Archives de Catégorie: France

Des analyses et des témoignages loin des représentations médiatiques

couv_jdq_grand

« Qu’est-ce qu’être jeune dans un quartier populaire ? À quelle expérience sociale, urbaine, familiale, à quelles visions de sa place dans la société et dans le territoire cela renvoie-t-il ? Telles sont les questions qui ont guidé cet ouvrage et la recherche participative conduite dans dix villes ou quartiers de l’Île-de-France : ce livre en est le fruit ». En introduction Marie-Hélène Bacqué et Jeanne Demoulin abordent, entres autres, le pluriel imposé par les situations, les multiples discours et images, les déclarations politico-médiatiques, la dévalorisation et la stigmatisation, la dépossession des jeunes de leur images. « A rebours, nous avons voulu partir de leurs expériences et construire avec eux cette recherche », les regards condescendants ou normatifs.

Elles expliquent le choix de la forme abécédaire, la place des images, les dimensions diverses, les singularités et la globalité, « Rendre compte de cette expérience dans sa globalité et dans sa diversité, c’est en effet considérer que chacune de ses dimensions ne peut être appréhendée isolément des autres, qu’elle ne peut être saisie que si elle est éclairée par d’autres », l’importance des mots et leur agencement, les réappropriations des représentations et les images, « L’ouvrage pourra être lu comme un anti-dictionnaire des idées reçues sur les jeunes des quartiers populaires, tant les analyses proposées vont parfois à l’encontre des représentations de sens commun et, dans tous les cas, les complexifient »… Lire la suite

Sous bracelet GPS, « on quitte une prison pour une autre »

Condamné à dix-huit ans de détention, Jean sort en 2015, avec ses remises de peine. Pendant cinq ans, il est placé sous surveillance électronique mobile (Psem), dans le cadre d’une surveillance judiciaire. En dehors des murs de la prison, il espère reconstruire sa vie, malgré son passé. Mais il voit toutes les portes se fermer : logement, travail et vie sociale.

« J’ai passé douze ans en prison pour agressions sexuelles sur mineurs. À ma sortie, je n’ai trouvé qu’une chambre meublée de 16 m2 dans un foyer, et j’y suis toujours. Au début, je pensais pouvoir en partir assez rapidement, travailler, avoir une vie sociale. Ça a été tout le contraire. Je suis bloqué depuis six ans dans cette chambre. J’ai quatre murs, un lit, une fenêtre, une porte et j’ai toujours l’impression d’être en prison. Lire la suite

Situation dramatique des exilés à Briançon

Madame, Monsieur,

Nous représentons un collectif inter-associatif de Briançon dans les Hautes-Alpes. Depuis cinq ans, ne pouvant nous résoudre à laisser des personnes en danger dans la montagne, nous accueillons solidairement les personnes exilées à bout de souffle qui traversent les Alpes, pour qu’elles accèdent à leurs droits.

Depuis plusieurs mois, en raison de l’instabilité géopolitique croissante dans plusieurs régions du globe, le nombre de personne en exil augmente. La réalité géographique des alpes française fait de Briançon un lieu de passage fréquenté et nous, associations issues de la société civile, sommes épuisées. Nous avons interpellé plusieurs fois la préfète des Hautes-Alpes, en demandant l’ouverture d’un accueil d’urgence. Or nous avons reçu une fin de non-recevoir : elle assume « gérer les flux par des dispositifs renforcés à la frontière ».

Nous voulons poursuivre notre accueil, dans des conditions décentes que nous ne pouvons plus garantir. Lire la suite

Le bracelet électronique, facteur et révélateur d’inégalités

dd111-450x591

Les condamnés sont-ils tous égaux dans l’accès au placement sous surveillance électronique ? 

Franck Ollivon : Il y a des critères discriminants, sans être forcément disqualifiants, le principal étant bien sûr le logement. Le placement sous surveillance électronique (PSE) exclut de fait les personnes sans domicile fixe ou les détenus qui après une longue peine ne sont pas toujours en mesure de proposer un logement dans lequel exécuter leur mesure. Ceci dit, les juges de l’application des peines (Jap) et les conseillers d’insertion et de probation (Cpip), qui évaluent la faisabilité de la mesure, peuvent se montrer conciliants : j’ai pu voir des placés qui étaient hébergés chez un ami et dormaient sur le canapé, ou assignés en caravane par exemple. Lire la suite

