Archives de Catégorie: Ecole/Education/Mouvements étudiants

SOS Ecole Université – Pour un système éducatif démocratique

Avec l’aimable autorisation de l’autrice

Entretien avec Martine Boudet coordinatrice de SOS Ecole Université – Pour un système éducatif démocratique (Le Croquant, 2020) (1)

Cet ouvrage, coordonné par Martine Boudet, membre du Conseil scientifique d’Attac France, est cosigné par des responsables syndicaux – du SNUIPP, du SNES, du SNESUP-, de la fondation Copernic, du mouvement des professeur.es du primaire en désobéissance et du groupe Jean-Pierre Vernant. Avec le soutien de l’Institut de recherches de la FSU. Lire la suite

Ce qui résiste au silence, c’est la douleur

« un colloque qui visait, nous le rappelons ici, à questionner de manière directe ce qui produit, maintient ou reconduit les comportements sexistes à l’université ». Laurence Pelletier et Valérie Lebrun indiquent : « Il nous importait plutôt de comprendre que là où il a assez d’espace pour ambiguïté, les malaises et les incitations au silence, il y en a forcément pour les remises en question ». Lire la suite

Nous sommes là parce que nous sommes des hybrides

Comme je l’ai déjà indiqué, à propos d’un autre livre, Je suis d’autant plus sensible aux analyses de Gilbert Dalgalian que je suis handicapé linguistique, malgré ou à cause de l’étude tardive de l’anglais puis de l’espagnol au lycée. Le peu de yiddish, entendu de grands-parent·es, est presque totalement effacé de ma mémoire. Je ne sais m’exprimer qu’en français. Il s’agit bien d’un handicap socialement construit, limitant les possibles relations avec autrui…

Le livre est composé d’un certain nombre de conférences, dont certaines avec des dimensions auto-biographiques. « Celui-ci se compose d’une partie des textes de conférences, congrès et séminaires où j’ai eu l’occasion de plaider pour le respect et la transmission des langues, notamment par les filières d’éducation bilingue précoce ». Lire la suite

Pour notre jeunesse, résistons !

Nous ne sommes pas dupes : le contexte sanitaire sert aujourd’hui de prétexte à la mise en place de nouvelles mesures, autoritaires et liberticides, tout particulièrement dans le domaine de l’enseignement, de la maternelle à l’université. Nous refusons le sort qui est fait aujourd’hui à notre jeunesse, et derrière elle, la mise au pas de la société tout entière, à grand renfort d’outils numériques. Plus qu’au virus, c’est à ce qui fait notre humanité que le gouvernement semble avoir déclaré la guerre. Aussi nous nous saisissons de cette date hautement symbolique du 18 Juin pour lancer un appel au sursaut des consciences et à la résistance.  Lire la suite

SOS École Université. Pour un système éducatif démocratique

Depuis une décennie, enseignant·es, publics, citoyen·nes sont confronté·es à une avalanche de contre-réformes qui, à défaut de légitimité, sont souvent imposées par la force.

Il devient urgent de résister à cette « culture de la violence instituée », et à la sélection sociale qui en est une motivation et qui conduit au sacrifice des nouvelles générations. La promotion des acquis universitaires et scolaires, et des services publics qui les garantissent, s’avère indissociable de celle de l’État de droit et des libertés professionnelles (académiques et pédagogiques). Lire la suite

Interrogations sur une dimension spécifique d’un programme scolaire

En introduction, Laurence De Cock parle, entre autres, des débats sur le passé colonial, des tensions identitaires, de l’école, « En France, l’école est l’un des objets privilégiés de controverse. L’enseignement de l’histoire y occupe en outre une place telle que les débats autour des contenus d’enseignement y sont réguliers et tendus, nous le verrons en détail », des espaces politiques et des programmes, « Nous touchons ici du doigt l’objet de ce travail, qui consiste à interroger cette progressive problématisation et politisation d’un contenu scolaire devenu l’un des révélateurs des tensions entre l’école, la société, la République et la nation »… Lire la suite

Comment l’éducation et la sécurité des filles seront affectées par la réponse de Covid19

Et les mesures que les gouvernements africains peuvent et doivent prendre pour y remédier

Abigail *, une jeune femme qui vit à Harare, la capitale du Zimbabwe, est tombée enceinte d’un homme marié beaucoup plus âgé à l’âge de 14 ans. Elle avait quitté l’école parce que sa mère n’avait pas les moyens de payer ses frais de scolarité, ses livres et autres fournitures scolaires. Sa mère avait également du mal à acheter de la nourriture et d’autres produits de base pour la famille. L’homme lui avait donné de l’argent. Elle sentait qu’elle ne pouvait pas le refuser car il l’aidait.

