Archives de Catégorie: International

Les femmes font face à l’État et au fondamentalisme patriarcal pour mettre fin à la violence en Inde

La question de la violence à l’égard des femmes est l’une des violations des droits humains les plus courantes dans le monde. Elle ne se limite pas à une région, à une communauté ou à une famille spécifique, mais affecte continuellement l’ensemble du système politique, culturel, social et économique, et représente l’une des plus grandes menaces au développement et à une paix durable. Plus de 90% des femmes de mon pays, l’Inde, et de toute l’Asie du Sud ont subi des violences physiques, mentales, économiques ou sexuelles tout au long de leur vie. Il s’agit de la plus grande pandémie mondiale.

Des cas tels que le fœticide féminin, le mariage impliquant des enfants, les meurtres au nom de la guerre contre les sorcières, la traite des femmes et des filles, la violence domestique, le harcèlement, le viol et toutes les formes de violence se produisent toujours dans la société. Les conditions de vie des femmes marginalisées, exclues, migrantes et Dalit [1] sont inimaginables. Nous travaillons toute notre vie pour les droits des femmes. La question est donc : pourquoi assistons-nous à une augmentation de ces cas en 2021 ? Lire la suite

 « Ne sous-estimez pas les politiciens évangéliques en Amérique latine ». Le mariage entre néolibéralisme et évangélisme

Tiré d’un article de Taylor C. Boas sur les évangéliques et le pouvoir politique en Amérique latine [publié dans ReVisata, Harvard Review of Latin America, 9 février 2021], notre titre est une autre façon de dire que – bien que l’origine grecque du terme euangelion, suggère « l’arrivée d’une bonne nouvelle » – le nombre croissant d’évangéliques en Amérique latine est une très mauvaise nouvelle pour les droits de l’homme. Ces droits qui sont une abomination pour les obsessions fondamentalistes.

Avec son livre Plano de Poder: Dios, Os Cristãos e A Política (Plan de pouvoir: Dieu, les chrétiens et la politique, Ed. Tomas Nelson, 2008), l’« évêque » évangélique brésilien, le milliardaire Edir Macedo [1], annonce que le projet évangélique postmoderne consiste à « révéler, conscientiser et réveiller les chrétiens pour une cause bibliquement annoncée », à savoir le « grand projet de construction nationale » de Dieu concrétisé par un « projet de pouvoir politique ». Cette fois, les « élus » ne sont pas les Israélites, mais les adhérents du Réveil chrétien.

Au cours des trois dernières décennies, les évangéliques d’Amérique latine sont passés du statut de missionnaires étrangers [pour l’essentiel venant des Etats-Unis], marginaux, à celui de puissants porte-parole politiques. Expliquer leur essor comme un phénomène religieux dans lequel les animées « églises de garage » des quartiers urbains pauvres ont remplacé l’église catholique, théologiquement figée, n’est pas très éclairant. En termes quantitatifs, cela semble assez simple : ils ont transformé leur poids numérique en capital politique. Mais le point important est que l’arène politique dans laquelle ils opèrent est le néolibéralisme dont ils sont devenus, en tant qu’une sorte de superstructure théologique ou du moins de justification, l’une des nombreuses têtes monstrueuses de cette Hydre. Lire la suite

 Construire un traité contraignant pour les transnationales est une lutte féministe

Les femmes sont les plus touchées par le pouvoir des sociétés transnationales ; mais elles sont aussi les principales résistantes à leur encontre.

Au cours de la dernière semaine d’octobre 2021, la 7ème session de négociation du groupe intergouvernemental pour la création d’un traité contraignant pour les sociétés transnationales et autres entreprises dans le domaine des droits humains s’est tenue à Genève, au Conseil des Droits Humains des Nations Unies (ONU). La session présidée par l’Équateur a réuni plus de 70 pays.

La lutte pour cette normalisation se concentre sur la nécessité de contrôler les actions des sociétés transnationales sur les territoires à partir d’un droit international qui les tient responsables de la violation systématique des droits humains résultant de leurs activités.

Parmi les pratiques les plus courantes figurent l’appropriation de la nature sans discernement, la destruction des modes de vie des peuples et communautés traditionnels ; la perte de la souveraineté alimentaire ; la criminalisation et la violence ; l’assouplissement des droits et la précarité des conditions de travail ; et l’impossibilité de maintenir des relations sociales construites en communauté, forçant la migration ou la réinstallation d’une grande partie de la population. Lire la suite

Nicaragua: et maintenant ?

