Archives de Catégorie: Colonisation

1925, guerre du Rif. L’alliance entre Pétain et Franco contre les insurgés marocains

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans un entretien donné à L’Express le 23 décembre 2020, Emmanuel Macron a expliqué : « Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain, mais je ne peux nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire ». Le président français aurait pu pourtant rappeler sa contribution à l’écrasement des insurgés dans le Rif marocain en 1925. Avec tous les moyens de la barbarie « civilisée » et en alliance avec celui qui allait devenir le dictateur de l’Espagne : Francisco Franco. Lire la suite

Notre ville appartient à tout le monde et pas à une clique de nostalgiques de généraux et de maréchaux colonialistes

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le général Mangin (1866-1925) a été élève de Saint-Cyr. Il sert d’abord au Soudan français à la tête des tirailleurs sénégalais. Il participe à la mission Congo-Nil en 1898-1900 sous les ordres de Jean-Baptiste Marchand, notamment lors de la « crise de Fachoda ».

Au départ, il s’agit de combattre la révolte des Batetela, mouvement insurrectionnel contre l’autorité de l’État indépendant du Congo. Les guerriers kasaïens tetela se sont révoltés contre leurs officiers à cause de l’exécution de certains de leurs chefs indigènes. Ensuite, l’armée française tente de rejoindre le Nil en rivalité avec l’expansion coloniale britannique. Lire la suite

17 octobre 1961 – 17 octobre 2020 – 59ème anniversaire – Vérité et Justice


Le 17 octobre 1961
, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.
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Kanaky vers l’indépendance

 

Nouvelle étape pour la souveraineté de Kanaky

Le 4 octobre 2020 doit avoir lieu la deuxième consultation sur la pleine souveraineté de Kanaky – Nouvelle-Calédonie. Depuis le premier vote il y a deux ans, la position du mouvement indépendantiste s’est renforcée mais l’État et les partis anti-indépendantistes ont poursuivi leurs manœuvres pour maintenir le pays dans la France, en particulier dans le contexte de la crise du coronavirus.

Le 4 novembre 2018, le vote en faveur de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a recueilli 43,3% des voix, un résultat certes minoritaire au niveau mathématique mais bien plus élevé qu’annoncé et qui a représenté une victoire symbolique pour le mouvement indépendantiste. Lire la suite

Pour la souveraineté de Kanaky

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Ni s’incliner ni regarder ailleurs : interroger 

Dans l’introduction, introduction-du-guide-du-bordeaux-colonial-et-et-de-la-metropole-bordelaise/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, les auteurs et autrices indiquent : « Ce Guide prend la question de l’histoire de Bordeaux par le petit bout de la lorgnette, en la braquant sur les noms des rues et autres voies qui ont été retenus pour honorer ceux qui ont contribué à la construction de la France coloniale ».

Des lieux magnifiques construits grâce aux fortunes réalisées dans le commerce colonial, la traite négrière et l’esclavage mais pas seulement, le « parti colonial », la constitution de l’Etat français comme Etat colonial, les luttes des dominé·es, Bordeaux et la constitution de l’empire, la place du commerce du vin en droiture, les noms comme témoins de l’histoire et « de ce rôle assumé par les édiles dans leur dénomination »… Lire la suite

Décolonisation et droit à l’autodétermination

En avant propos, après avoir présenté les orientations et les actions de Survie, l’engagement pour l’autodétermination de la Kanaky, les auteurs/autrices présente la brochure et ses limites, « ce document a pour but de mettre à disposition une information synthétique, que nous pensons pouvoir être utile au mouvement indépendantiste dans sa lutte et dans la construction d’un futur état réellement souverain. Nous nous inscrivons dans une démarche militante et politique, pas dans le domaine de l’expertise technique ou administrative. Nous ne proposons pas ici de solutions ou d’orientations toutes faites, car nous pensons au contraire que seuls les acteurs locaux ont la légitimité, l’expérience et la connaissance du terrain pour construire leur avenir »… Lire la suite

Le code noir, Colbert, la négrophobie d’Etat : le temps des réparations

Monsieur le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux,

Le mardi 23 juin 2020, la statue de Colbert trônant à l’entrée de l’Assemblée nationale a été maculée de peinture rouge, couleur du sang versé par les victimes de l’esclavage négrier perpétré par la France pendant plusieurs siècles dans ses colonies et en Amérique, et taguée de l’inscription « NÉGROPHOBIE D’ÉTAT ».

L’auteur de cette action symbolique, Franco Lollia, porte-parole de la Brigade Anti Négrophobie et Guy Florentin avocat, expliquent :

Les Nostalgiques du régime esclavagiste du Sud des États-Unis défendent les statues des généraux confédérés « séparatistes » qui ont combattu l’Union pour maintenir l’esclavage des Noirs.

