Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

Trente ans de lutte pour l’avortement au Mexique, la victoire enfin !

Un premier « ballon d’essai » avait eu lieu avec une dépénalisation de l’avortement au Chiapas en 1991… Cet article historique permet de mesurer le chemin parcouru et la précocité des luttes qui ont permis cette victoire. Et comme à l’époque, la question des stérilisations forcées contre les femmes Indiennes reste entière, tout comme celle des conditions pour exercer dignement la maternité.

L’avortement au Mexique.

Coup de tonnerre dans un ciel serein…

Le 11 Octobre 1990, dans le plus grand secret, les député-e-s de l’Etat le plus « marginalisé » de la République mexicaine, le Chiapas, votent la dépénalisation de l’avortement. Quand la nouvelle apparaît finalement dans la presse, plus d’un mois plus tard, c’est la stupeur générale. Le Gouverneur prétend avoir répondu aux pressions en faveur de l’avortement d’un groupe de femmes chiapanèque, le GAM [1], mais celui-ci dément aussitôt. En effet, le scandale s’annonce : alors que différents groupes féministes du pays (particulièrement de Mexico) s’empressent de saluer dans la presse cette « victoire » et souhaitent que l’ensemble des Etats mexicains dépénalisent à leur tour l’avortement, la puissante hiérarchie catholique s’étrangle et appelle la population à manifester en masse contre ce « crime », bientôt appuyée par la branche mexicaine de la puissante organisation nord-américaine « Pro-Vie ».

Le 31 Décembre, courageusement, les député-e-s suspendent la loi et sollicitent un avis de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (récemment crée par le gouvernement fédéral, et qui n’a aucun pouvoir de décision). Il s’agit surtout de gagner du temps pour préparer tranquillement les prochaines élections qui vont avoir lieu en Août 1991. Lire la suite

Brésil. 7 septembre : « Descendez dans la rue pour faire échec au golpisme »(plus autres textes)

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Editorial Esquerda Online

Bolsonaro menace le peuple brésilien. Alors que la faim progresse, que l’inflation s’envole, que le chômage n’a jamais été aussi élevé et que le covid continue de faire des victimes, les partisans fanatiques de Bolsonaro sont convoqués pour une action de type d’Etat le 7 septembre, une initiative structurée sur un affrontement avec le pouvoir judiciaire (STF-Tribunal suprême électoral et TSE-Tribunal supérieur électoral). Avec cela, une très grave crise politico-institutionnelle se profile dans le pays.

Affaibli et de plus en plus rejeté par la population, Bolsonaro se radicalise pour tenter de survivre. Sa méthode est celle du fascisme : mobiliser la base extrémiste, utiliser l’intimidation des milices pour imposer la terreur. Il est temps de mettre un terme au « golpisme ». Descendons dans la rue le 7 septembre – de manière pacifique et organisée – pour montrer que la majorité du peuple brésilien n’accepte pas les menaces autoritaires et veut mettre fin à ce gouvernement criminel. Nous sommes la majorité : dehors Bolsonaro ! Lire la suite

Paroles des peuples zapatistes

13 août 2021. Sœurs, frères, frœurs, Compañeros, compañeras, compañeroas, Par nos voix parlent les communautés zapatistes. Nous voulons d’abord vous remercier. Vous remercier de nous avoir invités. Vous remercier de nous avoir reçus. Vous remercier de nous avoir logés. Vous remercier de nous avoir nourris. Vous remercier d’avoir pris soin de nous.

Mais surtout vous remercier de vous être mis d’accord, malgré vos différences et vos contrariétés, pour ce que nous faisons aujourd’hui. Cela vous paraîtra peut-être peu de chose, mais pour nous, les peuples zapatistes, cela est très grand. Lire la suite

Nicaragua. A la croisée des chemins

 Les scénarios possibles qui peuvent découler des événements récents (emprisonnement d’opposants, farce électorale de novembre 2021, répression généralisée, etc.), nous obligent à effectuer une analyse basée sur les données concrètes du moment qui peuvent indiquer les tendances potentielles du comportement futur des pouvoirs en place, à court, moyen et long terme.

