Archives de Catégorie: Colonisation

Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie

Un mouvement très important se développe en France, et il est nécessaire que l’opinion française et internationale en soit mieux informée, au moment où le nouveau tournant de la guerre d’Algérie doit nous conduire à voir, non à oublier, la profondeur de la crise qui s’est ouverte il y a six ans.

De plus en plus nombreux, des Français sont poursuivis, emprisonnés, condamnés, pour s’être refusés à participer à cette guerre ou pour être venus en aide aux combattants algériens. Dénaturées par leurs adversaires, mais aussi édulcorées par ceux-là mêmes qui auraient le devoir de les défendre, leurs raisons restent généralement incomprises. Il est pourtant insuffisant de dire que cette résistance aux pouvoirs publics est respectable. Protestation d’hommes atteints dans leur honneur et dans la juste idée qu’ils se font de la vérité, elle a une signification qui dépasse les circonstances dans lesquelles elle s’est affirmée et qu’il importe de ressaisir, quelle que soit l’issue des évènements.

Pour les Algériens, la lutte, poursuivie, soit par des moyens militaires, soit par des moyens diplomatiques, ne comporte aucune équivoque. C’est une guerre d’indépendance nationale. Mais, pour les Français, quelle en est la nature ? Ce n’est pas une guerre étrangère. Jamais le territoire de la France n’a été menacé. Il y a plus : elle est menée contre des hommes que l’État affecte de considérer comme français, mais qui, eux, luttent précisément pour cesser de l’être. Il ne suffirait même pas de dire qu’il s’agit d’une guerre de conquête, guerre impérialiste, accompagnée par surcroît de racisme. Il y a de cela dans toute guerre, et l’équivoque persiste. Lire la suite

Solidarité Kanaky : Numéro 4 – Novembre 2019

Sommaire : Referendum : le 6 septembre 2020 – Les retours financiers vers la France – Des nouvelles des fédérations de l’USTKE

Referendum : ce sera le 6 septembre

Dans le précédent numéro, publié au lendemain du dernier Comité des signataires, nous indiquions que le referendum aurait lieu soit le 28 août, soit le 6 septembre. Ce sera donc le 6 septembre. Outre notre bulletin n°3, La voix de Kanaky1 n°15 revient en détail sur cette échéance.

Les retours financiers (connus) vers la France

La droite nous serine sans cesse sur les 150 milliards de « cadeaux » annuels de la France. Nous, nous faisons le compte, mais à rebours : ce qui retourne en France ; Et ce n’est pas facile car, bien sûr, c’est fait plutôt discrètement. Nous avions déjà retracé dans nos colonnes les 20 milliards de cotisation retraite qui retournent en France, chaque année, car nous payons 28 milliards pour n’encaisser que 8 milliards. Toujours pas réglé, bien sûr. Dernier « aveu inavouable » en date : le scandale, vite étouffé, sur la Contribution calédonienne de solidarité, la CCS. Problème toujours pas réglé non plus : nos amis de l’Avenir en confiance (AEC2) étant très proches de tous ces profiteurs, ont tendance à botter en touche. De quoi s’agit-il ? Lire la suite

L’islamophobie savante parée des atours de la recherche érudite

Février 1862, Collège de France, des caractérisations de l’Orient musulman et de l’islam, « Contribution significative, mais peu originale en fait, apportée par ce professeur à l’invention d’un Orient islamisé réputé par nature obscurantiste, hostile au progrès et ennemi d’un Occident pensé comme l’unique moteur de l’histoire universelle », l’apologie d’une civilisation et de sa supériorité qui « l’autorise à soumettre les peuples et les races arriérées pour les soustraire à leur stagnation multiséculaire »… Lire la suite

« L’islamophobie savante de la fin du XIXe siècle peut s’analyser comme une forme spécifique de racisme »

L’ouvrage Ennemis mortels. Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale paraîtra le 17 octobre aux éditions La Découverte. En avant-première, son auteur nous en parle.

– Quelle est la place de ce nouveau livre dans la continuité des précédents ouvrages que vous avez consacrés à la colonisation ?

Après avoir consacré plusieurs ouvrages à ceux qui étaient appelés avec mépris les « indigènes », il m’a semblé indispensable de poursuivre mes recherches en accordant une place essentielle à la variable religieuse, comme on pourrait l’écrire aujourd’hui. Lire la suite

Un Caillou dans la chaussure coloniale !


Cinquante ans après la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, le pasteur protestant et ethnologue Maurice Leenhardt débarque en 1902 sur le Caillou. Le maire de Nouméa lui demande : « Que venez-vous faire ici ? Dans dix ans il n’y aura plus un seul Kanak ! »  En effet d’une population estimée à environ 55 000 individus en 1853, il n’en reste que la moitié, 27 000 ! Et le pouvoir colonial escomptait que la question kanak « se règle d’elle-même », enfin pas vraiment sur fond de massacres, de maladies, de désespoirs. A l’époque des « événements » des années 80, la nation kanak comptait environ 60 000 âmes ; aujourd’hui elle compte plus de 100 000 personnes, et fières de l’être, quelle victoire en soi !
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Vers la fin d’un colonialisme français : soutien à l’émancipation du peuple kanak

«Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre·1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. […] La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak qu’elle a privé de son identité. […] Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté. […] La décolonisation est le moyen de refonder un lien social durable entre les communautés qui vivent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, en permettant au peuple kanak d’établir avec la France des relations nouvelles correspondant aux réalités de notre temps.·» Accord de Nouméa, 5 mai 1998.

Depuis la signature de ce texte il y a vingt ans, la Nouvelle-Calédonie est entrée dans un processus de décolonisation progressif dont le seul terme envisagé est l’accession du pays à l’indépendance et à la pleine souveraineté. Lire la suite

Tunisie : Mémorandum pour exiger l’annulation de la dette tunisienne à l’égard de la France

Nous publions un document d’une très grande valeur dont devraient s’inspirer de nombreux États. En 24 pages captivantes est résumée l’histoire des relations entre la France et la Tunisie depuis le début du 19e siècle jusqu’à aujourd’hui. Lire la suite