Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

 « Ne sous-estimez pas les politiciens évangéliques en Amérique latine ». Le mariage entre néolibéralisme et évangélisme

Tiré d’un article de Taylor C. Boas sur les évangéliques et le pouvoir politique en Amérique latine [publié dans ReVisata, Harvard Review of Latin America, 9 février 2021], notre titre est une autre façon de dire que – bien que l’origine grecque du terme euangelion, suggère « l’arrivée d’une bonne nouvelle » – le nombre croissant d’évangéliques en Amérique latine est une très mauvaise nouvelle pour les droits de l’homme. Ces droits qui sont une abomination pour les obsessions fondamentalistes.

Avec son livre Plano de Poder: Dios, Os Cristãos e A Política (Plan de pouvoir: Dieu, les chrétiens et la politique, Ed. Tomas Nelson, 2008), l’« évêque » évangélique brésilien, le milliardaire Edir Macedo [1], annonce que le projet évangélique postmoderne consiste à « révéler, conscientiser et réveiller les chrétiens pour une cause bibliquement annoncée », à savoir le « grand projet de construction nationale » de Dieu concrétisé par un « projet de pouvoir politique ». Cette fois, les « élus » ne sont pas les Israélites, mais les adhérents du Réveil chrétien.

Au cours des trois dernières décennies, les évangéliques d’Amérique latine sont passés du statut de missionnaires étrangers [pour l’essentiel venant des Etats-Unis], marginaux, à celui de puissants porte-parole politiques. Expliquer leur essor comme un phénomène religieux dans lequel les animées « églises de garage » des quartiers urbains pauvres ont remplacé l’église catholique, théologiquement figée, n’est pas très éclairant. En termes quantitatifs, cela semble assez simple : ils ont transformé leur poids numérique en capital politique. Mais le point important est que l’arène politique dans laquelle ils opèrent est le néolibéralisme dont ils sont devenus, en tant qu’une sorte de superstructure théologique ou du moins de justification, l’une des nombreuses têtes monstrueuses de cette Hydre. Lire la suite

Nicaragua: et maintenant ?

Para quien tuvo ojos para ver, lo que ocurrió el 7 de noviembre en Nicaragua no fue un proceso electoral, sino una descarada ficción montada por Ortega y Murillo con el propósito de “reelegirse” sin tener que enfrentar a ningún oponente. Todo ello para seguir controlando y desangrando el estado, protegerse frente evidencias de sus crímenes y continuar engordando los negocios familiares y de sus soportes en todos los poderes: la emergente burguesía rojinegra.

Pour qui a des yeux pour voir, ce qui s’est passé le 7 novembre au Nicaragua n’a pas été un processus électoral, mais une fiction éhontée mise en scène par Ortega et Murillo dans le but de « se réélire » sans avoir à affronter d’opposants. Tout cela pour continuer à contrôler et à saigner l’État, pour se prémunir contre les preuves de leurs crimes et pour continuer à engraisser leurs entreprises familiales et celles de leurs soutiens dans toutes les instances de pouvoir : la bourgeoisie rouge et noire émergente. Lire la suite

Les bananes au goût de sang : comment Chiquita a alimenté le conflit armé en Colombie 

La région bananière d’Uraba fut l’un des épicentres de la terreur, au cours du conflit armé colombien. Or, la multinationale Chiquita fut partie prenante de cette guerre. À l’heure où s’élaborent, aux niveaux belge et international, des législations contraignantes sur le devoir de vigilance et les activités des entreprises en matière de droits humains, un détour par cette histoire s’avère éclairant, estime Frédéric Thomas, docteur en sciences politiques et chargé d’étude au CETRI (Centre tricontinental). Lire la suite

Déclaration du Palima sur l’impasse sanitaire en Martinique (plus communiqué intersyndicale 30/11/2021)

Depuis plusieurs jours, des troubles sociaux graves se déroulent en Guadeloupe. 