Abigail n’avait reçu aucune éducation sexuelle à l’école et ne savait pas comment prévenir une grossesse. A 16 ans, elle nous a dit : « Je souhaite retourner à l’école car je suis encore enfant ». Lire la suite

Contre la réouverture des écoles et établissements à partir du 11 mai

Communiqué commun du jeudi 16 avril 2020

Coordination nationale de l’Éducation (Chaîne des Bahuts et des Écoles) • Les Stylos Rouges • Bloquons Blanquer • Coordination Lycéenne Nationale • Parents pas confiants

La Coordination nationale de l’Éducation, qui se réunit depuis plusieurs mois, s’est tenue pour la cinquième fois par conférence téléphonée le mercredi 15 avril 2020 suite aux annonces de Macron et Blanquer concernant la réouverture des écoles et établissements. Elle a réuni une centaine de personnels de l’Éducation issus de 19 académies, du premier et du second degrés, de toutes catégories (enseignant.e.s d’écoles, collèges et lycées, de l’enseignement public ou privé, en Éducation prioritaire ou non, de l’enseignement adapté ou spécialisé, CPE, PsyEN, AESH…), en présence de représentant.e.s de la Coordination Lycéenne Nationale. Lire la suite

L’heure n’est plus au bouclage des programmes mais à l’humanisme pédagogique

Et si nous faisions de la discontinuité une force créatrice et émancipatrice ?

Avec la fermeture des établissements scolaires et le confinement, nos élèves sont privés de l’un des premiers piliers de l’école : sa dimension collective. Alors nous, enseignant.e.s Freinet parisien.ne.s, pensons qu’une prétendue continuité pédagogique, déconnectée de la situation sociale, est un leurre. Dans nos classes, les savoirs naissent de l’aventure collective : rencontres, échanges, confrontations et coopérations. Dans nos classes, nous construisons à partir de ce que les enfants apportent : leur vécu, leurs envies, leurs projets. Dans nos classes, les élèves apprennent, travaillent et s’exercent parce qu’ils en ont besoin, dans leur trajectoire d’enfants, d’êtres en devenir. Alors non, à la rentrée confinée, nous, pédagogues Freinet, nous n’irons pas sur le front de la « Nation apprenante » (sic), finir « quoi qu’il en coûte » (sic) les programmes scolaires de l’année, comme si l’« atmosphère éducative » (sic) était de mise. A la rentrée confinée, nous continuerons d’être avec les enfants, nos élèves. Nous les écouterons dans leur dimension d’êtres humains, dans leur altérité, dans leurs manières particulières de traverser cette crise sanitaire. Et dans cette tâche, nous épaulerons les familles de ces enfants. A la rentrée confinée, notre priorité sera de chercher les moyens les plus justes de conserver le lien social moteur dans nos classes, essentiel à la vie et à l’émancipation. Oui, nous le revendiquons, ces liens seront avant tout humains, relationnels, affectifs. Et c’est uniquement à partir de cela que nous entretiendrons, avec nos élèves et leurs familles, la maitrise des savoirs dits scolaires.  Lire la suite

Soustraire l’activité éducative aux cadres de la performance et de la rentabilité

Les néolibéraux mènent une guerre contre l’école publique et ses enseignant·es. Il est plus qu’intéressant de comparer les moyens déployés dans d’autres systèmes scolaires. Ce livre analyse ces politiques au Québec et dénonce « un système tentaculaire et déshumanisant qui rend dangereux tout refus d’en être complice ». Lire la suite

Retraites, bac blanquer, répression, moyens : pas de trêve pour Blanquer !

Appel de la coordination nationale de l’éducation –

samedi 8 février

La coordination nationale de l’Éducation (1er et 2nd degrés), réunie à Paris ce samedi 8 février 2020, a rassemblé des personnels du 1er et du 2nd degrés en provenance de 18 académies, dont une partie a participé à distance (comme la Martinique, évidemment) : Aix-Marseille, Amiens, Bordeaux, Caen, Créteil, Dijon, Grenoble, Lille, Martinique, Nancy-Metz, Nantes, Orléans-Tours, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Versailles.

