Archives de Catégorie: Extrême droite

Observatoire national contre l’extrême droite

Dans la situation politique actuelle, où les idées racistes, réactionnaires, néofascistes, se banalisent et se trouvent légitimées par tant d’idéologues médiatiques et d’hommes politiques, y compris au pouvoir, est lancé l’Observatoire national contre l’extrême droite. Lire la suite

L’attente

Quand tu ouvres les yeux, ce matin, c’est là – une tension, quelque chose de vif comme l’attente d’un combat : c’est aujourd’hui. Tu te lèves comme si tu étais poussé en avant.

Eleni et Fotini dorment. Tu traverses l’appartement, prépares un café, affiches sur l’écran un témoignage lu la veille ; au mois de juillet 2000, un commando descend la rue Pýthonos où la section locale d’Aube Dorée dispose d’une planque en sous-sol, fait irruption sur la place en bordure de laquelle M. et quelques autres distribuent des tracts. La peur est là, au coin, en vêtements sombres et au pas militaire – le parti de la peur. Tu es l’espace d’un instant traversé par des froissements, des cris, des vêtements déchirés, le souffle d’un homme fouillant un sac à la recherche de l’appareil photo avec lequel M. a photographié quelques instants plus tôt le chef du commando – la fouille précipitée reste vaine, M. a eu le temps de repasser l’appareil à quelqu’un avant d’être jeté à terre et roué de coups ; quelques années plus tard, l’auteur de ces coups sera identifié par d’autres victimes de violences grâce à d’autres clichés. Lire la suite

Quelques mots à destination d’un certain Zemmour, Éric

Quelques mots à destination d’un certain Zemmour, Éric, 62 ans, écrivain, polémiste, de la part de citoyens, de Français, d’écrivaines et d’écrivains, de libres penseurs, d’extrémistes humanistes, de voyous de la langue, voleurs et assassins des peurs. Lire la suite

La Convention nationale républicaine a donné le feu vert aux miliciens

Le 24 août 2020, lors de la soirée d’ouverture de la Convention nationale républicaine (CNR) un discours de Patricia et Mark McCloskey fut spectaculairement mis en scène. On se rappelle ce couple de riches blancs qui avait brandi, à Saint-Louis (Missouri) et au mépris de la loi, des armes à feu contre des manifestants de « Black Lives Matter » (BLM).

Vingt-quatre heures après leur intervention lors la CNR, un homme blanc tuait avec son arme deux personnes et en blessait une troisième à Kenosha (Wisconsin) lors d’une manifestation de BLM. Lire la suite

Les scélérates actualisations de la haine des « métèques »

Un petit livre sur le racisme et les populations ciblées, les agitateurs xénophobes et leurs soutiens complaisants, les passions identitaires et xénophobes, la haine et ses expressions verbales, la brutalité des mots d’aujourd’hui contre les « migrant·es » et/ou les « musulman·es », la violence d’hier contre les « métèques » et/ou les « juifs/juives » (sans oublier la négrophobie et la haine des Rroms…), les tueries masculinistes et racistes…

« EN L’ESPACE DE DEUX DECENNIES, la haine, on l’aura compris, a été largement normalisée. Entre le tout début des années 2000 et le moment où ces lignes sont écrites – dans le confinement de la fin du mois de mars 2020 –, les vociférations visant les migrants et les musulmans ne sont pas seulement devenues affreusement banales : elles sont, désormais, systématiquement valorisées dans la presse et les médias » Lire la suite

Discours, actions et groupes de haine au Québec

« Une odeur putride que l’on croyait du passé refait surface dans l’espace public. Longtemps contraints aux marges, les discours de l’extrême droite sont aujourd’hui portés plus ouvertement par ses propagandistes »

Le collectif Emma Goldman aborde les contextes, les frustrations collectives, les terreaux sur lesquels les forces d’extreme-droite se construisent comme légitimes, « Dans cet ouvrage, nous, le Collectif anarchiste Emma Goldman, souhaitons aborder de front le problème du populisme et de l’extrême droite tel qu’il se présente au Saguenay-Lac-Saint-Jean ». Lire la suite

A propos des groupes extrémistes armés galvanisés par le Parti républicain

En opposition au déboulonnage des statues de racistes dans le pays tout entier, des milices de droite, extrémistes, lourdement armées ont menacé, et même abattu, des manifestant·e·s.

