Archives de Catégorie: Afrique

Appel à un Contre-sommet Afrique-France à Montpellier

de7c09d7773370d9-4a8ab

Du 7 au 9 Octobre doit se tenir à Montpellier un Sommet Afrique-France, qui, sous l’affichage de la culture, de l’enseignement supérieur, de la jeunesse et du sport, annonce la « refondation des relations entre la France et l’Afrique ». Cependant, malgré les effets d’annonce du président Emmanuel Macron, l’esprit néo-colonial est toujours présent. Sur le continent africain, la France exerce toujours une domination monétaire, économique, diplomatique et culturelle, poursuit des interventions militaires, et soutient des régimes qui bafouent les droits humains et empêchent l’émancipation des peuples. Le soutien au coup d’État militaire au Tchad en avril 2021 est un triste exemple de cette politique. La Méditerranée est une frontière coloniale qui a déjà tué cette année plus de 1200 de nos sœurs et nos frères. Cette frontière poursuit celles et ceux qui parviennent à traverser, celles et ceux qui deviennent sans papiers en les privant de tout droit.

Ainsi, ce sommet arrive dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, où le sentiment anti-français, qui est surtout un sentiment anti-françafrique, c’est à dire un rejet de ces politiques, grandit dans l’ensemble des pays d’Afrique francophone. Un fort rejet salutaire de l’impérialisme français a embrasé les populations dans les rues de Dakar, de Bamako, et d’ailleurs. Lire la suite

Patricia McFadden : deux entretiens sur les femmes africaines, le féminisme…

« En 500 ans de colonialisme, les femmes africaines se sont toujours battues pour la liberté »

Capire a parlé avec la chercheuse féministe Patricia McFadden à propos du nationalisme de genre et du pouvoir du féminisme pour la libération des femmes en Afrique

Après des décennies d’expérience en tant que chercheuse et militante féministe, passant par l’extradition dans les pays où elle a vécu et travaillé, comme le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, Patricia vit et travaille aujourd’hui à Esuatini, anciennement Swaziland. Essuatini, actuellement une monarchie autoritaire, était une colonie britannique jusqu’en 1968. Vegane et écoféministe radicale, elle cultive les aliments qu’elle consomme et à partir de cette réalité, elle a construit des pratiques de solidarité et des propositions d’analyse féministe, comme la notion de contemporanéité [contemporarity]. Cette trajectoire montre comment ses analyses mêlent le personnel et le politique dans ses critique du nationalisme de genre et dans ses propositions pour construire et comprendre le féminisme radical en Afrique.

« Le féminisme est puissant parce qu’il n’est pas un événement qui vient d’émerger. Il est ancré dans les souvenirs les plus anciens de la conscience humaine sur la liberté. » Lire la suite

Mekatilili wa Menza : la lutte anticoloniale au Kenya

Pendant l’occupation britannique du pays, Mekatilili a dirigé une rébellion contre la violence colonialiste

Mekatilili wa Menza est né dans le village de Mutara Wa Tsatsu Ganze, dans la région de Kilifi, dans les années 1840. Son implication dans la lutte politique s’intensifia entre 1912 et 1915, lorsqu’elle fut l’une des dirigeantes du peuple de Giriama contre les forces coloniales britanniques au Kenya. La Compagnie Impériale Britannique d’Afrique de l’Est (Imperial British East AfricanCompany – IBEA), autorité coloniale dans le territoire, avait intensifié ses pressions économiques contre le peuple de Giriama, en imposant des taxes d’habitation et des contrôles plus stricts sur le commerce de vin de palme et de l’ivoire, deux produits qui étaient à la base de l’économie de la région. Les gardes ont également commencé à recruter de jeunes hommes pour réaliser des travaux forcés loin de leurs terres. Lire la suite

Le type de populisme que représente le président Kaïs Saïed est traditionaliste et vide de tout programme sérieux et substantiel

Entretien avec Hamma Hammami conduit par Monica Marks

Hamma Hammami est le secrétaire général du Parti des travailleurs tunisiens (créé en 1986, sous le nom de Parti communiste des ouvriers de Tunisie-PCOT, légalisé en 2011) et un dirigeant du Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution (créé en 2012). Il est rédacteur en chef du journal Sawt Achaab, auteur de onze livres sur la politique et l’économie, dont deux sur les droits des femmes. Il est l’époux de la célèbre avocate des droits de l’homme Radhia Nasraoui. Opposant déclaré à l’ancien président tunisien Ben Ali, Hamma Hammami a joué un rôle de premier plan dans le Mouvement du 18 octobre 2005 [1] et dans la révolution tunisienne de 2011.

