Archives de Catégorie: Histoire

Accès aux archives publiques : lettre ouverte aux parlementaires (plus : Nuit noire sur les archives)

L’arrêt du Conseil d’État du 2 juillet 2021 a déclaré illégale et annulé la procédure de déclassification des archives « secret-défense » de plus de cinquante ans.

Ces archives redeviennent donc communicables de plein droit, permettant aux historiens de reprendre leur indispensable travail sur la seconde guerre mondiale, la IVème république ou la guerre d’Algérie.

Après cette décision, il n’est pas possible de poursuivre l’examen de l’article 19 du projet de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement comme si de rien n’était.

La décision du Conseil d’État donne, en effet, une tout autre perspective à cet article. Nul ne peut plus nier qu’il a pour seul et unique objet d’allonger les délais actuels de communication des archives publiques et qu’il n’est pas la mise en œuvre d’une politique d’ouverture pourtant revendiquée. Lire la suite

Les enfumades du Dahra toujours présentes dans les mémoires

Dans les annales du colonialisme, il y a cette date 18-20 juin 1845, mais il y a aussi l’avant et l’après 8 Mai 1945 où l’armée coloniale a perpétré des massacres en Algérie et ailleurs.

Ces enfumades se sont déroulées entre le 18 et le 20 juin de l’année 1845 dont se sont rendus coupables les sinistres Cavaignac, Pélissier, Saint Arnaud et Canrobert. 

Les enfumades du Dahra se lisent à travers 4 documents : le rapport de Pélissier, la lettre du soldat français puis celle d’un soldat espagnol et le rapport de Bugeaud. Les colonisateurs ont gardé secret de rapports militaires contenant des informations accablantes sur le déroulement des faits, parmi lesquels celles de Saint-Arnaud où il donne quelques détails troublants sur le massacre du Dahra. Ceux-ci corroborent de manière incontestable la préméditation de l’acte. Le 18 juin 1845, Saint-Arnaud est en opération chez les Ouled Younès. Dans la nuit du 19 au 20 juin, alors qu’il est dans son campement du côté de Aïn-Merane (Chlef), « le bruit des fougasses (mine explosive) se fait entendre à trente lieues à la ronde », Saint-Arnaud en conclut : « C’est le colonel Pélissier qui travaille les cavernes et les grottes des Ouled Riah ». Et d’ajouter : « Ces pauvres Arabes sont traqués partout et ne savent plus où se réfugier ». La lettre qu’il adresse le même jour au commandant Tripier donne la même information. Une autre lettre est adressée au colonel Pélissier. Il y évoque encore une fois les bruits de canon et de pétards dans les grottes des Ouled  Riah. Ce n’est que le 26 juin que la population indigène de la région apprend la tragédie des grottes des Ouled Frachich. Et c’est Pélissier en personne qui raconte à Saint-Arnaud ce carnage et celui-ci s’empresse d’informer ses officiers : « Le colonel Pélissier, après avoir fait périr dans les cavernes de Ouled Riah plus de 1 010 personnes de tout âge et autant de bêtes de cheptel, a reçu la soumission de tous les habitants du Dahra. » Lire la suite

Encore sur la Commune

Autant d’ouvrages se partageaient-ils les étals des libraires lors du centième anniversaire de cette « révolution impromptue » pour reprendre le titre du livre que lui a consacré Roger Martelli ? Une cascade de livres de tout acabit qu’il ne sera pas possible de lire… Seul le Président de la République ne s’y est pas aventuré préférant la commémoration de Napoléon, modèle moins révolutionnaire. Lire la suite

