Archives de Catégorie: Colonisation

Pour la souveraineté de Kanaky

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Ni s’incliner ni regarder ailleurs : interroger 

Dans l’introduction, introduction-du-guide-du-bordeaux-colonial-et-et-de-la-metropole-bordelaise/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, les auteurs et autrices indiquent : « Ce Guide prend la question de l’histoire de Bordeaux par le petit bout de la lorgnette, en la braquant sur les noms des rues et autres voies qui ont été retenus pour honorer ceux qui ont contribué à la construction de la France coloniale ».

Des lieux magnifiques construits grâce aux fortunes réalisées dans le commerce colonial, la traite négrière et l’esclavage mais pas seulement, le « parti colonial », la constitution de l’Etat français comme Etat colonial, les luttes des dominé·es, Bordeaux et la constitution de l’empire, la place du commerce du vin en droiture, les noms comme témoins de l’histoire et « de ce rôle assumé par les édiles dans leur dénomination »… Lire la suite

Décolonisation et droit à l’autodétermination

En avant propos, après avoir présenté les orientations et les actions de Survie, l’engagement pour l’autodétermination de la Kanaky, les auteurs/autrices présente la brochure et ses limites, « ce document a pour but de mettre à disposition une information synthétique, que nous pensons pouvoir être utile au mouvement indépendantiste dans sa lutte et dans la construction d’un futur état réellement souverain. Nous nous inscrivons dans une démarche militante et politique, pas dans le domaine de l’expertise technique ou administrative. Nous ne proposons pas ici de solutions ou d’orientations toutes faites, car nous pensons au contraire que seuls les acteurs locaux ont la légitimité, l’expérience et la connaissance du terrain pour construire leur avenir »… Lire la suite

Le code noir, Colbert, la négrophobie d’Etat : le temps des réparations

Monsieur le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux,

Le mardi 23 juin 2020, la statue de Colbert trônant à l’entrée de l’Assemblée nationale a été maculée de peinture rouge, couleur du sang versé par les victimes de l’esclavage négrier perpétré par la France pendant plusieurs siècles dans ses colonies et en Amérique, et taguée de l’inscription « NÉGROPHOBIE D’ÉTAT ».

L’auteur de cette action symbolique, Franco Lollia, porte-parole de la Brigade Anti Négrophobie et Guy Florentin avocat, expliquent :

Les Nostalgiques du régime esclavagiste du Sud des États-Unis défendent les statues des généraux confédérés « séparatistes » qui ont combattu l’Union pour maintenir l’esclavage des Noirs.

L’État français et les nostalgiques du temps béni des colonies défendent la statue de Colbert « séparatiste en chef », créateur du Code Noir promulgué en 1685 qui a évacué l’homme noir du genre humain : « déclarons les esclaves être meubles » (article 44). Lire la suite

Introduction au Guide du Soissons colonial

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

A la mémoire des tirailleurs marocains, sacrifiés dans la bataille de Crouy (1915), pour permettre le repli de l’armée française sur l’autre rive de l’Aisne, après une offensive désastreuse ;

A la mémoire des tirailleurs sénégalais sacrifiés inutilement dans la bataille du Chemin des Dames (1917), enterrés, pour la plupart, dans des fosses communes des cimetières militaires du Soissonnais ;

A la mémoire des Indochinois oubliés, qui ont déminé la ville des Soissons en 1919 et dont les tombes portent la mention étrange « mort pour la France ».

