Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

Haïti : l’assassinat du président « est le marqueur de la privatisation de toutes les institutions publiques »

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le président haïtien, Jovenel Moïse, a été assassiné. L’impact médiatique a été redoublé par les ramifications internationales et les circonstances du crime, ainsi que par l’imbroglio institutionnel qui s’ensuit. Une vingtaine de mercenaires colombiens – dont plusieurs paraissent avoir été des informateurs du FBI et de la DEA (Drug Enforcement Administration), des agences de sécurité privée de Floride, le responsable de la garde présidentielle, sous le coup d’une investigation de Washington pour trafic d’armes, et des citoyens à la double nationalité, haïtienne et états-unienne, sont impliqués. Lire la suite

« Un cri de désespoir » et autres textes sur Cuba

Il semble très possible que tout ce qui s’est passé à Cuba depuis le dimanche 11 juillet dernier ait été encouragé par un nombre plus ou moins grand de personnes opposées au système, certaines d’entre elles étant même payées, dans l’intention de déstabiliser le pays et de provoquer une situation de chaos et d’insécurité. Il est également vrai que par la suite, comme cela se produit habituellement dans ce genre d’événements, des actes de vandalisme opportunistes et déplorables ont eu lieu.

Mais je pense que ni l’une ni l’autre de ces évidences n’enlève une once de raison au cri que nous avons entendu. Un cri qui est aussi le résultat du désespoir d’une société qui traverse non seulement une longue crise économique et une crise sanitaire momentanée, mais aussi une crise de confiance et une perte d’espérances. Lire la suite

Femme et Mapuche: le nouveau visage du Chili

L’élection d’une militante mapuche à la présidence de la Convention constitutionnelle (Assemblée constituante) reflète les changements sociaux que connaît le Chili. En plus de la vague féministe, le drapeau mapuche est utilisé comme un symbole de résistance au-delà de celle des populations indigènes.

En octobre 2019, le Chili a connu un déchaînement social sans précédent qui a fait descendre des millions de personnes dans la rue. Le mouvement social qui est né dans ces manifestations n’avait pas de programme unique, de porte-parole ou d’organisation nationale. Cependant, à travers tout le pays, certains thèmes ont été répétés. Tout d’abord, il n’y avait pas de drapeaux de parti. Il ne pouvait en être autrement, puisque le mouvement reflétait un fort rejet de l’institutionnalité politique des 30 dernières années, exprimé avant tout par un sentiment anti-partis. Ensuite, il y avait une abondance d’icônes faisant référence aux mobilisations féministes, notamment le foulard vert, symbole de la lutte pour la dépénalisation de l’avortement.

Enfin, deux drapeaux ont joué un rôle de premier plan dans les manifestations : le drapeau chilien en noir et blanc et le drapeau mapuche. Comme il fallait s’y attendre, beaucoup ont déclaré que cette explosion sociale avait associé les revendications historiques du peuple mapuche avec la diversité des mécontentements qui touchent la société chilienne dans son ensemble. Les revendications liées à l’amélioration du système de retraite, de l’éducation et de la santé, ou les luttes féministes ou régionalistes ont trouvé dans le drapeau mapuche un symbole puissant de l’incapacité de la politique à répondre au nouveau Chili qui émergeait. Lire la suite

Colombie. Chaque jour, nous constatons de nouvelles pratiques policières de violence

Lundi 28 juin a marqué l’anniversaire des deux mois de manifestations qui ont débuté le 28 avril en Colombie, motivées par le mécontentement à l’égard du gouvernement et le rejet de la violence avec laquelle il a réprimé les manifestant·e·s. Bien que le Comité national de grève, composé de différentes organisations sociales, ait annoncé qu’il cesserait d’appeler à des manifestations de masse le mercredi, les mobilisations se poursuivent, notamment dans des villes comme Cali et Bogota.

