Archives de Catégorie: Moyen Orient

Le soulèvement irakien de 2019 et l’imaginaire féministe

Dans la « montagne Uhud » [1] – un grand bâtiment abandonné de la place Tahrir, dans le centre de Bagdad, qui fait face à la zone verte – les jeunes manifestants, hommes et femmes, qui avaient investi le bâtiment, ont scandé Inryd watan (Nous voulons un pays) et Nazel akhuz haqqy (Je descends pour prendre mes droits). Depuis le point culminant des manifestations de rue en octobre 2019, la place Tahrir, dans le centre de Bagdad, et plusieurs autres places principales du pays, avaient été occupées par des manifestants. À partir du 25 octobre 2019 et pendant une période de plus d’un an, ils ont réussi à garder le contrôle de ces places, où ils ont établi des sociétés idéales miniatures.

Le soulèvement de 2019 est parti d’un mouvement de protestation qui a débuté principalement dans les provinces du centre et du sud dominées par les chiites, avant de s’étendre à tout l’Irak. Malgré la répression sanglante des manifestations par les forces de sécurité irakiennes et les milices affiliées à l’establishment politique irakien, ces manifestations se sont transformées en un soulèvement, car les jeunes et les personnes privées de leurs droits qui avaient lancé les premières manifestations de rue ont été rejoints par des individus issus de divers milieux et groupes sociaux, éducatifs et idéologiques, tels que des syndicats et des organisations d’étudiants. Lire la suite

« Quatre nouvelles fermes de colons se sont emparées de terres palestiniennes de la taille d’une grande ville ». Fermes et Etat complémentaire dans l’opération de dépossession

Au cours des cinq dernières années, quatre fermes de colons en Cisjordanie se sont emparées d’un territoire palestinien de la taille de la ville de Holon (banlieue sud de Tel Aviv, superficie d’environ 19 000 dunams, quelque 19 km2), ou des villes de Bnei Brak (banlieue nord-est de Tel-Aviv, superficie de 7,4 km2) et de Lod (située dans le District centre, superficie 12 km2) réunies. En recourant à la violence et à la terreur systématiques, les résidents de ces quatre avant-postes [le terme avant-postes renvoie à une colonie établie dans les territoires palestiniens occupés, établie, formellement, sans l’autorisation du gouvernement israélien], aidés par l’armée, ont bloqué l’accès des Palestiniens à des terres totalisant 20 866 dunams [soit 20 km2] ; terres que les Palestiniens utilisaient pour cultiver et faire paître le bétail. Lire la suite

Iran : intensification de la répression et du harcèlement des militants sociaux et des ouvriers 

Depuis l’arrivée de Rayissi au poste de président, la répression s’est nettement accrue contre les militants ouvriers, les écrivains, les avocats, les militants sociaux et les défenseurs des droits de l’homme. Avant son élection en tant que président de la République islamique, Ibrahim Rayissi se trouvait à la tète du pouvoir judiciaire et dans le passé, il faisait parti de l’équipe (l’escadron) de la mort ; qui a exécuté clandestinement, en 1988, des milliers de prisonniers politiques dans les prisons d’Evine et de Gohar Dasht .

Depuis le début du mois d’octobre, plus de 50 militants ouvriers et sociaux de tout l’Iran ; ont été convoqués par les organes de sécurités et subirent des interrogatoires. Cette répression s’étendait aussi sur les personnes qui passent actuellement leurs peines anciennes dans les prisons du régime. Lire la suite

Des Palestiniennes qui défendent l’eau, la terre et la vie contre l’occupation israélienne

Près de 85% de l’eau des territoires palestiniens, y compris le Jourdain et les nappes phréatiques, sont sous contrôle israélien. Cela représente la majeure partie des ressources hydriques renouvelables de la Palestine, avec une capacité de production de 750 mille mètres cubes par an. Selon une enquête menée par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les Territoires palestiniens (2011), pas moins de 56 sources ont été identifiées sur les territoires palestiniens.