Les longs mois de lutte du peuple guadeloupéen contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale, la misère et le chômage des jeunes, ont laissé dans la plus parfaite indifférence un gouvernement français autoritaire, cynique et immature. C’est ce comportement irresponsable de l’Etat français et le refus affiché d’entamer avec le mouvement social en cours un dialogue respectueux, à la hauteur des enjeux posés, qui expliquent l’explosion de violence actuelle. L’envoi sur le sol guadeloupéen de gardes mobiles et des corps d’élite du GIGN et du RAID ne fera qu’envenimer une situation déjà hors de contrôle. La seule issue possible à cette crise est dans l’ouverture immédiate de négociations avec les forces sociales.

Le même scénario se dessine en Martinique. 

La large mobilisation entamée contre la loi du 5 août sur l’extension du pass sanitaire et l’obligation vaccinale n’a, à ce jour, abouti qu’à une caricature de médiation repoussant au 30 décembre la date limite du schéma vaccinal complet pour des milliers de professionnel.le.s menacé.e.s d’être privé.e.s de leurs salaires en cas de refus de se faire vacciner. Face à cette impasse, une grève générale regroupant les grandes centrales et une vingtaine de syndicats a été lancée ce lundi 22 novembre.

Comme en Guadeloupe, les principales institutions politiques de Martinique se singularisent par leur silence et leur immobilisme sur ce dossier. Il risque d’être trop tard demain. Lire la suite

La pression exercée par le mouvement noir brésilien atteint le Sénat des États-Unis et contribue au veto sur l’utilisation des fonds pour l’élimination des quilombos à Alcântara-MA

Communiqué de la Coalition Noire pour les Droits

L’accord dit de sauvegarde technologique, signé en mars 2019 par Trump et Bolsonaro, prévoit l’utilisation exclusive du territoire pour le gouvernement américain et ferait partir, sans consultation préalable, plus de 800 familles quilombolas qui y vivent…

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La mobilisation organisée du Mouvement Noir Brésilien a eu un résultat victorieux lundi dernier, le 18 octobre 2021, avec la nouvelle du veto de la Commission du Sénat des États-Unis sur l’utilisation de fonds gouvernementaux pour déplacer environ 800 familles quilombolas du territoire d’Alcantara, dans le Maranhão (Nord-est du pays). L’État brésilien recevrait jusqu’à 10 milliards de R$ par an de la part des États-Unis afin que le territoire ne soit accessible qu’aux Nord-Américains pour des essais aérospatiaux. Lire la suite

Note de dénonciation de tous les actes de violence sur la Terre Indigène Serrinha – Institut Kaingáng

L’organisation autochtone Institut Kaingáng (INKA) dénonce publiquement et avec véhémence tout acte de violence physique, séquestration, intimidation, torture, mort et toute forme d’oppression contre les aînés, les enfants, les femmes et les hommes autochtones du peuple Kaingáng, résidents de la Terre Indigène Serrinha (TI) dans le Rio Grande do Sul où se trouve le siège de l’INKA qui travaille pacifiquement à l’éducation et à la culture autochtone dans la région depuis près de 20 ans.

L’INKA ne tolère aucune sorte d’agression et cherche, au long de son parcours, à revitaliser, renforcer et valoriser la culture Kaingáng, dont la base est le respect de nos aînés, ancrage de la sagesse du peuple Kaingáng. Lire la suite

Bartolina Sisa : une combattante aymara contre l’Empire espagnol

BARTOLINA

Bartolina Sisa était une femme indigène de l’ethnie Aymara, marchande et guerrière qui a mené les luttes durant le soulèvement contre le colonialisme espagnol, avec Tupac Katari, son compagnon et chef des insurgés, roi inca des Aymaras et vice-roi de l’Empire Inca. Luttant contre la domination des Espagnols, les groupes indigènes ont combattu l’oppression que subissaient leurs peuples.

L’invasion espagnole du continent américain a été responsable de l’introduction de pratiques violentes et d’exploitation marquées par le patriarcat, le racisme, le développement du capitalisme et l’esclavage. Bartolina était l’une des femmes qui ont pris le commandement des rebelles dans sa région. Se battant avec un fusil et beaucoup de détermination, Bartolina et d’autres compagnes, telles que Gregoria Apaza, ont organisé des bataillons civils contre l’Empire espagnol. Bartolina était responsable du recrutement, de l’organisation logistique des approvisionnements et de la circulation sur le territoire rebelle. Lire la suite

Journalisme et engagement éthique contre la désinformation

Le 29 juillet 2021, la Fédération Argentine des Travailleurs de la Presse (FATPREN), une organisation syndicale de second rang qui regroupe les syndicats de presse de la République argentine, a proposé un « Pacte éthique contre la désinformation ».

