Archives de Catégorie: Canada/Québec

Canicules catastrophiques au Canada

Une vague de chaleur extrême traverse l’ouest du Canada, causant des centaines de morts. La température a atteint 49,6°C dans le village Lytton, en Colombie-Britannique – ce village vient d’être détruit par un feu de forêt – battant des records de tous les temps au Canada.

Ciel enfumé, air pollué, chaleur létale

Au cours de trois des cinq derniers étés, les Britanno-Colombien·nes ont souffert d’événements météorologiques extrêmes. La vague de chaleur historique, qui a déclenché des températures dignes du désert de la Mort – il a fait plus chaud dans la province que dans le désert du Nevada –, s’est déplacée vers l’est en Alberta, a mis les réalités du changement climatique en évidence.

Les climatologues sont prudents lorsqu’ils citent le changement climatique comme la cause d’un événement météorologique particulier. Mais pour elleux, les preuves montrent que les événements extrêmes s’intensifient et deviennent plus fréquents en raison du réchauffement climatique. Lire la suite

Déclaration – Entre tristesse et solidarité avec les peuples autochtones (plus autres textes)

L’atroce découverte des ossements de 215 enfants de la nation Tk’emlups te Secwépemc enterrés sur le terrain d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique, nous a ébranlé·es, nous a choqué·es, mais ne nous a malheureusement par surpris.

Comme une blessure encore béante, ce charnier constitue un rappel brutal des politiques génocidaires pratiquées pendant des siècles par le gouvernement du Canada envers les peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuit. En tout, plus de 150 000 enfants ont été forcés de fréquenter le système des pensionnats, comptant 139 établissements dans le pays, et 6 000 enfants y auraient trouvé la mort. Lire la suite

Reconnaître le génocide et le déni de l’État canadien

Une entrevue avec la juriste et universitaire Crie Tamara Starblanket. Tiré de la revue Canadian Dimension

Tamara Starblanket est une NehiyawIskwew (femme Crie) de la nation Crie Ahtahkakoop dans le cadre du traité 6. Elle est interviewée ici par Aziz Choudry, un écrivain et universitaire basé à Johannesburg, en Afrique du Sud, sur l’histoire du génocide au Canada, les échecs de la réconciliation et l’impératif de la décolonisation. Aziz Choudry est décédé le 26 mai dernier à Johannesburg, peu de temps après avoir réalisé cette entrevue.

Tamara Starblanket est une NehiyawIskwew (femme Crie) de la nation Crie Ahtahkakoop dans le cadre du traité 6. Elle détient un LLM de l’Université de la Saskatchewan et un LLB de l’Université de la Colombie-Britannique. Elle est la doyenne des études au Native Education College. Elle a remporté le prix Nora and Ted Sterling Prize In Support of Controversy pour son livre Suffer the Little Children : Genocide, Indigenous Nations and the Canadian State . Elle est également invitée sur les terres et les voies navigables des nations xʷməθkwəy̓əm (Musqueam), Skwxwú7mesh (Squamish) et Səl̓ílwətaʔ / Selilwitulh (Tsleil-Waututh).

Elle est interviewée ici par Aziz Choudry, un écrivain et universitaire basé à Johannesburg, en Afrique du Sud, sur l’histoire du génocide au Canada, les échecs de la réconciliation et l’impératif de la décolonisation. Lire la suite

Préjugés et discrimination envers les femmes autochtones dans les systèmes de santé et services sociaux : le système colonial qui se perpétue

Kahnawake, 18 mai 2021 — Les articles de la Presse parus le 15 mai dernier, qui s’intitulent « accoucher la peur au ventre » et « après Joyce, la parole libérée », dénoncent les signalements disproportionnés des femmes autochtones à la Direction de la protection de la jeunesse (ci-après DPJ) et fait ressortir la peur des femmes autochtones des services de santé et des services sociaux. Lire la suite

Des nouvelles des prisons Canadiennes

2 juin 2021

À : L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry 190, avenue Bronson Ottawa, ON K1R 6H4

Chère directrice générale de l’ACSEF et membres du conseil d’administration,

Lettre ouverte

En mai 2019, votre organisation, l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF), a tenu son congrès annuel. Des femmes ayant vécu l’expérience de la prison ont été invitées à participer à cette conférence, bien que la majorité des participantes n’aient pas eu d’antécédents criminels.

