Archives de Catégorie: Ecologie

17 avril 2021 – Nouvel appel à agir contre la réintoxication du monde

Après les vagues d’actions des 17 juin et 17 novembre 2020, une constellation de syndicalistes, paysan.nes, zads, associations, territoires en luttes, espaces autogérés, coopératives ont décidé d’un appel commun pour le 17 avril 2021. Plus d’une centaine de collectifs des 4 coins du pays sont ainsi déjà engagés dans une nouvelle vague d’actions, blocages, rassemblements et occupations contre des lieux de production, chantiers, projets et infrastructures toxiques. Voici leur appel et la liste des premiers signataires.

Pour les rejoindre : agir17@riseup.net

Pour plus d’infos : agir17@noblogs.org

Fb : agir17 contre la réintoxication du monde

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En mai dernier, à la sortie du premier confinement, alors que la machine économique et productiviste se réemballait de plus belle, un appel à agir contre la réintoxication du monde a été lancé et suivi par des dizaines de groupes à travers le pays. Le 17 juin, plus de 70 actions, occupations, blocages se sont déployés simultanément. Depuis, des collectifs se sont constitués, des résistances, un temps en pause, se sont réveillées, des projets destructeurs ont été arrêtés. Cette journée a matérialisé un rebond des luttes de terrain face à l’expansion dramatique de la crise écologique et au cynisme patent de « nos dirigeants ».  Lire la suite

La sauvegarde du climat est incompatible avec la « liberté » d’entreprendre

La guerre de l’ombre des lobbys industriels contre la convention climat

En juin dernier, la « convention citoyenne pour le climat » présentait 149 propositions concrètes pour que la France atteigne véritablement ses objectifs climatiques. Ce 10 février, le gouvernement présente en conseil des ministres un projet de loi censé donner effet à ces préconisations, mais qui est en réalité vidé de toute substance et de toute ambition. Lire la suite

Accord de Glasgow : engagement des Peuples pour le Climat – déclaration

Collectif de la déclaration de Glasgow

Le cadre institutionnel utilisé par les gouvernements, les organisations internationales et l’ensemble du système économique, pour répondre à la crise climatique, ne parvient pas à limiter le réchauffement climatique à 1,5 ou 2°C d’ici 2100. Dès sa mise en place, les pays développés et les filières polluantes comme l’industrie pétrolière ont planifié les échecs à répétition de ce cadre institutionnel. Une illusion d’action en faveur du climat a été créée pendant que les mesures décisives étaient retardées et les émissions de gaz à effet de serre on put continuer à augmenter. En raison de décennies d’interférences menées par ces acteurs, les engagements déjà peu ambitieux, ont été continuellement déshonorés. Ainsi, les principaux accords institutionnels sur les changements climatiques, notamment le protocole de Kyoto et l’accord de Paris, n’ont pas engendré la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre nécessaire pour éviter les pires impacts du changement climatique. L’accord de Paris n’est finalement qu’une procédure, et il ne permettra pas à lui seul d’atteindre l’objectif de prévenir les pires conséquences du dérèglement climatique. Lire la suite

Convergence : Justice sociale, justice écologique : même combat !

Déclaration de la Convergence pour la sortie de crise

Nous sommes de celles et de ceux qui comprennent la situation actuelle comme une crise globale sans précédent. Il s’agit d’une crise sanitaire qui se transforme peu à peu en crise financière et économique qui dépassera largement la crise financière internationale de 2008 et peut-être, comme certains économistes le prévoient, celle de 1930. Surtout, cette crise se situe dans un contexte historique où la vie humaine est menacée, et ce, au-delà des risques engendrés par la Covid-19. En effet, les risques sont à plusieurs niveaux. Nous dépassons le seuil de soutenabilité pour la Terre, que ce soit en raison des bouleversements climatiques ou de la destruction de la biodiversité, pour ne nommer que ces exemples. Lire la suite

Il y a un éléphant dans la pièce et personne ne le voit

« Tanuro est parfaitement conscient du fait que la catastrophe a déjà commencé et risque de se transformer, d’ici quelques décennies, en cataclysme. Mais il refuse les postures fatalistes et le pessimisme passif de celleux qui proclament qu’il est trop tard et que le « collapse » est inévitable ; d’où le titre ». Michael Löwy dans une courte préface discute du juste titre de l’ouvrage « Trop tard pour être pessimistes ! », des échecs des conférences climatiques internationales, de solutions à la crise écologique, « une alternative à la course vers l’abîme du changement climatique, sont-elles possible sans « changer de système », c’est-à-dire sans affronter le capitalisme ? », du système d’organisation et de hiérarchisation sociale, des limites de propositions partielles d’alternatives telle le Green New Deal, de changement de « paradigme civilisationnel », de « planification écologique démocratique ». Il conclut : « Son livre est avant tout un appel urgent à l’action, une action collective radicale, c’est-à-dire capable de s’attaquer aux racines du mal : la civilisation capitaliste industrielle moderne. » Lire la suite

Daniel Tanuro : Avant-propos à son livre : Trop tard pour être pessimiste !

