Archives de Catégorie: Colonisation

Gilles Manceron, historien, à propos des événements d’octobre 1961 : « Les autorités françaises reconnaîtront un jour le crime d’état »

Gilles Manceron est un historien qui s’est investi, depuis des décennies, dans l’histoire coloniale de la France. Il est l’auteur de nombreux ouvrages qu’il a consacrés à cette thématique, dont celle des massacres du 17 Octobre 1961 à Paris. C’est aussi un militant très engagé en faveur des droits de l’homme.

Liberté : le président français, Emmanuel Macron, très attendu sur la question des massacres du 17 Octobre 1961, dont on vient de commémorer le soixantième anniversaire, n’a fait qu’une déclaration a minima. Quelle est votre réaction en tant qu’historien ?

Gilles Manceron : Effectivement vous avez raison de qualifier cette déclaration de « minima », parce qu’il fait un petit pas de plus, en utilisant le mot « crime » pour désigner cette nuit et cette période du 17 Octobre 61. Mais il ne qualifie pas le crime. Il ne dit pas que c’est un crime d’État. Pourtant, c’est la demande des associations qui, dans leur appel, avaient souligné ce fait, qui avaient demandé à ce que ce crime soit reconnu en tant que crime d’État. Et là, ce n’est pas ce qu’il a fait. Il a simplement nommé le préfet de police de la Seine, Maurice Papon, dont on sait qu’il a, effectivement, joué un rôle important dans cette répression. Mais il n’est pas le seul. Il nous dit en quelque sorte que c’est un crime préfectoral, un crime de préfecture et non pas d’État. Lire la suite

Crimes coloniaux : les experts recommandent à l’état belge d’indemniser (plus Communiqué CADTM Belgique)

« Envisager le paiement d’une dette coloniale pécuniaire face à la responsabilité morale de la Belgique ». Voilà l’une des recommandations fortes du rapport des experts, publié ce 27 octobre. Depuis un an, ces dix historiens, juristes ou politologues œuvraient à donner, aux députés membres de la Commission spéciale sur le passé colonial, un état des lieux des connaissances. D’autres pistes sont évoquées, dont la restitution d’objets pillés. Lire la suite

Conférence de presse du Collectif 17Oct61. Déclaration à la presse de Monique Dental

J’interviens ici à double titre :

  • En tant que militante féministe, fondatrice et animatrice du RF « Ruptures »

  • En tant qu’ancienne militante du Parti Socialiste Unifié, membre de l’ITS (Institut Tribune Socialiste, histoire et actualité des idées du PSU) mandatée par Bernard Ravenel son président.

On me pose souvent la question : pourquoi votre association féministe est-elle signataire de l’appel du Collectif 17oct61 ?

Je répondrai succinctement sur ce point : parce qu’il existe une similitude de condition dans l’oppression et la domination que vivent les femmes et les colonisé.es qui s’origine dans l’histoire. Lire la suite

Les harkis (deux textes)

La responsabilité de Salan, Challe et consorts

Peu de mots, un demi-siècle après l’indépendance des colonies, ont autant de charge émotive que le mot harki et charrient autant de confusions. Le terme renvoie à deux réalités. On l’emploie, d’une part, de manière générique pour désigner les multiples catégories de ruraux algériens utilisés par l’armée française durant la guerre d’Algérie comme auxiliaires dans diverses tâches pour contrôler les populations autochtones et combattre les indépendantistes. Il désigne, d’autre part, le groupe social constitué en France par les personnes réfugiées au lendemain de l’indépendance algérienne, dont les deux tiers étaient des femmes et des enfants, pour fuir des massacres dont leurs familles étaient l’objet, groupe social qui s’est étendu à leurs enfants et petits-enfants. On constate aussi que les supplétifs de la guerre d’Algérie sont souvent confondus avec les appelés algériens de l’armée française qui étaient des militaires et que celle-ci comptabilisait dans une catégorie particulière, les « appelés FSNA » (Français de souche nord-africaine), distincte des « appelés FSE » (Français de souche européenne).

