Archives de Catégorie: Afrique

Déclaration des Mouvements Sociaux à la 13e Edition du Forum des Peuples du Mali couplée à la commémoration des 20 ans de luttes sociales de la CAD-Mali

Nous femmes, hommes, jeunes, étudiant-e-s, paysan-ne-s, commerçant-e-s, ouvrier-e-s, chercheurs, migrant-e-s, militant-e-s des mouvements sociaux, citoyen-ne-s d’Afrique, et d’Europe, mobilisés du 20 au 22 décembre 2018 à la Maison des Jeunes du District de Bamako, adoptons la présente déclaration à l’occasion de la 13e Edition du Forum des Peuples du Mali couplée à la commémoration des 20 ans de luttes sociales de la CAD-Mali qui a porté sur le thème central : « Gouvernance et Développement Durable dans un contexte de Paix et de Sécurité ». Lire la suite

Cheminots maliens : combien de morts faudra-t-il ?

L’Etat malien doit payer les 11 mois de salaire volés !

Les grévistes enterrent leurs morts.

  • Moussa Sissoko, conducteur de draisine à Kita

  • Siaka Sidibe, conducteur de train à Toukouto

  • Seydou Sidibe, aiguilleur à Kayes

  • Sekouba Bagayoko, chef de section à Bamako

  • Mariam Doumbia, agent de santé à Bamako

Depuis le début du mouvement, cinq cheminots sont morts. Des nouveaux-nés sont décédés, des épouses de cheminots sont décédées, faute de soins parce que les cheminots n’ont plus un sou. Plusieurs familles ont été expulsées de leur logement pour des loyers qu’elles ne peuvent pas payer faute de salaire, les enfants ne vont plus à l’école. D’autres cheminots en grève de la faim sont hospitalisés dans des états graves : Souleymane Bagayoko, Souleymane Monson Traore, Sekou Keita, Bolidiandian Keita, Mathurin Keita, Sekouba Niare, Abdoulaye Diarra, Bassirou Diakite… Lire la suite

Égypte : La France a du sang sur les mains

La France, une des principales puissances économiques, est aussi l’un des principaux États créanciers de la planète, avec des créances bilatérales (c’est-à-dire sur des États tiers) de plus de 41 746 millions d’euros au 31 décembre 2016, soit 14,5% de l’encours total des créances du Club de Paris (ce club sans aucun statut juridique regroupe les 21 principaux États créanciers et est hébergé à Bercy). De même, la France joue un rôle non négligeable dans les orientations du FMI et de la Banque mondiale, en raison du poids démesuré accordé aux pays riches dans ces institutions. Lire la suite

En Algérie, des révoltées de 1848 aux porteuses de valises :

Tribune. Les traces de la colonisation sont infinies et parfois à l’origine de surprenantes rencontres. Au cours d’un voyage universitaire où je présentais mes travaux sur la liberté – périple organisé par l’Institut français d’Alger – revenant d’Annaba (Hippone, Bône), me dirigeant sur Batna, ville dont le pénitencier militaire de Lambèse fut construit et occupé par les transportés de 1848, j’y ai rencontré, par un pur hasard, l’une des évadées de la prison de la Roquette en février 1961. Ses souvenirs étaient intacts. Elle me raconta, en me présentant sa fausse carte d’identité, comment le réseau de Denis Berger, (mon compagnon décédé en 2013, chargé par la résistance algérienne des évasions), lui avait fourni ses papiers et sa « planque » à Paris où elle trouva refuge avant sa mise en sécurité en Allemagne. Elles étaient six, dont trois Algériennes qui, dès la guerre terminée, furent contraintes de rentrer dans l’anonymat. Ces insurgées, ainsi que bon nombre de leurs congénères, résistant·e·s de l’intérieur, furent oublié·e·s, comme l’ont été les « héros » de la révolution de 1848, « transporté·e·s » après la répression de juin 1848 en Algérie et après le coup d’État de Napoléon III, en 1851 – tel fut le sort de la féministe socialiste Pauline Roland, « femme de 1848 », qui protesta à nouveau contre ce nouvel ordre antirépublicain. Étonnante résonance entre Batna et 1848. Étonnante résurgence d’un passé oublié dont le site de Timgad, tout près de là, conserve les traces. Sur une colonne romaine, couchée, on peut lire, soigneusement gravé en lettres lisibles « Les transportés de 1848 ». Lire la suite

Racisme : « La Tunisie doit proclamer son africanité ! »

Tribune. Mon pays, la Tunisie, se trouve au nord de l’Afrique, à la pointe septentrionale, si proche de l’Europe mais aussi étranger au continent auquel il appartient. Ce petit pays a réalisé d’extraordinaires avancées modernistes, comme l’abolition de l’esclavage en 1846 – une première dans le monde arabo-musulman –, avec une longueur d’avance sur les Etats-Unis et la France. Ou le code du statut personnel, qui octroie en 1956 aux Tunisiennes des droits et une liberté dont rêvent encore des millions de femmes dans le monde. Lire la suite

Le genre institutionnalisé, une machine antipolitique ?

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Ce texte est une version actualisée et augmentée de Joëlle Palmieri : « Sénégal, Afrique du Sud : institutionnalisation du genre et dépolitisation des luttes des femmes, un héritage de la colonisation », 16 juillet 2013, http://domination.hypotheses.org/685

Une version de cet article au format PDF est déposée sur la plateforme HAL, à l’adresse suivante : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01925469

Avec la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et avec l’indépendance du Sénégal, les deux États ont pu prendre en compte des revendications portées par des femmes. Dans ces deux pays, une série de mécanismes d’institutionnalisation du genre a été mise en place dans les politiques publiques. La « question du genre » (1) prend désormais de plus en plus de place dans les politiques nationales sans pour autant que la réalité quotidienne des femmes d’une part, et celle des militantes pour les droits des femmes ou féministes d’autre part, ait changé. Dans le présent texte, nous identifierons ces mécanismes et verrons qu’ils s’inscrivent dans une dynamique politique paternaliste ou bien dans une mise en avant des divisions de classe ou de « race » (2), voire colonialitaire (3), au détriment de la division sexuelle. Lire la suite

Appel à la mobilisation en soutien au peuple soudanais contre la dictature et la répression

Depuis le 19 décembre 2018, le soulèvement contre la dictature islamiste militaire de Omar Al Bashir a repris au Soudan. 

Un régime génocidaire

Ce régime dont le chef est accusé de crime contre l’humanité par la justice internationale s’est fait connaître à travers le monde pour le génocide du Darfour qui a fait plus de 500 000 morts, ainsi que pour les massacres commis dans les régions des Monts Nuba et du Nile bleu. Les milices du régime ont notamment attaqué des enfants avec des armes chimiques et organisé des attaques par viols massifs dans les villages. Lire la suite