Archives de Catégorie: Histoire

Pour la souveraineté de Kanaky

Lire la suite

Serments de Buchenwald et de Mauthausen

Le serment de Buchenwald a été prononcé sur la place d’appel du camp de Buchenwald le 19 avril 1945, une semaine après la libération du camp.

« Nous, les détenus de Buchenwald, nous sommes venus aujourd’hui pour honorer les 51 000 prisonniers assassinés à Buchenwald et dans les Kommandos extérieurs par les brutes nazies et leurs complices. 51 000 des nôtres ont été fusillés, pendus, écrasés, frappés à mort, étouffés, noyés, empoisonnés et tués par piqûres. 51 000 pères, frères, fils sont morts d’une mort pleine de souffrances, parce qu’ils ont lutté contre le régime des assassins fascistes. 51 000 mères, épouses et des centaines de milliers d’enfants accusent. Nous, qui sommes restés en vie et qui sommes des témoins de la brutalité nazie, avons gardé avec une rage impuissante la mort de nos camarades. Si quelque chose nous a aidés à survivre, c’était l’idée que le jour de la justice arriverait. Lire la suite

Ni s’incliner ni regarder ailleurs : interroger 

Dans l’introduction, introduction-du-guide-du-bordeaux-colonial-et-et-de-la-metropole-bordelaise/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, les auteurs et autrices indiquent : « Ce Guide prend la question de l’histoire de Bordeaux par le petit bout de la lorgnette, en la braquant sur les noms des rues et autres voies qui ont été retenus pour honorer ceux qui ont contribué à la construction de la France coloniale ».

Des lieux magnifiques construits grâce aux fortunes réalisées dans le commerce colonial, la traite négrière et l’esclavage mais pas seulement, le « parti colonial », la constitution de l’Etat français comme Etat colonial, les luttes des dominé·es, Bordeaux et la constitution de l’empire, la place du commerce du vin en droiture, les noms comme témoins de l’histoire et « de ce rôle assumé par les édiles dans leur dénomination »… Lire la suite

Décolonisation et droit à l’autodétermination

En avant propos, après avoir présenté les orientations et les actions de Survie, l’engagement pour l’autodétermination de la Kanaky, les auteurs/autrices présente la brochure et ses limites, « ce document a pour but de mettre à disposition une information synthétique, que nous pensons pouvoir être utile au mouvement indépendantiste dans sa lutte et dans la construction d’un futur état réellement souverain. Nous nous inscrivons dans une démarche militante et politique, pas dans le domaine de l’expertise technique ou administrative. Nous ne proposons pas ici de solutions ou d’orientations toutes faites, car nous pensons au contraire que seuls les acteurs locaux ont la légitimité, l’expérience et la connaissance du terrain pour construire leur avenir »… Lire la suite

La nuit des poètes juifs assassinés le 12 août 1952 : le massacre antisémite de Staline

Parmi les victimes du massacre du 12 août 1952: Peretz Markish, Leib Kvitko, David Hofshtein, Itzik Feffer, David Bergelson,
écrivains et poètes.

Staline et les Juifs : de la suppression du Comité Antifasciste Juif au procès des Blouses blanches. 

Pour qui veut combattre l’antisémitisme et ses projections à gauche, il est crucial de se pencher sur l’histoire de l’antisémitisme stalinien. Celui-ci est à l’origine de nombreux « concepts » calamiteux de cette haine. 

Staline et ses sbires ont notamment recyclé les termes issus de l’extrême-droite et du nazisme sur le « complot juif international ».  Lire la suite

Le code noir, Colbert, la négrophobie d’Etat : le temps des réparations

Monsieur le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux,

Le mardi 23 juin 2020, la statue de Colbert trônant à l’entrée de l’Assemblée nationale a été maculée de peinture rouge, couleur du sang versé par les victimes de l’esclavage négrier perpétré par la France pendant plusieurs siècles dans ses colonies et en Amérique, et taguée de l’inscription « NÉGROPHOBIE D’ÉTAT ».

L’auteur de cette action symbolique, Franco Lollia, porte-parole de la Brigade Anti Négrophobie et Guy Florentin avocat, expliquent :

Les Nostalgiques du régime esclavagiste du Sud des États-Unis défendent les statues des généraux confédérés « séparatistes » qui ont combattu l’Union pour maintenir l’esclavage des Noirs.