« Enfermés différemment » : la vie sous bracelet électronique

dd111-450x591

Le bracelet électronique, Roger (1) le vit comme une « forme de libération». La détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE) lui a “ouvert” les portes de sortie de l’institution carcérale au sein de laquelle il a passé trente années. Dans sa maison à la campagne, il « profite du bon air », sa femme le rejoint le week-end, parfois aussi sa fille : « Ça me convient très bien. Pour moi le bracelet est relativement nouveau. Est-ce que je vais le supporter jusqu’au bout, je ne peux pas dire. »

De fait, pour la plupart des personnes placées, la mesure ne se passe pas sans douleurs ni contraintes, surtout quand elle dure plusieurs mois, voire années ou que la personne était libre avant son placement (2). Assignées à résidence, les personnes concernées ne sont autorisées à sortir que quelques heures par jour. Le principe est simple : toute entorse détectée par le boîtier, posé à domicile et connecté au bracelet, est susceptible d’être sanctionnée par une incarcération si elle n’est pas justifiée. La DDSE peut s’accompagner d’autres modalités, comme une injonction de soin, une obligation de travailler, ou encore une limitation géographique des déplacements. La vie quotidienne est donc dictée par le respect de ces contraintes. Lire la suite

La secondarisation de l’impérialisme français

Effets externes et internes de la « nostalgie d’empire »

Les récents coups d’État en Guinée et au Mali, ladite « crise des sous-marins français » avec l’Australie, le retrait des troupes états-uniennes d’Afghanistan sans aucune consultation avec les « partenaires » de l’OTAN, les sorties de Macron sur l’Algérie qui cultiverait une « haine » officielle contre la France, etc., sont autant d’indices d’une aggravation de la crise qui caractérise l’impérialisme français sur la scène internationale. Les manifestations populaires de ces dernières années contre le franc CFA, contre les accords de partenariat Économique de l’Union Européenne, contre la présence militaire française au Sahel, celles en soutien aux nouveaux dirigeants à Bamako ou à Conakry après leurs coups d’États, etc., confirment que le processus de secondarisation de l’impérialisme français, déjà ancien, a atteint un seuil qualitatif nouveau. Le capital financier français ne se résout, bien entendu, pas à cette secondarisation qui touche à la fois sa place en Europe face au concurrent-partenaire allemand, dans la zone Asie-pacifique où l’alliance avec l’Australie était jusqu’alors l’axe central de sa stratégie et en Afrique son pré-carré historique. Comme à chaque fois qu’il est en difficulté c’est autour de son État que le capital financier recherche de nouvelles perspectives. Aux effets externes de la secondarisation s’ajoutent en conséquence des effets internes à l’hexagone dont la prise en compte est indispensable pour comprendre la fascisation et ses nouveaux épisodes : loi sur la sécurité globale, loi sur le séparatisme, multiplication des interdictions d’associations et d’organisations, loi sur la responsabilité pénale et la sécurité intérieure, la gestion sécuritaire de la pandémie, etc.

imperialisme-francais Lire la suite

Sommes nous encore en démocratie ?

La Confédération Paysanne de Gironde a été de tous les combats contre les pesticides et pour la défense des victimes de ceux-ci, qu’ils soient agriculteurs ou non. C’est pourquoi nous avons soutenu depuis le début Alerte aux Toxiques et sa porte-parole dans cette procédure bâillon intentée par l’interprofession viticole de Bordeaux, le CIVB. 

Nous nous retrouvons donc devant un Tribunal où nous avions plutôt l’habitude de voir des membres du CIVB à la place des prévenus. La Confédération paysanne vient en effet se porter régulièrement partie civile dans des affaires de fraudes sur les vins impliquant des responsables professionnels, notamment membres du CIVB. Ainsi, les 20 et 21 septembre derniers, nous étions, ici même, au procès pour prise illégale d’intérêt de deux éminents responsables viticoles bordelais, membres importants du CIVB au moment des faits. Cette attaque contre Valérie Murat pour dénigrement des vins de Bordeaux vient donc, pour partie, de fins experts en dénigrement des vins de Bordeaux.

Au passage, nous sommes étonnés de la rapidité de la procédure contre Valérie Murat, alors qu’une affaire de fraudes mouillant le gratin du négoce bordelais est à l’instruction depuis des années, sans aucune suites. Lire la suite

Relations Afrique-France : un florilège de publications alternatives

La tenue du sommet Afrique-France de Montpellier (7-9 octobre 2021) a fait l’objet de fortes mobilisations des intellectuel.les africain.e,s, notamment à travers le collectif CORA/Collectif pour le renouveau africain, et d’associations spécialisées du mouvement social français.