Ce nombre d’académies représentées, encore une fois le plus important atteint jusqu’à présent alors que la zone C entre en vacances, montre que la détermination du monde de l’Éducation à lutter contre les politiques sociales et éducatives du gouvernement est intacte.

Ce fut également l’occasion d’avoir pour la première fois un aperçu de la mobilisation en Martinique, où entre 90 et 95% des établissements sont fermés depuis plus de 4 semaines et où le mouvement commun contre la réforme des retraites (qui pénaliserait doublement l’outre-mer), contre le Bac Blanquer et pour des moyens pour l’Éducation va se poursuivre la semaine prochaine ! Mais ce fut aussi l’occasion pour des collègues de Martinique de féliciter directement celles et ceux de Marseille pour le blocage du port. Lire la suite

Non à la LPPR. Non à la réforme des retraites. Non à la casse du service public d’enseignement + Misère des universités et universités de la misère

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Dans l’enseignement et la recherche aussi, les femmes grandes perdantes de la réforme des retraites

Le gouvernement affirme que nous, les femmes, serions les grandes « gagnantes » de la réforme des retraites. Pourtant, tout montre que nous en serons bien plutôt les grandes perdantes, et notamment dans l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur et la recherche (ESR).

L’Éducation nationale est féminisée à plus de 70%. Au sein de l’Enseignement supérieur et la recherche, les femmes représentent au total un peu plus de 51%. Dans les deux ministères, les emplois les moins rémunérés et les moins qualifiés sont occupés très majoritairement par des femmes. De manière générale, l’Éducation nationale n’est pas préservée des inégalités hommes-femmes : à corps et grade égaux, nous gagnons 14% de moins que les hommes. 14% des femmes sont à temps partiel, contre 5% des hommes, notamment pour des raisons de charge parentale. Dans l’ESR, des plafonds de verre particulièrement résistants (il y a par exemple environ 2 fois moins de chances d’occuper un poste de professeur·e d’université – ou équivalent – lorsque l’on est une femme que lorsque l’on est un homme !), l’existence de primes individualisées distribuées sur la base d’un prétendu « mérite », conjugués à une précarité accrue et à des recrutements tardifs, font que la situation des femmes y est nettement moins favorable que celle des hommes. Lire la suite

« Tout va très bien ! » – Blanquer vs Education Nationale

Un chapitre de La France d’en bas ? Idées reçues sur les classes populaires

Avec les aimables autorisations de Jean-Pierre Terrail
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t des Editions Le Cavalier Bleu

« Les enfants des milieux populaires souffrent d’un handicap socioculturel à l’école »

Bien des enfants arrivent à la porte de l’école de la République en situation d’extrême insécurité linguistique et de terrible déficit culturel […] ayant noué avec le langage un malentendu fondamental : ils n’ont aucune idée de ce qui légitime et justifie l’effort et le soin de la mise en mots ; la volonté de laisser une trace d’eux-mêmes sur l’intelligence d’un autre leur est totalement étrangère […]

La Maternelle : au front des inégalités linguistiques et sociales, Alain Bentolila (dir.), rapport au ministre de l’Éducation nationale, décembre 2007

Les exigences intellectuelles de la scolarisation sont les mêmes pour tous. Or tous ne réussissent pas à y satisfaire, et le constat s’impose année après année : ce sont les élèves issus des classes populaires qui forment le gros du bataillon de l’échec scolaire. Comment ne pas en conclure que les ressources qui permettent aux autres de s’assurer un parcours réussi leur font défaut ? L’idée est de bon sens, et elle n’est pas récente. On utilisait volontiers, depuis la fin du XIXe siècle, la notion d’aptitude, celle des enfants d’ouvriers et de paysans étant censée les porter, comme par une sorte de penchant naturel, vers des scolarités courtes et des emplois… d’ouvriers et de paysans. Le sentiment que le ressort des destinées scolaires est moins d’ordre biologique que sociologique émerge dans les années 1960, sous l’effet de la critique des sciences humaines et de la biologie elle-même. Lire la suite

Viols collectifs au collège : brisons le silence et agissons!