Para quien tuvo ojos para ver, lo que ocurrió el 7 de noviembre en Nicaragua no fue un proceso electoral, sino una descarada ficción montada por Ortega y Murillo con el propósito de “reelegirse” sin tener que enfrentar a ningún oponente. Todo ello para seguir controlando y desangrando el estado, protegerse frente evidencias de sus crímenes y continuar engordando los negocios familiares y de sus soportes en todos los poderes: la emergente burguesía rojinegra.

Pour qui a des yeux pour voir, ce qui s’est passé le 7 novembre au Nicaragua n’a pas été un processus électoral, mais une fiction éhontée mise en scène par Ortega et Murillo dans le but de « se réélire » sans avoir à affronter d’opposants. Tout cela pour continuer à contrôler et à saigner l’État, pour se prémunir contre les preuves de leurs crimes et pour continuer à engraisser leurs entreprises familiales et celles de leurs soutiens dans toutes les instances de pouvoir : la bourgeoisie rouge et noire émergente. Lire la suite

Les bananes au goût de sang : comment Chiquita a alimenté le conflit armé en Colombie 

La région bananière d’Uraba fut l’un des épicentres de la terreur, au cours du conflit armé colombien. Or, la multinationale Chiquita fut partie prenante de cette guerre. À l’heure où s’élaborent, aux niveaux belge et international, des législations contraignantes sur le devoir de vigilance et les activités des entreprises en matière de droits humains, un détour par cette histoire s’avère éclairant, estime Frédéric Thomas, docteur en sciences politiques et chargé d’étude au CETRI (Centre tricontinental). Lire la suite

Le soulèvement irakien de 2019 et l’imaginaire féministe

Dans la « montagne Uhud » [1] – un grand bâtiment abandonné de la place Tahrir, dans le centre de Bagdad, qui fait face à la zone verte – les jeunes manifestants, hommes et femmes, qui avaient investi le bâtiment, ont scandé Inryd watan (Nous voulons un pays) et Nazel akhuz haqqy (Je descends pour prendre mes droits). Depuis le point culminant des manifestations de rue en octobre 2019, la place Tahrir, dans le centre de Bagdad, et plusieurs autres places principales du pays, avaient été occupées par des manifestants. À partir du 25 octobre 2019 et pendant une période de plus d’un an, ils ont réussi à garder le contrôle de ces places, où ils ont établi des sociétés idéales miniatures.

Le soulèvement de 2019 est parti d’un mouvement de protestation qui a débuté principalement dans les provinces du centre et du sud dominées par les chiites, avant de s’étendre à tout l’Irak. Malgré la répression sanglante des manifestations par les forces de sécurité irakiennes et les milices affiliées à l’establishment politique irakien, ces manifestations se sont transformées en un soulèvement, car les jeunes et les personnes privées de leurs droits qui avaient lancé les premières manifestations de rue ont été rejoints par des individus issus de divers milieux et groupes sociaux, éducatifs et idéologiques, tels que des syndicats et des organisations d’étudiants. Lire la suite

Kyle Rittenhouse est libre. Les manifestant·e·s doivent faire face à la police et à des milices d’extrême droite

Kyle Rittenhouse – l’adolescent blanc armé qui s’était rendu de l’Illinois au Wisconsin pour, paraît-il, « protéger»  les commerces locaux contre les manifestant·e·s antiracistes de Kenosha [ville située dans l’extrême sud-est du Wisconsin], sur quoi il avait abattu deux personnes et en avait blessé une autre – a été acquitté de tous les chefs d’accusation. Je ne pense pas que qui conque a suivi le procès, même de façon superficielle, sera surpris par ce verdict. Le scénario était clair, après les diverses pitreries du juge élu (Bruce Schroeder), qui semblaient indiquer où se situaient ses sympathies, et le fait que l’accusation ait demandé aux jurés d’envisager des chefs d’accusation moins graves que le meurtre.

Je ne veux pas discuter des détails juridiques du verdict. Il est clair que l’accusation a commis de nombreuses erreurs et n’a bénéficié d’aucune marge de manœuvre de la part du juge, contrairement à l’équipe de défense. De plus, nous savons que la « légitime défense » – souvent mieux connue sous le nom de vigilantisme – est juridiquement protégée et fortement racialisée dans ce pays. Pensez à l’acquittement de George Zimmerman pour le meurtre de Trayvon Martin en 2013. Lire la suite

Exigeons la libération immédiate de Fatima Zahra Ould Belaid, membre d’ATTAC CADTM Maroc

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Des agents de police ont arrêté Fatima Zahra Ould Belaid, militante d’ATTAC CADTM Maroc, le 25 novembre 2021 à son domicile à Tanger. Le procureur a ordonné son incarcération sur la base d’une plainte déposée par l’établissement (Association Hasnouna de soutien aux usagers de drogues) dans laquelle elle travaillait. Fatima Zahra a été auparavant licenciée parce qu’elle défendait le droit syndical et les revendications des salarié·e·s. Elle avait entamé une procédure judiciaire contre cette décision abusive et pour réclamer ses droits. Les responsables de l’établissement qui refusaient toute solution à ce conflit de travail ont par la suite inventés de toutes pièces une accusation de vol pour dénier à Fatima Zahra son droit aux indemnités.

