Archives de Catégorie: Ecologie

10 raisons de ne pas accorder de dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes !

En total contre-pied avec l’ambition annoncée d’un nouveau modèle agricole respectueux de l’environnement et de la santé, le gouvernement vient de présenter un projet de loi pour permettre – dès la campagne 2021 et le cas échéant les deux campagnes suivantes – une dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes. Cette dérogation qui n’est dans les faits pas circonscrite à la culture de la betterave, ouvre la boîte de Pandore. Nos organisations de protection de l’environnement, de la santé environnementale, représentatives des consommateur·rices, des salarié·es et issues du monde agricole demandent, au travers d’un courrier adressé aux parlementaires, de s’opposer avec détermination à ce nouveau recul en matière de transition écologique et sociale. Nous reproduisons ici cette lettre.

Les signataires de la lettre
ISF Agrista Lire la suite

« NOUS DETRUISONS LA PLANETE ? » Les mensonges de l’écologie patriarcale

Voici une traduction cursive d’un extrait d’un des livres d’une de mes radfems américaines préférées, Sonia Johnson (1). Sonia connait le patriarcat comme sa poche : elle est tombée dedans en naissant, puisqu’elle a été élevée dans un des groupes religieux les plus phallocratiques du monde : les Mormons. Secte contre laquelle est s’est rebellée, ce qui lui a valu d’être stigmatisée et « excommuniée » comme femme perdue et dangereuse hérétique par la hiérarchie exclusivement mâle de son église. Voici ce qu’elle dit sur l’écologie telle que définie par les hommes patriarcaux : Lire la suite

Ecologie et démographie : co-modifier la double relation entre l’homme et la nature et entre les humains 

Le capitalisme vert est une contradiction dans les termes. Plus la crise écologique progresse, plus il est évident que des mesures anticapitalistes radicales constituent la seule stratégie possible pour en sortir. C’est pourquoi le négationnisme climatique, bien que complètement vaincu par la science, attire de plus en plus de décideurs bourgeois et de chefs d’entreprise du monde entier.

Logiquement, l’irrationalité complète du négationnisme climatique apparaît à ces personnes comme un moyen très rationnel de défendre la logique capitaliste irrationnelle de l’accumulation. De toute évidence, cette résistance des Trump [Etats-Unis], Bolsonaro [Brésil], Morrison [Australie] et consorts augmente le risque d’énormes catastrophes, menaçant l’existence de centaines de millions de pauvres, en particulier dans les pays pauvres. Lire la suite

XIII Thèses sur la catastrophe (écologique) imminente et les moyens de l’éviter

I. La crise écologique est déjà, et deviendra encore plus dans les mois et années à venir, la question sociale et politique la plus importante du 21e siècle.  L’avenir de la planète et donc de l’humanité va se décider dans les prochaines décennies. Les calculs de certains scientifiques au sujet de scénarios pour l’année 2100 ne sont pas très utiles, pour deux raisons :

a) scientifique : considérant tous les effets rétroactifs impossibles à calculer, il est très hasardeux de faire des projections d’un siècle ;

b) politique : à la fin du siècle nous tous, nos enfants et petits enfants seront partis, alors quel intérêt ?

La crise écologique comporte plusieurs aspects, aux conséquences dangereuses, mais la question climatique est sans doute la menace la plus dramatique. Comme nous explique le GIEC, si la température moyenne dépasse les 1,5° de plus par rapport à la période préindustrielle, un processus irréversible de changement climatique risque de s’enclencher. Quelles en seraient les conséquences ? Juste quelques exemples : la multiplication des méga-incendies comme celui de l’Australie ; la disparition des rivières et la désertification des terres ; la fonte et dislocation des glaces polaires et l’élévation du niveau de la mer, pouvant aller jusqu’à des dizaines de mètres : or, a deux mètres des vastes régions du Bangladesh, de l’Inde et de la Thaïlande, ainsi que les principales villes de la civilisation humaine – Hong-Kong, Calcutta, Venise, Amsterdam, Shanghai, Londres, New York, Rio – seront disparues sous la mer. Jusqu’où la température pourra-t-elle monter ? A partir de quelle température la vie humaine sur cette planète sera menacée ? Personne n’a de réponse à ces questions… Lire la suite

Mégafeux en Australie : un « tipping point » climatique, en live

L’expression « tipping point » désigne le point de basculement d’un système d’un régime d’équilibre à un autre, le moment où il n’est plus possible d’empêcher des changements quantitatifs accumulés d’entraîner un changement qualitatif. Elle est employée dans des domaines très divers, depuis l’étude des populations jusqu’au changement climatique, en passant par les sciences sociales.