Avec l’aimable autorisation de M éditeur

L’avertissement du virus

Regardez travailler les bâtisseurs de ruines

Ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes

Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur terre.

Paul Eluard, novembre 1936

Des hôpitaux débordés, des personnels épuisés, sous-équipés, des morgues bondées. Des malades sacrifié·es, des femmes confinées avec leur bourreau, des prisonnier/ères bouclé·es dans leur cellule, des personnes âgées claquemurées dans les maisons de retraite. Des millions de précaires abandonné·es, quasiment sans ressource, des millions d’employé·es confiné·es en télétravail dans des logements trop petits et des millions d’ouvrier/ères contraint·es de se mettre en danger parce que, sans travail humain, les machines « intelligentes » ne sont que des objets inertes. Partout la peur, la peur de la mort. Mais la situation est infiniment plus grave aux marches de l’Empire. Migrant·es rejeté·es comme des chiens ou parqué·es comme du bétail, Palestinien·nes enfermé·es dans leur ghetto, sans médicaments, et quelque trois milliards et demi de pauvres qu’aucun système de santé digne de ce nom ne peut protéger, alors qu’il y a tant d’argent accumulé! Lire la suite

Appel des femmes autochtones

Plus de 40 femmes autochtones issues de communautés impactées par l’exploitation des sables bitumineux (dont de nombreuses amies et alliées de longue date du CSIA-Nitassinan) ont envoyé une lettre ouverte à 70 grandes banques, assureurs et gestionnaires d’actifs, leur demandant de respecter les droits des Autochtones et de cesser de soutenir financièrement l’industrie qui détruit leurs terres. La lettre souligne les nombreux risques et impacts que l’industrie des énergies fossiles, et plus particulièrement des sables bitumineux, causent dans leurs communautés. La construction de ces projets d’expansion de l’oléoduc les expose à un risque plus élevé de contamination au COVID et de violences sexuelles. L’industrie des sables bitumineux a dévasté les communautés d’Amérique du Nord par l’exploitation minière, l’extraction et le raffinage. Le CSIA-Nitassinan, association membre de la Campagne #KeepItInTheGround, a décidé de traduire et diffuser ce texte majeur pour la protection de la Terre-Mère, de l’eau et du climat. Lire la suite

Ecosocialisme : un débat stratégique

Ceux d’entre nous qui habitent la planète Terre au XXIe siècle sont confrontés à un énorme problème. Notre propre espèce, l’homo sapiens (l’homme moderne), détruit la planète à un rythme toujours plus rapide et plus destructeur.

Si cela continue, la capacité de la planète à maintenir la vie (la vie humaine en particulier) pourrait disparaître d’ici quelques décennies. Nous sommes les premiers à disposer des informations nécessaires pour comprendre toute l’ampleur de cette crise, et nous sommes probablement les derniers à avoir la possibilité de faire quelque chose pour y remédier. Aucune autre génération n’a été confrontée à un tel défi ni à une telle responsabilité. Lire la suite

Propos sur l’énergie et sur l’eau

Des événements récents comme des inondations et des débats en cours sur le coût de l’énergie et sur ce que l’on appelle la « transition énergétique » engagent à une réflexion critique plus approfondie sur les usages contemporains de l’eau et sur les différentes formes d’énergie qui sont proposées.

