Archives de Catégorie: Du coté des sons

Des enregistrements en 2019 (3)

Des disques et des musiques récentes. Prendre le temps de s’arrêter, d’écouter des albums. S’éloigner des critères privilégiés par des commerçants, rarement disquaires, ou des productions des majors…

De multiples éditeurs nous permettent d’écouter des musiques et non de la programmation « profitable ». Quelques disques enregistrés, ici en 2019, au hasard des écoutes. Lire la suite

L’histoire d’un bluesman peut-elle donner naissance à une œuvre littéraire ?

C’est le pari de Jonathan Gaudet avec « La ballade de Robert Johnson »…

Robert Johnson, guitariste et vocaliste, est l’une des grandes légendes du blues. Un guitariste hors pair, un chanteur à la voix expressive, mélancolique souvent, joyeuse, heureuse de s’entendre en vie. Il a réalisé 20 enregistrements en 1937 et 21 en 1938 pour asseoir les fondements du blues en unifiant les divers affluents de cette musique. Son influence a été énorme et sa vie entourée de légendes. Les références sont constituées par un coffret de deux CD sorti en 1990 avec un livret de Stephen LaVere qui à la fois reprend toutes les informations disponibles – elles seront complétées par un livre de Peter Guralnick « A la recherche de Robert Johnson » – et les photos retrouvées de Robert Johnson, du producteur, de quelques autres bluesmen. Un coffret essentiel pour connaître ce génie de la musique noire. Keith Richard et Eric Clapton disent leur admiration, l’un et l’autre ont contribué à la reconnaissance de Robert Johnson. Cerise sur ce gâteau, la reproduction des paroles des compositions du blues man, une nécessité même pour les pratiquants de la langue de Walt Whitman. Lire la suite

Du coté du jazz (janvier 2021)

Simon Moullier, vibraphoniste mêle toutes ses influences pour signer son premier album « Spirit Song »

Percussionniste au départ, le vibraphoniste, mais aussi adepte du balafon et de l’électronique, a fait ses classes à la Berklee – la référence – où il a rencontré la crème du jazz. Il a fréquenté Herbie Hancock, Quincy Jones et a voyagé tout autour du monde pour s’imprégner de toutes les musiques entendues. Il réussit à marier des contraires. La musique « planante », apanage souvent de la Californie, et le rythme, élément vital pour donner à ses compositions le nécessaire allant pour éviter de sombrer dans une musique d’ascenseur. La fusion des contraires se réalise dans un jeu d’une telle fluidité qu’il submerge l’audition. Deux dates d’enregistrement sont mêlées, 2017 et 2020 et deux groupes marqués par deux pianistes, Simon Chivallon, Isaac Wilson et deux saxophonistes, Dayna Stephens, Morgan Guerin – des noms à retenir. Bassiste et batteur, Luca Alemanno, Jongkuk Kim, forment un trio soudé avec Moullier. Lire la suite

Musiques de nos temps, entre toutes les cultures et générations

Le jazz sonne comme… la musique de sauvages qu’il est aussi.

Emmanuel Bex a construit un nouveau « Bex’tet », un trio qui se veut au carrefour de ses mémoires et de ses influences pour transmettre l’héritage à la génération d’aujourd’hui. « Round Rock » fait penser à Bill Haley pour une génération précédente à celle d’Emmanuel et signe la volonté de faire bouger les corps pour faire monter le sang de la révolte à la tête. L’organiste se fait ici un peu accordéoniste, un appel à d’autres souvenirs, d’autres liens qui se manifestent pour une « Marseillaise » de clôture de cet album qui s’est ouvert avec une autre « Marseillaise » pour évoquer les mannes de Django et de Stéphane Grappelli pour leurs retrouvailles après la deuxième guerre mondiale. Lire la suite

ABCDaire nécessairement partiel (4)

Essayer de faire partager des émotions ressenties lors des (ré)écoutes. En ABCDaire nécessairement partiel et incomplet.