Introduction

Quel lien entre Soissons et les colonies ? La colonisation n’est-elle pas très lointain, dans cette ville qui ne s’est pas enrichie, ou si peu, dans l’aventure coloniale ? Lire la suite

Face aux crimes passés des puissances coloniales européennes et au néo colonialisme européen, des réparations s’imposent

Phase 2 du projet ReCommonsEurope : « L’impact des politiques financières européennes et des stratégies de coopération au développement sur le Sud et les alternatives possibles »

Grâce aux mobilisations Black Lives Matter qui ont lieu en 2020 à l’échelle internationale contre le racisme en général, et la négrophobie en particulier, de plus en plus de personnes cherchent à connaître la vérité sur le passé ténébreux des puissances coloniales et la continuité néo-coloniale dans les temps présents. Des statues de personnages emblématiques du colonialisme européen sont déboulonnées ou font l’objet de dénonciations salutaires. Il en va de même avec des statues de personnages qui, aux États-Unis, symbolisent l’esclavage et le racisme. ReCommonsEurope se réjouit de toutes les initiatives et actions qui visent à dénoncer les crimes coloniaux, cherchent à établir la vérité sur les atrocités passées, mettent en évidence les instruments du néo-colonialisme et toutes les formes de résistance du passé jusqu’à aujourd’hui, demandent des réparations et exigent la fin de toutes les formes de discrimination à l’égard des peuples victimes du colonialisme et du néo-colonialisme. Lire la suite

Décolonisons l’espace public !

Un mouvement d’ampleur mondiale exige une décolonisation de l’espace public. De l’Afrique du Sud à Paris, de la Colombie à Lille, des USA à Nantes, de la Martinique à Bordeaux, etc., la planète entière voit se développer des mobilisations pour que cessent les valorisations et mises à l’honneur d’esclavagistes, de massacreurs coloniaux et d’idéologues et théoriciens racistes. Honorés par des statues ou des noms de voies publiques et d’écoles, ces symboles de plus de quatre siècles d’esclavage et d’un siècle et demi de colonisation, constituent une véritable insulte au peuple français en général et aux citoyennes et citoyens issus de ces peuples meurtris par l’esclavage et la colonisation. Ce mouvement est une bonne nouvelle pour tous les partisans de l’égalité. Il doit être soutenu et amplifié pour rendre incontournable la décolonisation, non seulement des espaces publics mais aussi des imaginaires collectifs et de l’histoire officielle. Lire la suite

Louis-Georges Tin : « Comment faire France lorsque les héros des uns sont les bourreaux des autres ? 

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans son allocution télévisée du 14 juin, Emmanuel Macron l’a affirmé : « La République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue»

Le propos d’Emmanuel Macron constitue une double faute. Sur le fond, cette réponse tente de figer la France dans le statu quo, en faisant abstraction du débat national et international. Or, depuis trois ans, le CRAN a posé le problème. Tout récemment, Jean-Marc Ayrault lui-même, ancien Premier Ministre, et aujourd’hui président de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage, déclarait : « Comment comprendre que dans les locaux de l’Assemblée nationale, une salle porte encore le nom de Colbert ? » Or le président a répondu à cette requête en parlant de « séparatisme » : les mots sont forts, mais oui, s’il s’agit de se séparer de Colbert et de l’esclavagisme, oui, nous sommes « séparatistes ». C’est cela la République, et les droits de l’homme. Lire la suite

Dordogne : « Il faut ranger Bugeaud au musée »

TRIBUNE LIBRE – Des Périgourdins plaident pour le retrait des statues du maréchal périgourdin en raison de son action en Algérie.

Si nombre de Périgourdins, élus mais aussi Betty Wieder, la présidente de la section périgourdine de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), n’estiment pas nécessaire de « déboulonner » les statues de Bugeaud érigées à Périgueux et Excideuil, d’autres ont décidé de plaider le contraire. « Sud Ouest » publie leur tribune libre pour contribuer au débat.

« L’assassinat raciste de George Floyd a relancé aux États-Unis mais aussi en Europe la question des anciens esclavagistes et autres colonisateurs honorés par des noms de rues et/ou des statues. À Périgueux comme à Excideuil, l’honneur fait au maréchal Bugeaud doit être mis en question. Il faudrait, nous dit-on, donner la parole aux historiens ? Ils l’ont prise et les faits sont établis.  Lire la suite

Patrick Chamoiseau : CONTRE LES STATUES : LES TRACES-MÉMOIRES

Nos monuments demeurent comme des douleurs.

Ils témoignent de douleurs.

Ils conservent des douleurs.

