Archives de Catégorie: Palestine

Ce que veut dire Apartheid dans le cas d’Israël (plus autres textes)

Un consensus croissant s’est formé autour du terme – non comme une comparaison rhétorique avec l’Afrique du Sud, mais pour décrire un système de domination construit sur la partition de la Palestine.

Les historiens du futur pourraient bien distinguer 2021 comme l’année où le vent a tourné en faveur de la lutte palestinienne –] même si c’était difficile de le voir venir. Les derniers mois de 2020 ont été parmi les plus sombres depuis des décennies, l’administration américaine s’attachant à encourager la vision expansionniste de droite d’Israël qui vise à démanteler, morceau par morceau, les préoccupations centrales composant la cause palestinienne : le droit des réfugiés à retourner dans les maisons dont ils ont été expulsés en 1948, le statut de Jérusalem comme capitale de la Palestine et le droit à l’auto-détermination sur des terres actuellement occupées par Israël. A la fin de l’année, le coup de grâce est arrivé lorsque plusieurs États arabes ont tourné le dos à la Palestine, en normalisant les relations diplomatiques et économiques avec Israël malgré son assujettissement persistant des Palestiniens. Le peuple palestinien a paru vaincu, pendant qu’Israël poursuivait son annexion du territoire occupé. Lire la suite

« Quatre nouvelles fermes de colons se sont emparées de terres palestiniennes de la taille d’une grande ville » (plus autres textes)

Au cours des cinq dernières années, quatre fermes de colons en Cisjordanie se sont emparées d’un territoire palestinien de la taille de la ville de Holon (banlieue sud de Tel Aviv, superficie d’environ 19 000 dunams, quelque 19 km2), ou des villes de Bnei Brak (banlieue nord-est de Tel-Aviv, superficie de 7,4 km2) et de Lod (située dans le District centre, superficie 12 km2) réunies. En recourant à la violence et à la terreur systématiques, les résidents de ces quatre avant-postes [le terme avant-postes renvoie à une colonie établie dans les territoires palestiniens occupés, établie, formellement, sans l’autorisation du gouvernement israélien], aidés par l’armée, ont bloqué l’accès des Palestiniens à des terres totalisant 20 866 dunams [soit 20 km2] ; terres que les Palestiniens utilisaient pour cultiver et faire paître le bétail. Lire la suite

Des Palestiniennes qui défendent l’eau, la terre et la vie contre l’occupation israélienne

Près de 85% de l’eau des territoires palestiniens, y compris le Jourdain et les nappes phréatiques, sont sous contrôle israélien. Cela représente la majeure partie des ressources hydriques renouvelables de la Palestine, avec une capacité de production de 750 mille mètres cubes par an. Selon une enquête menée par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les Territoires palestiniens (2011), pas moins de 56 sources ont été identifiées sur les territoires palestiniens.

La plupart sont situées dans la Zone C [1], où 30 de ces sources ont été placées sous le contrôle total des colons et dont l’accès de la population palestinienne n’est pas autorisé. Il s’agit d’une violation directe du droit international humanitaire et des droits Humains, qui limite l’exploitation par les forces d’occupation des ressources naturelles présentes dans les territoires occupés. En outre, les femmes sont plus vulnérables aux maladies d’origine hydrique et sont également responsables de la recherche d’alternatives ainsi que de la gestion de l’eau, de l’électricité et de la nourriture. Lire la suite

Israël/Palestine : Des organisations palestiniennes de défense des droits humains sont qualifiées de « terroristes » (quelques textes)

  • Human Rights Watch et Amnesty International : Des organisations palestiniennes de défense des droits humains sont qualifiées de « terroristes »
  • Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : Six ONG palestiniennes placées sur la liste israélienne des organisations terroristes
  • Hagai El-Ad – B’Tselem : Déclaration commune : une mesure draconienne contre les droits humains
  • Editorial : +972 Magazine s’affirme solidaire des six ONG palestiniennes sous attaque
  • Hagar Shezaf : Les groupes palestiniens de défense des droits disent que l’étiquette « terroriste » donnée par Israël ne les arrêtera pas
  • L’AURDIP condamne la sinistre désignation par Israël de 6 importantes organisations palestiniennes comme « organisations terroristes »
  • La position d’Universitaires pour l’Égalité concernant la déclaration du ministre de la Défense israélien qualifiant les organisations de la société civile palestinienne de terroristes
  • Marche Mondiale des Femmes

