Archives de Catégorie: Révolutions et histoires dans le territoire aujourd'hui appelé France

Les passés, les identités et les vies que certains voudraient nous imposer

En introduction, Elise Thiébaut parle de sa géométrie hexagonale, de ses ancêtres francais, du terme souche utilisé par les amateurs d’identité nationale, « la souche, partie inférieure du tronc d’un arbre, est ce qui reste après qu’il a été coupé ou arraché. C’est la trace morte, le plus souvent, de ce qu’on était ». J’apprécie beaucoup chez cette autrice, l’ironie, l’utilisation de métaphores et d’images, la prise en compte d’éléments biographiques, dans ses solides argumentations. Elle revient sur des idéologues (Alain Soral, Eric Zemmour, Renaud Camus, Alain Finkielkraut, etc.), leurs éructations sur le « grand remplacement », les inventions d’un passé qui n’a jamais existé… Lire la suite

L’Occupation au prisme des zazous

Quelle histoire !

Zazous ? Un mot, évocateur, fait surgir des silhouettes, notamment celle de Boris Vian, un grand maître de la confrérie. Un mythe ? Une réalité ? Qui étaient-ils ces révoltés ? Gérard Régnier, spécialiste de l’histoire du jazz pendant l’Occupation – c’est sa thèse ı– a voulu, sur la base de la presse de l’époque, comprendre le phénomène en l’inscrivant dans son contexte. « L’histoire des Zazous » est une histoire de résistance individuelle, de contestation des ordres établis, de ruptures adolescentes. Le mouvement zazou, lui et les preuves abondent, est une reconstruction, manière d’excuse pour cette jeunesse absente des affrontements politiques structurants du 20e siècle. Ainsi en est-il des manifestations zazoues, une pure et simple invention. La plus connue, la plus diffusée : celle du port collectif de l’étoile jaune lorsque les autorités l’ont imposée aux Juifs de France, avec une inscription « swing ou autre ». L’auteur montre qu’elle est restée très minoritaire. Une réaction plus individuelle que collective. Lire la suite

Les rêves brisés de novembre 1918

« L’Alsace, comme son nom l’indique, est un pays appelé aux plus hautes destinées. C’est le pays le plus propre du monde : il change de chemise tous les trente ans. Il digère ses drapeaux aussi aisément que son exquis pâté de foie de piano, célèbre dans le monde entier », Hans Arp et Vicente Huidobro, cités par l’auteur.

Dans son introduction « Novembre 1918 en Alsace-Lorraine, pourquoi ? », introduction-novembre-%E2%80%AF1918-en-alsace-lorraine-pourquoi-a-louvrage-de-jean-claude-richez-une-revolution-oubliee/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Jean-Claude Richez revient sur cette région annexée par l’empire allemand en 1871, les derniers jours de ce même empire, la Première Guerre Mondiale, la révolution allemande de Novembre, « L’Alsace-Lorraine accompagne l’Empire allemand jusque dans ses derniers soubresauts. Elle participe aux quinze premiers jours de la révolution de Novembre. Cette révolution en Allemagne est d’abord une révolution démocratique qui met un terme au régime impérial comme aux régimes princiers de la plupart des États fédérés au sein de l’Empire. En Alsace-Lorraine, cette révolution coïncide avec son retour dans une France désormais républicaine. » Lire la suite

Le passé en traces sur le papier…

« Aujourd’hui, en jetant un regard sur tant d’archives de police du XVIIIe siècle, dépouillées pour faire avancer la connaissance et susciter la curiosité sur la vie des plus humbles, on ne peut qu’être impressionné par la multitude de faits, de vies, d’êtres singuliers, étranges et passionnants, à propos desquels rien n’a été dit alors que je les avais rencontrés. Ils n’entraient pas dans les objets de recherche que je m’étais donnés ». Dans son introduction Arlette Farge aborde le « murmure du combat », les « bruits singuliers », les « profondeurs de l’individu », l’« unique », le « déchet » et le « reliquat »… Lire la suite

Ne pas oublier ceux qui désobéirent, qui osèrent dire NON

« Honneur à vous, les insoumis, les déserteurs, les objecteurs, les réfractaires qui avez eu le courage de « résister », de dire non, à la pacification, à la torture, aux répressions, aux camps d’internement, le courage de « désobéir aux ordres », à la loi même, aux violations des droits de l’homme, droits individuels et collectifs, droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple algérien ». Jean-Jacques de Félice commence ainsi sa préface L’honneur des réfractaires. Lire la suite

Introduction « Novembre  1918 en Alsace-Lorraine, pourquoi ? » à l’ouvrage de Jean-Claude Richez : Une révolution oubliée

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

« L’Alsace, comme son nom l’indique, est un pays appelé aux plus hautes destinées. C’est le pays le plus propre du monde : il change de chemise tous les trente ans. Il digère ses drapeaux aussi ai-sément que son exquis pâté de foie de piano, célèbre dans le monde entier », Hans Arp et Vicente Huidobro1.

