Archives de Catégorie: Révolutions et histoires dans le territoire aujourd'hui appelé France

Extrait de « Première manif » de Jean-José Mesguen

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Mon premier souvenir de mai  1968 c’est ma première manif, sans doute la plus énorme de toute ma vie. Je vais avoir seize ans, je m’intéresse à beaucoup de choses, pas spécialement à la politique. Jusque-là je ne comprends pas très bien l’agitation initiale, dont peu de choses nous parviennent à l’internat de ce grand lycée de la région parisienne où j’ai fait toute ma scolarité secondaire. À un moment on nous renvoie à la maison, je ne sais plus quand exactement. Toujours est-il que c’est là, le plus souvent sur le petit balcon de notre appartement de la banlieue nord, la radio à côté de moi (surtout Europe 1) que je commence à suivre « les événements » en direct. Et il m’apparaît qu’il va se passer quelque chose de très important le 13  mai. Lire la suite

33 jours et l’ouverture des possibles…

Dans son introduction, introduction-a-louvrage-de-jean-philippe-legois-33-jours-qui-ebranlerent-la-sorbonne/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Jean-Philippe Legois revient sur le « début » du mouvement de mai-juin 1968, la fermeture de la faculté de Nanterre, la convocation de huit étudiants nanterrois devant le conseil de discipline, l’incendie provoqué par le groupe d’extrême droite Occident… « C’est le début de trois heures d’émeutes, soldées par 596 interpellations, dont 27 personnes gardées à vue, et une centaine de blessés ». Lire la suite

Mai 68 chez Lip à Besançon

Avec l’aimable autorisation de la revue Les utopiques

Les années de Gaulle 1958 – 1968

De Gaulle, c’est le pouvoir hautain qui décide et ne négocie pas, qui monologue et ne dialogue pas. La guerre d’Algérie a renforcé le côté policier de ce pouvoir. Les manifestations sont durement réprimées. Ce sont donc des années difficiles pour les salarié.es et leurs organisations. Le patronat s’est mis à l’unisson du style de Gaulle. Partout, il ya durcissement des rapports sociaux. A Lip, les réunions mensuelles obligatoires de CE et DP sont expédiées en trois quarts d’heure, avec des réponses négatives à la quasi-totalité des demandes des salarié.es. Lire la suite

Introduction à l’ouvrage de Jean-Philippe Legois : 33 jours qui ébranlèrent la Sorbonne

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

On connaît le début du mouvement de mai-juin 1968 : suite à la fermeture de la faculté de Nanterre, à la convocation de huit étudiants nanterrois devant le conseil de discipline de l’Université de Paris – qui doit siéger le lundi 6 mai – et à l’incendie provoqué, la veille, par le groupe d’extrême droite Occident dans les locaux de la FGEL (Fédération des groupes d’études de lettres), soit l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) de la Sorbonne, cette dernière appelle à un meeting dans la cour de la Sorbonne qui ne mobilise guère. Ce vendredi 3 mai après-midi, Occident s’apprêtant à venir, les militants se préparent militairement à l’affrontement, les forces de l’ordre se préparent à l’éviter et le recteur de l’Université de Paris, Jean Roche, à réquisitionner ces dernières. Les militants sont interpellés, déclenchant la solidarité du Quartier latin. La lenteur des « mises en fourgon » pour contrôle d’identité font se regrouper, badauds, jeunes filles non-interpellées, étudiant·es et militant·es rescapé·es qui commencent à crier « Libérez nos camarades ! », à secouer les cars de police, à riposter avec des pavés aux grenades lacrymogènes, à monter une première barricade place du Luxembourg. C’est le début de trois heures d’émeutes, soldées par 596 interpellations, dont 27 personnes gardées à vue, et une centaine de blessés. Lire la suite

Cet éclair fulgurant prêt, tout prêt à rejaillir pour une autre fois


Comme le souligne Michelle Perrot dans sa préface de 2004, « 
68 a, dans une large mesure, oublié les femmes et leurs aspirations propres ». Elle indique que l’Association pour l’autobiographie (APA) a mis « l’écriture de soi au centre de ses préoccupations », suggérant à ses adhérentes « d’écrire ce que fut pour elles Mai 68 ».

Des témoignages, des ébranlements existentiels, le souffle d’une époque, une présentation sous forme de dictionnaire autour de mots-clés, « Cette démarche a l’avantage de faire converger les fragments épars sans toutefois chercher à les unifier dans une reconstruction a posteriori, tentation de toute entreprise de mémoire qui réorganise le passé en fonction du présent » Lire la suite

Jean-Pierre Azéma jugé pour diffamation suite à son rapport public sur le sort des malades mentaux sous le régime de Vichy

Communique de presse, 15 janvier 2018

L’historien Jean-Pierre Azéma sera jugé le 23 novembre 2018 à 13h30 par la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris pour diffamation et atteinte à l’honneur d’un individu suite à la plainte déposée par l’auteur Armand Ajzenberg. Des infractions commises dans un rapport public rédigé par Jean-Pierre Azéma et destiné à orienter une décision à prendre par un Président de la République à propos du sort tragique des malades mentaux sous le régime de Vichy. Lire la suite

Contester dans l’Armée

Comités de soldats, antimilitarisme et syndicalisme dans les années 70 : en avril 1974, 100 appelés signent publiquement un appel revendiquant de nouveaux droits pour les soldats, une meilleure solde ou la gratuité des transports par exemple, mais aussi des réformes démocratiques de l’institution militaire. De cet appel, rapidement rejoint par des milliers d’appelés, allait naître le mouvement des comités de soldats. Fin 1975, deux de ces comités se constituent en sections syndicales CFDT. L’État va alors frapper fort… Lire la suite