Archives de Catégorie: Israël

La tempête que Netanyahou a déclenchée (plus autres textes)

Hier matin (mardi), nous nous sommes réveillés avec la nouvelle de vingt et un Palestiniens tués à Gaza, dont neuf mineurs, et de deux Israéliennes tuées à Ashkelon (l’une d’entre elles, il s’est avéré par la suite, était une travailleuse migrante originaire d’Inde, et depuis lors, le nombre de morts des deux côtés a plus que doublé). Puis est arrivé le courriel que j’attendais. Noa Levy de Hadash a envoyé un appel urgent à des manifestations d’urgence à Tel Aviv et Jérusalem. Un deuxième message, provenant du Forum des familles israéliennes et palestiniennes endeuillées et des Combattants pour la paix, a approuvé l’appel de Hadash et a ajouté un lieu de manifestation à Haïfa initié par le Centre des femmes pour les femmes de Haïfa. « Le gouvernement joue avec le feu – nous serons tous brûlés ! Dans une tentative désespérée de s’accrocher au pouvoir, Netanyahu nous entraîne dans la guerre, dans la tuerie, la souffrance et la douleur pour les deux peuples. Arrêtez l’escalade ! Cessez le feu ! Arrêtez l’expulsion des familles de Sheikh Jarrah, arrêtez le déchaînement de la police à Jérusalem-Est. Il ne peut y avoir ni paix ni tranquillité tant que la Cisjordanie vivra sous occupation et que Gaza subira un siège étouffant. La solution : la fin de l’occupation, la fin du siège de Gaza et la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, avec Jérusalem-Est comme capitale. Nous méritons tous de vivre dans la liberté et la sécurité. Le temps d’agir est maintenant ! » Lire la suite

Il faut des actes forts pour arrêter les agressions israéliennes contre le peuple palestinien (+ autres textes)

Appel rassemblement du 12052021A Lire la suite

Nous pouvons continuer à nous mentir sur l’« apartheid », mais Israël a franchi la ligne

Human Rights Watch (HRW), l’une des organisations de défense des droits de l’homme les plus respectées, a déclaré qu’Israël avait franchi la ligne rouge et était coupable de crimes contre l’humanité et d’instaurer un régime d’apartheid.

Il est bien sûr possible de débattre sans fin sur Benyamin Netanyahou, de mettre en garde avec beaucoup de pathos contre les terribles dommages causés à la célèbre démocratie israélienne et à son État de droit. Nous pouvons continuer à nous leurrer, à profiter de la vie et à mentir comme bon nous semble. Mais lorsque les rapports s’accumulent – en janvier, c’était un rapport de l’organisation israélienne B’Tselem [voir l’article sur ce site du 13 janvier 2021], et maintenant celui de l’organisation américaine HRW – on ne peut pas continuer à prétendre que le crachat qui nous est lancé au visage est de la pluie. Un crachat est un crachat. Cela oblige les Israéliens dotés d’une conscience à réfléchir au pays dans lequel ils vivent, et oblige les divers gouvernements à se demander s’ils vont continuer à accepter un pays doté d’un tel régime. Lire la suite

« Ofer Cassif, une personne vraiment importante » et « Les ultra-orthodoxes israéliens sont les derniers voyous néofascistes d’Israël »

Il n’est pas certain que le policier qui a frappé le député Ofer Cassif [membre du parti Hadash – Parti communiste – sur la liste unifiée, dont il est le seul député juif] savait qui il frappait. Peut-être savait-il qu’il frappait un membre de la Knesset, peut-être ne le savait-il pas – là n’était pas la question. Il lui suffisait de savoir qu’il frappait un manifestant de gauche qui le méritait. Mais ce que le policier ne savait pas, c’est qu’il frappait un « gauchiste » de la Knesset d’un nouveau genre, qui ne mâche pas ses mots et ne s’excuse pas, qui n’élude pas la vérité et ne la dissimule pas. Il n’est pas seulement un non-sioniste, il est manifestement antisioniste, sans aucune tentative de dissimulation. En réponse à une question incidente posée par le journaliste de Haaretz Nir Guntaz, parue dans l’édition hébraïque du week-end (17-18 avril) du quotidien, Cassif l’a dit explicitement : « Je m’oppose à l’idéologie et à la pratique du sionisme… c’est une idéologie et une pratique racistes qui épousent la suprématie juive. » Lire la suite

J’écris pour me souvenir de la brutalité de la violence juive que j’ai vue à Jérusalem (et autres textes)

Il y a eu le père palestinien qui a essayé de sauver sa fille de la police, les jeunes kahanistes qui scandaient « mort aux Arabes » dans les rues, la peur que j’ai ressentie lorsqu’on m’a demandé si j’étais gauchiste. J’écris pour me souvenir de tout cela.

