Archives de Catégorie: Colonisation

Columbus Day, le Jour de Christophe Colomb : une occasion d’enjoliver la cupidité, l’esclavage et le génocide

Le jour de Christophe Colomb [jour férié célébré le deuxième lundi d’octobre aux USA] est depuis longtemps un symbole patriotique pour les États-Unis d’Amérique. Colomb a donné son nom à plus de lieux que tout autre personnage de l’histoire des USA, sauf George Washington, on a vanté ses grandes qualités d’explorateur – on l’a décrit comme courageux, résolu, et victorieux. Si Colomb est un tel héros dans l’imaginaire US-américain, un ancêtre extrêmement important, l’USAmerique doit, le jour où elle le célèbre, se rappeler l’ensemble de l’héritage qu’il nous a légué : Ce déferlement d’arrogance, de cupidité et de violence. Lire la suite

17 octobre 1961 – 17 octobre 2018 : 57ème Anniversaire – Vérité et Justice

17 octobre 1961 – 17 octobre 2018

57ème Anniversaire – Vérité et Justice

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police. Lire la suite

L’œuvre négative du néocolonialisme français et Européen en Afrique. La francophonie

La diffusion de la langue française en Afrique est partie intégrante du projet colonial. Elle fait partie intégrante de l’ « œuvre civilisatrice » que prétendait apporter le colonialisme. La civilisation est, en effet, entendue dans le projet colonial, comme l’extraction de l’homme africain de ses cultures « barbares » pour le faire entrer dans l’histoire et dans la civilisation par l’assimilation. Les indépendances africaines de la décennie 60 voient ainsi arrivées au pouvoir des « élites » francophones dans des pays où les cultures et langues maternelles ont été asphyxiées quand elles n’ont pas été réduites à du folklore. Ce qui s’appelle déjà dès l’ère coloniale « francophonie » s’impose rapidement comme politique publique de maintien de la dépendance des élites et d’aliénation des masses populaires africaines.

Lire la suite

Affaire Maurice Audin. Déclaration à l’APS

Si la déclaration d’Emmanuel Macron, au sujet de l’arrestation, de la torture et de la disparition de Maurice Audin, est un immense pas pour la famille, et pour toutes celles et tous ceux qui, depuis cet événement, se sont mobilisés pour que le crime perpétré ce jour-là soit enfin reconnu par les plus hautes autorités de l’Etat, beaucoup d’autres devront être effectués pour que l’ensemble des crimes coloniaux soient qualifiés comme ils devraient l’être. Sur ce point, le président de la République et ses conseillers demeurent très en-deçà de ce qui aurait dû être déclaré. En effet, si E. Macron avait estimé, lors d’un déplacement à Alger en tant que candidat à l’élection présidentielle, que la « colonisation avait été un crime contre l’humanité » il s’est bien gardé de réitérer ses propos à cette occasion alors que les faits visés ressortissent bien à ce type de qualification. Rappelons donc au chef de l’Etat, l’article 212-1 du Code pénal français : sont considérés comme des crimes contre l’humanité, « la déportation (…) ou la pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition, la torture ou d’actes inhumains inspirés par des motifs politiques (…) organisés en vertu d’un plan concerté à l’encontre d’une population civile. » Pour ménager les militaires, la droite et l’extrême-droite, et sans doute aussi, une partie de son électorat, peut-être aussi pour éviter des procédures judiciaires, cette qualification n’a donc pas été employée alors qu’elle est parfaitement adéquate aux pratiques de l’armée française pendant la guerre d’Algérie et aux crimes commis antérieurement à partir du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, puis en Indochine, à Madagascar en 1947 et le 17 octobre 1961 à Paris. De ce point de vue, la déclaration du chef de l’Etat ne saurait satisfaire celles et ceux qui exigent, parfois depuis des décennies, que ces massacres soient reconnus par les plus hautes autorités de l’Etat.  Lire la suite

13 septembre 2018 : Un événement considérable. La reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin et du caractère systématique de la torture en Algérie

De l’assassinat à l’« affaire Audin »

Le 11 juin 1957, dans le contexte de la « Bataille d’Alger », Maurice Audin, jeune enseignant de mathématiques à l’université d’Alger et par ailleurs militant du PC algérien engagé dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, est arrêté dans la nuit à son domicile par les parachutistes. Henri Alleg, directeur d’Algerrépublicain, est également arrêté le lendemain au domicile des Audin qu’il venait prévenir. Torturé il écrira plus tard « La Question »). On ne reverra plus Maurice Audin. Alors que le directeur des cabinets du ministre Lacoste avait assuré Josette Audin qu’il était en bonne santé, le 1er juillet l’armée informe sa femme qu’il s’est évadé le 21 juin au soir au cours d’un transfert et que des rafales ont été tirées dans sa direction. Bref il aurait disparu sans laisser de traces ! Lire la suite

A propos de la prise de position sur l’Affaire Audin

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Le président de la République, Emmanuel Macron, vient de déclarer que le mathématicien Maurice Audin, militant communiste en Algérie qui avait disparu en juin 1957, a été enlevé, séquestré, torturé, puis exécuté. Il a expliqué que cet acte avait été rendu possible par l’existence d’un système légalement institué : « Le système arrestation-détention, mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période. » Lire la suite

Meeting de solidarité pour l’indépendance de la Kanaky

Mercredi 19 septembre 2018. 

Soutenons le droit à l’indépendance de la Kanaky
contre le colonialisme et le racisme.

Depuis plus de 160 ans le peuple Kanak est colonisé par la France, qui a perpétré contre lui d’innombrables massacres. Il n’a cessé depuis de se battre pour redevenir un peuple libre et maître de son destin. Les formes de la résistance ont varié mais celle-ci n’a jamais cessé : des insurrections de 1878 à celle de 1917, du refus de la conscription lors de la première guerre mondiale à l’occupation de la grotte d’Ouvéa en 1988, des manifestations pacifiques aux occupations de mairies ou d’autres édifices publics. Pour le peuple Kanak la colonisation c’est la spoliation des terres, la mise en minorité organisée sur sa propre terre, et une situation où dans tous les domaines – salaires, emploi, niveau de vie, logement, santé, éducation… – les Kanak subissent oppression et exploitation, racisme et discriminations. Lire la suite