Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

Bolivie : l’appel de Pablo Solon

Le Président Evo Morales a déclaré ce mercredi matin, lors d’une conférence de presse, qu’un coup d’état était en cours en Bolivie et « qu’il faisait à nouveau appel à la solidarité internationale pour défendre le Processus » (connu comme « Proceso de Cambio ») dans mon pays.

Avec une grande amertume, ayant participé au gouvernement entre les années 2006 et 2011, je suis très désolé de vous dire que cette affirmation d’Evo Morales est complètement fausse. Lire la suite

Buenos Aires : Les femmes indigènes occupent le ministère de l’intérieur. « Dites au ministre que les femmes autochtones disent : ça suffit »

Ce mercredi 9, vers midi, des nouvelles ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux qu’un groupe de femmes autochtones occupait pacifiquement un secteur du ministère de l’intérieur. Arrivant de différentes provinces, ils ont exigé d’être reçus par le ministre Rogelio Frigerio.

Clarifiant la raison de cette mobilisation, la référente mapuche Moira Millán a déclaré : « Nous exigeons que le ministre de l’Intérieur vienne dialoguer avec nous car nous apportons des dénonciations, des revendications et des propositions pour nos territoires ». Lire la suite

Face aux mesures prises par le gouvernement de Lenin Moreno

Une fois de plus, les effets de l’exploitation et de la concentration de la richesse en Équateur se font sentir sur les populations, les territoires et la nature.

En réponse aux pressions du Fonds monétaire international et en invoquant une justification « environnementale », le gouvernement a décidé de supprimer les subventions sur les carburants alors que les politiques publiques continuent de soutenir l’expansion de l’exploitation pétrolière, minière et agroalimentaire. Au motif d’un soutien à l’industrie, ces activités bénéficient de subventions perverses qui garantissent l’impunité à des entreprises qui portent de sérieuses responsabilités en matière de réchauffement climatique. Lire la suite

Bolivie : la fiction d’un développement alternatif

Le projet minier Casaya, dans le département de Chuquisaca, en Bolivie, est un révélateur des contradictions entre le discours gouvernemental et la pratique. Les enjeux et résistances qu’il soulève jettent une lumière crue sur la situation tant locale que nationale.

« Nous sommes encore dans un État de droit ». Tel sont les premiers mots de Santiago Yupari, conseiller municipal de Sucre, ville historique du sud de la Bolivie, quand je l’interroge sur le projet minier Casaya, qui a provoqué de fortes résistances dans la région (1). Il poursuit : « le gouvernement a un positionnement corporatiste, d’appui à certains secteurs, dont le secteur minier. Celui-ci participe au pouvoir en mettant avant ses intérêts plutôt que le bien-être. Dans le discours, nous vivons dans un État environnementaliste, indigéniste, etc., il n’est qu’à voir les principes inscrits dans notre nouvelle Constitution. Dans les faits, on se trouve toujours dans un État minier, et les relations avec les communautés n’ont pas changé, du fait que le secteur minier est déclaré d’utilité publique, et qu’il représente une source importante de revenus ». Lire la suite

La fidélité à l’héritage du passé ne s’accomplit pas sous forme d’une répétition littérale

« Le point de vue de l’historien, défini depuis le lieu et le temps où il se trouve situé, est de fait toujours singulier, subjectif et orienté ». Dans son avant-propos, Nathan Wachtel parle de vérités nécessairement partielles et restreintes, de fragments de réel et de vécu, de traces susceptibles de diverses opérations historiographiques, de pluralité des points de vue.

« Les essais rassemblés dans cet ouvrage portent sur les thèmes fascinants, et inépuisables, des Paradis terrestres et des mouvements indiens dit « messianiques » dans le continent américain (XVIe-XIXe siècles ». Lire la suite

Amazonie : Quelle politique commerciale et quelles régulations des multinationales pour s’attaquer aux racines du problème ?

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Haïti : exils, violences et déracinements

Le migrant haïtien, Maxène André, a rendu l’âme, le mardi 6 août dernier, dans des conditions infrahumaines au centre d’internement appelé Estación migratoria Siglo XXI et basé à Tapachula, au sud de la frontière mexicaine. Malade et visiblement affaibli, il a pourtant été enfermé par des autorités migratoires mexicaines dans ce centre, pendant 20 jours. Exposé à des températures allant de 35 à 40º, il n’a pas reçu de soins médicaux appropriés et de la nourriture, selon le témoignage de Wilner Metelus, directeur de Comité ciudadano de defensa de los naturalizados afro en México (Ccdnam). « Crime raciste ! » (1), martèle cet infatigable défenseur des Droits de l’Homme au Mexique. 

Ce récit « dystopique », où le rêve d’une vie meilleure tourne au cauchemar, nous porte à jeter un regard neuf – quoique rapide – sur le déracinement haïtien actuel et sur ses multiples visages, en vrac : errance, migration de retour, réémigration, exil sur sa propre terre. Un déracinement de plus en plus complexe et vulnérable ! Lire la suite

Parmi les gouvernements de droite, Bolsonaro présente les traits les plus néo-fascistes

Dans une interview avec le Brasil de Fato, un sociologue marxiste compare le capitaine à la retraite à « Mussolini des années 1920 ».

