Archives de Catégorie: Moyen Orient

Iran : grève historique dans le secteur pétrolier, manifestations dans le Khouzistan et à Téhéran, droit des femmes bafouées

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes relaie les informations transmises par nos camarades d’Iran. Nous réitérons notre soutien à ceux et celles qui luttent contre le régime en place : grévistes, manifestantes et manifestants sont confronté.es à une très forte répression. La solidarité internationale est indispensable !

Nous rendons hommage aux manifestants tués lors des manifestations, dont nous les camarades ont transmis certaines photos.

La grève des ouvriers du secteur pétrolier et pétrochimique qui travaillent dans les sociétés sous-traitantes avec des contrats précaires et quelques fois sans contrat est entré dans son deuxième mois à partir du 21/07/2021. Selon le dernier décompte, les ouvriers de 114 sociétés différentes sont en grève sur une vaste zone géographique. Lire la suite

La reconnaissance de l’Etat de Palestine

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La Campagne pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine rassemble des organisations de la société civile, des organisations non gouvernementales et des syndicats à travers l’Europe et le monde pour faire pression en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine en tant que 194e membre à part entière des Nations unies. Après plus de 70 ans, il est temps de reconnaître l’Etat de Palestine comme un Etat souverain et autonome, et de mettre fin aux violations des droits de l’Homme et au déplacement des Palestiniens dans la région.

Avec le soutien d’organisations de l’UE, d’Israël et de la Palestine (et de la diaspora), la campagne vise à obtenir la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par les gouvernements nationaux de l’UE et du monde entier. Avec un plus grand nombre d’Etats soutenant la campagne, il y aura un élan plus fort pour que la Palestine devienne le 194e membre à part entière de l’ONU. A cet égard, les organisations membres de cette campagne développeront des activités nationales avec le soutien des réseaux nationaux pour plaider en faveur de la reconnaissance gouvernementale de la Palestine dans leurs propres pays. Lire la suite

La violence désespérée d’une direction palestinienne à l’agonie (plus autres textes)

Le président Mahmoud Abbas semble avoir perdu toute trace de considération pour ce que son peuple pense de son gouvernement. Au cours des dix jours qui se sont écoulés depuis que ses forces de sécurité ont brutalement arrêté et tué Nizar Banat, un éminent activiste et critique, l’Autorité palestinienne a tenté sans relâche d’écraser la dissidence publique qui en a résulté par tous les moyens nécessaires.

Des policiers armés de matraques et de gaz lacrymogènes, rejoints par des voyous du Fatah munis de bâtons et de pierres, agressent les manifestants et les journalistes palestiniens dans les rues. Ils menacent et harcèlent les jeunes manifestants sur les médias sociaux, ciblant en particulier les femmes. Ils arrêtent des avocats et des militants politiques sur la base d’accusations douteuses telles que « causer des troubles internes » et « insulter les autorités ». Ce n’est guère la première démonstration de la nature répressive de l’AP, mais c’est certainement l’une des plus vicieuses. Lire la suite

Plus de 600 universitaires et artistes appellent au démantèlement du régime d’apartheid en Palestine historique

Plus de 600 universitaires, artistes et intellectuels de plus de 45 pays ont signé une déclaration appelant au démantèlement du régime d’apartheid mis en place sur le territoire de la Palestine historique et à l’établissement d’un arrangement constitutionnel démocratique qui accorde et mette en œuvre pour tous les habitants de ce pays des droits et des devoirs égaux, sans aucune discrimination fondée sur la race, l’origine ethnique, la religion ou le sexe. Parmi les signataires figurent de nombreuses personnalités éminentes, dont les lauréats du prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Maguire, les juristes universitaires Monique Chemillier-Gendreau et Richard Falk, les universitaires Étienne Balibar, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Suad Joseph, Jacques Rancière, Roshdi Rashed et Gayatri Spivak, le chercheur en santé Sir Iain Chalmers, le compositeur Brian Eno, le musicien Roger Waters, l’écrivaine Ahdaf Soueif, l’économiste et ancien secrétaire général adjoint de l’ONU Sir Richard Jolly, l’homme politique sud-africain et vétéran de la lutte contre l’apartheid Ronnie Kasrils, et la militante de la paix canadienne et ancien leader national du Parti Vert du Canada Joan Russow. Lire la suite