L’État français et les nostalgiques du temps béni des colonies défendent la statue de Colbert « séparatiste en chef », créateur du Code Noir promulgué en 1685 qui a évacué l’homme noir du genre humain : « déclarons les esclaves être meubles » (article 44). Lire la suite

Roms massacrés à Auschwitz : l’anniversaire tragique du 2 août 1944

A Auschwitz-Birkenau, dans la nuit du 2 au 3 août 1944, 2897 Roms survivants dans le camp, pour la plupart des femmes, des enfants et des vieillards, furent assassinés dans les chambres à gaz lors la liquidation du « Zigeunerlager » (« le camp des tsiganes ») 

Le « Zigeunerlager » avait été établi par un décret de Himmler en décembre 1942. Lire la suite

Introduction au Guide du Soissons colonial

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

A la mémoire des tirailleurs marocains, sacrifiés dans la bataille de Crouy (1915), pour permettre le repli de l’armée française sur l’autre rive de l’Aisne, après une offensive désastreuse ;

A la mémoire des tirailleurs sénégalais sacrifiés inutilement dans la bataille du Chemin des Dames (1917), enterrés, pour la plupart, dans des fosses communes des cimetières militaires du Soissonnais ;

A la mémoire des Indochinois oubliés, qui ont déminé la ville des Soissons en 1919 et dont les tombes portent la mention étrange « mort pour la France ».

Introduction

Quel lien entre Soissons et les colonies ? La colonisation n’est-elle pas très lointain, dans cette ville qui ne s’est pas enrichie, ou si peu, dans l’aventure coloniale ? Lire la suite

Les passés, les identités et les vies que certains voudraient nous imposer

En introduction, Elise Thiébaut parle de sa géométrie hexagonale, de ses ancêtres francais, du terme souche utilisé par les amateurs d’identité nationale, « la souche, partie inférieure du tronc d’un arbre, est ce qui reste après qu’il a été coupé ou arraché. C’est la trace morte, le plus souvent, de ce qu’on était ». J’apprécie beaucoup chez cette autrice, l’ironie, l’utilisation de métaphores et d’images, la prise en compte d’éléments biographiques, dans ses solides argumentations. Elle revient sur des idéologues (Alain Soral, Eric Zemmour, Renaud Camus, Alain Finkielkraut, etc.), leurs éructations sur le « grand remplacement », les inventions d’un passé qui n’a jamais existé… Lire la suite

L’Occupation au prisme des zazous

Quelle histoire !

Zazous ? Un mot, évocateur, fait surgir des silhouettes, notamment celle de Boris Vian, un grand maître de la confrérie. Un mythe ? Une réalité ? Qui étaient-ils ces révoltés ? Gérard Régnier, spécialiste de l’histoire du jazz pendant l’Occupation – c’est sa thèse ı– a voulu, sur la base de la presse de l’époque, comprendre le phénomène en l’inscrivant dans son contexte. « L’histoire des Zazous » est une histoire de résistance individuelle, de contestation des ordres établis, de ruptures adolescentes. Le mouvement zazou, lui et les preuves abondent, est une reconstruction, manière d’excuse pour cette jeunesse absente des affrontements politiques structurants du 20e siècle. Ainsi en est-il des manifestations zazoues, une pure et simple invention. La plus connue, la plus diffusée : celle du port collectif de l’étoile jaune lorsque les autorités l’ont imposée aux Juifs de France, avec une inscription « swing ou autre ». L’auteur montre qu’elle est restée très minoritaire. Une réaction plus individuelle que collective. Lire la suite

Face aux crimes passés des puissances coloniales européennes et au néo colonialisme européen, des réparations s’imposent

Phase 2 du projet ReCommonsEurope : « L’impact des politiques financières européennes et des stratégies de coopération au développement sur le Sud et les alternatives possibles »

Grâce aux mobilisations Black Lives Matter qui ont lieu en 2020 à l’échelle internationale contre le racisme en général, et la négrophobie en particulier, de plus en plus de personnes cherchent à connaître la vérité sur le passé ténébreux des puissances coloniales et la continuité néo-coloniale dans les temps présents. Des statues de personnages emblématiques du colonialisme européen sont déboulonnées ou font l’objet de dénonciations salutaires. Il en va de même avec des statues de personnages qui, aux États-Unis, symbolisent l’esclavage et le racisme. ReCommonsEurope se réjouit de toutes les initiatives et actions qui visent à dénoncer les crimes coloniaux, cherchent à établir la vérité sur les atrocités passées, mettent en évidence les instruments du néo-colonialisme et toutes les formes de résistance du passé jusqu’à aujourd’hui, demandent des réparations et exigent la fin de toutes les formes de discrimination à l’égard des peuples victimes du colonialisme et du néo-colonialisme. Lire la suite

