Archives de Catégorie: Histoire

Ici on noya les Algériens

Riceputi

Ce livre est sorti en Septembre 2021 en librairie. C’est un livre important, pour l’histoire de la France coloniale et de la décolonisation. C’est aussi un livre important pour la réflexion sur le métier d’historien et la façon de l’exercer.

Rapide rappel des faits : Le 17 octobre 1961, pendant que se déroulaient entre Français et Algériens des négociations qui devaient aboutir quelques mois plus tard à la fin de la guerre d’Algérie et à l’indépendance de ce pays, la police parisienne réprima avec une extrême violence une manifestation pacifique de civils algériens qui protestaient contre l’instauration d’un couvre-feu imposée aux seuls Maghrébins. La manifestation, les violences policières se déroulèrent en début de soirée, dans de grands axes de la capitale, devant des dizaines de milliers de témoins potentiels. Il y eut des photos prises en direct d’hommes ensanglantés, de corps inanimés allongés sur les grands boulevards. Et dans les mois qui suivirent, quelques témoignages, quelques analyses circulèrent entre les mailles de la censure, très virulente à l’époque. Mais ni grands débats politiques, ni vagues d’indignation populaires. Pas de bronca non plus dans les médias quand la Préfecture de Police de Paris annonça officiellement le chiffre de deux morts parmi les manifestants, accompagné de ce commentaire oral : Pas de quoi en faire un drame. Les Français, dans leur très grande majorité, attendaient avec impatience la fin de la guerre, le drame du 17 octobre, en pleine négociations de paix, leur semblait fâcheux et incompréhensible. Ils l’oublièrent. Riceputi raconte dans ce livre le long combat (une quinzaine d’années, de 1986 aux années 2000) d’un homme, Jean-Luc Einaudi, pour briser l’oubli et faire entrer cette date dans notre Histoire. Lire la suite

Mayotte : une nouvelle fuite en avant répressive et toujours plus inégalitaire

Alors que nos associations sont contraintes d’accompagner au quotidien la population étrangère qui n’a pas fini de faire face aux conséquences dramatiques produites par la loi dite asile-immigration du 10 septembre 2018, c’est à grand renfort de nouvelles annonces visant à éloigner encore Mayotte du droit commun que les deux ministres ont rythmé leur visite. Des choix incompréhensibles quand « la convergence vers l’égalité des droits » est parallèlement revendiquée par les autorités.

Parmi ces annonces, le renforcement de la lutte contre « l’immigration clandestine » et la poursuite massive des reconduites à la frontière n’auront de cesse d’entraver la circulation des personnes et aggraver les violations des droits (rupture de scolarité, rupture de soins, séparation brutale de familles, expulsion de personnes protégées contre l’éloignement…) Lire la suite

C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?

expo fasti 1 Lire la suite

Mekatilili wa Menza : la lutte anticoloniale au Kenya

Pendant l’occupation britannique du pays, Mekatilili a dirigé une rébellion contre la violence colonialiste

Mekatilili wa Menza est né dans le village de Mutara Wa Tsatsu Ganze, dans la région de Kilifi, dans les années 1840. Son implication dans la lutte politique s’intensifia entre 1912 et 1915, lorsqu’elle fut l’une des dirigeantes du peuple de Giriama contre les forces coloniales britanniques au Kenya. La Compagnie Impériale Britannique d’Afrique de l’Est (Imperial British East AfricanCompany – IBEA), autorité coloniale dans le territoire, avait intensifié ses pressions économiques contre le peuple de Giriama, en imposant des taxes d’habitation et des contrôles plus stricts sur le commerce de vin de palme et de l’ivoire, deux produits qui étaient à la base de l’économie de la région. Les gardes ont également commencé à recruter de jeunes hommes pour réaliser des travaux forcés loin de leurs terres. Lire la suite

