Archives de Catégorie: Histoire

Pour l’accès aux archives. Un nouveau recours déposé au Conseil d’Etat

Les associations qui avaient déjà demandé au Conseil d’Etat de permettre l’accès aux archives consultables de plein droit conformément à la loi ont déposé un nouveau recours le 15 janvier. A l’opposé des promesses d’Emmanuel Macron lors de sa visite à Josette Audin en septembre 2018, c’est le contraire qui s’est produit depuis deux ans sous sa présidence. Un arrêté a aggravé en novembre 2020 les difficultés d’accès aux archives, notamment de la guerre d’Algérie. La réception, le 20 janvier, du rapport qu’il a demandé à Benjamin Stora sur le passé franco-algérien pourrait lui donner l’occasion de mettre fin à l’obligation de « déclassification préalable » qui entrave la recherche et porte atteinte aux droits des citoyens à connaître leur histoire. Va-t-il confirmer ou démentir ses promesses de 2018 sur l’ouverture de l’accès aux archives ? Lire la suite

1925, guerre du Rif. L’alliance entre Pétain et Franco contre les insurgés marocains

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans un entretien donné à L’Express le 23 décembre 2020, Emmanuel Macron a expliqué : « Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain, mais je ne peux nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire ». Le président français aurait pu pourtant rappeler sa contribution à l’écrasement des insurgés dans le Rif marocain en 1925. Avec tous les moyens de la barbarie « civilisée » et en alliance avec celui qui allait devenir le dictateur de l’Espagne : Francisco Franco. Lire la suite

Notre ville appartient à tout le monde et pas à une clique de nostalgiques de généraux et de maréchaux colonialistes

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le général Mangin (1866-1925) a été élève de Saint-Cyr. Il sert d’abord au Soudan français à la tête des tirailleurs sénégalais. Il participe à la mission Congo-Nil en 1898-1900 sous les ordres de Jean-Baptiste Marchand, notamment lors de la « crise de Fachoda ».

Au départ, il s’agit de combattre la révolte des Batetela, mouvement insurrectionnel contre l’autorité de l’État indépendant du Congo. Les guerriers kasaïens tetela se sont révoltés contre leurs officiers à cause de l’exécution de certains de leurs chefs indigènes. Ensuite, l’armée française tente de rejoindre le Nil en rivalité avec l’expansion coloniale britannique. Lire la suite

De la difficulté et de la nécessité de prendre la parole après un massacre. Du sacré, du profane et du travail de l’histoire

Dans les réactions à l’assassinat de Samuel Paty comme à la liberté de caricaturer, dans les cérémonies d’hommage ou dans les manifestations hostiles, les questions du sacré et du profane ne cessent d’intervenir, de façon explicite ou implicite. Il est nécessaire de se demander en quoi elles nous concernent toutes et tous, parfois même à notre insu, et travailler ainsi à une distanciation dont l’urgence n’est plus à démontrer. Membre du CVUH, professeur d’histoire-géographie au lycée et chargé de cours à l’université, l’auteur a voulu également réagir comme enseignant confronté aux mêmes enjeux que Samuel Paty. Lire la suite

Nuit de Cristal : commémoration 2020 en temps de pandémie

La situation sanitaire nous empêche d’organiser la commémoration de la Nuit de Cristal devant le Gymnase Japy avec nos partenaires habituels : Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le négationnisme] association Ibuka-France (Justice et soutien aux rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda), Ligue des Droits de l’Homme (LDH) association Fonds Mémoire Auschwitz (AFMA).  Lire la suite

Vérité historique et conflit d’intérêt. À quoi servent les commissions ?

Bien sûr qu’il faut se féliciter qu’après cinq ans de procédure pour obtenir l’accès aux archives concernant le rôle de la France dans le génocide au Rwanda en 1994, un chercheur ait obtenu récemment gain de cause ! Mais puisque dès lors qu’un fonds a été communiqué à une personne, il doit l’être à d’autres, à quoi sert désormais la tant controversée commission Rwanda ? Lire la suite

17 octobre 1961 – 17 octobre 2020 – 59ème anniversaire – Vérité et Justice


Le 17 octobre 1961
, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.
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Kanaky vers l’indépendance

 

Nouvelle étape pour la souveraineté de Kanaky

Le 4 octobre 2020 doit avoir lieu la deuxième consultation sur la pleine souveraineté de Kanaky – Nouvelle-Calédonie. Depuis le premier vote il y a deux ans, la position du mouvement indépendantiste s’est renforcée mais l’État et les partis anti-indépendantistes ont poursuivi leurs manœuvres pour maintenir le pays dans la France, en particulier dans le contexte de la crise du coronavirus.