Michael Löwy travaille comme directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique à Paris, France. Michael Löwy vit en France depuis plus de 40 ans. C’est sur le sol européen qu’il s’est imposé comme l’un des intellectuels marxistes les plus connus et les plus respectés au monde. Au fil des décennies, il a aujourd’hui, à 81 ans, Löwy est devenu une référence dans les débats de la gauche, non seulement brésilienne, mais aussi latino-américaine. Au tournant de la première décennie des années 2000, un nouveau thème est apparu, lié à son nom. Le sociologue est devenu mondialement connu pour ses études sur la perspective écosocialiste, défendant l’urgence du débat écologique mené par le camp marxiste. Michael Löwy a répondu au reportage du Brasil de Fato pour parler de la nouvelle version du livre Notícias de Lugar de Nada. Il a signé l’introduction de ce livre.

Au cours de la conversation, le penseur marxiste a également proposé d’analyser les thèmes du scénario politico-social brésilien et mondial. L’avancement de l’extrême droite au Brésil, les similitudes avec les gouvernements fascistes européens du XXe siècle, le démantèlement de la politique environnementale sous le gouvernement de Jair Bolsonaro et la résistance politique étaient quelques-uns des thèmes élucidés par Löwy. Face à un scénario qu’il a qualifié de « résurgence de formes néo-fascistes ou semi-fascistes », le sociologue affirme que l’espoir réside dans la jeunesse. Lire la suite

« Et nous avons brisé l’encerclement »

Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (Mexique)

« Et nous avons brisé l’encerclement »

17 août 2019.

Au peuple du Mexique,

Aux peuples du monde,

Au Congrès National Indigène – Conseil Indigène de Gouvernement,

A la Sexta nationale et internationale,

Aux réseaux de soutien et de résistance et rébellion,

frères, sœurs, fraternelles (1),

compañeras, compañeros et compañeroas,

Voici notre parole.

Elle est la même qu’hier, qu’aujourd’hui et que demain car c’est une parole de résistance et de rébellion. Lire la suite

La Via Campesina : Brûler l’Amazonie est un crime contre l’humanité

Communiqué La Via Campesina Brésil (traduction)

Ces derniers jours, des peuples et des gouvernements du monde entier ont été témoins des conséquences de crimes récents et graves contre la forêt amazonienne. Les nuages de fumée provenant du sud-est du Brésil et, en particulier, de la ville de São Paulo, sont directement liés à l’augmentation spectaculaire des incendies dans diverses parties de la forêt et des zones de transition avec le Cerrado.

Il est essentiel que toute la société brésilienne, latino-américaine et mondiale sache clairement qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé. En réalité, c’est le résultat d’une série d’actions agro-industrielles et minières, largement soutenues et encouragées par le gouvernement de Bolsonaro, qui ont débuté avec son élection. Après presque deux décennies de réduction de la déforestation, le président actuel et son ministre de l’Environnement, Ricardo Salles, ont articulé un discours violent contre la législation brésilienne et les mécanismes de conservation de l’environnement, tout en augmentant la persécution et la criminalisation des peuples qui ont historiquement protégé les biomes du Brésil : les peuples indigènes et les familles paysannes. Lire la suite

Brésil : La plus grande mobilisation des travailleuses du milieu rural en Amérique latine montre la force des femmes contre l’adversité

La sixième édition du Marcha das Margaridas a eu lieu à Brasilia les 13 et 14 août dernier. Ce nom est un hommage à Margarida Maria Alves, dirigeante du Syndicat des travailleurs ruraux d’Alagoa Grande – Paraiba, qui s’est battue pour les droits des travailleurs et travailleuses du milieu rural et a été assassinée par ordre de propriétaires fonciers en 1983. Lire la suite

L’Amazone brûle, nos cœurs brûlent.

Le gouvernement Bolsonaro (PSL) l’ignore.

Face à la négligence, dans un mouvement initié par Twitter, les utilisateurs des réseaux sociaux préparent des manifestations ce week-end pour la défense de l’Amazone. Les actes auront lieu dans plusieurs capitales du pays. Les mouvements et les entités rejoignent l’initiative.

Le Brésil est confronté à la plus grande vague de feu de ces six dernières années, selon les données de Inpe (Institut national de recherche spatiale). Il y a 67 000 départs de feux enregistrés jusqu’à cette semaine. Le feu avance et détruit des kilomètres de forêts, de bois et de cerrados. L’Amazonie est la région la plus touchée avec 51,9% des incendies.  Lire la suite

Chili. « Il existe un appareil qui empêche l’accès au droit à l’avortement »

En août 2017, le Chili a fait un pas en faveur des droits des femmes et des femmes enceintes : il a écarté un système d’accès à l’avortement totalement prohibitif et punitif et a adopté un système fondé sur des motifs qui permettent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en cas de viol, de non-viabilité du fœtus ou de risque de décès. Un peu plus d’un an après l’adoption de la loi, la Table ronde pour le droit à l’avortement, qui réunit des organisations politiques, sociales et de défense des droits humains locales et internationales, a mené une enquête pour rendre compte de l’efficacité de son application. Sur la base des résultats de sept régions du pays (Antofagasta, Valle del Huasco, Valparaíso, Santiago, Concepción, Temuco et Aysén), ils dénoncent l’absence de politique publique pour mettre en œuvre ces réglementations. Dans cet entretien avec Nodal (Noticias d’America Latina y El Caribe), Gloria Maira, militante féministe, rend compte de la situation. Lire la suite

Si vous êtes fatigué e d’entendre parler du sexisme et du racisme, imaginez celles et ceux qui les vivent tous les jours

Le Brésil, le racisme et le machisme. Dans ses chroniques, Djamila Ribeiro nous propose des analyses percutantes mais non dénuées d’humour.