 Introduction. Les caractéristiques de l’économie nicaraguayenne montrent que le secteur agro-pastoral est le plus important générateur d’emplois, représentant 43,6% de l’emploi national. Les exportations primaires représentent 29,3% d’un bassin d’emplois d’environ 652 000 emplois. Seuls 12,5% des emplois permanents du secteur de l’exportation agricole sont couverts par l’INSS-Institut nicaraguayen de la sécurité sociale (71 700 travailleurs). Lire la suite

Luc Reinette : En mon âme et conscience

Assis au chevet de ma mère âgée de 102 ans, placée sous oxygène depuis plus d’un an pour raisons de santé, mais forte de toutes ses facultés en dehors de la marche, nous regardions ensemble sur l’écran de télévision le reportage sidérant réalisé dans les coulisses des Urgences et de la Réanimation du CHU, lorsque soudain elle me posa cette question : « Et tu ne dis rien ? »

Je lui expliquai que j’étais un simple militant et que l’Organisation à laquelle j’appartiens (FKNG) s’était déjà exprimée, qu’elle avait adopté une position de neutralité vis-à-vis du vaccin, mais avait demandé aux Guadeloupéens, de par leur condition de colonisés, d’exercer leur droit à la souveraineté pour sortir du cadre français, car dans ces moments exceptionnels que nous vivons et face à l’obligation vaccinale et à l’application chez nous du Pass sanitaire, il n’y avait pas d’autre choix que de se soumettre ou se démettre.

« Ce n’est pas suffisant, me répondit-elle, et tu le sais bien. C’est sur la base d’analyses et de convictions que tu as prôné l’Indépendance de la Guadeloupe depuis l’âge de 12 ans et c’est sur la base de ces mêmes convictions et de ton idéal de liberté que tu t’exprimes et agis encore aujourd’hui.

Comme moi aux premiers jours et toi depuis avril 2021 je crois, tu es vacciné, et tu l’as fait en toute conscience et en toute indépendance»

Certes, lui ai-je répondu, mais que vaut ma parole, ma parole à moi qui ne suis pas médecin, dans le climat délétère actuel où les Guadeloupéens s’affrontent sans merci dans un contexte qui frôle l’hystérie qui voit des menaces – y compris physiques – fuser de toutes parts ? Et d’ailleurs qui attend ma parole ?

Malicieusement elle me répondit : « Il y a déjà pour commencer l’une de mes infirmières, qui prétend ne pas être seule à le penser, et qui me demande jour après jour devant la catastrophe qui nous frappe et les pertes humaines qui s’accumulent : pourquoi votre fils Luc ne dit rien ? »

« La haine insensée et irrationnelle qui caractérise actuellement les relations entre Guadeloupéens, et les fakes-news qui abreuvent les réseaux sociaux (souvent reprises par des personnes à priori intelligentes) ont alors convoqué dans mon esprit deux tragédies humaines qui me hantent encore. » Lire la suite

L’APIB dénonce Bolsonaro devant la CPI, à La Haye, pour génocide autochtone

L’Articulation des peuples autochtones du Brésil (Apib) a déposé, ce lundi (9), une déclaration devant la Cour pénale internationale (CPI) pour dénoncer le gouvernement de Bolsonaro pour génocide. En cette date qui marque la Journée internationale des peuples autochtones, l’organisation demande au procureur de la Cour d’examiner les crimes perpétrés contre les peuples autochtones par le président Jair Bolsonaro depuis le début de son mandat, en janvier 2019, avec une attention particulière sur la période de la pandémie Covid-19.

Sur la base des précédents de la CPI, l’Apib demande une enquête pour crimes contre l’humanité (article 7. b, h. k du Statut de Rom  – extermination, persécution et autres actes inhumains) et génocide (art. 6. B et c du Statut de Rome – causer des dommages physiques et mentaux graves et infliger délibérément des conditions visant à la destruction des peuples autochtones). Pour la première fois dans l’histoire, des peuples autochtones se présentent devant la CPI, avec le soutien d’avocats autochtones, pour se défendre contre ces crimes. Lire la suite

« Stévia », par Helena Zelic

Le poème tisse une critique de l’expropriation des terres et du modèle de production de Coca-Cola.

