Archives de Catégorie: Révolutions et histoires dans le territoire aujourd'hui appelé France

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (6)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Intro : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-1/

  1. Révolution et invention démocratique democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  1. La Constitution de 1793 et ses critiques

  1. Le vote populaire

  2. Deux représentations face à face

  3. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  4. L’opposition des radicaux

  5.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  6.  La lente normalisation

  7.  Eux et nous

5. La Constitution de 1793 et ses critiques

L’insurrection des 31 mai-2 juin a décidé une partie des cadres girondins à se réfugier en province, d’où ils engagent une virulente campagne contre le coup de force qui a violé l’Assemblée souveraine. Deux légitimités existent donc, sources d’une possible guerre civile. À Paris, une commission issue de la nouvelle majorité élabore une Déclaration des droits et une Constitution, en retravaillant les textes partiels adoptés dans les mois précédents. Ce projet est mené à bien entre le 5 et le 24 juin, une rapidité qui, au milieu d’une actualité multiforme, rend plus difficile la critique. Lire la suite

Marx et la constitution communale en 1871

L’élection de la Commune le 26 mars 1871

L’échec militaire du Second empire, à Sedan, provoqua l’insurrection de Paris et la proclamation de la Troisième république, le 4 septembre  1870. Le nouveau gouvernement capitule néanmoins le 26 janvier 1871 et Paris est assiégé par l’armée prussienne. Le gouvernement Thiers fuit à Versailles et le 18 mars, à l’appel de la Garde nationale de la Ville, le peuple de Paris s’insurge. Quelques jours après, cette Garde nationale, qui ne prétend pas exercer le pouvoir, convoque les élections de la Commune de Paris, qui eurent lieu le 26 mars 18711.

L’Appel aux électeurs parisiens, daté du 25 mars et rédigé par le Comité central de la Garde nationale, met en lumière la question cruciale du système électoral, en précisant la nature des rapports entre électeurs et élus. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (5)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

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  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum »

  1. La Constitution de 1793 et ses critiques

  1. Le vote populaire

  2. Deux représentations face à face

  3. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  4. L’opposition des radicaux

  5.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  6.  La lente normalisation

  7.  Eux et nous

4. La troisième révolution et l’idée du « référendum »

Les membres de la Convention connaissent parfaitement l’activité multiforme des assemblées de citoyens de l’été 1792, puisqu’ils y ont été élus. En fait, ils sont confrontés à une situation inédite où le peuple agit déjà comme le Souverain, mais doivent désormais définir ce que vont être ses pouvoirs. La question est d’emblée en débat, dans des décisions encore tâtonnantes. L’idée de ce que nous appelons « référendum » apparaît immédiatement avec le projet encore vague de soumettre la future Constitution au suffrage populaire, et des mises en pratique partielles surviennent simultanément, avec des votes populaires directs pour sanctionner, fin 1792 et début 1793, la réunion à la France d’une série de territoires frontaliers qui n’en faisaient pas partie. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (4)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

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  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum »

  1. La Constitution de 1793 et ses critiques

  1. Le vote populaire

  2. Deux représentations face à face

  3. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  4. L’opposition des radicaux

  5.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  6.  La lente normalisation

  7.  Eux et nous

3. Une révolution mise en permanence

À l’été 1792, les armées ennemies pénètrent de toutes parts sur le territoire, et leurs chefs menacent Paris et les Parisiens d’une destruction exemplaire. Cette menace est on ne peut plus concrète. Dans le même temps, toujours à l’approche des moissons, des actions paysannes spontanées se déclenchent contre les droits seigneuriaux, pendant que se multiplient les saisies de convois de grains pour assurer le ravitaillement à bas prix, la taxation populaire. En réponse à ces menaces, le 10 août 1792, une insurrection organisée par des sections parisiennes, des patriotes et des sans-culottes force la Législative à « suspendre » les pouvoirs du roi. C’est la « seconde révolution » qui scelle le sort de la monarchie. La Législative se met en sursis en convoquant les assemblées primaires pour le 26 août, afin de réunir au plus tôt les assemblées électorales départementales qui éliront une Convention, une assemblée munie des pleins pouvoirs pour régler le sort du roi et rédiger une nouvelle Constitution. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (3)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

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  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées

  1. Une révolution mise en permanence

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum »

  1. La Constitution de 1793 et ses critiques

  1. Le vote populaire

  2. Deux représentations face à face

  3. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  4. L’opposition des radicaux

  5.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  6.  La lente normalisation