Tropiques toxiques, le scandale

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Dans cette bande-dessinée dense et extrêmement bien documentée, l’autrice Jessica Oublié nous emmène sur les traces du chlordécone, un pesticide massivement utilisé dans la culture de la banane de 1972 à 1993, et démontre point par point en quoi cette pollution relève, aux Antilles, d’un scandale d’État. Alors que la toxicité de cette molécule était connue et documentée dès les années 1970, elle a malgré tout été épandue pendant 22 ans, entraînant une pollution des sols pour des centaines d’années et une contamination de 65% des cours d’eau. Conséquence : toute l’alimentation produite sur ces sols est possiblement toxique (selon les zones et le type d’aliments, à des degrés variables), que ce soient les poissons, le bétail, les légumes, et à ce jour 9 personnes sur 10 ont des traces de chlordécone dans le sang. L’existence de cette pollution ne fait aujourd’hui plus aucun doute, pourtant, l’Etat refuse de lui reconnaître un lien de causalité avec la santé des Antillais.es et prend ce prétexte pour retarder une réelle prise en charge du problème, comme si la pollution n’était problématique que si elle était visiblement et directement mortelle. Hélas, comme l’explique la bande-dessinée, avant que le scandale sanitaire advienne enfin, et avec lui des mesures d’indemnisation pour les victimes et le jugement des personnes responsables, il faut « être patients et apprendre à compter les morts ». Lire la suite

Il y a 77 ans : Oradour-sur-Glane. Retour sur un crime de masse

Le 10 juin 1944, la Division « Das Reich » faisait 643 victimes en anéantissant tout un village. Il s’agissait pour elle, de réduire les forces de la Résistance et de terroriser les populations, trois jours après le débarquement allié en Normandie. Michel Baury vient de conclure une enquête de plus de 10 ans sur ce massacre.

Michel Baury est ce qu’on peut appeler un « historien-citoyen ». Pourquoi ? Parce qu’il a conduit en une décennie, un considérable travail sur Oradour avec tous les instruments d’un historien professionnel : l’enquête, l’archive, l’entretien, le recueil de témoignages (un millier de personnes interrogées) (*). Lire la suite

Pas une rue, pas une avenue, pas une école au nom de Bugeaud

« Si ces gredins [les indigènes d’Algérie] se retirent dans leurs cavernes, fumez-les à outrance comme des renards ». Général Bugeaud 

« Il est un peu tard (…) mais je n’ai jamais été battu et je ne commencerai pas demain. Qu’on me laisse faire et tirer au canon, il y aura du sang répandu ; mais demain soir la force sera du côté de la loi, et les factieux auront leur compte. [1] » Maréchal Bugeaud, février 1848, à propos de l’insurrection parisienne qui a débouché sur le rétablissement de la République.

« Il est bon de se souvenir que depuis 1830 les procédés de la terreur de masse sont employés par la minorité européenne et ses défenseurs (…). Priorité dans l’horreur… » Robert Bonnaud, avril 1957.

18 juin 1845. Réfugiés dans les grottes du Dahra, proches de Mostaganem, pour échapper à la progression des troupes commandées par le colonel Pélissier, les membres de la tribu des Ouled Riah – hommes, femmes, enfants et vieillards – ne sont plus. Cernés, ils ont été méthodiquement enfumés et asphyxiés. Bilan : entre sept cents et mille morts. Dans le rapport circonstancié adressé à Bugeaud, gouverneur général de l’Algérie, maréchal de France depuis 1843 grâce à ses “exploits” algériens et à la « pacification » qu’il conduit aux moyens de razzias, d’enfumades, de massacres et de déportations des populations « indigènes », Pélissier écrit : « dès lors ; je n’eus plus qu’à suivre la marche que vous m’aviez indiquée : je fis faire une masse de fagots et, après beaucoup d’efforts, un foyer fut allumé et entretenu à l’entrée supérieure » de la grotte. Lire la suite

Le génocide des Herrero et Nama enfin reconnu par l’Allemagne

Ce fut le premier génocide du vingtième siècle, il est enfin pris en compte. 

Le 28 mai l’Allemagne a pour la première fois reconnu, avoir commis un génocide contre les populations des Herero et des Nama en Namibie, pendant l’ère coloniale. C’est le résultat d’une mobilisation déterminée des descendant-es des victimes qui combattent dans ce sens depuis des dizaines d’années.