Luc Reinette : En mon âme et conscience

Assis au chevet de ma mère âgée de 102 ans, placée sous oxygène depuis plus d’un an pour raisons de santé, mais forte de toutes ses facultés en dehors de la marche, nous regardions ensemble sur l’écran de télévision le reportage sidérant réalisé dans les coulisses des Urgences et de la Réanimation du CHU, lorsque soudain elle me posa cette question : « Et tu ne dis rien ? »

Je lui expliquai que j’étais un simple militant et que l’Organisation à laquelle j’appartiens (FKNG) s’était déjà exprimée, qu’elle avait adopté une position de neutralité vis-à-vis du vaccin, mais avait demandé aux Guadeloupéens, de par leur condition de colonisés, d’exercer leur droit à la souveraineté pour sortir du cadre français, car dans ces moments exceptionnels que nous vivons et face à l’obligation vaccinale et à l’application chez nous du Pass sanitaire, il n’y avait pas d’autre choix que de se soumettre ou se démettre.

« Ce n’est pas suffisant, me répondit-elle, et tu le sais bien. C’est sur la base d’analyses et de convictions que tu as prôné l’Indépendance de la Guadeloupe depuis l’âge de 12 ans et c’est sur la base de ces mêmes convictions et de ton idéal de liberté que tu t’exprimes et agis encore aujourd’hui.

Comme moi aux premiers jours et toi depuis avril 2021 je crois, tu es vacciné, et tu l’as fait en toute conscience et en toute indépendance»

Certes, lui ai-je répondu, mais que vaut ma parole, ma parole à moi qui ne suis pas médecin, dans le climat délétère actuel où les Guadeloupéens s’affrontent sans merci dans un contexte qui frôle l’hystérie qui voit des menaces – y compris physiques – fuser de toutes parts ? Et d’ailleurs qui attend ma parole ?

Malicieusement elle me répondit : « Il y a déjà pour commencer l’une de mes infirmières, qui prétend ne pas être seule à le penser, et qui me demande jour après jour devant la catastrophe qui nous frappe et les pertes humaines qui s’accumulent : pourquoi votre fils Luc ne dit rien ? »

« La haine insensée et irrationnelle qui caractérise actuellement les relations entre Guadeloupéens, et les fakes-news qui abreuvent les réseaux sociaux (souvent reprises par des personnes à priori intelligentes) ont alors convoqué dans mon esprit deux tragédies humaines qui me hantent encore. » Lire la suite

Kanaky : Motion adoptée à l’unanimité au congrès populaire des indépendantistes 

Motion Congres Populaire Salle Omnisport Anse Vata-A Lire la suite

« CHE » ABDELKRIM : le Lion du Rif. Un siècle…

En ce 21 juillet 2021, cela fera tout juste un siècle, que la face du monde, du moins d’une partie de ce dernier a connu un chambardement dont peu de contemporains auraient pu mesurer toutes les conséquences qui se font sentir jusqu’à nos jours. Le 21 juillet 1921, l’armée espagnole sous la férule de l’un de ses fringuants gradés, le général Sylvestre, subie l’une des rares défaites qu’une armée coloniale endurera en ce premier quart de siècle de ce « court vingtième siècle », déjà ensanglanté par la première des boucheries, celle de 1914/1918. La monarchie espagnole qui, tout au long du XIXe siècle, connaîtra l’effondrement de son empire colonial en Amérique latine, se voit ôter, de surcroit, par le traité de Paris du 25 octobre 1898, Cuba, les Philippines, Porto-Rico et l’ile de Guam.

A la Conférence d’Algéziras, en Espagne, du 7 avril 1906, la monarchie espagnole se voit recevoir une petite compensation par rapport à la perte de ses derniers bastions coloniaux, au profit essentiellement des Etats Unis, par l’octroi du nord de la monarchie marocaine, le Rif, dans le cadre du démembrement de la dernière parcelle africaine n’ayant connu de domination coloniale. La France se voit elle légitimer à posséder la partie sud de la monarchie marocaine, Fès étant la ligne de partage. Lire la suite

Federico García Lorca a été fusillé à 4 h 45 du matin un 19 août, il y a 85 ans par les fascistes espagnols

« Aujourd’hui tremble en mon cœur
Un vague frisson d’étoiles
Et toutes les roses sont
Aussi blanches que ma peine.
 »

Son corps a été enterré dans une fosse commune anonyme, aux côtés d’un instituteur, Dióscoro Galindo, et deux anarchistes, Francisco Galadí et Joaquín Arcollas, exécutés le même jour.