« Stévia » est un poème en l’honneur de la résistance du réseau Solidarité des Femmes Haïtiennes [Solidarite Fanm Ayisyèn – SOFA] contre l’expropriation de leurs terres destinées à l’agriculture biologique et à l’éducation populaire. Le poème a été inspiré par un matériel produit par Capire. Le territoire où opère la Ferme École d’Agriculture Biologique « Délicia Jean » a été revendiqué par Andy Apaid Jr., un magnat haïtien connu pour avoir dirigé la coalition qui, en 2004, a mené un coup d’État en collaboration avec les États-Unis. L’action d’occupation du territoire, organisée par Apaid, a été brutale avec les militantes de SOFA et a détruit les clôtures érigées par les participantes au projet, qui délimitaient un territoire d’égalité et de production sans poison ni exploitation. Le but de l’usurpation de ces terres est de produire du stévia pour fabriquer des édulcorants à l’usage du Coca-Cola.

« Stévia » est un poème inédit d’Helena Zelic, militante de la Marche Mondiale des Femmes au Brésil, communicatrice et poète, auteure de livres tels que La libération de Laura (A libertação de Laura, 2021) et Pendant un tremblement de terre (Durante um terremoto, 2018). Lire la suite

Femmes noires récoltent l’agroécologie et l’autonomie dans les Caraïbes

Nous célébrons aujourd’hui la Journée de la femme noire d’Amérique latine et des Caraïbes, fruit de la 1ère Rencontre des Femmes Noires d’Amérique Latine et des Caraïbes, qui a eu lieu en République Dominicaine en 1992. Par conséquent, nous publions aujourd’hui une conférence de presse avec Benita Cordero, Juana Ferrer et Vanessa Rodríguez, militantes paysannes noires, membres de la Confédération Nationale des Femmes Rurales (Conamuca) en République Dominicaine. Elles nous parlent des pratiques d’organisation et de combat actuelles des femmes noires et paysannes dans le pays et dans la région des Caraïbes. Lire la suite

« T’es au courant, camarade ? A propos du soutien de la gauche au gouvernement cubain, sans tenir compte des expériences des Cubains noirs »

Juan Fernando a 31 ans, il est cubain, noir et docker au port de La Havane, dans cet ordre, comme il le souligne. Le matin du 11 juillet, Juan a reçu par WhatsApp et Facebook des vidéos montrant une sorte de révolte à San Antonio de los Baños, une ville située au sud-est de La Havane, dans la province occidentale d’Artemisa.

Juan a rapidement négligé les vidéos et n’a pas fait grand cas de l’affaire. Après tout, au cours des derniers mois, Cuba a connu des manifestations sans précédent de dissidence publique de masse. Le mouvement de San Isidro, le #27N [voir à ce sujet l’article publié sur ce site en date 14 décembre] et les manifestations individuelles de frustration à l’égard du système dans toute l’île ont remis en question le message officiel de consensus social et de soutien au Parti. Comme le dit Juan, « rien ne change jamais, alors pourquoi trop y penser ? ». Mais Juan avait tort. Rien de tel n’est jamais arrivé dans le Cuba révolutionnaire.

La protestation à San Antonio de los Baños s’est rapidement répandue dans tout le pays. Palma Soriano, Camaguey, Holguin, Matanzas, La Havane et des dizaines d’autres villes ont connu des manifestations de masse ce jour-là. Les Cubains étaient furieux des coupures de courant omniprésentes, des pénuries de médicaments, de nourriture et de tout ce que l’on peut imaginer, et frustrés par la réponse du gouvernement à la pandémie de Covid-19. Ils sont donc descendus dans la rue pour exiger ce qui leur a été refusé. Lire la suite

Les tremblements de terre d’Haïti exigent une solution haïtienne (plus autres textes)