Cette éruption de violence, d’où vient-elle ? Elle procède de la multiplication de groupes d’extrême droite armés jusqu’aux dents. Après tout nous sommes aux États-Unis, ce pays qui préfère les armes à ses propres enfants. Et surarmés, ces groupes le sont. Leur hostilité à la démocratie libérale (avec un « d » minuscule et « l » minuscule) ne cesse de croître. Leur violence franchit un nouveau palier, à l’heure où une majorité du peuple américain commence enfin à mettre en question le racisme sanguinaire de leur nation, le racisme passé et le racisme présent. Lire la suite

Féminisme & Extrême droite. Nouvelles droites et antiféminisme

Avec l’aimable autorisation de la revue Inprecor

Red pill, unicor (licorne), incels (célibataires involontaires), AWALT (All Women Are Like That – les femmes sont toutes les mêmes) (Rational Wiki, 2019) : voici quelques néologismes que l’on peut lire sur lamanosphère : un ensemble de blogs, forums et sites internet de mouvements à tendance misogyne et antiféministe. Le Red pill est repris de Matrix, ceux qui ont pris la pilule rouge étant ceux qui ont réussi à se libérer des convictions féministes dominantes et choisissent d’adhérer à la douloureuse vérité de la manosphère, à l’inverse de leurs détracteurs, vendus à la cause féministe, qui ont pris la pilule bleue. Les termes mâle alpha et mâle bêta sont utilisés dans la même logique. Lire la suite

Décortiquer les gestions et les projets nauséabonds de l’extrême-droite

« Ce tome 3 de Lumière sur mairies brunes couvre la période allant du second semestre 2017 à la fin de l’année 2019. Après les tomes 1 et 2, respectivement publiés en 2015 et 2017, les méfaits de l’extrême droite au pouvoir sont ainsi publiés au grand jour ». Dans l’introduction : Lumières sur mairies brunes. Tome 3, introduction-lumieres-sur-mairies-brunes-tome-3/, publié avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, les auteurs et autrices abordent les actes des maires du Rassemblement National et assimilés, soulignent « le racisme, l’autoritarisme, l’antisyndicalisme, l’obsession sécuritaire et la haine des pauvres », donnent quelques exemples de décisions, déclarations et actions : Lire la suite

Introduction : Lumières sur mairies brunes. Tome 3

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Ce tome 3 de Lumière sur mairies brunes couvre la période allant du second semestre 2017 à la fin de l’année 2019. Après les tomes 1 et 2, respectivement publiés en 2015 et 2017, les méfaits de l’extrême droite au pouvoir sont ainsi publiés au grand jour.

Une fois passés à la loupe antifasciste, les actes des maires du Rassemblement national (RN) et assimilés prouvent que le racisme, l’autoritarisme, l’antisyndicalisme, l’obsession sécuritaire et la haine des pauvres font toujours partie de l’ADN de l’extrême droite. Lire la suite

Cartographie de l’extrême droite française [mise à jour hiver 2019-2020]

Depuis 2011, nous publions une cartographie de l’extrême droite française, que nous présentons dans toute sa diversité : en voici la dixième version. Lire la suite

Contre le fascisme

« Contre le fascisme » est le titre générique des textes choisis de Camillo Berneri, anarchiste italien mort assassiné pendant la révolution espagnole en 1937. Il était aux premières loges. L’arrivée au pouvoir de Mussolini incitait à comprendre, à appréhender cette dimension barbare inédite du capitalisme. Il décrypte les conséquences du pourrissement de la société pour expliquer le coup d’Etat victorieux de cet aventurier. Stimulant.

Camillo Berneri : Contre le fascisme, Edition établie par Miguel Chueca et, pour la traduction française, par Marie Laigle, Philippe Olivera et Sarah Blandinières, Agone/Mémoires sociales

Nicolas Béniès

Extrême droite, le retour ?