Pourquoi associer énergie et eau dans la réflexion et dans le débat

Si nous associons l’énergie et l’eau dans la réflexion que nous proposons aujourd’hui, c’est, d’abord, qu’elles ont toujours été liées, d’abord parce que l’eau a toujours constitué une source importante d’énergie, à la fois pour le corps humain et pour des pratiques sociales comme l’agriculture ou les transports, et ensuite parce que l’énergie et l’eau ont toujours constitué des fores de fondements pour l’aménagement de l’espace par les hommes. C’est, d’abord, par ce que l’on appelle la « maîtrise » de l’eau et de l’énergie que les hommes ont, depuis toujours, manifesté leur pouvoir sur ce que l’on appelle la nature, ont toujours manifesté ce qu’ils se figurent comme leur domination de la nature. C’est qu’au fond, à bien réfléchir, le besoin de l’eau et le besoin d’énergie ont toujours constitué pour les hommes ce que la psychanalyse désigne comme le réel, c’est-à-dire comme ce qui résiste à nos désirs et à nos engagements. L’énergie et l’eau sont ce dont le manque peut constituer pour les hommes un véritable obstacle à leur croissance – voire à leur existence même, puisque ce peut être leur survie qui est en jeu dans la confrontation au besoin d’énergie et d’eau. C’est bien pourquoi l’énergie et l’eau sont, pour nous, ce qui représente la nature, c’est-à-dire, justement, ce qui vient marquer les limites de notre pouvoir, et, au-delà, les manques dont nous pouvons être des victimes. Lire la suite

La crise provoquée par le capitalisme ne peut pas être résolue par le capitalisme lui-même

« Sortir par le haut des cinq dilemmes de la crise environnementale implique de la considérer d’urgence comme un enjeu central ; de prendre acte du fait que les populations les plus vulnérables ne sont pas nécessairement celles qui lui donnent priorité ; de faire valoir la dette écologique des (pays) riches à l’égard des (pays) pauvres ; de rejeter le business as usual, même « verdi » ; et d’opter résolument pour un changement de paradigme, sans snober les conditions sociales et politiques d’une transition régulée ». Lire la suite

Les mercenaires des énergies fossiles

Introduction

L’industrie des énergies fossiles a trouvé dans la pandémie en cours un moyen d’étendre son emprise, de capter des fonds publics destinés à la relance et d’imposer de fausses solutions laissant présager d’une véritable catastrophe climatique. La COVID-19 est une crise sanitaire mondiale qui, rien qu’en Europe, a touché plus de 4,2 millions de personnes et fait près de 215 000 victimes. Mais comme avec tant d’autres crises avant elle, qu’elles soient financières (2008) ou climatiques, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. L’épidémie a mis en exergue les inégalités existantes, accablant sans commune mesure les populations précaires ou marginalisées et les minorités. Lire la suite

Les cinq dilemmes de la crise écologique

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Sortir par le haut des cinq dilemmes de la crise environnementale implique de la considérer d’urgence comme un enjeu central ; de prendre acte du fait que les populations les plus vulnérables ne sont pas nécessairement celles qui lui donnent priorité ; de faire valoir la dette écologique des (pays) riches à l’égard des (pays) pauvres ; de rejeter le business as usual, même « verdi » ; et d’opter résolument pour un changement de paradigme, sans snober les conditions sociales et politiques d’une transition régulée. Lire la suite

10 raisons de ne pas accorder de dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes !

En total contre-pied avec l’ambition annoncée d’un nouveau modèle agricole respectueux de l’environnement et de la santé, le gouvernement vient de présenter un projet de loi pour permettre – dès la campagne 2021 et le cas échéant les deux campagnes suivantes – une dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes. Cette dérogation qui n’est dans les faits pas circonscrite à la culture de la betterave, ouvre la boîte de Pandore. Nos organisations de protection de l’environnement, de la santé environnementale, représentatives des consommateur·rices, des salarié·es et issues du monde agricole demandent, au travers d’un courrier adressé aux parlementaires, de s’opposer avec détermination à ce nouveau recul en matière de transition écologique et sociale. Nous reproduisons ici cette lettre.

Les signataires de la lettre
ISF Agrista Lire la suite

« NOUS DETRUISONS LA PLANETE ? » Les mensonges de l’écologie patriarcale

Voici une traduction cursive d’un extrait d’un des livres d’une de mes radfems américaines préférées, Sonia Johnson (1). Sonia connait le patriarcat comme sa poche : elle est tombée dedans en naissant, puisqu’elle a été élevée dans un des groupes religieux les plus phallocratiques du monde : les Mormons. Secte contre laquelle est s’est rebellée, ce qui lui a valu d’être stigmatisée et « excommuniée » comme femme perdue et dangereuse hérétique par la hiérarchie exclusivement mâle de son église. Voici ce qu’elle dit sur l’écologie telle que définie par les hommes patriarcaux : Lire la suite

Ecologie et démographie : co-modifier la double relation entre l’homme et la nature et entre les humains 

Le capitalisme vert est une contradiction dans les termes. Plus la crise écologique progresse, plus il est évident que des mesures anticapitalistes radicales constituent la seule stratégie possible pour en sortir. C’est pourquoi le négationnisme climatique, bien que complètement vaincu par la science, attire de plus en plus de décideurs bourgeois et de chefs d’entreprise du monde entier.