Haïti fait à nouveau la une des journaux, ce qui ne semble se produire qu’en période de crise – un scandale, une catastrophe, la violence. Ces récits dominent l’imaginaire de la plupart des personnes résidant en dehors d’Haïti. Depuis 2010, pour beaucoup, Haïti est synonyme de « tremblement de terre ». Quant aux habitants d’Haïti, ils n’ont pas besoin qu’on leur rappelle « douz janvye » – le 12 janvier – et la réponse de l’aide internationale, car le pays est encore marqué par les répliques humanitaires, ce que Raoul Peck [réalisateur, scénariste haïtien] appelait « l’assistance mortelle ». Haïti est un cimetière de projets d’ONG qui ont échoué, qui sont éparpillés sur le territoire, comme des pierres tombales. Le Palais national, toujours non reconstruit, n’est peut-être pas le meilleur symbole de l’effritement de la souveraineté haïtienne.

Dans la matinée du 14 août 2021, deux tremblements de terre ont frappé le sud de la péninsule le long de la même ligne de faille (Enriquillo-Plantain Garden) que le séisme de 2010 qui a dévasté Port-au-Prince, Léogane et les régions environnantes. Les sismologues haïtiens avaient alors prévenu que le séisme de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter n’avait libéré que très peu de l’énergie accumulée, faisant de la ligne de faille un risque sismique, une bombe à retardement. Les deux séismes à répliques multiples de samedi 14 août se sont produits à un peu plus de 100 kilomètres à l’ouest du tremblement de terre de 2010. Le premier, au nord de Nippes, se situant à 6,9 sur l’échelle de Richter, et le second, près de Saint-Louis-du-Sud, à 7,2. Selon la Direction de la protection civile d’Haïti, le bilan des victimes s’élevait à 1297 morts dimanche après-midi. Lire la suite

Luttez pour la forêt !

La plus grande forêt tropicale du monde est en danger. Dites non au PL 6024 !

Le Système national d’Unités de conservation – SNUC, établi par la loi n° 9985 du 18 juillet 2000, définit les critères et les règles de création, de mise en œuvre et de gestion des Unités de conservation (UC).

Les Unités de conservation sont divisées en deux groupes : les Unités de protection intégrale et les Unités d’utilisation durable. Le premier groupe est composé de station écologique, réserve biologique, parc national, monument naturel et refuge pour la vie sauvage. Le deuxième groupe est composé de zone de protection de l’environnement, zone d’intérêt écologique pertinent, forêt nationale, réserve extractiviste, réserve pour la vie sauvage, réserve de développement durable et réserve privée du patrimoine naturel.

Les avancées en matière de protection de l’environnement se sont toujours faites au prix de nombreuses luttes et d’une mobilisation de portée nationale et internationale ; ce n’est pas un problème d’actualité. L’exploitation prédatrice de la forêt a toujours été associée au « progrès » et la dévastation de la nature est acceptée comme faisant partie du processus de structuration. Mais avec le SNUC et le soutien des organes de contrôle, il a été possible, dans une certaine mesure, de « contrôler » les activités criminelles qui impactent et endommagent la faune et la flore. Lire la suite

Nicaragua. Ce n’est plus le moment des rêves socialistes

Avec l’aimable autorisation de la revue ContreTemps

 

Entretien avec Matthias Schindler*

* Matthias Schindler est l’auteur du livre Nicaragua 1979-2019 – Du triomphe sandiniste à l’insurrection démocratique, que les éditions Syllepse viennent de publier en français.

ContreTemps : Alors que s’est installée une espèce d’indifférence à l’égard du Nicaragua, vous avez décidé d’écrire sur l’expérience sandiniste, porteuse de tant d’espoirs il y a quarante et qui a tourné au cauchemar depuis le retour de l’ancien commandant sandiniste Daniel Ortega. Pouvez-vous nous expliquer vos motivations ? Lire la suite

Tereza de Benguela : Sauvez la lutte et la résistance des femmes noires

Les femmes noires ont toujours joué un rôle fondamental dans la lutte pour la libération au Brésil. Cependant, parce que nous vivons dans une société patriarcale, raciste, sexiste et d’exclusion, cette présence et cette reconnaissance ont toujours été invisibles. Il est important de réaffirmer que nos pas et nos luttes viennent de loin. Nous parlons d’un long parcours de femmes noires qui ont fait de leur vie un exemple de lutte et de résistance et qui ont ouvert la voie au mouvement contemporain des femmes noires, contribuant aux mouvements féministes, et pour qu’elles soient reconnues dans les luttes sociales qui ne cessent de se développer. Lire la suite

Pourquoi les Cubains ont protesté le 11 juillet (et autres textes)

Est-ce le début de la fin de la peur à Cuba ?

