Archives de Catégorie: Féminisme / Genre/ Rapports sociaux de sexe

Discours de Grace Tame, porte-parole de la campagne « Laissez-la Parler »

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Une enfant agressée sexuellement et censurée est nommée à l’Ordre de l’Australie ainsi que nommée Australienne de l’année 2021

Grace Tame, détentrice de l’Ordre de l’Australie, est la fillette de 15 ans agressée à répétition par un professeur dans une école privée de la capitale de l’État de la Tasmanie. Elle est le visage de la campagne Laissez-la parler’ (Let Her Speak), qui a réussi à modifier une loi qui la réduisait au silence alors que son agresseur, à sa sortie de prison, se vantait sur Facebook d’avoir fait ‘ce que la majorité des hommes australiens rêvent de faire’. ‘C’était extraordinaire.’ a-t-il déclaré avant de se dépeindre en victime dans une interview de la journaliste Bettina Arndt, elle aussi récipiendaire de l’Ordre de l’Australie, dans une émission intitulée ‘Des féministes persécutent un professeur disgracié.’

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Voici la traduction signée Ann Leduc du discours-choc de Grace Tame devant le National Press Club australien (le 24 janvier 2021).

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En avril 2010, je luttais contre une anorexie sévère. À vrai dire, je lutte toujours. Cette maladie a failli me coûter la vie l’année précédente et m’a valu deux hospitalisations. Maigre comme un os et couverte de fins duvets résultant de ma malnutrition, je fus la cible de harcèlement. Ma mère était enceinte de huit mois à 45 ans. J’étais une élève de 15 ans fréquentant une école privée pour filles à Hobart.

Un jour, je suis arrivée en retard et ai découvert que mes camarades de 10e année assistaient à une leçon de conduite automobile hors campus, ce que j’avais complètement oublié. De tels trous de mémoire n’étaient pas rares – j’étais à peine présente. L’un des professeurs comptant le plus d’ancienneté m’a vue errer sans but dans la cour de l’école. Il était très respecté et était le directeur du programme de maths et sciences à l’école depuis près de 20 ans. Il avait été mon enseignant en 9ème année. Je le trouvais drôle. Il m’a dit qu’il avait une pause entre deux cours et m’a invitée à venir parler avec lui dans son bureau. Il m’a posé des questions sur ma maladie, j’ai parlé, il a écouté. Il a promis de m’aider, de me guider dans ma guérison. Lire la suite

La triple charge de travail des syndicalistes indonésiennes

La crise de la COVID-19 accentue les inégalités de genre au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans la mesure où la COVID-19 a frappé les secteurs manufacturiers à bas salaires où travaillent en majeure partie des femmes, ses conséquences touchent un genre plus que l’autre. L’OIT rapporte, par exemple, que deux travailleur·ses de l’industrie de l’habillement en Asie-Pacifique sur cinq n’ont pas repris le travail après la fermeture des usines. La majorité des travailleur·ses du secteur de l’habillement sont des femmes et elles représentent 5,2% de l’ensemble de la main d’œuvre féminine de la région.

Pourtant, au milieu de la pandémie, le travail invisible effectué par un grand nombre de femmes en Asie n’a pas seulement doublé, mais triplé. Beaucoup de femmes salariées, en plus d’être les premières à s’occuper des membres de la famille à la maison, sont aussi des syndicalistes menant une lutte sans merci pour protéger les droits des travailleur·ses les plus vulnérables de la région. Lire la suite

NON-DESIR DE MATERNITE : les femmes ont-elles le droit de s’autodéterminer ?

Interview de Chloe Chaudet par Francine Sporenda

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Chloé Chaudet est maîtresse de conférences en littérature comparée à l’université Clermont Auvergne. Ses recherches et ses publications portent sur les articulations entre littérature, politique et société à l’échelle internationale. Son livre « J’ai décidé de ne pas être mère » (éditions Iconoclaste 2021) est son premier texte de recherche création.

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La conversion numérique de violences conjugales masculines contre les femmes

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Edito

Le numérique et ses usages sont au cœur d’un mouvement de transformation profonde de la société. Il offre un formidable espace et outil d’émancipation pour les femmes comme pour les hommes : il sert de support à de nouveaux modes de mobilisation et d’expression et il est source d’une extraordinaire créativité. Il constitue aussi un espace de travail, et un puissant outil pour défendre les droits des femmes et dénoncer les violences sexistes – comme on l’a vu avec l’ampleur du mouvement #MeToo.