Ce sont le plus souvent des édifices produits par la trajectoire coloniale : forts, églises, chapelles, moulins, cachots, bâtiments d’exploitation de l’activité esclavagiste sucrière, structures d’implantation militaire… Les statues et les plaques de marbre célèbrent découvreurs et conquistadores, gouverneurs et grands administrateurs. En Guyane, comme aux Antilles, ces édifices ne suscitent pas d’écho affectif particulier ; s’ils témoignent des colons européens, ils ne témoignent pas des autres populations (Amérindiennes, esclaves africains, immigrants hindous, syro-libanais, chinois…) qui, précipitées sur ces terres coloniales, ont dû trouver moyen, d’abord de survivre, puis de vivre ensemble, jusqu’à produire une entité culturelle et identitaire originale. Lire la suite

Rues, monuments et crimes coloniaux à Marseille

Dans le monde, dans chaque ville marquée par des symboles du racisme et du colonialisme on déboulonne les statues et on débaptise les rues. Marseille est une ville coloniale qui regorge de tels symboles. Ville coloniale déchue, dirigée depuis longtemps par une bourgeoisie mercantile, affairiste, mafieuse, imprévoyante et irresponsable. Elle en porte toujours les stigmates : monuments, noms de rue, parcs, façades d’immeubles, de compagnies maritimes, de banques coloniales… qui témoignent des « splendeurs » passées de l’empire colonial mais aussi plus directement des crimes coloniaux. Lire la suite

Ne pas oublier ceux qui désobéirent, qui osèrent dire NON

« Honneur à vous, les insoumis, les déserteurs, les objecteurs, les réfractaires qui avez eu le courage de « résister », de dire non, à la pacification, à la torture, aux répressions, aux camps d’internement, le courage de « désobéir aux ordres », à la loi même, aux violations des droits de l’homme, droits individuels et collectifs, droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple algérien ». Jean-Jacques de Félice commence ainsi sa préface L’honneur des réfractaires. Lire la suite

Les guenilles colonialistes accrochées à nos écoles

Dans Premières notions de zoologie, classe de huitième (Masson, 1882), on apprend que « la race intelligente entre toutes, celle qui envahit et tend à détruire ou à subjuguer les autres, c’est celle à laquelle nous appartenons, c’est la race blanche ». Dans La Deuxième année d’enseignement scientifique (Armand Colin, 1887), Paul Bert écrit : « Les Nègres […] ont la peau noire, les cheveux frisés comme de la laine, les mâchoires en avant, le nez épaté ; ils sont bien moins intelligents que les Chinois, et surtout que les Blancs […]. Il faut bien voir que les Blancs étant plus intelligents, plus travailleurs aussi, plus courageux que les autres, ont envahi le monde entier et menacent de détruire ou de subjuguer toutes les races inférieures. Et il y a de ces hommes qui sont vraiment inférieurs.»

Dans un discours prononcé le 28 juillet 1885, Jules Ferry justifie la colonisation en ces termes : « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. […] Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. […] Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation » Lire la suite

L’état français cherche-t-il à s’affranchir de l’accord de Nouméa ?

Le 11 juin 2020

Communiqué de presse

Indépendance de Kanaky-Nouvelle Calédonie

Alors que la deuxième consultation sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté approche, le collectif Solidarité Kanaky dénonce la violation par l’État de ses engagements en tant que signataire de l’Accord de Nouméa1. Plusieurs mesures prises pendant la crise sanitaire viennent s’ajouter aux signaux nombreux et répétés indiquant une volonté de neutraliser le processus de décolonisation du territoire. Lire la suite

Une couverture légale à une exploitation et une violence totale

La brochure est composé de plusieurs textes.

