Archives de Catégorie: Etudes sur auteur-e-s /Biographies

Conséquences meurtrières du fantasme de l’unité organique de la nation

« Cette monstruosité, cette « expérience », comme on dit habituellement, cette « expérience » dont je me serais bien passé, je ne l’ai pas oubliée. Toute ma vie, jusqu’à aujourd’hui, j’ai voulu savoir pourquoi, comment, on avait pu, simplement parce que j’étais,me plonger dans cet enfer. Savoir pourquoi, comment, mon père, ma mère, des amis, des familles entières, pour la même raison avaient dû eux aussi périr. Ces questions, je me les suis posées cent fois, mille fois, et je n’ai jamais pu y répondre ou du moins trouver le temps d’y répondre ». Des questions partagées par les survivant·es de tous les génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre… Lire la suite

Changer le monde, changer la vie, changer sa propre vie…

Pour Florence, Julie et Karel, Dominique et Vlad…

Des militants et des militantes, hier et aujourd’hui, de rouges espérances et des parcours trébuchants. L’imminence rêvée de la révolution et l’érosion plus ou moins prononcée des espoirs. La hâte de la jeunesse et les cours plus lents de la vie. Les études quelques fois suspendues ou abandonnées et l’insertion dans le travail salarié, les rencontres, les débats, les déchirures. Une hétérogénéité de personnes et de parcours derrière cette « génération 68 ».

« C’est à la question du devenir biographique des soixante-huitards que ce livre est consacré ». Une enquête, loin des « têtes d’affiche », à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes. Le(s) moment(s) 68 pris dans une séquence historique plus longue, « nous nous donnons le moyen de mesurer la place de l’événement dans les trajectoires biographiques comme dans les recompositions ultérieures des espaces militants locaux ». Lire la suite

Mon regard porte désormais plus loin

Pour cette réédition, je reprends en la modifiant marginalement, ma note de lecture parue en mars 2012 sous le titre Analyser les blessures de la société pour être capable de les guérir.

Le collectif de solidarité avec Pinar Selek (http://www.pinarselek.fr/) présente, en début d’ouvrage l’auteure et son parcours. L’expression est très chaleureuse. Quelques extraits : Lire la suite

Nulle évocation du passé ne saurait les consoler au présent

La forme romanesque permet à l’auteur de faire (re)vivre Yannick, Thomas, Edwidge et Natacha… de conter – sous forme tendre ou partiale – une espérance et son vertige, puis le réveil sous forme de défaite. Il n’était pas huit heures dans le siècle, l’aube se levait certes sous les couleurs magnifiées de nos espérances, nous avions « le sentiment profond, précieux, d’avoir eu une jeunesse ». Lire la suite

Une historicité susceptible d’ouvrir le chemin de la libération

« Il n’y a aucune hésitation, nous sommes d’emblée installés dans l’histoire, l’histoire longues des femmes à la conquête collective du savoir et de toutes les jouissances singulières qui s’y attachent. Tel est le premier Privilège de Simone de Beauvoir, celui de s’imaginer dans l’histoire, de plain-pied. »

Ainsi débute le prologue, je souligne, privilègehistoirefemmesjouissance Lire la suite

A nous-mêmes, ce que nous avions à dire commençait alors à nous paraître inimaginable

Je me (re)plonge régulièrement dans la littérature concentrationnaire. Les témoignages sur cet univers, comme d’autres sur les génocides ou crimes contre l’humanité, restent une source de réflexion nécessaire. Dans le dénuement le plus extrême, certain·es parviennent à neutraliser la négation de ce qui les nient, à contester ce qui les conteste comme « homme, comme membre de l’espèce » Lire la suite

La traversée du siècle d’un militant juif marocain

C’est simple, puisqu’il y a des juifs de Cour, des juifs du Maghzen, il est naturel qu’il y ait des juifs révolutionnaires. Les premiers sont des soumis, les seconds portent le changement social. En somme, à l’image du reste de la société marocaine. Lire la suite