Archives de Catégorie: Féminisme / Genre/ Rapports sociaux de sexe

Les femmes en première ligne pour les droits fonciers au Maroc

Les défenseurs et défenseuses des droits fonciers, comme les appellent l’Observatoire international pour la protection des défenseurs des droits humains dans son rapport annuel 2014, sont confrontés à de nombreux risques et attaques. L’intensification des conflits est une réalité dans de nombreux pays du monde, ce qui augmente considérablement le nombre de personnes, de groupes et de populations victimes de violations des droits humains. Cela résulte notamment des activités d’investissement de grande envergure et des mégaprojets menés par les entreprises extractives, les agro-industries, les sociétés d’exploitation forestière et les promoteurs immobiliers fictifs. Tous bénéficient régulièrement du soutien des autorités puissantes dans leurs actions contre la population, en expulsant directement ou indirectement les résidents légitimes de leurs terres.  Lire la suite

Une, c’est déjà une de trop

Le féminicide est le « meurtre d’une femme au simple motif qu’elle est une femme, quel que soit le contexte », rappelle le Conseil du statut de la femme du Québec. En 2020, neuf femmes québécoises ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Nous venons de dépasser ce sommet en 2021, et nous ne sommes qu’en avril. Dix femmes ont été assassinées en autant de semaines. C’est du jamais vu, s’accordent à dire les intervenantes et intervenants en violence conjugale du Québec. Lire la suite

Dis-moi Maman, ça veut dire quoi être #payée au féminin ?

C’est une façon de dénoncer : au Québec, les emplois traditionnellement occupés par les femmes n’ont pas la même rémunération que ceux détenus par les hommes. Eh oui ! la discrimination salariale est bien réelle chez nous, ma fille, même en 2021.

Une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démontre qu’il existe un écart salarial de 24% entre les emplois à majorité masculine des sociétés d’État (Hydro-Québec, Loto-Québec, etc.) et les emplois à majorité féminine de l’administration publique (réseau de la santé et des services sociaux, éducation, fonction publique). Ça peut sembler compliqué, ma fille, mais en résumé, ça veut dire que la majorité des femmes qui sont employées par l’État sont sous-payées quand on les compare avec leurs collègues masculins. Juste parce qu’elles travaillent dans des sous-secteurs où les femmes sont majoritaires ! Lire la suite

Le feminisme fait bouger les lignes – s’il est subversif

Interview de Margaux Collet par Francine Sporenda

Margaux Collet est militante d’Osez le féminisme ! Ex-responsable des études et de la communication au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, elle a co-écrit « Beyoncé est-elle féministe ? »

FS : Pourquoi selon toi le féminicide doit-il être inscrit dans le Code pénal comme un « crime à part entière » ? Pourquoi le simple chef d’accusation sexuellement neutre de meurtre n’est-il pas adéquat du point de vue de la protection des femmes ?

MC : L’introduction de la notion de féminicide dans le Code pénal était l’objet d’une campagne qu’a lancée Osez le féminisme et que j’avais co-coordonnée en 2014. Quel bilan depuis ? Pour démarrer sur un point positif, ce que l’on constate entre 2014 et 2021, c’est que le terme « féminicide » qui n’était utilisé que dans un tout petit cercle de féministes ou dans des débats juridiques, est de plus en plus présent dans des titres de journaux ou dans des débats entre personnes non spécialisées et pas particulièrement militantes sur la question. C’est une première victoire qui a été obtenue par les militantes féministes : faire connaître ce terme et son utilité. Introduire le terme « féminicide » dans le Code pénal présente deux intérêts. D’abord, un intérêt symbolique : faire connaître et reconnaître à la société dans son ensemble (le grand public, les magistrats ou encore les médias) que les meurtres de femmes, au sein du couple ou suite à des violences sexuelles ou autres, ne sont pas des meurtres comme les autres mais qu’ils sont commis sur des femmes parce qu’elles sont des femmes. L’objectif est bien de montrer qu’il y a un continuum entre les meurtres des joggeuses – et les médias avaient très bien fait le lien entre ces différentes affaires – les meurtres de femmes par leur conjoint ou leur ex-conjoint, les meurtres dits « d’honneur » sur des femmes qui ne respectent pas les normes patriarcales en vigueur dans leur famille, pour des raisons culturelles ou religieuses, et montrer que symboliquement, ces meurtres sont reliés les uns aux autres, qu’ils sont motivés par le machisme et la domination masculine. Lire la suite