  • Natasha Roth-Rowland : Ce qu’Israël ne peut admettre à propos du terrorisme juif

  • Solidarité internationaliste avec la société civile palestinienne

  • Lutter pour une Palestine libre ne peut pas constituer un crime : les mouvements populaires du monde entier expriment leur solidarité

  • Déclaration sur l’intensification des attaques d’Israël contre la société civile palestinienne

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Apartheid – le mot qui manque à Aluf Benne (+ Droit de réponse de l’AURDIP au Monde sur l’apartheid israélien)

Aluf Benne [rédacteur en chef du quotidien Ha’aretz] a bien analysé dans ce journal l’autre jour les cent premiers jours du premier ministre Naftali Bennett. Contrairement à la secte « tout sauf Nentanyahu », qui ne cesse d’admirer le changement stylistique que Bennett a apporté (comment il complimente ses ministres et comment on n’entend pas les membres de sa famille), Benne a minimisé à juste titre l’importance du style, qu’on commente maintenant avec extase, et est allé droit au but : Bennett « galope doucement et résolument vers un État unique avec les millions de ressortissants palestiniens. »

Mais ce n’est pas seulement « un État » que Bennett est en train d’établir. Il établit un État d’apartheid. Ce mot, apartheid, doit désormais apparaître dans tous les textes. L’apartheid sera le deuxième nom de l’État d’Israël, au moins à partir du moment où son Premier ministre a annoncé qu’il n’a aucun intérêt à un arrangement et que la conquête est à ses yeux éternelle. Lire la suite

Le problème quand on parle de l’apartheid israélien

Nous devrions être reconnaissants de ce que le terme d’« apartheid », pour désigner le régime israélien entre le fleuve et la mer, devienne de plus en plus banal et de plus en plus légitime, et qu’il devienne même à la mode. Mais comme avec toute mode, il y a un problème ici aussi. Pas avec la définition elle-même, mais avec ce qu’elle laisse de côté.

Le problème est que dans toute le feu du discours sur l’apartheid, une de ses dimensions, une dimension dynamique, active et dangereuse – le colonialisme d’occupation – s’en est trouvée atténuée et émoussée. Selon l’idéologie et les politiques du colonialisme d’occupation, les Palestiniens sont inutiles. En bref, il est possible, rentable et désirable de vivre sans les Palestiniens dans ce pays, entre le fleuve et la mer. Leur existence ici est conditionnelle, elle dépend de nos souhaits et de notre bonne volonté – c’est une question de temps.

L’idéologie de cette « inutilité » est un poison qui s’étend particulièrement quand le processus du colonialisme d’occupation est à son comble. Et c’est actuellement la situation en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est). L’illusion qu’Israël arrêtera l’entreprise de colonisation a été détruite avant même que l’encre des Accords d’Oslo ne soit sèche. Lire la suite

« Ma famille sous le traumatisme de la guerre à Gaza »

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Ma fille Tala, une Palestinienne de 19 ans qui vit au Royaume-Uni, a dessiné cette illustration en mai 2021, alors que notre famille qui vit à Gaza subissait une attaque militaire massive qui a tué 256 habitants de Gaza, dont 66 enfants, et blessé et déplacé des milliers de personnes. Tala a intitulé l’illustration « Âmes de Gaza, quand les enfants meurent » et a écrit la description suivante :

« Lorsque des enfants sont assassinés, les mots n’ont plus de sens… Leurs âmes nous regardent d’en haut.

J’ai commencé à travailler sur cette œuvre le 17 mai 2021. A ce moment-là, l’occupation par les colons israéliens a tué 198 personnes à Gaza, dont 58 enfants. 

J’ai terminé trois jours plus tard. Mais ils continuaient à tuer.

Au moment où j’écris ces lignes, il est minuit, et le cessez-le-feu a commencé.

Je demande (et je n’attends pas de réponse) pourquoi les enfants palestiniens paient ce prix ? Pourquoi des innocents sont morts et ceux qui sont restés en vie ont été traumatisés ? Pourquoi… ? Pourquoi l’humanité est-elle morte ? 