« Nous qualifierons maintenant officiellement ces événements pour ce qu’ils sont du point de vue d’aujourd’hui : un génocide », a déclaré le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas, dans un communiqué. Lire la suite

Massacres du 8 mai 45 : Les autorités françaises « toujours pas prêtes » à reconnaitre ses crimes 

ALGER – Le témoin de la Guerre de libération nationale et militant anticolonialiste, Henri Pouillot, a déploré qu’au jour d’aujourd’hui le président de la République et le gouvernement français ne soient « toujours pas prêts » à reconnaitre et condamner tous les crimes d’Etat, de guerre et contre l’humanité commis par la France coloniale en Algérie.

« On voit bien que le président de la République (Emmanuel Macron), le gouvernement, ne sont pas prêts à reconnaitre et condamner tous les crimes d’Etat », a soutenu M. Pouillot, dans un entretien accordé à l’APS, à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale de la Mémoire, coïncidant avec le 76eme anniversaire des massacres du 8 mai 1945, citant notamment « les crimes du 8 mai 1945, du 17 octobre 1961, du 8 février 1962, et les crimes de guerre comme l’utilisation du napalm, du gaz Vx et Sarin et les essais nucléaires ». Lire la suite

Non à la criminalisation des militants indépendantistes en Kanaky Nouvelle-Calédonie

Réunies ce jour à Paris, les associations de solidarité avec le combat du peuple kanak en France ont décidé de lancer un appel aux organisations démocratiques, aux syndicats et aux associations pour dénoncer la justice coloniale en Nouvelle Calédonie et exiger l’abandon des poursuites à l’encontre des militants kanak. Lire la suite

Ce que le Rwanda a (enfin) appris aux historiens…

Ce n’est pas du contenu du rapport Duclert dont il sera ici question, d’autres plus compétents que moi ont fait l’analyse de ses avancées et de ses manquements au plan de la connaissance historique, mais de ce que des historiens interrogés, notamment dans Médiapart le 25 mars 2021, ont admis :

– Premièrement, que les historiens devaient écouter les témoins. Cela semble tomber sous le sens en histoire contemporaine, histoire qu’on pourrait définir précisément comme l’histoire dont il reste des témoins – mais ça ne l’était pas. Il n’y a pas si longtemps on les entendait pour certains (il s’agissait essentiellement d’hommes) dénoncer ce qu’ils appelaient « la dictature du témoignage » [1]. Je me souviens de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, alors présidente de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR), rappelant à l’un d’entre eux, qu’elle était désolée, mais qu’il allait encore devoir attendre un peu pour pouvoir écrire l’histoire comme il l’entendait… Cet historien avait eu l’inélégance de dire devant elle et ses compagnes qu’il en avait assez d’écrire l’histoire avec des témoins contrôlant par-dessus son épaule. En voix off ces mêmes collègues considéraient l’histoire orale, qui commençait à être (tardivement) admise en France, comme un gadget pour… historiennes. Lire la suite

Espagne : Marche pour la Liberté du Peuple Sahraoui

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Suite à l’autorisation de la Délégation du Front Polisario Espagnol, une Marche pour la Liberté du Peuple Sahraoui est organisée par divers collectifs gouvernementaux espagnols. Elle partira le 20 mai de Cadix, et d’autres marches partant de divers endroits en Espagne viendront la rejoindre à Madrid lors du weekend du 18 et 19 juin. L’idée est de parcourir tout le pays et d’attirer l’attention sur la responsabilité historique qu’a le Gouvernement Espagnol, exigeant ainsi qu’il assume la responsabilité qui lui incombe et qu’il résolve enfin le conflit sahraoui.