Préface d’Andrea Dworkin à son livre : Notre Sang. Prédictions et discours sur la politique sexuelle

Avec l’aimable autorisation de M éditeur

couverture-1re-Dworkin-Notre-sangNotre sang est un livre qui a germé d’une situation, la situation étant que je n’arrivais pas à faire publier mon travail. J’ai donc pris la parole en public – non pas avec l’étalage improvisé de pensées ou l’effusion de sentiments, mais avec une prose façonnée pour informer, persuader, perturber, provoquer la reconnaissance, autoriser la rage. Je me suis dit que si les éditeurs ne publiaient pas mes travaux, je les contournerais complètement. J’ai décidé d’écrire directement aux gens, pour ma propre voix. J’ai commencé à écrire de cette façon parce que je n’avais pas d’autre choix : je ne voyais pas d’autre moyen de survivre en tant qu’écrivaine. J’étais persuadée que c’était l’establishment de l’édition – les rédactrices en chef timides et impuissantes, la superstructure des hommes qui prennent les vraies décisions, les critiques misogynes – qui s’interposaient entre moi et un public composé surtout de femmes que je savais être là. L’establishment de l’édition formait une formidable digue, et mon plan était de la contourner à la nage. Lire la suite

Une fois de plus le droit de légitime défense est refusé aux femmes !

Annaëlle P. n’est pas coupable !

Anaëlle est une jeune femme de 26 ans, déscolarisée à 15 ans, en situation de prostitution depuis ses 17 ans.

Rappelons que le droit applicable définit le fait de recourir à la prostitution d’autrui, comme une violence sexuelle (loi 2016) et comme une atteinte portée à la dignité Humaine de l’autre (Convention des Nations-Unies de 1949).

Un de ses « clients réguliers » était un homme de 52 ans. Cet homme l’a violée le 16 août 2017 avec un sextoy. Pour s’arracher à ce viol qu’elle était en train de subir, Anaëlle a saisi un couteau et a porté plusieurs coups, dont son client décèdera. Se défendre était nécessaire et légitime. Ce droit lui sera pourtant refusé par la justice.

Vulnérable, exploitée, elle est poursuivie pour meurtre. À l’issue d’un procès d’une rare violence, elle vient d’être condamnée dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 mai à dix ans de prison par la Cour d’assises de l’Ain. Lire la suite

Il n’y a pas de place pour la justice et pour l’égalité dans l’agenda du libre-échange

Les sociétés transnationales et les accords de libre-échange se masquent avec des discours sur la durabilité et l’égalité des sexes pour étendre le pouvoir du marché sur la vie.

Au cours des dernières décennies, nous avons assisté à une forte accélération du processus de mondialisation capitaliste qui a entraîné une reconfiguration de la production au niveau mondial et une sophistication croissante des structures de pouvoir et d’exploitation qui ont lieu autour et au sein des processus de production. À ce processus, nous ajoutons aujourd’hui les reconfigurations qui se produisent à partir de la pandémie de coronavirus, qui a considérablement accéléré certaines tendances émergentes ces dernières années. Lire la suite

#ÉcoleFéministe : comprendre et affronter les systèmes d’oppressions

Colonialist, heteropatriarchal, and racist capitalism: overlaps that exploit and subjugate the peoples

Les rencontres de l’École Internationale d’Organisation Féministe du 12 et 13 avril étaient consacrées au débat sur le système des oppressions. La journée a commencé par la puissance des paroles de Berta Cáceres, enregistrées en 2007. « Démantelons concrètement le capitalisme, le patriarcat, la discrimination, le racisme », nous exhorte Berta, et c’est le sens de la construction politique que nous menons dans cette École.