L’accord allemand sur le génocide, une « insulte » pour les Ovaherero et les Nama de Namibie

L’image de Google Earth permet de voir comme des sillons se découpant sur la plaine. En zoomant de plus près, toutefois, on peut distinguer des milliers de monticules se dressant en rangs serrés sur la surface du désert. Chacun de ces monticules est une tombe non marquée, et le souvenir d’un terrible massacre. Et c’est là, entre ces rangées où gisent ses ancêtres, que l’artiste et activiste Laidlaw Peringanda s’acquitte d’une tâche douloureuse.

Il vient s’occuper des tombes qui jonchent le pourtour de la ville balnéaire de Swakopmund, en Namibie. Le plus dur dans ce travail, c’est lorsque que les vents marins ont érodé les tombes, exposant les restes osseux et les crânes de ses ancêtres. Lire la suite

Les blessures externes et intimes du crime colonial et du crime nucléaire

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« La terre est contaminée
L’océan l’est aussi
Le peuple l’est aussi
La bouche des menteurs l’est tout autant
 »

Entre 1966 et 1996, dans les atolls de Moruroa et de Fangataufa, 193 essais nucléaires dont 46 atmosphérique. Le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). Des populations exposées aux retombées radioactives. Andréas Pfersmann interroge : « Comment la littérature a-t-elle appréhendé le CEP et les essais nucléaires de Moruroa et de Fangataufa ? ». Il se propose de discuter de certains ouvrages en « essayant d’élucider la corrélation entre stratégies littéraires et choix idéologiques ». Lire la suite

Transition pour Kanaky dans l’unité !

2021 - 7 - 22 - Solidarité Kanaky Bulletin 12

Sommaire : 3ème référendum : 12 décembre

Non à la criminalisation des militants indépendantistes

La grève dans la commune de Voh

Editorial du n° 26 de La voix de Kanaky Lire la suite

Déboulonner les statues, ériger l’histoire décoloniale

Le débat autour du déboulonnage des statues de Léopold II fait les grands titres de la presse depuis quelques jours. Une pétition en ligne, prenant fin le 30 juin 2020, a déjà recueilli près de 70 000 signatures en faveur de la disparition des représentations de celui qui fut propriétaire du Congo de 1885 à 1908, avant que la souveraineté ne passe à la Belgique.  Lire la suite

Juillet 1936 : la guerre d’Espagne commence « Nous n’oublierons pas les poings levés »

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Le 17 juillet 1936, au Maroc, les troupes du général Franco se soulèvent contre le gouvernement républicain espagnol alors que le Front populaire a triomphé aux élections de février. Le lendemain, 18 juillet, le coup militaire s’étend à toute le pays. La guerre civile espagnole commence. Déjà sur place ou arrivant pour suivre les évènements, reporters et reportrices, journalistes, écrivains, prennent leurs armes – leur plume.

Anne Mathieu dans son livre Nous n’oublierons pas les poings levés ; reporters, éditorialistes et commentateurs antifascistes pendant la guerre d’Espagne (Syllepse 2021) [1], en décrit les itinéraires de quelque deux cents [2], leur donne la parole, se plonge dans les articles de celles et de ceux qui se battirent par la plume pour la cause antifasciste.