Le spectre de la « planète étuve »  Lire la suite

Soleil vert

Ce film de science fiction des années 1970 en disait déjà long sur notre actualité. Sorti il y a 46 ans, « Soleil vert » mettait en scène une catastrophe planétaire, incluant des océans moribonds et une canicule permanente, résultat de l’émission des gaz à effet de serre, de l’épuisement des ressources naturelles, de la pollution, de la pauvreté, de la surpopulation et de « l’euthanasie volontaire »1. Lire la suite

L’accord commercial UE-Mercosur va intensifier la crise climatique due à l’agriculture

  • Les émissions provenant de l’augmentation des échanges bilatéraux de huit produits agricoles clés devraient augmenter d’un tiers (34 %).
  • Les exportations de viande de bœuf du Mercosur vers l’UE constitueront la principale source des nouvelles émissions (82 %). 

  • L’empreinte climatique de l’UE liée aux exportations de denrées alimentaires vers le Mercosur pourrait être multipliée par cinq.

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La Conférence de Madrid sur le climat : l’issue est dans la lutte, pas dans les COP !

L’échec retentissant de la Conférence de Madrid sur le climat jette un éclairage cru sur l’incapacité du système capitaliste de conjurer la menace climatique. Les solutions ne sortiront pas des COP mais de la mobilisation sociale, des luttes des peuples contre l’exploitation et l’oppression.

En 25 ans d’existence, les COP n’ont débouché sur aucune mesure efficace et juste pour empêcher la « perturbation anthropique dangereuse » du climat de la Terre contre laquelle les scientifiques mettent en garde depuis des décennies, de façon de plus en plus précise et pressante. Lire la suite

Ecosocialisme : travailler deux heures par jour pour sauver le climat et la biodiversité

On l’a répété souvent dans ces colonnes : indispensable à court terme pour éviter le cataclysme climatique de la « planète étuve », le passage des fossiles aux renouvelables n’est pas possible sans une réduction substantielle de la production et des transports. Il faut en effet changer complètement de système énergétique, cela demande de gigantesques investissements, ceux-ci sont consommateurs d’énergie et cette énergie, à l’heure actuelle, est à 80% fossile, donc source d’émissions. En d’autres termes : sans réduction très forte dans d’autres secteurs, la transition énergétique fera exploser les émissions de gaz à effet de serre. Lire la suite

Crise climatique : de COP en COP, le cataclysme se rapproche

La 25e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP25) débutera dans quelques jours à Madrid. Ce sommet devait initialement se tenir à Santiago mais le président chilien a préféré renoncer. Les COP rassemblent couramment 10 000 personnes : il fallait éviter qu’elles puissent témoigner de la sauvage répression policière du soulèvement contre la politique ultra-libérale du gouvernement Piñera.

Pour rappel, la Convention cadre des Nations Unies a été adoptée lors du sommet de la Terre à Rio, en 1992. Elle fixe pour objectif aux Etats d’empêcher « une perturbation anthropique dangereuse » du climat de la Terre. Le suivi de cet engagement est censé être assuré par les Conférences des parties (COP), qui se réunissent annuellement depuis 1995. Celle de Madrid sera donc la vingt-cinquième. Lire la suite

Québec : 27 septembre : Les syndicats en action pour le climat ! :

Nous refusons de faire l’autruche. La crise climatique est bien réelle. Elle est la conséquence d’une inaction collective et des choix que nos élites économiques et politiques ont faits depuis des dizaines d’années. Nous, travailleuses et travailleurs du Québec, comme l’ensemble de la population, devons composer avec les conséquences de cette crise et exigeons aujourd’hui un plan structurant pour effectuer une transition énergétique et écologique juste !

