Archives de Catégorie: Caraïbes, Amérique Centrale et du Sud

Apostasie collective en Argentine

Suite au refus de la légalisation de l’avortement, des milliers d’Argentins décident de se faire débaptiser

Deux semaines après le refus de la loi sur la dépénalisation de l’avortement, un mouvement d’apostasie collective en Argentine prend de l’ampleur. Vendredi, la Coalition argentine pour un Etat laïc (CAEL) a remis à Buenos Aires près de 4 000 demandes d’apostasie à la Conférence épiscopale argentine, organisme qui réunit les évêques du pays. « C’est la première vague aussi massive depuis la création de la CAEL en 2009. Nous sommes toutefois limités par nos ressources humaines pour traiter une énorme quantité de dossiers. Mais nous ne sommes pas seuls. D’autres organisations du pays gèrent les demandes », souligne César Rosenstein, cofondateur de la CAEL. Et d’ajouter : « Notre objectif est aussi que l’Eglise efface les données des personnes qui ont rempli les documents d’apostasie. Pour l’instant, elle s’y refuse, ce qui constitue une violation de la loi sur la récolte des données. » Lire la suite

Aborto libre, legal, seguro, y gratuito

« Le présent rapport dresse une analyse des évolutions du cadre légal chilien en matière d’accès à l’avortement, notamment au travers de l’adoption de la Loi 21.030. Il examine d’abord la situation de la majorité invisible des femmes, celle qui est exclue du cadre de cette loi et pour laquelle tout avortement légal et sûr demeure interdit et criminalisé. Le rapport analyse ensuite le contenu de la nouvelle législation chilienne et de ses décrets d’application, en soulignant leur caractère restrictif et les nombreux obstacles qui entravent aujourd’hui encore l’accès à l’avortement des femmes se trouvant dans les trois situations exceptionnelles prévues par la loi. Enfin, nos organisations adressent un ensemble de recommandations visant à protéger les droits des femmes et des filles chiliennes et à garantir leur accès aux droits sexuels et reproductifs et à l’avortement ». Lire la suite

Troisième déclaration du Forum des journalistes indépendants contre la répression du régime orteguiste

Depuis plus de 140 jours, tous les médias indépendants rendent compte des manifestations citoyennes qui ont eu lieu dans le pays. A leur origine : la (contre)réforme du système de retraite de l’Institut nicaraguayen de sécurité sociale (INSS). Elles ont pris de l’importance face à la réponse violente et répressive du régime de Daniel Ortega (président) et de Rosario Murillo (vice-présidente), dont le bilan terrible [morts, prisonniers politiques, disparu·e·s, blessé·e·s à vie, menaces d’arrestations, condamnations pour « terrorisme » hors de toutes les normes légales, etc.] a attiré l’attention du monde entier. Lire la suite

Féminisme du Sud : une critique systémique

En moins d’un mois, la mobilisation féministe chilienne a installé et stimulé un intense débat public sur le rôle et le potentiel du féminisme actuel dans la refondation d’une gauche pour le XXIe siècle. C’est sans aucun doute une expérience majeure de projection systémique et une irruption idéologique dans le champ de la politique anticapitaliste. Lire la suite

Conflit entre États latino-américains et entreprises transnationales

Les défis de la région face à des traités d’investissement asymétriques

Les positions politiques et les législations relatives à l’investissement étranger se sont polarisées en deux points de vue opposés. D’une part, l’un suppose que l’investissement direct étranger (IDE) est essentiel pour susciter un bond dans le développement économique des pays de la périphérie, impulsant ainsi leur promotion, voire générant une certaine concurrence entre les pays désireux d’attirer cet investissement par des mesures incitatives. D’autre part, l’autre considère que les pays doivent légiférer sur l’IDE et le réglementer de manière à donner la priorité aux intérêts nationaux et à générer des stratégies et dynamiques propres de développement économique et social durable, et de défense du patrimoine national, sans les subordonner au seul objectif de maximisation des profits ni à la logique des décisions du capital étranger privé, toujours changeante et incertaine. Lire la suite

L’œuvre négative du colonialisme français aux Antilles. La production et la reproduction d’une pigmentocratie

La Guadeloupe et la Martinique sont célébrées dans le discours dominant comme le symbole du métissage réussi. L’angle mort de ce discours est celui de la reproduction de ce que Raphaël Confiant  nomme la « pigmentocratie1 » qui structure le système social des Antilles dites « françaises » de l’époque esclavagiste et coloniale jusqu’à aujourd’hui. Ce système social reste en effet caractérisé, rappelle le chercheur canadien Adrien Guyot, par « une hiérarchisation sociale basée sur les notions de race et de couleur, amenant par là même la création de néologismes comme « éthnoclasse » pour faire référence aux classes sociales dont le principal critère d’appartenance est l’ethnie2 ». Sur le plan économique la structure des Antilles dites « françaises » reste coloniale. La prise en compte des contextes historique, économique et géostratégique est incontournable pour saisir cette réalité coloniale qui se reproduit. Lire la suite

Dora María Téllez : « Ortega est un tyran désespéré »

La commandante guérillera Dora María Téllez confie que, quoique cela ne lui aurait pas déplu, ce n’est pas elle l’instigatrice des protestations qui depuis le mois d’avril dernier menacent de faire vaciller le régime de Daniel Ortega.

La commandante guérillera Doria Maria Téllez a été accusée de tirer les ficelles des protestations qui ont commencé en avril dernier. Ce qu’elle nie, bien qu’elle avoue volontiers qu’elle aurait aimé jouer ce rôle.

Dans cet entretien elle explique qu’à 63 ans, elle ne redoute pas les menaces de l’orteguisme, cependant elle se dit inquiète du fait que quelqu’un soit « lâché » pour assassiner certains dirigeants de la protestation civique et qu’ensuite l’acte soit imputé tout simplement à un sympathisant en colère1.

Par ailleurs, elle dépeint le président Daniel Ortega comme un homme uniquement préoccupé par le pouvoir et par l’argent et qui ne se soucie pas de la vie des Nicaraguayens. Lire la suite