Archives de Catégorie: Histoire

Lettre ouverte à Charles Gardou

Je ne participerai pas à l’hommage rendu, le 10 décembre 2018 sur l’esplanade des Droits de l’Homme au Trocadéro, à Paris. Hommage rendu « aux 45 000 personnes fragilisées par la maladie ou le handicap, mortes d’abandon et de faim dans les établissements qui lez accueillaient sous l’Occupation ». Hommage rendu en présence de Madame Sophie Cluzel, Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées. Lire la suite

Sortons du Blois !

Comme chaque année, la communauté historienne inaugure son salon du livre. Les Rendez-vous de l’histoire de Blois sont d’abord, comme le dit le dépliant, une « gigantesque librairie » d’histoire où se pressent des centaines d’éditeurs et d’auteurs venus rencontrer leurs lecteurs. D’année en année, cette manifestation s’est imposée comme le moment de visibilité unique donné à la production et à la recherche historiques, avec ses stars, ses invités, ses évités, ses dîners, ses conférences à guichet fermé. Lire la suite

La refondation du droit et des normes sur la « nature » et la « race »

La quête de connaissance nous pousse à « traquer l’intéressant dans le quotidien, le dissonant dans la répétition, l’improbable dans le banal ». Nous cherchons à comprendre et à « comprendre dans et par le temps ». La seconde guerre mondiale semble nous offrir un « monde chaotique et indéchiffrable » et certain·es n’hésitent pas à réduire les complexités et les contradictions en combat du « Bien sur le Mal », un leitmotiv aussi utilisé par les alliés contre le Troisième Reich (« la guerre de la démocratie » contre les fascisme »). Johann Chapoutot nous rappelle que « le 8 mai 1945, ce fut certes la capitulation des nazis, mais aussi Sétif et Guelma », sans oublier la ségrégation raciale dans l’armée étasuniennes qui combattait le nazisme…

Un livre pour interroger et comprendre, un recueil de textes, d’entretiens, de conférences publiques, d’émissions de radio… le ton particulier de l’oral et une grande lisibilité. Lire la suite

Billet d’humeur : À propos de l’affaire Maurice Audin 

La question coloniale fait débat, et depuis longtemps. Les uns œuvrent pour une réconciliation des mémoires, les autres souhaitent ardemment écarter un passé désastreux. Or, les reconnaissances fragmentaires ou ponctuelles des exactions d’hier ne suffisent pas à apaiser les rancœurs des héritiers de plus d’un siècle de mensonges et de silence dont le voile ne se déchire que parcimonieusement,  pour se refermer aussitôt. La frilosité politique, liée notamment à l’ambiguïté des positions des partis politiques d’hier, l’emporte assez largement sur la volonté de dire le vrai des choses. Lorsque nous avons fondé le CVUH, il nous importait de protester, en tant qu’historiens, contre un projet de loi annonçant les effets positifs de la colonisation. Le temps a passé, mais les traces de la colonialité subsistent de part et d’autre de la Méditerranée, nous en voyons chaque jour les effets toujours plus délétères. L’oubli du passé s’apparente souvent au déni, c’est pourquoi les mémoires resurgissent d’autant plus vives et excessives qu’elles découvrent l’immensité des non-dits. La reconnaissance des méfaits de la colonisation est un bilan encore loin d’être partagé par les autorités actuelles. Combien de temps faudra-t-il encore pour saluer, par exemple, le courage des signataires du manifeste des 121, des porteurs de valises et de tous ceux qui dénoncèrent « cette guerre injuste, déshonorante par la systématisation de la torture » – ce propos est extrait d’un ouvrage de Charlotte Delbo, rescapée d’Auschwitz, dont la grande expérience de l’oubli l’incita, dès 1961, à exercer sa vigilance en rassemblant, en un volume, les écrits de ceux qui dénonçaient les pratiques légales de l’insoutenable ! Cette fois-ci en Algérie ! Lire la suite

11 novembre, école, mémoire, histoire

Merci à Fabien pour avoir signalé ce texte

Voici l’intervention faite hier au 10° rassemblement de Rocles pour la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple de 1914-1918 par Vincent Présumey au nom de la FSU 03

Chers amis, compagnons, citoyens, camarades,

Voici plusieurs années que dans ce rendez-vous militant pour la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple de la boucherie impérialiste (appelons les choses par leur nom !) de 1914-1918, nous évoquons ce qu’il est convenu d’appeler la mémoire, mais pas la mémoire officielle, celle, majoritaire, du peuple, des familles, des exploités et des opprimés pour qui la boucherie ne fut pas une victoire, mais bien une boucherie, et dans lequel nous rappelons l’histoire, scientifique et sérieuse, dans laquelle la prétendue victoire portait en elle, comme la nuée l’orage, une autre guerre et la réaction nationaliste, et nazie, et donc la suite du grand déclin et de la grande brutalisation de l’Europe capitaliste. Lire la suite

Communiqué USTKE suite au référendum du 4 novembre 2018

La consultation électorale du 4 novembre 2018 portant sur l’accession du Pays à sa pleine souveraineté et à l’Indépendance a rendu son verdict avec la victoire du NON. 53,7 contre 43,3.

Victoire plus serrée que prévue qui a mis sérieusement en doute la fiabilité des sondages qui prédisait un score plus large en faveur de l’option du NON, certains comme P. GOMES, député de Calédonie Ensemble, avait même avancé un 70 contre 30, mais victoire quand même au bout du compte. 

L’USTKE dans son XVIème Congrès tenu les 7 – 8 et 9 septembre dernier à Ko Wé Kara avait fait le choix de ne pas y aller à cette consultation suite à un vote démocratique où une très large majorité a choisi l’option de la « Non participation ». Lire la suite

L’œuvre négative du néocolonialisme français et Européen en Afrique. La politique migratoire : Une « Réalpolitique » meurtrière

Le scénario de bateaux plein d’êtres humains errant en méditerranée de nombreux jours avant de pouvoir accoster dans un port européen tend à devenir récurent. La couverture médiatique et politique de ces drames humains se déroule également avec les mêmes ingrédients argumentaires : « crise migratoire », « appel d’air », « afflux massif », etc. Ces « éléments de langages » pour reprendre le vocabulaire de la novlangue libérale ont comme objectif de justifier des politiques migratoires dites « réalistes » ou articulant « fermeté et humanité ». Les non-dits ou silences des discours médiatiques et politiques dominants sont tout aussi récurrents : silence sur les causes socio-économiques de ces migrations (néocolonialisme, guerres et interventions militaires occidentales, etc.), mutisme sur les besoins démographiques européens et ses conséquences en terme de besoin de main d’œuvre dans les décennies à venir, occultation des effets de la précarisation des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Le consensus que l’on tente ainsi de construire contre « l’invasion » n’est en fait qu’un outil de la dérégulation généralisée libérale.  Lire la suite