  7.  Eux et nous

2. Contradictions, reculs et avancées

La généralisation des élections s’est faite dans l’enthousiasme du grand mouvement populaire de 1789 mais en masquant une contradiction fondamentale. L’Assemblée constituante ne se considère nullement comme formée de démocrates chargés de mandats impératifs mais comme un collectif de représentants du peuple, investis des pleins pouvoirs. Elle se donne donc du mal pour annuler les mandats par lesquels les assemblées locales de 1789 avaient tenté de protéger les anciens privilèges des provinces, villes et corporations. Il s’agit pour l’Assemblée de construire un régime purement représentatif, c’est-à-dire où les citoyens auront comme tâche principale de choisir leurs représentants et où ces derniers auront toute la responsabilité du pouvoir, avec un roi ou bien, éventuellement, sans. Toutes les élections autres que celles de ces députés sont donc conçues comme des gestes administratifs, indispensables, mais pas comme des lieux de délibération populaire. Il n’est pas question de créer un régime où l’Assemblée des législateurs recevrait ses ordres des assemblées de citoyens. Une fois que les députés sont élus, les citoyens leur doivent un respect religieux. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (2)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Intro : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-1/

  1. Révolution et invention démocratique

  2. Contradictions, reculs et avancées

  1. Une révolution mise en permanence

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum »

  1. La Constitution de 1793 et ses critiques

  1. Le vote populaire

  2. Deux représentations face à face

  3. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  4. L’opposition des radicaux

  5.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  6.  La lente normalisation

  7.  Eux et nous

1. Révolution et invention démocratique
Le déroulement pratique de la Révolution française tout entière s’inscrit, de 1789 à 1795, dans une alternance permanente entre votes de masse et insurrections populaires. Il faut toujours le garder à l’esprit car on explique trop rarement que le caractère massif et la durée exceptionnelle de la Révolution s’expliquent en bonne partie par la multiplicité et l’intensité des pratiques collectives dans la population, dont les formes de vote et d’élection. Il faut bien sûr préciser que ces formes pratiques du vote et de l’élection sont assez différentes des nôtres mais qu’elles avaient une légitimité considérable, parce qu’elles reposaient sur des assemblées de citoyens, des réunions au niveau des villages, des petites villes et des quartiers (sections) dans les grandes villes. Donc, à côté des insurrections et des batailles, la Révolution française repose aussi sur un immense et durable réseau d’assemblées de citoyens (et parfois citoyennes). Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (1)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Pendant les trois mois du mouvement social du printemps 2016, on a vu fleurir des projets reprenant les pétitions de masse contre la loi travail ou les tentatives d’imposer par pétition aux députés de voter la censure, contre le 49.3, et l’essai de votation impulsé par les centrales syndicales. Tous ces projets étaient proches d’un référendum et annonçaient la fonction que le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) joue chez les Gilets jaunes. Sur le fond, le RIC est une sorte de réponse aux désastres démocratiques auxquels ont abouti le vote grec contre la troïka ou les votes de 2005, français et hollandais, contre la « constitution européenne », tous purement et simplement annulés par les gouvernants… Lire la suite

Ne visitez pas l’exposition coloniale

« A la veille du 1er mai 1931 et à l’avant veille de l’inauguration de l’Exposition coloniale, l’étudiant indo-chinois Tao est enlevé par la police française. Chiappe, pour l’atteindre, utilise le faux et la lettre anonyme. On apprend, au bout du temps nécessaire à parer à toute agitation, que cette arrestation, donnée pour préventive, n’est que le prélude d’un refoulement sur l’Indo-Chine (1). Le crime de Tao ? Etre membre du parti communiste, lequel n’est aucunement un parti illégal en France, et s’être permis jadis de manifester devant l’Elysée contre l’exécution de quarante Annamites. L’opinion mondiale s’est ému en vain du sort des deux condamnés à mort Sacco et Vanzetti. Tao, livré à l’arbitraire de la justice militaire et de la justice des mandarins, nous n’avons plus aucune garantie pour sa vie. Ce joli lever de rideau était bien celui qu’il fallait en 1931, à l’exposition de Vincennes.  Lire la suite

Iels entrèrent par effraction sur la scène de l’histoire, certain·es pour en sortir aussitôt les pieds devant, et, d’autres pour creuser les sillages de l’émancipation


En avant-propos, Gérard Noiriel rappelle la référence que constitue l’
Histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn, « Le but de ce grand historien américain était de proposer une « histoire par en bas » faisant une vraie place à ceux dont les manuels ne parlaient pas ou peu : les Amérindiens, les esclaves, les femmes, les syndicalistes ouvriers, les objecteurs de conscience hostiles à la guerre du Viêt Nam, etc. ». Lire la suite

Vichy avant Vichy

Décret-loi du 2 mai 1938 sur la police des étrangers

RAPPORT

AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Paris, le 2 mai 1938.

