Archives de Catégorie: Moyen Orient

« Ma famille sous le traumatisme de la guerre à Gaza »

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Ma fille Tala, une Palestinienne de 19 ans qui vit au Royaume-Uni, a dessiné cette illustration en mai 2021, alors que notre famille qui vit à Gaza subissait une attaque militaire massive qui a tué 256 habitants de Gaza, dont 66 enfants, et blessé et déplacé des milliers de personnes. Tala a intitulé l’illustration « Âmes de Gaza, quand les enfants meurent » et a écrit la description suivante :

« Lorsque des enfants sont assassinés, les mots n’ont plus de sens… Leurs âmes nous regardent d’en haut.

J’ai commencé à travailler sur cette œuvre le 17 mai 2021. A ce moment-là, l’occupation par les colons israéliens a tué 198 personnes à Gaza, dont 58 enfants. 

J’ai terminé trois jours plus tard. Mais ils continuaient à tuer.

Au moment où j’écris ces lignes, il est minuit, et le cessez-le-feu a commencé.

Je demande (et je n’attends pas de réponse) pourquoi les enfants palestiniens paient ce prix ? Pourquoi des innocents sont morts et ceux qui sont restés en vie ont été traumatisés ? Pourquoi… ? Pourquoi l’humanité est-elle morte ? 

Il ne reste que la douleur… mais nous, Palestiniens, continuerons à avoir de l’espoir… sans espoir, nous mourrons tous. » 

Le dessin et les mots de Tala évoquent la nostalgie et le chagrin d’avoir été témoin d’une immense violence et d’avoir subi un trouble de stress post-traumatique. Le lien fort que mes enfants entretiennent avec Gaza et les enfants de Gaza s’est développé au fil des multiples guerres et crimes commis à l’encontre du peuple palestinien vivant dans ce que l’on appelle souvent la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Depuis 2007, Israël a imposé un blocus terrestre, maritime et aérien et les Palestiniens sont soumis à de lourdes restrictions de mouvement qui rendent difficile tout déplacement à l’étranger pour le travail, les études ou les visites à la famille. Lire la suite

Iran. Les grèves dans le secteur pétrolier et leur place dans les protestations sociales. Le pouvoir de la mollahcratie s’effiloche-t-il ?

Le 19 juin 2021, un jour après l’élection présidentielle au sein de la République islamique d’Iran, une vague de grèves exigeant des salaires plus élevés, la sécurité de l’emploi et de meilleures conditions de sécurité et de santé a commencé dans l’industrie pétrolière, gazière et pétrochimique.

L’actualité électorale a détourné l’attention des grèves au cours de leurs premiers jours, mais à mesure que la vague de grève s’étendait à de nouvelles raffineries et régions pétrolières et pétrochimiques, toute une série de groupes sociaux et politiques en ont pris conscience. En raison de leur ampleur, de leur répartition géographique et de leur force organisationnelle relative, les grèves ont acquis une dimension politique. De plus, leurs griefs et leurs revendications trouvent un écho auprès de larges secteurs de la population active et ravivent les souvenirs politiques du rôle particulier des travailleurs du pétrole dans les événements historiques entourant la révolution iranienne de 1978-1979. Plus crucial encore, bien que plus petite que les manifestations de janvier 2018 et de novembre 2019 qui résultaient d’une mobilisation spontanée autour d’une question nationale, la portée des récentes grèves du pétrole a été facilitée par une coordination nationale.

