Archives de Catégorie: Féminisme / Genre/ Rapports sociaux de sexe

Les femmes font face à l’État et au fondamentalisme patriarcal pour mettre fin à la violence en Inde

La question de la violence à l’égard des femmes est l’une des violations des droits humains les plus courantes dans le monde. Elle ne se limite pas à une région, à une communauté ou à une famille spécifique, mais affecte continuellement l’ensemble du système politique, culturel, social et économique, et représente l’une des plus grandes menaces au développement et à une paix durable. Plus de 90% des femmes de mon pays, l’Inde, et de toute l’Asie du Sud ont subi des violences physiques, mentales, économiques ou sexuelles tout au long de leur vie. Il s’agit de la plus grande pandémie mondiale.

Des cas tels que le fœticide féminin, le mariage impliquant des enfants, les meurtres au nom de la guerre contre les sorcières, la traite des femmes et des filles, la violence domestique, le harcèlement, le viol et toutes les formes de violence se produisent toujours dans la société. Les conditions de vie des femmes marginalisées, exclues, migrantes et Dalit [1] sont inimaginables. Nous travaillons toute notre vie pour les droits des femmes. La question est donc : pourquoi assistons-nous à une augmentation de ces cas en 2021 ? Lire la suite

Le soulèvement irakien de 2019 et l’imaginaire féministe

Dans la « montagne Uhud » [1] – un grand bâtiment abandonné de la place Tahrir, dans le centre de Bagdad, qui fait face à la zone verte – les jeunes manifestants, hommes et femmes, qui avaient investi le bâtiment, ont scandé Inryd watan (Nous voulons un pays) et Nazel akhuz haqqy (Je descends pour prendre mes droits). Depuis le point culminant des manifestations de rue en octobre 2019, la place Tahrir, dans le centre de Bagdad, et plusieurs autres places principales du pays, avaient été occupées par des manifestants. À partir du 25 octobre 2019 et pendant une période de plus d’un an, ils ont réussi à garder le contrôle de ces places, où ils ont établi des sociétés idéales miniatures.

Le soulèvement de 2019 est parti d’un mouvement de protestation qui a débuté principalement dans les provinces du centre et du sud dominées par les chiites, avant de s’étendre à tout l’Irak. Malgré la répression sanglante des manifestations par les forces de sécurité irakiennes et les milices affiliées à l’establishment politique irakien, ces manifestations se sont transformées en un soulèvement, car les jeunes et les personnes privées de leurs droits qui avaient lancé les premières manifestations de rue ont été rejoints par des individus issus de divers milieux et groupes sociaux, éducatifs et idéologiques, tels que des syndicats et des organisations d’étudiants. Lire la suite

Le droit à l’avortement est un droit fondamental

Enfin de nombreuses  femmes obligées d’aller à l’étranger chaque année pour avorter vont peut être pouvoir le faire en France !

Et pourtant on revient de loin : la proposition de loi de la députée Albane Gaillot, qui se propose d’allonger les délais de l’IVG, a été votée le 8 octobre 2020 en première lecture à l’Assemblée.

Le Sénat ne l’a même pas examinée car les Républicains ont déposé une motion de « question préalable ».

La seconde lecture à l’Assemblée fut impossible car des élus Républicains ont empêché tout examen de cette proposition de loi en déposant quatre cent amendements qui ne pouvaient matériellement pas être discutés dans le temps imparti. Lire la suite

Ensemble, contre les violences sexistes et sexuelles dans nos organisations ! (plus #MeToo au parlement européen)

Avec le mouvement #MeToo, la question des luttes contre les violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les femmes partout dans la sphère publique comme dans la sphère privée a fait irruption dans le débat public. Ce mouvement a obligé la société à entendre davantage la parole des femmes et à moins tolérer ces violences, même si les mesures gouvernementales restent largement insuffisantes. 

Nous, organisations syndicales et politiques, sans avoir attendu ce moment, menons dans nos structures ce même combat afin que nos relations militantes soient des relations sans oppression ni domination, car vouloir changer la société passe aussi par une transformation profonde et par la mise en place d’un environnement militant sans violence sexiste ni sexuelle.

