Archives de Catégorie: Colonisation

Mayotte : une nouvelle fuite en avant répressive et toujours plus inégalitaire

Alors que nos associations sont contraintes d’accompagner au quotidien la population étrangère qui n’a pas fini de faire face aux conséquences dramatiques produites par la loi dite asile-immigration du 10 septembre 2018, c’est à grand renfort de nouvelles annonces visant à éloigner encore Mayotte du droit commun que les deux ministres ont rythmé leur visite. Des choix incompréhensibles quand « la convergence vers l’égalité des droits » est parallèlement revendiquée par les autorités.

Parmi ces annonces, le renforcement de la lutte contre « l’immigration clandestine » et la poursuite massive des reconduites à la frontière n’auront de cesse d’entraver la circulation des personnes et aggraver les violations des droits (rupture de scolarité, rupture de soins, séparation brutale de familles, expulsion de personnes protégées contre l’éloignement…) Lire la suite

C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?

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Mekatilili wa Menza : la lutte anticoloniale au Kenya

Pendant l’occupation britannique du pays, Mekatilili a dirigé une rébellion contre la violence colonialiste

Mekatilili wa Menza est né dans le village de Mutara Wa Tsatsu Ganze, dans la région de Kilifi, dans les années 1840. Son implication dans la lutte politique s’intensifia entre 1912 et 1915, lorsqu’elle fut l’une des dirigeantes du peuple de Giriama contre les forces coloniales britanniques au Kenya. La Compagnie Impériale Britannique d’Afrique de l’Est (Imperial British East AfricanCompany – IBEA), autorité coloniale dans le territoire, avait intensifié ses pressions économiques contre le peuple de Giriama, en imposant des taxes d’habitation et des contrôles plus stricts sur le commerce de vin de palme et de l’ivoire, deux produits qui étaient à la base de l’économie de la région. Les gardes ont également commencé à recruter de jeunes hommes pour réaliser des travaux forcés loin de leurs terres. Lire la suite

Luc Reinette : En mon âme et conscience

Assis au chevet de ma mère âgée de 102 ans, placée sous oxygène depuis plus d’un an pour raisons de santé, mais forte de toutes ses facultés en dehors de la marche, nous regardions ensemble sur l’écran de télévision le reportage sidérant réalisé dans les coulisses des Urgences et de la Réanimation du CHU, lorsque soudain elle me posa cette question : « Et tu ne dis rien ? »

Je lui expliquai que j’étais un simple militant et que l’Organisation à laquelle j’appartiens (FKNG) s’était déjà exprimée, qu’elle avait adopté une position de neutralité vis-à-vis du vaccin, mais avait demandé aux Guadeloupéens, de par leur condition de colonisés, d’exercer leur droit à la souveraineté pour sortir du cadre français, car dans ces moments exceptionnels que nous vivons et face à l’obligation vaccinale et à l’application chez nous du Pass sanitaire, il n’y avait pas d’autre choix que de se soumettre ou se démettre.

« Ce n’est pas suffisant, me répondit-elle, et tu le sais bien. C’est sur la base d’analyses et de convictions que tu as prôné l’Indépendance de la Guadeloupe depuis l’âge de 12 ans et c’est sur la base de ces mêmes convictions et de ton idéal de liberté que tu t’exprimes et agis encore aujourd’hui.

Comme moi aux premiers jours et toi depuis avril 2021 je crois, tu es vacciné, et tu l’as fait en toute conscience et en toute indépendance»

Certes, lui ai-je répondu, mais que vaut ma parole, ma parole à moi qui ne suis pas médecin, dans le climat délétère actuel où les Guadeloupéens s’affrontent sans merci dans un contexte qui frôle l’hystérie qui voit des menaces – y compris physiques – fuser de toutes parts ? Et d’ailleurs qui attend ma parole ?

Malicieusement elle me répondit : « Il y a déjà pour commencer l’une de mes infirmières, qui prétend ne pas être seule à le penser, et qui me demande jour après jour devant la catastrophe qui nous frappe et les pertes humaines qui s’accumulent : pourquoi votre fils Luc ne dit rien ? »

« La haine insensée et irrationnelle qui caractérise actuellement les relations entre Guadeloupéens, et les fakes-news qui abreuvent les réseaux sociaux (souvent reprises par des personnes à priori intelligentes) ont alors convoqué dans mon esprit deux tragédies humaines qui me hantent encore. » Lire la suite

