Archives de Catégorie: Du coté de Marx

A propos des livres Marx and singularity et Marx and the common de Luca Basso

Dans deux livres, Marx and singularity (2012 – ci-dessous B1) et Marx and the Common (2016 – ci-dessous B2)1, le philosophe Luca Basso (Université de Padoue) propose une lecture de Marx2 centrée, pour le premier, sur la notion de subjectivité et, pour le second, sur l’émancipation conçue comme ‘être et agir en commun’. Ils constituent l’un et l’autre un déplacement par rapport au marxisme classique tel qu’il s’est incarné dans les différents courants du mouvement ouvrier. Par ailleurs, ils entrent en résonance avec les analyses développées par Etienne Balibar, en particulier dans La philosophie de Marx (1993). Lire la suite

Intervenir dans le champ de contradictions refoulées pour les faire apparaitre

« Beaucoup de choses ont changé depuis la mort de Marx en 1883. Sans conteste l’un des changements les plus importants est le dédoublement de la société par un monde imaginaire qui prend les apparences d’un monde hyper réel produit par des images électroniques et une culture médiatique qui trouve ses mobiles dans la publicité et la marchandisation universelle ». Lire la suite

Karl Marx : communiste, révolutionnaire… écologiste ?

Entretien avec Kohei Saito conduit par l’animateur du site Climate&Capitalism Ian Angus

Kohei Saito, lauréat du Prix Deutscher 2018, parle de la compréhension radicale par Karl Marx de la perturbation mortelle du métabolisme universel de la nature par le capitalisme. Kohei Saito est professeur agrégé d’économie politique à l’Université d’Osaka et auteur de Karl Marx’s Ecosocialism. Capital, Nature and the Unfinished Critique of Political Economy. Il est également un des éditeurs de Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA), qui comprend de nombreux cahiers sur les sciences naturelles inédits de Marx. Lire la suite

Un des fils d’Ariane dans le chaos présent

Un recueil de textes, « ceci est un recueil d’essais qui tentent d’aborder certains aspects de sa pensée, connus, inconnus ou méconnus, avec l’ambition d’y porter un regard nouveau ». Il y aurait beaucoup à dire sur les lectures de Michael Lowy comme sur certaines théorisations des marxistes du temps de Rosa Luxembourg. Au regard du siècle écoulé, des critiques devraient être repensées et pas seulement sur « son refus du mot d’ordre du droit des nations à l’auto-détermination ». Je ne mets ici l’accent que sur certains points. Lire la suite

Marx et la constitution communale en 1871

L’élection de la Commune le 26 mars 1871

L’échec militaire du Second empire, à Sedan, provoqua l’insurrection de Paris et la proclamation de la Troisième république, le 4 septembre  1870. Le nouveau gouvernement capitule néanmoins le 26 janvier 1871 et Paris est assiégé par l’armée prussienne. Le gouvernement Thiers fuit à Versailles et le 18 mars, à l’appel de la Garde nationale de la Ville, le peuple de Paris s’insurge. Quelques jours après, cette Garde nationale, qui ne prétend pas exercer le pouvoir, convoque les élections de la Commune de Paris, qui eurent lieu le 26 mars 18711.

L’Appel aux électeurs parisiens, daté du 25 mars et rédigé par le Comité central de la Garde nationale, met en lumière la question cruciale du système électoral, en précisant la nature des rapports entre électeurs et élus. Lire la suite

La situation révolutionnaire en Autriche en 1918 et la politique des sociaux-démocrates

La grève de janvier 1918 en Autriche

Le sort des pourparlers ne sera pas réglé à Brest Litovsk,
mais dans les rues de Berlin et de Vienne

 

I – LES POURPARLERS DE BREST-LITOVSK ET LES GREVES REVOLUTIONNAIRES EN ALLEMAGNE ET EN AUTRICHE-HONGRIE

Le 18 janvier, lorsque Trotsky quitta Brest-Litovsk, il était conscient que c’en était complètement fini de la période des joutes oratoires dialectiques avec Kühlman, et que les prochaines semaines (sinon les prochains jours) devraient amener la décision.

Incapable de résister militairement aux impérialismes allemand et autrichien conjugués, la République Soviétique, à peine née, ne pouvait compter que sur deux choses : premièrement, sur le fait que les puissances centrales elles mêmes livraient une lutte à mort contre la coalition des puissances occidentales économiquement supérieures à elles, et qu’elles devaient de ce fait manifester une certaine modération à l’égard de la Russie restée sans défense ; deuxièmement, elle pouvait tabler sur l’épuisement économique de l’Allemagne et surtout de l’Autriche-Hongrie, épuisement dont on pouvait escompter qu’il provoquerait une montée impétueuse de l’état d’esprit révolutionnaire au sein des classes ouvrières et des nationalités opprimées de ces Etats. Ces deux éléments avaient déterminé Kühlman et Czernin à se conduire temporairement de manière très pacifique et démocratique, pour donner l’air le plus innocent possible à leur propre programme d’annexion de l’Europe orientale, en profitant de l’impuissance militaire du gouvernement bolchevik (1). Lire la suite

L’Autriche allemande et la guerre

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung »

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La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.