Il ne reste que la douleur… mais nous, Palestiniens, continuerons à avoir de l’espoir… sans espoir, nous mourrons tous. » 

Le dessin et les mots de Tala évoquent la nostalgie et le chagrin d’avoir été témoin d’une immense violence et d’avoir subi un trouble de stress post-traumatique. Le lien fort que mes enfants entretiennent avec Gaza et les enfants de Gaza s’est développé au fil des multiples guerres et crimes commis à l’encontre du peuple palestinien vivant dans ce que l’on appelle souvent la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Depuis 2007, Israël a imposé un blocus terrestre, maritime et aérien et les Palestiniens sont soumis à de lourdes restrictions de mouvement qui rendent difficile tout déplacement à l’étranger pour le travail, les études ou les visites à la famille. Lire la suite

« Ni les juges ni les diplomates ne viendront sauver Sheikh Jarrah »

Il était exaspérant de suivre les délibérations de la Cour suprême israélienne sur Sheikh Jarrah [quartier à majorité palestinienne de Jérusalem-Est] lundi 2 août. Au cours d’une audience visant à déterminer si les résidents palestiniens seront expulsés de force de leur quartier, les trois juges présidents ont proposé un accord qui permettrait aux familles de rester dans leurs maisons en tant que « locataires protégés » pendant plusieurs années, en échange du paiement d’une petite taxe de « location » [400 euros environ par année] fait au groupe de colons Nahalat Shimon, qui convoite agressivement les propriétés avec le soutien de la police. L’audience s’est terminée sur une impasse, obligeant le tribunal à en programmer une autre la semaine prochaine dans l’espoir que les parties cèdent d’ici là.

Ce que les juges ont décrit comme un « compromis » s’est toutefois révélé être un ultimatum. Les juges ont d’abord refusé d’accorder aux familles plusieurs jours pour examiner l’accord, sous prétexte qu’ils voulaient éviter toute pression médiatique supplémentaire et qu’il faudrait des siècles pour que tous les résidents se mettent d’accord. De nombreux Palestiniens présents dans la salle d’audience ont eu du mal à suivre les plaidoyers en hébreu (aucune traduction officielle n’a été fournie), ce qui les a obligés à se démener pour obtenir des informations sur leur sort. L’objectif des juges n’était pas marqué par la subtilité : il s’agissait de faire pression sur les parties pour qu’elles acceptent l’accord, et éviter la responsabilité de statuer sur une question aux enjeux politiques élevés. Lire la suite

La reconnaissance de l’Etat de Palestine

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La Campagne pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine rassemble des organisations de la société civile, des organisations non gouvernementales et des syndicats à travers l’Europe et le monde pour faire pression en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine en tant que 194e membre à part entière des Nations unies. Après plus de 70 ans, il est temps de reconnaître l’Etat de Palestine comme un Etat souverain et autonome, et de mettre fin aux violations des droits de l’Homme et au déplacement des Palestiniens dans la région.

Avec le soutien d’organisations de l’UE, d’Israël et de la Palestine (et de la diaspora), la campagne vise à obtenir la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par les gouvernements nationaux de l’UE et du monde entier. Avec un plus grand nombre d’Etats soutenant la campagne, il y aura un élan plus fort pour que la Palestine devienne le 194e membre à part entière de l’ONU. A cet égard, les organisations membres de cette campagne développeront des activités nationales avec le soutien des réseaux nationaux pour plaider en faveur de la reconnaissance gouvernementale de la Palestine dans leurs propres pays. Lire la suite

La violence désespérée d’une direction palestinienne à l’agonie (plus autres textes)

Le président Mahmoud Abbas semble avoir perdu toute trace de considération pour ce que son peuple pense de son gouvernement. Au cours des dix jours qui se sont écoulés depuis que ses forces de sécurité ont brutalement arrêté et tué Nizar Banat, un éminent activiste et critique, l’Autorité palestinienne a tenté sans relâche d’écraser la dissidence publique qui en a résulté par tous les moyens nécessaires.