Le 4 novembre 2018, le vote en faveur de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a recueilli 43,3% des voix, un résultat certes minoritaire au niveau mathématique mais bien plus élevé qu’annoncé et qui a représenté une victoire symbolique pour le mouvement indépendantiste. Lire la suite

Le morceau de papier qui confère une certaine protection

L’ouvrage de Lisa Fittko est précédé d’un beau texte, Le présent du passé, d’Edwy Plenel. Celui-ci explique sa « rencontre » avec l’autrice, les possibles de la marche, « Toute marche est une gamberge », les souvenirs « des exils d’hier et à l’actualité des réfugiés d’aujourd’hui », la chaine pyrénéenne hier et la mer Méditerranéenne aujourd’hui comme lieux des mort·es. Le passé au présent et l’actualité du passé. Lire la suite

Pour la souveraineté de Kanaky

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Serments de Buchenwald et de Mauthausen

Le serment de Buchenwald a été prononcé sur la place d’appel du camp de Buchenwald le 19 avril 1945, une semaine après la libération du camp.

« Nous, les détenus de Buchenwald, nous sommes venus aujourd’hui pour honorer les 51 000 prisonniers assassinés à Buchenwald et dans les Kommandos extérieurs par les brutes nazies et leurs complices. 51 000 des nôtres ont été fusillés, pendus, écrasés, frappés à mort, étouffés, noyés, empoisonnés et tués par piqûres. 51 000 pères, frères, fils sont morts d’une mort pleine de souffrances, parce qu’ils ont lutté contre le régime des assassins fascistes. 51 000 mères, épouses et des centaines de milliers d’enfants accusent. Nous, qui sommes restés en vie et qui sommes des témoins de la brutalité nazie, avons gardé avec une rage impuissante la mort de nos camarades. Si quelque chose nous a aidés à survivre, c’était l’idée que le jour de la justice arriverait. Lire la suite

Ni s’incliner ni regarder ailleurs : interroger 

Dans l’introduction, introduction-du-guide-du-bordeaux-colonial-et-et-de-la-metropole-bordelaise/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, les auteurs et autrices indiquent : « Ce Guide prend la question de l’histoire de Bordeaux par le petit bout de la lorgnette, en la braquant sur les noms des rues et autres voies qui ont été retenus pour honorer ceux qui ont contribué à la construction de la France coloniale ».

Des lieux magnifiques construits grâce aux fortunes réalisées dans le commerce colonial, la traite négrière et l’esclavage mais pas seulement, le « parti colonial », la constitution de l’Etat français comme Etat colonial, les luttes des dominé·es, Bordeaux et la constitution de l’empire, la place du commerce du vin en droiture, les noms comme témoins de l’histoire et « de ce rôle assumé par les édiles dans leur dénomination »… Lire la suite

Décolonisation et droit à l’autodétermination

En avant propos, après avoir présenté les orientations et les actions de Survie, l’engagement pour l’autodétermination de la Kanaky, les auteurs/autrices présente la brochure et ses limites, « ce document a pour but de mettre à disposition une information synthétique, que nous pensons pouvoir être utile au mouvement indépendantiste dans sa lutte et dans la construction d’un futur état réellement souverain. Nous nous inscrivons dans une démarche militante et politique, pas dans le domaine de l’expertise technique ou administrative. Nous ne proposons pas ici de solutions ou d’orientations toutes faites, car nous pensons au contraire que seuls les acteurs locaux ont la légitimité, l’expérience et la connaissance du terrain pour construire leur avenir »… Lire la suite

La nuit des poètes juifs assassinés le 12 août 1952 : le massacre antisémite de Staline

Parmi les victimes du massacre du 12 août 1952: Peretz Markish, Leib Kvitko, David Hofshtein, Itzik Feffer, David Bergelson,
écrivains et poètes.

Staline et les Juifs : de la suppression du Comité Antifasciste Juif au procès des Blouses blanches. 

Pour qui veut combattre l’antisémitisme et ses projections à gauche, il est crucial de se pencher sur l’histoire de l’antisémitisme stalinien. Celui-ci est à l’origine de nombreux « concepts » calamiteux de cette haine. 