La dynamique des grèves pétrolières de cet été est remarquable pour au moins quatre raisons. Lire la suite

Afghanistan : Interview d’une responsable de RAWA, après la prise de contrôle du pays par les talibans (plus autres textes)

  • Afghanistan : Interview d’une responsable de RAWA, après la prise de contrôle du pays par les talibans
  • Bushra Khaliq : Les Talibans et l’occupation affectent toute la région : les femmes pakistanaises contre l’autoritarisme
  • Entretien avec Mejgan Massoumi conduit par Maria Landi et Francisco Claramunt : Personne n’a jamais demandé aux femmes afghanes ce qu’elles voulaient.
  • Yorgos Mitralias : Afghanistan : Des loups va-t-en-guerre déguisés en agneaux humanitaires ! 
  • Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane
  • « Charte des femmes afghanes » – Douchambé – 28 juin 2000
  • « Entendez nos cris » : ce qui terrifie une militante des droits des femmes afghanes. Entretien avec K. conduit par Mona Tajali

C’est une blague de dire que les valeurs comme « les droits des femmes », « la démocratie », « la construction de la nation » etc faisaient partie des objectifs de l’OTAN et des USA en Afghanistan !

La Mission des Femmes Afghanes a été en contact avec RAWA pour exprimer leurs besoins dans ce temps d’urgence. Dans ce bref Q&R avec la co-directrice d’AWM Sonali Kolhatkar, RAWA explique les incompréhensions de la situation sur le terrain comme ielles le voient.

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Quand Einstein appelait « fascistes » ceux qui gouvernent Israël depuis 44 ans… (plus : Appel des Juifs israéliens : « Arrêtez l’apartheid d’Israël ! )

Que diriez-vous si le tristement célèbre raciste et antisémite premier ministre hongrois Victor Orban accusait Einstein…d’antisémitisme ? Et aussi, Hannah Arendt ? Et également, le plus emblématique des écrivains de l’Holocauste, l’Italien Primo Levi ? Impensable et inimaginable ? Non. Pas du tout si on pense que c’est exactement ce qui se passe actuellement, et même à l’échelle mondiale. Et pas par un seul Orban mais par plusieurs racistes et antisémites notoires qui, avec la bénédiction des établissements de toute espèce, collent l’étiquette d’antisémite sur leurs adversaires politiques – d’habitude antifascistes, antiracistes et… de gauche – afin de les détruire !… Lire la suite

Quels sont les enjeux pour la vie des femmes en Afghanistan ? (plus autres textes)

  • Quels sont les enjeux pour la vie des femmes en Afghanistan ?
  • Nathalie Moga : Droit d’asile : ce que cela peut changer pour une femme afghane 
  • Gilbert Achcar : Afghanistan : le cimetière des empires
  • Jacques Fath : Afghanistan : de quelle défaite parle-t-on ? 
  • Les femmes du Kurdistan réclament la solidarité avec leurs homologues afghanes
  • Inde : Les musulmans indiens doivent rejeter l’« Émirat islamique » en Afghanistan : Déclaration des musulmans indiens pour la démocratie laïque
  • MMF : Solidarité féministe internationale avec les femmes et le peuple d’Afghanistan : Non aux Talibans ! Non à l’impérialisme !
  • Osez le féminisme : Droits des femmes en Afghanistan, chronique d’une mort annoncée

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Avec la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, les impacts réels de l’occupation militaire américaine dans le pays sont mis en évidence. Cela fait 20 ans que des discours sur la liberté, la démocratie et la guerre contre le terrorisme se cachent derrière des milliards de dollars et d’innombrables morts danse la population afghane. Au cours de cette période, un gouvernement fantoche a été formé, plongé dans la logique de la corruption et de l’augmentation exponentielle des exportations d’opium, accompagnée d’une dépendance aux drogues dans le pays. Bien que des progrès aient été réalisés dans les possibilités de vie, d’études et de profession pour les femmes dans une petite partie du pays, dans d’autres, des restrictions, des violences et des flagellations contre les femmes étaient toujours en vigueur. Les talibans ont continué à s’organiser sous l’occupation. Les technologies de surveillance testées par les États-Unis sont désormais des instruments pour l’exercice du pouvoir des talibans. Lire la suite