Cette Marche s’appuie sur un Manifeste, que nous avons repris ci-dessous et que nous vous invitons à signer. Lire la suite

L’actualité de La Commune de Paris et l’altermondialisme

1. La Commune de Paris est un moment d’universel

C’est un moment auquel on revient, qui donne du sens et auquel on redonne un sens. C’est un moment qui crée de l’inattendu et qui révèle des nouveaux possibles, une bifurcation de l’Histoire. Pour le comprendre, il faut revenir à son histoire et à ses conséquences immédiates. On redécouvre à chaque fois sa signification par rapport aux questions nouvelles qui se posent pour construire l’avenir.

Il faut évidemment tenir compte de la situation particulière de la France et de Paris en 1870. Et rappeler l’histoire de cet événement et sa densité spécifique particulière. Pour la comprendre, il faut resituer La Commune de Paris dans la suite des révolutions depuis 1789 et 1793, et puis celles de 1830 et 1848. Il faut aussi la resituer par rapport aux révolutions suivantes ; la révolution soviétique de 1917, la révolution chinoise, la décolonisation, les années 1968, les mouvements des places. La Commune les éclaire, et celles qui la suivent approfondissent son sens et ses apports. Lire la suite

Vous avez dit Vel d’Hiv ? Le 15 mai 1940, un anniversaire oublié !

Ni commémorés, ni célébrés, pas même mentionnés, des événements de notre histoire nationale restent quasi tabous encore aujourd’hui.

Il aura fallu attendre 1995, pour qu’un président de la République reconnaisse la responsabilité de la France dans la rafle des 16 et 17 juillet 1942 qui vit le Vel d’Hiv devenir pour nombre d’entre eux l’antichambre d’Auschwitz. Reconnaissance certainement d’autant plus facilitée que les responsables, les Pétain, les Bousquet et les Laval étaient les « félons » de l’Etat Français, allié aux nazis.

En fait le Vel d’Hiv, deux ans auparavant, avait déjà servi à emprisonner des milliers de personnes. Lire la suite

Abolitions de l’esclavage et mythologie nationale-républicaine

« Prends garde ; leur ignorance et leurs préjugés se font tigres lorsqu’on attaque leurs croyances et leurs idoles car ils prennent les premières pour des vérités et les secondes pour des sauveurs suprêmes. » Anonyme de la Révolution française

« La France a la passion de l’universel. Du Roi-Soleil à sa révolution vécue comme une aurore, elle s’est offerte à l’Europe des souverains et des peuples comme le modèle d’une politique marquée du sceau de la raison. » Pierre Bouretz (2000)

Fidèle à ses contorsions commémorielles, présentées par ses courtisans comme l’une des formes supposément originale du « en même temps » cher au président, Emmanuel Macron célèbrera donc le 10 mai les abolitions de l’esclavage décrétées par la Première puis par la Seconde République. Cinq jours seulement après avoir rendu un hommage national à Napoléon, encensé par l’extrême-droite, la droite, de nombreux responsables politiques et de notoires bateleurs médiatiques auxquels se joint une petite cohorte d’historiens et d’académiciens [1] ; ces derniers apportant aux uns et aux autres le lustre « scientifique » qui leur permet de se présenter comme de fidèles serviteurs de Clio. Lire la suite

Communiqué de l’association « Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre – 4acg »

Les membres de notre association nationale dénoncent vigoureusement et unanimement le texte publié le 21 avril 2021, dans une certaine presse, par 19 généraux en « demi-retraite » et 1 500 officiers en activité.

Les auteurs de ce texte, pourtant encore engagés, pour la grande majorité d’entre eux, par leur contrat de loyauté envers l’Etat, trahissent ainsi clairement leurs missions républicaines. Ils le font en accusant ouvertement les responsables de l’Etat et l’ensemble des citoyens eux-mêmes d’on ne sait exactement quoi, en fait. En prétendant poser un diagnostic sur l’état actuel de la société française, ils font preuve d’une prétention, d’une arrogance même, singulières. Ils utilisent en outre des termes d’une grande violence et d’un immense mépris à l’égard de certains boucs émissaires qu’ils se sont choisis en les montrant du doigt de façon totalement injuste et injustifiée. Lire la suite

Homosexuels et lesbiennes dans l’Europe nazie

Mai 2021 – Février 2022

« Enjeu de mémoire, le destin des « triangles roses » a longtemps été invisibilisé. Cette exposition entend rendre compte, grâce à de nombreux documents originaux, du sort des homosexuels et des lesbiennes sous le régime nazi, entre stigmatisation, persécution et lutte pour la reconnaissance. »

Florence Tamagne, commissaire scientifique de l’exposition Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Lille Spécialiste de l’histoire de l’homosexualité.

