Archives de Catégorie: Révolutions et histoires dans le territoire aujourd'hui appelé France

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (1)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Pendant les trois mois du mouvement social du printemps 2016, on a vu fleurir des projets reprenant les pétitions de masse contre la loi travail ou les tentatives d’imposer par pétition aux députés de voter la censure, contre le 49.3, et l’essai de votation impulsé par les centrales syndicales. Tous ces projets étaient proches d’un référendum et annonçaient la fonction que le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) joue chez les Gilets jaunes. Sur le fond, le RIC est une sorte de réponse aux désastres démocratiques auxquels ont abouti le vote grec contre la troïka ou les votes de 2005, français et hollandais, contre la « constitution européenne », tous purement et simplement annulés par les gouvernants… Lire la suite

Ne visitez pas l’exposition coloniale

« A la veille du 1er mai 1931 et à l’avant veille de l’inauguration de l’Exposition coloniale, l’étudiant indo-chinois Tao est enlevé par la police française. Chiappe, pour l’atteindre, utilise le faux et la lettre anonyme. On apprend, au bout du temps nécessaire à parer à toute agitation, que cette arrestation, donnée pour préventive, n’est que le prélude d’un refoulement sur l’Indo-Chine (1). Le crime de Tao ? Etre membre du parti communiste, lequel n’est aucunement un parti illégal en France, et s’être permis jadis de manifester devant l’Elysée contre l’exécution de quarante Annamites. L’opinion mondiale s’est ému en vain du sort des deux condamnés à mort Sacco et Vanzetti. Tao, livré à l’arbitraire de la justice militaire et de la justice des mandarins, nous n’avons plus aucune garantie pour sa vie. Ce joli lever de rideau était bien celui qu’il fallait en 1931, à l’exposition de Vincennes.  Lire la suite

Iels entrèrent par effraction sur la scène de l’histoire, certain·es pour en sortir aussitôt les pieds devant, et, d’autres pour creuser les sillages de l’émancipation


En avant-propos, Gérard Noiriel rappelle la référence que constitue l’
Histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn, « Le but de ce grand historien américain était de proposer une « histoire par en bas » faisant une vraie place à ceux dont les manuels ne parlaient pas ou peu : les Amérindiens, les esclaves, les femmes, les syndicalistes ouvriers, les objecteurs de conscience hostiles à la guerre du Viêt Nam, etc. ». Lire la suite

Vichy avant Vichy

Décret-loi du 2 mai 1938 sur la police des étrangers

RAPPORT

AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Paris, le 2 mai 1938.

Monsieur le Président, 

Le nombre sans cesse croissant d’étrangers résidant en France impose au Gouvernement, investi du pouvoir législatif dans un domaine nettement défini, d’édicter certaines mesures que commande impérieusement le souci de la sécurité nationale, de l’économie générale du pays et de la protection de l’ordre public. Lire la suite

La comédie des erreurs se termine par la pantomime de chut chut

« Cette année, nous devrions toutes et tous célébrer le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à Paris »

Dans son avant-propos, publié avec l’aimable autorisation de C&F Editionsavant-propos-par-nicolas-taffin-a-revolution-paine/, Nicolas Taffin parle de s’installer un moment avec Thomas Paine, citoyen du monde. Il ajoute : « Nous avons souhaité accompagner l’œuvre de quelques documents essentiels, simplement utiles ou inédits, pour mieux nous installer en compagnie de l’auteur, le connaître, et pouvoir examiner avec lui les droits humains, la question de leur application, de leurs prolongements et de leurs limites » Lire la suite

Avant-propos par Nicolas Taffin à Révolution Paine

Avec l’aimable autorisation de C&F Editions

Cette année, nous devrions toutes et tous célébrer le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à Paris. Nous devrions… et pourtant, le cœur ne pourrait être léger à célébrer, quand nous constatons toujours, et partout, des manifestations cruelles d’inégalité et d’oppression ; quand nous voyons notre incapacité à traiter dignement les personnes qui transitent d’un pays à un autre sous la pression de la guerre, de l’économie mondialisée ou des changements climatiques ; quand sont pratiquées des inégalités de traitement ou le harcèlement pour cette moitié de l’humanité que sont les femmes ; quand se manifestent mille autres vexations et privations de ce qui avait pourtant été défini dès 1789, et renforcé ou confirmé en 1948, comme les droits fondamentaux de tout être humain. Toutes ces situations interpellent et révoltent les jeunes citoyennes et citoyens que nous sommes, citoyens pourtant constitués sur ces droits. Jamais la démocratie n’a autant reculé sur le globe que ces dernières années. Afin de mesurer l’écart qui sépare notre présent des intentions initiales, si difficilement constituées en lois, nous avons souhaité remonter le fil des droits humains, jusqu’à une de leurs sources, ou du moins un de leurs plus fervents défenseurs, alors que ces droits faisaient l’objet de violentes attaques dès la Révolution française. Cet auteur est un être surprenant, un écrivain passionnant que notre vocation d’éditeurs ne pouvait laisser dans la pénombre qui l’entoure encore en France, tandis qu’il bénéficie d’une notoriété (certes critique) outre-Manche et d’un rayonnement incontestable outre-Atlantique. Lire la suite

Mettre en commun nos forces, nos droits, nos exigences

Dans leur préface, Jean-François Hamel et Eric Hoppenot parlent du Comité d’action étudiants-écrivains, de Maurice Blanchot, de Robert Antelme, de Marguerite Duras et d’autres, du « refus capable, croyons-nous, d’ouvrir un avenir », de la plus grande grève générale qu’ait connue la France, de liberté nouvelle, de l’anonymat pouvant traduire une « parole collective ou plurielle », de l’écriture fragmentaire, d’une « communauté émancipée du culte de l’individu », de critique radicale, de désobéissance civile, « Trainée de feu, effervescence où nous fûmes emportés et où nous ne cessâmes d’être ensemble, mais d’une manière nouvelle »… Lire la suite