Archives de Catégorie: Elements d'alternative

La référence sur les soviets

La révolution russe fait couler beaucoup d’encre. En oubliant les « soviets », bizarrement. Pourtant, ils représentent une forme nouvelle de démocratie. Ils dérangent et obligent à s’interroger sur les manières dont les populations peuvent agir sur leur propre destin. Ils dérangent les théoriciens pressés de démontrer le « totalitarisme » des bolchéviks et de Lénine en particulier. Dans les études sur la révolution russe de 1905, cette nouvelle structure de pouvoir faisait son apparition. Elle allait se développer en 1917. Trotski, dans son « Histoire de la Révolution Russe », insiste sur le « double pouvoir » pendant le processus révolutionnaire mais on peut douter de la réalité d’un autre pouvoir que celui des soviets. Lire la suite

Pertinence de l’improvisation collective

Les années 60 et 70, le Québec, la question nationale, la musique, le free jazz, « Le free jazz duquel s’inspire le Jazz libre émane en grande partie du nord-est des États-Unis : Chicago et New York. Ses ambassadeurs (Albert Ayler, Ornette Coleman, Cecil Taylor, Sunny Murray et Archie Shepp, pour ne nommer que ceux-là) adoptent, tout au long des années 1960, une posture combative en rejetant toute convention stylistique afin d’expérimenter avec la forme, l’instrumentation et les sons. Ayant éliminé la dictature du tempo et celle de la progression harmonique, ils déploient un langage musical novateur basé sur des improvisations collectives à l’intérieur desquelles tous, y compris les membres de la section rythmique, parviennent à s’affranchir », une forme de résistance à la domination culturelle, le « symbole sonore de la révolte noire », les capacités d’agir et de se libérer, la musique-action, « Le récit qui suit dirige par conséquent une lumière insistante sur le volet culturel du militantisme déployé au Québec pour « contester l’Empire ». » Lire la suite

Construire l’émancipation par les politiques publiques locales

Dans leur introduction, les auteurs et autrices reviennent sur l’exemple de Portland dans l’Oregon (USA), une ville « en transition écologique », une ville rebelle.

Elles et ils (iels) soulignent qu’en France les marges de manœuvre sont beaucoup plus limitées, l’autonomie des collectivités étant moindres qu’aux Etats-Unis. Ce qui ne signifie pas que les collectivités locales ne puissent être « des actrices clés des processus de changement, de transition, ou de transformation, sociaux et environnementaux » grâce à leurs prérogatives de puissances publiques, de leur pouvoir de réglementation locale… Lire la suite

VIIe rencontre internationale de « L’Économie des travailleuses et des travailleurs » Ecole nationale Florestan Fernandes (ENFF), Guararema – Sao Paulo Brasil. Du 25 au 29 de septembre 2019.

I. Historique

Depuis 2007, les rencontres Internationales de « L’Économie des travailleurs-se-s » se déroulent tous les deux ans, elles articulent un espace de débat entre des travailleur-se-s, des militant-e-s sociaux et politiques, des intellectuel-le-s et des universitaires sur les problèmes et les potentialités de ce que nous avons qualifiées d’« Économie des travailleuses et des travailleurs ». Elles sont basées sur l’autogestion et la défense des droits et des intérêts de la population qui vit de son travail, dans le cadre des conditions actuelles du capitalisme mondialisé néolibéral. Dans ce type de rencontre, les expériences d’autogestion générées par les peuples sud-américains, comme les entreprises récupérées en Argentine, en Uruguay, au Mexique et au Brésil, les mouvements coopératifs de travailleur-se-s, les expériences de contrôle ouvrier et de cogestion au Venezuela bolivarien, l’économie solidaire, social et communale et les autres luttes pour l’auto organisation du travail et de l’autogestion de l’économie définissent les axes de débat. Au niveau mondial, l’offensive du capital s’est également traduite par la fermeture d’usines, l’augmentation du chômage et l’émergence d’initiatives coopératives, associatives, autogestionnaires et de commercialisation qui seront abordés lors de la VIIe rencontre. Lire la suite

Résister, défendre les droits des peuples et de la planète, réinventer le monde

Synthèse du symposium organisé par Alternatives systémiques

Itaipava (Brésil), 7-9 avril 2019 (1)

Plus de 50 participants ont participé à un véritable marathon de trois jours pour analyser les grandes tendances de la situation mondiale, établir et approfondir leurs relations, renforcer les alternatives pour un changement systémique radical et faire avancer la réflexion stratégique sur la création d’alternativesFait à noter, le symposium a réuni un vaste éventail de personnes, tous et toutes plongés dans la vaste mosaïque mondiale de mouvements populaires et sociaux, combinant résistance, résilience, espoir et créativité. Cette synthèse a pour objectif de donner un aperçu succinct et global du symposium. Lire la suite

Contribution pour une transition écologique, sociale et féministe

Mouvements sociaux en France, appel mondial des jeunes sur le climat, « grand débat » officiel et débats alternatifs menés par des organisations de la société civile… de nombreuses propositions sont publiées en ce moment pour prendre en compte à la fois des inégalités sociales et de l’urgence écologique (1). Même les réunions entre gouvernements de pays riches affichent la lutte contre les inégalités et l’environnement comme des priorités. Ainsi la lutte contre les inégalités sociales et environnementales, l’égalité entre les femmes et les hommes, la préservation du climat et la transition écologique constitue des priorités indiquées par la présidence française du G7, qui se tiendra du 24 au 26 août à Biarritz (2). Lire la suite

Analyse du « RIC délibératif »

Neuf auteurs (1) emmenés par Loïc Blondiaux ont publié le 19 février 2019 une note de Terra Nova proposant un « référendum d’initiative citoyenne délibératif » (2), donnant aux citoyens « non seulement le choix des réponses mais aussi celui des questions ». Cette proposition est présentée en détail en Annexe 1. Elle ne traite que des RIC dits législatifs et abrogatifs, c’est-à-dire permettant de proposer un projet de loi à l’Assemblée nationale, de voter une loi ordinaire ou organique ou d’abroger une loi, sans présager de l’éventuel intérêt des RIC infra-législatifs (visant un décret), locaux (à propos d’un arrêté municipal par exemple), constitutionnels (révision de la Constitution), révocatoires (mettre fin au mandat d’un élu) ou ayant trait à un traité international.

Dans un premier temps, Blondiaux et coll. listent les risques du RIC (ou les craintes), pour les réfuter ou y répondre par la procédure, risques que d’autres comme le sociologue Yves Sintomer (3) préfèrent définir comme des défis. Nous les listons en Annexe 2. Lire la suite