Kanaky : Motion adoptée à l’unanimité au congrès populaire des indépendantistes 

Motion Congres Populaire Salle Omnisport Anse Vata-A Lire la suite

« CHE » ABDELKRIM : le Lion du Rif. Un siècle…

En ce 21 juillet 2021, cela fera tout juste un siècle, que la face du monde, du moins d’une partie de ce dernier a connu un chambardement dont peu de contemporains auraient pu mesurer toutes les conséquences qui se font sentir jusqu’à nos jours. Le 21 juillet 1921, l’armée espagnole sous la férule de l’un de ses fringuants gradés, le général Sylvestre, subie l’une des rares défaites qu’une armée coloniale endurera en ce premier quart de siècle de ce « court vingtième siècle », déjà ensanglanté par la première des boucheries, celle de 1914/1918. La monarchie espagnole qui, tout au long du XIXe siècle, connaîtra l’effondrement de son empire colonial en Amérique latine, se voit ôter, de surcroit, par le traité de Paris du 25 octobre 1898, Cuba, les Philippines, Porto-Rico et l’ile de Guam.

A la Conférence d’Algéziras, en Espagne, du 7 avril 1906, la monarchie espagnole se voit recevoir une petite compensation par rapport à la perte de ses derniers bastions coloniaux, au profit essentiellement des Etats Unis, par l’octroi du nord de la monarchie marocaine, le Rif, dans le cadre du démembrement de la dernière parcelle africaine n’ayant connu de domination coloniale. La France se voit elle légitimer à posséder la partie sud de la monarchie marocaine, Fès étant la ligne de partage. Lire la suite

L’accord allemand sur le génocide, une « insulte » pour les Ovaherero et les Nama de Namibie

L’image de Google Earth permet de voir comme des sillons se découpant sur la plaine. En zoomant de plus près, toutefois, on peut distinguer des milliers de monticules se dressant en rangs serrés sur la surface du désert. Chacun de ces monticules est une tombe non marquée, et le souvenir d’un terrible massacre. Et c’est là, entre ces rangées où gisent ses ancêtres, que l’artiste et activiste Laidlaw Peringanda s’acquitte d’une tâche douloureuse.

Il vient s’occuper des tombes qui jonchent le pourtour de la ville balnéaire de Swakopmund, en Namibie. Le plus dur dans ce travail, c’est lorsque que les vents marins ont érodé les tombes, exposant les restes osseux et les crânes de ses ancêtres. Lire la suite

Les blessures externes et intimes du crime colonial et du crime nucléaire

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« La terre est contaminée
L’océan l’est aussi
Le peuple l’est aussi
La bouche des menteurs l’est tout autant
 »

Entre 1966 et 1996, dans les atolls de Moruroa et de Fangataufa, 193 essais nucléaires dont 46 atmosphérique. Le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). Des populations exposées aux retombées radioactives. Andréas Pfersmann interroge : « Comment la littérature a-t-elle appréhendé le CEP et les essais nucléaires de Moruroa et de Fangataufa ? ». Il se propose de discuter de certains ouvrages en « essayant d’élucider la corrélation entre stratégies littéraires et choix idéologiques ». Lire la suite

Transition pour Kanaky dans l’unité !

2021 - 7 - 22 - Solidarité Kanaky Bulletin 12

Sommaire : 3ème référendum : 12 décembre

Non à la criminalisation des militants indépendantistes

La grève dans la commune de Voh

Editorial du n° 26 de La voix de Kanaky Lire la suite

Déboulonner les statues, ériger l’histoire décoloniale

Le débat autour du déboulonnage des statues de Léopold II fait les grands titres de la presse depuis quelques jours. Une pétition en ligne, prenant fin le 30 juin 2020, a déjà recueilli près de 70 000 signatures en faveur de la disparition des représentations de celui qui fut propriétaire du Congo de 1885 à 1908, avant que la souveraineté ne passe à la Belgique.  Lire la suite

Quand la science permet de penser les réparations coloniales

La base de données du projet de recherche « Repairs » sur les réparations, compensations et indemnités au titre de l’esclavage (Europe-Amériques-Afrique) entre le XIXe et le XXIe siècle vient d’être rendue publique. Sa coordinatrice, Myriam Cottias explique la nécessité de penser la question des réparations liées à l’esclavage et à la période coloniale à travers une démarche scientifique. Quand la recherche sur le passé sert à définir la société d’aujourd’hui. Lire la suite

Les enfumades du Dahra toujours présentes dans les mémoires

Dans les annales du colonialisme, il y a cette date 18-20 juin 1845, mais il y a aussi l’avant et l’après 8 Mai 1945 où l’armée coloniale a perpétré des massacres en Algérie et ailleurs.