Cependant, une enquête coordonnée par le Centre Hubertine en 2015 auprès des élèves de collège et de lycée montrait que les espaces et outils numériques viennent aussi renforcer les violences sexistes et sexuelles : on parle de cybersexisme. Les agresseurs trouvent avec le numérique des moyens simples et facilement accessibles pour humilier, harceler et tenter de contrôler les filles. D’après un rapport des Nations Unies, ces violences concernent 73% des femmes tout au long de leur vie et dans tous leurs espaces de vie.

On le sait, les violences à l’encontre des femmes sont majoritairement vécues dans l’espace privé. Alors que nous disposons désormais de données précises concernant les violences conjugales en France, aucune étude n’est encore disponible pour comprendre l’impact du numérique sur les violences conjugales. Pourtant, pouvoir identifier et comprendre les cyberviolences permet de mieux évaluer le danger et de mieux protéger les femmes.

Ce rapport est une contribution à l’amélioration de la connaissance sur les violences conjugales, à l’ère du numérique. Il est le fruit d’un travail collaboratif avec nos associations membres, mais aussi plusieurs professionnel-le-s qui accompagnent des femmes vic- times de violences conjugales. Il permet de mettre en lumière les nouveaux défis que l’appropriation du numérique par les agresseurs pose à la protection des victimes de violences conjugales. Lire la suite

#Avortement. Le 25 septembre, on manifeste

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Femmes lesbiennes et bisexuelles : notre lutte est plus grande que notre silence

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Les luttes LGBTQIA+ contre le néolibéralisme et le conservatisme sont des chemins vers l’autonomie et vers une transformation sociale féministe.

Sur une photo de 1979 au Défilé de la Gay Pride à San Francisco (États-Unis), deux femmes apparaissent tenant une pancarte sur laquelle est écrite « une journée sans lesbiennes est comme une journée sans soleil ». La phrase nous fait sourire pour la gaieté de sa radicalité. Ces femmes semblent dire quelque chose comme : quand les femmes sont capables d’exercer une sexualité libre, le monde s’illumine. Ou encore : même si l’on essaie de mettre un voile sur les sexualités dissidentes des femmes, elles sont toujours là, comme la lumière du soleil. Lire la suite

Contre l’instrumentalisation de la justice par les pères violents

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Aujourd’hui, en France, les femmes victimes des violences masculines sont isolées et ne bénéficient d’aucun accompagnement. Souvent même, elles sont aussi victimes d’un déni de justice ! On ne connaît que trop bien les violences conjugales, mais que sait-on de la suite de ces violences ? Que se passe-t-il une fois qu’une femme a rassemblé son courage pour porter plainte ou sortir de la situation dangereuse dans laquelle ses enfants (le cas échéant) et elle se trouvent ? Nous souhaitons mettre en lumière ces parcours de « combattantes », car non seulement les violences ne s’arrêtent pas à la plainte ou à la dénonciation de l’agresseur, mais se poursuivent bien trop souvent au-delà de la séparation. Les femmes subissent alors une instrumentalisation de la garde de leur(s) enfant(s) par le père violent ainsi que tout un lot de violences judiciaires, ce qu’on appelle violences secondaires. 

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Ainsi, d’après l’étude d’Emmanuelle Mélan, criminologue, 79% des femmes sondées déclarent avoir subi des violences après séparation, dans certains cas, plus de 5 ans après la séparation. Par ailleurs, Ernestine Ronai indiquait dans une enquête menée en 2008 par l’Observatoire des violences envers les femmes du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis en collaboration avec le Parquet du TGI de Bobigny que sur les 24 féminicides survenus sur le département entre 2005 et 2008, dans la moitié des cas, les assassinats s’étaient produits à l’occasion du droit de visite du père violent. La France manque cependant cruellement d’études récentes sur le phénomène des violences post-séparation. Lire la suite

Turquie. « Pour les femmes le combat continue »

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Le 20 mars, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a publié un décret annulant la ratification par la Turquie de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. La Convention d’Istanbul, signée collectivement par 45 pays et l’Union européenne, repose sur quatre piliers : la prévention, la protection, les poursuites judiciaires et les politiques intégrées.

