Archives de Catégorie: Moyen Orient

« Le navire de Kushner dans le désert »

A quoi peut-on comparer le plan de Jared Kushner ? Un projet pour un yacht de luxe conçu afin de voguer sur les sables du désert. Pour traiter sérieusement le plan du gendre de Donald Trump, nous devons être bénis par l’amnésie. La réalité doit être évacuée de notre conscience afin que nous puissions lire un texte aussi épuisant, chargé de promesses vides et de clichés de professionnel du marketing.

Quelle réalité ? Un contrôle israélien total de l’espace, de la terre et de ce qui se trouve en dessous, de l’eau, des gens, de leurs mariages et de leurs vies, de leur liberté de mouvement, de leurs biens, de leurs espoirs et de leur liberté. Lire la suite

« Oslo », la stratégie des fake news. Faut-il changer le nom de la capitale norvégienne ?

Bien avant que les fausses nouvelles (fake news) ne fassent partie de nos vies, de concert avec son parent légal, Donald Trump, le champion en titre du genre était « Oslo ». Cette référence à Oslo (les accords d’Oslo dès 1993) est devenue synonyme de dissimulation de la réalité par le biais de fausses informations et de leur diffusion par des voies officielles respectées. Si j’étais Norvégienne, je lancerais une pétition pour changer le nom de ma capitale.

Et pourquoi ne proposerais-je pas simplement une pétition demandant que le nom de la capitale norvégienne soit retiré du nom officieux mais commun des accords qu’Israël a signés avec l’OLP à partir de 1993 ? Parce qu’étant donné l’énorme puissance mondiale d’Israël, aucune pétition de ce genre n’aurait la chance d’être entendue. Lire la suite

« Le long printemps arabe » et la place actuelle des soulèvements en Algérie et au Soudan

Après des années de contre-révolution et d’effusions de sang, le mois dernier des lueurs d’espoir sont apparues au Moyen-Orient. En Algérie et au Soudan, des manifestations de masse ont éclaté défiant les régimes autocratiques des présidents Abdelaziz Bouteflika et Omar al-Bachir. Et à cet égard, les deux mobilisations initiales ont été couronnées de succès : les deux dirigeants ont été démis de leurs fonctions et leurs décennies de règne ont pris fin. Mais les protestations se sont poursuivies, car, comme en Egypte après la révolution de 2011, la structure de base du pouvoir de ces dirigeants reste intacte. Il en va de même pour les conditions matérielles à l’origine des soulèvements: les salaires de misère, le chômage de masse, l’insécurité et l’absence d’avenir pour les jeunes résultant des modèles d’ajustement structurel imposés par le FMI.

Ainsi, les forces populaires en Algérie et au Soudan sont dans une position précaire. Le spectre de la contre-révolution menée contre les acteurs du Printemps arabe règne avec force. Mais les manifestants d’aujourd’hui ont tiré les leçons des luttes récentes dans la région et pourraient bénéficier d’une telle vision rétrospective. Pour discuter des dangers et des espoirs de ces développements, Ashley Smith, qui collabore à la revue Jacobin, s’est entretenu avec Gilbert Achcar, qui a beaucoup écrit sur le Printemps arabe et la politique au Moyen-Orient. Lire la suite

Le ciel et l’enfer qui ne sont pas Israël

Deux camps se sont distingués dans le débat pendant la semaine de la fête nationale cette année [le 9 mai]: un qui se réjouit et est fier du pays, et un qui en a assez et qui a honte. Les divergences entre eux n’ont jamais été aussi grandes. Le premier groupe est identifié avec la droite, le second avec la gauche, et les deux ont tort.

Paradoxalement, les deux positions contredisent la réalité. La vie de ceux qui sont fiers du pays n’est pas aussi bonne, la plupart appartiennent à des secteurs sociaux à faible revenu. Ceux qui se plaignent ont une vie plus facile. Israël est aujourd’hui divisé entre des orgueilleux et des honteux. Les premiers glorifient le présent, les seconds le passé. Lire la suite

Une traversée lucide et efficace de l’histoire récente de l’Iran

Le dernier livre de Chahla Chafiq, Le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir, nous invite à une traversée lucide et efficace de l’histoire récente de l’Iran.

Ce court texte, simple en apparence, publié aux éditions iXe, est d’un abord précis. Il permet de pallier les carences et de remédier à la superficialité des récits journalistiques qui nous ont été/ou nous seront proposés à l’occasion des 40 ans de la Révolution iranienne (cf. 7 pages pour trois fois rien dans le quotidien Libération du 9-10 février 2019). Lire la suite

Dans la région beaucoup va dépendre de ce qui va se passer en Algérie et au Soudan

En Algérie et au Soudan, l’armée s’est affichée en arbitre dans les révolutions en cours. Pour quelles raisons ?

Ce sont des institutions militaires dont tout le monde sait qu’elles sont la véritable ossature du régime dans des pays comme l’Algérie, le Soudan ou l’Égypte. Voyant l’ampleur du mécontentement populaire, ils ont décidé d’agir en un coup d’État conservateur, qui sacrifie la tête du régime afin de préserver le reste. Nous avons vu ça avec Hosni Moubarak en Égypte et l’on assiste à la même chose avec Abdelaziz Bouteflika et Omar el-Bechir. Dans les trois pays, c’est l’armée qui est au cœur du régime. C’est elle qui se débarrasse d’un président devenu plus un embarras qu’un avantage afin de préserver le régime. Lire la suite

Iran : Crise socio-économique, répression et élans démocratiques

A son quarantième anniversaire (11 février 1979), la République Islamique d’Iran s’enfonce dans une crise économique, sociale et politique profonde et sans précédent. Le régime des ayatollahs, comme toujours, tente de présenter les puissances impérialistes et surtout les Etats-Unis (« le grand Satan ») et leur embargo économique contre l’Iran comme responsables de la grave crise actuelle. Mais cette posture « anti-impérialiste »  du régime ne trompe plus personne en Iran: elle ne peut plus dissimuler l’entière responsabilité de ce régime réactionnaire et corrompu et de ses politiques économiques et sociales anti-populaires dans la grave crise qui frappe le pays. Ce sont bien les conséquences désastreuses de ces politiques qui condamnent plusieurs dizaines de millions d’Iranien.nes à la pauvreté et à la misère. La gravité de la crise économique et sociale actuelle et ses caractères structurels – qui accentuent l’impact de l’embargo – sont fortement liés au fondement profondément réactionnaire et anti-démocratique de la République islamique et de ses politiques économique et sociale menées depuis 1979, dont nous allons sommairement analyser ses traits essentiels, dans la suite de cet article. Lire la suite