Depuis le début du ramadan ce mois-ci, la police de Jérusalem a interdit aux Palestiniens de s’asseoir sur les larges marches de l’entrée de la porte de Damas, la principale place de la vieille ville, et d’organiser des rassemblements en soirée en l’honneur du mois sacré. Cette décision arbitraire, pour laquelle aucune explication plausible n’a été donnée, a déclenché une vaste protestation palestinienne. La police, comme si elle n’attendait que l’occasion parfaite, a transformé l’endroit en un champ de bataille nocturne.

Dans ce contexte de violence, les militants du groupe suprémaciste juif Lehava ont appelé leurs partisans à arriver en masse jeudi « pour restaurer la dignité juive », après la diffusion de plusieurs vidéos TikTok montrant des Palestiniens harcelant des Juifs ultra-orthodoxes dans la ville. Soutenus par leurs représentants siégeant actuellement à la Knesset, des centaines de partisans de l’organisation kahaniste ont répondu à l’appel, arrivant dans la région avec l’objectif déclaré d’attaquer les Arabes (ou alternativement, les gauchistes). Lire la suite

Appel au boycott des produits israéliens : la France doit appliquer l’arrêt de la CEDH

La LDH, la FIDH et l’AFPS saisissent le Comité des ministres du Conseil de l’Europe des manquements de la France dans la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme du 11 juin 2020.

Par une communication envoyée le 13 avril 2021, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH), et l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), ont saisi le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, – qui assure le suivi de l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) -, des dispositions très contestables prises par le gouvernement français pour la mise en œuvre de l’arrêt de la CEDH du 11 juin 2020.Rappelons que par cet arrêt, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France en donnant raison aux 11 militants alsaciens qui avaient été condamnés par la justice française pour avoir mené des actions d’appel au boycott de produits israéliens. L’arrêt de la CEDH précise notamment que l’appel au boycott pour des motifs politiques est tout particulièrement protégé par la Convention européenne des droits de l’Homme, les seules limites à cette liberté d’expression étant l’appel à la haine, à la violence ou à l’intolérance. Lire la suite

Israël-Palestine. L’histoire d’un système « sophistiqué » d’expropriation des terres

Entretien avec Salim Wakimconduit par Suha Arraf 

Mardi 30 mars 2021, les citoyens palestiniens d’Israël ont célébré le 45e anniversaire de la première Journée de la terre, commémoration annuelle des grèves et des manifestations de masse organisées le 30 mars 1976 en réaction au projet du gouvernement israélien – dirigé à l’époque par Yitzhak Rabin – de confisquer des milliers de dounams de terre en Galilée [un dounam = 1000 m2]. Les forces de sécurité israéliennes ont abattu six manifestants au cours de ces protestations.

Au fil des ans, la Journée de la terre est devenue un événement majeur pour les Palestiniens – du monde entier – qui protestent contre le régime foncier discriminatoire d’Israël et ses politiques de dépossession. Bien que les méthodes utilisées par Israël pour exproprier les terres palestiniennes à l’intérieur de ses frontières d’avant 1967 aient changé au fil des décennies – notamment après la levée du régime militaire sur les citoyens palestiniens d’Israël en 1966 – les politiques de l’État sont toujours appliquées à ce jour. Lire la suite

Sur les résultats des élections israéliennes: c’est le kahaniste Ben Gvir qui vous gêne ?

Une liste qui, en Europe, aurait été qualifiée d’emblée de néo-nazie vient de faire son entrée à la Knesset. Il n’y a pas d’autre façon de décrire le parti Sioniste Religieux. Xénophobie, homophobie et nationalisme, combinés au fondamentalisme religieux et à la violence, sans aucune retenue : comment peut-on l’appeler autrement ? Aucun pays d’Europe occidentale n’aurait l’audace d’inclure une telle faction dans son gouvernement. En Europe, ce fascisme serait inacceptable. En Israël, il est sur le point de faire partie du prochain gouvernement.