Les manifestations de rue qui ont éclaté dans tout Cuba le 11 juillet sont un événement sans précédent dans les plus de 60 ans qui se sont écoulés depuis le triomphe de la révolution cubaine. Mais pourquoi maintenant ? Cet essai explore les facteurs historiques, économiques et politiques qui aident à clarifier les causes du 11 juillet, examine le rôle des États-Unis, et réfléchit brièvement à l’avenir de Cuba.

Le dimanche 11 juillet, Cuba a éclaté dans des manifestations de rue. Contrairement à la grande manifestation de rue qui a eu lieu en 1994 et qui s’est limitée au Malecón, la longue route à plusieurs voies de La Havane face au golfe du Mexique, le déclenchement de la manifestation du 11 juillet avait une portée nationale. Il y a eu des manifestations dans de nombreuses villes, y compris Santiago de Cuba à l’est, Trinité au centre de l’île et La Havane à l’ouest. L’accès croissant aux médias sociaux dans l’île a joué un rôle important dans la propagation rapide des manifestations ; il n’est pas étonnant que le gouvernement ait immédiatement suspendu l’accès à certains sites de médias sociaux et ait mis fin à tous les appels téléphoniques en provenance de l’étranger. Lire la suite

Dernier message des zapatistes (Commission Sexta de l’EZLN. Mexique, Juillet 2021)

Aux adhérent·e·s à la Déclaration pour la Vie

À l’Europe d’en bas et à gauche

À la Sexta nationale et internationale

Au Congrès national indigène-Conseil indigène de gouvernement

Aux Réseaux en résistance et rébellion

Au Collectif « Llegó la hora de los Pueblos » [« L’heure des peuples est arrivée »]

De : Sous-commandant insurgé Moisés

Compañeras, compañeroas, compañeros,

Frères, froeurs, et sœurs,

Je vous salue au nom des enfants, des femmes, des autrxs, des anciens et des hommes des communautés zapatistes, et je vous communique ce qui suit :

Premièrement. – Une compagnie zapatiste aéroportée forte de 177 zapatistes est déjà prête. Elle est entièrement composée de natifs d’origine maya, de langues cho’ol, tzotzil, tzeltal, tojolabal et castilla. Nous sommes nés dans la géographie qu’on appelle le Mexique. Nos ancêtres sont nés et sont morts sur ces terres. Puisque l’État mexicain ne reconnaît ni notre identité ni notre origine et nous dit que nous sommes « extemporáneos » (c’est ce que dit le ministère des Affaires étrangères, que nous sommes des Mexicains « extemporáneos »), nous avons décidé de baptiser cette unité d’Écoute et de Parole « La Extemporánea ». Lire la suite

Haïti : l’assassinat du président « est le marqueur de la privatisation de toutes les institutions publiques »

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le président haïtien, Jovenel Moïse, a été assassiné. L’impact médiatique a été redoublé par les ramifications internationales et les circonstances du crime, ainsi que par l’imbroglio institutionnel qui s’ensuit. Une vingtaine de mercenaires colombiens – dont plusieurs paraissent avoir été des informateurs du FBI et de la DEA (Drug Enforcement Administration), des agences de sécurité privée de Floride, le responsable de la garde présidentielle, sous le coup d’une investigation de Washington pour trafic d’armes, et des citoyens à la double nationalité, haïtienne et états-unienne, sont impliqués. Lire la suite

« Un cri de désespoir » et autres textes sur Cuba

Il semble très possible que tout ce qui s’est passé à Cuba depuis le dimanche 11 juillet dernier ait été encouragé par un nombre plus ou moins grand de personnes opposées au système, certaines d’entre elles étant même payées, dans l’intention de déstabiliser le pays et de provoquer une situation de chaos et d’insécurité. Il est également vrai que par la suite, comme cela se produit habituellement dans ce genre d’événements, des actes de vandalisme opportunistes et déplorables ont eu lieu.