L’État français et les nostalgiques du temps béni des colonies défendent la statue de Colbert « séparatiste en chef », créateur du Code Noir promulgué en 1685 qui a évacué l’homme noir du genre humain : « déclarons les esclaves être meubles » (article 44). Lire la suite

Introduction au Guide du Soissons colonial

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

A la mémoire des tirailleurs marocains, sacrifiés dans la bataille de Crouy (1915), pour permettre le repli de l’armée française sur l’autre rive de l’Aisne, après une offensive désastreuse ;

A la mémoire des tirailleurs sénégalais sacrifiés inutilement dans la bataille du Chemin des Dames (1917), enterrés, pour la plupart, dans des fosses communes des cimetières militaires du Soissonnais ;

A la mémoire des Indochinois oubliés, qui ont déminé la ville des Soissons en 1919 et dont les tombes portent la mention étrange « mort pour la France ».

Introduction

Quel lien entre Soissons et les colonies ? La colonisation n’est-elle pas très lointain, dans cette ville qui ne s’est pas enrichie, ou si peu, dans l’aventure coloniale ? Lire la suite

Face aux crimes passés des puissances coloniales européennes et au néo colonialisme européen, des réparations s’imposent

Phase 2 du projet ReCommonsEurope : « L’impact des politiques financières européennes et des stratégies de coopération au développement sur le Sud et les alternatives possibles »

Grâce aux mobilisations Black Lives Matter qui ont lieu en 2020 à l’échelle internationale contre le racisme en général, et la négrophobie en particulier, de plus en plus de personnes cherchent à connaître la vérité sur le passé ténébreux des puissances coloniales et la continuité néo-coloniale dans les temps présents. Des statues de personnages emblématiques du colonialisme européen sont déboulonnées ou font l’objet de dénonciations salutaires. Il en va de même avec des statues de personnages qui, aux États-Unis, symbolisent l’esclavage et le racisme. ReCommonsEurope se réjouit de toutes les initiatives et actions qui visent à dénoncer les crimes coloniaux, cherchent à établir la vérité sur les atrocités passées, mettent en évidence les instruments du néo-colonialisme et toutes les formes de résistance du passé jusqu’à aujourd’hui, demandent des réparations et exigent la fin de toutes les formes de discrimination à l’égard des peuples victimes du colonialisme et du néo-colonialisme. Lire la suite

Décolonisons l’espace public !

Un mouvement d’ampleur mondiale exige une décolonisation de l’espace public. De l’Afrique du Sud à Paris, de la Colombie à Lille, des USA à Nantes, de la Martinique à Bordeaux, etc., la planète entière voit se développer des mobilisations pour que cessent les valorisations et mises à l’honneur d’esclavagistes, de massacreurs coloniaux et d’idéologues et théoriciens racistes. Honorés par des statues ou des noms de voies publiques et d’écoles, ces symboles de plus de quatre siècles d’esclavage et d’un siècle et demi de colonisation, constituent une véritable insulte au peuple français en général et aux citoyennes et citoyens issus de ces peuples meurtris par l’esclavage et la colonisation. Ce mouvement est une bonne nouvelle pour tous les partisans de l’égalité. Il doit être soutenu et amplifié pour rendre incontournable la décolonisation, non seulement des espaces publics mais aussi des imaginaires collectifs et de l’histoire officielle. Lire la suite

Louis-Georges Tin : « Comment faire France lorsque les héros des uns sont les bourreaux des autres ? 

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans son allocution télévisée du 14 juin, Emmanuel Macron l’a affirmé : « La République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue»

Le propos d’Emmanuel Macron constitue une double faute. Sur le fond, cette réponse tente de figer la France dans le statu quo, en faisant abstraction du débat national et international. Or, depuis trois ans, le CRAN a posé le problème. Tout récemment, Jean-Marc Ayrault lui-même, ancien Premier Ministre, et aujourd’hui président de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage, déclarait : « Comment comprendre que dans les locaux de l’Assemblée nationale, une salle porte encore le nom de Colbert ? » Or le président a répondu à cette requête en parlant de « séparatisme » : les mots sont forts, mais oui, s’il s’agit de se séparer de Colbert et de l’esclavagisme, oui, nous sommes « séparatistes ». C’est cela la République, et les droits de l’homme. Lire la suite

Dordogne : « Il faut ranger Bugeaud au musée »

TRIBUNE LIBRE – Des Périgourdins plaident pour le retrait des statues du maréchal périgourdin en raison de son action en Algérie.

Si nombre de Périgourdins, élus mais aussi Betty Wieder, la présidente de la section périgourdine de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), n’estiment pas nécessaire de « déboulonner » les statues de Bugeaud érigées à Périgueux et Excideuil, d’autres ont décidé de plaider le contraire. « Sud Ouest » publie leur tribune libre pour contribuer au débat.