Staline et ses sbires ont notamment recyclé les termes issus de l’extrême-droite et du nazisme sur le « complot juif international ».  Lire la suite

Le code noir, Colbert, la négrophobie d’Etat : le temps des réparations

Monsieur le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux,

Le mardi 23 juin 2020, la statue de Colbert trônant à l’entrée de l’Assemblée nationale a été maculée de peinture rouge, couleur du sang versé par les victimes de l’esclavage négrier perpétré par la France pendant plusieurs siècles dans ses colonies et en Amérique, et taguée de l’inscription « NÉGROPHOBIE D’ÉTAT ».

L’auteur de cette action symbolique, Franco Lollia, porte-parole de la Brigade Anti Négrophobie et Guy Florentin avocat, expliquent :

Les Nostalgiques du régime esclavagiste du Sud des États-Unis défendent les statues des généraux confédérés « séparatistes » qui ont combattu l’Union pour maintenir l’esclavage des Noirs.

L’État français et les nostalgiques du temps béni des colonies défendent la statue de Colbert « séparatiste en chef », créateur du Code Noir promulgué en 1685 qui a évacué l’homme noir du genre humain : « déclarons les esclaves être meubles » (article 44). Lire la suite

Roms massacrés à Auschwitz : l’anniversaire tragique du 2 août 1944

A Auschwitz-Birkenau, dans la nuit du 2 au 3 août 1944, 2897 Roms survivants dans le camp, pour la plupart des femmes, des enfants et des vieillards, furent assassinés dans les chambres à gaz lors la liquidation du « Zigeunerlager » (« le camp des tsiganes ») 

Le « Zigeunerlager » avait été établi par un décret de Himmler en décembre 1942. Lire la suite

Introduction au Guide du Soissons colonial

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

A la mémoire des tirailleurs marocains, sacrifiés dans la bataille de Crouy (1915), pour permettre le repli de l’armée française sur l’autre rive de l’Aisne, après une offensive désastreuse ;

A la mémoire des tirailleurs sénégalais sacrifiés inutilement dans la bataille du Chemin des Dames (1917), enterrés, pour la plupart, dans des fosses communes des cimetières militaires du Soissonnais ;

A la mémoire des Indochinois oubliés, qui ont déminé la ville des Soissons en 1919 et dont les tombes portent la mention étrange « mort pour la France ».

Introduction

Quel lien entre Soissons et les colonies ? La colonisation n’est-elle pas très lointain, dans cette ville qui ne s’est pas enrichie, ou si peu, dans l’aventure coloniale ? Lire la suite

Les passés, les identités et les vies que certains voudraient nous imposer

En introduction, Elise Thiébaut parle de sa géométrie hexagonale, de ses ancêtres francais, du terme souche utilisé par les amateurs d’identité nationale, « la souche, partie inférieure du tronc d’un arbre, est ce qui reste après qu’il a été coupé ou arraché. C’est la trace morte, le plus souvent, de ce qu’on était ». J’apprécie beaucoup chez cette autrice, l’ironie, l’utilisation de métaphores et d’images, la prise en compte d’éléments biographiques, dans ses solides argumentations. Elle revient sur des idéologues (Alain Soral, Eric Zemmour, Renaud Camus, Alain Finkielkraut, etc.), leurs éructations sur le « grand remplacement », les inventions d’un passé qui n’a jamais existé… Lire la suite

L’Occupation au prisme des zazous

Quelle histoire !

Zazous ? Un mot, évocateur, fait surgir des silhouettes, notamment celle de Boris Vian, un grand maître de la confrérie. Un mythe ? Une réalité ? Qui étaient-ils ces révoltés ? Gérard Régnier, spécialiste de l’histoire du jazz pendant l’Occupation – c’est sa thèse ı– a voulu, sur la base de la presse de l’époque, comprendre le phénomène en l’inscrivant dans son contexte. « L’histoire des Zazous » est une histoire de résistance individuelle, de contestation des ordres établis, de ruptures adolescentes. Le mouvement zazou, lui et les preuves abondent, est une reconstruction, manière d’excuse pour cette jeunesse absente des affrontements politiques structurants du 20e siècle. Ainsi en est-il des manifestations zazoues, une pure et simple invention. La plus connue, la plus diffusée : celle du port collectif de l’étoile jaune lorsque les autorités l’ont imposée aux Juifs de France, avec une inscription « swing ou autre ». L’auteur montre qu’elle est restée très minoritaire. Une réaction plus individuelle que collective. Lire la suite