Lors de votre assemblée générale annuelle du conseil d’administration, une de nos sœurs, avec le soutien de quelques membres choisis, a décidé de prendre la parole. Malgré les risques de dévoiler l’un des pires aspects de son incarcération, elle a raconté l’histoire des traumatismes et du harcèlement sexuel dont elle a été victime en prison.

Elle a expliqué qu’un homme incarcéré avec elle dans l’aile de santé mentale, un pédophile qui a fait des centaines de victimes parmi les filles, a commencé à la cibler et à la harceler. Elle en a été particulièrement perturbée en raison de ses traumatismes passés. Elle a expliqué comment le Service correctionnel du Canada (SCC) avait rejeté ses plaintes, menacé de l’isoler et qualifié ses appels à l’aide de « bigoterie ». Lire la suite

Création d’un réseau de résistance internationale des soignant.es !

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Le 29 mai 2021, plus de 6  collectifs, associations et syndicats se sont mobilisés internationalement, pour défendre un accès égalitaire et équitable à la santé. Cette date marque le point d’orgue d’un ensemble de mobilisations du secteur de la santé organisées dans plusieurs pays.

Plusieurs organisations québécoises ont joint leurs voix à ce réseau de résistance internationale : Association Québécoises des Infirmières et Infirmiers (AQII), Travailleurs et Travailleuses Progressistes de l’Éducation (TTPE), Auxiliaires Santé Services Sociaux (ASSS), Coalition Féministe des Métiers du soin, Mob Services Publics, Conseil Central du Montréal Métropolitain CSN, Regroupement RÉCIFS, Coalition Main Rouge opposée à la tarification et à la privatisation des services publics et Regroupement des Sage-Femmes du Québec (RSFQ). Lire la suite

Violence envers les femmes : il est grand temps d’agir

C’est tout de suite, alors que le mois de mai est désormais le mois de la sensibilisation et de la prévention des agressions à caractère sexuel, que nous devons donner aux victimes un véritable accès aux services et à la justice afin de mieux les accompagner dans ces moments difficiles de leur vie.

Il y a quelques semaines, le gouvernement québécois a annoncé un investissement de 223 millions de dollars pour lutter contre la violence conjugale envers les femmes. Cette annonce est tout à fait louable, car une femme qui vit une telle violence en est une de trop. C’est tout de suite, alors que le mois de mai est désormais le mois de la sensibilisation et de la prévention des agressions à caractère sexuel, que nous devons donner aux victimes un véritable accès aux services et à la justice afin de mieux les accompagner dans ces moments difficiles de leur vie.

Nous, représentantes syndicales de la CSN qui sommes en contact avec beaucoup de travailleuses, constatons que l’actuelle succession de féminicides et la médiatisation du procès de Gilbert Rozon amènent plusieurs de nos membres à se confier à nous. Ces personnes nous racontent les violences vécues, que ce soit dans le cadre d’une relation intime ou au travail. Celles dont l’emploi n’est pas stable peinent encore plus à faire valoir leurs droits. Quand dénoncer peut rimer avec jeûner, elles y réfléchissent à deux fois avant de passer à l’acte. Lire la suite

Une, c’est déjà une de trop

Le féminicide est le « meurtre d’une femme au simple motif qu’elle est une femme, quel que soit le contexte », rappelle le Conseil du statut de la femme du Québec. En 2020, neuf femmes québécoises ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Nous venons de dépasser ce sommet en 2021, et nous ne sommes qu’en avril. Dix femmes ont été assassinées en autant de semaines. C’est du jamais vu, s’accordent à dire les intervenantes et intervenants en violence conjugale du Québec. Lire la suite

Pour une alternative démocratique au crépuscule de l’ère néo-libérale

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De l’introduction, introduction-au-livre-dattac-quebec-vingt-ans-daltermondialisme-au-quebec/, publiée avec l’aimable autorisation de M éditeur, je souligne le rappel des mobilisations au Québec, les solutions élaborées par des altermondialistes, « aborder les problèmes en considérant leur dimension locale, mais dans un contexte global et selon une pensée internationaliste ; assurer les droits de chacun·e et les égalités entre les individus ; planifier la transition écologique dans ses aspects les plus divers ; entrevoir d’importants mécanismes de distribution de la richesse ; diversifier les modes de production, sortir du consumérisme et démanteler les entreprises transnationales ; protéger le bien commun et réduire autant que possible la marchandisation », les leçons des combats menés… « Dans ce livre, nous n’avons certes pas l’intention de couvrir entièrement un sujet aussi large que l’altermondialisme, qui laisse place à tant de points de vue et tant d’interprétations. Néanmoins, nous sommes convaincu·es que les diverses analyses et différents témoignages présentés ici pourront efficacement nourrir la réflexion et offrir quelques jalons à une discussion dont nous souhaitons qu’elle se poursuive encore longtemps »

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Dis-moi Maman, ça veut dire quoi être #payée au féminin ?