https://player.vimeo.com/video/535027806

Comprendre le système d’oppressions aujourd’hui nécessite de partir de différentes trajectoires des colonisations, marquées par la violence contre les personnes et leurs corps, contre les peuples, leurs savoirs et leurs langues, leurs modes de vie et leurs cosmovisions, leur rapport à la nature et aux territoires. Lire la suite

Vous avez dit dysphorie

La dysphorie de genre est-elle une identité ? Ou est-ce que ça ne serait pas plutôt (hormis les cas d’origine génétique) une réaction parfaitement normale et même saine face à l’artificialité et à l’arbitraire des critères qui définissent le genre ? Rappelons d’abord que le genre est l’ensemble des comportements jugés socialement appropriés pour chaque sexe. Si un homme ou une femme ne se reconnait pas dans les stéréotypes rigides et contraignants qui définissent l’identité masculine ou féminine dans sa culture, est-ce que le problème vient de lui/elle (une incapacité psychologique à se conformer à ces stéréotypes, aka « un cerveau de femme dans un corps d’homme », ou vice-versa) – ou de l’absurdité des stéréotypes eux-mêmes ? Lire la suite

Le capitalisme néolibéral, allié des femmes ? Perspectives féministes matérialistes et imbricationnistes

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Le présent travail part d’une interrogation récurrente sur les liens entre le sort des femmes et le développement du capitalisme (aujourd’hui néolibéral), qu’Hirata et Le Doaré ont été en France les premières à nommer « Les paradoxes de la mondialisation » (1998). Observe-t-on une amélioration, même lente et partielle, de leur situation, grâce à leur intégration croissante sur le marché du travail ? Ou au contraire sa détérioration drastique, illustrée par leur appauvrissement généralisé, surtout chez les femmes non-privilégiées de la planète ? Je souhaite montrer ici le caractère particulièrement heuristique des théories féministes pour répondre à cette double question : comment fonctionnent les rapports sociaux de sexe, qu’est-ce que la mondialisation néolibérale, et partant, que fait la mondialisation néolibérale aux rapports sociaux de sexe et inversement ? Plus particulièrement, je me propose de développer une synthèse des théorisations féministes matérialistes francophones et les théories féministes de l’imbrication des rapports sociaux, produites tout particulièrement par des femmes racisées et/ou des Suds. Grâce à l’image provisoire des « vases communicants », j’essaierai de prouver que cette synthèse féministe matérialiste-imbricationniste constitue le meilleur outil pour répondre à trois séries d’importantes questions soulevées par les paradoxes de la mondialisation. Lire la suite

Galerie d’affiches : Féminisme anti-impérialiste pour changer le monde

Ce 1er mai 2021, nous lançons une nouvelle galerie virtuelle, avec des affiches créées par 24 personnes et collectifs de 12 régions différentes du monde.

Les femmes sont en première ligne de la résistance contre l’impérialisme, les guerres, la violence, les blocus, les invasions et les occupations. De Cuba au Liban, du Chili à la Turquie et dans le monde entier, les travailleuses affrontent le néolibéralisme, le pouvoir des entreprises et la marchandisation de la vie et de la nature, et défendent la terre, le travail digne, la vie, les communautés, les biens communs, la liberté et la souveraineté populaire.

Le féminisme crée et recrée des symboles et des alternatives pour une société d’égalité, de solidarité, de liberté, de justice et de paix. Il brise les chaînes qui tentent de violer et de contrôler la sexualité et le corps des femmes. Il défend la vie et le droit à la santé. Il nourrit les communautés et combat la faim, les clôtures, le latifundium et le racisme. Il occupe les espaces et combat la division sexuelle du travail. Il entretient la mémoire des anciennes combattantes et la flamme actuelle de la rébellion. Il met en pratique l’affection révolutionnaire et organise l’unité dans la diversité. Lire la suite