Travailleuses domestiques migrantes au Liban, le parcours de la dette

Au Liban, le travail domestique est majoritairement occupé par des femmes, principalement originaires d’Asie et d’Afrique, qui ont généralement dû s’endetter dans leur pays d’origine pour migrer. Une fois au Liban, ces dernières font face à des contraintes et des violences de traitement, en plus des difficultés financières qu’elles rencontrent pour survivre au quotidien. La crise économique qui accable actuellement le Liban accroit les besoins financiers de ces femmes qui n’ont parfois d’autres choix que de s’endetter à nouveau pour repartir, souvent dans leurs pays d’origine. C’est donc un parcours migratoire marqué par le joug de la dette qu’est celui de ces femmes en lutte. Lire la suite

Les travailleurs et travailleuses iraniennes de l’industrie pétrochimique se mettent en grève

Selon diverses sources, les travailleurs iraniens du secteur pétrolier ont initié un mouvement de grève depuis le 19 juin 2021. Les revendications portent sur les retards de salaires, l’augmentation des salaires, les conditions de travail en termes de sécurité et de santé. La National Iranian Oil Company ainsi que la National Iranian Gas Company et les National Iranian Oil Refining and Distribution Company utilisent de nombreux sous-traitants qui durcissent à l’extrême les normes d’exploitation des travailleurs. Selon les mêmes sources, la majorité des grévistes ont des contrats avec ces firmes sous-traitantes qui emploient une très large majorité des travailleurs du secteur. L’ampleur de la mobilisation ouvrière est telle que les principaux responsables politiques, depuis Rohani à Ebrahim Raïssi, tentent de mettre sur pied une négociation pour tenter de canaliser les grèves dans ce secteur qui apparaissent les plus importantes depuis quarante ans, si on les inscrit dans la foulée des luttes d’août 2020.

Nous publions ci-dessous, sur ce mouvement de grèves, un article datant du 24 juin de IndustriALL – structure internationale syndicale créée en 2012, résultat de la fusion de la FIOM (Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie), de l’ICEM (Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses) et la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir. (Réd. A l’Encontre) Lire la suite

Après la mort de Nizar Banat, des Palestiniens demandent la démission de Mahmoud Abbas + soutien aux grévistes du Jacir Palace de Bethléem

Nizar Banat, militant palestinien et critique de l’Autorité palestinienne (AP), est mort jeudi 24 juin, après avoir été arrêté et violemment battu par les forces de sécurité palestiniennes, a déclaré sa famille.

Les agents ont fait irruption [à 3h30 du matin] dans la résidence de l’oncle de Nizar Banat dans la ville de Dura, au sud-ouest d’Hébron, où ce père de cinq enfants avait trouvé refuge au cours des deux derniers mois. En effet, il avait reçu des menaces de la part de dirigeants du parti au pouvoir, le Fatah, en raison de ses critiques virulentes à l’égard de l’Autorité palestinienne et de ses responsables. Lire la suite

Aucun changement à Jérusalem ou à Gaza (plus : Aidez Gaza à se nourrir !)

Notre gouvernement de changement ne nous a pas donné 100 jours d’état de grâce, ni même 100 heures. Il n’est peut-être pas juste de le juger sur ses premières heures d’existence, mais elles peuvent être le signe de ce qui va suivre. Cent minutes ont suffi pour se rendre compte que sur les questions les plus importantes de toutes, il n’y a pas de désaccords dans le nouveau gouvernement, et qu’il n’est pas différent du gouvernement précédent. Ce qui était sera.

Ses premières heures, qui auraient pu annoncer un changement, ont annoncé exactement le contraire. Les ministres auraient pu interdire la Marche des Drapeaux [marche censée commémorer la « journée de Jérusalem », autrement dit la « réunification » de la Ville sainte après son occupation en 1967 ; elle s’est déroulée le mardi 15 juin sous la houlette de l’extrême droite colonisatrice] et dire aux Israéliens, aux Palestiniens et au monde entier qu’il y a une nouvelle équipe en ville, une équipe qui prend en considération les sensibilités d’un autre peuple. Au lieu de cela, le ministre de la Sécurité publique, Omer Bar-Lev, un représentant de la gauche [Parti travailliste] dans le nouveau gouvernement, a tweeté que « Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël », adaptant avec une incroyable facilité le jargon nationaliste de Benyamin Netanyahou ou de Bezalel Smotrich [membre aujourd’hui du Religious Zionist Party, précédemment de Yamina, parti de Naftali Bennett] en passant par Itamar Ben-Gvir [leader de Otzma Yehudi-Force juive et membre de la Knesset]. Lire la suite

Pour les prisonnières syriennes

Il y a quelques années, j’ai été sollicitée pour composer la musique du film Syrie, le cri étouffé de Manon Loizeau et Annick Cojean (à visionner ici).