La proposition doit être soulignée comme un important pas en avant dans la civilisation démocratique.

L’initiative précise que la lutte contre « les campagnes de désinformation intentionnelles relève de la responsabilité de tous, notamment des médias, dans leur rôle de contrôle et de vérification de l’information ». Lire la suite

Contre la xénophobie et le racisme, la lutte pour la vie

À qui de droit,

En accord avec les Conseils de bon gouvernement zapatistes, le CCRI-CG de l’EZLN et les communautés indigènes zapatistes, nous déclarons ce qui suit :

Premièrement.- Ces derniers jours, nous avons été témoins du traitement inhumain infligé par l’État mexicain aux migrants qui essaient de sortir du piège, muet et invisible, où ils se trouvent dans la ville de Tapachula, de l’État du Chiapas, au Mexique. 

Deuxièmement.- Comme les gouvernements précédents, l’actuel gouvernement mexicain a répondu aux dénonciations et revendications des citoyens contre ces actes de cruauté en promettant des sanctions contre les « excès » commis par les agents de l’Institut national de migration (INM). Cette promesse n’est qu’un mensonge de plus. On dit aux agents que c’est ce qui va être dit publiquement, pour éviter la pression de la dite opinion publique, mais qu’ils doivent continuer avec leurs méthodes de traque humaine sans craindre les conséquences. Aucun migrant ne doit aller au-delà du Chiapas.  Lire la suite

Trente ans de lutte pour l’avortement au Mexique, la victoire enfin !

Un premier « ballon d’essai » avait eu lieu avec une dépénalisation de l’avortement au Chiapas en 1991… Cet article historique permet de mesurer le chemin parcouru et la précocité des luttes qui ont permis cette victoire. Et comme à l’époque, la question des stérilisations forcées contre les femmes Indiennes reste entière, tout comme celle des conditions pour exercer dignement la maternité.

L’avortement au Mexique.

Coup de tonnerre dans un ciel serein…

Le 11 Octobre 1990, dans le plus grand secret, les député-e-s de l’Etat le plus « marginalisé » de la République mexicaine, le Chiapas, votent la dépénalisation de l’avortement. Quand la nouvelle apparaît finalement dans la presse, plus d’un mois plus tard, c’est la stupeur générale. Le Gouverneur prétend avoir répondu aux pressions en faveur de l’avortement d’un groupe de femmes chiapanèque, le GAM [1], mais celui-ci dément aussitôt. En effet, le scandale s’annonce : alors que différents groupes féministes du pays (particulièrement de Mexico) s’empressent de saluer dans la presse cette « victoire » et souhaitent que l’ensemble des Etats mexicains dépénalisent à leur tour l’avortement, la puissante hiérarchie catholique s’étrangle et appelle la population à manifester en masse contre ce « crime », bientôt appuyée par la branche mexicaine de la puissante organisation nord-américaine « Pro-Vie ».

Le 31 Décembre, courageusement, les député-e-s suspendent la loi et sollicitent un avis de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (récemment crée par le gouvernement fédéral, et qui n’a aucun pouvoir de décision). Il s’agit surtout de gagner du temps pour préparer tranquillement les prochaines élections qui vont avoir lieu en Août 1991. Lire la suite

Brésil. 7 septembre : « Descendez dans la rue pour faire échec au golpisme »(plus autres textes)

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Editorial Esquerda Online

Bolsonaro menace le peuple brésilien. Alors que la faim progresse, que l’inflation s’envole, que le chômage n’a jamais été aussi élevé et que le covid continue de faire des victimes, les partisans fanatiques de Bolsonaro sont convoqués pour une action de type d’Etat le 7 septembre, une initiative structurée sur un affrontement avec le pouvoir judiciaire (STF-Tribunal suprême électoral et TSE-Tribunal supérieur électoral). Avec cela, une très grave crise politico-institutionnelle se profile dans le pays.