Mais ce n’est pas la plus mauvaise nouvelle de la soirée électorale. Le fait que la droite, comme d’habitude, a gagné l’élection est encore pire. Tout le monde parle de Benjamin Netanyahu, mais le vrai gagnant est la droite israélienne. Une fois de plus, elle a gagné gros : Plus de 70 députés de la prochaine Knesset seront des membres pleins d’orgueil de la droite dure et cruelle. Une majorité plus solide que n’importe quelle coalition imaginable. Lire la suite

La lutte féministe pour la liberté et la souveraineté en Palestine

Ceci est une édition d’un discours de Khitam Saafin en octobre 2020. Aujourd’hui, Khitam se retrouve emprisonnée par l’occupation israélienne. Liberté pour Khitam !

« Nous, les femmes palestiniennes, nous affrontons tout. Nous sommes plus fortes et nous sommes toutes unies contre le racisme et le colonialisme. »

Bonsoir, je suis Khitam Al Saafin, membre de l’Union des Comités de Femmes Palestiniennes (Union of Palestinian Women’s Committees – UPWC). J’ai eu l’honneur de connaître et de rencontrer de nombreuses sœurs de la Marche Mondiale des Femmes et je suis heureuse de revoir certaines d’entre elles car, pour moi, cela renouvelle le militantisme et la vie. Lire la suite

Les élections israéliennes et palestiniennes sont, chacune à leur manière, une offense à la démocratie

Les votes qui auront lieu à quelques mois d’intervalle mettent en lumière le système à deux niveaux qui dénie aux Palestiniens toute voix et toute liberté réelles.

Pour la première fois depuis des décennies, l’Autorité palestinienne (AP) et Israël organiseront des élections législatives à quelques mois d’intervalle. De nombreuses personnes, dans la communauté internationale et dans les médias, verront cela comme un exercice conjoint de démocratie mais c’est, en fait, une fenêtre ouverte sur la réalité d’un système à deux niveaux qui dénie aux Palestiniens la liberté et les droits fondamentaux que beaucoup dans le monde entier prennent comme acquis.  Lire la suite

Appel contre le racisme, le colonialisme et l’apartheid

La « Israeli Apartheid Week » (IAW) organisée chaque année par BDS à échelle internationale est une semaine anticoloniale et antiraciste pour le combat des peuples contre le racisme, le colonialisme et l’apartheid.

Le racisme, la xénophobie, les discriminations et l’inégalité continuent de se développer partout dans le monde. Ces derniers mois, des populations du Sud et des personnes de couleur, des prisonniers politiques, des personnes sans logement, des migrants et des réfugiés – parmi beaucoup d’autres – ont souffert du fléau du COVID19, qui a encore aggravé leur vulnérabilité. Lire la suite

L’État des Judaïtes

L’un des péchés les plus graves de l’État d’Israël est la garde absolue qu’il s’est accordée, sans permission et sans autorité, sur l’ensemble du peuple juif. Ici et dans la diaspora. Comme si Israël était leur chef, comme si c’était lui qui protégeait le peuple juif comme s’ils étaient tous ses sujets.

Cette présomption n’est pas seulement de la chutzpah, de l’arrogance et de la folie, c’est aussi un grand danger. En estompant la nette différence entre l’État d’Israël et la communauté juive mondiale, Israël transforme tous les Juifs, contre leur gré, en partenaires, responsables de tous ses actes. Chaque porteur de kippa en France est responsable de chaque bombardement à Gaza. Chaque porteur d’une redingote (un long manteau porté par de nombreux juifs ultra-orthodoxes) à New York se retrouve partenaire du meurtre d’adolescents palestiniens. Toute personne identifiée comme juive partout dans le monde devient un collaborateur de tous les méfaits et crimes de l’État d’Israël. Ils ne méritent pas ça. Lire la suite

Boycott des produits israéliens : lettre ouverte à Éric Dupond-Moretti

Monsieur le Ministre de la Justice, 

Vous avez récemment diffusé une circulaire (« dépêche ») à l’attention de tous les procureurs et des présidents de tribunaux, dans laquelle il leur est demandé de condamner les appels au boycott des produits israéliens qui correspondraient à une « provocation à la discrimination à l’égard d’une nation », et cela en dépit de l’arrêt du 11 juin 2020 de la Cour Européenne des Droits de l’homme (CEDH). Lire la suite

15 leçons de 15 ans de BDS

Le mois de juillet a marqué le 15e anniversaire du lancement du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions  BDS). Beaucoup de choses se sont passées au cours de ces années. Voici 15 leçons que j’ai tirées de ce périple pour démanteler l’apartheid israélien. Lire la suite

Désormais, les soldats et les officiers de l’armée israélienne doivent réfléchir à deux fois avant d’obéir à l’ordre de détruire des maisons palestiniennes.