La plupart sont situées dans la Zone C [1], où 30 de ces sources ont été placées sous le contrôle total des colons et dont l’accès de la population palestinienne n’est pas autorisé. Il s’agit d’une violation directe du droit international humanitaire et des droits Humains, qui limite l’exploitation par les forces d’occupation des ressources naturelles présentes dans les territoires occupés. En outre, les femmes sont plus vulnérables aux maladies d’origine hydrique et sont également responsables de la recherche d’alternatives ainsi que de la gestion de l’eau, de l’électricité et de la nourriture. Lire la suite

Le renvoi des réfugié.es syrien.nes est un crime contre l’Humanité

Dix ans après le début de la révolution syrienne, les Syrien.nes de l’intérieur poursuivent leur résistance contre le régime Assad. Depuis le début de cette année 2021, alors que la presse s’en est largement désintéressée, la Syrie revit les étapes de la révolution, à vitesse accélérée. Tout d’abord l’apparition des messages contre la réélection d’Assad qui ont envahi les murs à Sweida (au sud), ensuite les manifestations populaires, aussi bien à Idleb au nord-ouest que dans la région de Daraa au sud (sous contrôle du régime), qui scandent à nouveau les slogans de la révolution. Sans oublier la grève générale dans la région de Daraa, le jour des « élections » présidentielles, et les autres formes de résistance ailleurs en Syrie, de Damas-campagne à Alep, en passant par Homs. Les réactions répressives du régime ont été immédiates : arrestations partout en Syrie, siège de Daraa et famine imposée, suivis par les bombardements et le déplacement forcé de la population. Lire la suite

Israël/Palestine : Des organisations palestiniennes de défense des droits humains sont qualifiées de « terroristes » (quelques textes)

  • Human Rights Watch et Amnesty International : Des organisations palestiniennes de défense des droits humains sont qualifiées de « terroristes »
  • Plateforme des ONG françaises pour la Palestine : Six ONG palestiniennes placées sur la liste israélienne des organisations terroristes
  • Hagai El-Ad – B’Tselem : Déclaration commune : une mesure draconienne contre les droits humains
  • Editorial : +972 Magazine s’affirme solidaire des six ONG palestiniennes sous attaque
  • Hagar Shezaf : Les groupes palestiniens de défense des droits disent que l’étiquette « terroriste » donnée par Israël ne les arrêtera pas
  • L’AURDIP condamne la sinistre désignation par Israël de 6 importantes organisations palestiniennes comme « organisations terroristes »
  • La position d’Universitaires pour l’Égalité concernant la déclaration du ministre de la Défense israélien qualifiant les organisations de la société civile palestinienne de terroristes
  • Marche Mondiale des Femmes

  • Natasha Roth-Rowland : Ce qu’Israël ne peut admettre à propos du terrorisme juif

  • Solidarité internationaliste avec la société civile palestinienne

  • Lutter pour une Palestine libre ne peut pas constituer un crime : les mouvements populaires du monde entier expriment leur solidarité

  • Déclaration sur l’intensification des attaques d’Israël contre la société civile palestinienne

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Amira Hass : je subventionne des groupes terroristes

J’annonce et je confesse ici que je finance le terrorisme. Une partie des impôts que je paie au gouvernement israélien est transférée à ses activités terroristes et à certains de ses représentants, les colons, contre le peuple palestinien.

Si par « terrorisme » on veut dire imposer la terreur et la peur – alors que font les commandants de l’armée et les services de sécurité du Shin Bet quand ils envoient des soldats masqués perquisitionner les maisons des Palestiniens nuit après nuit ? Accompagnés de chiens et de fusils braqués, les soldats éveillent les familles de leur sommeil, renversent le contenu des placards, confisquent des biens et frappent les adultes devant leurs enfants. Lire la suite

Il n’y a pas de droite ou de gauche en Israël, juste du sionisme et du non-sionisme

La semaine dernière (10 octobre), Angela Merkel a exprimé son admiration pour la viabilité de la nouvelle coalition israélienne. La chroniqueuse de Haaretz Carolina Landsmann se demande, sur ce site (de Haaretz), si nous avons un gouvernement trompeur ou un gouvernement qui a découvert la plus grande ruse de tous les temps. Le journaliste Ron Cahlili affirme que la droite idéologique et la gauche sioniste sont une seule et même chose. Tous parmi eux ont abordé la « grande histoire » : celle du chat qui est sorti du sac. Il n’y a ni gauche ni droite en Israël. La seule division idéologique est entre les sionistes, qui comprennent presque tout le monde, et les non-sionistes, beaucoup moins nombreux. Lire la suite

Comment les féministes peuvent soutenir les femmes afghanes vivant sous le régime des talibans

