Archives de Catégorie: Du coté de Marx

Marx 200e. Un curieux « Bon anniversaire »

Karl Marx est né un 5 mai à Trêves et a failli être Français. Son spectre continue de hanter le monde armé de sa méthode et de ses concepts. L’analyse qu’il propose dans une œuvre ouverte, contrairement à une idée répandue, permet d’appréhender les ressorts des crises du capitalisme et les modalités de son fonctionnement. Marx a influencé en profondeur les grands théoriciens à commencer par John Maynard Keynes pour l’économie sans compter les philosophes, sociologues, ethnologues… Lire la suite

Karl Marx, le retour. Pièce en un acte de Howard Zinn

Tremblez braves gens ! Karl Marx est de retour.

200 ans tout juste après sa naissance, l’auteur mondialement connu du Capital, l’intellectuel révolutionnaire admiré par les uns et haï par les autres, revient parmi nous. Mais que ceux qui s’étranglent à la simple évocation de son nom se rassurent: il revient, mais seulement pour quelques minutes, ressuscité par Howard Zinn, le célèbre historien américain, et par le Théâtre des Rues. Lire la suite

Marxisme et liberté 60 ans après, pour hier et aujourd’hui

Nous nous approchons du soixantième anniversaire de la publication originale en anglais de Marxisme et liberté de Raya Dunayevskaya, un travail ancré dans son époque et en même temps hors de son époque, puisqu’en avance sur son époque. Nous commémorons aussi la réédition de ce travail par les camarades des Éditions Syllepse en 2016. Lire la suite

Socialisme : la seule économie viable

Avec l’aimable autorisation d’Inprecor

1. Il fut un temps où le mode de production capitaliste a représenté un grand progrès sur tous ceux qui l’avaient précédé, malgré le caractère problématique et finalement destructeur qu’allait prendre ce progrès historique. En brisant le lien entre l’être humain et la production, qui a longtemps prévalu mais qui était contraignant, pour le remplacer par la relation marchande, le capital s’est ouvert au déploiement dynamique de possibilités d’expansion apparemment irrésistibles, qui – du point de vue du système capitaliste et de ses personnifications volontaristes – n’auraient pas de limites concevables. Du fait des déterminations internes paradoxales et finalement insoutenables du système capitaliste, ses produits transformés en marchandises « sont des non-valeurs d’usage pour ceux qui les possèdent et des valeurs d’usage pour ceux qui ne les possèdent pas. Aussi faut-il qu’elles passent d’une main dans l’autre sur toute la ligne. (…) Il faut donc que les marchandises se manifestent comme valeurs, avant qu’elles puissent être réalisées comme valeurs d’usage. »1 Lire la suite

Libre déclaration de nationalité, autonomie et auto-administration

Je ne vais pas reprendre ici, les éléments proposés dans Didier Epsztajn, Patrick Le Tréhondat, Patrick Silberstein : Avant-propos à la réédition de l’ouvrage d’Otto Bauer, avant-propos-a-la-reedition-de-louvrage-dotto-bauer-la-question-des-nationalites/. J’en reproduis juste les deux derniers paragraphes : « Une république autogérée devrait sans aucun doute intégrer dans son édifice institutionnel les différentes chambres d’intérêts particuliers de manière notamment à ce que les « minorités » ne soient pas confinées en toutes choses à rester démocratiquement minoritaires.

« Mettre les contradictions au service des besoins pratiques », c’est ce à quoi nous invite Otto Bauer. » Lire la suite

Peter Hudis : « La conscience de la non-viabilité du capitalisme augmente chaque jour qui passe »

Avec l’aimable autorisation de Peter Hudis

Merci à Kevin Anderson pour m’avoir signalé cet entretien

Mohsen Abdelmoumen : Vous avez écrit le livre pertinent « Frantz Fanon, le philosophe des barricades ». Pourquoi un tel intérêt à l’œuvre de Fanon ?

Dr. Peter Hudis : Il y a en effet un renouveau d’intérêt pour le travail de Fanon au cours des dernières années (mon livre n’est qu’un parmi ceux qui sont parus). Je pense qu’il y a deux raisons à cela. La première est que l’objectif change dans le capitalisme mondial, qui génère une discrimination raciale et un racisme à grande échelle. Le racisme, et surtout le racisme anti-noir, n’est pas nouveau dans le capitalisme, comme le montre l’histoire des États-Unis, les relations de classe ont été façonnées par des facteurs raciaux depuis la naissance du projet colonial. C’est pourquoi toute analyse « purement de classe » échoue toujours lorsqu’elle est appliquée à la société américaine. Ce qui est devenu de plus en plus évident, cependant, c’est que la structuration raciale de classe et des relations sociales n’est ni une question d’histoire ancienne ni restreinte aux Amériques. À mesure que le capitalisme devient de plus en plus mondialisé, il repose de plus en plus sur les déterminations raciales pour stimuler l’accumulation du capital, diviser la classe ouvrière et détourner l’attention des crises qui affligent la société existante. L’Europe est un cas clair, qui connaît une croissance massive du sentiment raciste, mais le problème n’est en aucun cas limité à l’Europe. La deuxième raison de l’intérêt renouvelé à Fanon est l’effort, surtout par les personnes de couleur, de résister à ce racisme résurgent. Le fléau des abus de la police, l’entassement dans les prisons des pauvres et des chômeurs, et la discrimination à l’égard des immigrés, pousse une nouvelle génération à rechercher des sources théoriques qui peuvent aider dans l’effort de lutter contre ces conditions. En tant que principal critique de la race et du racisme de l’ère post-seconde guerre mondiale, il est logique que Fanon soit de nouveau un pôle d’attraction, surtout pour les jeunes. Lire la suite

Marx au 21e siècle : et si les questions comptaient plus que les réponses ?

Cent cinquante ans après la première publication du Livre 1 du Capital, dans cette deuxième décennie du 21e siècle, que reste-t-il de l’héritage intellectuel de Karl Marx ?

Je propose ici d’apprécier cet héritage selon les critères mêmes de Marx, c’est-à-dire dans sa dimension « pratique-critique ». À l’âge de 27 ans, n’écrivait-il pas : « C’est dans la pratique qu’il faut que l’homme prouve la vérité, c’est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps » (2eThèse sur Feuerbach, 1845) ? D’où la question au centre de cette réflexion : la pensée de Marx est-elle en mesure de prouver sa « vérité », sa « réalité » et sa « puissance », « dans ce monde et pour notre temps » ? Lire la suite