Archives de Catégorie: Ecologie

Daniel Tanuro : Avant-propos à son livre : Trop tard pour être pessimiste !

Avec l’aimable autorisation de M éditeur

L’avertissement du virus

Regardez travailler les bâtisseurs de ruines

Ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes

Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur terre.

Paul Eluard, novembre 1936

Des hôpitaux débordés, des personnels épuisés, sous-équipés, des morgues bondées. Des malades sacrifié·es, des femmes confinées avec leur bourreau, des prisonnier/ères bouclé·es dans leur cellule, des personnes âgées claquemurées dans les maisons de retraite. Des millions de précaires abandonné·es, quasiment sans ressource, des millions d’employé·es confiné·es en télétravail dans des logements trop petits et des millions d’ouvrier/ères contraint·es de se mettre en danger parce que, sans travail humain, les machines « intelligentes » ne sont que des objets inertes. Partout la peur, la peur de la mort. Mais la situation est infiniment plus grave aux marches de l’Empire. Migrant·es rejeté·es comme des chiens ou parqué·es comme du bétail, Palestinien·nes enfermé·es dans leur ghetto, sans médicaments, et quelque trois milliards et demi de pauvres qu’aucun système de santé digne de ce nom ne peut protéger, alors qu’il y a tant d’argent accumulé! Lire la suite

Appel des femmes autochtones

Plus de 40 femmes autochtones issues de communautés impactées par l’exploitation des sables bitumineux (dont de nombreuses amies et alliées de longue date du CSIA-Nitassinan) ont envoyé une lettre ouverte à 70 grandes banques, assureurs et gestionnaires d’actifs, leur demandant de respecter les droits des Autochtones et de cesser de soutenir financièrement l’industrie qui détruit leurs terres. La lettre souligne les nombreux risques et impacts que l’industrie des énergies fossiles, et plus particulièrement des sables bitumineux, causent dans leurs communautés. La construction de ces projets d’expansion de l’oléoduc les expose à un risque plus élevé de contamination au COVID et de violences sexuelles. L’industrie des sables bitumineux a dévasté les communautés d’Amérique du Nord par l’exploitation minière, l’extraction et le raffinage. Le CSIA-Nitassinan, association membre de la Campagne #KeepItInTheGround, a décidé de traduire et diffuser ce texte majeur pour la protection de la Terre-Mère, de l’eau et du climat. Lire la suite

Ecosocialisme : un débat stratégique

Ceux d’entre nous qui habitent la planète Terre au XXIe siècle sont confrontés à un énorme problème. Notre propre espèce, l’homo sapiens (l’homme moderne), détruit la planète à un rythme toujours plus rapide et plus destructeur.

Si cela continue, la capacité de la planète à maintenir la vie (la vie humaine en particulier) pourrait disparaître d’ici quelques décennies. Nous sommes les premiers à disposer des informations nécessaires pour comprendre toute l’ampleur de cette crise, et nous sommes probablement les derniers à avoir la possibilité de faire quelque chose pour y remédier. Aucune autre génération n’a été confrontée à un tel défi ni à une telle responsabilité. Lire la suite

Propos sur l’énergie et sur l’eau

Des événements récents comme des inondations et des débats en cours sur le coût de l’énergie et sur ce que l’on appelle la « transition énergétique » engagent à une réflexion critique plus approfondie sur les usages contemporains de l’eau et sur les différentes formes d’énergie qui sont proposées.

Pourquoi associer énergie et eau dans la réflexion et dans le débat

Si nous associons l’énergie et l’eau dans la réflexion que nous proposons aujourd’hui, c’est, d’abord, qu’elles ont toujours été liées, d’abord parce que l’eau a toujours constitué une source importante d’énergie, à la fois pour le corps humain et pour des pratiques sociales comme l’agriculture ou les transports, et ensuite parce que l’énergie et l’eau ont toujours constitué des fores de fondements pour l’aménagement de l’espace par les hommes. C’est, d’abord, par ce que l’on appelle la « maîtrise » de l’eau et de l’énergie que les hommes ont, depuis toujours, manifesté leur pouvoir sur ce que l’on appelle la nature, ont toujours manifesté ce qu’ils se figurent comme leur domination de la nature. C’est qu’au fond, à bien réfléchir, le besoin de l’eau et le besoin d’énergie ont toujours constitué pour les hommes ce que la psychanalyse désigne comme le réel, c’est-à-dire comme ce qui résiste à nos désirs et à nos engagements. L’énergie et l’eau sont ce dont le manque peut constituer pour les hommes un véritable obstacle à leur croissance – voire à leur existence même, puisque ce peut être leur survie qui est en jeu dans la confrontation au besoin d’énergie et d’eau. C’est bien pourquoi l’énergie et l’eau sont, pour nous, ce qui représente la nature, c’est-à-dire, justement, ce qui vient marquer les limites de notre pouvoir, et, au-delà, les manques dont nous pouvons être des victimes. Lire la suite