Depuis que les talibans ont pris le contrôle de Kaboul et du gouvernement central le 15 août 2021, les efforts pour soutenir les femmes afghanes sont devenus extrêmement difficiles. Selon certaines féministes éminentes étasuniennes ayant des liens étroits avec les femmes afghanes, les talibans « n’ont aucune légitimité au-delà de la force brutale qu’ils commandent ». Et les gouvernements, les Nations unies et les acteurs régionaux ne devraient pas les reconnaître ni travailler avec eux. Pour certains, cela signifie isoler les talibans en continuant à geler les fonds afghans détenus à l’étranger et en suspendant toute aide coordonnée avec une agence gouvernementale. Mais cette position aide-t-elle vraiment les femmes afghanes ?

Il ne fait aucun doute que les progrès réalisés par des femmes afghanes au cours des 20 dernières années, en particulier les femmes des zones urbaines, ont été réduits, du moins temporairement. Depuis leur arrivée au pouvoir, les talibans ont déclaré que les filles seraient autorisées à aller à l’école, mais dans certaines régions du pays, les filles sont exclues des classes des degrés de l’école secondaire [par contre, selon l’Unicef, elles peuvent fréquenter l’école primaire ; Omar Abdi de l’Unicef a déploré le 15 octobre que « des millions de filles en âge d’aller à l’école secondaire soient en train de passer à côté de leur éducation pour le 27e jour consécutif »].

Et si les étudiantes ont continué à fréquenter les universités privées, la plupart des femmes inscrites dans les universités publiques n’ont pas assisté aux cours par peur, en raison de l’annulation des cours ou des restrictions imposées par les talibans. Même si les porte-parole des talibans insistent sur le fait que les femmes peuvent continuer à travailler, on signale fréquemment que des militants talibans ordonnent aux femmes de quitter leur lieu de travail. Lire la suite

Les femmes syriennes confrontées à la pauvreté et au militarisme

La pauvreté est une condition imposée à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la sphère familiale. Chaque individu, dans sa communauté, doit obtenir un revenu suffisant pour assurer une vie de qualité et de dignité, avec accès à la santé, à la nourriture, à l’habillement et à une éducation de qualité.

Sur le court terme, la lutte contre la pauvreté passe par l’autonomisation, le développement et la mobilisation de la communauté, à travers des organisations de la société civile qui s’engagent, entre autres, à répandre l’esprit de productivité et de responsabilité. Comme d’autres aspects négatifs de la société, la pauvreté est le résultat de diverses causes, notamment les catastrophes naturelles, les guerres, les tendances sociales, le système politique et économique, les privilèges de la richesse et le développement ininterrompu. En outre, les crises et les conflits régionaux et internationaux sapent les possibilités de développement et de croissance des pays. L’ingérence extérieure est le plus grand danger qui puisse survenir dans les pays pauvres. Lire la suite

Soutenons les nombreuses grèves qui ont lieu en Iran !

La grève des ouvriers dits « non officiels », car travaillant pour de multiples sociétés sous-traitantes sans CDI, du secteur pétrolier, pétrochimique et gazier commence ici mais s’arrête ailleurs après des négociations avec le patronat. Le Conseil d’organisation des protestations a annoncé, le 4 octobre 2021, que les ouvriers de l’unité des transports du champ gazier Parsian ont mis fin à leur grève tout en précisant que cela est provisoire. Ils attendront deux mois et si les accords ne sont pas respectés, le mouvement recommencera. Lire la suite

Le Liban effondré : refuge, travail précaire et marginalisation

Comment les femmes et la classe ouvrière ressentent-elles l’économie, la précarisation et la pandémie au Liban aujourd’hui ?

Il y a un an et un mois, nous avons produit un rapport intitulé « Liban : l’enfer en juillet », pour analyser ce que nous vivions à cette époque. Apparemment, nous ne savions toujours pas ce qu’était l’enfer. Alors que les pays du monde entier étaient confrontés à de nombreuses crises économiques et environnementales, résultant de la pandémie de covid-19, du capitalisme et du réchauffement climatique, le Liban a été frappé par deux autres catastrophes : l’effondrement économique et l’explosion du port de Beyrouth.