Déambulations dans quelques œuvres et interprétations, en profane…

Une invitation à écouter et partager ces versions ou d’autres que vous ne manquerez pas de signaler…

Lire aussi ABCDaire : abcdaire-necessaire-partiel/, abcdaire-necessairement-partiel-2/, abcdaire-necessairement-partiel-3/

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Du coté du jazz (décembre 2020)

Quand trois Suisses se rencontrent…

Ils se racontent des histoires de fondation, de création et de libération. Humair/Blaser/Kanzig, un trio remarquable, Daniel, batteur inestimable, peintre à toutes les heures, a participé à toutes les grandes aventures récentes du jazz, Samuel, tromboniste, sait se servir de toute l’histoire du jazz pour la faire sienne et Henri, contrebassiste, très demandé sur la scène internationale, maître du temps, capable de répondre à toutes les sollicitations. A eux trois, toutes les générations s’entremêlent. « 1291 », titre de cet album fait référence à la constitution de la Suisse, une sorte d’acte de naissance évidemment très contesté. Ils ont choisi la légende pour construire un répertoire qui laisse rêveurs dans leur capacité à construire une musique-fiction – comme on dirait « science-fiction ». Ils mêlent allégrement, avec un sens de l’ironie bien français pour le coup, des thèmes des premiers disques de jazz comme « Original Dixieland One Step » tiré du premier 78 tours de jazz signé par l’Original Dixieland Jass Band » – en 1917, les producteurs n’ont osé « jazz » -, des compositions traditionnelles et, enfin, des canevas de chacun des membres du trio comme des improvisations signées par le trio. La musique se veut concrète. A l’image du premier disque de jazz, « Livery Stable Blues », ils évoquent les prés suisses, les animaux des fermes, la nature, l’ouverture vers l’ailleurs. Lire la suite

Concerts (18)

Certains concerts ont laissé des traces, dans l’imaginaire et sur des disques.

Heureusement, car la présence du public, la nature des salles et d’autres éléments, quelques fois plus contingents, font qu’il se passe quelque chose de plus, un peu au delà… Au hasard de ré-écoutes récentes. Lire la suite

Des enregistrements en 2011 (2)

La musique et les disques survivent heureusement aux « contraintes » des surfaces spécialisées ou non, plus ou moins disquaires, mais plus attentives aux coûts financiers, à la vitesse de rotation et au niveau de leurs stocks qu’aux rythmes de diffusion de la musique. Sans oublier la mise en avant des productions des majors au détriment des multiples éditeurs qui nous permettent d’écouter des musiques et non de la programmation « profitable ». Lire la suite

Voyages dans le temps et l’espace (3)

Essayer de faire partager des émotions ressenties lors des (ré)écoutes. Des voyages dans le temps et l’espace. Déambulations…

Une invitation à écouter et à partager…

Rappel : voyages-dans-le-temps-et-lespace/, voyages-dans-le-temps-et-lespace-2/

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ABCDaire nécessairement partiel (3)

Essayer de faire partager des émotions ressenties lors des (ré)écoutes. En ABCDaire nécessairement partiel et incomplet.

Déambulations dans quelques œuvres et interprétations, en profane…

Une invitation à écouter et partager ces versions ou d’autres que vous ne manquerez pas de signaler… Lire la suite

A la rencontre (9)

Les musicien ne s de jazz sont souvent parti·es à la rencontre d’autres musicien-ne-s et de leurs instruments à travers le monde. Ces dialogues fructueux soulignent combien l’idée même de frontières musicales est artificielle. Lire la suite

Un instrument et le monde ouvert du solo

Le violoncelle au XXème siècle. Une sonate de Paul Hindemith, une suite d’Ernst Krenek, « Ciaconna, Intermezzo e Adagio » de Luigi Dallapiccola, une sonate de György Ligeti, une sérénade de Hans Werner Henze, « Ghirlarzana » de Jacques Iert, « Sacher Variation » de Witold Lutoslawsi, « Solo » d’Aribert Reimann, « Und Salomo sprach… » de Volker David Kirchner.

Des pièces rares interprétés sur un violoncelle XVIIIème siècle (Matteo Goffriller cello, Venise 1792).

Cd Wolfgang Boettcher : 20th Century Works for Solo Cello, enregistré en septembre1997, Nimbus Records Lire la suite

Notre patrimoine

La chanson française à l’heure des rythmes latins

Les années 1950, en France et aux États-Unis notamment se verront submerger par les rythmes afro-cubains et par les danses comme la rhumba, le cha-cha, le calypso, la samba… Il sera question d’orchestres typiques pour qualifier cette vogue en France. Un chanteur personnifie la folie de ère : Dario Moreno. La chanson qui fera de lui une star, « Si tu vas à Rio » reste à jamais l’emblème de l’époque. De temps en temps, la mémoire de ces musiques, de ces danses refait surface et c’est reparti pour la grande fête du corps. Lire la suite

Des enregistrements en 2016 (5)

Des disques et des musiques récentes. Prendre le temps de s’arrêter, d’écouter des albums. S’éloigner des critères privilégiés par des commerçants, rarement disquaires, ou des productions des majors…