Après les élections de mai, avec sa poussée de l’extrême droite en Flandre, dans un contexte mondial qui a vu se réaliser les pires scénarios : vote pour le Brexit, élection de Trump, Bolsonaro et autres Salvini, une question émerge immanquablement, « les années 30 sont-elles de retour ? » Question bateau, le point Godwin en quelque sorte de l’analyse – ou de l’impuissance – politique ? Un signe en tous cas que nous sommes dépassés par les événements, et nous ne sommes pas les seuls, simples citoyens, puisque personne, même pas « l’establishment », n’avait imaginé, la veille du 8 novembre 2016 que Donald Trump, animateur télé et businessman, sans passé politique et sans programme, deviendrait le 45ème président des États-Unis d’Amérique. « Un accident de l’histoire » pensait-on. Une année fertile en « accidents de l’histoire », puisque les Britanniques avaient dit oui au Brexit quelques mois plus tôt. À la grande surprise de son initiateur, David Cameron lui-même, qui en aurait mis sa main au feu, jamais les Britanniques ne voteraient pour une sortie de Union Européenne ! Lire la suite

Nouvelle agression par des néonazis en Grèce : impunité jusqu’à quand ?

Dans un tel contexte de recrudescence des agressions fascistes en Grèce et à travers le monde, nous devons rester en alerte. Cette agression est loin d’être la première en Grèce.

Yannis Youlountas est un auteur et réalisateur engagé connu en Belgique pour ses documentaires : Ne vivons plus comme des esclaves (2013), Je lutte donc je suis (2015) et L’amour et la révolution (2018). Il y dépeint les mouvements sociaux en Grèce et la lutte des grec-que-s pour leur dignité volée par les mesures d’austérité imposées depuis tant d’années par les créanciers du pays. Grâce à son travail à la fois juste et sensible qui dévoile l’ampleur du drame que vit la Grèce depuis le début de la crise économique, il a réussi à nous transmettre ce que les médias européens ont arrêté de nous dire : les droits fondamentaux du peuple grec sans cesse bafoués et la solidarité sociale, seule issue pour beaucoup. A travers les documentaires de Yannis, on a découvert O allos anthropos (une cantine solidaire), Elliniko (un dispensaire social qui soigne des milliers de personnes privées de leur droit à la santé), les luttes, en Crète, contre un grand projet d’aéroport et à Thessalonique, pour préserver l’usine autogérée Viome. Lire la suite

Les financeurs de Trump derrière extrême droite européenne qui cible la révolte des jeunes contre la catastrophe climatique !

Il est généralement accepté que les vainqueurs des élections européennes du 26 mai ont été l’extrême droite et les Verts. Et il est aussi généralement accepté qu’aux succès des Verts ont contribué grandement les mobilisations sans précédent d’une jeunesse s’inspirant de la combativité et des thèses radicales de la jeune suédoise Greta Thunberg. En conséquence, il n’est pas surprenant que cette extrême droite choisit d’attaquer ce qu’elle appelle « le mythe du changement climatique » et surtout, cible de plus en plus son attaque sur la personne de cette Greta Thunberg qui galvanise la jeunesse en Europe et au delà !  Lire la suite

« Les prophètes du mensonge », une étude publiée en 1949 et actuelle

Une analyse du discours fasciste

Léo Löwenthal et Norbert Guterman ont joué un rôle essentiel dans l’élaboration théorique attribuée à la pensée critique de l’Ecole de Francfort transférée aux Etats-Unis au milieu des années 1930. En compagnie de Theodor Adorno et de Max Horkheimer principalement, ils s’essaient à construire à la fois des concepts pour appréhender la réalité du capitalisme et de ses formes culturelles comme les représentations psychosociologiques. Marx et Freud – particulièrement celui de « Malaise dans la civilisation » – sont sollicités pour construire un système éducatif qui permette d’éclairer les citoyennes et citoyens sur la réalité du discours démagogique. Lire la suite

Le « Grand Remplacement », cri de ralliement de la mouvance identitaire

Depuis 2010, l’extrême droite se réfère au « Grand remplacement » afin de justifier son discours raciste.