Des policiers armés de matraques et de gaz lacrymogènes, rejoints par des voyous du Fatah munis de bâtons et de pierres, agressent les manifestants et les journalistes palestiniens dans les rues. Ils menacent et harcèlent les jeunes manifestants sur les médias sociaux, ciblant en particulier les femmes. Ils arrêtent des avocats et des militants politiques sur la base d’accusations douteuses telles que « causer des troubles internes » et « insulter les autorités ». Ce n’est guère la première démonstration de la nature répressive de l’AP, mais c’est certainement l’une des plus vicieuses. Lire la suite

Plus de 600 universitaires et artistes appellent au démantèlement du régime d’apartheid en Palestine historique

Plus de 600 universitaires, artistes et intellectuels de plus de 45 pays ont signé une déclaration appelant au démantèlement du régime d’apartheid mis en place sur le territoire de la Palestine historique et à l’établissement d’un arrangement constitutionnel démocratique qui accorde et mette en œuvre pour tous les habitants de ce pays des droits et des devoirs égaux, sans aucune discrimination fondée sur la race, l’origine ethnique, la religion ou le sexe. Parmi les signataires figurent de nombreuses personnalités éminentes, dont les lauréats du prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Maguire, les juristes universitaires Monique Chemillier-Gendreau et Richard Falk, les universitaires Étienne Balibar, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Suad Joseph, Jacques Rancière, Roshdi Rashed et Gayatri Spivak, le chercheur en santé Sir Iain Chalmers, le compositeur Brian Eno, le musicien Roger Waters, l’écrivaine Ahdaf Soueif, l’économiste et ancien secrétaire général adjoint de l’ONU Sir Richard Jolly, l’homme politique sud-africain et vétéran de la lutte contre l’apartheid Ronnie Kasrils, et la militante de la paix canadienne et ancien leader national du Parti Vert du Canada Joan Russow. Lire la suite

Après la mort de Nizar Banat, des Palestiniens demandent la démission de Mahmoud Abbas + soutien aux grévistes du Jacir Palace de Bethléem

Nizar Banat, militant palestinien et critique de l’Autorité palestinienne (AP), est mort jeudi 24 juin, après avoir été arrêté et violemment battu par les forces de sécurité palestiniennes, a déclaré sa famille.

Les agents ont fait irruption [à 3h30 du matin] dans la résidence de l’oncle de Nizar Banat dans la ville de Dura, au sud-ouest d’Hébron, où ce père de cinq enfants avait trouvé refuge au cours des deux derniers mois. En effet, il avait reçu des menaces de la part de dirigeants du parti au pouvoir, le Fatah, en raison de ses critiques virulentes à l’égard de l’Autorité palestinienne et de ses responsables. Lire la suite

Aucun changement à Jérusalem ou à Gaza (plus : Aidez Gaza à se nourrir !)

Notre gouvernement de changement ne nous a pas donné 100 jours d’état de grâce, ni même 100 heures. Il n’est peut-être pas juste de le juger sur ses premières heures d’existence, mais elles peuvent être le signe de ce qui va suivre. Cent minutes ont suffi pour se rendre compte que sur les questions les plus importantes de toutes, il n’y a pas de désaccords dans le nouveau gouvernement, et qu’il n’est pas différent du gouvernement précédent. Ce qui était sera.

Ses premières heures, qui auraient pu annoncer un changement, ont annoncé exactement le contraire. Les ministres auraient pu interdire la Marche des Drapeaux [marche censée commémorer la « journée de Jérusalem », autrement dit la « réunification » de la Ville sainte après son occupation en 1967 ; elle s’est déroulée le mardi 15 juin sous la houlette de l’extrême droite colonisatrice] et dire aux Israéliens, aux Palestiniens et au monde entier qu’il y a une nouvelle équipe en ville, une équipe qui prend en considération les sensibilités d’un autre peuple. Au lieu de cela, le ministre de la Sécurité publique, Omer Bar-Lev, un représentant de la gauche [Parti travailliste] dans le nouveau gouvernement, a tweeté que « Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël », adaptant avec une incroyable facilité le jargon nationaliste de Benyamin Netanyahou ou de Bezalel Smotrich [membre aujourd’hui du Religious Zionist Party, précédemment de Yamina, parti de Naftali Bennett] en passant par Itamar Ben-Gvir [leader de Otzma Yehudi-Force juive et membre de la Knesset]. Lire la suite

« Ne pleurez pas une coexistence qui n’a jamais existé » (plus autres textes)

Les citoyens palestiniens d’Israël se sont habitués à entendre des déclarations ridicules de la part des grands médias et des politiciens israéliens. Leur manque de connaissance de la société palestinienne et les mensonges qu’ils crachent à la télévision nationale ne sont pas seulement très loin des normes journalistiques, ils sont souvent tout simplement ridicules et très peu journalistiques.