En 2021, pour la première fois en France, un musée d’histoire retrace de manière chronologique et thématique l’histoire de la persécution des homosexuels et lesbiennes sous le Troisième Reich en s’appuyant sur une riche sélection de documents pour la plupart jamais présentés en France. Lire la suite

Nous sommes à nouveau le 24 avril. Je veux vous rappeler le génocide arménien

Je ne vais pas vous raconter l’histoire du génocide arménien, car je suppose que vous la connaissez déjà. Vous avez peut-être même lu un livre ou au moins un article ou deux sur un génocide qui a eu lieu il y a 106 ans. Je ne vais pas vous raconter les histoires du génocide, car vous avez peut-être déjà vu les images des « marches de la mort », un peuple entier conduit dans le désert syrien pendant l’été 1915, sous le couvert de la « Grande Guerre », pour y périr de la chaleur, de la faim, de la soif ou des coups de couteau.

Je veux vous rappeler l’extermination des Arméniens, mais rassurez-vous, je n’ai rien à vous demander. Je n’ai aucune faveur à demander. Vos bienveillances ne peuvent en aucune façon m’aider. Lire la suite

Des jeunes en formation condamné∙es pour désertion

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Ghetto de Varsovie : une insurrection au coeur des ténèbres, hommage le 18 et 19 avril

Lorsque les troupes nazies pénètrent dans le ghetto de Varsovie le 19 Avril 1943, afin de le liquider, elles ne s’attendent pas a trouver 750 Juifs et Juives armé·es derrière des barricades, prêt·s à les combattre.

Enfermée et tassée entre des murs et des barbelés depuis novembre 1940, la population du ghetto a déjà chuté de 450 000 à 70 000 personnes en moins de 3 ans, en raison des déportations quotidiennes vers le camp de mise à mort de Treblinka.

L’organisation juive de combat (OJC) qui planifie et organise l’insurrection a été initiée par les mouvements de jeunesse présents dans le ghetto.

Mais c’est tout le ghetto de Varsovie qui se soulève et soutient les 750 combattant·es. Malgré les conditions dramatiques de leur lutte, des milliers de personnes acculées se sont dressées et organisées contre les nazis. Ces femmes et ces hommes se sont aussi battu·e·s pour que leur mémoire nous parvienne et nous inspire dans nos combats actuels.  Lire la suite

Chaque nuit recèle un matin

Il y a de nombreuses façons d’aborder, du coté de l’émancipation (je laisse de coté les contre-révolutionnaires et anti-communard·es divers·es), la Commune de Paris. Je n’en donne que trois dimensions.

Au delà des histoires falsifiées, des mythes et des contes, il est possible de retrouver les flammes de la révolte, les aspirations à maitriser sa vie, les luttes contre les dominations, les possibles non advenus car anéantis par les vainqueurs, les tensions vers des avenirs plus radieux.

Nous pouvons analyser les déclarations et les actes des communard·es et réfléchir aux limites, aux erreurs, telles qu’il était possible de les entrevoir à cette époque.

Enfin, à partir du temps présent, nous pouvons examiner d’autres dimensions, mettre en lumière des possibles bridés, des impasses et des manques. A commencer par cette question à laquelle se heurtent tous les soulèvements populaires : Comment confiner les dominants (nationaux et internationaux) ? Comment résister aux attaques militarisées ? Comment développer une solidarité (internationale et internationale) suffisamment puissante pour arrêter les bras meurtriers des possédants ? Lire la suite