De Kaboul à Beyrouth, l’espoir est le seul moyen d’avancer

L’Afghanistan a été l’une des luttes politiques déterminantes de ma génération. Je n’étais qu’un garçon lorsque j’ai vu à la télévision les troupes américaines et alliées débarquer dans le pays, sous le prétexte d’attraper les cerveaux à l’origine des attentats du 11 septembre. Mais la « guerre contre la terreur » que l’administration Bush a déclenchée avec cette invasion, et l’occupation brutale qui s’en est suivie, ont fait du monde un endroit dangereux pour tous les musulmans et les Arabes, car la « terreur » est devenue synonyme de notre foi et de nos origines nationales. L’Afghanistan – avec l’Irak et la Palestine – est devenu un pilier de notre conscience mondiale, une ligne de front pour affirmer notre humanité contre une superpuissance qui avait effectivement considéré nos identités comme une menace. Lire la suite

Unissons nous contre la cyber-surveillance et la répression

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Par le Comité National BDS palestinien (BNC), le 22 juillet 2021

Le scandale international grandissant autour du logiciel espion israélien Pegasus de NSO Group, dont se servent des dictatures et des régimes autoritaires pour perpétrer quantité de crimes et de violations des droits de l’homme, n’est que le sommet de l’iceberg. Depuis des années, Israël et ses entreprises de technologie de pointe ont exporté des logiciels espions et autres technologies de surveillance intrusives à travers la planète, y compris pour certains des régimes les plus brutaux.

Le marché de la technologie militaire, sécuritaire et de surveillance constitue le socle des liens d’Israël avec le reste du monde. Lire la suite

La lutte et la résistance des femmes empêchent de nouveaux génocides 

Aujourd’hui, le 3 août 2021, nous commémorons dans le deuil et avec un grand respect les victimes du féminicide et du génocide de la population Yézidie dans la région kurde du sud du Shengal, qui se poursuit encore aujourd’hui. Il y a sept ans, en août 2014, Daech et ses alliés ont exécuté des milliers de Yézidis de la manière la plus cruelle et la plus brutale en l’espace de quelques semaines. Plus de 7 000 femmes et enfants ont également été enlevés. Beaucoup de femmes et de jeunes filles ont été systématiquement violées et vendues comme esclaves sexuelles dans des marchés aux esclaves spécialement construits. À ce jour, 2 800 d’entre eux sont toujours portés disparus. Lire la suite

« Ni les juges ni les diplomates ne viendront sauver Sheikh Jarrah »

Il était exaspérant de suivre les délibérations de la Cour suprême israélienne sur Sheikh Jarrah [quartier à majorité palestinienne de Jérusalem-Est] lundi 2 août. Au cours d’une audience visant à déterminer si les résidents palestiniens seront expulsés de force de leur quartier, les trois juges présidents ont proposé un accord qui permettrait aux familles de rester dans leurs maisons en tant que « locataires protégés » pendant plusieurs années, en échange du paiement d’une petite taxe de « location » [400 euros environ par année] fait au groupe de colons Nahalat Shimon, qui convoite agressivement les propriétés avec le soutien de la police. L’audience s’est terminée sur une impasse, obligeant le tribunal à en programmer une autre la semaine prochaine dans l’espoir que les parties cèdent d’ici là.

Ce que les juges ont décrit comme un « compromis » s’est toutefois révélé être un ultimatum. Les juges ont d’abord refusé d’accorder aux familles plusieurs jours pour examiner l’accord, sous prétexte qu’ils voulaient éviter toute pression médiatique supplémentaire et qu’il faudrait des siècles pour que tous les résidents se mettent d’accord. De nombreux Palestiniens présents dans la salle d’audience ont eu du mal à suivre les plaidoyers en hébreu (aucune traduction officielle n’a été fournie), ce qui les a obligés à se démener pour obtenir des informations sur leur sort. L’objectif des juges n’était pas marqué par la subtilité : il s’agissait de faire pression sur les parties pour qu’elles acceptent l’accord, et éviter la responsabilité de statuer sur une question aux enjeux politiques élevés. Lire la suite

Iran : grève historique dans le secteur pétrolier, manifestations dans le Khouzistan et à Téhéran, droit des femmes bafouées

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes relaie les informations transmises par nos camarades d’Iran. Nous réitérons notre soutien à ceux et celles qui luttent contre le régime en place : grévistes, manifestantes et manifestants sont confronté.es à une très forte répression. La solidarité internationale est indispensable !