La Turquie a été non seulement l’hôte enthousiaste des négociations de la Convention il y a dix ans – principalement grâce aux campagnes de sensibilisation et aux mobilisations sociales du mouvement des femmes – mais aussi le premier signataire et, en fait, le premier pays à la ratifier par son parlement national, en 2012, et cela en la prolongeant par une législation conforme : la loi n° 6284. Etre le seul pays à se retirer de la Convention à ce jour est donc aussi ironique que tragique : car c’est mettre en péril la loi promulguée en référence à la Convention, mais désormais une loi confusément présentée comme une alternative. Lire la suite

La bataille pour l’egalite dans les médias est la mère de toutes les batailles feministes

Interview d’Isabelle Germain par Francine Sporenda

Isabelle Germain a fondé en 2009 le site d’information LesNouvellesNews.fr après plusieurs années de journalisme. Diplômée du CELSA, elle a été également présidente de l’Association des femmes journalistes et présidente de la commission Stéréotypes du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

FS : La presse relaie régulièrement des bobards sexistes ridicules, tirés d’« études scientifiques » à qui on fait dire n’importe quoi : le sperme serait bon pour la santé des femmes, les pères qui ne s’occupent pas de leurs enfants ont de plus gros testicules, plus un homme fait le ménage, moins il a de rapports sexuels etc. Les résultats de ces « études » renforcent pratiquement toujours les stéréotypes et préjugés sexistes. Pourquoi y a-t-il si peu d’études qui debunkent les préjugés sexistes, et qu’est-ce que ça nous dit sur la prétendue objectivité/neutralité des sciences et sciences humaines (en plus de celle des médias) ? Lire la suite

IVG : face à l’offensive réactionnaire, la nécessité d’une mobilisation féministe

La crise du Covid a impacté l’accès à l’IVG en France. Elle a fait émerger des difficultés nouvelles à l’exercice de ce droit pourtant fondamental. Malgré la mise en place d’un certain nombre de mesures comme la prolongation de l’accès à l’IVG médicamenteuse à domicile de 7 à 9 semaines de grossesse, la possibilité pour les médecins et les sages-femmes de prescrire par le biais de téléconsultations ou encore le droit d’acheter des médicaments abortifs en pharmacie (1) ; de nombreuses femmes se sont malheureusement trouvées hors des délais légaux pour accéder à une IVG. Des militantes féministes se sont alors mobilisées pour obtenir un allongement de ce délai de 2 semaines. Le 8 octobre 2020, les députés avaient voté en première lecture en faveur d’un allongement de 12 à 14 semaines du délai légal, bien que les échanges aient été vifs dans l’hémicycle. Mais le 17 février, lors de la deuxième lecture, la droite a déposé 423 amendements opposés à la prolongation du délai légal d’accès à l’IVG et sous la pression des conservateurs, le groupe socialiste a retiré la proposition de loi de la députée du Val de Marne, Albane Gaillot. (2) Lire la suite

La campagne de publicité de Médecins du Monde axée sur leur « féminisme » !

Il en faut de l’argent pour faire une campagne d’affichage dans les rues et de la publicité dans les journaux !

Quelle est l’association féministe, parmi toutes celles luttant réellement pour l’égalité entre les femmes et les hommes depuis de longues années, qui trouverait les moyens pour le faire ?

Dans le message de Médecins du Monde qui a essayé en vain de démolir devant le Conseil Constitutionnel la cohérence de la loi abolitionniste du 13 avril 2016, il y a trois fois le mot féminisme. Mais dans le contenu de ce message cherchez le mot femme, cherchez l’expression droits des femmes, cherchez « égalité entre les femmes et les hommes ». Vous ne les trouverez pas. Ça ne se fait plus voyez-vous ! Lire la suite

Ce n’était qu’un super début !

Le 5 juin 2021 à Nice, il y a eu une manifestation féministe transnationale pour dire non aux politiques européennes de migration.

Elle était extrêmement belle : une beauté qui vient de la pluralité, du mode d’organisation libertaire qui a permis de multiples formes de participation, un rassemblement de personnes déterminées épanouies.

Elle était inoubliable : une vraie création collective et unique comme tout œuvre artistique.