De multiples éditeurs nous permettent d’écouter des musiques et non de la programmation « profitable ». Quelques disques enregistrés, ici en 2016, au hasard des écoutes. Lire la suite

Du coté du jazz (novembre 2020)

Toujours trois et encore libres

Si je voulais vous faire peur, je commencerai en qualifiant cette musique des trois compères, Serge Lazarevitch, guitares, Ben Sluijs, saxophone alto et flûte alto, Teun Verbruggen, batterie, de free-jazz. Ne tournez pas les talons. « Still Three, still free » est un album étrange réalisé par un trio qui ne l’est pas moins. Les influences revendiquées passent allégrement de Thelonious Monk et Ornette Coleman, mystère et joie mêlées, à György Ligety et François Couperin, modernité et tradition arborées. Leurs conversations improvisées peuvent appeler des musiques d’autres mondes, les leurs, et même des musiques dites du monde pour emmêler leurs souvenirs et les nôtres en traçant un chemin de traverse qui pourrait devenir fréquenté. Sans fureur, ces trois là veulent donner au monde la fraternité qui lui manque en réunissant toutes les cultures dans le creuset d’un jazz qui pour être libre est aussi simple que notre univers semble compliqué. Lire la suite

Le spectacle vivant en danger

Les festivals reprennent plus ou moins timidement. Le contexte périlleux, l’absence de déplacements obligent à des choix drastiques. Les grands rassemblements sont interdits qui obèrent leur rentabilité. La COVID19 pourrait-elle permettre que la culture opère la rupture avec la marchandisation qui sévit depuis, au moins, 40 ans. Qu’elle se considère comme un service public et pas une machine à faire du fric. L’Etat devrait prendre en charge ces secteurs pour les faire sortir de la logique du marché. Lire la suite

Musiques dites religieuses

Des messes, des requiems, des Stabat Mater, de Salve Regina, des cantates, des passions…

Je ne m’intéresse pas ici aux textes, mais à ces musiques et leurs alliages sonores, ces mélanges particuliers de solistes, de choeurs et d’instruments. Beaucoup d’émotions même pour des écoutes purement profanes.

Déambulations dans quelques œuvres et interprétations, une invitation à écouter et partager ces versions ou d’autres que vous ne manquerez pas de signaler… Lire la suite

Le jazz, Adorno et Benjamin

« Il fallait que notre art occidental fût d’abord saturé d’harmonie et d’orchestre pour que celui-ci passât, d’accord avec le jazz, à l’extrême opposé et pour qu’ainsi la musique pût reprendre un nouveau départ ».1

Appréciée ou pas, il est aujourd’hui difficile de nier que le jazz a été une des musiques les plus créatrices du XXème siècle. Cet article voudrait attirer l’attention sur ce paradoxe qui veut qu’un phénomène culturel majeur, bien que marginal, ait subi les foudres d’un philosophe engagé dans une critique acerbe de la culture de masse. Certes Adorno – il s’agit bien du philosophe allemand de l’Ecole de Francfort – n’est pas le seul à exprimer une aversion pour ce langage musical : par exemple, Pierre Boulez, compositeur et chef d’orchestre ira jusqu’à considérer le jazz comme « une musique de bar » et l’improvisation qui le caractérise comme « une sorte d’onanisme en public ». Mais Adorno tranche avec les autres détracteurs par sa hauteur de vue. Il est sans aucun doute le seul philosophe d’envergure à avoir pris au sérieux le jazz, même si souvent de façon rigide et injuste. Également musicien et chef d’orchestre, sa critique combine une dimension musicologique avec l’étude de la dynamique de l’industrie culturelle. Ce dernier thème alimentera un échange avec Walter Benjamin concernant la reproductibilité de l’œuvre d’art qui se révèle utile dans l’appréhension de la singularité du jazz. Lire la suite

Trio : batterie, contrebasse et piano (15)

« Le » trio par excellence. Volontairement j’ai indiqué les instruments par ordre alphabétique. Une diversité surprenante, des inventions et des (dés)équilibres toujours renouvelés, des surprises encore, malgré les effets de mode de certains. Lire la suite

Hier pour aujourd’hui. Quelques enregistrements des années 50

La musique et les disques survivent heureusement aux effacements organisés par les maisons de disques et les surfaces dites spécialisées.

Par simplification, les années 50. Certain-e-s musiciens-ne-s débordaient des cadres entravant leur liberté. D’autres approfondissaient des veines encore fécondes, d’autres encore créaient des passerelles entre les temps et les formes.

Restent aujourd’hui des disques nécessaires. Au hasard de ré-écoutes récentes. Lire la suite