Cet entretien a été réalisé au siège du Parti des travailleurs dans le centre de Tunis. Il a été réalisé en deux parties: la première, le mercredi 11 août 2021, et la seconde, le lundi 16 août. Les entretiens, d’une durée totale d’environ trois heures, ont été menés principalement en arabe, avec un peu de français et d’anglais. L’entretien a été traduit/transcrit en anglais, le 20 août, pour Jadaliyya. [Dans la nuit du 23 au 24 août, le chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a décidé de prolonger « jusqu’à nouvel ordre » le gel du parlement. Les activités de ce dernier ont été suspendues depuis « le coup de force » du 25 juillet. Nous publions ce long entretien comme un élément d’information et de débat, quand bien même le thème des volontés des bailleurs de fonds n’est pas abordé explicitement. – Réd.] Lire la suite

La misère des enfants mineurs en République démocratique du Congo alimente les profits des entreprises technologiques et automobiles

778c2afc9ee800fde1e3ce0a9c3e009b

Depuis la première ruée vers l’Afrique jusqu’à aujourd’hui, la classe ouvrière congolaise, et les pauvres de ce pays ont enduré toutes sortes d’horreurs, de répression, d’exploitation et d’oppression dues au pillage et la barbarie impérialistes. La coercition du travail pendant le régime du caoutchouc sous le roi Léopold II de Belgique a sapé le développement à long terme de la République démocratique du Congo. Le règne du roi fut sanglant et brutal, c’était un régime d’exploitation qui s’appuyait sur le travail forcé pour cultiver et commercialiser le caoutchouc, l’ivoire et les minéraux.

L’histoire du Congo est une litanie de vols et de conflits. Du trafic d’esclaves à la brutale colonisation belge, en passant par la manipulation de la guerre froide et donc les guerres qui ont suivi ; ceux qui ont payé le prix et souffert le plus sont la classe ouvrière et les pauvres. Le pays a fourni des esclaves pour les plantations de canne à sucre, du caoutchouc pour les pneumatiques, de l’uranium pour la bombe atomique utilisée à Hiroshima et Nagasaki, du coltan pour les appareils mobiles et, aujourd’hui, du cobalt pour les batteries lithium. Le cobalt est important pour la fabrication des batteries rechargeables au lithium utilisées dans de nombreux produits vendus par les entreprises technologiques et automobiles. Bref, la richesse minérale du Congo a alimenté les économies du monde occidental pendant des centaines d’années. Lire la suite

Marie Koré : Marche pour la liberté et l’indépendance en Côte d’Ivoire

La tête de file anticoloniale Marie Koré a uni les femmes dans la lutte pour la libération des prisonniers politiques dans les années 1940.

En décembre 1949, un moment important de la résistance des femmes a lieu en Côte d’Ivoire : la marche des femmes vers Grand-Bassam en Côte d’Ivoire. La longue marche est partie d’Abidjan jusqu’à la ville de Grand-Bassam, ancienne capitale de la Côte d’Ivoire durant l’époque coloniale entre 1893 et 1900, où se trouvaient les principaux tribunaux du pays ainsi que l’une de ses prisons les plus connues. L’action voulait dénoncer l’arrestation sans procès des dirigeants politiques du Rassemblement Démocratique Africain [RDA], fédération des partis politiques africains anticoloniaux.

Le 22 décembre, les femmes quittent Abidijan à pied, pour un trajet de 40 km vers Grand-Bassan, organisées en petits groupes pour échapper à la surveillance de l’administration coloniale française. Le 24 décembre, alors qu’elles étaient déjà proches de leur destination finale, les femmes ont été stoppées, attaquées au gaz lacrymogène et battues par des soldats français. Lire la suite

Souveraineté alimentaire et accès à la terre

ef_etude_foncier_rdc2

« Cette étude, dont vous tenez le résultat entre les mains, est le troisième volet d’une série consacrée à l’accès à la terre, thématique centrale du programme 2017-2021 d’Entraide et Fraternité (EF). Les deux premiers volets ont été consacrés en 2018, à Madagascar et en 2019, aux Philippines.