La crise provoquée par le capitalisme ne peut pas être résolue par le capitalisme lui-même

« Sortir par le haut des cinq dilemmes de la crise environnementale implique de la considérer d’urgence comme un enjeu central ; de prendre acte du fait que les populations les plus vulnérables ne sont pas nécessairement celles qui lui donnent priorité ; de faire valoir la dette écologique des (pays) riches à l’égard des (pays) pauvres ; de rejeter le business as usual, même « verdi » ; et d’opter résolument pour un changement de paradigme, sans snober les conditions sociales et politiques d’une transition régulée ». Lire la suite

Les mercenaires des énergies fossiles

Introduction

L’industrie des énergies fossiles a trouvé dans la pandémie en cours un moyen d’étendre son emprise, de capter des fonds publics destinés à la relance et d’imposer de fausses solutions laissant présager d’une véritable catastrophe climatique. La COVID-19 est une crise sanitaire mondiale qui, rien qu’en Europe, a touché plus de 4,2 millions de personnes et fait près de 215 000 victimes. Mais comme avec tant d’autres crises avant elle, qu’elles soient financières (2008) ou climatiques, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. L’épidémie a mis en exergue les inégalités existantes, accablant sans commune mesure les populations précaires ou marginalisées et les minorités. Lire la suite

Les cinq dilemmes de la crise écologique

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

Sortir par le haut des cinq dilemmes de la crise environnementale implique de la considérer d’urgence comme un enjeu central ; de prendre acte du fait que les populations les plus vulnérables ne sont pas nécessairement celles qui lui donnent priorité ; de faire valoir la dette écologique des (pays) riches à l’égard des (pays) pauvres ; de rejeter le business as usual, même « verdi » ; et d’opter résolument pour un changement de paradigme, sans snober les conditions sociales et politiques d’une transition régulée. Lire la suite

10 raisons de ne pas accorder de dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes !

En total contre-pied avec l’ambition annoncée d’un nouveau modèle agricole respectueux de l’environnement et de la santé, le gouvernement vient de présenter un projet de loi pour permettre – dès la campagne 2021 et le cas échéant les deux campagnes suivantes – une dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes. Cette dérogation qui n’est dans les faits pas circonscrite à la culture de la betterave, ouvre la boîte de Pandore. Nos organisations de protection de l’environnement, de la santé environnementale, représentatives des consommateur·rices, des salarié·es et issues du monde agricole demandent, au travers d’un courrier adressé aux parlementaires, de s’opposer avec détermination à ce nouveau recul en matière de transition écologique et sociale. Nous reproduisons ici cette lettre.

Les signataires de la lettre
ISF Agrista Lire la suite

« NOUS DETRUISONS LA PLANETE ? » Les mensonges de l’écologie patriarcale

Voici une traduction cursive d’un extrait d’un des livres d’une de mes radfems américaines préférées, Sonia Johnson (1). Sonia connait le patriarcat comme sa poche : elle est tombée dedans en naissant, puisqu’elle a été élevée dans un des groupes religieux les plus phallocratiques du monde : les Mormons. Secte contre laquelle est s’est rebellée, ce qui lui a valu d’être stigmatisée et « excommuniée » comme femme perdue et dangereuse hérétique par la hiérarchie exclusivement mâle de son église. Voici ce qu’elle dit sur l’écologie telle que définie par les hommes patriarcaux : Lire la suite

Ecologie et démographie : co-modifier la double relation entre l’homme et la nature et entre les humains 

Le capitalisme vert est une contradiction dans les termes. Plus la crise écologique progresse, plus il est évident que des mesures anticapitalistes radicales constituent la seule stratégie possible pour en sortir. C’est pourquoi le négationnisme climatique, bien que complètement vaincu par la science, attire de plus en plus de décideurs bourgeois et de chefs d’entreprise du monde entier.