L’autrice aborde, entre autres, les apports de féministes noires, l’arrogance de certaines féministes blanches, les résistances, la criminalisation de l’avortement, l’idée romantique de la maternité et sa naturalisation, l’humour et le racisme, « Pourquoi la société montre-t-elle de la compréhension envers la personne qui opprime et non envers celle qui est opprimée ? », les « experts en opinion », l’idéologie raciste, « Le racisme est un système d’oppression qui vise à nier les droits à un groupe, qui crée une idéologie d’oppression envers ce groupe »… Lire la suite

La question migratoire en Amérique latine et la stratégie de Donald Trump

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés a publié un rapport sur les déplacements de populations, où l’Amérique latine apparaît dans les principales zones de crise migratoire. Quelle est la situation actuelle dans cette région ? Quels sont les principaux pays touchés par ces phénomènes ? Éclairage par Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS et chercheur associé au CETRI.

Le rapport annuel du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés montre un nouveau record atteint en 2018, faisant état de 70,8 millions de déplacements forcés dans le monde. Alors que le focus est souvent placé en Méditerranée, qu’en est-il de l’Amérique latine ? Quelles sont les dynamiques migratoires avec quelles répercussions sur les équilibres économiques et politiques ? Lire la suite

ONU : Résolution appelant à l’indépendance de Porto Rico

Nations Unies, 25 juin (Prensa Latina) Le Comité Spécial de la Décolonisation de l’ONU a adopté hier une résolution appelant à l’indépendance de Porto Rico et réaffirmant le droit inaliénable de ce peuple à l’autodétermination. Lire la suite

Argentine : avancer sans reculer…

La crise débute au milieu de l’année 2018, brutalement. Au cours du premier trimestre 2018, la croissance est de 4.1%, mais au second trimestre, elle chute à -3.8%, la sécheresse expliquant en partie cette chute, puis au troisième trimestre à -3.7% et au quatrième trimestre à -6.2% et au premier trimestre de 2019 à -5.7% selon les données officielles de l’INDEC (Geres, juin 2019). Aussi, les prévisions, -1.2% en 2019, faites par la Banque Mondiale (Juin 2019) parassent bien optimistes. La crise dans l’industrie (-8.6% entre avril 2018 et avril 2019, selon CEU-UIA, n°5) et dans les services étant, dès le troisième trimestre, responsables de la chute de la croissance du PIB. Baisse prononcée des salaires, des emplois formels et informels, augmentation du chômage provenant non seulement des premiers effets de la crise mais également de la politique d’austérité décidée pour retrouver la confiance des marchés internationaux, dépriment fortement la demande intérieure, accentuent la crise ouverte en Avril 2018 et ce d’autant plus que l’Argentine est globalement une des économies les plus fermées d’Amérique latine. Lire la suite

La Coordination Latino-Américaine des Organisations de la Paysannerie fête ses 25 ans

Osvaldo León

C’est sous le slogan « Uni.e.s pour la Défense de la Vie, de la Terre, du Travail et de la Production », en février 1994 à Lima (Pérou), que se constitue la Coordination Latino-Américaine des Organisations de la Paysannerie (CLOC) avec la participation de 84 organisations provenant de 19 pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Ceci suite à un processus de convergence de plusieurs années qui s’est tissé dans le cadre de la Campagne Continentale 500 Ans de Résistance Indigène, Noire et Populaire.  Lire la suite

Les luttes des femmes en Amérique Latine pour un féminisme populaire paysan

L’évolution de la participation politique des femmes rurales à la vie politique en Amérique latine est intimement liée à la rébellion exprimée par le soulèvement populaire des peuples indigènes et paysans et à l’unité de lutte qui s’est construite pour affronter les tentatives de célébration [en 1992] de 500 ans, sous les colonisateurs et leurs gouvernements alliés ou soumis, depuis la « découverte » et le viol et pillage de notre Amérique.  Lire la suite

Amérique latine : goodbye industrie, hello stagnation

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

1 Les pays d’Amérique latine sont victimes d’une « désindustrialisation précoce » qui s’accélère. Tel est le prix d’une insertion dans la mondialisation reposant sur la rente des matières premières. Les conséquences sur l’emploi, l’environnement et les inégalités sont dramatiques. Seules des politiques de modernisation de l’industrie et une dynamisation du marché intérieur par le biais de la redistribution sont susceptibles d’enrayer la dynamique. Lire la suite