Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

Bolivie : la fiction d’un développement alternatif

Le projet minier Casaya, dans le département de Chuquisaca, en Bolivie, est un révélateur des contradictions entre le discours gouvernemental et la pratique. Les enjeux et résistances qu’il soulève jettent une lumière crue sur la situation tant locale que nationale.

« Nous sommes encore dans un État de droit ». Tel sont les premiers mots de Santiago Yupari, conseiller municipal de Sucre, ville historique du sud de la Bolivie, quand je l’interroge sur le projet minier Casaya, qui a provoqué de fortes résistances dans la région (1). Il poursuit : « le gouvernement a un positionnement corporatiste, d’appui à certains secteurs, dont le secteur minier. Celui-ci participe au pouvoir en mettant avant ses intérêts plutôt que le bien-être. Dans le discours, nous vivons dans un État environnementaliste, indigéniste, etc., il n’est qu’à voir les principes inscrits dans notre nouvelle Constitution. Dans les faits, on se trouve toujours dans un État minier, et les relations avec les communautés n’ont pas changé, du fait que le secteur minier est déclaré d’utilité publique, et qu’il représente une source importante de revenus ». Lire la suite

La fidélité à l’héritage du passé ne s’accomplit pas sous forme d’une répétition littérale

« Le point de vue de l’historien, défini depuis le lieu et le temps où il se trouve situé, est de fait toujours singulier, subjectif et orienté ». Dans son avant-propos, Nathan Wachtel parle de vérités nécessairement partielles et restreintes, de fragments de réel et de vécu, de traces susceptibles de diverses opérations historiographiques, de pluralité des points de vue.

« Les essais rassemblés dans cet ouvrage portent sur les thèmes fascinants, et inépuisables, des Paradis terrestres et des mouvements indiens dit « messianiques » dans le continent américain (XVIe-XIXe siècles ». Lire la suite

Amazonie : Quelle politique commerciale et quelles régulations des multinationales pour s’attaquer aux racines du problème ?

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Haïti : exils, violences et déracinements

Le migrant haïtien, Maxène André, a rendu l’âme, le mardi 6 août dernier, dans des conditions infrahumaines au centre d’internement appelé Estación migratoria Siglo XXI et basé à Tapachula, au sud de la frontière mexicaine. Malade et visiblement affaibli, il a pourtant été enfermé par des autorités migratoires mexicaines dans ce centre, pendant 20 jours. Exposé à des températures allant de 35 à 40º, il n’a pas reçu de soins médicaux appropriés et de la nourriture, selon le témoignage de Wilner Metelus, directeur de Comité ciudadano de defensa de los naturalizados afro en México (Ccdnam). « Crime raciste ! » (1), martèle cet infatigable défenseur des Droits de l’Homme au Mexique. 

Ce récit « dystopique », où le rêve d’une vie meilleure tourne au cauchemar, nous porte à jeter un regard neuf – quoique rapide – sur le déracinement haïtien actuel et sur ses multiples visages, en vrac : errance, migration de retour, réémigration, exil sur sa propre terre. Un déracinement de plus en plus complexe et vulnérable ! Lire la suite

Parmi les gouvernements de droite, Bolsonaro présente les traits les plus néo-fascistes

Dans une interview avec le Brasil de Fato, un sociologue marxiste compare le capitaine à la retraite à « Mussolini des années 1920 ».

Michael Löwy travaille comme directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique à Paris, France. Michael Löwy vit en France depuis plus de 40 ans. C’est sur le sol européen qu’il s’est imposé comme l’un des intellectuels marxistes les plus connus et les plus respectés au monde. Au fil des décennies, il a aujourd’hui, à 81 ans, Löwy est devenu une référence dans les débats de la gauche, non seulement brésilienne, mais aussi latino-américaine. Au tournant de la première décennie des années 2000, un nouveau thème est apparu, lié à son nom. Le sociologue est devenu mondialement connu pour ses études sur la perspective écosocialiste, défendant l’urgence du débat écologique mené par le camp marxiste. Michael Löwy a répondu au reportage du Brasil de Fato pour parler de la nouvelle version du livre Notícias de Lugar de Nada. Il a signé l’introduction de ce livre.

Au cours de la conversation, le penseur marxiste a également proposé d’analyser les thèmes du scénario politico-social brésilien et mondial. L’avancement de l’extrême droite au Brésil, les similitudes avec les gouvernements fascistes européens du XXe siècle, le démantèlement de la politique environnementale sous le gouvernement de Jair Bolsonaro et la résistance politique étaient quelques-uns des thèmes élucidés par Löwy. Face à un scénario qu’il a qualifié de « résurgence de formes néo-fascistes ou semi-fascistes », le sociologue affirme que l’espoir réside dans la jeunesse. Lire la suite

« Et nous avons brisé l’encerclement »

Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (Mexique)

« Et nous avons brisé l’encerclement »

17 août 2019.

Au peuple du Mexique,

Aux peuples du monde,

Au Congrès National Indigène – Conseil Indigène de Gouvernement,

A la Sexta nationale et internationale,

Aux réseaux de soutien et de résistance et rébellion,

frères, sœurs, fraternelles (1),

compañeras, compañeros et compañeroas,

Voici notre parole.

Elle est la même qu’hier, qu’aujourd’hui et que demain car c’est une parole de résistance et de rébellion. Lire la suite

La Via Campesina : Brûler l’Amazonie est un crime contre l’humanité

Communiqué La Via Campesina Brésil (traduction)

Ces derniers jours, des peuples et des gouvernements du monde entier ont été témoins des conséquences de crimes récents et graves contre la forêt amazonienne. Les nuages de fumée provenant du sud-est du Brésil et, en particulier, de la ville de São Paulo, sont directement liés à l’augmentation spectaculaire des incendies dans diverses parties de la forêt et des zones de transition avec le Cerrado.

Il est essentiel que toute la société brésilienne, latino-américaine et mondiale sache clairement qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé. En réalité, c’est le résultat d’une série d’actions agro-industrielles et minières, largement soutenues et encouragées par le gouvernement de Bolsonaro, qui ont débuté avec son élection. Après presque deux décennies de réduction de la déforestation, le président actuel et son ministre de l’Environnement, Ricardo Salles, ont articulé un discours violent contre la législation brésilienne et les mécanismes de conservation de l’environnement, tout en augmentant la persécution et la criminalisation des peuples qui ont historiquement protégé les biomes du Brésil : les peuples indigènes et les familles paysannes. Lire la suite