Affaibli et de plus en plus rejeté par la population, Bolsonaro se radicalise pour tenter de survivre. Sa méthode est celle du fascisme : mobiliser la base extrémiste, utiliser l’intimidation des milices pour imposer la terreur. Il est temps de mettre un terme au « golpisme ». Descendons dans la rue le 7 septembre – de manière pacifique et organisée – pour montrer que la majorité du peuple brésilien n’accepte pas les menaces autoritaires et veut mettre fin à ce gouvernement criminel. Nous sommes la majorité : dehors Bolsonaro ! Lire la suite

Paroles des peuples zapatistes

13 août 2021. Sœurs, frères, frœurs, Compañeros, compañeras, compañeroas, Par nos voix parlent les communautés zapatistes. Nous voulons d’abord vous remercier. Vous remercier de nous avoir invités. Vous remercier de nous avoir reçus. Vous remercier de nous avoir logés. Vous remercier de nous avoir nourris. Vous remercier d’avoir pris soin de nous.

Mais surtout vous remercier de vous être mis d’accord, malgré vos différences et vos contrariétés, pour ce que nous faisons aujourd’hui. Cela vous paraîtra peut-être peu de chose, mais pour nous, les peuples zapatistes, cela est très grand. Lire la suite

Nicaragua. A la croisée des chemins

 Les scénarios possibles qui peuvent découler des événements récents (emprisonnement d’opposants, farce électorale de novembre 2021, répression généralisée, etc.), nous obligent à effectuer une analyse basée sur les données concrètes du moment qui peuvent indiquer les tendances potentielles du comportement futur des pouvoirs en place, à court, moyen et long terme.

 Introduction. Les caractéristiques de l’économie nicaraguayenne montrent que le secteur agro-pastoral est le plus important générateur d’emplois, représentant 43,6% de l’emploi national. Les exportations primaires représentent 29,3% d’un bassin d’emplois d’environ 652 000 emplois. Seuls 12,5% des emplois permanents du secteur de l’exportation agricole sont couverts par l’INSS-Institut nicaraguayen de la sécurité sociale (71 700 travailleurs). Lire la suite

Luc Reinette : En mon âme et conscience

Assis au chevet de ma mère âgée de 102 ans, placée sous oxygène depuis plus d’un an pour raisons de santé, mais forte de toutes ses facultés en dehors de la marche, nous regardions ensemble sur l’écran de télévision le reportage sidérant réalisé dans les coulisses des Urgences et de la Réanimation du CHU, lorsque soudain elle me posa cette question : « Et tu ne dis rien ? »

Je lui expliquai que j’étais un simple militant et que l’Organisation à laquelle j’appartiens (FKNG) s’était déjà exprimée, qu’elle avait adopté une position de neutralité vis-à-vis du vaccin, mais avait demandé aux Guadeloupéens, de par leur condition de colonisés, d’exercer leur droit à la souveraineté pour sortir du cadre français, car dans ces moments exceptionnels que nous vivons et face à l’obligation vaccinale et à l’application chez nous du Pass sanitaire, il n’y avait pas d’autre choix que de se soumettre ou se démettre.

« Ce n’est pas suffisant, me répondit-elle, et tu le sais bien. C’est sur la base d’analyses et de convictions que tu as prôné l’Indépendance de la Guadeloupe depuis l’âge de 12 ans et c’est sur la base de ces mêmes convictions et de ton idéal de liberté que tu t’exprimes et agis encore aujourd’hui.

Comme moi aux premiers jours et toi depuis avril 2021 je crois, tu es vacciné, et tu l’as fait en toute conscience et en toute indépendance»

Certes, lui ai-je répondu, mais que vaut ma parole, ma parole à moi qui ne suis pas médecin, dans le climat délétère actuel où les Guadeloupéens s’affrontent sans merci dans un contexte qui frôle l’hystérie qui voit des menaces – y compris physiques – fuser de toutes parts ? Et d’ailleurs qui attend ma parole ?

