Archives de Catégorie: Etudes sur auteur-e-s /Biographies

J’ai toujours eu peur de l’oubli, cette grande nuit aveugle

Michèle Lesbre rend compte avec pudeur et colère de la vie de Victor Dojlida.

Le récit commence en septembre 1989, un jour de libération tardive quelques semaines avant qu’un autre mur… « Car il faut bien que les portes s’ouvrent, que les murs s’écroulent, quand ils empêchent les hommes de vivre » Lire la suite

La Turquie de Erdogan nous raconterait-elle notre avenir ?

La Turquie de Erdogan nous raconterait-elle notre avenir ? Le vide idéologique actuel est comblé par la référence à la religion et au nationalisme le plus éculé pour permettre la mise en place d’un programme qui n’a pas changé et qu’il faut nommer néolibéralisme. Paradoxalement, il s’agit toujours de s’insérer dans le processus de mondialisation actuelle qui fait la part belle à la richesse financière. L’arbitraire policier est une nécessité pour imposer ces politiques. Lire la suite

Comme une mémoire n’éludant plus ses poches d’oubli

Entre éléments biographiques, réflexions sur la memoire ou les archives, ce petit livre au si beau titre – Un fantôme dans la bibliothèque, nous entraine du coté des présences et des absences, de l’esprit et de la lettre, de la mémoire et de l’oubli.

Je n’aborde que certains points discutés par Maurice Olender. Lire la suite

Simone de Beauvoir, la mémoire des femmes, l’humanisme

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Joëlle Palmieri a vécu, beaucoup. Elle a voyagé, énormément. Les deux se rejoignent dans son existence grâce à Simone de Beauvoir, découverte fondamentale et fondatrice, qui canalise et augmente la puissance d’exister de la jeune fille qu’elle est. Á vous d’entrer dans son monde. (Introduction par Tiphaine Martin)

Je découvre Simone de Beauvoir à l’âge de 13 ans. Ses mots sur les discriminations que je vis, sur la folie créatrice de Saint-Germain des Prés, inédite pour la banlieusarde du « 9-3 » que je suis, sur le monde à travers le récit de ses voyages, suffiront à animer mon adolescence et ma révolte. Mélancolique, n’ayant pas le droit de franchir les quatre murs du foyer familial hormis pour me rendre à l’école, la lecture de ses livres représentent mon unique échappatoire. « Mémoires d’une jeune fille rangée » me laisse froide reflétant sûrement un problème d’identification de classe. Puis « L’invitée », « Les Mandarins », s’emparent de mon esprit et alimentent mes rêveries. Les autres suivent. Je me passionne pour l’œuvre de la philosophe : les forces « de l’âge », « des choses », « Une mort très douce »… puis « Le deuxième sexe ». Même si, dans un premier temps, le contenu me semble compliqué – je dois alors avoir 15 ans – j’adhère immédiatement à l’idée qu’on « ne naît pas femme, on le devient ». Lire la suite

Partout et nulle part chez soi

Dans son prologue, Pedro Kadivar débute par le suicide à Paris de l’écrivain iranien Sadegh Hedayat, les rapports à la langue dite maternelle et à la ville, « A Paris, il est demeuré un « immigré », conservant sa nationalité iranienne et écrivant en persan, étant très attaché à cette ville où il a vécu de nombreuses années jusqu’à y mettre fin à ses jours », les migrations et la littérature, « L’écrivain incarne à lui seul la migration, la littérature et l’exil, l’Iran et l’Europe, les ponts entre l’Occident et l’Orient », la migration et l’exil, la quête et la biographie, « Plutôt une quête sur la migration, son sens, ses épreuves et ses implications. En arrière-fond, notamment, Paris et Berlin, comme villes d’immigration, Hedayat, Proust, Beckett et d’autres, ainsi que ma propre biographie », l’histoire des migrations et ce qu’elles nous disent sur des êtres humains, « elle exprime avant tout un désir que les hommes partagent au-delà des circonstances et du temps, celui de la survie intérieure »… Lire la suite

Un des fils d’Ariane dans le chaos présent

Un recueil de textes, « ceci est un recueil d’essais qui tentent d’aborder certains aspects de sa pensée, connus, inconnus ou méconnus, avec l’ambition d’y porter un regard nouveau ». Il y aurait beaucoup à dire sur les lectures de Michael Lowy comme sur certaines théorisations des marxistes du temps de Rosa Luxembourg. Au regard du siècle écoulé, des critiques devraient être repensées et pas seulement sur « son refus du mot d’ordre du droit des nations à l’auto-détermination ». Je ne mets ici l’accent que sur certains points. Lire la suite

Elle refusait d’être une femelle, elle voulait être une femme – un être humain

Une grand-mère, Djedda, pendant la colonisation et au lendemain de l’indépendance, « Tu es morte au moment où je revenais d’une promenade à Blida, de rose parfumée ».

Fadéla M’Rabet nous parle de son enfance. Elle fait un portrait sobre et très chaleureux de sa grand mère, « voilée, mais pieds nus », des lieux de son enfance, du hammam et des femmes envahies par le plaisir de cette chaleur humide, des lumières dans les yeux, de sa famille, de son père Baba, de ce monde contraint sous le colonialisme français… Lire la suite