Française d’origine syrienne militant pour la liberté du peuple syrien et son autodétermination, je connaissais déjà l’horreur des prisons du régime syrien, l’utilisation systématique de la torture et du viol comme moyen de destruction du peuple syrien, et ces frissons d’horreur en pensant que le corps d’une femme pouvait être un terrain de guerre.  Lire la suite

Israël a un nouveau « bon Arabe » au gouvernement, Mansour Abbas

Après avoir scissionné de la Liste unifiée [coalition politique des partis « arabes israélien » et du PC israélien créée en 2015, dissoute et recréée en 2019] avant les dernières élections israéliennes, la Liste arabe unie (en hébreu : Ra’am), le parti islamiste dirigé par Mansour Abbas, a mené une campagne visant à présenter le parti comme « conservateur»  tout en proposant une « nouvelle approche » de la politique arabe en Israël. Selon cette « approche », Ra’am pouvait rejoindre n’importe quel nouveau gouvernement israélien, qu’il soit de gauche ou de droite, même si cela signifiait siéger avec les kahanistes [se référant au rabbin Meir Kahane qui se proposait de « conquérir la terre promise »] dans la même coalition. La rupture de Ra’am avec les trois autres partis arabes de la Liste unifiée, a insisté Abbas, devait être « historique ». Lire la suite

« Ne pleurez pas une coexistence qui n’a jamais existé » (plus autres textes)

Les citoyens palestiniens d’Israël se sont habitués à entendre des déclarations ridicules de la part des grands médias et des politiciens israéliens. Leur manque de connaissance de la société palestinienne et les mensonges qu’ils crachent à la télévision nationale ne sont pas seulement très loin des normes journalistiques, ils sont souvent tout simplement ridicules et très peu journalistiques.

Mais ces dernières semaines, même selon leurs critères, le spectacle d’horreur et de comédie qu’est la télévision israélienne s’est surpassé. Alors que la violence faisait rage dans tout le pays, à Jérusalem, à Gaza et dans les « villes mixtes », les présentateurs traditionnels se sont attaqués aux invités arabes de leurs émissions, interrompant leurs réponses. Certains présentateurs ont activement provoqué les manifestants palestiniens, tandis que des politiciens de la gauche israélienne ont publiquement soutenu l’attaque contre Gaza. Lire la suite

Femmes, migration forcée et refuge au Liban

Lisez et écoutez la contribution de Yafa El Masri, réfugiée palestinienne au Liban, pour le webinaire « Migrations et refuge dans l’agenda féministe ».

Nous voulons construire l’action et la sororité/camaraderie parmi les femmes du monde entier, et il est très important que nos agendas féministes aient connaissance de la situation réelle à définir. La crise du refuge en Europe a attiré l’attention du monde entier. Actuellement, 1% de la population mondiale – ce qui correspond à environ 80 millions de personnes – a été contrainte de quitter ses terres. Mais alors que l’Europe apparaît comme le centre de cette crise, il est très important de se rappeler qu’en fait 85% des pays qui accueillent des personnes réfugiées ne se trouvent pas dans le Nord mondial. Lire la suite

L’ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a lancé jeudi une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises dans les territoires palestiniens occupés et en Israël depuis avril, mais aussi sur les « causes profondes » des tensions.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahua a immédiatement dénoncé une « décision honteuse » qui « encourage les terroristes dans le monde entier ». En revanche, le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a « salué » la décision du Conseil des droits de l’homme.

Plus tôt, la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait soutenu devant le Conseil, réuni en session extraordinaire, que les récentes frappes israéliennes sur Gaza peuvent constituer des crimes de guerre « s’il s’avère » que les civils ont été touchés « sans distinction ». Elle avait indiqué ne pas avoir vu de preuve de la présence de groupes armés ou d’action militaire dans des bâtiments visés par Israël à Gaza, une des justification de l’Etat hébreu pour les détruire.

Mme Bachelet avait également souligné que les tirs de milliers de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas « ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international ». Lire la suite

Palestine : bientôt nous serons libres

Le médecin Mustafa Barghouti est le secrétaire général et cofondateur de l’Initiative nationale palestinienne (PNI), et fondateur et président de la Société palestinienne de secours médical. En tant que candidat présidentiel  élections palestiniennes de 2005, Barghouti a perdu face à Mahmoud Abbas dans un concours qui – comme toutes les élections depuis la création de l’organe d’autonomie provisoire avec les accords d’Oslo de 1993 – s’est déroulé dans des conditions hautement antidémocratiques. Depuis lors, Barghouti est membre du Conseil législatif palestinien et a été ministre de l’Information dans l’éphémère gouvernement d’unité palestinien en 2007.