Monsieur le Président, 

Le nombre sans cesse croissant d’étrangers résidant en France impose au Gouvernement, investi du pouvoir législatif dans un domaine nettement défini, d’édicter certaines mesures que commande impérieusement le souci de la sécurité nationale, de l’économie générale du pays et de la protection de l’ordre public. Lire la suite

La comédie des erreurs se termine par la pantomime de chut chut

« Cette année, nous devrions toutes et tous célébrer le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à Paris »

Dans son avant-propos, publié avec l’aimable autorisation de C&F Editionsavant-propos-par-nicolas-taffin-a-revolution-paine/, Nicolas Taffin parle de s’installer un moment avec Thomas Paine, citoyen du monde. Il ajoute : « Nous avons souhaité accompagner l’œuvre de quelques documents essentiels, simplement utiles ou inédits, pour mieux nous installer en compagnie de l’auteur, le connaître, et pouvoir examiner avec lui les droits humains, la question de leur application, de leurs prolongements et de leurs limites » Lire la suite

Avant-propos par Nicolas Taffin à Révolution Paine

Avec l’aimable autorisation de C&F Editions

Cette année, nous devrions toutes et tous célébrer le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à Paris. Nous devrions… et pourtant, le cœur ne pourrait être léger à célébrer, quand nous constatons toujours, et partout, des manifestations cruelles d’inégalité et d’oppression ; quand nous voyons notre incapacité à traiter dignement les personnes qui transitent d’un pays à un autre sous la pression de la guerre, de l’économie mondialisée ou des changements climatiques ; quand sont pratiquées des inégalités de traitement ou le harcèlement pour cette moitié de l’humanité que sont les femmes ; quand se manifestent mille autres vexations et privations de ce qui avait pourtant été défini dès 1789, et renforcé ou confirmé en 1948, comme les droits fondamentaux de tout être humain. Toutes ces situations interpellent et révoltent les jeunes citoyennes et citoyens que nous sommes, citoyens pourtant constitués sur ces droits. Jamais la démocratie n’a autant reculé sur le globe que ces dernières années. Afin de mesurer l’écart qui sépare notre présent des intentions initiales, si difficilement constituées en lois, nous avons souhaité remonter le fil des droits humains, jusqu’à une de leurs sources, ou du moins un de leurs plus fervents défenseurs, alors que ces droits faisaient l’objet de violentes attaques dès la Révolution française. Cet auteur est un être surprenant, un écrivain passionnant que notre vocation d’éditeurs ne pouvait laisser dans la pénombre qui l’entoure encore en France, tandis qu’il bénéficie d’une notoriété (certes critique) outre-Manche et d’un rayonnement incontestable outre-Atlantique. Lire la suite

Mettre en commun nos forces, nos droits, nos exigences

Dans leur préface, Jean-François Hamel et Eric Hoppenot parlent du Comité d’action étudiants-écrivains, de Maurice Blanchot, de Robert Antelme, de Marguerite Duras et d’autres, du « refus capable, croyons-nous, d’ouvrir un avenir », de la plus grande grève générale qu’ait connue la France, de liberté nouvelle, de l’anonymat pouvant traduire une « parole collective ou plurielle », de l’écriture fragmentaire, d’une « communauté émancipée du culte de l’individu », de critique radicale, de désobéissance civile, « Trainée de feu, effervescence où nous fûmes emportés et où nous ne cessâmes d’être ensemble, mais d’une manière nouvelle »… Lire la suite

Changer le monde, changer la vie, changer sa propre vie…

Pour Florence, Julie et Karel, Dominique et Vlad…

Des militants et des militantes, hier et aujourd’hui, de rouges espérances et des parcours trébuchants. L’imminence rêvée de la révolution et l’érosion plus ou moins prononcée des espoirs. La hâte de la jeunesse et les cours plus lents de la vie. Les études quelques fois suspendues ou abandonnées et l’insertion dans le travail salarié, les rencontres, les débats, les déchirures. Une hétérogénéité de personnes et de parcours derrière cette « génération 68 ».

« C’est à la question du devenir biographique des soixante-huitards que ce livre est consacré ». Une enquête, loin des « têtes d’affiche », à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes. Le(s) moment(s) 68 pris dans une séquence historique plus longue, « nous nous donnons le moyen de mesurer la place de l’événement dans les trajectoires biographiques comme dans les recompositions ultérieures des espaces militants locaux ». Lire la suite

Sous la plage, la grève

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le constat est simple : l’analyse des luttes ouvrières en mai et juin 1968 a intéressé peu de monde. Peut-être parce que le caractère plus spectaculaire de la révolte étudiante a davantage tenté journalistes et chroniqueurs. Peut-être parce que d’autres catégories socio-professionnelles trouvèrent plus facilement des porte-plume : livres et articles abondent sur la “contestation” chez les architectes ou dans les milieux du cinéma. Pour la classe ouvrière, hormis de lacunaires récits syndicaux, on ne dispose guère que d’enquêtes et de témoignages épars, d’accès souvent difficile. Seuls tentèrent une synthèse ceux des sociologues et militants qui virent dans le mouvement de Mai la confirmation du rôle d’avant-garde de la “nouvelle classe ouvrière” et des couches techniciennes. Dans la mémoire collective, il ne reste alors, au-delà des expériences locales, que quelques idées très générales et le plus souvent erronées sur ce que fut l’attitude de la classe ouvrière en mai et juin 1968. Lire la suite