Mais ces dernières semaines, même selon leurs critères, le spectacle d’horreur et de comédie qu’est la télévision israélienne s’est surpassé. Alors que la violence faisait rage dans tout le pays, à Jérusalem, à Gaza et dans les « villes mixtes », les présentateurs traditionnels se sont attaqués aux invités arabes de leurs émissions, interrompant leurs réponses. Certains présentateurs ont activement provoqué les manifestants palestiniens, tandis que des politiciens de la gauche israélienne ont publiquement soutenu l’attaque contre Gaza. Lire la suite

L’ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a lancé jeudi une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril, mais aussi sur les « causes profondes » des tensions.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahua a immédiatement dénoncé une « décision honteuse » qui « encourage les terroristes dans le monde entier ». En revanche, le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a « salué » la décision du Conseil des droits de l’homme.

Plus tôt, la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait soutenu devant le Conseil, réuni en session extraordinaire, que les récentes frappes israéliennes sur Gaza peuvent constituer des crimes de guerre « s’il s’avère » que les civils ont été touchés « sans distinction ». Elle avait indiqué ne pas avoir vu de preuve de la présence de groupes armés ou d’action militaire dans des bâtiments visés par Israël à Gaza, une des justification de l’Etat hébreu pour les détruire.

Mme Bachelet avait également souligné que les tirs de milliers de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas « ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international ». Lire la suite

Palestine : bientôt nous serons libres

Le médecin Mustafa Barghouti est le secrétaire général et cofondateur de l’Initiative nationale palestinienne (PNI), et fondateur et président de la Société palestinienne de secours médical. En tant que candidat présidentiel  élections palestiniennes de 2005, Barghouti a perdu face à Mahmoud Abbas dans un concours qui – comme toutes les élections depuis la création de l’organe d’autonomie provisoire avec les accords d’Oslo de 1993 – s’est déroulé dans des conditions hautement antidémocratiques. Depuis lors, Barghouti est membre du Conseil législatif palestinien et a été ministre de l’Information dans l’éphémère gouvernement d’unité palestinien en 2007.

Ancien membre du Parti du peuple palestinien (ex Parti communiste palestinien), Barghouti a toujours été un militant démocratique et un défenseur de la résistance radicale non-violente. L’une des principales voix de l’unité politique du peuple palestinien, il a travaillé sans relâche pendant des décennies pour réunir les « trois composantes » – les Palestiniens vivant dans les territoires occupés, en Israël et dans la diaspora – en un seul projet politique.

Dans une conversation avec Leena Dallasheh pour Jacobin, Barghouti insiste sur le fait que les puissantes manifestations observées ces dernières semaines dans la Palestine historique ne sont que le début d’un mouvement de résistance croissant. Il discute de l’unité palestinienne et de l’objectif ultime de créer un projet national palestinien, ainsi que des stratégies internationales pour faire avancer la cause de la libération palestinienne.

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Un cessez-le-feu a été déclaré entre Israël et le Hamas à 2 heures du matin le vendredi 21 mai. Je me demandais si vous pouviez nous donner un aperçu de la situation sur le terrain en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis lors ? Lire la suite

« Les Israéliens mentent à propos de Gaza » (plus un texte de Gideon Levy)

« Israël s’est retiré complètement de Gaza » , tel est le slogan hasbara (de propagande) que la présidente du parti travailliste Merav Michaeli a choisi de vendre au monde dans l’une de ses nombreux entretiens accordés aux médias internationaux pendant les jours de combat. Dans un communiqué de presse, elle a qualifié ce blitz de « patriotique », dans le cadre de l’éternel besoin de la gauche israélienne de prouver à la droite son ardente loyauté envers le pays.

Israël a peut-être évacué ses installations militaires et ses colonies de la bande de Gaza en août 2005, mais, en aucun cas, il possible de dire qu’Israël s’est « retiré complètement de Gaza ». Depuis lors, Israël continue à contrôler l’accès à la bande de Gaza et sa sortie, et cela par les airs [aéroport international de Gaza a été détruit par l’armée israélienne en 2001-2002], par mer [avec des limites resserrées pour l’exercice de la pêche] et par terre, sans mentionner les aspects du registre de la population qui affectent également le passage de Rafah. Cela va de pair avec l’autorité en termes économiques, le contrôle de la construction et du développement, et bien plus encore. Lire la suite

Palestine : une critique du Hamas

Gaza. Après 11 jours de bombardement, c’est la trêve. Le déluge de feu s’est arrêté, du moins jusqu’à la prochaine fois qui adviendra sûrement, tant ce scénario a un goût de déjà vu : 2008-2009, 2012, 2014… Ballet de diplomates annoncé « pour relancer le processus de paix », sans rire. Hypocrisie à tous les étages. 