Mais c’est plutôt le contexte de la montée des luttes de la jeunesse scolarisée qui explique la poursuite de notre camarade Fatima Zahra en état d’arrestation. En effet, comme diplômée chômeuse, elle a très vite rejoint le large mouvement de protestation contre la décision du ministère de l’éducation d’exclure du concours d’admission à l’enseignement ceux et celles qui ont plus de 30 ans. Elle a participé activement à donner un nouveau souffle au mouvement de jeunes scolarisés qui luttent contre le chômage. Lire la suite

Inde : Les musulmans laïques s’opposent à la demande de lois anti-blasphème

Déclaration de l’ISMD – Musulmans Indiens Pour une Démocratie Laïque

Les musulmans laïques s’opposent à la demande de lois anti-blasphème

Notre déclaration vient s’opposer à la demande inconstitutionnelle faite par le Bureau Musulman Indien de la Loi sur le Statut Personnel (AIMPLB) (ou : code de la famille) réclamant une nouvelle loi criminalisant le blasphème. Cette déclaration a été signée par presque 400 citoyens laïques de toutes les régions de l’Inde et d’origines diverses : militants sociaux et politiques, avocats, journalistes, écrivains, poètes, acteurs, cinéastes, hommes d’affaires, fermiers…

Une vaste majorité des signataires sont musulmans. Parmi les signataires figurent plusieurs personnalités indiennes, dont Javed Akhtar, Shabana Azmi et Naseeruddin Shah.

L’association des Musulmans Indiens Pour une Démocratie Laïque (IMSD) vous serait reconnaissante de bien vouloir couvrir cette question d’importance socio-politique. Lire la suite

Les nôtres. Russie. 

À mémoire de Galia et Boris Rakiskij, militants sans faille de la lutte pour l’émancipation de tous les exploités

Ce texte a été écrit en 2017 au lendemain de la disparition de Galia. Le décès de Boris le 21 novembre de cette année lui donne encore plus tout son sens.

POUR GALIA et BORIS

Dans les années 80, rencontrer Galia puis Boris a été une chance extraordinaire pour moi. Grâce à eux je n’ai plus été un simple touriste – linguiste – militant venu de France assister aux événements qui bouleversaient le pays : Galia et Boris m’ont permis d’être présent en Russie, de comprendre de l’intérieur le pays, les événements, les enjeux mais aussi de rencontrer des gens extraordinaires. Bien plus, après le cambriolage de ma chambre à l’hôtel de l’Académie (« vous avez été ‘privatisé’ » m’avait déclaré le milicien), Galia et Boris m’avaient accueilli chez eux, une hospitalité généreuse renouvelée pendant plus de vingt ans : partager leur vie au quotidien fut une expérience d’une richesse incroyable sur tous les plans. Lire la suite

Salut aux paysan·nes de l’Inde ! Une immense victoire pour les mouvements sociaux ! (plus autres textes)

C’est une immense victoire pour les agriculteur·ices indien·nes, qui menaient une mobilisation historique depuis près d’un an. Le gouvernement indien a annoncé, le 19 novembre, l’abrogation de trois lois agricoles controversées qui menaçaient de privatiser le secteur agricole du pays. Cette victoire constitue d’un récit édifiant sur ce que le pouvoir des populations peut accomplir, même dans les conditions les plus défavorables.