La répression se poursuit également. Au cours de ces deux mois, 43 personnes sont mortes lors des manifestations, selon les données d’organisations non gouvernementales telles que Temblores. Ces relevés sont devenus plus fiables et plus complets comme référence que les déclarations officielles.  Lire la suite

Le Comité Fora Bolsonaro appelle à une nouvelle mobilisation : le 3 juillet. Un scandale de prévarication exacerbe la crise politique

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Une réunion d’urgence du Comité national Fora Bolsonaro [Dehors Bolsonaro] a eu lieu samedi 26 juin après-midi pour discuter des changements de la situation politique, après les témoignages du député Luis Miranda (Democrates-DEM, élu du District fédéral) et de son frère, Luis Ricardo Miranda, fonctionnaire au ministère de la Santé, suite aux allégations de corruption lors de l’achat du vaccin Covaxin. [Lundi 28 juin, trois sénateurs brésiliens ont déposé devant la Cour suprême une demande d’ouverture d’enquête pour « prévarication » contre le président Jair Bolsonaro qu’ils accusent d’avoir fermé les yeux sur un scandale de corruption dans l’achat de vaccins contre la Covid-19.] Lire la suite

Ortega ne veut pas lâcher prise: les intérêts non négociables du régime (plus « Lettre aux camarades de France solidaires avec le Nicaragua »)

« Le 17 mai, je fêterai un mois de siège ininterrompu de ma maison par la police nationale. Entre six et huit policiers, parfois en civil, parfois en uniforme, arrivent chaque jour de 6 heures du matin jusqu’à midi ou jusqu’en fin d’après-midi. L’ordre est de ne pas me laisser sortir de la maison, d’interroger tous ceux qui arrivent et de signaler mes déplacements », raconte le politologue Guillermo Incer Medina, membre du front d’opposition Unité nationale bleue et blanche, dans le dernier numéro de Revista Envío (V-21).

La dernière modalité répressive du régime de Daniel Ortega et Rosario Murillo est celle de la « maison comme prison », une situation que subissent au moins 600 personnes identifiées à l’opposition. « Ceux d’entre nous qui vivent sous le coup d’une assignation à résidence dictée par la police subissent des dommages psychologiques, économiques et sociaux », considère Guillermo Incer Medina dans son article. Lire la suite

Haïti : appel à la solidarité des camarades de la Centrale Continentale des Travailleurs et Travailleuses de l’Éducation (CTE) + texte de James Darbouze

La révolution haïtienne, résultat de la première révolte d’esclaves réussie de l’histoire de l’humanité, a changé l’ordre mondial, colonial, raciste et esclavagiste. Elle a constitué un grand espoir pour le monde noir et pour tous les peuples opprimés du monde en quête de liberté et de bien-être collectif. Christiane TAUBIRA a mis en évidence ce qu’Haïti représente pour le monde et les noirs en particulier en ces termes : « Ce n’est pas à moi seule que le peuple d’Ayiti a ouvert les avenues d’un monde de justice et de fraternité. Ce fut aussi au monde noir, dans son entier, qui y reconnaît la première République Indépendante, arrachée puis codifiée par d’anciens esclaves, édifiée à la morgue de l’empire colonial. Ce fut aussi un cadeau pour le monde opprimé dans sa quête de référence et de modèle dans un univers non seulement hostile, mais qui, comme l’assénait Frantz Fanon, déjà s’emparait de son passé pour le défigurer, le distordre. [1] » Lire la suite

L’EZLN en Europe : entre enthousiasme et marginalisation (plus autres textes)

À la mi-juin, sept envoyés de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) débarqueront en Espagne pour entamer une tournée qui les mènera à travers toute l’Europe. Le point culminant de leur voyage aura lieu à Madrid le 13 août, date du 500e anniversaire de la chute de Tenochtitlán en 1521, début d’une longue soumission aux conquistadors espagnols. Le sociologue belge Bernard Duterme, directeur du Centre tricontinental et spécialiste de la rébellion zapatiste depuis son surgissement en 1994, répond aux questions d’Underground – Periodismo Internacional à propos de la visite de la guérilla mexicaine qui, malgré le temps qui passe, continue à gagner des soutiens sur le « vieux continent ». Lire la suite

La lutte pour la souveraineté alimentaire, c’est la lutte pour la vie

Perla Álvarez de la CLOC-Via Campesina écrit sur la souveraineté alimentaire comme résistance et pratique des mouvements paysans et autochtones.