Elle était magique : une expérimentation d’une petite révolution, une expérience collective très très étonnante, en dehors des schémas habituels.

Elle était historique : c’est la première fois que les féministes de tous horizons manifestent ensemble spécifiquement contre les frontières, au niveau européen.

Elle était forte : une action qui parle des morts, des violences militaristes, des tortures collectives, des racismes, des exclusions… et surtout de la résistance. Lire la suite

Communiqué de Résistance Lesbienne – Agression lesbophobe à la Marche des Fiertés le 26 juin à Paris 2021

Noues, lesbiennes féministes radicales, noues sommes constituées en groupe de résistance contre le terrorisme patriarcal et contre l’invisibilisation des lesbiennes par les milieux queer et GBT. À l’heure où des hommes peuvent entrer sur simple déclaration de se « sentir femme » dans les espaces qui noues sont réservés (sport, prisons, refuges, etc…), à l’heure où les lobbys pharmaceutiques et chirurgicaux font subir à des adolescentes des opérations mutilantes pour modifier des corps en parfaite santé dans une indifférence générale de la majorité, noues refusons de laisser le débat opposant queer et féminisme radical confiné aux seuls milieux LGBT. Noues avons décidé de marcher en tête de la Marche des Fiertés de Paris le samedi 26 juin 2021 pour visibiliser nos revendications qui ne sont ni plus ni moins la demande du respect de nos corps, de notre sexualité et de notre intégrité morale et physique. Lire la suite

Travailleuses domestiques migrantes au Liban, le parcours de la dette

Au Liban, le travail domestique est majoritairement occupé par des femmes, principalement originaires d’Asie et d’Afrique, qui ont généralement dû s’endetter dans leur pays d’origine pour migrer. Une fois au Liban, ces dernières font face à des contraintes et des violences de traitement, en plus des difficultés financières qu’elles rencontrent pour survivre au quotidien. La crise économique qui accable actuellement le Liban accroit les besoins financiers de ces femmes qui n’ont parfois d’autres choix que de s’endetter à nouveau pour repartir, souvent dans leurs pays d’origine. C’est donc un parcours migratoire marqué par le joug de la dette qu’est celui de ces femmes en lutte. Lire la suite

Espagne : Manifeste du 26 juin 2021 en faveur de l’agenda féministe contre les lois « trans »