Malicieusement elle me répondit : « Il y a déjà pour commencer l’une de mes infirmières, qui prétend ne pas être seule à le penser, et qui me demande jour après jour devant la catastrophe qui nous frappe et les pertes humaines qui s’accumulent : pourquoi votre fils Luc ne dit rien ? »

« La haine insensée et irrationnelle qui caractérise actuellement les relations entre Guadeloupéens, et les fakes-news qui abreuvent les réseaux sociaux (souvent reprises par des personnes à priori intelligentes) ont alors convoqué dans mon esprit deux tragédies humaines qui me hantent encore. » Lire la suite

L’APIB dénonce Bolsonaro devant la CPI, à La Haye, pour génocide autochtone

L’Articulation des peuples autochtones du Brésil (Apib) a déposé, ce lundi (9), une déclaration devant la Cour pénale internationale (CPI) pour dénoncer le gouvernement de Bolsonaro pour génocide. En cette date qui marque la Journée internationale des peuples autochtones, l’organisation demande au procureur de la Cour d’examiner les crimes perpétrés contre les peuples autochtones par le président Jair Bolsonaro depuis le début de son mandat, en janvier 2019, avec une attention particulière sur la période de la pandémie Covid-19.

Sur la base des précédents de la CPI, l’Apib demande une enquête pour crimes contre l’humanité (article 7. b, h. k du Statut de Rom  – extermination, persécution et autres actes inhumains) et génocide (art. 6. B et c du Statut de Rome – causer des dommages physiques et mentaux graves et infliger délibérément des conditions visant à la destruction des peuples autochtones). Pour la première fois dans l’histoire, des peuples autochtones se présentent devant la CPI, avec le soutien d’avocats autochtones, pour se défendre contre ces crimes. Lire la suite

« Stévia », par Helena Zelic

Le poème tisse une critique de l’expropriation des terres et du modèle de production de Coca-Cola.

« Stévia » est un poème en l’honneur de la résistance du réseau Solidarité des Femmes Haïtiennes [Solidarite Fanm Ayisyèn – SOFA] contre l’expropriation de leurs terres destinées à l’agriculture biologique et à l’éducation populaire. Le poème a été inspiré par un matériel produit par Capire. Le territoire où opère la Ferme École d’Agriculture Biologique « Délicia Jean » a été revendiqué par Andy Apaid Jr., un magnat haïtien connu pour avoir dirigé la coalition qui, en 2004, a mené un coup d’État en collaboration avec les États-Unis. L’action d’occupation du territoire, organisée par Apaid, a été brutale avec les militantes de SOFA et a détruit les clôtures érigées par les participantes au projet, qui délimitaient un territoire d’égalité et de production sans poison ni exploitation. Le but de l’usurpation de ces terres est de produire du stévia pour fabriquer des édulcorants à l’usage du Coca-Cola.

« Stévia » est un poème inédit d’Helena Zelic, militante de la Marche Mondiale des Femmes au Brésil, communicatrice et poète, auteure de livres tels que La libération de Laura (A libertação de Laura, 2021) et Pendant un tremblement de terre (Durante um terremoto, 2018). Lire la suite

Femmes noires récoltent l’agroécologie et l’autonomie dans les Caraïbes

Nous célébrons aujourd’hui la Journée de la femme noire d’Amérique latine et des Caraïbes, fruit de la 1ère Rencontre des Femmes Noires d’Amérique Latine et des Caraïbes, qui a eu lieu en République Dominicaine en 1992. Par conséquent, nous publions aujourd’hui une conférence de presse avec Benita Cordero, Juana Ferrer et Vanessa Rodríguez, militantes paysannes noires, membres de la Confédération Nationale des Femmes Rurales (Conamuca) en République Dominicaine. Elles nous parlent des pratiques d’organisation et de combat actuelles des femmes noires et paysannes dans le pays et dans la région des Caraïbes. Lire la suite

« T’es au courant, camarade ? A propos du soutien de la gauche au gouvernement cubain, sans tenir compte des expériences des Cubains noirs »

Juan Fernando a 31 ans, il est cubain, noir et docker au port de La Havane, dans cet ordre, comme il le souligne. Le matin du 11 juillet, Juan a reçu par WhatsApp et Facebook des vidéos montrant une sorte de révolte à San Antonio de los Baños, une ville située au sud-est de La Havane, dans la province occidentale d’Artemisa.