La manifestation des agriculteur·rices indien·nes, l’une des plus grandes mobilisations de l’histoire récente, a un an le 26 novembre 2021. Au cours de cette manifestation historique, les agriculteur·ices et les travailleur·euses ont dû affronter un hiver rigoureux, des pluies torrentielles, une répression brutale et une vague de campagnes visant à criminaliser, emprisonner, diffamer et délégitimer les manifestant.e.s et leurs allié·es. Lire la suite

« Quatre nouvelles fermes de colons se sont emparées de terres palestiniennes de la taille d’une grande ville ». Fermes et Etat complémentaire dans l’opération de dépossession

Au cours des cinq dernières années, quatre fermes de colons en Cisjordanie se sont emparées d’un territoire palestinien de la taille de la ville de Holon (banlieue sud de Tel Aviv, superficie d’environ 19 000 dunams, quelque 19 km2), ou des villes de Bnei Brak (banlieue nord-est de Tel-Aviv, superficie de 7,4 km2) et de Lod (située dans le District centre, superficie 12 km2) réunies. En recourant à la violence et à la terreur systématiques, les résidents de ces quatre avant-postes [le terme avant-postes renvoie à une colonie établie dans les territoires palestiniens occupés, établie, formellement, sans l’autorisation du gouvernement israélien], aidés par l’armée, ont bloqué l’accès des Palestiniens à des terres totalisant 20 866 dunams [soit 20 km2] ; terres que les Palestiniens utilisaient pour cultiver et faire paître le bétail. Lire la suite

Guadeloupe : Communiqués de Solidaires et de la CGT (plus entretien avec Élie Domota)

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Soutien et solidarité avec les Guadeloupéen.ne.s 

La Guadeloupe est touchée par une crise sociale majeure. Le gouvernement veut réduire la mobilisation à un  simple mouvement contre la vaccination. C’est camoufler la profondeur de la crise et les revendications au cœur de l’explosion sociale (voir ci-dessous). Pour l’Union syndicale Solidaires, le vaccin est un outil efficace pour lutter contre le COVID-19. Mais l’imposer est encore moins possible dans un contexte local de méfiance accru envers  l’Etat, en raison des  mensonges et violences multiples contre la population de l’île, en particulier avec le chlordécone.

Le gouvernement, comme aux pires heures coloniales, entend répondre par la force et la violence pour écraser la contestation. Ce ne sera en rien une solution. L’urgence est à la mise en place de moyens et d’investissements massifs pour les services publics, en particulier de santé et d’éducation, à l’arrêt des mesures anti-sociales, à la prise en compte de la plateforme-revendicative unitaire.

L’Union syndicale Solidaires apporte son soutien aux Guadeloupén.ne.s. Le gouvernement doit ouvrir immédiatement des négociations avec les organisations syndicales sur la base des revendications portées. Lire la suite

Pour le report du référendum du 12 décembre

Le mouvement des jeunes kanak en France (MJKF), l’association Information et soutien aux droits du peuple kanak (AISDPK) et le Collectif Solidarité Kanak ont lancé un appel signé aujourd’hui par 157 personnalités pour le report du référendum du 12 décembre. Si vous souhaitez signer, faites-nous le savoir.

Le gouvernement français affirme maintenir au 12 décembre 2021 la consultation référendaire portant sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Cela en dépit des appels de l’ensemble des organisations politiques, syndicales et associatives représentant le peuple kanak, à reporter cette consultation à l’automne 2022, ainsi que de leur annonce d’une non-participation au cas où ce troisième référendum serait maintenu en décembre 2021 ; en dépit également des appels d’organisations de la région océanienne et française témoignant de leur soutien au report. Lire la suite

Déclaration du Palima sur l’impasse sanitaire en Martinique (plus communiqué intersyndicale 30/11/2021)

Depuis plusieurs jours, des troubles sociaux graves se déroulent en Guadeloupe. 

Les longs mois de lutte du peuple guadeloupéen contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale, la misère et le chômage des jeunes, ont laissé dans la plus parfaite indifférence un gouvernement français autoritaire, cynique et immature. C’est ce comportement irresponsable de l’Etat français et le refus affiché d’entamer avec le mouvement social en cours un dialogue respectueux, à la hauteur des enjeux posés, qui expliquent l’explosion de violence actuelle. L’envoi sur le sol guadeloupéen de gardes mobiles et des corps d’élite du GIGN et du RAID ne fera qu’envenimer une situation déjà hors de contrôle. La seule issue possible à cette crise est dans l’ouverture immédiate de négociations avec les forces sociales.

Le même scénario se dessine en Martinique. 

La large mobilisation entamée contre la loi du 5 août sur l’extension du pass sanitaire et l’obligation vaccinale n’a, à ce jour, abouti qu’à une caricature de médiation repoussant au 30 décembre la date limite du schéma vaccinal complet pour des milliers de professionnel.le.s menacé.e.s d’être privé.e.s de leurs salaires en cas de refus de se faire vacciner. Face à cette impasse, une grève générale regroupant les grandes centrales et une vingtaine de syndicats a été lancée ce lundi 22 novembre.