Nous rendons hommage aux manifestants tués lors des manifestations, dont nous les camarades ont transmis certaines photos.

La grève des ouvriers du secteur pétrolier et pétrochimique qui travaillent dans les sociétés sous-traitantes avec des contrats précaires et quelques fois sans contrat est entré dans son deuxième mois à partir du 21/07/2021. Selon le dernier décompte, les ouvriers de 114 sociétés différentes sont en grève sur une vaste zone géographique. Lire la suite

La reconnaissance de l’Etat de Palestine

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La Campagne pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine rassemble des organisations de la société civile, des organisations non gouvernementales et des syndicats à travers l’Europe et le monde pour faire pression en faveur de la reconnaissance de l’Etat de Palestine en tant que 194e membre à part entière des Nations unies. Après plus de 70 ans, il est temps de reconnaître l’Etat de Palestine comme un Etat souverain et autonome, et de mettre fin aux violations des droits de l’Homme et au déplacement des Palestiniens dans la région.

Avec le soutien d’organisations de l’UE, d’Israël et de la Palestine (et de la diaspora), la campagne vise à obtenir la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par les gouvernements nationaux de l’UE et du monde entier. Avec un plus grand nombre d’Etats soutenant la campagne, il y aura un élan plus fort pour que la Palestine devienne le 194e membre à part entière de l’ONU. A cet égard, les organisations membres de cette campagne développeront des activités nationales avec le soutien des réseaux nationaux pour plaider en faveur de la reconnaissance gouvernementale de la Palestine dans leurs propres pays. Lire la suite

La violence désespérée d’une direction palestinienne à l’agonie (plus autres textes)

Le président Mahmoud Abbas semble avoir perdu toute trace de considération pour ce que son peuple pense de son gouvernement. Au cours des dix jours qui se sont écoulés depuis que ses forces de sécurité ont brutalement arrêté et tué Nizar Banat, un éminent activiste et critique, l’Autorité palestinienne a tenté sans relâche d’écraser la dissidence publique qui en a résulté par tous les moyens nécessaires.

Des policiers armés de matraques et de gaz lacrymogènes, rejoints par des voyous du Fatah munis de bâtons et de pierres, agressent les manifestants et les journalistes palestiniens dans les rues. Ils menacent et harcèlent les jeunes manifestants sur les médias sociaux, ciblant en particulier les femmes. Ils arrêtent des avocats et des militants politiques sur la base d’accusations douteuses telles que « causer des troubles internes » et « insulter les autorités ». Ce n’est guère la première démonstration de la nature répressive de l’AP, mais c’est certainement l’une des plus vicieuses. Lire la suite

Plus de 600 universitaires et artistes appellent au démantèlement du régime d’apartheid en Palestine historique

Plus de 600 universitaires, artistes et intellectuels de plus de 45 pays ont signé une déclaration appelant au démantèlement du régime d’apartheid mis en place sur le territoire de la Palestine historique et à l’établissement d’un arrangement constitutionnel démocratique qui accorde et mette en œuvre pour tous les habitants de ce pays des droits et des devoirs égaux, sans aucune discrimination fondée sur la race, l’origine ethnique, la religion ou le sexe. Parmi les signataires figurent de nombreuses personnalités éminentes, dont les lauréats du prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Maguire, les juristes universitaires Monique Chemillier-Gendreau et Richard Falk, les universitaires Étienne Balibar, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Suad Joseph, Jacques Rancière, Roshdi Rashed et Gayatri Spivak, le chercheur en santé Sir Iain Chalmers, le compositeur Brian Eno, le musicien Roger Waters, l’écrivaine Ahdaf Soueif, l’économiste et ancien secrétaire général adjoint de l’ONU Sir Richard Jolly, l’homme politique sud-africain et vétéran de la lutte contre l’apartheid Ronnie Kasrils, et la militante de la paix canadienne et ancien leader national du Parti Vert du Canada Joan Russow. Lire la suite