Mais je pense que ni l’une ni l’autre de ces évidences n’enlève une once de raison au cri que nous avons entendu. Un cri qui est aussi le résultat du désespoir d’une société qui traverse non seulement une longue crise économique et une crise sanitaire momentanée, mais aussi une crise de confiance et une perte d’espérances. Lire la suite

Femme et Mapuche: le nouveau visage du Chili

L’élection d’une militante mapuche à la présidence de la Convention constitutionnelle (Assemblée constituante) reflète les changements sociaux que connaît le Chili. En plus de la vague féministe, le drapeau mapuche est utilisé comme un symbole de résistance au-delà de celle des populations indigènes.

En octobre 2019, le Chili a connu un déchaînement social sans précédent qui a fait descendre des millions de personnes dans la rue. Le mouvement social qui est né dans ces manifestations n’avait pas de programme unique, de porte-parole ou d’organisation nationale. Cependant, à travers tout le pays, certains thèmes ont été répétés. Tout d’abord, il n’y avait pas de drapeaux de parti. Il ne pouvait en être autrement, puisque le mouvement reflétait un fort rejet de l’institutionnalité politique des 30 dernières années, exprimé avant tout par un sentiment anti-partis. Ensuite, il y avait une abondance d’icônes faisant référence aux mobilisations féministes, notamment le foulard vert, symbole de la lutte pour la dépénalisation de l’avortement.

Enfin, deux drapeaux ont joué un rôle de premier plan dans les manifestations : le drapeau chilien en noir et blanc et le drapeau mapuche. Comme il fallait s’y attendre, beaucoup ont déclaré que cette explosion sociale avait associé les revendications historiques du peuple mapuche avec la diversité des mécontentements qui touchent la société chilienne dans son ensemble. Les revendications liées à l’amélioration du système de retraite, de l’éducation et de la santé, ou les luttes féministes ou régionalistes ont trouvé dans le drapeau mapuche un symbole puissant de l’incapacité de la politique à répondre au nouveau Chili qui émergeait. Lire la suite

Colombie. Chaque jour, nous constatons de nouvelles pratiques policières de violence

Lundi 28 juin a marqué l’anniversaire des deux mois de manifestations qui ont débuté le 28 avril en Colombie, motivées par le mécontentement à l’égard du gouvernement et le rejet de la violence avec laquelle il a réprimé les manifestant·e·s. Bien que le Comité national de grève, composé de différentes organisations sociales, ait annoncé qu’il cesserait d’appeler à des manifestations de masse le mercredi, les mobilisations se poursuivent, notamment dans des villes comme Cali et Bogota.

La répression se poursuit également. Au cours de ces deux mois, 43 personnes sont mortes lors des manifestations, selon les données d’organisations non gouvernementales telles que Temblores. Ces relevés sont devenus plus fiables et plus complets comme référence que les déclarations officielles.  Lire la suite

Le Comité Fora Bolsonaro appelle à une nouvelle mobilisation : le 3 juillet. Un scandale de prévarication exacerbe la crise politique

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Une réunion d’urgence du Comité national Fora Bolsonaro [Dehors Bolsonaro] a eu lieu samedi 26 juin après-midi pour discuter des changements de la situation politique, après les témoignages du député Luis Miranda (Democrates-DEM, élu du District fédéral) et de son frère, Luis Ricardo Miranda, fonctionnaire au ministère de la Santé, suite aux allégations de corruption lors de l’achat du vaccin Covaxin. [Lundi 28 juin, trois sénateurs brésiliens ont déposé devant la Cour suprême une demande d’ouverture d’enquête pour « prévarication » contre le président Jair Bolsonaro qu’ils accusent d’avoir fermé les yeux sur un scandale de corruption dans l’achat de vaccins contre la Covid-19.] Lire la suite