Cette dernière contribution, consacrée à l’insécurité foncière en République démocratique du Congo (RDC), s’inscrit également, de façon plus transversale, dans une réflexion sur la « décolonisation des savoirs », suscitée par un collectif de chercheurs de l’Angaza Institute de Bukavu, en partenariat avec l’Université catholique de Louvain. Le défi relevé consistait à identifier, à prendre en compte et à déconstruire les relations de pouvoir logées au cœur de la fabrique de la connaissance. » Lire la suite

Psychopathologie politique d’une société schizophrène

Le peuple marocain se distingue, depuis toujours, par son intelligence modératrice, sa bienveillance communicative, son hospitalité démonstrative, toutes qualités ataviques, qui dégénèrent en leurs contraires dans les luttes politiques, quand la duplicité dissimulatrice, la comédie mystificatrice, la fourberie falsificatrice deviennent des armes de conquête et que les larmes de crocodile se muent en redoutables anesthésiques des esprits fragiles. La gandoura du leader fait office d’emblème plébéien. La fierté traditionnelle se montre étrangement corruptible quand les exigences historiques imposent, dans l’immuable fidélité aux habitus, des options transformatrices. Ces élections législatives ne relèvent plus de l’analyse politique, mais de la psychanalyse collective. Lire la suite

« CHE » ABDELKRIM : le Lion du Rif. Un siècle…

En ce 21 juillet 2021, cela fera tout juste un siècle, que la face du monde, du moins d’une partie de ce dernier a connu un chambardement dont peu de contemporains auraient pu mesurer toutes les conséquences qui se font sentir jusqu’à nos jours. Le 21 juillet 1921, l’armée espagnole sous la férule de l’un de ses fringuants gradés, le général Sylvestre, subie l’une des rares défaites qu’une armée coloniale endurera en ce premier quart de siècle de ce « court vingtième siècle », déjà ensanglanté par la première des boucheries, celle de 1914/1918. La monarchie espagnole qui, tout au long du XIXe siècle, connaîtra l’effondrement de son empire colonial en Amérique latine, se voit ôter, de surcroit, par le traité de Paris du 25 octobre 1898, Cuba, les Philippines, Porto-Rico et l’ile de Guam.

A la Conférence d’Algéziras, en Espagne, du 7 avril 1906, la monarchie espagnole se voit recevoir une petite compensation par rapport à la perte de ses derniers bastions coloniaux, au profit essentiellement des Etats Unis, par l’octroi du nord de la monarchie marocaine, le Rif, dans le cadre du démembrement de la dernière parcelle africaine n’ayant connu de domination coloniale. La France se voit elle légitimer à posséder la partie sud de la monarchie marocaine, Fès étant la ligne de partage. Lire la suite

Les politiques migratoires et sécuritaires européennes au Niger

Carrefour de nombreux espaces sous tensions politiques et sécuritaires, le Niger est depuis plus d’une décennie une voie privilégiée vers l’Europe pour les migrants originaires d’Afrique centrale et de l’Ouest. Ces mouvements, conséquence de la dégradation des conditions de vie des populations, entraînée par le déclin de l’attractivité économique de pays surendettés et engagés dans des programmes d’ajustement structurel imposés par les institutions financières internationales, ont fait du Niger, pays très pauvre, mais stratégique, un espace de choix pour l’externalisation des politiques européennes en matière de gestion des flux migratoires. Lire la suite

Appel pour un congrès national des mouvements sociaux et citoyens

Le présent Appel signé par plusieurs dizaines d’activistes des mouvements sociaux, d’associations et de personnalités, devait paraître à l’origine dans différents supports de presse le 27 juillet 2021.

Au vu des événements survenus ce jour-là à commencer par le discours du président de la République tunisienne et les dispositions qui en découlent, ses initiateurs ont décidé de surseoir à sa publication. Quelque dix jours plus tard, par-delà la situation institutionnelle et politique inédite que connaît le pays, l’objet de cet Appel n’a rien perdu de sa pertinence et de son opportunité.

L’heure est plus que jamais à l’organisation de débats, de concertations et de rapprochements entre les diverses composantes du mouvement social et citoyen dans le respect des différents positionnements afin de donner aux mots d’ordre de la révolution de 2011 un contenu concret axé sur la lutte contre les inégalités économiques et sociales et respectueux des principes démocratiques qui nous animent.