Comme en Guadeloupe, les principales institutions politiques de Martinique se singularisent par leur silence et leur immobilisme sur ce dossier. Il risque d’être trop tard demain. Lire la suite

La rente foncière en Afrique subsaharienne (Tangui Przybylowski)

Dans le cadre de leur collection « prix scientifique », les éditions L’Harmattan ont récemment publié le livre de Tangui – celui-là même qui intervient de temps à autre sur ce blog – tiré de son (excellent) mémoire de master.

Plutôt que me paraphraser, je reproduis donc ici-même la préface que j’ai eu le plaisir de rédiger pour cet ouvrage.

Tangui Lire la suite

Iran : intensification de la répression et du harcèlement des militants sociaux et des ouvriers 

Depuis l’arrivée de Rayissi au poste de président, la répression s’est nettement accrue contre les militants ouvriers, les écrivains, les avocats, les militants sociaux et les défenseurs des droits de l’homme. Avant son élection en tant que président de la République islamique, Ibrahim Rayissi se trouvait à la tète du pouvoir judiciaire et dans le passé, il faisait parti de l’équipe (l’escadron) de la mort ; qui a exécuté clandestinement, en 1988, des milliers de prisonniers politiques dans les prisons d’Evine et de Gohar Dasht .

Depuis le début du mois d’octobre, plus de 50 militants ouvriers et sociaux de tout l’Iran ; ont été convoqués par les organes de sécurités et subirent des interrogatoires. Cette répression s’étendait aussi sur les personnes qui passent actuellement leurs peines anciennes dans les prisons du régime. Lire la suite

Les droits du travail doivent inclure les prisonniers

Après une longue et pénible semaine de travail, Vidal Guzman reçoit un chèque de 3,50 dollars. Avec cette somme, il n’a pu acheter que quatre articles : du dentifrice, deux boîtes de soupe et un timbre-poste. Il avait d’abord protesté contre le fait d’être affecté à la cantine, mais on lui a posé un ultimatum : c’était ça ou il pouvait retourner en cellule d’isolement. Quiconque a passé un temps considérable en isolement complet pendant 23 heures par jour peut vous dire que c’est une pure torture. Les gens ont souvent des hallucinations et, dans les cas extrêmes, subissent des dommages mentaux irréversibles. Pour Guzman, qui a passé deux ans et demi en tout et pour tout en isolement, le retour en arrière n’était pas une option. Il s’est soumis au travail forcé à la cantine et à ses salaires de misère, l’un des nombreux facteurs de déshumanisation d’un système carcéral conçu pour enrichir les entreprises aux dépens des personnes incarcérées. Lire la suite

Construire une économie féministe en Tanzanie

Nous savons que les systèmes oppressifs organisent notre existence, mais ils ne sont pas inhérents à la nature humaine. Aucun être humain ne naît oppresseur ; c’est quelque chose que les gens apprennent au fil du temps en regardant différents domaines et aspects de la vie et comment les choses sont organisées dans la société. Les gens ne naissent pas oppresseurs, ils apprennent à l’être et à obéir au système à mesure qu’ils grandissent et entrent dans ce monde axé sur le profit qui privilégie l’accumulation de biens par-dessus tout.

C’est de là que vient l’idée de chercher un moyen alternatif. La construction d’une économie féministe comme nouveau modèle de société doit être vue comme un processus collectif qui cherche à déraciner le système actuel dans lequel nous vivons. Il s’agit de créer un monde qui fonctionne pour tous. Lorsque nous parlons de construire une économie féministe, nous ne voulons pas dire créer un mécanisme qui fonctionne uniquement pour les femmes, mais plutôt créer un environnement équitable pour toutes les personnes dans le monde. Un environnement sûr pour les femmes et aussi pour les hommes, qui prenne soin de nos communautés et de nos droits à l’autonomie… pour tout le monde ! Lire la suite

Al Khadra : « personne ne m’a appris à être poète »

Nous publions la traduction d’un poème d’Al Khadra, référence de la poésie sahraouie en défense de l’autodétermination

En octobre de cette année, des femmes du Sahara occidental et du monde entier ont fait leurs adieux à la poète Al Khadra Mabruk. Née en 1938, Khadra a créé des poèmes qui ont traversé les décennies de luttes anticoloniales au Sahara occidental. Depuis 1975, le peuple sahraoui résiste aux multiples violences de l’occupation marocaine sur son territoire. L’Union Nationale des Femmes Sahraouies (Unión Nacional de Mujeres Saharauis – UNMS) a écrit, le 14 dernier, que « la culture sahraouie est en deuil. (…) Nous n’oublierons jamais sa contribution pour garder vivante la marque de la femme sahraouie dans la poésie ». Lire la suite