Extrait de « Première manif » de Jean-José Mesguen

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Mon premier souvenir de mai  1968 c’est ma première manif, sans doute la plus énorme de toute ma vie. Je vais avoir seize ans, je m’intéresse à beaucoup de choses, pas spécialement à la politique. Jusque-là je ne comprends pas très bien l’agitation initiale, dont peu de choses nous parviennent à l’internat de ce grand lycée de la région parisienne où j’ai fait toute ma scolarité secondaire. À un moment on nous renvoie à la maison, je ne sais plus quand exactement. Toujours est-il que c’est là, le plus souvent sur le petit balcon de notre appartement de la banlieue nord, la radio à côté de moi (surtout Europe 1) que je commence à suivre « les événements » en direct. Et il m’apparaît qu’il va se passer quelque chose de très important le 13  mai. Lire la suite

33 jours et l’ouverture des possibles…

Dans son introduction, introduction-a-louvrage-de-jean-philippe-legois-33-jours-qui-ebranlerent-la-sorbonne/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Jean-Philippe Legois revient sur le « début » du mouvement de mai-juin 1968, la fermeture de la faculté de Nanterre, la convocation de huit étudiants nanterrois devant le conseil de discipline, l’incendie provoqué par le groupe d’extrême droite Occident… « C’est le début de trois heures d’émeutes, soldées par 596 interpellations, dont 27 personnes gardées à vue, et une centaine de blessés ». Lire la suite

Mai 68 chez Lip à Besançon

Avec l’aimable autorisation de la revue Les utopiques

Les années de Gaulle 1958 – 1968

De Gaulle, c’est le pouvoir hautain qui décide et ne négocie pas, qui monologue et ne dialogue pas. La guerre d’Algérie a renforcé le côté policier de ce pouvoir. Les manifestations sont durement réprimées. Ce sont donc des années difficiles pour les salarié.es et leurs organisations. Le patronat s’est mis à l’unisson du style de Gaulle. Partout, il ya durcissement des rapports sociaux. A Lip, les réunions mensuelles obligatoires de CE et DP sont expédiées en trois quarts d’heure, avec des réponses négatives à la quasi-totalité des demandes des salarié.es. Lire la suite

Introduction à l’ouvrage de Jean-Philippe Legois : 33 jours qui ébranlèrent la Sorbonne

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

On connaît le début du mouvement de mai-juin 1968 : suite à la fermeture de la faculté de Nanterre, à la convocation de huit étudiants nanterrois devant le conseil de discipline de l’Université de Paris – qui doit siéger le lundi 6 mai – et à l’incendie provoqué, la veille, par le groupe d’extrême droite Occident dans les locaux de la FGEL (Fédération des groupes d’études de lettres), soit l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) de la Sorbonne, cette dernière appelle à un meeting dans la cour de la Sorbonne qui ne mobilise guère. Ce vendredi 3 mai après-midi, Occident s’apprêtant à venir, les militants se préparent militairement à l’affrontement, les forces de l’ordre se préparent à l’éviter et le recteur de l’Université de Paris, Jean Roche, à réquisitionner ces dernières. Les militants sont interpellés, déclenchant la solidarité du Quartier latin. La lenteur des « mises en fourgon » pour contrôle d’identité font se regrouper, badauds, jeunes filles non-interpellées, étudiant·es et militant·es rescapé·es qui commencent à crier « Libérez nos camarades ! », à secouer les cars de police, à riposter avec des pavés aux grenades lacrymogènes, à monter une première barricade place du Luxembourg. C’est le début de trois heures d’émeutes, soldées par 596 interpellations, dont 27 personnes gardées à vue, et une centaine de blessés. Lire la suite

Cet éclair fulgurant prêt, tout prêt à rejaillir pour une autre fois


Comme le souligne Michelle Perrot dans sa préface de 2004, « 
68 a, dans une large mesure, oublié les femmes et leurs aspirations propres ». Elle indique que l’Association pour l’autobiographie (APA) a mis « l’écriture de soi au centre de ses préoccupations », suggérant à ses adhérentes « d’écrire ce que fut pour elles Mai 68 ».

Des témoignages, des ébranlements existentiels, le souffle d’une époque, une présentation sous forme de dictionnaire autour de mots-clés, « Cette démarche a l’avantage de faire converger les fragments épars sans toutefois chercher à les unifier dans une reconstruction a posteriori, tentation de toute entreprise de mémoire qui réorganise le passé en fonction du présent » Lire la suite