Archives de Catégorie: Canada/Québec

Une, c’est déjà une de trop

Le féminicide est le « meurtre d’une femme au simple motif qu’elle est une femme, quel que soit le contexte », rappelle le Conseil du statut de la femme du Québec. En 2020, neuf femmes québécoises ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Nous venons de dépasser ce sommet en 2021, et nous ne sommes qu’en avril. Dix femmes ont été assassinées en autant de semaines. C’est du jamais vu, s’accordent à dire les intervenantes et intervenants en violence conjugale du Québec. Lire la suite

Pour une alternative démocratique au crépuscule de l’ère néo-libérale

couverture-1re-20-ans-altermondialisme

De l’introduction, introduction-au-livre-dattac-quebec-vingt-ans-daltermondialisme-au-quebec/, publiée avec l’aimable autorisation de M éditeur, je souligne le rappel des mobilisations au Québec, les solutions élaborées par des altermondialistes, « aborder les problèmes en considérant leur dimension locale, mais dans un contexte global et selon une pensée internationaliste ; assurer les droits de chacun·e et les égalités entre les individus ; planifier la transition écologique dans ses aspects les plus divers ; entrevoir d’importants mécanismes de distribution de la richesse ; diversifier les modes de production, sortir du consumérisme et démanteler les entreprises transnationales ; protéger le bien commun et réduire autant que possible la marchandisation », les leçons des combats menés… « Dans ce livre, nous n’avons certes pas l’intention de couvrir entièrement un sujet aussi large que l’altermondialisme, qui laisse place à tant de points de vue et tant d’interprétations. Néanmoins, nous sommes convaincu·es que les diverses analyses et différents témoignages présentés ici pourront efficacement nourrir la réflexion et offrir quelques jalons à une discussion dont nous souhaitons qu’elle se poursuive encore longtemps »

Lire la suite

Dis-moi Maman, ça veut dire quoi être #payée au féminin ?

C’est une façon de dénoncer : au Québec, les emplois traditionnellement occupés par les femmes n’ont pas la même rémunération que ceux détenus par les hommes. Eh oui ! la discrimination salariale est bien réelle chez nous, ma fille, même en 2021.

Une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démontre qu’il existe un écart salarial de 24% entre les emplois à majorité masculine des sociétés d’État (Hydro-Québec, Loto-Québec, etc.) et les emplois à majorité féminine de l’administration publique (réseau de la santé et des services sociaux, éducation, fonction publique). Ça peut sembler compliqué, ma fille, mais en résumé, ça veut dire que la majorité des femmes qui sont employées par l’État sont sous-payées quand on les compare avec leurs collègues masculins. Juste parce qu’elles travaillent dans des sous-secteurs où les femmes sont majoritaires ! Lire la suite

Introduction au livre d’ATTAC-Québec : Vingt ans d’altermondialisme au Québec

Avec l’aimable autorisation de M éditeur

Le Sommet de Québec en 2001 a fortement marqué les militante·s qui y ont participé. Ce Sommet suivait d’autres rencontres internationales du même type, dont la ministérielle de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) à Seattle, en 1999, alors que beaucoup de personnes dans le monde militant partageaient l’impression que le sort de l’humanité se décidait derrière les portes closes d’hôtels luxueux. S’y rassemblaient élue·s et riches patrons, pendant que, dans la rue, la population essayait de faire entendre sa voix, subissant pour cela une forte répression policière.

À Québec, en mai 2001, tout était en place pour qu’éclate le drame. Les gouvernements des Amériques avaient concocté en secret, sous l’impulsion des plus importantes entreprises, un immense accord commercial qui permettrait de marchandiser les principaux secteurs de l’économie. Ces gens avaient préparé leur mise en scène qui devait se terminer par une photo des chefs des États d’Amérique (sauf Fidel Castro, qui n’avait pas été invité) réunis sur la terrasse Dufferin, et par l’annonce d’une prospérité relancée grâce à la nouvelle Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Lire la suite

Pourquoi les femmes marchent ?

Parce qu’elles sont pauvres. Parce qu’elles sont victimes de violences de toutes sortes. Parce que la planète est en péril. Parce que nous sommes solidaires envers nos sœurs autochtones ! En solidarité avec toutes les femmes pour une justice. Elles marcheront le 24 avril à midi.

Pourquoi les femmes marchent ?

Parce qu’elles sont pauvres.