La genèse de la théorie du « Grand Remplacement »

Maurice Barrès peut en apparaitre comme « l’inventeur ». Entre 1893 et 1897 il a suivi les cours de Jules Soury (nationaliste et antisémite) à l’Ecole pratique des hautes études. Dans son livre « Une campagne nationaliste 1894-1901 » publié en 1902, Jules Soury est obsédé par la dégénérescence de la foi catholique devant la menace que représentent les juifs, les protestants et la franc-maçonnerie. En 1893, lors des élections législatives dans la circonscription de Neuilly-Boulogne, Maurice Barrès cible la présence des étrangers « le sol français est envahi pacifiquement par les étrangers » (1). En 1898 dans son programme de Nancy, lors des législatives, il met en avant la nécessité de se protéger contre les étrangers notamment les juifs : « Protéger les nationaux contre cet envahissement ». Vers 1900 dans ses « notes pour un programme nationaliste » (2) Barrès insiste sur la nécessité vitale de « protéger le national contre l’exotique […], l’insécurité économique […] de nos compatriotes est attribuable à l’influence des étrangers et des cosmopolites ». Lire la suite

Le Corbusier, l’ami des fascistes, ne mérite ni statue, ni musée

Une statue de Le Corbusier a été installée le 24 janvier dernier dans le centre-ville de Poissy, Place des Capucins (dans les Yvelines). Une première statue de l’architecte avait été inaugurée le mercredi 10 mai 2017 en Mairie (Poissy) en présence entre autres de l’artiste et du Maire. À ce moment-là, l’artiste russe M. Andrey Tyrtyshnikov expliquait qu’il avait « été attiré par la personnalité et la philosophie de Le Corbusier ». C’est précisément à propos de la personnalité et de la philosophie de l’architecte que nous voudrions réagir.

L’exposition au centre Georges Pompidou (« Le Corbusier. Mesures de l’homme », avril-août 2015) avait permis de révéler à un large public l’antisémitisme de l’architecte, ses accointances avérées avec l’extrême droite fasciste, sa fascination pour les dictateurs (Hitler, Mussolini…). Une polémique internationale s’en était suivie. Désormais, on connaît mieux les propos sans ambiguïté de l’architecte. Lire la suite

À #NousToutes, démonter le Ring

Entre Ring et nous, tout a commencé sur une phrase de trop. 

Pas un dessin, pas de l’« art », non une phrase de trop. Une phrase de Marsault, une phrase de militant d’extrême-droite, qui un jour de l’été 2016 a appelé ses troupes à détruire une femme.

La même histoire aurait pu commencer avec Soral ou avec Dieudonné.

Ou avec Serge Ayoub ou avec Obertone.  Lire la suite

Éric Zemmour, le voleur d’histoire

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

Dans un article publié par Le Figaro le 14  novembre 2013, Eric Zemmour écrivait : « L’Histoire – arrachée de gré ou de force aux historiens professionnels – est en train de (re)devenir l’arme politique qu’elle fut à la veille de la Révolution, et plus encore au XIXe siècle, lorsque les grands historiens comme Michelet préparèrent les esprits à l’avènement de la République. »

Son dernier ouvrage, Destin français (Albin Michel, 576 p., 24,50 €), peut être lu comme une mise en œuvre de cette volonté de discréditer toute une profession. Selon lui, les historiens de métier « ont titres et postes. Amis et soutiens. Selon la logique mafieuse, ils ont intégré les lieux de pouvoir et tiennent les manettes de l’État. Ils appliquent à la lettre le précepte de George Orwell dans 1984 : « Qui contrôle le passé contrôle l’avenir. Qui contrôle le présent contrôle le passé. » » Il ajoute que, depuis quarante ans, les historiens professionnels ont utilisé cette fantastique puissance pour opérer « un travail de déconstruction » qui « n’a laissé que des ruines ».

N’hésitant devant aucun sacrifice, Eric Zemmour a décidé de se dresser courageusement contre ce nouveau pouvoir. La thèse centrale de son livre, c’est qu’il n’y a jamais rien de nouveau sous le soleil. Étant donné que « l’histoire de France repasse toujours les mêmes plats », on peut lire dans le passé les catastrophes du futur. Voilà pourquoi Destin français débute par un chapitre sur le pauvre Roland qui, à Roncevaux, aurait payé de sa vie son combat pour que l’Europe chrétienne ne devienne pas -musulmane. Et l’ouvrage se termine par les musulmans d’aujourd’hui qui nous menacent à nouveau. Après le couplet habituel du « C’était mieux avant », que M. Zemmour entonne en évoquant avec nostalgie la banlieue de son enfance, il décrit l’invasion des quartiers populaires par ces -immigrés, qui veulent faire la loi dans notre pays, en imposant leurs prénoms, leur religion, etc. Lire la suite