Novembre 1918 en Alsace-Lorraine ? C’est la fin de la Première Guerre mondiale, le retour à la France de la région annexée depuis 1871. Oui, mais pas seulement, c’est beaucoup plus compliqué. Ce sont aussi les derniers jours de l’Empire allemand de Guillaume II, son effondrement politique et militaire provoqué par la mutinerie des matelots de la marine impériale à Wilhelmshaven et à Kiel qui s’organisent en conseils suivis par les ouvriers et expérimentent une nouvelle forme de pouvoir. C’est la révolution allemande de Novembre, Novemberrevolution, de l’historiographie allemande, qui donne naissance, non sans douleurs, à la République de Weimar2. L’Alsace-Lorraine accompagne l’Empire allemand jusque dans ses derniers soubresauts. Elle participe aux quinze premiers jours de la révolution de Novembre. Cette révolution en Allemagne est d’abord une révolution démocratique qui met un terme au régime impérial comme aux régimes princiers de la plupart des États fédérés au sein de l’Empire. En Alsace-Lorraine, cette révolution coïncide avec son retour dans une France désormais républicaine. Lire la suite

Jamais le sentiment d’indignation qui s’est élevé en moi ne s’apaisera !

L’éditeur, dans son introduction fournit des renseignements bibliographiques sur l’autrice (1824-1900). Il souligne, entre autres, son engagement pour l’émancipation des femmes, « En 1868, elle contribue à l’élaboration du programme de la Société de revendication des droits de la femme », sa participation aux luttes sociales et à la Commune, « Son ralliement est clair, l’insurrection parisienne est légitime », ses activités littéraires. « Figure emblématique du féminisme au XIXe siècle, André Léo a dérangé son temps, militante révolutionnaire, sa participation à la Commune de Paris montre qu’elle avait su lier la question de l’émancipation des femmes à la réalité sociale, sa vie entièrement vouée à la cause des pauvres, critique de la bourgeoisie et de la religion, elle fit valoir par ses écrits, romans, essais, articles, contes, la nécessité d’un éducation scientifique pour que le changement social aboutisse »… Lire la suite

« Modernité » dit-il

Baudelaire a inventé le concept de modernité et le 19e siècle l’a conjugué. Les recherches se sont multipliées sur ce siècle fondateur d’un capitalisme libéral et néolibéral. Emmanuel Fureix et François Jarrige dans « La modernité désenchantée » proposent de « relire l’histoire du 19e siècle français ». Une synthèse des travaux disponibles.

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L’effacement d’une femme ou sa transformation en femme-objet

« En permettant la condamnation d’un homme pour viol sous magnétisme, ces experts admettaient qu’il était possible de mettre un être humain dans un état de conscience modifié (état que l’on nommerait aujourd’hui « hypnose ») et de disposer ainsi de son corps, de ses actes et de sa parole ».

Un procès en juillet 1865, une enquête sur l’histoire du magnétisme et de la psychologie, une recherche sur l’histoire sociale et politique, une interrogation « ancrée dans mon temps et en posant des questions anachroniques », l’analyse de « la relation du sujet au monde auquel il est confronté dans une situation donnée », un questionnement des rapports de domination entre les hommes et les femmes, une interrogation sur la construction des vagabonds et de la dangerosité… Lire la suite

Les luttes et mai 68 ont rebattu les cartes de l’amour

Avec l’aimable autorisation de Julie Pagis

Des militants d’un instant ou de toujours, qui se rencontrent, s’aiment, se séparent peut-être… Quelles interactions entre la lutte et l’amour ? Reporterre a interrogé la chercheuse Julie Pagis qui a travaillé sur Mai 68 : « Dans tous les grands mouvements militants, le temps routinier est suspendu, on vit une espèce d’effervescence. Tout cela rapproche les corps, les personnes. »

La lutte est une amante souvent exigeante. Laisse-t-elle de la place à l’amour ? Lutter ensemble facilite-t-il la possibilité de tomber amoureux ? Les mouvements sociaux, en voulant changer la société, influent-ils sur notre vie amoureuse ? Voici quelques-unes des questions que s’est posée la rédaction de Reporterre à l’occasion de ce vendredi 14 février, jour de la Saint-Valentin. Lire la suite

17 octobre 1961 – 17 octobre 2019 : 58e anniversaire – Vérité et justice

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le préfet de police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (complet)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Intro : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-1/

  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  3. La Constitution de 1793 et ses critiques : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  4. Le vote populaire : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-7/

  5. Deux représentations face à face : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-8/

  6. Du succès politique aux mesures de mobilisation : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-9/

  7. L’opposition des radicaux : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-10/

  8.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-11/

  9.  La lente normalisation : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-12/

  10.  Eux et nous : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-13/

Serge Aberdam

Publié initialement dans Inprecor659-660 janvier février 2019

Serge Aberdam est historien, spécialiste de la Révolution française.