 

4 L’Autriche allemande et la guerre

Toute l’histoire moderne de l’Autriche allemande est parcourue par l’opposition entre nos deux identités, allemande d’un côté, autrichienne de l’autre. Lire la suite

Les Polonais et les puissances centrales

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung ».

La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

  • 1. Les Slaves du sud et la guerre :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/02/21/les-slaves-du-sud-et-la-guerre/

  • 2. Les Tchèques et l’Empire : 

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/02/les-tcheques-et-lempire/

  • 3. Les Polonais et les puissances centrales

  • 4. L’Autriche allemande et la guerre

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.

 

3 Les Polonais et les puissances centrales

Quand la guerre éclata, la grande majorité des Polonais de Galicie acclama dans les rues les armées impériales qui montaient en ligne en direction de la frontière russe, et c’est par milliers qu’étudiants, intellectuels, ouvriers, vinrent s’enrôler comme volontaires dans les légions polonaises pour aller se battre contre la Russie. Les Habsbourg avaient certes contre eux les Slaves du sud et les Tchèques, mais selon toute apparence, ils avaient avec eux, et misant sur leur victoire, un des peuples slaves de l’empire. À la fin de la guerre, pourtant, les désirs et les espérances des Polonais les placèrent, ni plus ni moins que les Yougoslaves et les Tchèques, dans le camp de l’Entente, pour eux également, c’était la chute des Habsbourg qui les libérerait. Cette mutation de la société polonaise de Galicie, constitue elle aussi un chapitre important dans l’histoire de la révolution autrichienne. Lire la suite

Les Tchèques et l’Empire

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung ».

La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.

 

2 Les Tchèques et l’Empire

C’est la révolution yougoslave qui a poussé l’empire des Habsbourg à entrer en guerre. C’est la guerre qui a allumé l’étincelle de la révolution tchèque. De tous les mouvements révolutionnaires nationaux que la guerre a suscités en Autriche-Hongrie, le plus puissant, le plus lourd de conséquences, a été celui des Tchèques. C’est lui qui a décidé du sort de la monarchie autrichienne. Lire la suite

Les Slaves du sud et la guerre

« Die österreichische Revolution » (La révolution autrichienne) comporte 290 pages (imprimées serrées !). Parution en 1923 à Vienne aux éditions du parti social-démocrate « Wiener Volksbuchhandlung ».

La première partie (Guerre et révolution : 70 pages) sera mise en ligne prochainement par chapitre.

Préface à Die österreichische Revolution (La révolution autrichienne) : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/02/12/preface-a-die-osterreichische-revolution-la-revolution-autrichienne-dotto-bauer/

1. Les Slaves du sud et la guerre

2. Les Tchèques et l’Empire

3. Les Polonais et les puissances centrales

4. L’Autriche allemande et la guerre

Ainsi que la critique acérée de Roman Rosdolsky du 4ème chapitre.


1. Les Slaves du sudet la guerre

L’ultimatum de l’Autriche-Hongrie à la Serbie a déclenché la guerre mondiale. Celle-ci a donc eu pour cause immédiate le heurt frontal entre l’empire des Habsbourg et les aspirations du peuple sud-slave à la liberté et à l’unité.

Le 19ème siècle avait vu l’émergence d’une bourgeoisie chez les peuples paysans sud-slaves. Celle-ci était à la tête de leur combat contre la domination étrangère et contre leur propre morcellement, qui étaient les fruits du féodalisme en Yougoslavie. Cette lutte était la révolution bourgeoise des Yougoslaves. L’objectif en était la liquidation des rapports de domination féodaux sur le sol sud-slave. Cette révolution nationale des Yougoslaves a été le point de départ de la guerre. Elle a ouvert la voie à la révolution nationale à laquelle a succombé la monarchie des Habsbourg. Lire la suite

Préface à Die österreichische Revolution (La révolution autrichienne) d’Otto Bauer

Je dédie ce livre aux hommes de confiance de la classe ouvrière autrichienne : aux milliers d’hommes de cœur qui, pendant la guerre, ont tenu bon face à des autorités militaires ivres de sang ; aux milliers de militants dont le courage, l’intelligence et le sens des responsabilités ont, à maintes et maintes reprises durant la révolution, sauvé du désastre la classe ouvrière autrichienne menacée par la famine, le désespoir et les illusions ayant cours dans ses propres rangs ; aux milliers qui luttent aujourd’hui pied à pied pour repousser les attaques d’un ennemi ne voyant et n’entendant rien que sa haine. Puisse ce livre aider ces milliers de combattants à comprendre le vaste cadre historique qui donnait son sens à la guérilla que chacun d’entre eux a menée dans son entreprise, dans sa commune, dans son organisation, et puisse cette intelligence être une nouvelle source de perspicacité, d’énergie, de confiance dans l’avenir pour les luttes qui nous attendent ! Lire la suite

Oppression sociale et oppression nationale

Pour Benjamin et Gérard

La révolution de 1848, l’empire austro-hongrois, la question sociale, la question nationale, la Nouvelle Gazette rhénane, Friedrich Engels, Karl Marx, Mikhaïl Bakounine…

Roman Rosdolsky propose une relecture très critique de la politique des nationalités développée dans Nouvelle Gazette rhénane et en particulier par Friedrich Engels.