Les supplétifs étaient quant à eux des civils. Si la loi en vigueur depuis 1912 soumettait en principe les autochtones algériens au même service militaire que les Européens d’Algérie et que les jeunes de métropole, l’armée française, en dehors des périodes où elle avait besoin d’hommes pour les guerres en Europe (1914-18, 1939-40 et 1943-45), n’incorporait comme appelés parmi ces autochtones qu’une petite partie des classes d’âge concernées. Comme les autorités locales, elle ne voulait que leur soit généralisé l’apprentissage des armes. Plusieurs des initiateurs de l’insurrection lancée par le FLN (Front de libération nationale) et de l’ALN (Armée de libération nationale), comme Ahmed Ben Bella, Mostefa Ben Boulaïd et Krim Belkacem, étaient d’anciens appelés algériens de 1943-45, décorés, et nombre de maquisards durant la guerre étaient des anciens combattants de l’armée française. En 1957, 19% seulement des autochtones convoqués au conseil de révision ont été incorporés, et leur nombre n’a que peu progressé en 1959. Si les hommes enrôlés comme supplétifs avaient été incorporés à l’armée comme appelés, la question de leur transfert en France en 1962 ou de leur abandon sur place ne se serait pas posée. Ils auraient suivi le repli de tous les militaires français, appelés et engagés, vers la métropole. Ce sont les responsables de l’armée coloniale qui n’ont pas voulu leur donner ce statut. Lire la suite

Massacres du 17 octobre 1961 : « Il s’agit bien d’un plan concerté exécuté pour des motifs politiques et raciaux à l’encontre de civils » (plus autre texte)

Tribune. Il y a soixante ans, à Paris et en banlieue, les forces de police, dirigées par le préfet Maurice Papon, se livraient à une véritable chasse à l’homme. Selon le rapport du conseiller d’Etat Dieudonné Mandelkern, publié en janvier 1998, plus de 14 000 manifestants algériens, rassemblés pacifiquement à l’appel du Front de libération nationale (FLN) pour protester contre le couvre-feu raciste qui leur était imposé depuis le 5 octobre, furent arrêtés – presque un sur deux –, frappés souvent et retenus de façon arbitraire pendant plusieurs jours. Par leur ampleur, ces rafles, réalisées entre autres grâce à la réquisition des bus de la RATP, sont sans précédent depuis la seconde guerre mondiale.

Sans précédent aussi, le nombre de manifestants assassinés dans la capitale au cours de ce mois et de l’acmé sanglant des 17 et 18 octobre 1961 puisque les forces de l’ordre ont commis un véritable massacre ; le plus important de l’après-guerre perpétré à l’encontre de civils. Le nombre de victimes, plusieurs centaines, en témoigne. Des manifestants ont été tués par balles, d’autres exécutés dans la cour même de la Préfecture de police de Paris, certains précipités dans la Seine ou frappés à mort après leur arrestation et leur transfert au Palais des sports, au Parc des expositions et au stade Pierre-de-Coubertin, transformés en lieux de rétention. Là, des milliers de « Français musulmans d’Algérie », selon l’expression officielle alors employée, furent parqués, battus et longtemps laissés sans nourriture et sans soins. Lire la suite

Ouverture du blog histoire coloniale et postcoloniale sur Mediapart

Colonial, postcolonial, décolonial sont des mots récurrents dans des débats d’aujourd’hui, souvent vifs et clivants. Une exigence de décolonialisation encouragée par le mouvement Black Lives Matter, transnationale comme le mouvement féministe Me Too, prend une ampleur mondiale et interpelle toutes les anciennes métropoles impériales. En France, cette exigence se heurte actuellement à de fortes résistances. Certains, dans le champ politique et médiatique, voudraient diaboliser les voix des chercheurs et des citoyens qui appellent à l’examen critique d’un passé de puissance coloniale long de quatre siècles. Notre pays peine à reconnaitre qu’héritier des Lumières et de la Déclaration des Droits de l’Homme, il l’est aussi d’une histoire esclavagiste et impériale qui lui a laissé des traces. Lire la suite

17 octobre 1961 – 17 octobre 2021 60e anniversaire – Vérité et Justice

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police parisiennes. 60 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’État que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS. Lire la suite