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (13)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Intro : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-1/

  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  3. La Constitution de 1793 et ses critiques : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  4. Le vote populaire : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-7/

  5. Deux représentations face à face democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-8/

  6. Du succès politique aux mesures de mobilisation democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-9/

  7. L’opposition des radicaux democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-10/

  8.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-11/

  9.  La lente normalisation : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-12/

  10.  Eux et nous

12. Eux et nous

Les succès qui marquent le « premier référendum », ou plutôt les premiers votes populaires directs et décisoires, sont intimement liés aux élargissements successifs des fonctions politiques exercées par les assemblées de citoyens, depuis les premières réunions délibératives de 1789 qui choisissaient leurs doléances. La mise en place, à partir de 1790, d’une incroyable variété d’institutions élues, puis l’accumulation d’essais de votes citoyens décisoires en 1792, font que le vote constituant de 1793 reprend tout ou partie de chacune de ces expériences. Les essais de participation féminine ou les discussions qui abordent une foule de préoccupations de l’heure entourent l’adoption d’une Constitution qui, de droit comme de fait, est à la fois démocratique et représentative. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (12)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Intro : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-1/

  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  3. La Constitution de 1793 et ses critiques : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  4. Le vote populaire : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-7/

  5. Deux représentations face à face democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-8/

  6. Du succès politique aux mesures de mobilisation democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-9/

  7. L’opposition des radicaux democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-10/

  8. Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-11/

  9. La lente normalisation

  10. Eux et nous

11. Une lente normalisation

La situation n’est pas stabilisée, malgré la réapparition d’une société de nantis et de nouvelles fortunes, malgré la violence des bandes de la jeunesse dorée qui, à leur tour, font résonner leurs gros bâtons sur le pavé parisien. Les militants sans-culottes sont toujours là et se réorganisent. La Convention réintègre les girondins vaincus en juin 1793 et, en se débarrassant des terroristes les plus compromis, se fixe deux objectifs. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (11)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

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  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  3. La Constitution de 1793 et ses critiques : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  4. Le vote populaire : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-7/

  5. Deux représentations face à face democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-8/

  6. Du succès politique aux mesures de mobilisation democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-9/

  7. L’opposition des radicaux democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-10/

  8.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  9.  La lente normalisation

  10.  Eux et nous

10. Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

Le Comité de salut public n’était rien de plus au départ qu’un collectif d’une douzaine de députés choisis par la Convention et responsables devant elle ; il a désormais comme priorité de mobiliser toutes les ressources pour rétablir la situation militaire et, fait qui n’est pas banal, il va y parvenir en un an. La brutalité pointilleuse de ce régime centralisé va s’appliquer à tous les secteurs, en disciplinant l’action des administrations et en déférant systématiquement les opposants au Tribunal révolutionnaire dans des procès expéditifs où sont mélangés toutes sortes de gens, opposants ou supposés tels. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (10)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

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  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  3. La Constitution de 1793 et ses critiques : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  4. Le vote populaire : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-7/

  5. Deux représentations face à face democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-8/

  6. Du succès politique aux mesures de mobilisation democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-9/

  7. L’opposition des radicaux

  8.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  9.  La lente normalisation

  10.  Eux et nous

9. L’opposition des radicaux 

À la fin d’août 1793, les enragés parisiens ont commencé à comprendre ce qui se jouait, en particulier autour de la séparation des envoyés. Le 26, dans une pétition à la fois terroriste et favorable à l’organisation immédiate du gouvernement prévu par la nouvelle Constitution (19), le club des Républicaines révolutionnaires écrit à la Convention : « Empressez-vous surtout de prouver à la France entière, par des effets, que l’on a pas fait venir à grands frais de tous les coings (sic) de la république les envoyés d’un grand peuple pour jouer simplement une scène pathétique au Champ de Mars ; montrez-nous que cette constitution que nous avons cru accepter existe ». Lire la suite

Les femmes de 70

On eût dit que la Gaule en elles s’éveillait ;

Libres, voulant mourir, augmentant de courage

Pour des périls plus grands.

(L. M.)

Parmi les plus implacables lutteurs qui combattirent l’invasion et défendirent la République comme l’aurore de la liberté, les femmes sont en nombre.

