Archives de Catégorie: Elements d'alternative

Pour une sécurité sociale alimentaire

En France, la sécurité sociale offre aux citoyen·ne·s l’accès à des soins médicaux, quels que soient leurs revenus. Pourquoi ? Parce que la santé est un bien commun et l’accès aux soins, un droit. ​Si l’alimentation, notre première médecine, représente une part majeure des questions de santé, un bien commun et même un droit, une part encore trop importante de la population n’est pas en mesure de l’exercer. L’accès digne à une alimentation choisie, tout comme l’accès aux soins, ne devrait-il pas faire l’objet d’une politique sociale ? ​Créer une sécurité sociale de l’alimentation (SSA), est-ce possible?  A quelles conditions ? Comment une sécurité sociale alimentaire pourrait-elle offrir à toutes et tous l’accès à une alimentation choisie, de qualité, respectant l’environnement et les travailleurs·euses ? Comment cet outil pourrait-il garantir le droit à l’alimentation et, dans le même temps, être la base d’une souveraineté alimentaire des peuples ? ​Afin d’alimenter le débat sur ces questions, ce document présente le projet de sécurité sociale alimentaire porté par AGRISTA, le groupe thématique Agriculture et Souveraineté alimentaire d’Ingénieurs sans frontières. Il s’appuie sur des politiques déjà existantes en France et fait le parallèle entre la politique d’accès aux soins et une possible politique d’accès à l’alimentation. Lire la suite

Instructions en cas de grève générale

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Pour riposter aux violences policières du 19 mars 1981, la mobilisation populaire a amené le pays à se proclamer pendant une semaine « en état de préparation à la grève ». Le 27  mars, la Pologne s’arrêtera de travailler pendant quatre heures. Les « instructions » données par le syndicat indiquent la forme qu’il entendait donner à une grève générale de longue durée.

Suite à l’appel pour la grève générale à partir du mardi 31  mars 1981, nous vous rappelons ci-dessous quelques-unes des tâches organisationnelles les plus importantes : Lire la suite

La saveur de la fabrique collective de savoirs

Dans son introduction, Irène Pereira souligne les spécificités des pédagogies critiques, leurs liens avec la transformation sociale. L’autrice parle, entre autres, de Paulo Freire, de la question des opprimé·es, de Célestin Freinet, de la question de l’émancipation, des traditions de pédagogies émancipatrices en France ou des nouvelles pratiques à l’étranger, de la récupération néolibérale de thématiques issues de l’éducation nouvelle… Lire la suite

Solidarnosc : République autogérée

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Le programme de Solidarnosc a été approuvé par les cent délégués du premier congrès national (octobre 1981). Fruit d’un intense débat contradictoire, ce document synthétise les idées fondamentales qui animaient le syndicat qui trace ainsi les modalités d’un système politique autogestionnaire.

19e thèse  : Le pluralisme des idées, sociales, politiques et culturelles doit constituer la base de la démocratie dans la République autogérée Lire la suite

Dix balises pour un écosocialisme féministe et révolutionnaire

Nous appelons écosocialisme la démarche qui consiste à lier les combats pour la protection de l’environnement aux combats pour la satisfaction des besoins sociaux réels des exploité.e.s et des opprimé.e.s. Cette démarche prépare l’avènement d’une société socialiste démocratique, non productiviste, sans domination ni exploitation, respectueuse et prudente par rapport au reste de la nature.

Concept ouvert, l’écosocialisme connaît un certain nombre d’interprétations différentes. Les francophones parmi vous connaissent probablement l’écosocialisme de JL. Mélenchon, qui est de tendance plutôt étatiste et souverainiste. Dans certains pays, une social-démocratie gestionnaire ou des partis verts très mainstream affirment agir dans une perspective écosocialiste. On ne saurait donc parler au nom de l’écosocialisme en général. Les dix balises proposées ci-dessous résument les conceptions écosocialistes du courant marxiste-révolutionnaire international auquel j’appartiens. Lire la suite