La régression de la protection de nos droits en tant que femmes est malheureusement déjà une réalité indéniable. L’alliance entre patriarcat et capitalisme néolibéral, contre les femmes en général, et contre le mouvement féministe en particulier, porte une atteinte criminelle, aussi bien dans notre pays que partout dans le monde, subvertissant toutes nos revendications et gangrénant notre système juridique. Notre analyse est claire : ceux qui prétendaient être nos alliés et se qualifient de « gouvernement le plus féministe de l’histoire » remettent en cause l’agenda féministe pour lequel nous nous sommes battues au cours des 30 dernières années. Face à l’inaction complice de la présidence du gouvernement, le ministère de l’égalité a ignoré et méprisé le mouvement féministe, favorisant des lois contre les femmes. En outre, quelle que soit leur couleur politique, les parlements autonomes sont sournoisement utilisés pour transformer toutes les lois sur lesquelles ils ont des compétences, affaiblissant encore davantage la protection des femmes et accentuant la régression en matière de violences, de droits sexuels et reproductifs, ainsi que notre discrimination matérielle et symbolique dans tous les domaines, y compris en ce qui concerne les droits les plus fondamentaux des enfants et des adolescents. Cela a conduit le mouvement féministe à descendre dans la rue aujourd’hui pour exiger des gouvernements, tant central que régionaux : Le plein respect de l’agenda féministe avec l’arrêt et l’abrogation des lois « trans ». Oui, de toutes les lois trans, car il s’agit de l’ensemble des règlementations qui remplacent la catégorie juridique « sexe » par « l’identité de genre ». Un changement qui vise à être généralisé, par le biais des lois dites Trans, LGTBI et Zerolo, et à être introduit au Parlement, criminalisant les personnes qui, dans l’exercice de leur droit fondamental à la liberté d’expression, défendent l’utilisation des mots « femme », « mère » ou « vulve ». Ou en imposant des amendes allant jusqu’à 150 000 euros pour une « mauvaise » utilisation des pronoms personnels. La liberté d’expression a déjà été restreinte dans d’autres endroits, comme en Écosse, où nous avons assisté, début juin, à l’arrestation et au procès de Marion Millar pour le simple fait d’avoir reproduit une banderole des suffragettes sur Twitter. Des femmes suffragettes. Dans ce sens, nous demandons l’abrogation de toutes les réglementations – ou d’une partie d’entre elles – qui menacent les droits des femmes et des enfants, ainsi que les droits fondamentaux et les libertés publiques, comme c’est le cas de la loi Rhodes (protection des enfants contre les violences), récemment approuvée, et de certaines dispositions de la loi Celáa (éducation), qui provoquent une confusion quant à l’obligation d’éduquer dans l’égalité, sans déformer son sens en invoquant la « diversité », comme c’est déjà le cas. En outre, nous demandons l’abrogation des réglementations régionales trans, composées, entre autres, de 15 lois d’ « autodétermination du genre », de 14 protocoles éducatifs et de 15 protocoles sanitaires, qui permettent, même en l’absence d’une loi étatique reconnaissant le droit à l’autodétermination du sexe, la mise en œuvre de politiques éducatives sexistes, la violation des droits des femmes sur la base du sexe (en permettant aux hommes d’accéder à nos espaces et en pervertissant les statistiques), ainsi que le traitement hormonal indiscriminé des enfants. Et ce malgré le fait que les pays qui nous entourent (comme le Royaume-Uni, la Suède ou la Finlande) et qui ont adopté des lois similaires, font marche arrière et interdisent l’utilisation des bloqueurs de puberté en raison de leurs effets secondaires irréversibles et nocifs. Enfin, nous dénonçons et sommes indignées par l’utilisation de la législation transgenre qui permet aux violeurs et aux meurtriers d’entrer dans les prisons pour femmes. Nous ne pouvons pas ne pas mentionner le meurtre de Vanessa Santana à Fuerteventura, dont le violeur et meurtrier, Jonathan Robaina, s’est autodéclaré femme le premier jour du procès (trois jours seulement après l’approbation à l’unanimité de la loi trans au Parlement canadien). Si ce n’avait été par l’intervention de l’équipe d’experts médico-légaux, l’auto-identification comme femme du meurtrier, passant outre l’existence d’une dysphorie de genre, on aurait assisté une fois de plus au transfert d’un violeur et d’un féminicide dans un module pour femmes. Ceci sous la protection de l’Instruction 7/2006 et de la loi Trans 3/2007, avec la mise en danger, par conséquent, de l’intégrité des détenues. Le Ministère de l’Égalité et le reste du Gouvernement ont nié jusqu’à la nausée que, avec les lois transgenres, « Cela ne devait pas se produire »… mais c’est arrivé. Lire la suite

Déclaration de l’Assemblée générale des femmes de Révolution Écosocialiste

Préambule

L’assemblée générale annuelle des Femmes de Révolution écosocialiste a eu lieu le 7 juin dernier. Quelques faits saillants, adoptés à l’unanimité :

Un comité de suivi sera fondé lorsque le nombre de membre femmes aura augmenté de manière significative ;

Une personne responsable est nommée dans l’intérim. Lucie Mayer est proposée. Comme je siège au Comité de suivi de Révolution écosocialiste, j’assurerai aussi le lien entre le Comité et l’Assemblée ;

Quatre motions d’appui ont été adoptées à l’unanimité. Lire la suite

Ouverture du Forum Génération Égalité : 100 associations féministes appellent à la mobilisation pour les droits universels des femmes (plus Communiqué « Sur la diplomatie féministe »)

Déclaration 30 juin 2021

 40 ans après le début du cycle des conférences de l’ONU sur les droits des femmes, qui a culminé par l’adoption du Programme d’action de la Conférence de Pékin en 1995, dont le Forum Génération Egalité (FGE) célèbre l’anniversaire, les objectifs fixés en faveur des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes ne sont atteints dans aucun domaine et nulle part dans le monde. Les droits des femmes connaissent même des régressions et de violentes attaques à la suite de crises sanitaire, climatique, économique et démocratique, ainsi que de conflits armés.