On a voulu faire des femmes une caste, et sous la force qui les écrase à travers les événements, la sélection s’est faite ; on ne nous a pas consultées pour cela, et nous n’avons à consulter personne. Le monde nouveau nous réunira à l’humanité libre dans laquelle chaque être aura sa place. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (9)

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

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  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  3. La Constitution de 1793 et ses critiques : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  4. Le vote populaire : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-7/

  5. Deux représentations face à face : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/12/democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-8/

  6. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  7. L’opposition des radicaux

  8.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  9.  La lente normalisation

  10.  Eux et nous

8. Du succès politique aux mesures de mobilisation

Si les monarchies européennes restent militairement prudentes depuis leurs échecs de l’été 1792, elles n’en sont pas moins à l’offensive. Elles ont reconquis la Belgique en mai 1793 et occupent toute une partie nord du territoire français, tout en marquant des points dans les Pyrénées et les Alpes. Le meurtre de Marat, le 13 juillet, fait craindre la multiplication d’assassinats « terroristes » organisés par les girondins, alors qu’une série de mouvements sectionnaires, bien encadrés dans plusieurs grandes villes fédéralisée contre Paris, tournent à la contre-révolution. Le Comité de salut public prépare donc activement la campagne militaire qui s’avère nécessaire pour reprendre Lyon, Marseille et le grand port militaire de Toulon, qui a entre-temps été livré à la flotte anglaise, sans compter d’autres accrochages qui ne nous semblent mineurs qu’avec le recul du temps. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (8)

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  1. Révolution et invention démocratique : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  3. La Constitution de 1793 et ses critiques : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  1. Le vote populaire : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-7/

  2. Deux représentations face à face

  3. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  4. L’opposition des radicaux

  5.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  6.  La lente normalisation

  7.  Eux et nous

7. Deux représentations face à face

Lorsque les délégations des assemblées primaires parisiennes viennent informer la représentation nationale de leur vote d’adoption, il est de plus en plus question d’une présence directe d’un Peuple-souverain. Le 3 juillet, alors qu’une délégation de Bondy se présente, le député radical Billaud-Varenne souligne que« les citoyens qui sont ici faisant acte du souverain, je demande qu’ils soient reçus dans l’intérieur de la salle ». Les jours suivants, ces délégations viennent se placer dans l’espace réservé aux députés. Le 8 juillet, le montagnard Levasseur demande l’admission d’une délégation de Versailles-hors-les-murs (15) et « que toute discussion finisse jusqu’à ce que le Souverain qui est ici soit entendu (murmures dans la salle)… J’ai voulu dire « membres du souverain » », rectifie Levasseur qui cherche à limiter son propos : signaler que le Souverain s’exprime directement en face de la Convention, c’est souligner que cette dernière est désormais en sursis, en attendant qu’une autre Assemblée soit élue. Lire la suite

Démocratie, démocratie directe et référendum. Un héritage révolutionnaire (7)

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  1. Révolution et invention démocratique democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-2/

  2. Contradictions, reculs et avancées : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-3/

  1. Une révolution mise en permanence : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-4/

  2. La troisième révolution et l’idée du « référendum » : democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-5/

  1. La Constitution de 1793 et ses critiques democratie-democratie-directe-et-referendum-un-heritage-revolutionnaire-6/

  1. Le vote populaire

  2. Deux représentations face à face

  3. Du succès politique aux mesures de mobilisation

  4. L’opposition des radicaux

  5.  Remise en ordre, mobilisation pour la guerre et mouvements populaires

  6.  La lente normalisation

  7.  Eux et nous

6. Le vote populaire

Dix mois après la réunion de la Convention, la République est menacée de succomber sous les assauts militaires combinés des monarchies européennes, de la révolte vendéenne et du début d’insurrection girondine. Nous avons vu que l’Assemblée priorise pourtant une riposte politiquecelle du « référendum », sans d’ailleurs que ce mot soit utilisé car on parle de vote populaire, précisément pour ne pas le confondre avec des élections. En pratique, le corps électoral s’est élargi lentement depuis août 1792, même s’il reste en principe masculin, passant peut-être de 4 à 5 millions de votants. Mais si les compétences politiques des révolutionnaires sont remarquables, leurs connaissances statistiques ne le sont pas. Des notions devenues aujourd’hui courantes leur sont étrangères, comme notre usage quotidien des pourcentages, notre culture mathématisée qui nous permet de lire directement les taux de participation en regard du nombre d’inscrits, avec les taux d’abstention, significatifs ou non… La Convention ignore d’ailleurs combien d’hommes ont pu bénéficier de l’élargissement du droit de vote et, au-delà d’une réunion paisible des assemblées primaires, elle n’a aucune idée de ce que devrait être statistiquement un « bon » résultat du vote populaire qu’elle a lancé. Elle choisit un procédé politique : par-dessus la tête des administrations départementales, girondines, fédéralistes ou travaillées par les insurgés catholiques et royaux, elle s’adresse aux administrations des 548 districts, des quelque 5 000 cantons et, au-delà, aux 44 000 municipalités ; il s’agit d’isoler la bourgeoisie des capitales provinciales, rebelles. Lire la suite