’Europe forteresse 

Voici le troisième des cinq textes qui font partie de la publication intitulée « L’impact sur le Sud des politiques financières européennes et des stratégies de coopération au développement et les alternatives possibles » élaboré dans le cadre du projet ReCommonsEurope. Depuis 2018, ce projet engage le CADTM, en collaboration avec l’association EReNSEP et le syndicat ELA, dans un travail visant à nourrir le débat sur les mesures qu’un gouvernement populaire en Europe devrait mettre en place prioritairement. Ce travail d’élaboration concerne tous les mouvements sociaux, toutes les personnes, tous les mouvements politiques qui veulent un changement radical en faveur des 99%.

Ainsi, une première phase de ce projet a abouti en 2019 avec la publication d’un « Manifeste pour un nouvel internationalisme des peuples en Europe », qui a été signé par plus de 160 activistes, mititant·e·s politiques et chercheur-ses provenant de 21 pays d’Europe. Ce manifeste publié en 4 langues (français, castillan, anglais et serbo-croate) présente les mesures les plus urgentes concernant les questions suivantes : la monnaie, les banques, la dette, le travail et les droits sociaux, la transition énergétique dans le but de construire un éco-socialisme, les droits des femmes, la santé et l’éducation, ainsi que plus largement les politiques internationales et le besoin de promouvoir des processus constituants. Lire la suite

Juillet 1936 : la guerre d’Espagne commence « Nous n’oublierons pas les poings levés »

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Le 17 juillet 1936, au Maroc, les troupes du général Franco se soulèvent contre le gouvernement républicain espagnol alors que le Front populaire a triomphé aux élections de février. Le lendemain, 18 juillet, le coup militaire s’étend à toute le pays. La guerre civile espagnole commence. Déjà sur place ou arrivant pour suivre les évènements, reporters et reportrices, journalistes, écrivains, prennent leurs armes – leur plume.

Anne Mathieu dans son livre Nous n’oublierons pas les poings levés ; reporters, éditorialistes et commentateurs antifascistes pendant la guerre d’Espagne (Syllepse 2021) [1], en décrit les itinéraires de quelque deux cents [2], leur donne la parole, se plonge dans les articles de celles et de ceux qui se battirent par la plume pour la cause antifasciste.

Robi Morder

 

Voici ce qu’elle décrit dès le premier chapitre : « Un pays en armes » (avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse). Lire la suite

Komité centrales

Qui sommes-nous ?

Des électrons libres

Nous sommes une coalition d’habitant.e.s de différents territoires, nous venons d’organisations, de mouvements politiques et de collectifs divers à l’origine du Manifeste « L’énergie est un bien commun ». Nous luttons à nos manières pour le bien commun et l’égalité, contre la folie nucléaire et celle des énergies fossiles, contre la prédation sur les ressources et les territoires, pour un avenir et des sociétés solidaires entre elles, libérées des logiques de domination, du colonialisme et de la prédation sur le vivant humain ou non humain. 

Nos pratiques d’engagement et nos tactiques sont diverses, complémentaires et parfois autonomes, mais nous refusons de nous séparer les un.e.s des autres en nous collant des étiquettes uniques d’activistes, d’anticapitaliste, d’artiste, de penseur.euse, d’écrivain.e, de chercheur.euse, de chômeur.euse, de militant.e ou d’ouvrier.ere, travailleur.euse du secteur entrepreneurial, associatif ou culturel… Nous sommes tout ça à la fois. 

Issu.e.s d’un passé politique de luttes contre l’hydre capitaliste dont le nucléaire est l’une de ses plus grandes abominations actuelles, l’époque qui nous relie est le présent. Et même si nous regardons le futur avec inquiétude, c’est aujourd’hui que nous voulons contrer avec détermination, les responsables du désastre climatique et social en cours partout sur la planète.  Lire la suite

Déclaration du CATP (Comité pour l’alliance des travailleurs et des peuples)

Recouvrer les libertés pleines et entières !

L’octroi d’une grâce partielle, mardi 22 juin, aux neuf républicains catalans emprisonnés depuis trois ans et demi doit être le début d’un processus politique visant à recouvrer pleinement les libertés.