Travailleuses domestiques migrantes au Liban, le parcours de la dette

Au Liban, le travail domestique est majoritairement occupé par des femmes, principalement originaires d’Asie et d’Afrique, qui ont généralement dû s’endetter dans leur pays d’origine pour migrer. Une fois au Liban, ces dernières font face à des contraintes et des violences de traitement, en plus des difficultés financières qu’elles rencontrent pour survivre au quotidien. La crise économique qui accable actuellement le Liban accroit les besoins financiers de ces femmes qui n’ont parfois d’autres choix que de s’endetter à nouveau pour repartir, souvent dans leurs pays d’origine. C’est donc un parcours migratoire marqué par le joug de la dette qu’est celui de ces femmes en lutte. Lire la suite

Les travailleurs et travailleuses iraniennes de l’industrie pétrochimique se mettent en grève

Selon diverses sources, les travailleurs iraniens du secteur pétrolier ont initié un mouvement de grève depuis le 19 juin 2021. Les revendications portent sur les retards de salaires, l’augmentation des salaires, les conditions de travail en termes de sécurité et de santé. La National Iranian Oil Company ainsi que la National Iranian Gas Company et les National Iranian Oil Refining and Distribution Company utilisent de nombreux sous-traitants qui durcissent à l’extrême les normes d’exploitation des travailleurs. Selon les mêmes sources, la majorité des grévistes ont des contrats avec ces firmes sous-traitantes qui emploient une très large majorité des travailleurs du secteur. L’ampleur de la mobilisation ouvrière est telle que les principaux responsables politiques, depuis Rohani à Ebrahim Raïssi, tentent de mettre sur pied une négociation pour tenter de canaliser les grèves dans ce secteur qui apparaissent les plus importantes depuis quarante ans, si on les inscrit dans la foulée des luttes d’août 2020.

Nous publions ci-dessous, sur ce mouvement de grèves, un article datant du 24 juin de IndustriALL – structure internationale syndicale créée en 2012, résultat de la fusion de la FIOM (Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie), de l’ICEM (Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines et des industries diverses) et la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir. (Réd. A l’Encontre) Lire la suite

Après la mort de Nizar Banat, des Palestiniens demandent la démission de Mahmoud Abbas + soutien aux grévistes du Jacir Palace de Bethléem

Nizar Banat, militant palestinien et critique de l’Autorité palestinienne (AP), est mort jeudi 24 juin, après avoir été arrêté et violemment battu par les forces de sécurité palestiniennes, a déclaré sa famille.

Les agents ont fait irruption [à 3h30 du matin] dans la résidence de l’oncle de Nizar Banat dans la ville de Dura, au sud-ouest d’Hébron, où ce père de cinq enfants avait trouvé refuge au cours des deux derniers mois. En effet, il avait reçu des menaces de la part de dirigeants du parti au pouvoir, le Fatah, en raison de ses critiques virulentes à l’égard de l’Autorité palestinienne et de ses responsables. Lire la suite

Aucun changement à Jérusalem ou à Gaza (plus : Aidez Gaza à se nourrir !)