Des cellules de veille, commissions ou collectifs existent dans nos structures afin de protéger les victimes, d’écarter et de sanctionner les agresseurs et faire vivre nos valeurs d’égalité. Car, pour permettre l’égalité entre les femmes et les hommes, nous devons faire cesser les violences à l’encontre des femmes. C’est une condition sine qua non. Lire la suite

Biologie darwinienne et féminisme 

Bonjour Francine Sporenda !

Je réponds ici à votre article Le mythe de la libido féminine faible de juillet 2021 :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/26/le-mythe-de-la-libido-feminine-faible/

et https://revolutionfeministe.wordpress.com/2021/07/11/le-mythe-de-la-libido-feminine-faible/

La rédaction de cette réponse a été pour moi l’occasion de re-réfléchir aux questions de méthode que pose l’utilisation des recherches scientifiques dans la pensée féministe.

Dans votre article vous situez historiquement ce mythe dans la galerie contrastée des clichés misogynes. En introduction vous dénoncez la reprise du mythe dans le discours de la biologie, en particulier de la sociobiologie. Vous en exposez ensuite la critique par la primatologue et féministe Sarah Blaffer-Hrdy. Pour moi le premier intérêt de votre article est de faire connaître le rôle pionnier qu’a joué Sarah Blaffer-Hrdy dans le démontage des travers machistes dans l’héritage de Darwin, notamment par son livre de 1981 La Femme qui n’évoluait jamais (titre ironique), souvent mal compris ou peu connu dans l’espace francophone. Vous donnez plusieurs exemples pertinents (qu’il faudrait parfois nuancer, mais c’est sans importance). Selon vous, ces exemples invalident en bloc la sociobiologie. Mais que pensez-vous du fait que Sarah Blaffer-Hrdy se définit elle-même comme sociobiologiste ? Lire la suite

SALONS DE MASSAGE-BORDELS : un trafic de femmes vulnérables sur lequel on ferme les yeux

Interview de Fred Robert par Francine Sporenda

Né en 1971 à Paris, Fred Robert est le co-créateur et porte-parole de ZéroMacho. Il est père de trois enfants et ex-mari de deux femmes. C’est Florence Montreynaud qui lui a fait découvrir le féminisme en 2003 et il était auparavant très loin de se douter de l’ensemble des privilèges dont il profitait. Il estime être encore très loin de la déconstruction de sa virilité mais trouve qu’il est essentiel de s’adresser sans attendre à tous les hommes car ils sont le problème et le principal obstacle à l’égalité femmes-hommes.

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Nous avons marché ensemble le 20 novembre contre toutes les violences sexistes et sexuelles !

Depuis de nombreuses années, autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, nos associations manifestent pour être entendues de la société et des responsables politiques. Nous y avons toujours affirmé que les violences masculines s’inscrivent dans un continuum : violences conjugales qui peuvent être physiques, sexuelles, psychologiques, ou économiques, harcèlement, agressions sexuelles, viols, prostitution, mutilations sexuelles, discriminations diverses en raison du sexe, jusqu’aux féminicides. Elles ont des causes communes, au premier rang desquelles le sexisme et la culture du viol qui doivent être combattues ensemble.

C’est la raison pour laquelle nous avons marché ensemble le 20 novembre contre toutes les formes de violences, et notamment contre tout achat d’actes sexuels. La prostitution est une violence sexiste et sexuelle, et sa disparition une condition pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous assumons pleinement cette analyse féministe qui repose sur notre action depuis des dizaines d’années auprès des victimes de violences sexistes et sexuelles. Nous luttons contre le système prostitueur, qui n’existe que parce que des hommes achètent des actes sexuels à des femmes (très majoritairement) et des enfants. Et nous luttons avec et aux côtés des personnes prostituées. Lire la suite

Briser l’infamant carcan de la présomption de consentement qui pèse sur les victimes

« Dans ce livre, j’emploie le mot victime pour désigner la personne qui a dénoncé les faits, qu’elle ait, ou non, été reconnue par la justice, et agresseurs, violeurs, mis en cause pour désigner l’infracteur nommé par la victime, qu’il ait, ou non, été condamné par la justice ».