Lorsque nous parlons d’« effondrement économique », ce terme diffère de la crise économique que connaît le reste du monde, dans le sens où il s’agit d’un scénario résultant des politiques économiques néolibérales destructrices qui ont ravagé l’économie libanaise après la guerre civile de 1975-90, orientant le pays vers une économie rentière improductive et dépendante des secteurs des services financiers, du tourisme et de l’immobilier. Toutes ces mesures ont été prises avec l’approbation, la participation et la jouissance de tous les partis politiques au pouvoir. Ce contexte a conduit, selon la Banque Mondiale, à l’un des trois pires effondrements économiques jamais enregistrés dans le monde et le pire de l’histoire du Liban. Les politiques néolibérales et le système économique rentier ont fait chuter la valeur de la livre libanaise plus de dix fois en un an – de 1 500 livres libanaises, le dollar en valait environ 20 mille. Un autre effet des politiques néolibérales a été la ruine des institutions de l’État, en réduisant les subventions fournies par l’État, l’usurpation de leurs richesses et l’augmentation de la concentration du pouvoir entre les mains de la classe dirigeante, laissant la classe ouvrière et les personnes marginalisées seules face au problème de la Goule[créature démoniaque mangeant de la chair humaine] du marché libre et du capitalisme impitoyable. Dans un pays où le salaire minimum s’élève aujourd’hui à une quinzaine de dollars, la désormais ancienne vice-première ministre Zeina Akar, les ministres et l’actuel gouverneur de la Banque Centrale du Liban se sont réunis le mois dernier pour discuter de l’élimination des subventions au carburant, augmentant ainsi le prix du carburant à vingt dollars le gallon. Lire la suite

Apartheid – le mot qui manque à Aluf Benne (+ Droit de réponse de l’AURDIP au Monde sur l’apartheid israélien)

Aluf Benne [rédacteur en chef du quotidien Ha’aretz] a bien analysé dans ce journal l’autre jour les cent premiers jours du premier ministre Naftali Bennett. Contrairement à la secte « tout sauf Nentanyahu », qui ne cesse d’admirer le changement stylistique que Bennett a apporté (comment il complimente ses ministres et comment on n’entend pas les membres de sa famille), Benne a minimisé à juste titre l’importance du style, qu’on commente maintenant avec extase, et est allé droit au but : Bennett « galope doucement et résolument vers un État unique avec les millions de ressortissants palestiniens. »

Mais ce n’est pas seulement « un État » que Bennett est en train d’établir. Il établit un État d’apartheid. Ce mot, apartheid, doit désormais apparaître dans tous les textes. L’apartheid sera le deuxième nom de l’État d’Israël, au moins à partir du moment où son Premier ministre a annoncé qu’il n’a aucun intérêt à un arrangement et que la conquête est à ses yeux éternelle. Lire la suite

Le mondial 2022 au Qatar et les travailleurs migrants

Entretien avec Hiba Zayadin

[Avec l’achèvement cet été de l’UEFA Euro 2020 et de la CONMEBOL Copa America, les matches de qualification pour la Coupe du monde de la FIFA – qui se tiendra au Qatar de novembre à décembre 2022 – doivent reprendre ce mois de septembre 2021. Dans une plus large mesure que les tournois précédents, la Coupe du Monde du Qatar a été marquée par les controverses. Outre les nombreux rapports sur les intrigues et la corruption qui accompagnent généralement la sélection du pays hôte, les droits et le traitement des travailleurs migrants du secteur de la construction ont également occupé une place importante. Mouin Rabbani, rédacteur en chef de Quick Thoughts et co-rédacteur en chef de Jadaliyya, s’est entretenue avec Hiba Zayadin, chercheuse sur le Golfe à Human Rights Watch, pour mieux comprendre les enjeux de cette affaire. Réd. Jadaliyya]. Lire la suite

Le problème quand on parle de l’apartheid israélien

Nous devrions être reconnaissants de ce que le terme d’« apartheid », pour désigner le régime israélien entre le fleuve et la mer, devienne de plus en plus banal et de plus en plus légitime, et qu’il devienne même à la mode. Mais comme avec toute mode, il y a un problème ici aussi. Pas avec la définition elle-même, mais avec ce qu’elle laisse de côté.

