Archives de Catégorie: Afrique

Racisme en Tunisie. La face hideuse du pays

Les agressions contre les ressortissants subsahariens en Tunisie sont une réalité. Dans l’impunité la plus totale, des actes hideux sont dénoncés quotidiennement, sur les réseaux sociaux, mais aussi à travers des reportages sur des chaînes télévisées occidentales. Les communautés ivoiriennes en Tunisie dénoncent notamment le laxisme des autorités devant les attaques racistes qui vont jusqu’à des violences physiques parfois à la limite de l’infamie. Retour sur l’une des faces les plus sombres du pays, qui traduit l’intolérance et la discrimination répandues dans une société qui se croyait immunisée contre les faits racistes. Lire la suite

L’œuvre négative du néocolonialisme français et Européen en Afrique. Les Accords de Partenariat Économique (APE) : De la Françafrique à l’Eurafrique

Au moment où se « négocient » les indépendances des colonies françaises d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest, la France met en place « un système de coopération » c’est-à-dire souligne le juriste Guy Feuer « un ensemble organisé et articulé d’éléments plus ou moins interdépendants (1) ». Le « traité de coopération et de défense » que la France signe formellement avec ses colonies est bâtit selon une architecture et un contenu unique. Il inclut l’ensemble des domaines de coopération (zone Franc, coopération commerciale et douanière, coopération culturelle, coopération militaire, etc.). Ce système s’impose en bloc pour l’ancienne colonie comme le souligne de manière paternaliste le premier ministre Michel Debré le 15 juillet 1960 s’adressant au futur président de l’État gabonais : « On donne l’indépendance à condition que l’État s’engage une fois indépendant à respecter les accords de coopération signés antérieurement : il y a deux systèmes qui entrent en vigueur en même temps : l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre (2). » Lire la suite

L’œuvre négative du néocolonialisme français et Européen en Afrique. Le Franc CFA, une monnaie coloniale, servile et prédatrice

Pour la première fois depuis les indépendances des manifestations publiques dans plusieurs pays d’Afrique (Dakar, Cotonou, Libreville, Bamako, etc.) et en région parisienne ont exigées la disparition du Franc CFA, une monnaie imposée au moment des indépendances à 14 pays par le colonialisme français. Portées par des mouvements de jeunes ces mobilisations marquent l’entrée en scène d’une nouvelle génération militante africaine. Ce n’est pas un hasard que ce soit le Franc CFA qui soit pris comme cible dans l’arsenal de mise en dépendance qu’impose le colonisateur dans la décennie 60. Toutes les autres zones monétaires coloniales ont, en effet, pris fin avec la dissolution de la dernière, la Zone sterling, en 19791. Cette monnaie présentée par l’État français comme un symbole de la coopération apparaît de plus en plus pour ce qu’elle est : un symbole provocateur d’une  dépendance coloniale qui outre le CFA possède d’autres outils : la dette, l’Accord de Partenariat Économiques (APE), les accords de défense, la francophonie. « Tandis que les autres monnaies africaines symbolisent la rupture avec la colonisation et l’indépendance acquise au début des années 1960 par leur nom (naira au Nigeria, cedi au Ghana, dinar en Afrique du Nord), la monnaie qui circule de Dakar à Yaoundé en passant par Abidjan, Lomé, Bamako et Malabo continue de faire référence au colonisateur2 » résume le juriste Yann Bedzigui. Lire la suite

Afrique du Sud. Le mouvement de la classe laborieuse doit être indépendant ! 

Un nouveau chapitre dans l’histoire de la classe laborieuse d’Afrique du Sud s’est ouvert à Soweto les 21 et 22 juillet 2018. Au cours de ces deux jours, 1 000 délégués représentant plus de 147 formations de la classe laborieuse se sont réunis pour unifier les luttes sur les lieux de travail et dans les communautés.

Cette rencontre représente une immense avancée, jetant les fondations de la construction d’un nouveau mouvement de masse de la classe laborieuse, indépendant, démocratique et militant, permettant de battre en brèche les attaques contre les emplois et les conditions d’existence, lesquelles plongent de plus en plus d’Africains du Sud dans la pauvreté et le désespoir. Lire la suite

Sénégal : « Silence, on viole ! »

Tribune. Le professeur Songué Diouf, enseignant en philosophie et chroniqueur dans l’émission « Jakaarlo Bi », diffusée tous les vendredis soirs sur la chaîne de télévision TFM, a jeté un pavé dans la mare. Dans ce programme hebdomadaire de près d’une heure, s’enchaînent pêle-mêle les interventions du présentateur, de ses invités et des chroniqueurs. La règle que tout ce beau monde observe est l’absence d’écoute. Tous les sujets sont « débattus » dans un capharnaüm indescriptible. Lire la suite

Interview pour Golias magazine de Philibert Muzima

Philibert Muzima est l’auteur du récit Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms (Izuba Editions), préface de Philippe Basabose, rescapé

Question : Première surprise, ce titre énigmatique de votre livre, Imbibé de leur sang, gravé de leurs noms. Pas d’article, pas de nom pour orienter le lecteur, des participes passés déroutants, renvoyant à l’auteur, comme s’il était dépositaire de tout le sang versé sur les collines du Rwanda et habité par la mémoire de tous ses frères assassinés pour rappeler leur identité. Pouvez-vous nous dire quelle charge de sens porte ce titre ? Lire la suite

Complicités industrielles et étatiques de violations des droits humains

Dans un résumé exécutif en trois parties, les auteur·es soulignent les points principaux qui seront plus développés dans le rapport. Les pouvoirs renforcés des services de sécurité et la répression de masse de toute dissidence, les violations des droits humains, l’élargissement des pouvoirs attribués aux forces armées, la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme » ; le soutien de l’Etat français au régime d’Al Sissi, l’augmentation spectaculaire des ventes d’armes (lourdes et légères et de petit calibre) et de matériel de surveillance, les responsabilités des entreprises et de l’Etat français en regard de cadres juridiques (Traité sur le Commerce des Armes – TCA, Position Commune de l’Union européenne 2008/944/PESC, réglementation communautaire), le rappel d’une procédure judiciaire pour complicité de torture contre l’entreprise Arnesys). Lire la suite