La mise en place d’une plate-forme numérique, prélude à l’organisation d’un congrès des mouvements sociaux et citoyens à l’automne, permettra dans les semaines à venir de préparer et nourrir ces débats et échanges en prenant en compte les contraintes sanitaires. Lire la suite

Tunisie : le coup d’État de Kaïs Saïed cherche à restaurer le « ben alisme » que la révolution de 2011 avait décapité

Une loi fondamentale de la révolution est celle-ci : avant même qu’elle ne se déclenche, elle est déjà combattue par des réactionnaires et des conservateurs, crainte par les libéraux ; ils cherchent à l’éviter en faisant miroiter la voie de la réforme et en mettant en garde les masses (et les dirigeants) contre son coût. Mais une fois qu’elle triomphe, tous deviennent révolutionnaires, mais ils sont réactionnaires. Leur tâche commune est alors de trouver le chemin le plus court pour ramener les masses insurgées dans le giron de la soumission, et de laisser l’opportunité aux élites et aux cadres politiques et répressifs de la classe dominante de remettre de l’ordre et de revenir à la normale. Lire la suite

Femmes pour le droit à la terre et à l’héritage égalitaire en Tunisie

Dans un article, Halima Jouini analyse la position des femmes dans l’économie tunisienne et présente des propositions à partir du mouvement des femmes.

En Tunisie, la question de l’héritage, de la répartition équitable des richesses et du droit des femmes à posséder et à bénéficier de la terre est considérée comme l’une des plus importantes, en raison de la réalité de la discrimination. Le sujet est une préoccupation permanente du mouvement féministe, car il est un pilier de l’autorité patriarcale. La question foncière représente la dimension économique et sociale de l’hégémonie des hommes dans la société, qui justifie et renforce l’exercice du pouvoir sur les femmes. Ainsi se forme l’équation d’un système qui, d’une part, sanctifie la propriété et, d’autre part, permet au genre masculin de marginaliser et d’exclure les femmes. Lire la suite

Les luttes pour l’accès aux semences et l’autonomie des femmes au Kenya

Au Kenya, les femmes luttent pour la souveraineté alimentaire et la justice climatique en protégeant les semences locales et en soulignant leur importance

Au Kenya, l’agriculture est l’épine dorsale de l’économie, et les femmes de la campagne sont majoritaires dans la production alimentaire et le travail agricole. Le secteur agricole contribue directement à 26% du Produit intérieur brut (PIB) annuel du Kenya, et à 27% par le biais de l’industrie manufacturière. Les secteurs de la distribution et des services représentent 65% des recettes totales provenant des exportations. Le secteur emploie plus de 80% de la main-d’œuvre rurale du pays et représente plus de 18% des emplois formels. Les sous-secteurs des cultures, de l’élevage et de la pêche sont les principales composantes du secteur agricole. Parmi les espèces cultivées en Afrique on retrouve le maïs, les haricots secs, l’éleusine (ou millet africain) et le sorgho. Parmi les semences locales africaines, on trouve le teff éthiopien, l’éleusine, le sorgho et le manioc. Lire la suite

Du vin, de la bière, un héritage colonial et un mécano fiscal

rapport_castel_juin_2021-2

« En poussant la porte d’un caviste Nicolas, peu de clients savent qu’ils pénètrent dans une enseigne du groupe Castel, une multinationale qui s’est im- posée comme le premier négociant français de vin, troisième sur le marché international. À la tête de l’entreprise, la très discrète famille Castel compte parmi les dix premières fortunes hexagonales. Mais ce champion vinicole est aussi – et surtout – un vieil empire françafricain de la bière et des boissons gazeuses. Lire la suite

L’article 66 du code de la famille est une violence contre les mères divorcées

Contrairement à l’ex-conjoint qui peut se remarier sans condition, les femmes divorcées sont privées de la garde de l’enfant au cas où elles décident de refaire leur vie. Une discrimination consacrée par l’article 66 du code de la famille. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Nadia Aït Zaï, directrice du Centre d’information et de documentation sur les droits des enfants et des femmes (Ciddef), revient sur le plaidoyer lancé pour l’abolition de cet article contraire à la Constitution et à la Convention de lutte contre les discriminations à l’égard des femmes, ratifiée par l’Algérie. Lire la suite

Une nouvelle séquence historique (sur l’axe Nord-Sud)

image1-11-74c2e

Résistances africaines à la domination néocoloniale

Présentation par Martine Boudet, coordinatrice de l’ouvrage

Publication aux éditions du Croquant (mars 2021)

https://editions-croquant.org/actualite-politique-et-sociale/710-resistances-africaines.html

Préface d’Aminata Traoré

CADTM Belgique : présentation de l’ouvrage le 14 juin 2021

http://www.cadtm.org/LCD-Resistances-africaines-a-la-domination-neocoloniale

Nos sincères remerciements vont à nos ami.es du CADTM Belgique qui nous accueillent, et du CADTM Afrique qui ont collaboré, avec Attac Burkina Faso, à cette publication.