Juan a rapidement négligé les vidéos et n’a pas fait grand cas de l’affaire. Après tout, au cours des derniers mois, Cuba a connu des manifestations sans précédent de dissidence publique de masse. Le mouvement de San Isidro, le #27N [voir à ce sujet l’article publié sur ce site en date 14 décembre] et les manifestations individuelles de frustration à l’égard du système dans toute l’île ont remis en question le message officiel de consensus social et de soutien au Parti. Comme le dit Juan, « rien ne change jamais, alors pourquoi trop y penser ? ». Mais Juan avait tort. Rien de tel n’est jamais arrivé dans le Cuba révolutionnaire.

La protestation à San Antonio de los Baños s’est rapidement répandue dans tout le pays. Palma Soriano, Camaguey, Holguin, Matanzas, La Havane et des dizaines d’autres villes ont connu des manifestations de masse ce jour-là. Les Cubains étaient furieux des coupures de courant omniprésentes, des pénuries de médicaments, de nourriture et de tout ce que l’on peut imaginer, et frustrés par la réponse du gouvernement à la pandémie de Covid-19. Ils sont donc descendus dans la rue pour exiger ce qui leur a été refusé. Lire la suite

Les tremblements de terre d’Haïti exigent une solution haïtienne (plus autres textes)

Haïti fait à nouveau la une des journaux, ce qui ne semble se produire qu’en période de crise – un scandale, une catastrophe, la violence. Ces récits dominent l’imaginaire de la plupart des personnes résidant en dehors d’Haïti. Depuis 2010, pour beaucoup, Haïti est synonyme de « tremblement de terre ». Quant aux habitants d’Haïti, ils n’ont pas besoin qu’on leur rappelle « douz janvye » – le 12 janvier – et la réponse de l’aide internationale, car le pays est encore marqué par les répliques humanitaires, ce que Raoul Peck [réalisateur, scénariste haïtien] appelait « l’assistance mortelle ». Haïti est un cimetière de projets d’ONG qui ont échoué, qui sont éparpillés sur le territoire, comme des pierres tombales. Le Palais national, toujours non reconstruit, n’est peut-être pas le meilleur symbole de l’effritement de la souveraineté haïtienne.

Dans la matinée du 14 août 2021, deux tremblements de terre ont frappé le sud de la péninsule le long de la même ligne de faille (Enriquillo-Plantain Garden) que le séisme de 2010 qui a dévasté Port-au-Prince, Léogane et les régions environnantes. Les sismologues haïtiens avaient alors prévenu que le séisme de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter n’avait libéré que très peu de l’énergie accumulée, faisant de la ligne de faille un risque sismique, une bombe à retardement. Les deux séismes à répliques multiples de samedi 14 août se sont produits à un peu plus de 100 kilomètres à l’ouest du tremblement de terre de 2010. Le premier, au nord de Nippes, se situant à 6,9 sur l’échelle de Richter, et le second, près de Saint-Louis-du-Sud, à 7,2. Selon la Direction de la protection civile d’Haïti, le bilan des victimes s’élevait à 1297 morts dimanche après-midi. Lire la suite

Luttez pour la forêt !

La plus grande forêt tropicale du monde est en danger. Dites non au PL 6024 !

Le Système national d’Unités de conservation – SNUC, établi par la loi n° 9985 du 18 juillet 2000, définit les critères et les règles de création, de mise en œuvre et de gestion des Unités de conservation (UC).

Les Unités de conservation sont divisées en deux groupes : les Unités de protection intégrale et les Unités d’utilisation durable. Le premier groupe est composé de station écologique, réserve biologique, parc national, monument naturel et refuge pour la vie sauvage. Le deuxième groupe est composé de zone de protection de l’environnement, zone d’intérêt écologique pertinent, forêt nationale, réserve extractiviste, réserve pour la vie sauvage, réserve de développement durable et réserve privée du patrimoine naturel.

Les avancées en matière de protection de l’environnement se sont toujours faites au prix de nombreuses luttes et d’une mobilisation de portée nationale et internationale ; ce n’est pas un problème d’actualité. L’exploitation prédatrice de la forêt a toujours été associée au « progrès » et la dévastation de la nature est acceptée comme faisant partie du processus de structuration. Mais avec le SNUC et le soutien des organes de contrôle, il a été possible, dans une certaine mesure, de « contrôler » les activités criminelles qui impactent et endommagent la faune et la flore. Lire la suite