Si la morgue coloniale israélienne ne connaît plus aucune limite, elle qui se met désormais à la remorque d’authentiques judéo-nazis, le Hamas n’est pas innocent de cette énième catastrophe humaine. Envoyer une pluie de roquettes sur les villes israéliennes, c’est quoi le but ? Le résultat est pourtant connu, c’est toujours le même : les représailles sur Gaza font dix ou vingt fois plus de morts palestiniens qu’il n’y a de victimes israéliennes, sans parler des dégâts matériels : les hôpitaux, les écoles… Les dirigeants du Hamas sont évidemment conscients que leur arsenal militaire ne fera jamais le poids face à la haute technologie israélienne. En se lançant dans un tel match carburant à la testostérone de qui a les plus gros missiles, ils savent aussi très bien à quoi ils exposent la population gazaouie qu’il est impossible de protéger vu sa densité, une des plus élevées du monde.  Lire la suite

Au-delà du Hamas et de l’AP, un défi : « comment maintenir ce soulèvement populaire au-delà des structures actuelles de direction » (et autres textes)

Entretien avec Tareq Baconi conduit par Amjad Iraqi

Un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a finalement été annoncé jeudi soir après 11 jours de bombardements dévastateurs et de tirs de roquettes aveugles qui ont tué plus de 240 Palestiniens dans la bande de Gaza et 12 personnes en Israël. Pour de nombreux observateurs, cet accord – qui, s’il tient, permettra sans aucun doute d’éviter d’innombrables autres morts, blessés et destructions gratuites – devrait enfin mettre un terme à cette saga infernale.

Une fois, ce retour désespéré au « calme », une part fondamentale du problème reste toutefois. Avec l’apaisement de leurs affrontements armés, Israël et le Hamas sont prêts à rétablir un équilibre « très violent » qui contraint la bande de Gaza à revenir « hors de vue, hors d’esprit », prévient Tareq Baconi, analyste à l’International Crisis Group et auteur de Hamas Contained: The Rise and Pacification of Palestinian Resistance (Stanford Studies in Middle Eastern and Islamic Societes, 2018). Ce statu quo ante – caractérisé par un siège brutal, l’indifférence internationale et la fragmentation politique et géographique – est précisément ce qui doit être démantelé, dit-il. Lire la suite

Traiter les vraies causes du conflit israélo-palestinien (plus autres textes)

En se déplaçant sur le terrain militaire, la crise relègue la question coloniale à l’arrière-plan. Inlassablement, il faut donc revenir aux expulsions de Palestiniens de Jérusalem, et aux destructions de maisons, si on ne veut pas seulement arracher une « trêve », mais aller aux racines du mal.

Depuis vingt ans, nos mémoires sont saturées de ces images en provenance de Gaza. C’est le spectacle de la mort. Ces tours qui s’effondrent emportant des vies qui ne sont pas toutes, loin s’en faut, celles de dirigeants du Hamas, ces alignements de corps couverts de linceuls blancs, ces mères qui hurlent leur désespoir en implorant le ciel subjuguent nos médias et tétanisent les témoins impuissants que nous sommes. Mais si les morts de Gaza meurent à Gaza, c’est de Jérusalem dont ils meurent. Les bombes israéliennes comme les roquettes du Hamas sont la conséquence du conflit, et non la cause. En se déplaçant sur le terrain militaire, hautement favorable à la puissance israélienne, la crise relègue la question coloniale à l’arrière-plan. Inlassablement, il faut donc revenir aux expulsions de Palestiniens de Jérusalem, et aux destructions de maisons, si on ne veut pas seulement arracher une « trêve », mais aller aux racines du mal. Mais qui le veut, hormis la population palestinienne et une faible partie de l’opinion israélienne, privées l’une et l’autre de représentation politique honorable ? Car cette tragédie sans fin, c’est d’abord la défaite de la politique. Il ne serait pas difficile d’en faire la démonstration côté palestinien, mais c’est évidemment côté israélien qu’il faut chercher les principaux coupables, parce que là est la force, et là est le projet colonial. Lire la suite