Archives de Catégorie: Histoire

Vers l’indépendance de la Kanaky, acte 2

Etat des lieux politique après le premier référendum de novembre 2018

Le résultat a relancé la perspective d’un vote favorable à l’indépendance au 2ème référendum du 6 septembre 2020. Le chiffre de 43,3% du oui à l’indépendance de 2018 montre que non seulement la mobilisation des jeunes kanak a participé de cette avancée, mais aussi de nombre d’océaniens et d’une minorité de natifs caldoches qui ont voté oui car « se vivent plus calédoniens que français ». Ils représentent les 10% de plus que les annonces de sondages précédant l’élection. La reproduction de ce résultat aux élections provinciales de mai 2019 avec 43,6% a confirmé ce mouvement en faveur de l’indépendance. Lire la suite

Les luttes et mai 68 ont rebattu les cartes de l’amour

Avec l’aimable autorisation de Julie Pagis

Des militants d’un instant ou de toujours, qui se rencontrent, s’aiment, se séparent peut-être… Quelles interactions entre la lutte et l’amour ? Reporterre a interrogé la chercheuse Julie Pagis qui a travaillé sur Mai 68 : « Dans tous les grands mouvements militants, le temps routinier est suspendu, on vit une espèce d’effervescence. Tout cela rapproche les corps, les personnes. »

La lutte est une amante souvent exigeante. Laisse-t-elle de la place à l’amour ? Lutter ensemble facilite-t-il la possibilité de tomber amoureux ? Les mouvements sociaux, en voulant changer la société, influent-ils sur notre vie amoureuse ? Voici quelques-unes des questions que s’est posée la rédaction de Reporterre à l’occasion de ce vendredi 14 février, jour de la Saint-Valentin. Lire la suite

Un essai historique sur les racines du management. Le nazisme comme modèle de direction des ressources humaines

« Libres d’obéir » est un oxymore qui ouvre directement sur une réflexion sur les manières de gouverner, dans les entreprises comme dans l’administration. Johann Chapoutot, historien, spécialiste du nazisme, passe du passé au présent, mêle les périodes pour éclairer les formes des rapports sociaux. Le sous titre précise le sujet : « Le management, du nazisme à aujourd’hui » pour faire l’histoire de cette notion à travers le parcours biographique et philosophique d’un généralSS, Reinhard Höhn, reconverti en formateur de managers après la deuxième guerre mondiale. Les collaborateurs d’Adenauer viennent souvent du nazisme pour lutter contre l’ennemi soviétique et promouvoir la « cogestion » et la « codécision » pour abolir la lutte des classes. Lire la suite

Des historiens protestent contre la fermeture de l’accès aux archives coloniales (plus deux textes)

« Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation »

par un collectif d’historiens, publié dans Le Monde du 14 février 2020 Source

La décision de déclassifier un par un les documents de la période 1940-1970 portant le tampon « secret », dont la plupart étaient pourtant accessibles à tous depuis longtemps, porte atteinte à l’accès aux sources et bloque des recherches en cours, alerte un collectif d’historiens dans une tribune au Monde, qui en appelle au code du patrimoine. Lire la suite

N’oublions pas ces « parias » et leurs espérances

Sonia Combe nous parle de temps, proches mais oubliés, le temps du nazisme et des crimes dont la destructions des populations juives et tziganes, le temps du stalinisme – d’autres crimes aussi – et de ses transformations, le temps de l’espoir, « Ces marxistes, souvent très critiques, n’avaient pas encore totalement perdu espoir, pas plus que la génération suivante, écrivains, artistes, dissidents auxquels, d’une manière ou d’une autre, ils avaient transmis leurs idées », le temps de la guerre froide ou l’« anticommunisme » ne se réduisait pas à l’anti-stalinisme.

Le temps de l’immédiat après-guerre, de la division de Berlin et de l’Allemagne, de la construction du mur, pour empêcher des allemand·es de fuir la RDA, le temps d’une communauté de destin : « celle des parias du nazisme, des persécutés du IIIe Reich et de ceux qui l’avaient combattu ». Lire la suite

Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie

Un mouvement très important se développe en France, et il est nécessaire que l’opinion française et internationale en soit mieux informée, au moment où le nouveau tournant de la guerre d’Algérie doit nous conduire à voir, non à oublier, la profondeur de la crise qui s’est ouverte il y a six ans.

De plus en plus nombreux, des Français sont poursuivis, emprisonnés, condamnés, pour s’être refusés à participer à cette guerre ou pour être venus en aide aux combattants algériens. Dénaturées par leurs adversaires, mais aussi édulcorées par ceux-là mêmes qui auraient le devoir de les défendre, leurs raisons restent généralement incomprises. Il est pourtant insuffisant de dire que cette résistance aux pouvoirs publics est respectable. Protestation d’hommes atteints dans leur honneur et dans la juste idée qu’ils se font de la vérité, elle a une signification qui dépasse les circonstances dans lesquelles elle s’est affirmée et qu’il importe de ressaisir, quelle que soit l’issue des évènements.

Pour les Algériens, la lutte, poursuivie, soit par des moyens militaires, soit par des moyens diplomatiques, ne comporte aucune équivoque. C’est une guerre d’indépendance nationale. Mais, pour les Français, quelle en est la nature ? Ce n’est pas une guerre étrangère. Jamais le territoire de la France n’a été menacé. Il y a plus : elle est menée contre des hommes que l’État affecte de considérer comme français, mais qui, eux, luttent précisément pour cesser de l’être. Il ne suffirait même pas de dire qu’il s’agit d’une guerre de conquête, guerre impérialiste, accompagnée par surcroît de racisme. Il y a de cela dans toute guerre, et l’équivoque persiste. Lire la suite

Solidarité Kanaky : Numéro 4 – Novembre 2019

Sommaire : Referendum : le 6 septembre 2020 – Les retours financiers vers la France – Des nouvelles des fédérations de l’USTKE

Referendum : ce sera le 6 septembre

Dans le précédent numéro, publié au lendemain du dernier Comité des signataires, nous indiquions que le referendum aurait lieu soit le 28 août, soit le 6 septembre. Ce sera donc le 6 septembre. Outre notre bulletin n°3, La voix de Kanaky1 n°15 revient en détail sur cette échéance.

Les retours financiers (connus) vers la France

La droite nous serine sans cesse sur les 150 milliards de « cadeaux » annuels de la France. Nous, nous faisons le compte, mais à rebours : ce qui retourne en France ; Et ce n’est pas facile car, bien sûr, c’est fait plutôt discrètement. Nous avions déjà retracé dans nos colonnes les 20 milliards de cotisation retraite qui retournent en France, chaque année, car nous payons 28 milliards pour n’encaisser que 8 milliards. Toujours pas réglé, bien sûr. Dernier « aveu inavouable » en date : le scandale, vite étouffé, sur la Contribution calédonienne de solidarité, la CCS. Problème toujours pas réglé non plus : nos amis de l’Avenir en confiance (AEC2) étant très proches de tous ces profiteurs, ont tendance à botter en touche. De quoi s’agit-il ? Lire la suite