Le problème est que dans toute le feu du discours sur l’apartheid, une de ses dimensions, une dimension dynamique, active et dangereuse – le colonialisme d’occupation – s’en est trouvée atténuée et émoussée. Selon l’idéologie et les politiques du colonialisme d’occupation, les Palestiniens sont inutiles. En bref, il est possible, rentable et désirable de vivre sans les Palestiniens dans ce pays, entre le fleuve et la mer. Leur existence ici est conditionnelle, elle dépend de nos souhaits et de notre bonne volonté – c’est une question de temps.

L’idéologie de cette « inutilité » est un poison qui s’étend particulièrement quand le processus du colonialisme d’occupation est à son comble. Et c’est actuellement la situation en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est). L’illusion qu’Israël arrêtera l’entreprise de colonisation a été détruite avant même que l’encre des Accords d’Oslo ne soit sèche. Lire la suite

Sonita Alizadeh – Mariées à Vendre (… brides for sale) + L’artiste. Shamsia Hassani (et autres textes)

  • Sonita Alizadeh – Mariées à Vendre (… brides for sale)
  • L’artiste. Shamsia Hassani
  • Bruna Alasia : Mostra de Venise 2021 : l’appel des réalisatrices Karimi et Mani pour venir en aide aux artistes afghans
  • Roksana Bahramitash : Mes soeurs afghanes

 

Sonita Alizadeh est une rappeuse et une militante contre le mariage forcé, née à Hérat en Afghanistan en 1996. Elle échappe à 10 ans à un premier mariage forcé (le mariage précoce étant considéré comme un moyen de protéger l’honneur d’une jeune fille dans la tradition afghane). Elle atterrit dans un centre pour enfants réfugiés qui la scolarise et l’emploie à mi-temps comme femme de ménage. Elle se met à écrire du rap pour exprimer sa colère face au sort qui est réservé aux jeunes filles dans son pays. Elle chante ses textes devant ses copines et fait du porte-à-porte pour essayer de trouver un producteur pour ses poèmes mis en musique. C’est à ce moment que la réalisatrice Rokhsareh Ghaem Maghami se met à tourner un documentaire sur Sonita. Lire la suite

11 septembre: comment les Etats-Unis – et le Royaume-Uni – ont récolté ce qu’ils ont semé + Washington verse des larmes de crocodile pour les femmes afghanes

Il y a vingt ans, dix-neuf hommes, remplis de haine envers les Etats-Unis et de foi dans la promesse du paradis, se faisaient exploser, tuant des milliers de personnes et provoquant l’un des plus grands chocs politiques de l’histoire mondiale. Ils étaient tous originaires du Moyen-Orient; quinze d’entre eux étaient des citoyens du plus ancien et plus proche allié de Washington dans cette région: le royaume saoudien. Les Etats-Unis récoltaient ainsi ce qu’ils avaient semé.

Pendant des décennies, le gouvernement américain a manigancé au Moyen-Orient, soutenant des régimes despotiques et encourageant l’intégrisme islamique comme antidote à tout ce qu’il pouvait considérer comme étant de gauche. En 1990, l’agonie de l’URSS sembla ouvrir la voie à un « nouvel ordre mondial » dominé par Washington – ce qu’un chroniqueur américain appela judicieusement le « moment unipolaire» . L’empire étatsunien, qui était jusqu’alors encore sous le coup du « syndrome vietnamien» , parvint à le surmonter – du moins c’est ce que crut Bush père – en lançant une attaque dévastatrice contre l’Irak en 1991. Bush père avait été incité par Margaret Thatcher à refouler les troupes irakiennes hors du Koweït voisin, qu’elles avaient envahi en août 1990. L’Irak fut ensuite étranglé par un embargo cruel qui a causé un excès de mortalité estimé à 90 000 par an par les Nations unies. Lire la suite

« Ma famille sous le traumatisme de la guerre à Gaza »

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Ma fille Tala, une Palestinienne de 19 ans qui vit au Royaume-Uni, a dessiné cette illustration en mai 2021, alors que notre famille qui vit à Gaza subissait une attaque militaire massive qui a tué 256 habitants de Gaza, dont 66 enfants, et blessé et déplacé des milliers de personnes. Tala a intitulé l’illustration « Âmes de Gaza, quand les enfants meurent » et a écrit la description suivante :

« Lorsque des enfants sont assassinés, les mots n’ont plus de sens… Leurs âmes nous regardent d’en haut.

