Archives de Catégorie: Histoire

Une conception de l’histoire basée sur un long martyrologe de la race

En introduction, Johann Chapoutot évoque Primo Levi, le warum, Auschwitz, les crimes nazis ouvrant « une béance de sens qui ne s’est jamais refermée », le déchainement de violences, des millions de victimes.

Mais qu’en est-il des bourreaux ?, de ceux qui ont « cette manière de considérer autrui comme tout autre chose qu’un être humain, moins encore qu’un animal et à peine un objet ». Lire la suite

17 octobre 1961 : le déni d’une histoire

Derrière cette date se cache l’existence affirmée et escamotée d’un peuple et d’une foule, visibles et invisibles sur le sol français, que l’État a tenté d’effacer et censurer.

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En Algérie, des révoltées de 1848 aux porteuses de valises :

Tribune. Les traces de la colonisation sont infinies et parfois à l’origine de surprenantes rencontres. Au cours d’un voyage universitaire où je présentais mes travaux sur la liberté – périple organisé par l’Institut français d’Alger – revenant d’Annaba (Hippone, Bône), me dirigeant sur Batna, ville dont le pénitencier militaire de Lambèse fut construit et occupé par les transportés de 1848, j’y ai rencontré, par un pur hasard, l’une des évadées de la prison de la Roquette en février 1961. Ses souvenirs étaient intacts. Elle me raconta, en me présentant sa fausse carte d’identité, comment le réseau de Denis Berger, (mon compagnon décédé en 2013, chargé par la résistance algérienne des évasions), lui avait fourni ses papiers et sa « planque » à Paris où elle trouva refuge avant sa mise en sécurité en Allemagne. Elles étaient six, dont trois Algériennes qui, dès la guerre terminée, furent contraintes de rentrer dans l’anonymat. Ces insurgées, ainsi que bon nombre de leurs congénères, résistant·e·s de l’intérieur, furent oublié·e·s, comme l’ont été les « héros » de la révolution de 1848, « transporté·e·s » après la répression de juin 1848 en Algérie et après le coup d’État de Napoléon III, en 1851 – tel fut le sort de la féministe socialiste Pauline Roland, « femme de 1848 », qui protesta à nouveau contre ce nouvel ordre antirépublicain. Étonnante résonance entre Batna et 1848. Étonnante résurgence d’un passé oublié dont le site de Timgad, tout près de là, conserve les traces. Sur une colonne romaine, couchée, on peut lire, soigneusement gravé en lettres lisibles « Les transportés de 1848 ». Lire la suite

Une autre case que « princesse » à cocher

Georgette Sand défend l’idée qu’on ne devrait plus s’appeler George pour être prise au sérieux. Le collectif s’attache à déconstruire les stéréotypes, à renforcer la capacité d’émancipation des femmes et à améliorer leur visibilité dans l’espace public afin que dès l’enfance, les filles puissent connaître la diversité de celles qui composent ce monde. Lire la suite

Les sources révolutionnaires du Référendum d’initiative citoyenne

Les débats des gilets jaunes portent sur un projet de Referendum d’initiative citoyenne (RIC). Il est alors utile de signaler que le premier projet de ce genre a été élaboré il y a quelques 225 ans par la Convention nationale et adopté par le vote de millions de citoyens, avec la première Constitution républicaine, en juillet-août 1793. Lire la suite

Iels entrèrent par effraction sur la scène de l’histoire, certain·es pour en sortir aussitôt les pieds devant, et, d’autres pour creuser les sillages de l’émancipation


En avant-propos, Gérard Noiriel rappelle la référence que constitue l’
Histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn, « Le but de ce grand historien américain était de proposer une « histoire par en bas » faisant une vraie place à ceux dont les manuels ne parlaient pas ou peu : les Amérindiens, les esclaves, les femmes, les syndicalistes ouvriers, les objecteurs de conscience hostiles à la guerre du Viêt Nam, etc. ». Lire la suite

Vichy avant Vichy

Décret-loi du 2 mai 1938 sur la police des étrangers

RAPPORT

AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Paris, le 2 mai 1938.

Monsieur le Président, 

Le nombre sans cesse croissant d’étrangers résidant en France impose au Gouvernement, investi du pouvoir législatif dans un domaine nettement défini, d’édicter certaines mesures que commande impérieusement le souci de la sécurité nationale, de l’économie générale du pays et de la protection de l’ordre public. Lire la suite