Un contexte géopolitique évolutif

Manifestation de la capacité d’adaptation de la Françafrique, ce sommet qui a réuni des jeunes de différents pays francophones -et non plus les chefs d’Etat comme antérieurement- a mené une intense bataille de communication. En dépit d’un rapport mitigé et décevant du philosophe camerounais Achille Mbembe (1), ces jeunes représentants ont utilisé cette tribune, pour exprimer le refus des peuples de poursuivre dans une voie anachronique et criminelle à plusieurs titres (2). Une voie qui conduit à la dévastation des Etats et des économies du Sud, à la perte dramatique d’avancées démocratiques voire de la paix civile. « France dégage ».

Dans le même temps, se tenaient le séminaire en ligne de CORA (3) et le contre-sommet de Montpellier (4), dont l’une de ses activités a été le colloque de Grabels le 2 octobre, « pour l’annulation des sommets France-Afrique » (5). Lire la suite

La Commune de l’Odeon. Rétrospection

Avec le recul de plusieurs semaines, je revois l’occupation de l’Odéon du printemps 2021 comme une rémanence, un film rétro, une histoire reconstituée, un scénario bureaucratiquement mis en scène, une simulation exécutée selon un plan syndical parfaitement rodé. Demeure une masse d’intermittents, sincèrement engagés dans une lutte vaporeuse, figés dans des attitudes de survie, convaincus d’être des précaires à vie. La Commune, Mai 68, référentiels perdus, symboles désincarnés, désespérément invoqués, ne sont que des banderoles flottantes sur la façade du théâtre, déchirées par les intempéries. L’occupation se narre rétrospectivement, avec ses moments spectaculaires, les concerts de flight cases importées d’Italie, ses moments vides, sans musiques, sans agoras, ses moments d’ennui, vécus comme un mal nécessaire. J’ai vu des occupants s’harnacher de treillis guévaristes, casquettes tamponnées d’une étoile rouge, pour se persuader qu’ils jouent dans la bonne pièce. Les slogans eux-mêmes, d’une désolante banalité, ne sont que des récurrences de vieux mots d’ordre, expurgés de leur charge subversive. J’ai enregistré des entretiens avec les principaux acteurs, ils répètent machinalement le refus de la réforme de l’assurance-chômage, une régression sociale selon la formule consacrée. Aucune analyse. Aucune réflexion. Le communiqué syndical du premier jour se ressasse comme un leitmotiv. Les porte-paroles dûment mandatés attendent une ouverture des autorités pour une négociation honorable, un compromis raisonnable qu’ils sauront présenter comme une victoire. S’explorent les recours juridiques en cas de blocage. Une vieille musique revalorisée comme un vintage. Le protocole d’accord de Grenelle de Mai 68 se rappelle à mon souvenir. Discussion à huit clos entre interlocuteurs valables, responsables, respectables, le gouvernement, le patronat, les syndicats. 35% d’augmentation du salaire minimum. L’inflation remet les choses à niveau. Des accommodements imposés par les syndicats à la base. Lire la suite

La France réduit drastiquement les visas aux ressortissants du Maghreb

Le fond de l’air est brun !

Les surenchères sur le dos des Maghrébins

Décidément, à chaque période électorale la même musique lancinante est orchestrée : Les migrants seraient la source des problèmes de la France ! Cette fois-ci nous atteignons un degré d’ignominie invraisemblable avec les délires d’un candidat à la présidentielle (non déclaré pour l’instant) qui en appelle à « la pureté de la race française » ! Comme avant lui l’extrême droite et nombre de leaders de la droite.

Face à ce climat nauséabond, le président de la République n’a pas trouvé mieux que de surenchérir en décidant la limitation de délivrance des visas à hauteur de 50% aux demandeurs venant des trois pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), invoquant le refus des autorités de ces trois pays de délivrer plus de laissez-passer, par leurs consulats, aux migrants sous le coup d’une obligation à quitter le territoire (OQTF).

Cette mesure met de nouveau, à l’index une population stigmatisée depuis toujours, mais elle risque également de toucher gravement les échanges familiaux de Françaises et de Français d’origine maghrébine, instaurant, de fait, une citoyenneté à deux vitesses. Lire la suite