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Lorsque nous entendons parler de l’agro-industrie parmi les secteurs populaires organisés et non organisés du Paraguay, nous pensons immédiatement à « mono-cultivateur de soja », « Brésilien », « Mennonite »(1). Pourquoi ? Depuis quand ces mots apparaissent dans notre environnement ? De quoi parlons-nous vraiment lorsque nous utilisons ces mots ? Analysons le mot « agro-industrie » : industrie de l’agro, industrie foncière… voici le secret. Ce mot renferme un concept de terre différent du nôtre, paysannes et paysans et peuples autochtones.

En général, la terre est traitée comme une marchandise, un produit qui s’achète et se vend et qui, de plus, génère des bénéfices. La terre (l’agro) est exploitée commercialement. La terre (agro) n’est plus considérée comme « tekoha », elle n’est plus « le lieu d’où nous venons », « l’endroit où nous vivons, produisons et nous reproduisons », « l’endroit où nous développons notre être », « l’endroit d’où nous venons et où nous avons notre culture ».

Pour l’agro-industrie, la terre est négociable, elle se mesure en uniformité et non en diversité. En tonnes de grains, pas de graines. En productivité et non en innocuité. En dollars et non en vie. En courbes de niveau, pas en espèces d’arbres et d’oiseaux qui disparaissent. Lire la suite

Nicaragua : Halte à la répression – élections libres

Les organisations françaises solidaires avec le Nicaragua, rassemblant des « auto-convocados », de la diaspora et de l’exil des Nicaraguayens en Europe, ainsi que des groupes et personnes européennes solidaires du Nicaragua déclarent :

Nous condamnons la répression que la dictature d’Ortega-Murillo a déclenchée contre toutes les personnes qui ont manifesté leurs intentions de défier la dictature aux élections présidentielles de novembre 2021, et qui ont quelques chances de rassembler le peuple et de les remporter. Ainsi en quelques jours plusieurs têtes de file de l’opposition ont fait l’objet d’accusations mensongères et de détention arbitraire. Lire la suite

Colombie : atelier d’urbanisme critique dans un bidonville de Soacha

Le développement urbain chaotique des grandes villes de Colombie n’est pas sans conséquence. Obéissant à des intérêts privés, la dynamique de densification urbaine ne fait les frais d’aucune planification générale. C’est en effet à un délaissement pur et simple de l’État auquel on assiste, où aucune infrastructure publique supplémentaire n’est érigée afin de combler les besoins essentiels (que ce soit en santé, en éducation, etc.). Dans la municipalité de Soacha, en périphérie de la capitale colombienne, cette dynamique urbaine atteint son paroxysme de saturation. Lire la suite

Stop silence Haïti ! (2)

La politique internationale vis-à-vis d’Haïti doit changer !

En octobre 2020, était lancée la campagne internationale Stop silence Haïti ! Huit mois plus tard, où en est-on ? Toutes les exactions, violences et injustices dénoncées dans cet appel se sont aggravées. La pauvreté s’est accrue, la faim affecte plus de 4 millions de personnes, les enlèvements – doublés de viols –, se sont multipliés, et les bandes armées ont encore étendu leur pouvoir. L’insécurité généralisée touche toutes les couches de la population, compromettant un peu plus l’accès aux services sociaux de base, dont l’éducation et la santé.