« L’assassinat raciste de George Floyd a relancé aux États-Unis mais aussi en Europe la question des anciens esclavagistes et autres colonisateurs honorés par des noms de rues et/ou des statues. À Périgueux comme à Excideuil, l’honneur fait au maréchal Bugeaud doit être mis en question. Il faudrait, nous dit-on, donner la parole aux historiens ? Ils l’ont prise et les faits sont établis.  Lire la suite

Patrick Chamoiseau : CONTRE LES STATUES : LES TRACES-MÉMOIRES

Nos monuments demeurent comme des douleurs.

Ils témoignent de douleurs.

Ils conservent des douleurs.

Ce sont le plus souvent des édifices produits par la trajectoire coloniale : forts, églises, chapelles, moulins, cachots, bâtiments d’exploitation de l’activité esclavagiste sucrière, structures d’implantation militaire… Les statues et les plaques de marbre célèbrent découvreurs et conquistadores, gouverneurs et grands administrateurs. En Guyane, comme aux Antilles, ces édifices ne suscitent pas d’écho affectif particulier ; s’ils témoignent des colons européens, ils ne témoignent pas des autres populations (Amérindiennes, esclaves africains, immigrants hindous, syro-libanais, chinois…) qui, précipitées sur ces terres coloniales, ont dû trouver moyen, d’abord de survivre, puis de vivre ensemble, jusqu’à produire une entité culturelle et identitaire originale. Lire la suite

Rues, monuments et crimes coloniaux à Marseille

Dans le monde, dans chaque ville marquée par des symboles du racisme et du colonialisme on déboulonne les statues et on débaptise les rues. Marseille est une ville coloniale qui regorge de tels symboles. Ville coloniale déchue, dirigée depuis longtemps par une bourgeoisie mercantile, affairiste, mafieuse, imprévoyante et irresponsable. Elle en porte toujours les stigmates : monuments, noms de rue, parcs, façades d’immeubles, de compagnies maritimes, de banques coloniales… qui témoignent des « splendeurs » passées de l’empire colonial mais aussi plus directement des crimes coloniaux. Lire la suite

Ne pas oublier ceux qui désobéirent, qui osèrent dire NON

« Honneur à vous, les insoumis, les déserteurs, les objecteurs, les réfractaires qui avez eu le courage de « résister », de dire non, à la pacification, à la torture, aux répressions, aux camps d’internement, le courage de « désobéir aux ordres », à la loi même, aux violations des droits de l’homme, droits individuels et collectifs, droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple algérien ». Jean-Jacques de Félice commence ainsi sa préface L’honneur des réfractaires. Lire la suite

Les guenilles colonialistes accrochées à nos écoles

Dans Premières notions de zoologie, classe de huitième (Masson, 1882), on apprend que « la race intelligente entre toutes, celle qui envahit et tend à détruire ou à subjuguer les autres, c’est celle à laquelle nous appartenons, c’est la race blanche ». Dans La Deuxième année d’enseignement scientifique (Armand Colin, 1887), Paul Bert écrit : « Les Nègres […] ont la peau noire, les cheveux frisés comme de la laine, les mâchoires en avant, le nez épaté ; ils sont bien moins intelligents que les Chinois, et surtout que les Blancs […]. Il faut bien voir que les Blancs étant plus intelligents, plus travailleurs aussi, plus courageux que les autres, ont envahi le monde entier et menacent de détruire ou de subjuguer toutes les races inférieures. Et il y a de ces hommes qui sont vraiment inférieurs.»

Dans un discours prononcé le 28 juillet 1885, Jules Ferry justifie la colonisation en ces termes : « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. […] Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. […] Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation » Lire la suite

L’état français cherche-t-il à s’affranchir de l’accord de Nouméa ?

Le 11 juin 2020

Communiqué de presse

Indépendance de Kanaky-Nouvelle Calédonie

Alors que la deuxième consultation sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté approche, le collectif Solidarité Kanaky dénonce la violation par l’État de ses engagements en tant que signataire de l’Accord de Nouméa1. Plusieurs mesures prises pendant la crise sanitaire viennent s’ajouter aux signaux nombreux et répétés indiquant une volonté de neutraliser le processus de décolonisation du territoire. Lire la suite

Une couverture légale à une exploitation et une violence totale

La brochure est composé de plusieurs textes.

Joy Banerjee, réalisateur du documentaire La Colère d’Abady indique « Je ne connaissais pas jusque-là cette histoire de l’engagisme ». Il parle de son projet et revient sur des points d’histoire, « à partir de 1848 et l’abolition de l’esclavage en France, les propriétaires des plantations de canne à sucre ont voulu remplacer à grande échelle les esclaves désormais affranchis, dont plus de 3 000 Indiens, qui travaillaient jusque-là dans les champs et les usines », une « migration » de près de 120 000 entre 1828 et 1861. L’auteur aborde, entre autres, la concurrence mémorielle, la responsabilité de l’Inde et « son système de castes coupable d’avoir favorisé l’exode des engagés », de la plainte d’Abady Egata-Patché contre l’Etat français pour « crime contre l’humanité »… Lire la suite