Ancien membre du Parti du peuple palestinien (ex Parti communiste palestinien), Barghouti a toujours été un militant démocratique et un défenseur de la résistance radicale non-violente. L’une des principales voix de l’unité politique du peuple palestinien, il a travaillé sans relâche pendant des décennies pour réunir les « trois composantes » – les Palestiniens vivant dans les territoires occupés, en Israël et dans la diaspora – en un seul projet politique.

Dans une conversation avec Leena Dallasheh pour Jacobin, Barghouti insiste sur le fait que les puissantes manifestations observées ces dernières semaines dans la Palestine historique ne sont que le début d’un mouvement de résistance croissant. Il discute de l’unité palestinienne et de l’objectif ultime de créer un projet national palestinien, ainsi que des stratégies internationales pour faire avancer la cause de la libération palestinienne.

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Un cessez-le-feu a été déclaré entre Israël et le Hamas à 2 heures du matin le vendredi 21 mai. Je me demandais si vous pouviez nous donner un aperçu de la situation sur le terrain en Cisjordanie et dans la bande de Gaza depuis lors ? Lire la suite

« Les Israéliens mentent à propos de Gaza » (plus un texte de Gideon Levy)

« Israël s’est retiré complètement de Gaza » , tel est le slogan hasbara (de propagande) que la présidente du parti travailliste Merav Michaeli a choisi de vendre au monde dans l’une de ses nombreux entretiens accordés aux médias internationaux pendant les jours de combat. Dans un communiqué de presse, elle a qualifié ce blitz de « patriotique », dans le cadre de l’éternel besoin de la gauche israélienne de prouver à la droite son ardente loyauté envers le pays.

Israël a peut-être évacué ses installations militaires et ses colonies de la bande de Gaza en août 2005, mais, en aucun cas, il possible de dire qu’Israël s’est « retiré complètement de Gaza ». Depuis lors, Israël continue à contrôler l’accès à la bande de Gaza et sa sortie, et cela par les airs [aéroport international de Gaza a été détruit par l’armée israélienne en 2001-2002], par mer [avec des limites resserrées pour l’exercice de la pêche] et par terre, sans mentionner les aspects du registre de la population qui affectent également le passage de Rafah. Cela va de pair avec l’autorité en termes économiques, le contrôle de la construction et du développement, et bien plus encore. Lire la suite

Palestine : une critique du Hamas

Gaza. Après 11 jours de bombardement, c’est la trêve. Le déluge de feu s’est arrêté, du moins jusqu’à la prochaine fois qui adviendra sûrement, tant ce scénario a un goût de déjà vu : 2008-2009, 2012, 2014… Ballet de diplomates annoncé « pour relancer le processus de paix », sans rire. Hypocrisie à tous les étages. 

Si la morgue coloniale israélienne ne connaît plus aucune limite, elle qui se met désormais à la remorque d’authentiques judéo-nazis, le Hamas n’est pas innocent de cette énième catastrophe humaine. Envoyer une pluie de roquettes sur les villes israéliennes, c’est quoi le but ? Le résultat est pourtant connu, c’est toujours le même : les représailles sur Gaza font dix ou vingt fois plus de morts palestiniens qu’il n’y a de victimes israéliennes, sans parler des dégâts matériels : les hôpitaux, les écoles… Les dirigeants du Hamas sont évidemment conscients que leur arsenal militaire ne fera jamais le poids face à la haute technologie israélienne. En se lançant dans un tel match carburant à la testostérone de qui a les plus gros missiles, ils savent aussi très bien à quoi ils exposent la population gazaouie qu’il est impossible de protéger vu sa densité, une des plus élevées du monde.  Lire la suite

Au-delà du Hamas et de l’AP, un défi : « comment maintenir ce soulèvement populaire au-delà des structures actuelles de direction » (et autres textes)

Entretien avec Tareq Baconi conduit par Amjad Iraqi

Un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a finalement été annoncé jeudi soir après 11 jours de bombardements dévastateurs et de tirs de roquettes aveugles qui ont tué plus de 240 Palestiniens dans la bande de Gaza et 12 personnes en Israël. Pour de nombreux observateurs, cet accord – qui, s’il tient, permettra sans aucun doute d’éviter d’innombrables autres morts, blessés et destructions gratuites – devrait enfin mettre un terme à cette saga infernale.