Robi Morder

 

Voici ce qu’elle décrit dès le premier chapitre : « Un pays en armes » (avec l’aimable autorisation des éditions Syllepse). Lire la suite

Quand la science permet de penser les réparations coloniales

La base de données du projet de recherche « Repairs » sur les réparations, compensations et indemnités au titre de l’esclavage (Europe-Amériques-Afrique) entre le XIXe et le XXIe siècle vient d’être rendue publique. Sa coordinatrice, Myriam Cottias explique la nécessité de penser la question des réparations liées à l’esclavage et à la période coloniale à travers une démarche scientifique. Quand la recherche sur le passé sert à définir la société d’aujourd’hui. Lire la suite

Accès aux archives publiques : lettre ouverte aux parlementaires (plus : Nuit noire sur les archives)

L’arrêt du Conseil d’État du 2 juillet 2021 a déclaré illégale et annulé la procédure de déclassification des archives « secret-défense » de plus de cinquante ans.

Ces archives redeviennent donc communicables de plein droit, permettant aux historiens de reprendre leur indispensable travail sur la seconde guerre mondiale, la IVème république ou la guerre d’Algérie.

Après cette décision, il n’est pas possible de poursuivre l’examen de l’article 19 du projet de loi relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement comme si de rien n’était.

La décision du Conseil d’État donne, en effet, une tout autre perspective à cet article. Nul ne peut plus nier qu’il a pour seul et unique objet d’allonger les délais actuels de communication des archives publiques et qu’il n’est pas la mise en œuvre d’une politique d’ouverture pourtant revendiquée. Lire la suite

Les enfumades du Dahra toujours présentes dans les mémoires

Dans les annales du colonialisme, il y a cette date 18-20 juin 1845, mais il y a aussi l’avant et l’après 8 Mai 1945 où l’armée coloniale a perpétré des massacres en Algérie et ailleurs.

Ces enfumades se sont déroulées entre le 18 et le 20 juin de l’année 1845 dont se sont rendus coupables les sinistres Cavaignac, Pélissier, Saint Arnaud et Canrobert. 

Les enfumades du Dahra se lisent à travers 4 documents : le rapport de Pélissier, la lettre du soldat français puis celle d’un soldat espagnol et le rapport de Bugeaud. Les colonisateurs ont gardé secret de rapports militaires contenant des informations accablantes sur le déroulement des faits, parmi lesquels celles de Saint-Arnaud où il donne quelques détails troublants sur le massacre du Dahra. Ceux-ci corroborent de manière incontestable la préméditation de l’acte. Le 18 juin 1845, Saint-Arnaud est en opération chez les Ouled Younès. Dans la nuit du 19 au 20 juin, alors qu’il est dans son campement du côté de Aïn-Merane (Chlef), « le bruit des fougasses (mine explosive) se fait entendre à trente lieues à la ronde », Saint-Arnaud en conclut : « C’est le colonel Pélissier qui travaille les cavernes et les grottes des Ouled Riah ». Et d’ajouter : « Ces pauvres Arabes sont traqués partout et ne savent plus où se réfugier ». La lettre qu’il adresse le même jour au commandant Tripier donne la même information. Une autre lettre est adressée au colonel Pélissier. Il y évoque encore une fois les bruits de canon et de pétards dans les grottes des Ouled  Riah. Ce n’est que le 26 juin que la population indigène de la région apprend la tragédie des grottes des Ouled Frachich. Et c’est Pélissier en personne qui raconte à Saint-Arnaud ce carnage et celui-ci s’empresse d’informer ses officiers : « Le colonel Pélissier, après avoir fait périr dans les cavernes de Ouled Riah plus de 1 010 personnes de tout âge et autant de bêtes de cheptel, a reçu la soumission de tous les habitants du Dahra. » Lire la suite

Encore sur la Commune

Autant d’ouvrages se partageaient-ils les étals des libraires lors du centième anniversaire de cette « révolution impromptue » pour reprendre le titre du livre que lui a consacré Roger Martelli ? Une cascade de livres de tout acabit qu’il ne sera pas possible de lire… Seul le Président de la République ne s’y est pas aventuré préférant la commémoration de Napoléon, modèle moins révolutionnaire. Lire la suite