Procès en appel des militant.e.s nicois.e.s contre Alliance

4 militant.e.s FSU et Solidaires condamné.e.s le par le Tribunal le 7/09/20 : jusqu’à 6 mois de prison avec sursis et dommages et intérêts conséquents pour les policier.e.s les poursuivant. Olivier, Alec, Danny, condamnés pour outrages pour le slogan « ils tirent au BLD à bas les condés, ils tuent ils blessent à bas les CRS » lié aux violences policières lors des manifestations syndicales/gilets jaunes, et à NICE contre Genevieve Legay. Delphine condamnée pour violences, parce qu’elle a porté assistance à Olivier, brutalisé par une personne qu’il était impossible d’identifier comme membre de la police. Olivier condamné pour rébellion et violences, pour avoir réagi à l’agression de policier.e.s aux ordres du syndicat Alliance proche de l’extrême droite, étouffant sous le poids de ces dernier.e.s. Ce procès témoigne de la volonté de museler l’expression syndicale et d’intimidation permanente!  Cette cagnotte vise à les aider à financer les frais de justice du procès en appel à Aix en Pce. Lire la suite

Quotient familial et conjugal : pourquoi et comment le réformer ?

L’impôt sur le revenu est, en théorie, le plus juste des impôts du fait de sa progressivité (le taux d’imposition croît avec le revenu). Pourtant, en pratique, il ne peut pas être considéré comme satisfaisant. En premier lieu, il est de moins en moins progressif depuis trois décennies du fait de la diminution du nombre de tranches, de la baisse du taux supérieur d’imposition et de l’existence de nombreuses « niches fiscales »1. Sa part dans les recettes fiscales globales diminue ainsi régulièrement, avec en contrepartie la montée en puissance d’impôts proportionnels comme la TVA qui pèse, en proportion, davantage sur les revenus les plus modestes.

Ensuite, et c’est ce que présente ce texte, le dispositif particulier de quotient familial et quotient conjugal doit être questionné au regard des enjeux de justice fiscale, de redistribution et d’égalité entre les femmes et les hommes. Dans la première partie, on montre les effets du dispositif de quotient du point de vue de ces enjeux. La deuxième partie discute les principes et les motivations au fondement de son instauration. La troisième partie présente des propositions pour faire évoluer ce dispositif et clarifier la politique fiscale et familiale. Lire la suite

Appel à un Contre-sommet Afrique-France à Montpellier

de7c09d7773370d9-4a8ab

Du 7 au 9 Octobre doit se tenir à Montpellier un Sommet Afrique-France, qui, sous l’affichage de la culture, de l’enseignement supérieur, de la jeunesse et du sport, annonce la « refondation des relations entre la France et l’Afrique ». Cependant, malgré les effets d’annonce du président Emmanuel Macron, l’esprit néo-colonial est toujours présent. Sur le continent africain, la France exerce toujours une domination monétaire, économique, diplomatique et culturelle, poursuit des interventions militaires, et soutient des régimes qui bafouent les droits humains et empêchent l’émancipation des peuples. Le soutien au coup d’État militaire au Tchad en avril 2021 est un triste exemple de cette politique. La Méditerranée est une frontière coloniale qui a déjà tué cette année plus de 1200 de nos sœurs et nos frères. Cette frontière poursuit celles et ceux qui parviennent à traverser, celles et ceux qui deviennent sans papiers en les privant de tout droit.

Ainsi, ce sommet arrive dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, où le sentiment anti-français, qui est surtout un sentiment anti-françafrique, c’est à dire un rejet de ces politiques, grandit dans l’ensemble des pays d’Afrique francophone. Un fort rejet salutaire de l’impérialisme français a embrasé les populations dans les rues de Dakar, de Bamako, et d’ailleurs. Lire la suite

Allocation aux adultes handicapés (AAH) : Stop à la dépendance financière dans le couple

Le 16 septembre, des rassemblements auront lieu dans toute la France pour dire STOP À LA DÉPENDANCE FINANCIÈRE des bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH).

Aujourd’hui, le montant de l’AAH est calculé en fonction des ressources du couple… Ainsi, 270 000 personnes en situation de handicap en couple perçoivent une AAH réduite ou en sont privées.

Les personnes concernées et les associations dénoncent depuis des années cette injustice. L’AAH n’est pas un minimum social comme les autres ; les personnes en situation de handicap doivent conserver leur autonomie financière lorsqu’elles ne peuvent pas travailler, condition intrinsèque du respect de leurs droits, de leur santé et, de leur dignité. Lire la suite

Évacuation des 1200 sans abris du campement parc André Citroën : Un piège d’État

Nous associations, syndicats, organisations, collectifs signataires, dénonçons les conditions d’évacuation du campement de 1200 personnes sans abris installées dans le parc André Citroën du 1er au 4 septembre. Cette évacuation a été menée en présence du préfet de Police de Paris et du Préfet de région Ile de France. Au fil des jours, les informations recueillies par les associations ont révélé l’exécution d’un véritable piège d’État :

Samedi 4 septembre, 670 personnes sans abris, sont montées dans des bus en toute confiance et ont été conduites dans différentes villes en région, sans leur accord et souvent contre leur gré, en tout cas sans en avoir été informé. Les donneurs d’ordre se sont gardés d’informer les associations de leur dessein.