Logiquement, l’irrationalité complète du négationnisme climatique apparaît à ces personnes comme un moyen très rationnel de défendre la logique capitaliste irrationnelle de l’accumulation. De toute évidence, cette résistance des Trump [Etats-Unis], Bolsonaro [Brésil], Morrison [Australie] et consorts augmente le risque d’énormes catastrophes, menaçant l’existence de centaines de millions de pauvres, en particulier dans les pays pauvres. Lire la suite

XIII Thèses sur la catastrophe (écologique) imminente et les moyens de l’éviter

I. La crise écologique est déjà, et deviendra encore plus dans les mois et années à venir, la question sociale et politique la plus importante du 21e siècle.  L’avenir de la planète et donc de l’humanité va se décider dans les prochaines décennies. Les calculs de certains scientifiques au sujet de scénarios pour l’année 2100 ne sont pas très utiles, pour deux raisons :

a) scientifique : considérant tous les effets rétroactifs impossibles à calculer, il est très hasardeux de faire des projections d’un siècle ;

b) politique : à la fin du siècle nous tous, nos enfants et petits enfants seront partis, alors quel intérêt ?

La crise écologique comporte plusieurs aspects, aux conséquences dangereuses, mais la question climatique est sans doute la menace la plus dramatique. Comme nous explique le GIEC, si la température moyenne dépasse les 1,5° de plus par rapport à la période préindustrielle, un processus irréversible de changement climatique risque de s’enclencher. Quelles en seraient les conséquences ? Juste quelques exemples : la multiplication des méga-incendies comme celui de l’Australie ; la disparition des rivières et la désertification des terres ; la fonte et dislocation des glaces polaires et l’élévation du niveau de la mer, pouvant aller jusqu’à des dizaines de mètres : or, a deux mètres des vastes régions du Bangladesh, de l’Inde et de la Thaïlande, ainsi que les principales villes de la civilisation humaine – Hong-Kong, Calcutta, Venise, Amsterdam, Shanghai, Londres, New York, Rio – seront disparues sous la mer. Jusqu’où la température pourra-t-elle monter ? A partir de quelle température la vie humaine sur cette planète sera menacée ? Personne n’a de réponse à ces questions… Lire la suite

Mégafeux en Australie : un « tipping point » climatique, en live

L’expression « tipping point » désigne le point de basculement d’un système d’un régime d’équilibre à un autre, le moment où il n’est plus possible d’empêcher des changements quantitatifs accumulés d’entraîner un changement qualitatif. Elle est employée dans des domaines très divers, depuis l’étude des populations jusqu’au changement climatique, en passant par les sciences sociales.

Le spectre de la « planète étuve »  Lire la suite

Soleil vert

Ce film de science fiction des années 1970 en disait déjà long sur notre actualité. Sorti il y a 46 ans, « Soleil vert » mettait en scène une catastrophe planétaire, incluant des océans moribonds et une canicule permanente, résultat de l’émission des gaz à effet de serre, de l’épuisement des ressources naturelles, de la pollution, de la pauvreté, de la surpopulation et de « l’euthanasie volontaire »1. Lire la suite

L’accord commercial UE-Mercosur va intensifier la crise climatique due à l’agriculture

  • Les émissions provenant de l’augmentation des échanges bilatéraux de huit produits agricoles clés devraient augmenter d’un tiers (34 %).
  • Les exportations de viande de bœuf du Mercosur vers l’UE constitueront la principale source des nouvelles émissions (82 %). 

  • L’empreinte climatique de l’UE liée aux exportations de denrées alimentaires vers le Mercosur pourrait être multipliée par cinq.

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La Conférence de Madrid sur le climat : l’issue est dans la lutte, pas dans les COP !

L’échec retentissant de la Conférence de Madrid sur le climat jette un éclairage cru sur l’incapacité du système capitaliste de conjurer la menace climatique. Les solutions ne sortiront pas des COP mais de la mobilisation sociale, des luttes des peuples contre l’exploitation et l’oppression.

En 25 ans d’existence, les COP n’ont débouché sur aucune mesure efficace et juste pour empêcher la « perturbation anthropique dangereuse » du climat de la Terre contre laquelle les scientifiques mettent en garde depuis des décennies, de façon de plus en plus précise et pressante. Lire la suite