Tropiques toxiques, le scandale

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Dans cette bande-dessinée dense et extrêmement bien documentée, l’autrice Jessica Oublié nous emmène sur les traces du chlordécone, un pesticide massivement utilisé dans la culture de la banane de 1972 à 1993, et démontre point par point en quoi cette pollution relève, aux Antilles, d’un scandale d’État. Alors que la toxicité de cette molécule était connue et documentée dès les années 1970, elle a malgré tout été épandue pendant 22 ans, entraînant une pollution des sols pour des centaines d’années et une contamination de 65% des cours d’eau. Conséquence : toute l’alimentation produite sur ces sols est possiblement toxique (selon les zones et le type d’aliments, à des degrés variables), que ce soient les poissons, le bétail, les légumes, et à ce jour 9 personnes sur 10 ont des traces de chlordécone dans le sang. L’existence de cette pollution ne fait aujourd’hui plus aucun doute, pourtant, l’Etat refuse de lui reconnaître un lien de causalité avec la santé des Antillais.es et prend ce prétexte pour retarder une réelle prise en charge du problème, comme si la pollution n’était problématique que si elle était visiblement et directement mortelle. Hélas, comme l’explique la bande-dessinée, avant que le scandale sanitaire advienne enfin, et avec lui des mesures d’indemnisation pour les victimes et le jugement des personnes responsables, il faut « être patients et apprendre à compter les morts ». Lire la suite

Il y a 77 ans : Oradour-sur-Glane. Retour sur un crime de masse

Le 10 juin 1944, la Division « Das Reich » faisait 643 victimes en anéantissant tout un village. Il s’agissait pour elle, de réduire les forces de la Résistance et de terroriser les populations, trois jours après le débarquement allié en Normandie. Michel Baury vient de conclure une enquête de plus de 10 ans sur ce massacre.

Michel Baury est ce qu’on peut appeler un « historien-citoyen ». Pourquoi ? Parce qu’il a conduit en une décennie, un considérable travail sur Oradour avec tous les instruments d’un historien professionnel : l’enquête, l’archive, l’entretien, le recueil de témoignages (un millier de personnes interrogées) (*). Lire la suite

Pas une rue, pas une avenue, pas une école au nom de Bugeaud

« Si ces gredins [les indigènes d’Algérie] se retirent dans leurs cavernes, fumez-les à outrance comme des renards ». Général Bugeaud 

« Il est un peu tard (…) mais je n’ai jamais été battu et je ne commencerai pas demain. Qu’on me laisse faire et tirer au canon, il y aura du sang répandu ; mais demain soir la force sera du côté de la loi, et les factieux auront leur compte. [1] » Maréchal Bugeaud, février 1848, à propos de l’insurrection parisienne qui a débouché sur le rétablissement de la République.

« Il est bon de se souvenir que depuis 1830 les procédés de la terreur de masse sont employés par la minorité européenne et ses défenseurs (…). Priorité dans l’horreur… » Robert Bonnaud, avril 1957.

18 juin 1845. Réfugiés dans les grottes du Dahra, proches de Mostaganem, pour échapper à la progression des troupes commandées par le colonel Pélissier, les membres de la tribu des Ouled Riah – hommes, femmes, enfants et vieillards – ne sont plus. Cernés, ils ont été méthodiquement enfumés et asphyxiés. Bilan : entre sept cents et mille morts. Dans le rapport circonstancié adressé à Bugeaud, gouverneur général de l’Algérie, maréchal de France depuis 1843 grâce à ses “exploits” algériens et à la « pacification » qu’il conduit aux moyens de razzias, d’enfumades, de massacres et de déportations des populations « indigènes », Pélissier écrit : « dès lors ; je n’eus plus qu’à suivre la marche que vous m’aviez indiquée : je fis faire une masse de fagots et, après beaucoup d’efforts, un foyer fut allumé et entretenu à l’entrée supérieure » de la grotte. Lire la suite