Elles sont 2 fois plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel

À temps plein les femmes gagnent encore que 89,5% du salaire hebdomadaire moyen des hommes

En 2018, 147 917 femmes sont prestataires de l’assistance sociale, comparativement à 170 312 hommes.

Les femmes travaillent gratuitement en dehors du marché du travail pour prendre soin des enfants, des membres de la famille.

Elles représentent la majorité des proches aidantes.

Nous demandons de :

Reconnaître pleinement la valeur du travail des femmes en assurant un revenu qui couvre tous les besoins essentiels, notamment, en haussant immédiatement le salaire minimum à 15 $ de l’heure Lire la suite

Dans l’action le 23 avril et le 1er mai (plus autres appels)


Lire la suite

Les féminicides, ça suffit, pas une de plus ! (plus trois textes)

Allocution prononcée le 2 avril par Lucie Gosselin durant la manifestation organisée à Québec contre les féminicides.

Quand le comité organisateur de la mobilisation citoyenne d’aujourd’hui m’a demandé de prendre la parole au nom des centres de femmes de Québec, Chaudière-Appalaches et Portneuf, je me suis demandé quel serait le message le plus important à vous transmettre de la part des centres de femmes devant l’augmentation de la violence conjugale et des féminicides pendant cette pandémie. Depuis plusieurs semaines, les médias en parlent presque chaque jour, on dit que la violence augmente parce que les femmes sont davantage isolées, ce qui a largement été démontré d’ailleurs par les centres de femmes, les maisons d’hébergement, les lignes d’écoute et même par les statistiques de la police. Lire la suite

La prostitution est un crime racisé de haine contre les femmes

Les racistes s’en prennent à l’humanité des personnes qu’ils attaquent.

Dans les décès survenus dans le spa d’Atlanta, deux femmes chinoises et quatre femmes coréennes ont été la cible d’un meurtre de masse commis par un homme blanc raciste. 

Nous nous demandons, qui sont les femmes qui ont été assassinées ? Quelles forces les ont canalisées vers les maisons closes de massage d’Atlanta ? Est-ce que leurs familles et leurs ami-e-s les pleurent ? Où sont leurs enfants ? Lire la suite

Mois de l’histoire des Noir.e.s : Mais qui nous protège de la police ?

Il y a déjà une semaine que nous avons lancé une nouvelle édition du Mois d’histoire des Noir.e.s. On est en pleine célébration de la culture des communautés Noir.e.s ici au Québec, de leur héritage et contribution à Tiohtiá:ke / Montréal. On voit des élu.e.s, des porte-paroles de nos institutions publiques, des entreprises, des médias participer aux célébrations !! Mais ils ne peuvent pas célébrer notre culture un jour et continuer à participer à notre déshumanisation l’autre jour ! Vous aimez la diversité des cultures Noires, nos musiques, nos danses, nos bouffes, mais est-ce que vous respectez la vie des Noires, de nos communautés, des personnes noires avec un diversité de parcours et d’expériences ?! Ca ne suffit pas de participer aux Galas, de danser avec nous, de donner des discours vides et banals sans aucune volonté politique, aucun engagement à changer les choses. Lire la suite

La tour de Pise. Une année de misère pour les victimes d’agression sexuelle

La justice est comme la tour de Pise : elle penche toujours du même côté, celui de ceux qui peuvent se payer les meilleurs avocat·es ; de facto, elle penche du côté de ces hommes puissants – des prédateurs sexuels en série – qui ont d’importants moyens financiers. Ils sont acquittés même si tout le monde sait qu’ils sont coupables. Néanmoins, à chaud, nombre de commentateur·trices nous ont expliqué, pour pouvoir nous faire accepter l’injustifiable, qu’on avait le meilleur des systèmes de justice au monde. Trouvez l’erreur ? Lire la suite

La protection des hommes dans les refuges pour femmes

Je travaille à temps partiel depuis 2016 dans un refuge pour femmes sans-abri de l’État du Maine aux USA. Le refuge a été conçu à l’origine comme une alternative au plus grand refuge mixte de notre ville, où de nombreuses femmes avaient trop peur de rester. Ayant peur des viols et des agressions qui y étaient commis et de la facilité avec laquelle les maris, copains et maquereaux violents qu’elles avaient fuis pouvaient les retrouver, les femmes choisissaient plutôt de dormir dans la rue. C’est ainsi qu’un refuge distinct réservé aux femmes a été créé, afin d’offrir aux femmes vulnérables un refuge plus sûr contre la violence masculine. Lire la suite