Postface inédite de Gilles Manceron « De nouvelles révélations » à la réédition du texte de Marcel et Paulette Péju, « Le 17 octobre des Algériens »

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Dans l’édition en 2011 du livre de Marcel et Paulette Péju qu’on vient de lire, le texte qui l’accompagne pointe les mécanismes de la « triple occultation » de ce massacre : le silence des autorités françaises, la concurrence des mémoires internes à la gauche française et la volonté du pouvoir algérien d’écarter de l’histoire officielle les luttes de l’émigration en France. Mais cette réédition en collection de poche est l’occasion de faire le point sur les avancées opérées depuis dix ans dans la connaissance de cet événement.

Des travaux et publications ont permis de repérer trois aspects importants qui avaient fait insuffisamment l’objet d’attention et sur lesquels des investigations plus approfondies sont nécessaires. D’abord le rôle moteur joué par le Premier ministre Michel Debré à l’automne 1961 dans la violence exercée contre l’immigration algérienne, dont le 17 octobre a été l’apogée. Ensuite, la nécessité de prendre en compte dans le décompte des victimes les Algériens expulsés de France, supposés dans les déclarations officielles être « retournés dans leur douar d’origine », mais en réalité internés en Algérie dans des camps militaires où la mortalité était importante. Enfin, un quatrième facteur d’oubli doit être ajouté à ceux déjà nommés de cette « triple occultation » : la tendance de nombreuses familles algériennes qui ont continué à vivre en France à hésiter à transmettre le souvenir de cet épisode à leurs enfants. Lire la suite

En finir avec le colonialisme et le « parti colonial »

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« Peu après sa naissance en 1967, la Fasti – qui regroupe de nombreuses Asti et militant·e·s sur tout le territoire – adopte un positionnement anticolonialiste. Ce positionnement découle du constat que les rapports nord/suds, déséquilibrés par des siècles d’esclavagisme, de colonialisme et de néocolonialisme, sont un élément fondamental dans l’analyse des migrations internationales et des politiques qui leur sont propres. Ainsi, les effets désastreux du colonialisme sur les populations font partie des causes multifactorielles des migrations. Le prisme colonial est également central dans le traitement réservé actuellement aux populations étrangères par les institutions occidentales ou encore dans les « négociations » interétatiques sur les questions migratoires. Plus globalement, les rapports nord/suds sont une donnée essentielle dans l’appréhension du monde dans lequel nous vivons et dans la compréhension des mécanismes de domination à l’échelle planétaire »

Dans l’édito, les auteurs et autrice soulignent, entre autres, « Nous pensons également que l’idéologie coloniale alimente les rapports sociaux de « race » qui structurent toujours nos relations, nos imaginaires, nos modes de pensée et d’agir ». Iels abordent l’égalité de toutes et tous « quel que soit son lieu de résidence » et présentent l’objet de la brochure et de l’exposition. Lire la suite

Les harkis, ces victimes du colonialisme, instrumentalisés par le macronisme

Le comble : la France présente donc ce 20 septembre 2021, ses excuses aux Algériens qui se sont battus pour le colonialisme, certains sans en mesurer les enjeux !!!

D’abord, il est important de rappeler qu’il n’y a pas une seule catégorie de harkis, comme on le laisse souvent penser. Mais les conditions d’engagement ou d’enrôlement sont multiples. Il suffit de reprendre l’étude remarquable de Pierre DAUM « Le Dernier tabou, les « harkis » restés en Algérie après 1962 » pour mieux comprendre la complexité des situations. Lire la suite

Mayotte : une nouvelle fuite en avant répressive et toujours plus inégalitaire

Alors que nos associations sont contraintes d’accompagner au quotidien la population étrangère qui n’a pas fini de faire face aux conséquences dramatiques produites par la loi dite asile-immigration du 10 septembre 2018, c’est à grand renfort de nouvelles annonces visant à éloigner encore Mayotte du droit commun que les deux ministres ont rythmé leur visite. Des choix incompréhensibles quand « la convergence vers l’égalité des droits » est parallèlement revendiquée par les autorités.