Ces enfumades se sont déroulées entre le 18 et le 20 juin de l’année 1845 dont se sont rendus coupables les sinistres Cavaignac, Pélissier, Saint Arnaud et Canrobert. 

Les enfumades du Dahra se lisent à travers 4 documents : le rapport de Pélissier, la lettre du soldat français puis celle d’un soldat espagnol et le rapport de Bugeaud. Les colonisateurs ont gardé secret de rapports militaires contenant des informations accablantes sur le déroulement des faits, parmi lesquels celles de Saint-Arnaud où il donne quelques détails troublants sur le massacre du Dahra. Ceux-ci corroborent de manière incontestable la préméditation de l’acte. Le 18 juin 1845, Saint-Arnaud est en opération chez les Ouled Younès. Dans la nuit du 19 au 20 juin, alors qu’il est dans son campement du côté de Aïn-Merane (Chlef), « le bruit des fougasses (mine explosive) se fait entendre à trente lieues à la ronde », Saint-Arnaud en conclut : « C’est le colonel Pélissier qui travaille les cavernes et les grottes des Ouled Riah ». Et d’ajouter : « Ces pauvres Arabes sont traqués partout et ne savent plus où se réfugier ». La lettre qu’il adresse le même jour au commandant Tripier donne la même information. Une autre lettre est adressée au colonel Pélissier. Il y évoque encore une fois les bruits de canon et de pétards dans les grottes des Ouled  Riah. Ce n’est que le 26 juin que la population indigène de la région apprend la tragédie des grottes des Ouled Frachich. Et c’est Pélissier en personne qui raconte à Saint-Arnaud ce carnage et celui-ci s’empresse d’informer ses officiers : « Le colonel Pélissier, après avoir fait périr dans les cavernes de Ouled Riah plus de 1 010 personnes de tout âge et autant de bêtes de cheptel, a reçu la soumission de tous les habitants du Dahra. » Lire la suite

Tropiques toxiques, le scandale

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Dans cette bande-dessinée dense et extrêmement bien documentée, l’autrice Jessica Oublié nous emmène sur les traces du chlordécone, un pesticide massivement utilisé dans la culture de la banane de 1972 à 1993, et démontre point par point en quoi cette pollution relève, aux Antilles, d’un scandale d’État. Alors que la toxicité de cette molécule était connue et documentée dès les années 1970, elle a malgré tout été épandue pendant 22 ans, entraînant une pollution des sols pour des centaines d’années et une contamination de 65% des cours d’eau. Conséquence : toute l’alimentation produite sur ces sols est possiblement toxique (selon les zones et le type d’aliments, à des degrés variables), que ce soient les poissons, le bétail, les légumes, et à ce jour 9 personnes sur 10 ont des traces de chlordécone dans le sang. L’existence de cette pollution ne fait aujourd’hui plus aucun doute, pourtant, l’Etat refuse de lui reconnaître un lien de causalité avec la santé des Antillais.es et prend ce prétexte pour retarder une réelle prise en charge du problème, comme si la pollution n’était problématique que si elle était visiblement et directement mortelle. Hélas, comme l’explique la bande-dessinée, avant que le scandale sanitaire advienne enfin, et avec lui des mesures d’indemnisation pour les victimes et le jugement des personnes responsables, il faut « être patients et apprendre à compter les morts ». Lire la suite

Pas une rue, pas une avenue, pas une école au nom de Bugeaud

« Si ces gredins [les indigènes d’Algérie] se retirent dans leurs cavernes, fumez-les à outrance comme des renards ». Général Bugeaud 

« Il est un peu tard (…) mais je n’ai jamais été battu et je ne commencerai pas demain. Qu’on me laisse faire et tirer au canon, il y aura du sang répandu ; mais demain soir la force sera du côté de la loi, et les factieux auront leur compte. [1] » Maréchal Bugeaud, février 1848, à propos de l’insurrection parisienne qui a débouché sur le rétablissement de la République.

« Il est bon de se souvenir que depuis 1830 les procédés de la terreur de masse sont employés par la minorité européenne et ses défenseurs (…). Priorité dans l’horreur… » Robert Bonnaud, avril 1957.