À l’occasion des Journées internationales contre la violence faite aux femmes, voici notre compte rendu des plus récents meurtres commis par des hommes au Québec

Femmes et enfants tuées par des hommes au Québec depuis un an 

Hugo, 7 ans, et Elise Pomares, 5 ans, tués à coups de poignard le 24 octobre par leur père Jonathan Pomares, 40 ans, cuisinier dans des écoles et en instance de divorce, à Tétreaultville. Il avait fait une tentative de suicide 11 jours plus tôt.

Dahia Khellaf, 42 ans, étranglée avec ses deux fils, Adam, 4 ans, et Askil, 2 ans, à Pointe-aux-Trembles le 9 décembre par l’époux séparé de Mme Khellaf, Nabil Yssaad, 46 ans, un géant qui avait été arrêté plusieurs fois pour voies de fait et voies armées à son égard et avait été enjoint de ne plus approcher de leur domicile. Il s’est suicidé le lendemain en sautant d’un 6e étage, et c’est en allant prévenir la famille que des policiers ont trouvé ses trois victimes. Lire la suite

Un cri du coeur de la Marche mondiale des femmes du Québec pour mettre fin à toutes les violences vécues par les femmes

La Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF) se joint à toutes les citoyennes et tous les citoyens qui se rappellent les quatorze femmes assassinées à l’École polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989. Elles ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes, c’était un véritable féminicide de masse ! Lire la suite

Les refuges pour femmes, obligés de s’adapter à la pandémie, sont essentiels au rétablissement de la société canadienne

En mars, lorsque la pandémie a provoqué une vague de fermetures d’entreprises et de services en Alberta, aucune organisation ne semblait à l’abri. Pendant la période de confinement, les détachements locaux de la GRC dans les petites villes de l’Alberta ont fermé leurs portes d’entrée aux visiteuses sans rendez-vous. Les bureaux des services à l’enfance ont fermé. Les banques alimentaires ont également fermé boutique.

Mais pour les refuges pour femmes de l’Alberta, et même de la majorité du pays, la possibilité de fermer ou d’emballer le bureau pour travailler à domicile n’a jamais été envisagée. Dans le meilleur des cas, le voyage des femmes qui quittent une situation difficile pour se rendre dans un refuge n’est pas facile. C’est pourquoi, en ces temps sans précédent, le personnel des refuges savait qu’il devait être là pour toute femme qui avait besoin d’aide, même si les gouvernements disaient aux gens de rester chez eux. Lire la suite

Appel des femmes autochtones

Plus de 40 femmes autochtones issues de communautés impactées par l’exploitation des sables bitumineux (dont de nombreuses amies et alliées de longue date du CSIA-Nitassinan) ont envoyé une lettre ouverte à 70 grandes banques, assureurs et gestionnaires d’actifs, leur demandant de respecter les droits des Autochtones et de cesser de soutenir financièrement l’industrie qui détruit leurs terres. La lettre souligne les nombreux risques et impacts que l’industrie des énergies fossiles, et plus particulièrement des sables bitumineux, causent dans leurs communautés. La construction de ces projets d’expansion de l’oléoduc les expose à un risque plus élevé de contamination au COVID et de violences sexuelles. L’industrie des sables bitumineux a dévasté les communautés d’Amérique du Nord par l’exploitation minière, l’extraction et le raffinage. Le CSIA-Nitassinan, association membre de la Campagne #KeepItInTheGround, a décidé de traduire et diffuser ce texte majeur pour la protection de la Terre-Mère, de l’eau et du climat. Lire la suite

Violences systémiques, qu’on en finisse ! (plus articles de Allison Hanes et Melpa Kamateros)

Des mois de pandémie et des semaines de confinement au printemps 2020 ont fait ressortir des violences qu’on croyait révolues. D’autres se sont aggravées, intensifiées et transformées: Des violences sexistes et sexuelles, mais aussi la violence de ne pas être vue ou entendue. Les impacts de ces violences systémiques se font sentir chez toutes les femmes, notamment : chez les femmes autochtones, les travailleuses de la santé, chez les femmes racisées et immigrantes, chez les personnes LGBTQ+, chez les femmes en situation de handicap, chez les femmes confinées, incarcérées, sans statut, travailleuses du sexe, et chez les femmes en situation d’itinérance. Lire la suite