Logiquement, l’irrationalité complète du négationnisme climatique apparaît à ces personnes comme un moyen très rationnel de défendre la logique capitaliste irrationnelle de l’accumulation. De toute évidence, cette résistance des Trump [Etats-Unis], Bolsonaro [Brésil], Morrison [Australie] et consorts augmente le risque d’énormes catastrophes, menaçant l’existence de centaines de millions de pauvres, en particulier dans les pays pauvres. Lire la suite

XIII Thèses sur la catastrophe (écologique) imminente et les moyens de l’éviter

I. La crise écologique est déjà, et deviendra encore plus dans les mois et années à venir, la question sociale et politique la plus importante du 21e siècle.  L’avenir de la planète et donc de l’humanité va se décider dans les prochaines décennies. Les calculs de certains scientifiques au sujet de scénarios pour l’année 2100 ne sont pas très utiles, pour deux raisons :

a) scientifique : considérant tous les effets rétroactifs impossibles à calculer, il est très hasardeux de faire des projections d’un siècle ;

b) politique : à la fin du siècle nous tous, nos enfants et petits enfants seront partis, alors quel intérêt ?

La crise écologique comporte plusieurs aspects, aux conséquences dangereuses, mais la question climatique est sans doute la menace la plus dramatique. Comme nous explique le GIEC, si la température moyenne dépasse les 1,5° de plus par rapport à la période préindustrielle, un processus irréversible de changement climatique risque de s’enclencher. Quelles en seraient les conséquences ? Juste quelques exemples : la multiplication des méga-incendies comme celui de l’Australie ; la disparition des rivières et la désertification des terres ; la fonte et dislocation des glaces polaires et l’élévation du niveau de la mer, pouvant aller jusqu’à des dizaines de mètres : or, a deux mètres des vastes régions du Bangladesh, de l’Inde et de la Thaïlande, ainsi que les principales villes de la civilisation humaine – Hong-Kong, Calcutta, Venise, Amsterdam, Shanghai, Londres, New York, Rio – seront disparues sous la mer. Jusqu’où la température pourra-t-elle monter ? A partir de quelle température la vie humaine sur cette planète sera menacée ? Personne n’a de réponse à ces questions… Lire la suite

Mégafeux en Australie : un « tipping point » climatique, en live

L’expression « tipping point » désigne le point de basculement d’un système d’un régime d’équilibre à un autre, le moment où il n’est plus possible d’empêcher des changements quantitatifs accumulés d’entraîner un changement qualitatif. Elle est employée dans des domaines très divers, depuis l’étude des populations jusqu’au changement climatique, en passant par les sciences sociales.

Le spectre de la « planète étuve »  Lire la suite

Soleil vert

Ce film de science fiction des années 1970 en disait déjà long sur notre actualité. Sorti il y a 46 ans, « Soleil vert » mettait en scène une catastrophe planétaire, incluant des océans moribonds et une canicule permanente, résultat de l’émission des gaz à effet de serre, de l’épuisement des ressources naturelles, de la pollution, de la pauvreté, de la surpopulation et de « l’euthanasie volontaire »1. Lire la suite

L’accord commercial UE-Mercosur va intensifier la crise climatique due à l’agriculture

  • Les émissions provenant de l’augmentation des échanges bilatéraux de huit produits agricoles clés devraient augmenter d’un tiers (34 %).
  • Les exportations de viande de bœuf du Mercosur vers l’UE constitueront la principale source des nouvelles émissions (82 %). 

  • L’empreinte climatique de l’UE liée aux exportations de denrées alimentaires vers le Mercosur pourrait être multipliée par cinq.

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La Conférence de Madrid sur le climat : l’issue est dans la lutte, pas dans les COP !

L’échec retentissant de la Conférence de Madrid sur le climat jette un éclairage cru sur l’incapacité du système capitaliste de conjurer la menace climatique. Les solutions ne sortiront pas des COP mais de la mobilisation sociale, des luttes des peuples contre l’exploitation et l’oppression.