A cette occasion, le Collectif féministe pour le Forum Génération Egalité, qui rassemble plus d’une centaine d’organisations de la société civile françaises, européennes et internationales, s’appuyant sur une approche universaliste et intergénérationnelle, en continuité avec les mouvements et les luttes des femmes et de leurs associations féministes, et dans le respect de leur diversité,

Alerte solennellement le Président de la République, les États, institutions et acteurs de la communauté internationale réuni·es au Forum de Paris. 

Le Collectif pour le Forum Génération Egalité regrette que le mode dorganisation du FGE ne corresponde pas au format dun événement multilatéral de lONU et que la place des organisations de femmes et féministes soit inégalitaire, au vu notamment du manque de moyens de la très grande majorité d’entre elles.

Pourtant le Forum Génération Egalité pourrait jouer un rôle de mobilisation et d’accélérateur du processus de l’égalité, si les engagements présentés par les coalitions d’action thématiques s’appuyaient sur le socle que nous définissons ci-dessous. Lire la suite

Violence infligée aux femmes : Coup d’oeil sur un nouveau plan en 40 points du gouvernement suédois

Les propositions gouvernementales comprennent le renforcement des peines pour plusieurs crimes contre les femmes, mais aucun soutien concret pour les refuges.

Le gouvernement suédois vient d’annoncer un plan national de lutte contre la violence masculine à l’égard des femmes après plusieurs meurtres récents de femmes par leur partenaire actuel ou leur ex. Les propositions comprennent des peines plus sévères mais aussi un travail de prévention.

Le gouvernement dit que ses mesures visent les objectifs suivants : « La violence doit être prévenue et les hommes qui commettent des crimes contre les femmes doivent être punis. Les femmes exposées à ces crimes doivent recevoir l’aide dont elles ont besoin. »

« Il s’agit du train de mesures le plus complet contre la violence des hommes à l’égard des femmes depuis au moins 20 ans », a déclaré le ministre de la Justice Morgan Johansson lors d’une conférence de presse où il a annoncé les mesures avec la ministre de l’Égalité des sexes Märta Stenevi et le ministre de l’Intérieur Mikael Damberg.

Madame Stenevi a déclaré que des efforts sont nécessaires pour changer les normes « afin qu’aucun garçon ne grandisse et ne devienne un homme qui bat et qui viole ». Lire la suite

La lutte contre les violences faites aux femmes vaut plus qu’un symbole

Ce mercredi 2 juin, le gouvernement discute en Conseil des ministres un projet de loi de ratification de la convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) contre les violences et le harcèlement dans le monde du travail. Une bonne nouvelle ? Oui bien sûr car c’est grâce à notre mobilisation collective que cette première loi mondiale contre les violences sexistes et sexuelles au travail a été adoptée en 2019, dans la foulée de #MeToo. Cependant, nous ne pouvons nous satisfaire du projet car, en l’état, cette ratification ne changera rien, ou presque, à la situation en France.

Pourquoi : Parce que le gouvernement a décidé de ratifier à minima il refuse de faire évoluer la loi pour y intégrer les recommandations de l’OIT. La lutte contre les violences faites aux femmes vaut pourtant mieux qu’un symbole. Lire la suite

Revisiter Picasso à l’ère de #metoo

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Peut-on aspirer à dépatriarcaliser nos musées ? De la même façon que des musées dans le monde procèdent à la décolonisation des pièces et œuvres volées ou obtenues sous la contrainte des différentes communautés, il faudrait d’après moi entamer une démarche de dépatriarcalisation des musées. Ainsi, comment planifier une exposition de l’œuvre de Picasso, un homme extrêmement violent et misogyne, à l’ère du mouvement #metoo ?
Photo : Otto Pascual-Suelves

La réponse n’est pas simple, ni univoque. Le Musée national des beaux-arts de Québec (MNBAQ) faisait face à un défi de taille lorsqu’il a pris la décision d’exposer Picasso, et je sympathise avec les commissaires et les travailleuses et travailleurs de ce musée. Cependant, une réflexion par et pour les femmes doit être faite, encore plus en ce moment où on est en train de nous tuer parce qu’on est des femmes. À l’heure où j’écris ces lignes, on compte le treizième féminicide (treizième !) au Québec au cours de cette année, qui n’en est qu’à sa première moitié. Lire la suite