Une fois, ce retour désespéré au « calme », une part fondamentale du problème reste toutefois. Avec l’apaisement de leurs affrontements armés, Israël et le Hamas sont prêts à rétablir un équilibre « très violent » qui contraint la bande de Gaza à revenir « hors de vue, hors d’esprit », prévient Tareq Baconi, analyste à l’International Crisis Group et auteur de Hamas Contained: The Rise and Pacification of Palestinian Resistance (Stanford Studies in Middle Eastern and Islamic Societes, 2018). Ce statu quo ante – caractérisé par un siège brutal, l’indifférence internationale et la fragmentation politique et géographique – est précisément ce qui doit être démantelé, dit-il. Lire la suite

Traiter les vraies causes du conflit israélo-palestinien (plus autres textes)

En se déplaçant sur le terrain militaire, la crise relègue la question coloniale à l’arrière-plan. Inlassablement, il faut donc revenir aux expulsions de Palestiniens de Jérusalem, et aux destructions de maisons, si on ne veut pas seulement arracher une « trêve », mais aller aux racines du mal.

Depuis vingt ans, nos mémoires sont saturées de ces images en provenance de Gaza. C’est le spectacle de la mort. Ces tours qui s’effondrent emportant des vies qui ne sont pas toutes, loin s’en faut, celles de dirigeants du Hamas, ces alignements de corps couverts de linceuls blancs, ces mères qui hurlent leur désespoir en implorant le ciel subjuguent nos médias et tétanisent les témoins impuissants que nous sommes. Mais si les morts de Gaza meurent à Gaza, c’est de Jérusalem dont ils meurent. Les bombes israéliennes comme les roquettes du Hamas sont la conséquence du conflit, et non la cause. En se déplaçant sur le terrain militaire, hautement favorable à la puissance israélienne, la crise relègue la question coloniale à l’arrière-plan. Inlassablement, il faut donc revenir aux expulsions de Palestiniens de Jérusalem, et aux destructions de maisons, si on ne veut pas seulement arracher une « trêve », mais aller aux racines du mal. Mais qui le veut, hormis la population palestinienne et une faible partie de l’opinion israélienne, privées l’une et l’autre de représentation politique honorable ? Car cette tragédie sans fin, c’est d’abord la défaite de la politique. Il ne serait pas difficile d’en faire la démonstration côté palestinien, mais c’est évidemment côté israélien qu’il faut chercher les principaux coupables, parce que là est la force, et là est le projet colonial. Lire la suite

Arabie saoudite : répression, prédation, dépendance

Pourquoi l’Arabie saoudite, une monarchie sunnite absolue, soutenue avec enthousiasme par l’Occident, est-elle considérée comme un promoteur mondial de la « démocratie » ? Cette question est rarement posée. L’apparente discordance entre la démocratie libérale et l’intégrisme religieux est précipitée à la hâte lorsqu’il s’agit de commerce du pétrole et des accords d’armement. Cette attitude n’est pas l’expression d’une simple hypocrisie de la part de l’Occident ; elle est profondément enracinée dans un processus historique par lequel l’Arabie saoudite a été soutenue par les grandes puissances comme un avant-poste des intérêts impérialistes et un rempart contre les idéologies révolutionnaires.

Cheikh Mohammed Ibn Abdul Wahhab (1703-1792), le fondateur du wahhabisme, était un paysan qui a quitté la culture du palmier dattier et le pâturage du bétail pour prêcher localement, appelant à un retour aux pures croyances du VIIe siècle. Il a dénoncé le culte des lieux saints et souligné « l’unité d’un seul Dieu ». Il insiste singulièrement sur les passages à tabac, conduisant à des pratiques inhumaines : les voleurs doivent être amputés et les criminels exécutés en public. Les chefs religieux de la région se sont opposés lorsqu’il a commencé à exécuter ce qu’il prêchait et le chef local d’Uyayna lui a demandé de partir. Lire la suite

Appel à la solidarité internationale avec la résistance palestinienne (plus texte de Gilbert Achcar et de Gideon Levy)

Les organisations soussignées, membres du Conseil international du Forum social mondial, de ses forums thématiques et du processus FSM 2021-22 vers le Mexique, appellent toutes les forces de la société civile, les partis et les gouvernements engagés dans la défense des droits humains, de la souveraineté des peuples et de la démocratie à élever leur voix pour mettre fin au conflit israélo-palestinien sur la base de la justice et du droit international. Lire la suite