Personne ne peut oublier que 3 000 citoyens de Catalogne font toujours l’objet de poursuites judiciaires, et qu’un groupe important est toujours en exil.

Mais la situation en Catalogne n’est pas une exception. La loi du bâillon votée par le PP (Parti populaire – NdT) de Rajoy a été et est encore largement utilisée, non seulement contre les infractions supposées ou réelles aux mesures exceptionnelles appliquées au nom de la lutte contre la pandémie, mais elle constitue une véritable attaque contre les libertés les plus élémentaires de circulation, de manifestation, d’organisation. En outre, il existe de multiples mesures répressives contre la liberté d’expression dans tout le pays. L’abrogation de l’article 315.3 du code pénal qui pénalisait les piquets de grève – et qui est une victoire de l’ensemble du mouvement ouvrier et démocratique – n’est qu’un pas vers la réalisation de la pleine liberté d’association et de grève. Lire la suite

Communiqué de Presse de l’Action du 5 juillet 2021 à l’Universiteit Gent

Aujourd’hui, le 5 juillet 2021, environ 40 étudiant.e.s, militant.e.s et supporters de l’Union des Sans-Papiers pour la Régularisation (USPR) ont occupé le bâtiment UFO de l’Université de Gand (UGent).

Depuis 44 jours, 475 Sans-Papiers sont en grève de la faim dans des occupations à l’église du Béguinage (Bruxelles), à l’ULB et à la VUB (Universités Libre de Bruxelles FR + Nl). Leur but est clair : la régularisation collective sur base de critères clairs et permanents, avec permis de séjour renouvelable et permis de travail à durée indéterminée. Lire la suite

Violence infligée aux femmes : Coup d’oeil sur un nouveau plan en 40 points du gouvernement suédois

Les propositions gouvernementales comprennent le renforcement des peines pour plusieurs crimes contre les femmes, mais aucun soutien concret pour les refuges.

Le gouvernement suédois vient d’annoncer un plan national de lutte contre la violence masculine à l’égard des femmes après plusieurs meurtres récents de femmes par leur partenaire actuel ou leur ex. Les propositions comprennent des peines plus sévères mais aussi un travail de prévention.

Le gouvernement dit que ses mesures visent les objectifs suivants : « La violence doit être prévenue et les hommes qui commettent des crimes contre les femmes doivent être punis. Les femmes exposées à ces crimes doivent recevoir l’aide dont elles ont besoin. »

« Il s’agit du train de mesures le plus complet contre la violence des hommes à l’égard des femmes depuis au moins 20 ans », a déclaré le ministre de la Justice Morgan Johansson lors d’une conférence de presse où il a annoncé les mesures avec la ministre de l’Égalité des sexes Märta Stenevi et le ministre de l’Intérieur Mikael Damberg.

Madame Stenevi a déclaré que des efforts sont nécessaires pour changer les normes « afin qu’aucun garçon ne grandisse et ne devienne un homme qui bat et qui viole ». Lire la suite

Des Espagnoles descendent massivement dans la rue pour contrer les féminicides

Des manifestations spontanées ont eu lieu vendredi dans toute l’Espagne pour rejeter la violence sexiste, après que le corps d’une fillette de six ans nommée Olivia ait été retrouvé par les équipes de recherche au fond de la mer au large de l’île canarienne de Tenerife. Olivia et sa sœur Anna, âgée d’un an, avaient disparu depuis le mois d’avril et on suppose qu’elles ont été tuées par leur père, Tomás Gimeno. Le suspect dans cette affaire a appelé la mère des fillettes le jour de leur disparition pour lui dire qu’elle ne les reverrait jamais.

Dans le centre de Santa Cruz de Tenerife, environ 800 personnes sont venues protester vendredi soir. « Nous sommes tristes, nous sommes indignées », ont déclaré Saray et Verónica, deux étudiantes en droit qui étaient présentes. À quelques kilomètres de la place, le navire Ángeles Alvariño a poursuivi ses recherches pour retrouver le corps d’Anna. La majorité des personnes qui sont venues exprimer leur répulsion face à ces meurtres étaient des jeunes femmes. Lire la suite

Abolissez Frontex, mettez fin au régime frontalier de l’Union Européenne (+ texte de Claire Rodier )

À l’attention des gouvernements des États membres de l’UE, de la Commission européenne, du Conseil européen, du Conseil de l’UE, du Parlement européen et de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). 