Les rêves brisés de novembre 1918

« L’Alsace, comme son nom l’indique, est un pays appelé aux plus hautes destinées. C’est le pays le plus propre du monde : il change de chemise tous les trente ans. Il digère ses drapeaux aussi aisément que son exquis pâté de foie de piano, célèbre dans le monde entier », Hans Arp et Vicente Huidobro, cités par l’auteur.

Dans son introduction « Novembre 1918 en Alsace-Lorraine, pourquoi ? », introduction-novembre-%E2%80%AF1918-en-alsace-lorraine-pourquoi-a-louvrage-de-jean-claude-richez-une-revolution-oubliee/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Jean-Claude Richez revient sur cette région annexée par l’empire allemand en 1871, les derniers jours de ce même empire, la Première Guerre Mondiale, la révolution allemande de Novembre, « L’Alsace-Lorraine accompagne l’Empire allemand jusque dans ses derniers soubresauts. Elle participe aux quinze premiers jours de la révolution de Novembre. Cette révolution en Allemagne est d’abord une révolution démocratique qui met un terme au régime impérial comme aux régimes princiers de la plupart des États fédérés au sein de l’Empire. En Alsace-Lorraine, cette révolution coïncide avec son retour dans une France désormais républicaine. » Lire la suite

Les déboulonneurs de statues n’effacent pas l’histoire, ils nous la font voir plus clairement

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

L’anti-racisme est une bataille pour la mémoire. C’est l’une des caractéristiques les plus remarquables de la vague de protestations qui a déferlé sur le monde après l’assassinat de George Floyd à Minneapolis. Partout, les mouvements antiracistes ont remis le passé en question en ciblant des monuments qui symbolisent l’héritage de l’esclavage et du colonialisme : le général confédéré Robert E. Lee en Virginie ; Theodore Roosevelt à New York ; Christophe Colomb dans de nombreuses villes américaines ; le roi belge Léopold II à Bruxelles ; le marchand d’esclaves Edward Colston à Bristol ; Jean-Baptiste Colbert, ministre des finances de Louis XIV et auteur du tristement célèbre Code noir en France ; le père du journalisme italien moderne et ancien propagandiste du colonialisme fasciste, Indro Montanelli, etc. Lire la suite

Le passé en traces sur le papier…

« Aujourd’hui, en jetant un regard sur tant d’archives de police du XVIIIe siècle, dépouillées pour faire avancer la connaissance et susciter la curiosité sur la vie des plus humbles, on ne peut qu’être impressionné par la multitude de faits, de vies, d’êtres singuliers, étranges et passionnants, à propos desquels rien n’a été dit alors que je les avais rencontrés. Ils n’entraient pas dans les objets de recherche que je m’étais donnés ». Dans son introduction Arlette Farge aborde le « murmure du combat », les « bruits singuliers », les « profondeurs de l’individu », l’« unique », le « déchet » et le « reliquat »… Lire la suite

Décolonisons l’espace public !

Un mouvement d’ampleur mondiale exige une décolonisation de l’espace public. De l’Afrique du Sud à Paris, de la Colombie à Lille, des USA à Nantes, de la Martinique à Bordeaux, etc., la planète entière voit se développer des mobilisations pour que cessent les valorisations et mises à l’honneur d’esclavagistes, de massacreurs coloniaux et d’idéologues et théoriciens racistes. Honorés par des statues ou des noms de voies publiques et d’écoles, ces symboles de plus de quatre siècles d’esclavage et d’un siècle et demi de colonisation, constituent une véritable insulte au peuple français en général et aux citoyennes et citoyens issus de ces peuples meurtris par l’esclavage et la colonisation. Ce mouvement est une bonne nouvelle pour tous les partisans de l’égalité. Il doit être soutenu et amplifié pour rendre incontournable la décolonisation, non seulement des espaces publics mais aussi des imaginaires collectifs et de l’histoire officielle. Lire la suite

Louis-Georges Tin : « Comment faire France lorsque les héros des uns sont les bourreaux des autres ? 