C’est une façon de dénoncer : au Québec, les emplois traditionnellement occupés par les femmes n’ont pas la même rémunération que ceux détenus par les hommes. Eh oui ! la discrimination salariale est bien réelle chez nous, ma fille, même en 2021.

Une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démontre qu’il existe un écart salarial de 24% entre les emplois à majorité masculine des sociétés d’État (Hydro-Québec, Loto-Québec, etc.) et les emplois à majorité féminine de l’administration publique (réseau de la santé et des services sociaux, éducation, fonction publique). Ça peut sembler compliqué, ma fille, mais en résumé, ça veut dire que la majorité des femmes qui sont employées par l’État sont sous-payées quand on les compare avec leurs collègues masculins. Juste parce qu’elles travaillent dans des sous-secteurs où les femmes sont majoritaires ! Lire la suite

Introduction au livre d’ATTAC-Québec : Vingt ans d’altermondialisme au Québec

Avec l’aimable autorisation de M éditeur

Le Sommet de Québec en 2001 a fortement marqué les militante·s qui y ont participé. Ce Sommet suivait d’autres rencontres internationales du même type, dont la ministérielle de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) à Seattle, en 1999, alors que beaucoup de personnes dans le monde militant partageaient l’impression que le sort de l’humanité se décidait derrière les portes closes d’hôtels luxueux. S’y rassemblaient élue·s et riches patrons, pendant que, dans la rue, la population essayait de faire entendre sa voix, subissant pour cela une forte répression policière.

À Québec, en mai 2001, tout était en place pour qu’éclate le drame. Les gouvernements des Amériques avaient concocté en secret, sous l’impulsion des plus importantes entreprises, un immense accord commercial qui permettrait de marchandiser les principaux secteurs de l’économie. Ces gens avaient préparé leur mise en scène qui devait se terminer par une photo des chefs des États d’Amérique (sauf Fidel Castro, qui n’avait pas été invité) réunis sur la terrasse Dufferin, et par l’annonce d’une prospérité relancée grâce à la nouvelle Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Lire la suite

Pourquoi les femmes marchent ?

Parce qu’elles sont pauvres. Parce qu’elles sont victimes de violences de toutes sortes. Parce que la planète est en péril. Parce que nous sommes solidaires envers nos sœurs autochtones ! En solidarité avec toutes les femmes pour une justice. Elles marcheront le 24 avril à midi.

Pourquoi les femmes marchent ?

Parce qu’elles sont pauvres.

Elles sont 2 fois plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel

À temps plein les femmes gagnent encore que 89,5% du salaire hebdomadaire moyen des hommes

En 2018, 147 917 femmes sont prestataires de l’assistance sociale, comparativement à 170 312 hommes.

Les femmes travaillent gratuitement en dehors du marché du travail pour prendre soin des enfants, des membres de la famille.

Elles représentent la majorité des proches aidantes.

Nous demandons de :

Reconnaître pleinement la valeur du travail des femmes en assurant un revenu qui couvre tous les besoins essentiels, notamment, en haussant immédiatement le salaire minimum à 15 $ de l’heure Lire la suite

Dans l’action le 23 avril et le 1er mai (plus autres appels)


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Les féminicides, ça suffit, pas une de plus ! (plus trois textes)

Allocution prononcée le 2 avril par Lucie Gosselin durant la manifestation organisée à Québec contre les féminicides.

Quand le comité organisateur de la mobilisation citoyenne d’aujourd’hui m’a demandé de prendre la parole au nom des centres de femmes de Québec, Chaudière-Appalaches et Portneuf, je me suis demandé quel serait le message le plus important à vous transmettre de la part des centres de femmes devant l’augmentation de la violence conjugale et des féminicides pendant cette pandémie. Depuis plusieurs semaines, les médias en parlent presque chaque jour, on dit que la violence augmente parce que les femmes sont davantage isolées, ce qui a largement été démontré d’ailleurs par les centres de femmes, les maisons d’hébergement, les lignes d’écoute et même par les statistiques de la police. Lire la suite

La prostitution est un crime racisé de haine contre les femmes

Les racistes s’en prennent à l’humanité des personnes qu’ils attaquent.