Joy Banerjee, réalisateur du documentaire La Colère d’Abady indique « Je ne connaissais pas jusque-là cette histoire de l’engagisme ». Il parle de son projet et revient sur des points d’histoire, « à partir de 1848 et l’abolition de l’esclavage en France, les propriétaires des plantations de canne à sucre ont voulu remplacer à grande échelle les esclaves désormais affranchis, dont plus de 3 000 Indiens, qui travaillaient jusque-là dans les champs et les usines », une « migration » de près de 120 000 entre 1828 et 1861. L’auteur aborde, entre autres, la concurrence mémorielle, la responsabilité de l’Inde et « son système de castes coupable d’avoir favorisé l’exode des engagés », de la plainte d’Abady Egata-Patché contre l’Etat français pour « crime contre l’humanité »… Lire la suite

Interrogations sur une dimension spécifique d’un programme scolaire

En introduction, Laurence De Cock parle, entre autres, des débats sur le passé colonial, des tensions identitaires, de l’école, « En France, l’école est l’un des objets privilégiés de controverse. L’enseignement de l’histoire y occupe en outre une place telle que les débats autour des contenus d’enseignement y sont réguliers et tendus, nous le verrons en détail », des espaces politiques et des programmes, « Nous touchons ici du doigt l’objet de ce travail, qui consiste à interroger cette progressive problématisation et politisation d’un contenu scolaire devenu l’un des révélateurs des tensions entre l’école, la société, la République et la nation »… Lire la suite

Mayotte et la pandémie, ou l’increvable logique du « bouc émissaire »

La situation sanitaire à Mayotte est préoccupante. On le sait, et l’on craignait, depuis le début de la pandémie, l’arrivée du virus sur ce petit territoire, anticipant la catastrophe possible qu’elle constituerait. Les raisons de cette crainte sont bien connues : une population très concentrée dans certains quartiers, une grande pauvreté pour beaucoup (renforcée par la situation de confinement), avec le côté précaire des habitations qui l’accompagne (et l’impossibilité d’y rester durablement confiné), le sous-équipement sanitaire de l’île (en médecins de ville et en structures hospitalières, etc.). Aujourd’hui, Mayotte reste le seul territoire en France à demeurer confiné, du fait de l’augmentation récente du nombre de cas officiellement recensés, témoignant d’une circulation très active du virus. Le 10 mai, on dénombrait 11 décès liés au Covid-19, 46 personnes hospitalisées, dont 9 en réanimation, et le pic épidémique serait attendu aux alentours du 20 mai [1]. Or, au milieu de toutes ces difficultés, certains trouvent encore le moyen de faire porter l’essentiel de la responsabilité de cette situation, non pas sur l’Etat français, dont l’incurie est pourtant évidente, mais bien, à nouveau, sur ceux qu’ils appellent les « clandestins ». Lire la suite

Solidarité Kanaky – Bulletin n°6 (mai 2020)- et – Lettre ouverte aux Citoyens Calédoniens

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Introduction du Guide du Bordeaux colonial et de la métropole bordelaise

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le livre que vous avez entre les mains est d’un genre particulier. Il n’est pas le plus complet pour aider à la visite des lieux les plus magnifiques de cette ville construits grâce aux fortunes réalisées dans le commerce- colonial. Il ne vous propose pas un parcours (probablement à imaginer) de tous les restaurants où des spécialités gastronomiques en provenance de l’Empire- sont servies. Cet ouvrage n’est pas non plus un ouvrage théorique sur le colonialisme, ni dans sa période de construction esclavagiste, ni dans la période de la république impériale, ni dans la période dite improprement postcoloniale.

Ce Guide prend la question de l’histoire de Bordeaux par le petit bout de la lorgnette, en la braquant sur les noms des rues et autres voies qui ont été retenus pour honorer ceux qui ont contribué à la construction de la France coloniale. Lire la suite

8 mai 1945 en France et en Algérie : mythologie nationale versus histoire coloniale (plus communiqué du MRAP)

« C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme. » Kateb Yacine

« L’histoire n’est pas le passé. C’est le présent. Nous portons notre histoire avec nous. Nous sommes” notre histoire. » James Baldwin

À la mémoire de Nicole Dreyfus, infatigable avocate qui a constamment lutté pour la reconnaissance des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata comme crimes contre l’humanité. Lire la suite