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« Qu’ont en commun une enfant de onze ans, une femmes de ménage travaillant dans un grand hôtel new-yorkais, une jeune femme ayant participé à une fête populaire dans une ville espagnole, et deux femmes ayant sollicité de l’aide, l’une pour obtenir un logement, l’autre pour effacer une condamnation sur un casier judiciaire ? Elles ont toutes dénoncé des violences sexuelles ». En introduction, Catherine Le Magueresse revient sur des « affaires » où les interactions sexuelles n’étaient pas contestées mais où les hommes arguent d’avoir cru au consentement des femmes, « le consentement est quasi systématiquement invoqué par les agresseurs pour effacer les violences sexuelles et les métamorphoser en simples relations sexuelles ». Le consentement ainsi utilisé devient un piège pour celles qui osent dénoncer les agresseurs. Lire la suite

Les transfemmes sont-elles des femmes ?

L’affirmation selon laquelle les transfemmes sont des femmes (TF=F) et les transhommes sont des hommes exige que nous abandonnions la catégorie juridique et sociale actuelle de sexe et la remplacions dans tous les cas par une catégorie d’identité de genre innée auto-définie. Selon les transactivistes, ne pas penser que les trans-femmes sont des femmes est transphobe en soi, et est dénoncé comme une preuve flagrante de mauvaise foi.

Mais l’affirmation Les transfemmes sont des femmes est-elle ‘vraie’ ? Est-elle utile pour le progrès politique et social ? Et, est-elle un signe de bienveillance ? Lire la suite

Construire une économie féministe en Tanzanie

Nous savons que les systèmes oppressifs organisent notre existence, mais ils ne sont pas inhérents à la nature humaine. Aucun être humain ne naît oppresseur ; c’est quelque chose que les gens apprennent au fil du temps en regardant différents domaines et aspects de la vie et comment les choses sont organisées dans la société. Les gens ne naissent pas oppresseurs, ils apprennent à l’être et à obéir au système à mesure qu’ils grandissent et entrent dans ce monde axé sur le profit qui privilégie l’accumulation de biens par-dessus tout.

C’est de là que vient l’idée de chercher un moyen alternatif. La construction d’une économie féministe comme nouveau modèle de société doit être vue comme un processus collectif qui cherche à déraciner le système actuel dans lequel nous vivons. Il s’agit de créer un monde qui fonctionne pour tous. Lorsque nous parlons de construire une économie féministe, nous ne voulons pas dire créer un mécanisme qui fonctionne uniquement pour les femmes, mais plutôt créer un environnement équitable pour toutes les personnes dans le monde. Un environnement sûr pour les femmes et aussi pour les hommes, qui prenne soin de nos communautés et de nos droits à l’autonomie… pour tout le monde ! Lire la suite

Je suis une fille, j’ai des poils !

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Depuis l’été 2018, le collectif féministe Liberté, Pilosité, Féminité lutte en faveur de l’acceptation de la pilosité féminine. 

Elles nous expliquent : 

« Etant donné que la pilosité est une partie normale du corps féminin, nous considérons que le dégoût qu’elle suscite ne peut être que la manifestation d’une profonde misogynie.

Nous pensons également que la « pilophobie » (haine et dégoût de la pilosité, en particulier de la pilosité féminine) nuit gravement au bien-être des femmes :

  • elle génère une haine de son propre corps aboutissant à une faible estime de soi.

  • elle est source d’anxiété et s’ajoute à la « charge mentale » des femmes, car celles-ci se voient obligées d’anticiper tout un tas d’activités : avant d’aller se baigner, avant de pouvoir sortir les shorts et les jupes, avant d’aller chez le médecin, avant de coucher avec un·e nouveau/elle partenaire, elles se doivent de retirer leur pilosité.

  • elle leur fait perdre du temps et de l’argent.

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#25nov – Appel à l’action : Les paysannes luttent pour leurs droits, contre la faim et la violence !

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(Harare, 4 novembre 2021) Ce 25 novembre 2021 – Journée mondiale d’action pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, La Via Campesina appelle à organiser des actions pour sensibiliser, rendre visible, être solidaire et dénoncer la violence alarmante subie par les femmes, les enfants et les personnes LGBTQIA+ dans le monde entier ; une violence qui n’a fait qu’empirer avec la pandémie de COVID-19. Aujourd’hui, les sociétés ont besoin de politiques publiques qui garantissent leurs droits et une vie digne pour les femmes et les communautés. Ces multiples formes de violence ont un impact sur plus de la moitié de la population mondiale et ne peuvent pas être ignorées. Lire la suite

Le déni ne nous sauvera pas

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Dans son introduction, L’illusion de l’oasis, Mona Chollet parle d’images, de la possibilité de l’amour, des personnes que nous fréquentons tous les jours, « Nous nous résignons à ces contraintes et à la superficialité, à la solitude qu’elles impliquent », d’autre(s) personne(s) qui nous émerveille(nt), « Un cadeau nous tombe au creux des mains : une complicité enivrante, une intimité immédiate et follement bienveillante avec quelqu’un qui peut nous être totalement inconnu », une sorte de big-bang amoureux.