C’est pourquoi, inspirés par la mobilisation citoyenne des derniers mois, nous lançons aujourd’hui le collectif La Planète s’invite au travail. Ce nouveau collectif, qui travaillera en étroite collaboration avec La Planète s’invite au Parlement, regroupe plus de 1,2 million de travailleuses et travailleurs de tous les secteurs et de toutes les régions du Québec. Lire la suite

La haine contre Greta. Voici ceux, avec nom et adresse, qui la financent !

Il est généralement accepté que les vainqueurs des élections européennes du 26 mai ont été l’extrême droite et les Verts. Et il est aussi généralement accepté qu’aux succès des Verts ont contribué grandement les mobilisations sans précédent d’une jeunesse s’inspirant de la combativité et des thèses radicales de la jeune suédoise Greta Thunberg. En conséquence, il n’est pas surprenant que cette extrême droite choisisse d’attaquer ce qu’elle appelle « le mythe du changement climatique » et surtout, cible de plus en plus son attaque sur la personne de cette Greta Thunberg qui galvanise la jeunesse en Europe et au-delà ! Lire la suite

Le changement climatique et son « atténuation »

Le FMI a publié un nouveau document sur les changements climatiques et sur les instruments politiques disponibles pour y faire face.

J’écris ce texte depuis le Brésil, où les incendies en Amazonie font rage et où le gouvernement Bolsonaro ignore cette catastrophe et l’accueille même comme un moyen de défricher la terre pour plus de production agricole par de grandes entreprises nationales et étrangères. Bolsonaro, Trump et d’autres « populistes»  de droite nient bien sûr qu’il existe un problème lié au réchauffement planétaire et au changement climatique. Et je sais qu’il y en a même à gauche dans le mouvement syndical qui sont sceptiques au moins ou qui nient catégoriquement, affirmant qu’il s’agit soit d’une erreur scientifique, soit d’une conspiration de l’establishment scientifique pour des subventions et des carrières [voir sur les positions progressistes de divers syndicats le texte publié sur ce site en date du 3 septembre].

Eh bien, tout ce que je peux dire à ce sujet, c’est que les preuves restent extrêmement convaincantes que la terre se réchauffe à des niveaux jamais vus dans l’histoire de l’humanité ; que ce réchauffement climatique est causé par de fortes augmentations des « gaz à effet de serre » comme le dioxyde de carbone et le méthane ; et que ces augmentations sont dues à l’industrialisation et à la croissance économique utilisant les énergies fossiles. Lire la suite

Agroécologie, souveraineté alimentaire et luttes des paysan·nes

En introduction, les auteurs et autrices soulignent l’importance de l’adoption par l’Assemblée générales des Nations Unies de la « Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) ». Elles et ils abordent, entre autres, les répressions contre les réfugié·es, les attaquent contre les mouvements sociaux, les discours de haine, la faim dans le monde, « Les femmes et les enfants dans les zones rurales demeurent les plus touchés par la faim et de manière disproportionnée par la malnutrition, la pauvreté et l’insécurité alimentaire », la lutte contre les organismes génétiquement modifiés (OGM), la reconnaissance de l’agroécologie, la construction de La Via Campesina « La Via Campesina vit un processus de construction permanente du féminisme paysan populaire, non seulement comme moyen de construction d’une société différente et plus juste mais aussi comme moyen de transformation de la structure de l’organisation et du fonctionnement interne de La Via Campesina ainsi que pour mettre fin à toutes les formes de violence contre les femmes partout dans le monde ». Lire la suite

Karl Marx : communiste, révolutionnaire… écologiste ?

Entretien avec Kohei Saito conduit par l’animateur du site Climate&Capitalism Ian Angus

Kohei Saito, lauréat du Prix Deutscher 2018, parle de la compréhension radicale par Karl Marx de la perturbation mortelle du métabolisme universel de la nature par le capitalisme. Kohei Saito est professeur agrégé d’économie politique à l’Université d’Osaka et auteur de Karl Marx’s Ecosocialism. Capital, Nature and the Unfinished Critique of Political Economy. Il est également un des éditeurs de Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA), qui comprend de nombreux cahiers sur les sciences naturelles inédits de Marx. Lire la suite