En octobre 2019, plusieurs jeunes filles scolarisées dans un collège toulousain portent plainte pour viols en réunion. Les jeunes garçons auteurs de ces actes, survenus à partir de mars 2019, ont filmé les scènes de viols et diffusé les vidéos sur les réseaux sociaux. Une grande partie des élèves du collège les ont vues, suite à quoi l’une des jeunes filles a été victime de harcèlement, dont le paroxysme fut un lynchage en septembre 2019, filmé et diffusé également sur les réseaux sociaux. Suite à cette agression, une membre du personnel découvre les viols subis par cette élève, alerte l’administration et la famille qui dépose alors plainte. Par la suite, deux autres victimes seront identifiées. Lire la suite

Etudiant-es : « Lorsque le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt »

« Lorsque le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt » (proverbe chinois). Anas dans son message a voulu montrer pour les dénoncer la précarité et ceux qu’il considérait comme les responsables tout en mettant en avant des revendications. Les idiots furent nombreux à se contenter de tourner le regard vers une porte de ministère sortie de ses gonds. Lire la suite

Tenir la main de ma sœur…

Dans son introduction, introduction-apprendre-a-transgresser/ publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, bell hooks évoque, entre autres, la peur d’être titularisée dans un poste permanent à l’université, « J’avais peur d’être enfermée dans le monde universitaire pour toujours », le sud ségrégationniste des États-Unis, les trois choix de carrière des jeunes filles noires des milieux ouvriers, « Nous pouvions nous marier. Nous pouvions travailler comme domestiques. Nous pouvions devenir institutrices », son rêve de devenir autrice, l’écriture, l’éducation, l’enseignement, « un acte contre-hégémonique, une manière fondamentale de résister à toute stratégie de colonisation raciste blanche », les écoles ségrégées, la joie d’aller à l’école, la maison, « La maison était le lieu où je devais me conformer à l’image, définie par d’autres, de ce que j’étais censée être », les changements liés à l’intégration raciale, la perte de l’amour de l’école, les formes opposées d’éducation, « la différence entre une éducation comme pratique de la liberté et une éducation destinée seulement à renforcer un système de domination »… Lire la suite

Mobilisation Générale Pour Que Vivent Nos Langues

Le Collectif Pour Que Vivent Nos Langues a lancé cette pétition adressée à Jean-Michel Blanquer (Ministre de l’éducation nationale) :

https://www.change.org/p/jean-michel-blanquer-mobilisation-générale-pour-que-vivent-nos-langues

Nos langues, ce sont l’occitan-langue d’oc, le basque, le breton, le catalan, le corse, le flamand occidental, l’allemand standard et dialectal alsacien et mosellan, le savoyard (arpitan-francoprovençal), les langues d’Oïl, les créoles et les langues autochtones des territoires des Outre-Mer. Toutes résistent en France pour ne pas disparaître car elles figurent toutes à l’inventaire des « langues menacées de disparition » établi par l’Unesco. Malgré l’élan mondial  pour que biodiversité naturelle et biodiversité culturelle soient enfin considérées et préservées, malgré les textes internationaux qui régissent les droits de l’Homme et les droits des peuples, l’État français, en dépit de multiples condamnations par l’ONU, continue son œuvre de destruction du patrimoine immatériel millénaire que sont nos langues et nos cultures. Lire la suite

Lettre ouverte : A l’attention de la présidence de l’université de Lyon, de la présidence de l’université Lyon 1, et de monsieur le recteur de l’académie de Lyon

Lyon, le 15 Septembre 2019,

A l’attention de la présidence de l’université de Lyon, de la présidence de l’université Lyon 1, et de monsieur le recteur de l’académie de Lyon

Et pour information : à l’attention de la direction de la recherche et des études doctorales, de l’école doctorale 512 et de monsieur le charge de mission égalité diversité de Lyon 1,

Nous attirons votre attention sur la situation inacceptable et absurde dans laquelle se trouve une ancienne doctorante de l’université de Lyon, Gwladys Fernandes, qui a soutenu sa thèse le 18 juin 2019. L’université Lyon 1 lui refuse la délivrance de l’attestation de réussite nécessaire à l’attribution de son diplôme de doctorat. Par cette lettre, nous exprimons notre solidarité pleine et entière a notre collègue et vous demandons de débloquer rapidement sa situation. Lire la suite