L’autrice souligne « la parenté étroite entre la pulsion amoureuse et la pulsion narrative ». A noter que l’une et l’autre sont toujours inscrites socialement, dit autrement ce sont des constructions sociales et des effets de celles-ci. Pour parler d’amour comme d’une sphère particulière ou un oasis, il y comme des obstacles, « Qu’il s’agisse de situations d’oppression révoltantes ou d’incompréhension certes pas tragiques, mais terriblement frustrantes, tout un arc de situations diverses, observées dans la société, dans mon entourage ou dans ma propre vie, font grandir en moi l’envie de prendre à bras-le-corps le sujet de l’amour hétérosexuel ». Il n’est pas possible d’aborder ce sujet sans passer de la « pilule bleue » de la « bienheureuse ignorance » à la « pilule rouge » de la lucidité. Toucher à « l’édifice de représentations et de croyances », a bien quelque chose de paniquant… Lire la suite

Elles « aiment ça »

Qui sommes nous ?

Nous sommes des femmes. 

Nous sommes de gauche. 

Nous sommes des survivantes. 

Nous sommes des concernées.

Les hommes machistes répètent depuis toujours qu’au fond, les femmes « aiment ça ». Dans ce « ça », comprenez la domination masculine, la soumission féminine, l’arrogance des machomen, des-hommes-des-vrais.

Nous, femmes qui avons vécu de la violence sexuelle – parfois consentie, parfois tarifée, parfois ni l’un ni l’autre – aimerions interroger cette affirmation. Moins pour la nier en bloc que pour la questionner.  Lire la suite

Devoir conjugal : la sexualité dans le couple est-elle oppressive pour les femmes ?

Comme je l’ai signalé dans un précédent article (1), le couple est, pour les femmes, le lieu par excellence de relations sexuelles consenties mais non-désirées. D’après les recherches du sociologue (non-féministe) Jean-Claude Kaufmann (2) que je cite dans cet article, pratiquement toutes les femmes en couple ont dû consentir à des relations sexuelles non désirées, occasionnellement ou régulièrement. C’est une pratique qui est inhérente à l’institution du couple hétérosexuel (mariage ou concubinage), et indispensable à son existence même. Elle est humiliante et dégradante pour les femmes, et en tant qu’elle les nie comme sujets sexuels et fait obstacle à une sexualité féminine qui soit l’expression d’un désir autodéterminé, elle les confine à une sexualité de service où leur « agency » se borne à satisfaire les demandes masculines. 

C’est une forme d’abus sexuel presque totalement non reconnue, y compris par les féministes qui, jusqu’ici se sont focalisées sur les formes de violences sexuelles masculines les plus évidentes et les plus brutales : viol, inceste, pédocriminalité, prostitution, et ont ignoré cette « zone grise ». Mais pourquoi la sexualité conjugale est-elle intrinsèquement oppressive pour les femmes ? Lire la suite

Le Japon découvre « TRANS » d’Helen Joyce (plus introduction du livre traduite en français)

Un mouvement idéologique en rupture avec la réalité a balayé le monde, prenant le contrôle des gouvernements, des institutions publiques, des politiques progressistes, d’organisations internationales comme les Nations unies et d’ONG comme Amnesty International. Les grands médias, dont le New York Times et le Guardian, sont devenus ses prédicateurs, tout comme des revues scientifiques prestigieuses, telles que Nature et Scientific American. On ne peut imaginer une idéologie qui ait connu un tel succès en aussi peu de temps.

