Archives de Catégorie: Etudes sur auteur-e-s /Biographies

Préface de Jessica Stern à son ouvrage : DÉNI Mémoire sur la terreur

Avec l’aimable autorisation des
Editions
des femmes – Antoinette Fouque

Cela fait vingt ans que j’étudie les causes du mal et de la violence. Jusqu’à présent je ne me suis jamais demandé pourquoi ce travail m’intéressait, ni ce qui me rendait capable de le faire. Ce livre répond à une question qui m’est posée à chaque fois que je parle de mes recherches sur le terrorisme. Comment une « fille » telle que vous a-t-elle pu se rendre dans des camps d’entraînement terroristes au Pakistan ? N’aviez-vous pas peur ? La réponse, c’est que je n’avais pas conscience d’avoir peur – et ce livre explique pourquoi. Après une série de traumatismes, on peut perdre la capacité de ressentir la peur de façon adéquate. Lire la suite

Vous m’avez permis de ne jamais vivre la solitude

Naz Öke dans son « Préambule d’une traductrice aux cheveux rouges », indique « Alors, peu importe si c’est à moi que sont adressées ces lettres… Zehra nous parle à toutes et tous, elle murmure de sa plume, au nom de ses ami·e·s emprisonné·e·s, au nom des femmes, au nom de son peuple ».

Des échanges épistolaires pour l’une et pour toustes, la privation de liberté et la précieuse conviction que « Nous aurons aussi des beaux jours »… Lire la suite

Histoire de Fille, d’Annie Ernaux, Gallimard, 2016

Une enfance protégée, un appétit vorace de lecture, une scolarité brillante, la reconnaissance. Un sentiment d’orgueil. Et puis, à dix-sept ans, la fille quitte pour la première fois, piaffant d’impatience, le cocon familial. Elle sera monitrice dans une colonie de vacances. Là, elle subira de violentes humiliations et des viols. L’ancestrale « lapidation » des femmes par les hommes, commente Annie Ernaux. Lire la suite

J’ai toujours eu peur de l’oubli, cette grande nuit aveugle

Michèle Lesbre rend compte avec pudeur et colère de la vie de Victor Dojlida.

Le récit commence en septembre 1989, un jour de libération tardive quelques semaines avant qu’un autre mur… « Car il faut bien que les portes s’ouvrent, que les murs s’écroulent, quand ils empêchent les hommes de vivre » Lire la suite

La Turquie de Erdogan nous raconterait-elle notre avenir ?

La Turquie de Erdogan nous raconterait-elle notre avenir ? Le vide idéologique actuel est comblé par la référence à la religion et au nationalisme le plus éculé pour permettre la mise en place d’un programme qui n’a pas changé et qu’il faut nommer néolibéralisme. Paradoxalement, il s’agit toujours de s’insérer dans le processus de mondialisation actuelle qui fait la part belle à la richesse financière. L’arbitraire policier est une nécessité pour imposer ces politiques. Lire la suite

Comme une mémoire n’éludant plus ses poches d’oubli

Entre éléments biographiques, réflexions sur la memoire ou les archives, ce petit livre au si beau titre – Un fantôme dans la bibliothèque, nous entraine du coté des présences et des absences, de l’esprit et de la lettre, de la mémoire et de l’oubli.

Je n’aborde que certains points discutés par Maurice Olender. Lire la suite

Simone de Beauvoir, la mémoire des femmes, l’humanisme

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Joëlle Palmieri a vécu, beaucoup. Elle a voyagé, énormément. Les deux se rejoignent dans son existence grâce à Simone de Beauvoir, découverte fondamentale et fondatrice, qui canalise et augmente la puissance d’exister de la jeune fille qu’elle est. Á vous d’entrer dans son monde. (Introduction par Tiphaine Martin)

Je découvre Simone de Beauvoir à l’âge de 13 ans. Ses mots sur les discriminations que je vis, sur la folie créatrice de Saint-Germain des Prés, inédite pour la banlieusarde du « 9-3 » que je suis, sur le monde à travers le récit de ses voyages, suffiront à animer mon adolescence et ma révolte. Mélancolique, n’ayant pas le droit de franchir les quatre murs du foyer familial hormis pour me rendre à l’école, la lecture de ses livres représentent mon unique échappatoire. « Mémoires d’une jeune fille rangée » me laisse froide reflétant sûrement un problème d’identification de classe. Puis « L’invitée », « Les Mandarins », s’emparent de mon esprit et alimentent mes rêveries. Les autres suivent. Je me passionne pour l’œuvre de la philosophe : les forces « de l’âge », « des choses », « Une mort très douce »… puis « Le deuxième sexe ». Même si, dans un premier temps, le contenu me semble compliqué – je dois alors avoir 15 ans – j’adhère immédiatement à l’idée qu’on « ne naît pas femme, on le devient ». Lire la suite