Il n’y a eu aucune avancée judiciaire dans les massacres – douze massacres ont été enregistrés depuis 2018 – et les affaires de corruption, au premier rang desquelles, Petrocaribe, alors que de nouvelles enquêtes, nationales et internationales, confirment l’implication et la complicité du pouvoir. L’assassinat du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince, Maître Monferrier Dorval, comme tant d’autres, demeure impuni. La violence et l’impunité se nourrissent mutuellement, plongeant Haïti dans un cercle vicieux. Lire la suite

Les cahiers de l’antidote n° 9 : Colombie : un peuple en résistance (+ Solidarité avec le peuple colombien)

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Table des matières

Le soulèvement populaire est en train de faire tomber le régime néolibéral et militariste de Duque

Le peuple uni de Cali est la terreur des puissants

Le rouge est mis

La jeunesse s’exprime dans la rue

« Ici, on ne donne rien parce qu’ici vous avez tout volé »

La « première ligne » et les quatre autres

Les indiens, solidaires du mouvement social, pris pour cibles à Cali soutien aux travailleurs et travailleuses de Colombie

Halte à la répression et solidarité internationale avec le peuple colombien Lire la suite

29/05 : Dans tout le Brésil, les femmes sont descendues dans la rue pour dénoncer le gouvernement génocidaire de Bolsonaro (plus autre texte)

À première vue, il peut sembler contradictoire de défendre la vie dans les rues, dans une pandémie qui a déjà tué plus de 450 000 personnes au Brésil. Mais ce n’est pas le cas. Une partie considérable de ces décès aurait pu être évitée avec une action de l’État qui place la vie au-dessus du profit, de la cupidité, du négationnisme et des valeurs qui disent que certaines vies valent moins que d’autres. C’est peu dire que le président brésilien, Jair Bolsonaro (sans parti), n’a rien fait pour freiner la propagation du covid-19. Plus que cela, il a agi pour permettre à la maladie de se répandre dans tout le pays, tuant des centaines de milliers de personnes. Lire la suite

Le plan d’ensemble de Daniel Ortega

MANAGUA – Les processus électoraux en Amérique latine sont plus ou moins imparfaits, mais ils ont lieu et, à quelques exceptions près, les votes des citoyens sont comptabilisés de manière transparente. Ce sont des systèmes démocratiques qui n’ont pas encore réussi à résoudre les problèmes fondamentaux de nos sociétés, et dans certains pays, la crédibilité des institutions s’est détériorée, mais les électeurs peuvent corriger le tir. Ce n’est pas le cas au Nicaragua.

En novembre de cette année, des élections auront lieu pour élire le président et le vice-président, et pour renouveler tous les sièges de l’Assemblée nationale. La décision ferme de Daniel Ortega, devenu président pour la deuxième fois en 2007, est de se faire réélire une nouvelle fois, avec son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo. Il atteindrait ainsi 20 années consécutives au pouvoir, sans compter les 10 années où il a gouverné pendant la période de la révolution dans les années 1980, ce qui dépasserait de loin tout membre de la famille Somoza, qui a gouverné le pays directement ou indirectement entre 1937 et 1979.

Ces dernières semaines, le plan d’ensemble élaboré pour empêcher la tenue d’élections démocratiques a été mis en œuvre, et ses résultats commencent à être palpables. Lire la suite

Chili : territoire féministe, rebelle et constituant

Découvrez ce qui se passe actuellement au Chili, après la victoire de la gauche et des mouvements sociaux à l’élection de l’Assemblée constituante

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Depuis la révolte sociale qui a commencé le 18 octobre 2019, le Chili connaît un processus de changement politique et social alimenté par les mouvements sociaux et par les citoyens en général. C’est une réponse à la crise de représentativité dans les pouvoirs institutionnels et au malaise social des secteurs populaires.