Il ne fait pas de doute que nous avons beaucoup d’expériences à partager d’un pays francophone à l’autre, sur la question des alternatives au néocolonialisme. De plus en plus, de manière générale, se pose la question de l’accroissement des réseaux militants et citoyens pour contribuer à désamorcer les stratégies institutionnelles, qui sont à l’échelle internationale comme vous le savez. Lire la suite

Participation politique des femmes en Côte d’Ivoire : une mission pour la paix

Dans l’entrevue, Solange Koné évoque la participation politique des femmes, les défis de la pandémie et les pratiques féministes pour la paix

La Marche Mondiale des Femmes (MMF) en Côte d’Ivoire a débuté en 2004. Le pays était en guerre civile et les femmes de Côte d’Ivoire se sont organisées pour participer à une rencontre au Mali sur la participation des femmes aux processus de paix. Lors de cette rencontre, une compagne de la MMF du Burkina Faso a exprimé sa solidarité et son soutien aux femmes de Côte d’Ivoire. C’est donc à partir de la pratique de la solidarité internationale, constitutive de la Marche Mondiale des Femmes, que les femmes organisées en Côte d’Ivoire ont connu et décidé de rejoindre le mouvement.

Solange Koné, membre du Comité International de la MMF, a parlé avec Capire à propos de la participation politique actuelle des femmes dans le pays et comment elles s’organisent dans la lutte pour la solidarité et la paix. Pour elle, « dans la résolution des conflits, les femmes doivent être vraiment parties prenantes. Il faut réfléchir de manière concrète au rapport à la violence faite aux femmes sur les champs de combat ». Découvrez : Lire la suite

Crise de l’Impérialisme français en Afrique et processus de fascisation dans l’hexagone

Coup d’État au Tchad approuvé et soutenu par Macron avec un appel à « mettre en œuvre un processus démocratique le plus rapidement possible » ; « Coup d’État » au Mali condamné par Macron alors qu’il est soutenu par de nombreuses organisations populaires maliennes ; manifestations et déclarations politiques contre l’ingérence française à Bamako, N’Djaména, Ouagadougou ou Niamey, accusation publique par le Chef de l’État de la Russie accusée d’« alimenter un sentiment anti-français en Afrique », etc. L’impérialisme français en Afrique est indéniablement dans une séquence historique de crise. Dans la même période se déploie dans l’hexagone un processus de fascisation que nous avons longuement analysé dans nos derniers articles [lois jumelles liberticides sur la sûreté globale et sur le « séparatisme », basculement du centre de gravité des discours politiques du ministre de l’intérieur vers l’extrême-droite, tribunes de militaires, manifestations policières devant l’assemblée nationale, multiplication des discours et analyses sur le déclin à conjurer, etc.]. Les deux réalités externe et interne sont rarement mises en lien dans les analyses politique. La cécité sur ces liens est un obstacle à la compréhension des enjeux et dangers politiques contemporains en France.

imperialisme-francais-1

Lire la suite

Déclaration OSC Niger 20 mai

Au cours de la semaine dernière, une délégation de responsables des organisations de la société civile nigérienne a entrepris une visite de terrain pour s’enquérir des conditions d’accueil et d’installation à Tillabery des personnes fuyant le climat insoutenable de violence qui s’est installé dans cette région. La délégation a constaté que ce sont des centaines de personnes, en grande majorité des femmes et des enfants, qui ont afflué, au cours de ces derniers jours, vers la commune de Tillabery. Ces personnes sont pour la plupart des ressortissants du canton de l’Anzourou qui disent avoir quitté leurs villages de crainte d’être prises pour cibles par les groupes armés qui écument toute la zone, exerçant d’énormes pressions, attaquant et tuant des civils sans défense. Lire la suite