Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

Ouvrir les yeux constitue le premier pas pour sortir du cauchemar

Dans sa préface, de-porto-alegre-a-bolsonaro-le-chemin-des-renoncements-preface-dolivier-warin-au-livre-de-fabio-luis-barbosa-dos-santos-lespoir-vaincu-par-la-peur-de-lula-a-bolsonaro/ publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse Olivier Warin revient sur l’élection de Jair Bolsonaro, ses activités avant l’élection, ses « hommages aux tortionnaires de la dictature, la défense des escadrons de la mort », ses menaces de viol envers une députée, son implication « dans une affaire de fraude massive aux financements publics de campagne ». Le préfacier aborde aussi la mort de Marielle Franco (en complément possible : À un an de sa mort : Marielle est toujours présente, a-un-an-de-sa-mort-marielle-est-toujours-presente/), la violence de la répression, la dénonciation par le nouveau président des droits humains, « il dénonce les droits humains qu’il considère comme un instrument de défense des criminels et se fixe comme priorité d’armer les « bons citoyens » qui seraient alors en mesure de se faire justice eux-mêmes », les insultes envers les populations amérindiennes, les incendies de forêt et l’accaparement illégal de leurs terres, la réduction du rôle « social et stratégique » de l’Etat bien en ligne avec les conceptions néolibérales… Lire la suite

Coronovirus en Guadeloupe : assassins-criminels (+ autre communiqué)

COMMUNIQUÉ DU LKP

Coronovirus en Guadeloupe : assassins-criminels

Mi figi a yo !!! Depuis ce mardi midi, l’Etat colonial a mis en œuvre des restrictions des libertés fondamentales et cela afin de combattre le COVID-19, dit-il !

UN GOUVERNEMENT ASSASSIN, UNE CLASSE POLITIQUE GWADLOUP KRIMINÉL ! Lire la suite

Des bilans pour anticiper et co-construire des futurs émancipateurs

Dans l’introduction, introduction-au-livre-de-franck-gaudichaud-jeffery-r-webber-massimo-modonesi-fin-de-partie-amerique-latine-les-experiences-progressistes-dans-limpasse-1998-2019/, publiée avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse, il est question de lutte et de dignité, d’une séquence historique et de gouvernements aux tonalités progressistes, d’un certain degré d’hégémonie, d’un processus entré dans une « phase d’épuisement »… Lire la suite

Brésil : rien n’est plus normal

700 jours après l’assassinat de Marielle Franco, la nouvelle de la semaine n’est pas l’élucidation du crime mais celle de l’assassinat de la personne clé pour élucider le crime. L’exécution de Marielle, conseillère municipale de Rio de Janeiro et militante des droits de l’homme, a marqué le moment du franchissement d’une limite au Brésil. Le fait que l’on n’ait pas précisé jusqu’à aujourd’hui, près de deux ans plus tard, qui était le commanditaire du crime et la raison pour laquelle elle a été assassinée, démontre l’incapacité croissante et de plus en plus dangereuse des institutions à protéger la démocratie dans le pays. Le fait qu’Adriano da Nóbrega soit réduit au silence ce dimanche 9 février, que cela soit prémédité ou non, démontre que le Brésil est un pays où les frontières entre le droit et le crime ont été brouillées à un niveau sans précédent. Nous ne savons pas qui est au gouvernement. Et nous devons le savoir. Lire la suite

Haïti : comment les femmes secouent le monde politique

L’originalité du mouvement féministe haïtien tient au fait qu’il ne peut être pensé ni en termes de vague (première, deuxième ou troisième) (1) ni en termes de courant défini (libéral, Black, décolonial…). Ce mouvement à l’encontre des autres mouvements féministes contribue énormément à l’identification des réalités nationales qui font problème, comme par exemple, les violences faites aux femmes et aux filles, la participation politique, l’impunité, la souveraineté nationale et la lutte contre l’obscurantisme. Il me semble que la métaphore de la secousse est plus appropriée pour parler du mouvement féministe haïtien. Chaque fois qu’un problème se pose au niveau national, les féministes prennent le devant de la scène pour porter des revendications et dessiner des orientations, comme fut le cas en 1915 (occupation d’Haïti par les Etats-Unis), 1957 (montée de Duvalier au pouvoir), 1986 (chute de Duvalier), 1991 (coup d’Etat militaire contre le gouvernement de Jean Bertrand Aristide), 2004 (chute du pouvoir Lavalas). Le mouvement se structure dans des situations critiques où les fondements du vivre ensemble sont attaqués par les acteurs dominants tant internes qu’externes. Ces luttes s’organisent autour de piliers stratégiques ancrés dans les revendications populaires telles : le droit à l’autodétermination, le partage égalitaire des parts entre les hommes et les femmes, le droit aux ressources. Le mouvement féministe lutte contre les asymétries entre les sexes dans une perspective populaire globale. Les féministes ont toujours parties prenantes des effervescences qui agitent notre société. Fidèle à cette tradition, le mouvement s’est dressé, après le séisme, contre un ensemble de dérives qui mettaient son existence en péril et qui s’opposaient à une réelle reconstruction de la société. Pour parler de ses actions sur la scène politique ces dix ans derniers, nous mettrons l’accent sur : premièrement, les pertes subies pendant le séisme, ensuite, l’exclusion des féministes haïtiennes menée par des acteurs internationaux présents en Haïti après le séisme, après les actions de rétablissement de la réalité, et en dernier lieu, les luttes contre les actions sexistes ou antiféministes engagées par les gouvernements haïtiens depuis cette époque. Lire la suite

Les Mexicaines appellent à une grève nationale le 9 mars après une série de féminicides extrêmement violents

Des militantes féministes, des utilisatrices de réseaux sociaux et des Mexicaines en général appellent à une grève nationale le 9 mars, au lendemain de la Journée internationale des luttes de femmes, commémorée le 8 mars.

Le 9 mars, les Mexicaines se proposent de ne pas se présenter au travail, de ne pas aller à l’école, de ne pas y emmener leurs filles et de ne rien acheter. Elles invitent également les hommes à agir en alliés et à appuyer les femmes cette journée-là.

Leur objectif est de rendre visible le rôle des femmes dans la société mexicaine et de poser un geste radical contre le féminicide, la misogynie et l’inégalité. Lire la suite

De Porto Alegre à Bolsonaro, le chemin des renoncements. Préface d’Olivier Warin au livre de Fabio Luis Barbosa Dos Santos : L’espoir vaincu par la peur. De Lula à Bolsonaro

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le 1er  janvier 2019, Jair Bolsonaro, capitaine de réserve de l’armée de terre, accédait à la présidence du Brésil après avoir remporté le deuxième- tour des élections avec 55% des voix face à Fernando Haddad, candidat du Parti des travailleurs (PT). Ce député inconnu hors de Rio jusqu’en 2017 n’avait fait approuver que deux projets de loi au cours d’une carrière politique de vingt-sept ans consacrée à pourrir les débats parlementaires par des hommages aux tortionnaires de la dictature, la défense des escadrons de la mort ou en menaçant de viol une députée qui lui avait tenu tête. Son élection a donc été vécue comme une douche froide par la gauche brésilienne et laisse craindre le pire pour les couches populaires, racisées, les femmes, LGBTQI+ ainsi que pour les militants des mouvements sociaux. Lire la suite