Notre gouvernement de changement ne nous a pas donné 100 jours d’état de grâce, ni même 100 heures. Il n’est peut-être pas juste de le juger sur ses premières heures d’existence, mais elles peuvent être le signe de ce qui va suivre. Cent minutes ont suffi pour se rendre compte que sur les questions les plus importantes de toutes, il n’y a pas de désaccords dans le nouveau gouvernement, et qu’il n’est pas différent du gouvernement précédent. Ce qui était sera.

Ses premières heures, qui auraient pu annoncer un changement, ont annoncé exactement le contraire. Les ministres auraient pu interdire la Marche des Drapeaux [marche censée commémorer la « journée de Jérusalem », autrement dit la « réunification » de la Ville sainte après son occupation en 1967 ; elle s’est déroulée le mardi 15 juin sous la houlette de l’extrême droite colonisatrice] et dire aux Israéliens, aux Palestiniens et au monde entier qu’il y a une nouvelle équipe en ville, une équipe qui prend en considération les sensibilités d’un autre peuple. Au lieu de cela, le ministre de la Sécurité publique, Omer Bar-Lev, un représentant de la gauche [Parti travailliste] dans le nouveau gouvernement, a tweeté que « Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël », adaptant avec une incroyable facilité le jargon nationaliste de Benyamin Netanyahou ou de Bezalel Smotrich [membre aujourd’hui du Religious Zionist Party, précédemment de Yamina, parti de Naftali Bennett] en passant par Itamar Ben-Gvir [leader de Otzma Yehudi-Force juive et membre de la Knesset]. Lire la suite

Pour les prisonnières syriennes

Il y a quelques années, j’ai été sollicitée pour composer la musique du film Syrie, le cri étouffé de Manon Loizeau et Annick Cojean (à visionner ici).

Française d’origine syrienne militant pour la liberté du peuple syrien et son autodétermination, je connaissais déjà l’horreur des prisons du régime syrien, l’utilisation systématique de la torture et du viol comme moyen de destruction du peuple syrien, et ces frissons d’horreur en pensant que le corps d’une femme pouvait être un terrain de guerre.  Lire la suite

Israël a un nouveau « bon Arabe » au gouvernement, Mansour Abbas

Après avoir scissionné de la Liste unifiée [coalition politique des partis « arabes israélien » et du PC israélien créée en 2015, dissoute et recréée en 2019] avant les dernières élections israéliennes, la Liste arabe unie (en hébreu : Ra’am), le parti islamiste dirigé par Mansour Abbas, a mené une campagne visant à présenter le parti comme « conservateur»  tout en proposant une « nouvelle approche » de la politique arabe en Israël. Selon cette « approche », Ra’am pouvait rejoindre n’importe quel nouveau gouvernement israélien, qu’il soit de gauche ou de droite, même si cela signifiait siéger avec les kahanistes [se référant au rabbin Meir Kahane qui se proposait de « conquérir la terre promise »] dans la même coalition. La rupture de Ra’am avec les trois autres partis arabes de la Liste unifiée, a insisté Abbas, devait être « historique ». Lire la suite

« Ne pleurez pas une coexistence qui n’a jamais existé » (plus autres textes)

Les citoyens palestiniens d’Israël se sont habitués à entendre des déclarations ridicules de la part des grands médias et des politiciens israéliens. Leur manque de connaissance de la société palestinienne et les mensonges qu’ils crachent à la télévision nationale ne sont pas seulement très loin des normes journalistiques, ils sont souvent tout simplement ridicules et très peu journalistiques.

Mais ces dernières semaines, même selon leurs critères, le spectacle d’horreur et de comédie qu’est la télévision israélienne s’est surpassé. Alors que la violence faisait rage dans tout le pays, à Jérusalem, à Gaza et dans les « villes mixtes », les présentateurs traditionnels se sont attaqués aux invités arabes de leurs émissions, interrompant leurs réponses. Certains présentateurs ont activement provoqué les manifestants palestiniens, tandis que des politiciens de la gauche israélienne ont publiquement soutenu l’attaque contre Gaza. Lire la suite