Dans les décès survenus dans le spa d’Atlanta, deux femmes chinoises et quatre femmes coréennes ont été la cible d’un meurtre de masse commis par un homme blanc raciste. 

Nous nous demandons, qui sont les femmes qui ont été assassinées ? Quelles forces les ont canalisées vers les maisons closes de massage d’Atlanta ? Est-ce que leurs familles et leurs ami-e-s les pleurent ? Où sont leurs enfants ? Lire la suite

Mois de l’histoire des Noir.e.s : Mais qui nous protège de la police ?

Il y a déjà une semaine que nous avons lancé une nouvelle édition du Mois d’histoire des Noir.e.s. On est en pleine célébration de la culture des communautés Noir.e.s ici au Québec, de leur héritage et contribution à Tiohtiá:ke / Montréal. On voit des élu.e.s, des porte-paroles de nos institutions publiques, des entreprises, des médias participer aux célébrations !! Mais ils ne peuvent pas célébrer notre culture un jour et continuer à participer à notre déshumanisation l’autre jour ! Vous aimez la diversité des cultures Noires, nos musiques, nos danses, nos bouffes, mais est-ce que vous respectez la vie des Noires, de nos communautés, des personnes noires avec un diversité de parcours et d’expériences ?! Ca ne suffit pas de participer aux Galas, de danser avec nous, de donner des discours vides et banals sans aucune volonté politique, aucun engagement à changer les choses. Lire la suite

La tour de Pise. Une année de misère pour les victimes d’agression sexuelle

La justice est comme la tour de Pise : elle penche toujours du même côté, celui de ceux qui peuvent se payer les meilleurs avocat·es ; de facto, elle penche du côté de ces hommes puissants – des prédateurs sexuels en série – qui ont d’importants moyens financiers. Ils sont acquittés même si tout le monde sait qu’ils sont coupables. Néanmoins, à chaud, nombre de commentateur·trices nous ont expliqué, pour pouvoir nous faire accepter l’injustifiable, qu’on avait le meilleur des systèmes de justice au monde. Trouvez l’erreur ? Lire la suite

La protection des hommes dans les refuges pour femmes

Je travaille à temps partiel depuis 2016 dans un refuge pour femmes sans-abri de l’État du Maine aux USA. Le refuge a été conçu à l’origine comme une alternative au plus grand refuge mixte de notre ville, où de nombreuses femmes avaient trop peur de rester. Ayant peur des viols et des agressions qui y étaient commis et de la facilité avec laquelle les maris, copains et maquereaux violents qu’elles avaient fuis pouvaient les retrouver, les femmes choisissaient plutôt de dormir dans la rue. C’est ainsi qu’un refuge distinct réservé aux femmes a été créé, afin d’offrir aux femmes vulnérables un refuge plus sûr contre la violence masculine. Lire la suite

À l’occasion des Journées internationales contre la violence faite aux femmes, voici notre compte rendu des plus récents meurtres commis par des hommes au Québec

Femmes et enfants tuées par des hommes au Québec depuis un an 

Hugo, 7 ans, et Elise Pomares, 5 ans, tués à coups de poignard le 24 octobre par leur père Jonathan Pomares, 40 ans, cuisinier dans des écoles et en instance de divorce, à Tétreaultville. Il avait fait une tentative de suicide 11 jours plus tôt.

Dahia Khellaf, 42 ans, étranglée avec ses deux fils, Adam, 4 ans, et Askil, 2 ans, à Pointe-aux-Trembles le 9 décembre par l’époux séparé de Mme Khellaf, Nabil Yssaad, 46 ans, un géant qui avait été arrêté plusieurs fois pour voies de fait et voies armées à son égard et avait été enjoint de ne plus approcher de leur domicile. Il s’est suicidé le lendemain en sautant d’un 6e étage, et c’est en allant prévenir la famille que des policiers ont trouvé ses trois victimes. Lire la suite

Un cri du coeur de la Marche mondiale des femmes du Québec pour mettre fin à toutes les violences vécues par les femmes

La Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF) se joint à toutes les citoyennes et tous les citoyens qui se rappellent les quatorze femmes assassinées à l’École polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989. Elles ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes, c’était un véritable féminicide de masse ! Lire la suite