Archives de Catégorie: Elements d'alternative

Analyse du « RIC délibératif »

Neuf auteurs (1) emmenés par Loïc Blondiaux ont publié le 19 février 2019 une note de Terra Nova proposant un « référendum d’initiative citoyenne délibératif » (2), donnant aux citoyens « non seulement le choix des réponses mais aussi celui des questions ». Cette proposition est présentée en détail en Annexe 1. Elle ne traite que des RIC dits législatifs et abrogatifs, c’est-à-dire permettant de proposer un projet de loi à l’Assemblée nationale, de voter une loi ordinaire ou organique ou d’abroger une loi, sans présager de l’éventuel intérêt des RIC infra-législatifs (visant un décret), locaux (à propos d’un arrêté municipal par exemple), constitutionnels (révision de la Constitution), révocatoires (mettre fin au mandat d’un élu) ou ayant trait à un traité international.

Dans un premier temps, Blondiaux et coll. listent les risques du RIC (ou les craintes), pour les réfuter ou y répondre par la procédure, risques que d’autres comme le sociologue Yves Sintomer (3) préfèrent définir comme des défis. Nous les listons en Annexe 2. Lire la suite

Autogestion, l’encyclopédie internationale


En téléchargement libre et gratuit – format PDF

Que cette encyclopédie devienne un bien commun

Quatre ans après sa publication, les éditions Syllepse proposent en accès libre et gratuit Autogestion, l’encyclopédie internationale. Composée de 300 entrées rédigées par 150 auteur-es venu-es de nombreux pays, l’Encyclopédie couvre les cinq continents, 35 pays et court de 1848 à aujourd’hui. Il s’agit d’un projet international de grande ampleur, multilingue et de longue haleine. L’encyclopédie convoque et conjugue la Commune de Paris, la Révolution russe, l’Espagne libertaire de 1936, la Yougoslavie titiste, la Hongrie des conseils ouvriers, l’Algérie de l’indépendance, la Tchécoslovaquie du Printemps, la Pologne de Solidarnosc, la France de Lip, les utopies nord-américaines, les Poder Popular chilien et portugais, le Black Power, Porto Alegre, les révolutions arabes, les bourgeons autogestionnaires chinois, australiens et japonais, le Venezuela, les contre-plans, les mineurs du Pays de Galles, les alternatives, les chantiers navals de la Clyde, l’immense volcan autogestionnaire sud-américain, le zapatisme, les biens communs, la transition énergétique et écologique, le féminisme, l’école et la culture, la ville, la Grèce des mémorandums, les récupérations d’entreprises de France, d’Italie, de Croatie, et bien entendu d’Argentine, du Brésil et d’Uruguay…

Certains des contributions écrites en 2015 peuvent apparaitre datées et même dépassées par le cours des événements. Par exemple les contributions sur le Venezuela et le continent sud-américain plus largement. Cependant, les possibles décrits dans ces articles, même s’ils ont été défaits, restent des acquis pour l’avenir. Lire la suite

Pour une sécurité sociale alimentaire

En France, la sécurité sociale offre aux citoyen·ne·s l’accès à des soins médicaux, quels que soient leurs revenus. Pourquoi ? Parce que la santé est un bien commun et l’accès aux soins, un droit. ​Si l’alimentation, notre première médecine, représente une part majeure des questions de santé, un bien commun et même un droit, une part encore trop importante de la population n’est pas en mesure de l’exercer. L’accès digne à une alimentation choisie, tout comme l’accès aux soins, ne devrait-il pas faire l’objet d’une politique sociale ? ​Créer une sécurité sociale de l’alimentation (SSA), est-ce possible?  A quelles conditions ? Comment une sécurité sociale alimentaire pourrait-elle offrir à toutes et tous l’accès à une alimentation choisie, de qualité, respectant l’environnement et les travailleurs·euses ? Comment cet outil pourrait-il garantir le droit à l’alimentation et, dans le même temps, être la base d’une souveraineté alimentaire des peuples ? ​Afin d’alimenter le débat sur ces questions, ce document présente le projet de sécurité sociale alimentaire porté par AGRISTA, le groupe thématique Agriculture et Souveraineté alimentaire d’Ingénieurs sans frontières. Il s’appuie sur des politiques déjà existantes en France et fait le parallèle entre la politique d’accès aux soins et une possible politique d’accès à l’alimentation. Lire la suite

Instructions en cas de grève générale

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Pour riposter aux violences policières du 19 mars 1981, la mobilisation populaire a amené le pays à se proclamer pendant une semaine « en état de préparation à la grève ». Le 27  mars, la Pologne s’arrêtera de travailler pendant quatre heures. Les « instructions » données par le syndicat indiquent la forme qu’il entendait donner à une grève générale de longue durée.

Suite à l’appel pour la grève générale à partir du mardi 31  mars 1981, nous vous rappelons ci-dessous quelques-unes des tâches organisationnelles les plus importantes : Lire la suite

La saveur de la fabrique collective de savoirs

Dans son introduction, Irène Pereira souligne les spécificités des pédagogies critiques, leurs liens avec la transformation sociale. L’autrice parle, entre autres, de Paulo Freire, de la question des opprimé·es, de Célestin Freinet, de la question de l’émancipation, des traditions de pédagogies émancipatrices en France ou des nouvelles pratiques à l’étranger, de la récupération néolibérale de thématiques issues de l’éducation nouvelle… Lire la suite

Solidarnosc : République autogérée

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le programme de Solidarnosc a été approuvé par les cent délégués du premier congrès national (octobre 1981). Fruit d’un intense débat contradictoire, ce document synthétise les idées fondamentales qui animaient le syndicat qui trace ainsi les modalités d’un système politique autogestionnaire.

19e thèse  : Le pluralisme des idées, sociales, politiques et culturelles doit constituer la base de la démocratie dans la République autogérée Lire la suite

Dix balises pour un écosocialisme féministe et révolutionnaire

Nous appelons écosocialisme la démarche qui consiste à lier les combats pour la protection de l’environnement aux combats pour la satisfaction des besoins sociaux réels des exploité.e.s et des opprimé.e.s. Cette démarche prépare l’avènement d’une société socialiste démocratique, non productiviste, sans domination ni exploitation, respectueuse et prudente par rapport au reste de la nature.

Concept ouvert, l’écosocialisme connaît un certain nombre d’interprétations différentes. Les francophones parmi vous connaissent probablement l’écosocialisme de JL. Mélenchon, qui est de tendance plutôt étatiste et souverainiste. Dans certains pays, une social-démocratie gestionnaire ou des partis verts très mainstream affirment agir dans une perspective écosocialiste. On ne saurait donc parler au nom de l’écosocialisme en général. Les dix balises proposées ci-dessous résument les conceptions écosocialistes du courant marxiste-révolutionnaire international auquel j’appartiens. Lire la suite