J’ai commencé à travailler sur cette œuvre le 17 mai 2021. A ce moment-là, l’occupation par les colons israéliens a tué 198 personnes à Gaza, dont 58 enfants. 

J’ai terminé trois jours plus tard. Mais ils continuaient à tuer.

Au moment où j’écris ces lignes, il est minuit, et le cessez-le-feu a commencé.

Je demande (et je n’attends pas de réponse) pourquoi les enfants palestiniens paient ce prix ? Pourquoi des innocents sont morts et ceux qui sont restés en vie ont été traumatisés ? Pourquoi… ? Pourquoi l’humanité est-elle morte ? 

Il ne reste que la douleur… mais nous, Palestiniens, continuerons à avoir de l’espoir… sans espoir, nous mourrons tous. » 

Le dessin et les mots de Tala évoquent la nostalgie et le chagrin d’avoir été témoin d’une immense violence et d’avoir subi un trouble de stress post-traumatique. Le lien fort que mes enfants entretiennent avec Gaza et les enfants de Gaza s’est développé au fil des multiples guerres et crimes commis à l’encontre du peuple palestinien vivant dans ce que l’on appelle souvent la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Depuis 2007, Israël a imposé un blocus terrestre, maritime et aérien et les Palestiniens sont soumis à de lourdes restrictions de mouvement qui rendent difficile tout déplacement à l’étranger pour le travail, les études ou les visites à la famille. Lire la suite

Iran. Les grèves dans le secteur pétrolier et leur place dans les protestations sociales. Le pouvoir de la mollahcratie s’effiloche-t-il ?

Le 19 juin 2021, un jour après l’élection présidentielle au sein de la République islamique d’Iran, une vague de grèves exigeant des salaires plus élevés, la sécurité de l’emploi et de meilleures conditions de sécurité et de santé a commencé dans l’industrie pétrolière, gazière et pétrochimique.

L’actualité électorale a détourné l’attention des grèves au cours de leurs premiers jours, mais à mesure que la vague de grève s’étendait à de nouvelles raffineries et régions pétrolières et pétrochimiques, toute une série de groupes sociaux et politiques en ont pris conscience. En raison de leur ampleur, de leur répartition géographique et de leur force organisationnelle relative, les grèves ont acquis une dimension politique. De plus, leurs griefs et leurs revendications trouvent un écho auprès de larges secteurs de la population active et ravivent les souvenirs politiques du rôle particulier des travailleurs du pétrole dans les événements historiques entourant la révolution iranienne de 1978-1979. Plus crucial encore, bien que plus petite que les manifestations de janvier 2018 et de novembre 2019 qui résultaient d’une mobilisation spontanée autour d’une question nationale, la portée des récentes grèves du pétrole a été facilitée par une coordination nationale.

La dynamique des grèves pétrolières de cet été est remarquable pour au moins quatre raisons. Lire la suite

Afghanistan : Interview d’une responsable de RAWA, après la prise de contrôle du pays par les talibans (plus autres textes)

  • Afghanistan : Interview d’une responsable de RAWA, après la prise de contrôle du pays par les talibans
  • Bushra Khaliq : Les Talibans et l’occupation affectent toute la région : les femmes pakistanaises contre l’autoritarisme
  • Entretien avec Mejgan Massoumi conduit par Maria Landi et Francisco Claramunt : Personne n’a jamais demandé aux femmes afghanes ce qu’elles voulaient.
  • Yorgos Mitralias : Afghanistan : Des loups va-t-en-guerre déguisés en agneaux humanitaires ! 
  • Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane
  • « Charte des femmes afghanes » – Douchambé – 28 juin 2000
  • « Entendez nos cris » : ce qui terrifie une militante des droits des femmes afghanes. Entretien avec K. conduit par Mona Tajali
  • Crise de l’Afghanistan : L’impérialisme et le fondamentalisme religieux livrent la guerre, pas la paix !

C’est une blague de dire que les valeurs comme « les droits des femmes », « la démocratie », « la construction de la nation » etc faisaient partie des objectifs de l’OTAN et des USA en Afghanistan !

La Mission des Femmes Afghanes a été en contact avec RAWA pour exprimer leurs besoins dans ce temps d’urgence. Dans ce bref Q&R avec la co-directrice d’AWM Sonali Kolhatkar, RAWA explique les incompréhensions de la situation sur le terrain comme ielles le voient.

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