Depuis le début de l’année, plus de 740 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée à la recherche d’un lieu sûr. Par son régime frontalier, l’UE les a contraintes à emprunter des routes migratoires dangereuses, souvent sur des embarcations en piteux état ; elle a fait appel aux pays voisins pour les arrêter en chemin ; elle les a accueillies avec violence et les a repoussées ; ou elle a refusé de les secourir, les laissant se noyer en mer.

Ce sont des vies perdues à cause de l’obsession de l’Union européenne à renforcer les frontières au lieu de protéger les personnes. À quel prix ? La stratégie de la forteresse Europe a tué plus de 40 555 personnes depuis 1993. Laissées pour mortes en Méditerranée, dans l’Atlantique et dans le désert, abattues aux frontières, suicidées dans les centres de détention, torturées et tuées après avoir été expulsées, l’UE a du sang sur les mains. Lire la suite

À propos de mesures de grâce et d’amnistie : l’alliance de l’appareil judiciaire avec l’extrême droite espagnole

Tout au long du XXe siècle, nombreux ont été ceux qui, issus des sphères les plus diverses de la théorie, de l’activisme et de la politique, ont mis en garde contre l’incompatibilité du capitalisme et de la démocratie. Sans parler de la collusion des pouvoirs divers avec le fascisme pour écraser la démocratie. 

Un exemple, un simple exemple, le très modéré Karl Polanyi expliquait face à la montée des fascismes des années 20 et 30 du siècle dernier, que son essor n’était pas tant dû à sa base de soutien social dont il bénéficiait, qu’à l’appui qu’il recevait de la part des capitalistes, de la justice, de l’armée et des forces de police. D’autre part, cette avancée est due à l’affaiblissement du mouvement ouvrier et citoyen. Gardons ce chapitre sous le coude. Passons au premier point : les capitalistes, la justice, l’armée et les forces de l’ordre. Dans ce royaume, celui d’Espagne, il faudrait y ajouter mais pas exclusivement, l’Église catholique. Et la monarchie des Bourbons, évidemment. Nous avons eu ces derniers jours un excellent exemple de la part de la magistrature, un nid de réactionnaires incomparable. C’est pour cela qu’il nous faut parler du droit de grâce. Et du type d’individus qui est au sommet de ce pouvoir judiciaire.  Lire la suite

Solidarité féministe pour les personnes migrantes et réfugiées en Europe

Lisez et écoutez la contribution de Marianne Ebel, membre de la Marche Mondiale des Femmes suisse, au webinaire « Migrations et refuge sur l’agenda féministe ».

La question de la migration nous occupe, nous militantes en Suisse, depuis toujours, car la migration représente dans notre pays environ un tiers de la population. Beaucoup de membres de la Marche Mondiale des Femmes en Suisse sont issues de la migration. Cette question nous occupe aussi et peut-être surtout parce que la xénophobie, le racisme et l’exclusion sont inscrits au cœur même de nos lois. Lire la suite

OGM : Après avoir refusé d’appliquer la loi, la Commission européenne veut la changer pour camoufler son forfait

Communiqué de presse de la Coordination Européenne Via Campesina

(Bruxelles, le 29 avril 2021) – La Commission européenne a publié aujourd’hui son étude, réalisée à la demande du Conseil de l’UE, sur les « nouvelles techniques génomiques », qui suggère que la législation actuelle sur les OGM n’est pas « adaptée aux progrès scientifiques et technologiques » des nouvelles techniques de modification génétique. ECVC dénonce cette tentative de la Commission européenne de camoufler son inaction quant à l’application de la législation OGM actuelle, et dénonce également l’influence considérable des lobbys agro-industriels sur les résultats de cette étude. Lire la suite