18 juin 1845. Réfugiés dans les grottes du Dahra, proches de Mostaganem, pour échapper à la progression des troupes commandées par le colonel Pélissier, les membres de la tribu des Ouled Riah – hommes, femmes, enfants et vieillards – ne sont plus. Cernés, ils ont été méthodiquement enfumés et asphyxiés. Bilan : entre sept cents et mille morts. Dans le rapport circonstancié adressé à Bugeaud, gouverneur général de l’Algérie, maréchal de France depuis 1843 grâce à ses “exploits” algériens et à la « pacification » qu’il conduit aux moyens de razzias, d’enfumades, de massacres et de déportations des populations « indigènes », Pélissier écrit : « dès lors ; je n’eus plus qu’à suivre la marche que vous m’aviez indiquée : je fis faire une masse de fagots et, après beaucoup d’efforts, un foyer fut allumé et entretenu à l’entrée supérieure » de la grotte. Lire la suite

Le génocide des Herrero et Nama enfin reconnu par l’Allemagne

Ce fut le premier génocide du vingtième siècle, il est enfin pris en compte. 

Le 28 mai l’Allemagne a pour la première fois reconnu, avoir commis un génocide contre les populations des Herero et des Nama en Namibie, pendant l’ère coloniale. C’est le résultat d’une mobilisation déterminée des descendant-es des victimes qui combattent dans ce sens depuis des dizaines d’années.

« Nous qualifierons maintenant officiellement ces événements pour ce qu’ils sont du point de vue d’aujourd’hui : un génocide », a déclaré le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas, dans un communiqué. Lire la suite

Massacres du 8 mai 45 : Les autorités françaises « toujours pas prêtes » à reconnaitre ses crimes 

ALGER – Le témoin de la Guerre de libération nationale et militant anticolonialiste, Henri Pouillot, a déploré qu’au jour d’aujourd’hui le président de la République et le gouvernement français ne soient « toujours pas prêts » à reconnaitre et condamner tous les crimes d’Etat, de guerre et contre l’humanité commis par la France coloniale en Algérie.

« On voit bien que le président de la République (Emmanuel Macron), le gouvernement, ne sont pas prêts à reconnaitre et condamner tous les crimes d’Etat », a soutenu M. Pouillot, dans un entretien accordé à l’APS, à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale de la Mémoire, coïncidant avec le 76eme anniversaire des massacres du 8 mai 1945, citant notamment « les crimes du 8 mai 1945, du 17 octobre 1961, du 8 février 1962, et les crimes de guerre comme l’utilisation du napalm, du gaz Vx et Sarin et les essais nucléaires ». Lire la suite

Non à la criminalisation des militants indépendantistes en Kanaky Nouvelle-Calédonie

Réunies ce jour à Paris, les associations de solidarité avec le combat du peuple kanak en France ont décidé de lancer un appel aux organisations démocratiques, aux syndicats et aux associations pour dénoncer la justice coloniale en Nouvelle Calédonie et exiger l’abandon des poursuites à l’encontre des militants kanak. Lire la suite

Espagne : Marche pour la Liberté du Peuple Sahraoui

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Suite à l’autorisation de la Délégation du Front Polisario Espagnol, une Marche pour la Liberté du Peuple Sahraoui est organisée par divers collectifs gouvernementaux espagnols. Elle partira le 20 mai de Cadix, et d’autres marches partant de divers endroits en Espagne viendront la rejoindre à Madrid lors du weekend du 18 et 19 juin. L’idée est de parcourir tout le pays et d’attirer l’attention sur la responsabilité historique qu’a le Gouvernement Espagnol, exigeant ainsi qu’il assume la responsabilité qui lui incombe et qu’il résolve enfin le conflit sahraoui.

Cette Marche s’appuie sur un Manifeste, que nous avons repris ci-dessous et que nous vous invitons à signer. Lire la suite

Communiqué de l’association « Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre – 4acg »

Les membres de notre association nationale dénoncent vigoureusement et unanimement le texte publié le 21 avril 2021, dans une certaine presse, par 19 généraux en « demi-retraite » et 1 500 officiers en activité.

Les auteurs de ce texte, pourtant encore engagés, pour la grande majorité d’entre eux, par leur contrat de loyauté envers l’Etat, trahissent ainsi clairement leurs missions républicaines. Ils le font en accusant ouvertement les responsables de l’Etat et l’ensemble des citoyens eux-mêmes d’on ne sait exactement quoi, en fait. En prétendant poser un diagnostic sur l’état actuel de la société française, ils font preuve d’une prétention, d’une arrogance même, singulières. Ils utilisent en outre des termes d’une grande violence et d’un immense mépris à l’égard de certains boucs émissaires qu’ils se sont choisis en les montrant du doigt de façon totalement injuste et injustifiée. Lire la suite

Des jeunes en formation condamné∙es pour désertion

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