Parmi ces annonces, le renforcement de la lutte contre « l’immigration clandestine » et la poursuite massive des reconduites à la frontière n’auront de cesse d’entraver la circulation des personnes et aggraver les violations des droits (rupture de scolarité, rupture de soins, séparation brutale de familles, expulsion de personnes protégées contre l’éloignement…) Lire la suite

C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?

expo fasti 1 Lire la suite

Mekatilili wa Menza : la lutte anticoloniale au Kenya

Pendant l’occupation britannique du pays, Mekatilili a dirigé une rébellion contre la violence colonialiste

Mekatilili wa Menza est né dans le village de Mutara Wa Tsatsu Ganze, dans la région de Kilifi, dans les années 1840. Son implication dans la lutte politique s’intensifia entre 1912 et 1915, lorsqu’elle fut l’une des dirigeantes du peuple de Giriama contre les forces coloniales britanniques au Kenya. La Compagnie Impériale Britannique d’Afrique de l’Est (Imperial British East AfricanCompany – IBEA), autorité coloniale dans le territoire, avait intensifié ses pressions économiques contre le peuple de Giriama, en imposant des taxes d’habitation et des contrôles plus stricts sur le commerce de vin de palme et de l’ivoire, deux produits qui étaient à la base de l’économie de la région. Les gardes ont également commencé à recruter de jeunes hommes pour réaliser des travaux forcés loin de leurs terres. Lire la suite

Luc Reinette : En mon âme et conscience

Assis au chevet de ma mère âgée de 102 ans, placée sous oxygène depuis plus d’un an pour raisons de santé, mais forte de toutes ses facultés en dehors de la marche, nous regardions ensemble sur l’écran de télévision le reportage sidérant réalisé dans les coulisses des Urgences et de la Réanimation du CHU, lorsque soudain elle me posa cette question : « Et tu ne dis rien ? »

Je lui expliquai que j’étais un simple militant et que l’Organisation à laquelle j’appartiens (FKNG) s’était déjà exprimée, qu’elle avait adopté une position de neutralité vis-à-vis du vaccin, mais avait demandé aux Guadeloupéens, de par leur condition de colonisés, d’exercer leur droit à la souveraineté pour sortir du cadre français, car dans ces moments exceptionnels que nous vivons et face à l’obligation vaccinale et à l’application chez nous du Pass sanitaire, il n’y avait pas d’autre choix que de se soumettre ou se démettre.

« Ce n’est pas suffisant, me répondit-elle, et tu le sais bien. C’est sur la base d’analyses et de convictions que tu as prôné l’Indépendance de la Guadeloupe depuis l’âge de 12 ans et c’est sur la base de ces mêmes convictions et de ton idéal de liberté que tu t’exprimes et agis encore aujourd’hui.

Comme moi aux premiers jours et toi depuis avril 2021 je crois, tu es vacciné, et tu l’as fait en toute conscience et en toute indépendance»

Certes, lui ai-je répondu, mais que vaut ma parole, ma parole à moi qui ne suis pas médecin, dans le climat délétère actuel où les Guadeloupéens s’affrontent sans merci dans un contexte qui frôle l’hystérie qui voit des menaces – y compris physiques – fuser de toutes parts ? Et d’ailleurs qui attend ma parole ?

Malicieusement elle me répondit : « Il y a déjà pour commencer l’une de mes infirmières, qui prétend ne pas être seule à le penser, et qui me demande jour après jour devant la catastrophe qui nous frappe et les pertes humaines qui s’accumulent : pourquoi votre fils Luc ne dit rien ? »

« La haine insensée et irrationnelle qui caractérise actuellement les relations entre Guadeloupéens, et les fakes-news qui abreuvent les réseaux sociaux (souvent reprises par des personnes à priori intelligentes) ont alors convoqué dans mon esprit deux tragédies humaines qui me hantent encore. » Lire la suite