Conseil consultatif de la Grève nationale des femmes : « Nous exigeons la suppression complète des dispositions limitant l’accès à l’avortement »

Interview de Karo Abakal, Monika Frenkiel et Nadia Oleszczuk par Anita Karwowska et Waldemar Paś*

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Après les manifestations pour le droit des femmes de décider qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes dans tout le pays (1), le gouvernement polonais a publié le 27 janvier 2021 dans le Journal officiel la décision de son Tribunal constitutionnel du 22 octobre 2020, interdisant l’avortement en cas de malformations génitales ou de troubles du développement de l’embryon (ce qui était devenu quasiment le denier motif légal d’IVG, qui est donc à présent presque totalement illégale). De nouvelles manifestations regroupant des milliers de personnes ont recommencé dans la soirée du 27 janvier. La répression des manifestations devient plus brutale, des manifestantes ont été arrêtées et retenues 48 heures, des procès sont en préparation alors que le gouvernement polonais « normalise » la justice en sanctionnant les procureurs et les juges trop indépendants.

Tout en poursuivant les protestations et en développant les solutions pour aider celles qui décident d’avorter, les mouvements des femmes en Pologne poursuivent l’élaboration d’alternatives à l’État répressif et clérical. C’est en particulier la tâche d’un Conseil consultatif, qui regroupe plusieurs centaines de personnes, à la fois des spécialistes et des militant·es. Créé à l’initiative de l’organisation Grève nationale des femmes (OSK) à la suite des premières manifestations contre l’interdiction de l’avortement, ce Conseil consultatif se donne pour but l’élaboration des solutions législatives dans les domaines mis en avant par les centaines de milliers de protestataires. Ses travaux concernent plusieurs domaines : les droits des femmes, le travail, l’éducation, la laïcité, la santé et le climat. Lire la suite

Espagne : Marche pour la Liberté du Peuple Sahraoui

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Suite à l’autorisation de la Délégation du Front Polisario Espagnol, une Marche pour la Liberté du Peuple Sahraoui est organisée par divers collectifs gouvernementaux espagnols. Elle partira le 20 mai de Cadix, et d’autres marches partant de divers endroits en Espagne viendront la rejoindre à Madrid lors du weekend du 18 et 19 juin. L’idée est de parcourir tout le pays et d’attirer l’attention sur la responsabilité historique qu’a le Gouvernement Espagnol, exigeant ainsi qu’il assume la responsabilité qui lui incombe et qu’il résolve enfin le conflit sahraoui.

Cette Marche s’appuie sur un Manifeste, que nous avons repris ci-dessous et que nous vous invitons à signer. Lire la suite

Du républicanisme d’hier à celui d’aujourd’hui

Ce 14 avril, nous célébrons le 90e anniversaire de la chute de la monarchie des Bourbons d’Alphonse XIII [1886-14 avril 1931] et de la proclamation de la Seconde République. Un processus qui, comme on le sait, a été le résultat de la victoire des candidats républicains-socialistes dans les principales villes lors des élections municipales tenues deux jours avant et, surtout, de l’irruption du peuple pour célébrer son triomphe dans la rue à Eibar (Pays Basque), à Barcelone (Catalogne) et, plus tard, à Madrid et d’autres villes, aboutissant ainsi à la proclamation officielle de la République espagnole dans la capitale de l’État, à 20 heures.

On a beaucoup écrit sur les énormes espoirs qu’a suscités la Seconde République, sur les conquêtes qui ont été obtenues, sur les divergences entre les différentes forces de gauche, mais aussi sur les obstacles que les droites réactionnaires ont mis en place les années suivantes, jusqu’à aboutir au soulèvement militaire [juillet 1936] et à la guerre civile et à la victoire du franquisme, soutenu par le nazisme allemand et le fascisme italien. Lire la suite

Pour un Pacte de Saint Sébastien du XXIème siècle (franç, cast, cat, gal, eusk)

Le 14 avril 1931, la Seconde République fut proclamée, après des élections municipales qui démontrèrent la volonté des peuples de l’État espagnol d’entreprendre un processus de démocratisation de celui-ci tout en intégrant pleinement les classes populaires à la vie civile et politique afin de promouvoir les changements sociaux. L’universalisation véritable du suffrage universel, le début de la reconnaissance d’une nationalité plurielle ou une Grande Charte qui, malgré ses limites, inspira le constitutionnalisme de l’entre-deux-guerres, sont quelques-uns des éléments les plus marquants de la nouvelle période ouverte à laquelle le Pacte de Saint-Sébastien contribua comme un important précédent.

