Archives de Catégorie: France

Fuck the context 

Qui, pour une raison ou une autre, débarque à Lille par chemin de fer ne peut qu’être surpris par cet ensemble architectural glacial. Composé d’un centre commercial aux vitrines clinquantes, d’une gare de verre et de béton reliant Lille à Bruxelles, Londres et Paris, de tours sinistres abritant des bureaux souvent inoccupés, d’un casino et d’un centre de congrès, ce quartier est un assemblage d’espaces vides, de plateformes de transport et de hauts blocs de ciment froid. Bienvenu à Euralille, 3ème centre d’affaires de France ! Lire la suite

Préface de Monique Chemillier-Gendreau au livre de Stéphanie Bossard : Accueillir les migrants. Rien n’est facile mais tout est possible

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Français de tous âges, de toutes conditions, de toute opinion politique, que vous résidiez à Paris, dans les grandes métropoles ou dans des bourgades ou villages, ouvrez ce livre, plongez-vous dans ce récit, mais en l’abordant, ouvrez à la fois votre cœur et votre raison.

Car vous aurez besoin des deux pour affronter cette lecture qui ne laisse pas indemne. Vos yeux se dessilleront et vous serez contraints de voir la réalité en face. Vous comprendrez l’incohérence, l’irrationalité, l’illégalité et l’inhumanité des politiques menées depuis des années par nos gouvernements successifs à l’égard des migrants. Elles vont en s’aggravant car des calculs électoraux sordides conduisent tous les personnels politiques, sans condition de leur appartenance à tel ou tel parti, à craindre de dire la vérité à leurs concitoyens. Lire la suite

Inégalités : « La réforme des retraites pénalisera encore plus les femmes »

L’activité professionnelle croissante des femmes depuis les années 1960 a fortement contribué à leur autonomisation comme au financement des retraites. Mais l’écart de pensions entre les femmes et les hommes reste très important, il amplifie les inégalités de salaires. Tous régimes confondus, il est de 42% pour les pensions de droit direct, contre 24% pour les salaires. Les femmes sont contraintes de partir en moyenne plus tard à la retraite que les hommes, elles subissent plus souvent la décote du fait de carrières trop courtes. Leur pension, trop faible, est plus souvent rehaussée par un dispositif de minimum de pension. Lire la suite

Avant-propos « Vous avez raison, monsieur le président, Geneviève n’allait pas faire ses courses » au livre de Geneviève Legay : Celle qui n’était pas sage

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le 23 mars 2019, la France découvre Geneviève Legay, âgée de 73 ans, renversée par une charge de police et retrouvée au sol dans une mare de sang, place Garibaldi à Nice. Son prénom et son nom traversent les frontières. Avec son drapeau de la paix, elle devient un symbole du mouvement des Gilets jaunes et de la répression policière tant dénoncée. Deux jours plus tard, dans sa précipitation pour minimiser les faits qui ont choqué le pays, le Président de la République déclare que «Geneviève Legay n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre ». Condescendant, il lui recommande en outre la « sagesse » dont Geneviève serait dépourvue. Lire la suite

Retraites, des clefs pour comprendre

La question des retraites occupe aujourd’hui le débat public. Il est souvent difficile dans ce qui ressemble à un capharnaüm médiatique de s’y retrouver. Voici quelques développements permettant d’y voir plus clair.

On ne finance jamais sa propre retraite

Les retraites à l’instant t sont toujours une part de la richesse produite au même instant. Cela apparaît clairement dans un régime par répartition. Les cotisations, qui sont une part de la masse salariale, sont immédiatement mutualisées, socialisées et servent à financer les pensions des retraité.es. La retraite par répartition procède d’un double partage de la richesse produite. Lire la suite

Oui, Radio France a le choix !

Nous, journalistes de la radio de service public, avons le devoir de dénoncer cette opération de désinformation que l’on entend en boucle : « Radio France n’a pas le choix ». Les économies budgétaires seraient aujourd’hui nécessaires à sa survie et elles participeraient, comme pour les autres services publics, à un juste effort national.

Jusqu’ici, Radio France a réussi à faire autant avec moins. Nous produisons 100% de nos contenus en interne. Et pourtant, depuis 2015, 280 emplois ont été supprimés discrètement au fil des départs à la retraite. Radio France assume un tiers du coût de son chantier de réhabilitation, chantier qui sera au final trois fois plus cher que le budget prévu initialement. Preuve des efforts réalisés et du retour à l’équilibre financier avec un bilan excédentaire de 7,3 millions d’euros, nous avons même rendu de l’argent à l’Etat en payant l’an dernier 1,6 million d’euros d’impôt sur les sociétés.

Aujourd’hui, le plan de restructuration entraînerait un nouvel alourdissement de la charge de travail, mais cette fois pour une production bel et bien amoindrie. Supprimer 299 postes sur environ 4 600, cela ne fait, nous direz-vous, « que » 6% de la masse salariale. Mais si l’on regarde les postes concernés, ce sont 14% des emplois dits « cœur de métier » qui sont ciblés : journalistes, techniciens, réalisateurs, documentalistes, musiciens. Vous, auditeurs, écouterez donc plus de rediffusions, moins d’émissions élaborées, et une information inévitablement affaiblie. Que restera-t-il à podcaster ? Que produirons-nous encore qui soit d’assez bonne qualité pour durer ? Nous venons de célébrer les vingt ans d’Interception, magazine de grand reportage de France Inter. De quoi serons-nous fiers dans vingt ans ? Lire la suite

Grenelles des violences masculines (quatre communiqués)

Grenelle des violences masculines :
Le Gouvernement passe à coté de l’urgence de la situation

Samedi 23 Novembre 2019, 150 000 personnes dans la France entière sont descendues dans les rues pour dénoncer les violences masculines contre les filles et les femmes. Cette mobilisation féministe historique témoigne d’une prise de conscience et d’un recul de la tolérance de la société envers ces violences. 

1% des violeurs condamnés, 0,4% des pédocriminels… L’impunité des agresseurs en France reste aujourd’hui quasiment totale. En matière de féminicides, le rapport de l’Inspection générale de la Justice relatif aux féminicides, rendu public le 17 Novembre dernier par la Ministre de la Justice Nicole Belloubet, énonce que dans 65% des cas les services de police avaient déjà connaissance de faits de violences conjugales subis par la victime. Dans le même temps 80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite…  Lire la suite