Discours, actions et groupes de haine au Québec

« Une odeur putride que l’on croyait du passé refait surface dans l’espace public. Longtemps contraints aux marges, les discours de l’extrême droite sont aujourd’hui portés plus ouvertement par ses propagandistes »

Le collectif Emma Goldman aborde les contextes, les frustrations collectives, les terreaux sur lesquels les forces d’extreme-droite se construisent comme légitimes, « Dans cet ouvrage, nous, le Collectif anarchiste Emma Goldman, souhaitons aborder de front le problème du populisme et de l’extrême droite tel qu’il se présente au Saguenay-Lac-Saint-Jean ». Lire la suite

L’étincelle à la recherche de la poudrière

La rébellion porte sa justification en elle-même, tout à fait indépendamment des chances qu’elle a qu’elle a de modifier ou non l’état de fait qui la détermine. Elle est l’étincelle dans le vent, mais l’étincelle qui cherche la poudrière. André Breton

Si une seule chose m’a donné de la joie ces dernières semaines, ce fut quand les matriarches à Unist’ot’en ont brûlé le drapeau canadien et déclaré morte la réconciliation. Comme un feu sauvage, cela a gagné les cœurs de la jeunesse à travers les territoires (…). La réconciliation était un faux-semblant, un moyen pour eux d’agiter devant nous une carotte et de nous tromper. N’avons-nous aucun droit à la terre volée à nos ancêtres ? Il est temps de tout foutre par terre, de tout fermer ! Tawinikay (ou Femme du Vent du Sud)

Le contenu toxique transporté par les oléoducs canadiens, que ce soit le pétrole des sables bitumineux ou le gaz naturel issu par fragmentation est, de l’avis de tous les climatologues sérieux, une cause majeure, peut-être décisive, du réchauffement global, c’est-à-dire de la catastrophe écologique. Destinés à être un carburant de l’expansion industrielle, les oléoducs sont devenus un carburant de la révolte. Conçus pour transporter ces énergies fossiles d’un lieu à un autre, ils sont un aspect crucial de la normalisation du douteux paradis de la croissance sans limites, devant laquelle sont censés s’agenouiller dévotement tous les citoyens-consommateurs obéissants. Dans cette région que les cartographes coloniaux ont dénommée Colombie Britannique, l’extraction des ressources a toujours été le nom de leur jeu, mais l’essor en février 2020 d’un large réseau d’opposition a été encourageant, qui va des guerriers indigènes qui se battent pour récupérer leurs terres aux vétérans, gardiens des traditions, des activistes d’Extinction-Rébellion aux anarchistes partisans de l’insurrection. Chemins de fer, autoroutes et bateaux ont été bloqués ; les autorités provinciales, les locaux administratifs du gouvernement fédéral, les banques et les sièges des sociétés industrielles ont été occupés. Ce qui a catalysé cette révolte a été le soulèvement indigène généralisé né du refus des illusoires promesses de conciliation. Ensemble, ces forces rebelles ont désorganisé le monde des affaires comme il va, en solidarité avec le clan des Unist’ot’en de la Grande Grenouille et la maison tribale des Wet’suwet’en. Lire la suite

10 idées pour sortir les femmes de la crise (et) Le travail des femmes

10 idées pour sortir les femmes de la crise

Pour bien des femmes au Québec, la crise a commencé bien avant l’arrivée de la pandémie de la COVID-19. Nous ne souhaitons donc pas de retour à la « normale », car cette norme laissait tellement d’entre nous derrière. Nous souhaitons avancer. Et lorsque les femmes avancent, c’est toute la société qui s’en porte mieux. Ce document fut présenté à Mme Isabelle Charest, Ministre responsable de la Condition féminine, le 24 avril 2020 Lire la suite

Féministes néo-écossaises luttant contre le féminicide – Déclaration sur la fusillade de masse commise à Portapique la semaine dernière

Nouvelle-Écosse, 24 avril 2020 – Nous avons le cœur lourd face à la perte de 22 personnes innocentes dans la pire fusillade de masse de l’histoire de notre pays. Nous sommes indignées que les femmes et les jeunes filles de notre province continuent de subir une violence aussi extrême aux mains de leurs proches dans l’endroit où elles devraient se sentir le plus en sécurité – dans leurs propres communautés. Lire la suite