Les 15 et 16 mai 2021, le pays a connu un processus électoral historique, choisissant des représentants des gouvernements locaux et régionaux (maires, conseillers/ères municipaux/les, gouverneurs/eures) et leurs représentants pour l’Assemblée constituante. La grande surprise du jour des élections a été la victoire des secteurs de gauche, progressistes et indépendants. La convention chargée de rédiger la nouvelle Constitution sera composée, environ, à 80% de secteurs critiques pour le modèle actuel. Lire la suite

Nous exigeons l’expulsion des envahisseurs de notre territoire

Communiqué urgent du Peuple Munduruku

Tout le peuple Munduruku est indigné par l’annulation de l’opération de la Police Fédérale dans notre région. L’opération ne peut pas se terminer maintenant, alors que les orpailleurs attaquent nos leaders. Nous ne comprenons pas comment l’opération peut quitter notre territoire en ce moment de tant de danger pour nous. Nous crions à l’aide ! Lire la suite

Colombie : Un mois après le début de la grève nationale, nous exigeons la fin de la violence de l’État et une enquête internationale sur les crimes de l’État colombien

(Harare : 28 mai 2021) Un mois après le début de la grève nationale contre les mesures néolibérales de réduction de droits, de privatisations et de flexibilisation du travail, les organisations et mouvements sociaux soussignés sont solidaires du peuple colombien et exigent la fin immédiate de la violence brutale de l’État et para-étatique contre les jeunes, les femmes, les paysans/paysannes, les travailleurs/travailleuses et les peuples autochtones qui n’ont cessé de manifester pour leurs droits.

La résistance ininterrompue a remporté quelques victoires, mais elle ne s’arrêtera pas tant que l’offensive ultra-libérale du gouvernement ne sera pas inversée. Le peuple colombien ne renoncera pas à la mise en œuvre effective de l’accord de paix, aujourd’hui remis en cause par les actions du gouvernement visant à le démanteler, ainsi que par le non-respect de l’obligation de l’État de protéger la vie des leaders sociaux, piliers de la construction de la paix en Colombie, qui sont aujourd’hui massacrés par des groupes armés illégaux, principalement des narco-paramilitaires. Lire la suite

La désinformation empêche les populations autochtones de se faire vacciner, interview de Sônia Guajajara

Les autorités travaillent à partir d’une base de 410 000 autochtones. Ce qui fait que 42% de la population est exclue du programme de vaccination. [1]

La désinformation propagée par le gouvernement fédéral au sujet de la pandémie et de la sécurité des vaccins, frappe durement les communautés autochtones.

« Nous, populations autochtones, sommes confrontées à de nombreux problèmes. Parce la désinformation est arrivée avant les vaccins, par WhatsApp et d’autres moyens. Y compris par des extraits du propre discours du président », déclare Sônia Guajarara, coordinatrice de l’Apib (Articulation des peuples indigènes du Brésil).

Lors d’une conversation destinée à l’émission BdF Entrevista , diffusée tous les vendredis, sur Rede TVT ainsi que sur les réseaux sociaux de Brasil de Fato, cette femme autochtone de la Terre indigène Arariboia, dans l’État du Maranhão, révèle que de nombreuses personnes ont refusé de se faire vacciner et que les infox concernant les vaccins sont la cause de beaucoup de confusion parmi la population autochtone. Lire la suite

« Le feminisme est une manière de voir la vie, de la construire et de la traverser »

Les femmes et les mouvements féministes ont rythmé la plupart des principales mobilisations sociales de ces dernières années, dans une grande partie de l’Amérique latine. Un rôle prépondérant, un dévouement sans limite, une force libératrice, ainsi peut-on résumer la démarche de Lucila Puyol, membre depuis sa création du groupe argentin H.I.J.O.S. (Hijos e Hijas por la Identidad y la Justicia contra el Olvido y el Silencio). Madame Puyol est la fille de deux militant·es des années 1970. Son père est porté disparu depuis décembre 1976 – au plus fort de la dictature militaire – et sa mère a été prisonnière politique pendant près de six ans, entre 1975 et 1980. Elle se définit comme féministe, militante des droits humains et du genre. Elle est également avocate dans des affaires où des crimes contre l’humanité sont jugés. Depuis décembre 2019 – avec l’arrivée du gouvernement d’Alberto Fernández -, elle est Secrétaire des droits humains et de la diversité, dans la province de Santa Fe, Argentine. Interview. Lire la suite