Extraits du livre de Catherine Samary : D’un communisme décolonial à la démocratie des communs

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

« De quelle sorte seront les mille grandes et petites mesures concrètes en vue d’introduire les principes socialistes dans l’économie, dans le droit, dans tous les rapports sociaux ? Là, aucun programme de parti, aucun manuel de socialisme ne peut fournir de renseignement (…). Seule l’expérience est capable d’apporter les correctifs nécessaires et d’ouvrir des voies nouvelles. Seule une vie bouillonnante, absolument libre, s’engage dans mille formes et improvisations nouvelles, reçoit une force créatrice, corrige elle-même ses propres fautes. »

Rosa Luxemburg, La révolution russe[1]

Nous ne sommes plus dans le contexte du « siècle soviétique »[2] et l’on assiste à diverses formes de dépassement des organisations du « mouvement ouvrier » ancrées dans cette époque. Pourtant, alors que se déploient les polarisations politiques et une crise de civilisation (écologique, socio-économique, politique) intrinsèquement associée au capitalisme globalisé, les questions stratégiques « classiques » du XXe siècle se reformulent de façon complexe et interpellent, dans des conditions radicalement nouvelles, toutes les organisations qui demeurent convaincues de l’urgente nécessité de « changer ce monde »[3]. Le « pur capitalisme » du XXIe siècle[4], appuyé sur ses firmes et institutions mondialisées, financières et militaires, tend à revenir au XIXe siècle en voulant faire de toutes les résistances du « court XXe siècle » une simple et aberrante parenthèse, donc en réduisant au goulag les révolutions qui ont justement voulu transformer le monde. Sa guerre sociale s’accompagne d’opérations idéologiques dignes de la formulation de George Orwell (dans un ouvrage qui aurait dû s’intituler 1989 !) : « Celui qui contrôle le présent contrôle le passé. Celui qui contrôle le passé, contrôle le futur ». On ne peut y résister sans un inventaire pluriel et systématique des avancées, reculs, et échecs de la « révolution permanente » travaillant le « siècle soviétique » – sur des enjeux toujours actuels mais approfondissant les dimensions démocratiques et égalitaires d’un communisme décolonial[5] né en Octobre 1917[6]Lire la suite

Des sociétés conflictuelles et fragiles, non socialistes… à la démocratie des communs

Présentation et sommaire du livre : catherine-samary-octobre-1917-2017-dun-communisme-decolonial-a-la-democratie-des-communs/

Une remarque préalable, je ne vais pas ici discuter de certains termes employés. Je préfère « luttes anti-colonialistes ou anti-coloniales », « colonialité du pouvoir, » au terme « décolonial ». Je reste assez sceptique sur l’emploi des termes « post-capitaliste » ou « transition », car si les révolutions effectives ont bien ouvert la possibilité de transition vers d’autres régimes socio-politiques, leurs modalités propres ou les conditions réelles d’exercice du pouvoir, leurs histoires… impliquaient la nécessité d’autres révolutions afin que des « transitions » soient possibles. Je ne me reconnais pas non plus dans les vocabulaires identitaires, communistes, trotskistes, anarchistes, etc.

Que l’on partage ou non le vocabulaire, je souligne l’intérêt des analyses proposées, le refus de considérer ces passés comme monolithiques, l’insistance sur des éléments subversifs encore d’actualité, les notions de « pluriversalisme » (en complément possible, Tumultes : Pluriversalisme décolonial. Sous la direction de Zahra Ali et Sonia Dayan-Herzbrun, promouvoir-les-diverses-formes-detre-au-monde-pour-legalite-et-la-liberte/) ou de « démocratie des communs »…

« Tous les passés n’ont pas le même avenir », tous les possibles entrevus et non aboutis sont des sources acceptables d’espérance. Nous devons nous pencher encore sur Octobre 1917, les éléments internes de contre-révolution (qui se combinent aux éléments d’intervention externe) et en particulier les « cristallisations bureaucratiques » jusque dans les « dégénérescences » et les contre-révolutions. Lire la suite