Archives de Catégorie: Colonisation

Tunisie : Mémorandum pour exiger l’annulation de la dette tunisienne à l’égard de la France

Nous publions un document d’une très grande valeur dont devraient s’inspirer de nombreux États. En 24 pages captivantes est résumée l’histoire des relations entre la France et la Tunisie depuis le début du 19e siècle jusqu’à aujourd’hui. Lire la suite

Déclaration de Roch Wamytan, Président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Session du Comité spécial de décolonisation – New York – Nations Unies (27 juin 2019)

Madame la présidente H.E Ms Keisha Aniya McGuire, permettez tout d’abord vous féliciter pour votre élection et vous remercier de me permettre de m’adresser une nouvelle fois au Comité spécial de décolonisation que vous présidez.

Depuis la dernière session du Comité de décolonisation en juin 2018, la Nouvelle-Calédonie a vécu deux échéances électorales importantes pour l’avenir du pays.

Le 4 novembre 2018, lors de la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, la population calédonienne inscrite sur la liste électorale spéciale pour la consultation s’est prononcée à 43% pour l’indépendance, contrairement aux pronostics des sondages qui n’annonçaient pas plus de 20 à 30% pour l’indépendance. Lire la suite

Solidarité Kanaky – bulletin n°1

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Système et mécanismes de dépendance

« La série d’articles qui compose cet ouvrage tente de synthétiser pour chaque colonie française les raisons et mécanismes de cette mise en dépendance d’une part, et de résumer les outils et processus du néocolonialisme français en Afrique d’autre part. »

Dans son introduction, introduction-a-louvrage-de-said-bouamama-planter-du-blanc/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions SyllepseSaïd Bouamama parle, entre autres, de la Kanaky et de l’horizon d’une indépendance nationale, de la réalité vivante du colonialisme français, du Cfa comme monnaie coloniale, des formes historiques de la mise en dépendance, de l’age préhistorique du capitalisme (en complément possible, Alain Bihr : 1415 – 1763. Le premier âge du capitalisme.T1 : L’expansion européennedes-elements-cles-du-devenir-monde-du-capitalisme/), de la mise en contact de toutes les parties du monde, de « l’expropriation de la paysannerie européenne et le pillage des civilisations des Amériques (mais aussi du Bengale) », du génocide des populations amérindiennes, des traductions coloniales concernant l’Etat français, « Concernant la France, la traduction coloniale de cette ère de l’accumulation primitive prend la forme de ce qui est appelé « premier espace colonial français » ou « vieilles colonies ». Tous les territoires encore aujourd’hui colonisés par la République française appartiennent à cet espace. Toutes les caractéristiques décrites plus haut se retrouvent dans l’histoire de ces nations : génocide des peuples indigènes, pillage rendant possible l’accumulation primitive et réunissant les conditions de l’industrialisation de l’Hexagone, traite négrière, etc. », du racisme biologique… Lire la suite

Le Manifeste de l’O.J.A.M (1962)

Placardé en Martinique les 23 et 24 décembre 1962

En décembre 1959, 3 fils de la Martinique, BETZI, MARAJO, ROSILE, tombaient victimes des coups du colonialisme français. Ce sacrifice montra à la jeunesse de notre pays la voie de l’émancipation, de la fierté, de la dignité.

Depuis, notre peuple, si longtemps plongé dans les ténèbres de l’histoire, offre une résistance de plus en plus grande à l’oppression coloniale. Mais le colonialisme français, suivant ses intérêts, accentue chaque jour son potentiel répressif, voulant ainsi maintenir notre peuple sous le joug colonial. Lire la suite

Après l’abolition de l’esclavage… l’esclavage toujours

Lundi 1er mars 1880. Discours du ministre de la Marine et des Colonies, l’amiral Jauréguiberry, au Sénat. « Des possessions, en nombre assez considérable, sont venues augmenter celles que nous avions déjà. (…) Dans toutes ces annexions, on s’est formellement engagé à respecter (…) les traditions de toutes ces tribus et, dans ces traditions, figure au premier rang, ce qu’on appelle l’esclavage, mais qui n’est, pour parler plus exactement, qu’une espèce de servage héréditaire. Les individus qui font partie de cette classe de la population constituent toute la domesticité, tous les ouvriers, laboureurs compris. » De « vifs applaudissements », venus de « tous les bancs » de la haute assemblée, saluent ces propos. Précieuse indication. Elle révèle une adhésion enthousiaste des sénateurs à la politique coloniale qui vient d’être défendue et à ses conséquences particulières : le maintien l’esclavage domestique. Lire la suite

Introduction à l’ouvrage de Saïd Bouamama : « PLANTER du BLANC » :

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

« Je le répète : le colonialisme n’est point mort. Il excelle pour se survivre, à renouveler ses formes ; après les temps brutaux de la politique de domination, on a vu les temps plus hypocrites, mais non moins néfastes, de la politique dite d’Association ou d’Union. Maintenant, nous assistons à la politique dite d’intégration, celle qui se donne pour but la constitution de l’Eurafrique. Mais de quelque masque que s’affuble le colonialisme, il reste nocif. Pour ne parler que de sa dernière trouvaille, l’Eurafrique, il est clair que ce serait la substitution au vieux colonialisme national d’un nouveau colonialisme plus virulent encore, un colonialisme international, dont le soldat allemand serait le gendarme vigilant », Aimé Césaire1.

Le référendum de novembre  2018 en Kanaky est venu rappeler que le colonialisme français était encore une réalité vivante. Le résultat, qui reflète l’état d’un rapport de forces à un moment donné, souligne que pour la grande majorité des Kanak, leur pays reste une colonie qu’il convient de libérer par l’horizon d’une indépendance nationale. Si dans d’autres colonies françaises, euphémiquement appelées DROM (départements et régions d’outre-mer) et TOM (territoires d’outre-mer), une telle majorité n’existe pas encore, un simple regard sur les économies permet de conclure au maintien du rapport colonial entre l’Hexagone et cet Outre-mer. De la même façon, les manifestations publiques contre la monnaie coloniale qu’est le franc CFA dans une dizaine de pays africains en 2018 mettent en exergue que derrière le discours de la « coopération » se cache une autre forme de la dépendance, le néocolonialisme. En dépit des professions de foi de chaque nouveau Président de la République française sur la fin de la Françafrique, les pancartes et slogans des manifestants indiquent une nouvelle prise de conscience anticolonialiste. Colonialisme et néocolonialisme ne sont, selon nous, que deux formes historiquement datées de la mise en dépendance. Ils s’inscrivent dans une histoire dans laquelle la première forme a été majoritaire pendant toute une période, avant de céder ce caractère majoritaire à la seconde sous les coups de boutoir des luttes populaires et des rapports de force mondiaux. La série d’articles qui compose cet ouvrage tente de synthétiser pour chaque colonie française les raisons et mécanismes de cette mise en dépendance d’une part, et de résumer les outils et processus du néocolonialisme français en Afrique d’autre part. Comme le souligne Césaire dans la citation qui ouvre ce texte, il est essentiel de saisir les invariants de la mise en dépendance au-delà de la mutation de ses formes. Lire la suite