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans son allocution télévisée du 14 juin, Emmanuel Macron l’a affirmé : « La République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statue»

Le propos d’Emmanuel Macron constitue une double faute. Sur le fond, cette réponse tente de figer la France dans le statu quo, en faisant abstraction du débat national et international. Or, depuis trois ans, le CRAN a posé le problème. Tout récemment, Jean-Marc Ayrault lui-même, ancien Premier Ministre, et aujourd’hui président de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage, déclarait : « Comment comprendre que dans les locaux de l’Assemblée nationale, une salle porte encore le nom de Colbert ? » Or le président a répondu à cette requête en parlant de « séparatisme » : les mots sont forts, mais oui, s’il s’agit de se séparer de Colbert et de l’esclavagisme, oui, nous sommes « séparatistes ». C’est cela la République, et les droits de l’homme. Lire la suite

Dordogne : « Il faut ranger Bugeaud au musée »

TRIBUNE LIBRE – Des Périgourdins plaident pour le retrait des statues du maréchal périgourdin en raison de son action en Algérie.

Si nombre de Périgourdins, élus mais aussi Betty Wieder, la présidente de la section périgourdine de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), n’estiment pas nécessaire de « déboulonner » les statues de Bugeaud érigées à Périgueux et Excideuil, d’autres ont décidé de plaider le contraire. « Sud Ouest » publie leur tribune libre pour contribuer au débat.

« L’assassinat raciste de George Floyd a relancé aux États-Unis mais aussi en Europe la question des anciens esclavagistes et autres colonisateurs honorés par des noms de rues et/ou des statues. À Périgueux comme à Excideuil, l’honneur fait au maréchal Bugeaud doit être mis en question. Il faudrait, nous dit-on, donner la parole aux historiens ? Ils l’ont prise et les faits sont établis.  Lire la suite

Patrick Chamoiseau : CONTRE LES STATUES : LES TRACES-MÉMOIRES

Nos monuments demeurent comme des douleurs.

Ils témoignent de douleurs.

Ils conservent des douleurs.

Ce sont le plus souvent des édifices produits par la trajectoire coloniale : forts, églises, chapelles, moulins, cachots, bâtiments d’exploitation de l’activité esclavagiste sucrière, structures d’implantation militaire… Les statues et les plaques de marbre célèbrent découvreurs et conquistadores, gouverneurs et grands administrateurs. En Guyane, comme aux Antilles, ces édifices ne suscitent pas d’écho affectif particulier ; s’ils témoignent des colons européens, ils ne témoignent pas des autres populations (Amérindiennes, esclaves africains, immigrants hindous, syro-libanais, chinois…) qui, précipitées sur ces terres coloniales, ont dû trouver moyen, d’abord de survivre, puis de vivre ensemble, jusqu’à produire une entité culturelle et identitaire originale. Lire la suite

Rues, monuments et crimes coloniaux à Marseille

Dans le monde, dans chaque ville marquée par des symboles du racisme et du colonialisme on déboulonne les statues et on débaptise les rues. Marseille est une ville coloniale qui regorge de tels symboles. Ville coloniale déchue, dirigée depuis longtemps par une bourgeoisie mercantile, affairiste, mafieuse, imprévoyante et irresponsable. Elle en porte toujours les stigmates : monuments, noms de rue, parcs, façades d’immeubles, de compagnies maritimes, de banques coloniales… qui témoignent des « splendeurs » passées de l’empire colonial mais aussi plus directement des crimes coloniaux. Lire la suite

Lambeaux d’archives

Arlette Farge, historienne, a décidé de dresser un « anecdotaire » – un mot inventé -, signifiant raconter ce qui n’a pas encore été raconté pour un travail de mémoire à travers des « Vies oubliées ». Surgissent des personnages dignes de devenir des figures d’un roman en train de s’écrire pour la première partie, la seconde fait la part belle aux rapports de police qui dévoilent les violences de la société du 18e siècle, notamment celles faites aux femmes. Une galerie qui se visite au hasard de ces rencontres qui ne laissent jamais indifférent.

Arlette Farge : Vies oubliées. Au cœur du 18e, La Découverte/A la source

Nicolas Béniès