Le Pacte de Saint-Sébastien signifiait un programme commun de la plupart des forces républicaines qui s’opposaient au régime monarchique et à la dictature, unissant dans ce processus une partie de la gauche, des organisations sociales et des syndicats en opposition à un régime élitiste, profondément inégalitaire et ennemi de toutes les revendications nationales et sociales. Cette alliance réussit à établir un bloc social et politique qui, tout en exigeant les droits civils des prisonniers politiques et des exilés, offrait un programme de réformes qui, entre autres, comprenait des ouvertures et des solutions à la question nationale au sein de l’État espagnol. Ainsi, à la crise économique et politique du régime répondait l’espoir d’un changement de cap ibérique alternatif à l’effondrement du capitalisme et à l’autoritarisme de la monarchie. Nous pensons cependant qu’un nouveau pacte de Saint-Sébastien devrait aller au-delà du précédent et offrir un programme social contre la crise et contre l’autoritarisme de l’État. Lire la suite

Les dix points clés de l’accord entre la gauche républicaine catalane (ERC) et la candidature d’unité populaire (CUP)

Les républicains et les anticapitalistes se sont mis d’accord pour fixer un délai de deux ans à la table de dialogue et pour donner un tournant de gauche aux politiques sociales.

Le premier obstacle qui se dressait, devant l’investiture de Père Aragonès à la présidence du gouvernement catalan, a été surmonté grâce à l’accord signé entre « ERC » et les 9 députés de la « CUP » qui se sont engagés à voter en faveur de l’investiture du candidat républicain. Cependant le compte n’y est pas et Aragonès aura besoin, aussi, du soutien de « Junts per Catalunya » afin de s’assurer la majorité nécessaire au sein du Parlement catalan. Voici les dix point principaux de l’accord entre républicains et anticapitalistes. Lire la suite

Pour une conception politique du salaire

Le salaire symbolise bien plus qu’un montant perçu par le travailleur. En tant qu’outil d’émancipation, entre autres, il doit pouvoir rester librement négocié.

Le salaire est un élément central, mais aussi paradoxal de notre société. Central, car il concerne près de 4,5 millions de Belges (employé·e·s, chômeuses et chômeurs). Statistiquement, cette estimation devrait être revue à la hausse tant le revenu d’une part croissante des « faux » indépendant·e·s (Uber, Deliveroo, etc.) relève désormais du rapport salarial. Lire la suite

Lettre ouverte des personnes sans-papiers à leurs voisin·e·s

Cher·ère·s voisin·e·s,

Nous nous permettons de nous adresser à vous aujourd’hui sans détours. Régulièrement, nous nous croisons. Vous nous connaissez comme la mère d’un·e camarade de classe de votre enfant, comme l’épicier du coin de la rue, la personne qui fait le ménage dans vos bureaux ou qui dépanne votre chaudière.Comme vous, nous travaillons, nous payons un loyer, nous trions nos déchets,…

Bref, nous sommes des citoyennes et citoyens ordinaires. À un détail près… aux yeux de l’État nous n’existons pas. Lire la suite

Les peintures murales qu’ils veulent supprimer : la lutte se situe entre l’obscurcissement ou l’illumination de la conscience humaine

Culture non-violente

Quand on veut enlever certaines peintures murales des rues et des places de Madrid, où les assemblées du Mouvement des Indignés (aussi connu sous le nom de 15M) se sont réunies, il y a beaucoup plus en jeu que les revendications sociales toujours justes et non négligeables qui ont été engendrées en leur sein. On cherche – sans même le savoir – à éteindre l’éveil d’un niveau de conscience plus élevée, que nous avons frôlé ou expérimenté collectivement. Lire la suite