En 25 ans d’existence, les COP n’ont débouché sur aucune mesure efficace et juste pour empêcher la « perturbation anthropique dangereuse » du climat de la Terre contre laquelle les scientifiques mettent en garde depuis des décennies, de façon de plus en plus précise et pressante. Lire la suite

Ecosocialisme : travailler deux heures par jour pour sauver le climat et la biodiversité

On l’a répété souvent dans ces colonnes : indispensable à court terme pour éviter le cataclysme climatique de la « planète étuve », le passage des fossiles aux renouvelables n’est pas possible sans une réduction substantielle de la production et des transports. Il faut en effet changer complètement de système énergétique, cela demande de gigantesques investissements, ceux-ci sont consommateurs d’énergie et cette énergie, à l’heure actuelle, est à 80% fossile, donc source d’émissions. En d’autres termes : sans réduction très forte dans d’autres secteurs, la transition énergétique fera exploser les émissions de gaz à effet de serre. Lire la suite

Crise climatique : de COP en COP, le cataclysme se rapproche

La 25e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP25) débutera dans quelques jours à Madrid. Ce sommet devait initialement se tenir à Santiago mais le président chilien a préféré renoncer. Les COP rassemblent couramment 10 000 personnes : il fallait éviter qu’elles puissent témoigner de la sauvage répression policière du soulèvement contre la politique ultra-libérale du gouvernement Piñera.

Pour rappel, la Convention cadre des Nations Unies a été adoptée lors du sommet de la Terre à Rio, en 1992. Elle fixe pour objectif aux Etats d’empêcher « une perturbation anthropique dangereuse » du climat de la Terre. Le suivi de cet engagement est censé être assuré par les Conférences des parties (COP), qui se réunissent annuellement depuis 1995. Celle de Madrid sera donc la vingt-cinquième. Lire la suite

Québec : 27 septembre : Les syndicats en action pour le climat ! :

Nous refusons de faire l’autruche. La crise climatique est bien réelle. Elle est la conséquence d’une inaction collective et des choix que nos élites économiques et politiques ont faits depuis des dizaines d’années. Nous, travailleuses et travailleurs du Québec, comme l’ensemble de la population, devons composer avec les conséquences de cette crise et exigeons aujourd’hui un plan structurant pour effectuer une transition énergétique et écologique juste !

C’est pourquoi, inspirés par la mobilisation citoyenne des derniers mois, nous lançons aujourd’hui le collectif La Planète s’invite au travail. Ce nouveau collectif, qui travaillera en étroite collaboration avec La Planète s’invite au Parlement, regroupe plus de 1,2 million de travailleuses et travailleurs de tous les secteurs et de toutes les régions du Québec. Lire la suite

La haine contre Greta. Voici ceux, avec nom et adresse, qui la financent !

Il est généralement accepté que les vainqueurs des élections européennes du 26 mai ont été l’extrême droite et les Verts. Et il est aussi généralement accepté qu’aux succès des Verts ont contribué grandement les mobilisations sans précédent d’une jeunesse s’inspirant de la combativité et des thèses radicales de la jeune suédoise Greta Thunberg. En conséquence, il n’est pas surprenant que cette extrême droite choisisse d’attaquer ce qu’elle appelle « le mythe du changement climatique » et surtout, cible de plus en plus son attaque sur la personne de cette Greta Thunberg qui galvanise la jeunesse en Europe et au-delà ! Lire la suite

Le changement climatique et son « atténuation »

Le FMI a publié un nouveau document sur les changements climatiques et sur les instruments politiques disponibles pour y faire face.

J’écris ce texte depuis le Brésil, où les incendies en Amazonie font rage et où le gouvernement Bolsonaro ignore cette catastrophe et l’accueille même comme un moyen de défricher la terre pour plus de production agricole par de grandes entreprises nationales et étrangères. Bolsonaro, Trump et d’autres « populistes»  de droite nient bien sûr qu’il existe un problème lié au réchauffement planétaire et au changement climatique. Et je sais qu’il y en a même à gauche dans le mouvement syndical qui sont sceptiques au moins ou qui nient catégoriquement, affirmant qu’il s’agit soit d’une erreur scientifique, soit d’une conspiration de l’establishment scientifique pour des subventions et des carrières [voir sur les positions progressistes de divers syndicats le texte publié sur ce site en date du 3 septembre].

Eh bien, tout ce que je peux dire à ce sujet, c’est que les preuves restent extrêmement convaincantes que la terre se réchauffe à des niveaux jamais vus dans l’histoire de l’humanité ; que ce réchauffement climatique est causé par de fortes augmentations des « gaz à effet de serre » comme le dioxyde de carbone et le méthane ; et que ces augmentations sont dues à l’industrialisation et à la croissance économique utilisant les énergies fossiles. Lire la suite