Retour morbide sur l’individu et abandon de futurs collectifs


« L’une des grandes libertés qu’est censé nous offrir le monde d’aujourd’hui est de pouvoir choisir une partie de nos relations plutôt que de les subir »

Dans son prologue, « Moins de lien, plus de biens ! », Aude Vidal aborde, entre autres, les actions en toute irresponsabilité, l’absence du souci des autres, l’avenir réduit au court terme, les bases de désarroi, Gustave Flaubert et l’individualisme toujours forcené… « Cette « égologie, bien qu’elle prétende lutter contre les travers de ce monde, contribue à sa dureté ». Lire la suite

Appel pour une mobilisation mondiale pour le climat du 20 au 27 septembre

Appel pour une mobilisation mondiale
pour le climat du 20 au 27 septembre

La planète Terre est déjà entrée dans la phase d’urgence climatique. Au sein du Réseau syndical international de solidarité et de luttes, nous considérons que cette situation est la conséquence directe d’un modèle de production et de consommation effrénées et inadaptées qui met en danger notre survie et à des effets dévastateurs chez les populations les plus vulnérables et les plus pauvres du monde. Ne pas y répondre avec la rapidité et la fermeté nécessaires entrainera la mort de millions de personnes et l’extinction d’espèces indispensables à la vie sur terre. Lire la suite

« L’équilibre avec la nature n’a jamais existé, on ne voit donc pas comment il pourrait être rétabli »

Tribune. Dans un point de vue paru dans Le Monde, l’éthologue Pierre Jouventin et l’économiste Serge Latouche reviennent sur la crise écologique et ses conséquences dans les rapports entre les êtres humains et la nature (« L’homme peut-il se reconvertir de prédateur en jardinier ? »Le Monde du 30 juillet 2019).

Nous partageons avec eux le constat de l’urgence de la situation illustrée entre autres par le fait que le « jour du dépassement », c’est-à-dire le jour où toutes les ressources renouvelables de la planète pour 2019 ont été épuisées, arrive chaque année de plus en plus tôt. Et il est inutile ici d’énumérer toutes les manifestations de la crise écologique. Nous partageons aussi avec eux le refus d’une « triple illimitation », que soit celle de la production, de la consommation ou de la production des déchets. Lire la suite

Un écoféminisme pour les femmes, les animaux, l’humanité et la nature

Les sociétés occidentales du XXIe siècle sont présentées comme des sociétés égalitaires ayant des politiques actives en faveur de l’égalité hommes-femmes. Nous ne vivons plus dans des patriarcats durs basés sur la coercition et la violence directe, sinon que les femmes jouissent d’un large éventail de libertés et de possibilités. On pourrait donc penser que les idéaux du féminisme ont été atteints (idéaux d’égalité, d’autonomie, de respect de celles qui ont été historiquement sous-évaluées et opprimées).

La population féminine a les mêmes droits que la masculine : droits civils et politiques, droits économiques, sociaux et culturels. Les femmes ont les mêmes chances que les hommes : elles peuvent étudier travailler et rivaliser avec eux sur le marché du travail. Et pourtant, les données statistiques démentent l’idée que l’égalité entre hommes et femmes soit déjà une réalité. L’écart salarial, la différence de représentation dans les positions de pouvoir, la féminisation des tâches de soin ou la sexualisation et la réification du corps des femmes ne sont que certains signes que l’égalité formelle ne correspond pas à l’égalité réelle. La persistance de stéréotypes de genre, le maintien du rose et du bleu, révèlent une inégalité structurelle qui passe généralement inaperçue pour un œil non critique. Lire la suite

La faim dans le monde est en hausse

Pour la troisième année consécutive, les agences de l’ONU ont documenté une augmentation des niveaux de la faim dans le monde, touchant 820 millions de personnes. Plus de 2 milliards de personnes souffrent d’insécurité alimentaire « modérée ou grave ». Au cours de la même période, le monde connaît ce que Reuters a appelé une « surabondance mondiale de céréales », les surplus de produits agricoles s’entassant à l’extérieur des silos à céréales pourrissant par manque d’acheteurs. De toute évidence, cultiver davantage de céréales ne réduit pas la faim dans le monde. Lire la suite