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Selon cette idéologie, le sexe d’une personne n’a rien à voir avec les chromosomes, les gènes, la structure biologique du corps ou la fonction de reproduction, mais est déterminé par le sentiment d’être une « femme » ou un « homme » (ou un « non-binaire », un « genderfluid », un « pangender », un « demigender » ou l’un des quelque 100 autres genres inventés dans ce nouveau système de croyances). Lire la suite

Déclaration internationale de la Marche Mondiale des Femmes suite à sa Rencontre internationale – 31 octobre 2021

Nous, les femmes du Sud et du Nord de la Marche Mondiale des Femmes, nous nous sommes réunies pour participer à notre 12ème Rencontre Internationale, malgré le contexte difficile d’une pandémie mondiale. Nous sommes venues de 50 pays de toutes les régions du monde, pour partager nos luttes et construire une analyse commune pour renforcer nos actions au moment présent. La pandémie a mis en évidence les inégalités sous-jacentes et les multiples crises du système, la marchandisation et la privatisation du service public, la dégradation de l’environnement et la crise écologique qui alimente la crise climatique. Nous sommes confrontées à l’aggravation du conflit entre le capital et la vie. L’exploitation augmente et les femmes sont les plus touchées. Les intérêts des entreprises passent avant la santé, comme nous le constatons à travers l’accès inégal aux vaccins dans le monde, des services publics médiocres et l’infime attention portée aux autres maladies et à la santé sexuelle et reproductive. Les entreprises multinationales pillent et volent les terres, sans aucun respect pour les droits humains, et imposent des dettes illégitimes aux peuples de tous les continents. Lire la suite

Chronique judiciaire. Alexandra Richard humiliée, niée et condamnée : un procès sous le signe de la toute-puissance masculine et du déni de la parole des femmes

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La justice refuse une nouvelle fois la légitime défense à une femme victime de violences conjugales. Retour sur un procès honteux, théâtre d’humiliations et de dénigrements, qui culpabilise et revictimise les victimes .

Alexandra Richard vient d’être de nouveau condamnée en appel à 10 ans de prison pour homicide volontaire sur la personne de son conjoint violent, Sébastien Gest. Ce verdict inique et presque impossible à croire est tombé le samedi 23 octobre à 20h30. La Cour d’assise d’Évreux a rendu quasiment le même verdict qu’en première instance (novembre 2020). N’avons-nous rien appris sur la légitime défense des femmes victimes de violences conjugales depuis les affaires Alexandra Lange (acquittée en 2012, à la demande du procureur Luc Frémiot) et Adriana Sampaio (acquittée en 2020) ? Ni rien sur le phénomène d’emprise – pourtant entré dans le code pénal via la loi du 30 juillet 2020 – depuis Jacqueline Sauvage (graciée en 2016) ou Valérie Bacot (libérée en 2021) ? Lire la suite

Affaire Jacquie et Michel : 4 « acteurs » mis en examen pour viol, la fin de l’impunité !

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Quatre « acteurs » de vidéos pornographiques sont mis en examen pour viols dans l’affaire French Bukkake : c’est une première historique en France. Après la mise en examen de deux producteurs (dont un, Matthieu Lauret qui est l’un des principal fournisseur français de films pour Dorcel et Jacques et Michel) en octobre 2020 pour viols et proxénétisme aggravés et traite des êtres humains, ces mises en examens constituent une étape fondamentale vers la fin de l’impunité pour l’industrie pornocriminelle tout entière. Nous saluons la force des victimes de violences pornocriminelles, dont la prise de parole courageuse contribuera à mettre à mal cette zone de non-droit. Lire la suite

STOP aux violences sexistes et sexuelles !

Communiqué CGT, FSU, Solidaires.

En cette journée internationale de luttes contre les violences faites aux femmes, la CGT, FSU, Solidaires réaffirment leur soutien et leur solidarité à toutes les femmes et tous les peuples qui combattent les régimes autoritaires, réactionnaires et libéraux visant à toujours limiter les droits des femmes et organiser leur domination. Nos syndicats condamnent avec la plus grande fermeté les inactions des gouvernements contre ce fléau et le recours toujours impuni aux viols de femmes et de filles toujours utilisés comme arme de guerre dans les zones de conflit. Elles rappellent que l’accès à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, au logement, au travail… sont des leviers incontournables d’émancipation.

En France, le manque d’ambition politique et de moyens dédiés n’a pas permis de faire reculer les violences sexistes et sexuelles et laisse persister une situation inacceptable, celles des femmes victimes … jusqu’à la mort. Lire la suite