Communiqué de presse de Gush Shalom (Bloc de la paix israélien), 6 décembre 2020

Les juges de la Cour pénale internationale de La Haye ont décidé sans équivoque que la Cour a pleine autorité pour entendre et décider des plaintes palestiniennes concernant les violations du droit international par l’État d’Israël et son armée. Les règles du jeu ont donc fondamentalement changé. Lire la suite

Un régime de suprématie juive du Jourdain à la Méditerranée : c’est un apartheid

Plus de 14 millions de personnes, dont à peu près la moitié sont juives et l’autre moitié palestiniennes, vivent entre le Jourdain et la Méditerranée sous un gouvernement unique. Dans le discours public, politique, juridique et médiatique, la perception courante est que deux régimes séparés opèrent côté à côte dans cette zone, séparés par le Ligne verte. Un régime, à l’intérieur des frontières de l’état souverain d’Israël, est une démocratie permanente avec une population d’environ 9 millions de personnes, tous citoyens israéliens. L’autre régime, dans les territoires dont Israël s’est emparé en 1967, et dont le statut final est supposé être déterminé dans de futures négociations, est une occupation militaire temporaire imposée sur quelque cinq millions de sujets palestiniens. Lire la suite

Lettre aux lycéens et lycéennes 

Soixante lycéens et lycéennes israéliens signent une lettre refusant leur conscription obligatoire dans l’armée israélienne – « La politique sioniste de violence brutale envers les Palestiniens et d’expulsion de leurs maisons et de leurs terres a commencé en 1948 et n’a pas cessé depuis. » Lire la suite

Un descendant de l’aristocratie sioniste veut quitter le peuple juif. Israël le laissera-t-il faire ?

Pourquoi Avraham Burg, qui a été président de la Knesset, président par intérim et chef de l’Agence juive, demande à Israël d’annuler son inscription en tant que Juif.

Avraham Burg a été un homme aux nombreux titres. Descendant d’une des familles aristocratiques du mouvement religieux sioniste, il a été président de la 15e Knesset (1999-2003), un membre important du « groupe des huit » à la gauche du Parti travailliste à la fin des années 1980 et au début des années 1990, président de l’Agence juive (1995-1999) et, selon le protocole, il a été président par intérim d’Israël, entre la démission d’Ezer Weizman et l’élection de Moshe Katsav à ce poste, pendant son mandat de Président de la Knesset. Aucun CV ne pourrait être plus sioniste et plus juif.

Maintenant, cependant, « Avrum », comme il est largement connu, est décidé à en abandonner un : sa désignation en tant que Juif selon le registre de la population du ministère de l’Intérieur. Dans une demande qu’il va soumettre au tribunal de district de Jérusalem, Burg écrit qu’il ne se considère plus comme appartenant à la nationalité juive. Il ajoute que sa conscience ne lui permet pas d’être classé comme membre de cette nation, parce qu’elle implique « d’appartenir au groupe des maîtres ». En termes simples et clairs, affirme-t-il, « je ne peux plus me sentir identifié à ce collectif ». Lire la suite

« Refuser de servir dans l’armée est mon petit geste pour faire changer les choses »

Hallel Rabin a passé 56 jours dans une prison militaire pour avoir refusé de servir dans les FDI. Aujourd’hui, elle parle de son séjour derrière les barreaux, de ses conversations avec ses codétenues et de l’occupation avec les jeunes Israéliens.

Il y a deux semaines, Hallel Rabin s’est présentée devant le comité des objecteurs de conscience de l’IDF, l’organe militaire qui décide si elle sera renvoyée ou non en prison pour avoir refusé de servir dans l’armée, et on lui a posé la plus étrange des questions : « Accepteriez-vous de porter l’uniforme de l’armée s’il était rose ? »

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Des associations tunisiennes condamnent l’incitation continue de l’administration  américaine à la violation par Israël du droit international et réitèrent leur solidarité avec le peuple palestinien

Les associations soussignées condamnent l’incitation continue de l’administration  américaine à l’appropriation par Israël de plus de territoires palestiniens occupés, à leur annexion par la force à son entité coloniale et à ses colonies de peuplement et la dispersion de leurs occupants, bafouant de nouveau le droit international.

Elles réitèrent leur solidarité absolue avec le peuple palestinien et leur appui constant à la lutte de sa société civile dans les territoires occupés ainsi qu’au sein de la diaspora pour la récupération des territoires spoliés, l’abrogation de l’apartheid israélien, le retour des réfugiés et la sauvegarde du droit de vivre en Palestine dans un cadre de liberté, de justice, d’indépendance et de paix sur le même pied que le reste des peuples du monde. Lire la suite