À la mémoire de Nawal El Saadawi

Nawal El Saadawi, éminente féministe égyptienne, s’est éteinte le 21 mars 2021 (premier jour du printemps qui coïncide avec le jour de la fête des mères dans le monde arabe), laissant derrière elle un héritage intellectuel immense. Militante tenace, elle a longuement plaidé pour un féminisme socialiste et intersectionnel et qui se dresse avec force contre ce qu’elle a appelé le « patriarcat capitaliste ». Plus récemment, elle a participé aux soulèvements qui avaient eu lieu sur la place Tahrir en Égypte depuis 2011 et a été alors saluée comme étant « la mère de la révolution », réitérant une fois de plus la nécessité de veiller à ce que les femmes soient au cœur de la révolution. Lire la suite

L’agroécologie comme résistance : les femmes autochtones défendent le territoire et les pratiques traditionnelles en Malaisie

Découvrez les expériences agroécologiques et la lutte des femmes de la communauté Sungai Bur, où elles réaffirment leur souveraineté et réclament le droit à la terre

Entre les forêts tropicales et les mangroves de la riche biodiversité de Bornéo, les communautés indigènes de l’État de Sarawak vivent depuis des siècles en harmonie avec la nature. Mais, menacées par la déforestation et l’accaparement des terres pour la plantation d’huile de palme et la production de bois et de papier, ces communautés luttent aujourd’hui pour défendre leurs droits et leurs territoires. Lire la suite

Cendrillon du trottoir : de la prostitution au porno

Interview de Bianca Cendrine Bastiani par Francine Sporenda

FS : Dans votre livre, vous racontez que vous êtes entrée dans le porno à cause d’un homme, que vous avez rencontré à 17 ans, animée d’un désir de sortir de votre milieu d’origine, de prendre une revanche sociale. Vous avez rencontré d’autres actrices pornos. Qui sont-elles ? De quel milieu viennent-elles ? Quel est leur parcours de vie, d’après ce que vous avez pu en savoir ?

BB : J’ai effectivement rencontré Lionel lorsque j’avais 17 ans. Il était mon aîné de 7 ans. Je suis issue d’un milieu bourgeois catholique. Mes parents me surprotégeaient. J’avais souffert depuis mon plus jeune âge de harcèlement scolaire car j’étais timide et introvertie. En pleine crise d’adolescence, j’étais très révoltée à l’époque surtout envers ma mère à laquelle je m’opposais sans cesse. Lui avait tout du « bad boy », tout pour lui déplaire. Je suis donc sortie avec cet homme pour la défier au départ. Ensuite, j’en suis tombée éperdument amoureuse et l’emprise s’est installée. Lire la suite

Le Front de mères organise un Front de mai

Pendant tout le mois de mai, nous allons expérimenter la rupture avec la figure de la mère-tampon à laquelle nous sommes renvoyées : hors de question de déléguer l’éducation, la transmission et la protection de nos enfants à des pouvoirs publics qui pratiquent la discrimination entre les enfants, et (re)produisent ainsi des inégalités sociales massives.

Pendant tout le mois de mai, nous allons être des dragons, déterminées et pleines d’espoir, prêtes à mener ensemble tous les combats, par amour pour nos enfants. Lire la suite

Féministes, ce que nous n’acceptons plus dans le milieu militant

Cette tribune s’adresse en priorité aux femmes et aux minorités de genre. Les hommes alliés féministes peuvent nous soutenir en diffusant dans leurs réseaux. 

De l’humour sexiste nous assignant à notre genre à ces gestes imposés à nos corps, en passant par le piétinement de notre parole, la mixité est encore trop souvent, dans les espaces militants, une lutte dans la lutte. 

Aucun espace de notre vie n’est épargné par ces violences sexistes et sexuelles : dans nos familles, avec nos ami·e·s ou encore au travail, nous, les femmes y sommes confronté·e·s. C’est épuisant. Nous le savons, aucun espace n’est vierge de rapports de pouvoirs, en particulier dans le cadre d’un système politique et économique capitaliste qui promeut la domination patriarcale. Or, minimiser ces rapports de domination ou les nier, c’est les accepter. Il est donc nécessaire d’interroger la manière dont le pouvoir est conçu et confisqué dans nos organisations politiques, syndicales ou associatives. Cette loi du plus fort que nous dénonçons dans la société, devons-nous la subir aussi dans nos organisations ?  Lire la suite

Si vous pensez que la décriminalisation rendra la prostitution « sécurisée », regardez du côté des méga-bordels allemands

En Grande-Bretagne, les Libéraux-démocrates et les Verts soutiennent tous les deux la décriminalisation complète de la prostitution – dans l’espoir de la rendre « sécurisée ». Mais l’Allemagne l’a fait en 2002, et ce n’est toujours pas « un travail comme un autre ».