« CHE » ABDELKRIM : le Lion du Rif. Un siècle…

En ce 21 juillet 2021, cela fera tout juste un siècle, que la face du monde, du moins d’une partie de ce dernier a connu un chambardement dont peu de contemporains auraient pu mesurer toutes les conséquences qui se font sentir jusqu’à nos jours. Le 21 juillet 1921, l’armée espagnole sous la férule de l’un de ses fringuants gradés, le général Sylvestre, subie l’une des rares défaites qu’une armée coloniale endurera en ce premier quart de siècle de ce « court vingtième siècle », déjà ensanglanté par la première des boucheries, celle de 1914/1918. La monarchie espagnole qui, tout au long du XIXe siècle, connaîtra l’effondrement de son empire colonial en Amérique latine, se voit ôter, de surcroit, par le traité de Paris du 25 octobre 1898, Cuba, les Philippines, Porto-Rico et l’ile de Guam.

A la Conférence d’Algéziras, en Espagne, du 7 avril 1906, la monarchie espagnole se voit recevoir une petite compensation par rapport à la perte de ses derniers bastions coloniaux, au profit essentiellement des Etats Unis, par l’octroi du nord de la monarchie marocaine, le Rif, dans le cadre du démembrement de la dernière parcelle africaine n’ayant connu de domination coloniale. La France se voit elle légitimer à posséder la partie sud de la monarchie marocaine, Fès étant la ligne de partage. Lire la suite

L’accord allemand sur le génocide, une « insulte » pour les Ovaherero et les Nama de Namibie

L’image de Google Earth permet de voir comme des sillons se découpant sur la plaine. En zoomant de plus près, toutefois, on peut distinguer des milliers de monticules se dressant en rangs serrés sur la surface du désert. Chacun de ces monticules est une tombe non marquée, et le souvenir d’un terrible massacre. Et c’est là, entre ces rangées où gisent ses ancêtres, que l’artiste et activiste Laidlaw Peringanda s’acquitte d’une tâche douloureuse.

Il vient s’occuper des tombes qui jonchent le pourtour de la ville balnéaire de Swakopmund, en Namibie. Le plus dur dans ce travail, c’est lorsque que les vents marins ont érodé les tombes, exposant les restes osseux et les crânes de ses ancêtres. Lire la suite

Les blessures externes et intimes du crime colonial et du crime nucléaire

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« La terre est contaminée
L’océan l’est aussi
Le peuple l’est aussi
La bouche des menteurs l’est tout autant
 »

Entre 1966 et 1996, dans les atolls de Moruroa et de Fangataufa, 193 essais nucléaires dont 46 atmosphérique. Le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). Des populations exposées aux retombées radioactives. Andréas Pfersmann interroge : « Comment la littérature a-t-elle appréhendé le CEP et les essais nucléaires de Moruroa et de Fangataufa ? ». Il se propose de discuter de certains ouvrages en « essayant d’élucider la corrélation entre stratégies littéraires et choix idéologiques ». Lire la suite

Transition pour Kanaky dans l’unité !

2021 - 7 - 22 - Solidarité Kanaky Bulletin 12

Sommaire : 3ème référendum : 12 décembre

Non à la criminalisation des militants indépendantistes

La grève dans la commune de Voh

Editorial du n° 26 de La voix de Kanaky Lire la suite

Déboulonner les statues, ériger l’histoire décoloniale

Le débat autour du déboulonnage des statues de Léopold II fait les grands titres de la presse depuis quelques jours. Une pétition en ligne, prenant fin le 30 juin 2020, a déjà recueilli près de 70 000 signatures en faveur de la disparition des représentations de celui qui fut propriétaire du Congo de 1885 à 1908, avant que la souveraineté ne passe à la Belgique.  Lire la suite

Quand la science permet de penser les réparations coloniales

La base de données du projet de recherche « Repairs » sur les réparations, compensations et indemnités au titre de l’esclavage (Europe-Amériques-Afrique) entre le XIXe et le XXIe siècle vient d’être rendue publique. Sa coordinatrice, Myriam Cottias explique la nécessité de penser la question des réparations liées à l’esclavage et à la période coloniale à travers une démarche scientifique. Quand la recherche sur le passé sert à définir la société d’aujourd’hui. Lire la suite