A l’arrivée des bus, le piège planifié s’est refermé : la police les attendait, pour contrôler les identités, fouiller les sacs, et surtout arrêter les personnes sans papier, pour leur délivrer des convocations, des APRF… Plusieurs dizaines de personnes ont été enfermées dans des camps de rétention (CRA). Lire la suite

Action de groupe contre l’État pour mettre fin aux contrôles d’identité au faciès

Des organisations de la société civile saisissent le Conseil d’État pour discrimination raciale systémique

(Paris, le 22 juillet 2021) – « La France n’a pas pris les mesures nécessaires pour empêcher et sanctionner les contrôles d’identité au faciès, une forme de discrimination systémique », ont déclaré aujourd’hui six organisations françaises et internationales de défense des droits humains en lançant une action de groupe contre l’État français.

Me Antoine Lyon-Caen, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, porte l’affaire devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française, au nom de la Maison Communautaire pour un Développement Solidaire (MCDS), Pazapas, Réseau Égalité, Antidiscrimination, Justice Interdisciplinaire (Reaji), Amnesty International France, Human Rights Watch et Open Society Justice Initiative. Lire la suite

La vérité pour Adama : 5ème marche (et festival) Adama !

La vérité pour Adama : retrouvons nous nombreux le 17 juillet,
pour la cinquième marche en hommage à Adama !

0dfc05a2edbca4f0-24b9a

APPEL À PARTICIPER AU RASSEMBLEMENT

EN HOMMAGE À ADAMA TRAORÉ

Nous soutenons et appelons à participer, le samedi 17 juillet à Beaumont sur Oise, au rassemblement en hommage à Adama Traoré, pour demander justice et vérité. Cinq ans auparavant, il est mort entre les mains des gendarmes de Persan. Cinq ans de déni, cinq ans de combat, cinq ans d’acharnement contre sa famille, puisqu’après plus de 4 ans de détention provisoire, son frère vient d’être acquitté.

Ce combat est devenu un symbole pour toutes celles et ceux qui luttent contre les violences policières, qui visent notamment les quartiers populaires, et leurs habitantes et habitants. Souvent en toute impunité, ces violences policières se poursuivent, comme le montre la récente agression de plusieurs familles, en marge d’une veillée funéraire organisée à la Plaine Saint-Denis en juin. Lire la suite

Tribune collective « Pour un véritable code de l’enfance »

Présenté le 16 juin dernier au Conseil des ministres, le projet de loi sur la protection de l’enfance est en cours d’examen à l’Assemblée nationale.

Les principaux points de ce texte auraient pour finalité « de mieux protéger les enfants contre les violences » et de « mieux piloter la politique de prévention et de protection de l’enfance », avec la priorité du placement dans la famille de l’enfant, la normalisation de l’évaluation des situations de danger sur l’ensemble du territoire, ou encore une infime amélioration des conditions de travail et de rémunération des familles d’accueil… Néanmoins, ce texte est aussi celui qui, sous certaines conditions, autorise les placements d’enfants à l’hôtel, qui sont unanimement décriés, en faisant mine de poser une interdiction de principe. Il prévoit enfin des mesures particulièrement inquiétantes concernant les mineur-e-s isolé-e-s étrangers-ère-s. Lire la suite

Du vin, de la bière, un héritage colonial et un mécano fiscal

rapport_castel_juin_2021-2

« En poussant la porte d’un caviste Nicolas, peu de clients savent qu’ils pénètrent dans une enseigne du groupe Castel, une multinationale qui s’est im- posée comme le premier négociant français de vin, troisième sur le marché international. À la tête de l’entreprise, la très discrète famille Castel compte parmi les dix premières fortunes hexagonales. Mais ce champion vinicole est aussi – et surtout – un vieil empire françafricain de la bière et des boissons gazeuses. Lire la suite

Conditions carcérales : le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) appelle les autorités à prendre des mesures en urgence

Le Comité pour la prévention de la torture (CPT) publie ce 24 juin le rapport de sa dernière visite en France. En écho aux travaux menés par l’OIP ces dernières années, il pointe l’échec patent des politiques de lutte contre la surpopulation carcérale, appelle à de mesures contre les violences pénitentiaires et dénonce des pratiques, parfois anciennes, qui portent gravement atteinte à la dignité des personnes détenues. Lire la suite