Existe-t-il un « bon endroit » où être prostituée ? En 2006, Steve Wright a assassiné cinq femmes dans la petite ville d’Ipswich, au Royaume-Uni. Toutes les cinq étaient toxicomanes, et toutes étaient dans la prostitution pour financer leur dépendance. Wright était un prostitueur – un habitué, pas évidemment plus violent que n’importe quel des hommes qui ramassaient des femmes dans les rues d’Ipswich. Même lorsque les femmes craignaient pour leur vie, elles n’avaient pas peur de Wright. « Il était toujours un des derniers à se manifester, il faisait quelques tours en voiture autour du pâté de maisons, puis choisissait la fille qu’il voulait », a déclaré Tracey Russell au journal The Guardian (son amie Annette Nicholls avait été la quatrième victime de Wright). « Nous appelions ces hommes-là les ‘lèche-vitrines’ s’ils hésitaient longtemps. Il était l’un d’entre eux. Nous ne le soupçonnions pas. » Lire la suite

Alexandra Kollontai : Les années de la révolution

Kollontai était une révolutionnaire russe qui a bravement fait face à la brutalité du tsarisme, à la persécution politique, à la réalité de la faim et de la guerre qui frappaient la vie dans la Russie pré-soviétique. Pendant la révolution, elle a joué un rôle très important dans la mobilisation des femmes et de la classe ouvrière en général. Elle a organisé des contributions radicales sur l’émancipation des femmes et sur le rôle de la famille et de la morale sexuelle dans le maintien du capitalisme. Au début du régime soviétique, elle a mené des politiques socialistes pour la libération des femmes.

C’est de cette période que parle le texte ci-dessous, à la première personne. Nous avons sélectionné des extraits de l’article « Les années de la révolution », de son livre « Autobiographie d’une femme communiste sexuellement émancipée », écrit en 1926. Lire la suite

24 Avril : Déclaration de Solidarité Féministe et Internationale contre le Pouvoir des Sociétés Transnationales

Le 24 avril, nous, militantes de la Marche Mondiale des Femmes, avons uni nos voix pour dénoncer et nous unir dans la solidarité féministe contre le pouvoir des sociétés transnationales qui exploitent et détruisent la vie des femmes. Nos actions ont commencé en 2013, lorsque les tours du Rana Plaza se sont effondrées et ont détruit des milliers de vies de femmes qui travaillaient dans des conditions totalement inhumaines et précaires au Bangladesh. En cette année 2021, nous sommes scandalisés par un nouveau cas d’incendie dans une industrie textile au Maroc qui a tué 26 travailleuses et travailleurs.

Notre résistance féministe et anticapitaliste au pouvoir des entreprises existe précisément dans nos confrontations collectives de réalités, de peuples et de lieux différents pour arrêter l’avancée des actions des sociétés transnationales. L’expropriation est quelque chose qui nous unit sur tous les continents et est pratiquée par des entreprises régies par une logique colonialiste, raciste et patriarcale. Lire la suite

Pancha Rodríguez : la souveraineté alimentaire est une décision pour changer le monde

Pour marquer la date du 17 avril, la Journée Internationale de la Lutte Paysanne, Capire publie cet entretien avec Pancha Rodríguez, responsable de la Coordination Latino-américaine des Organisations de la Paysannerie (CLOC-Via Campesina) et de l’Association Nationale des Femmes Rurales et Indigènes (Associación Nacional de Mujeres Rural e Indígenas – Anamuri) du Chili. Le récit de Pancha présente un long parcours personnel et collectif de lutte pour la souveraineté alimentaire, le féminisme et le socialisme.  Lire la suite