Il sera ici question de populations tchèques, de « slaves du sud », de populations ukrainiennes (ruthènes), de Slovaques, de Croates, de Slavons, de Vaques, de Saxons de Transylvanie, de Magyars et d’autres populations d’un territoire nommé Hongrie, de Roumains, de Serbes, etc. Lire la suite

Cinquième partie de la postface de Georges Haupt et Claudie Weill à l’ouvrage de Roman Rosdolsky : Friedrich Engels et les peuples « sans histoire »

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

À partir de ces prémisses fondamentales, la position de Marx et Engels connaît des oscillations, mais aussi des modifications consécutives au changement des données et du contexte d’une interrogation centrale : comment conjuguer révolution prolétarienne et lutte nationale dans les pays où le mouvement ouvrier s’est affirmé comme mouvement autonome, où la classe ouvrière, d’une classe en soi, est devenue une classe pour soi ? Lire la suite

Marx 200e. Un curieux « Bon anniversaire »

Karl Marx est né un 5 mai à Trêves et a failli être Français. Son spectre continue de hanter le monde armé de sa méthode et de ses concepts. L’analyse qu’il propose dans une œuvre ouverte, contrairement à une idée répandue, permet d’appréhender les ressorts des crises du capitalisme et les modalités de son fonctionnement. Marx a influencé en profondeur les grands théoriciens à commencer par John Maynard Keynes pour l’économie sans compter les philosophes, sociologues, ethnologues… Lire la suite

Karl Marx, le retour. Pièce en un acte de Howard Zinn

Tremblez braves gens ! Karl Marx est de retour.

200 ans tout juste après sa naissance, l’auteur mondialement connu du Capital, l’intellectuel révolutionnaire admiré par les uns et haï par les autres, revient parmi nous. Mais que ceux qui s’étranglent à la simple évocation de son nom se rassurent: il revient, mais seulement pour quelques minutes, ressuscité par Howard Zinn, le célèbre historien américain, et par le Théâtre des Rues. Lire la suite

Marxisme et liberté 60 ans après, pour hier et aujourd’hui

Nous nous approchons du soixantième anniversaire de la publication originale en anglais de Marxisme et liberté de Raya Dunayevskaya, un travail ancré dans son époque et en même temps hors de son époque, puisqu’en avance sur son époque. Nous commémorons aussi la réédition de ce travail par les camarades des Éditions Syllepse en 2016. Lire la suite

Socialisme : la seule économie viable

Avec l’aimable autorisation d’Inprecor

1. Il fut un temps où le mode de production capitaliste a représenté un grand progrès sur tous ceux qui l’avaient précédé, malgré le caractère problématique et finalement destructeur qu’allait prendre ce progrès historique. En brisant le lien entre l’être humain et la production, qui a longtemps prévalu mais qui était contraignant, pour le remplacer par la relation marchande, le capital s’est ouvert au déploiement dynamique de possibilités d’expansion apparemment irrésistibles, qui – du point de vue du système capitaliste et de ses personnifications volontaristes – n’auraient pas de limites concevables. Du fait des déterminations internes paradoxales et finalement insoutenables du système capitaliste, ses produits transformés en marchandises « sont des non-valeurs d’usage pour ceux qui les possèdent et des valeurs d’usage pour ceux qui ne les possèdent pas. Aussi faut-il qu’elles passent d’une main dans l’autre sur toute la ligne. (…) Il faut donc que les marchandises se manifestent comme valeurs, avant qu’elles puissent être réalisées comme valeurs d’usage. »1 Lire la suite

Libre déclaration de nationalité, autonomie et auto-administration

Je ne vais pas reprendre ici, les éléments proposés dans Didier Epsztajn, Patrick Le Tréhondat, Patrick Silberstein : Avant-propos à la réédition de l’ouvrage d’Otto Bauer, avant-propos-a-la-reedition-de-louvrage-dotto-bauer-la-question-des-nationalites/. J’en reproduis juste les deux derniers paragraphes : « Une république autogérée devrait sans aucun doute intégrer dans son édifice institutionnel les différentes chambres d’intérêts particuliers de manière notamment à ce que les « minorités » ne soient pas confinées en toutes choses à rester démocratiquement minoritaires.

« Mettre les contradictions au service des besoins pratiques », c’est ce à quoi nous invite Otto Bauer. » Lire la suite

Peter Hudis : « La conscience de la non-viabilité du capitalisme augmente chaque jour qui passe »

Avec l’aimable autorisation de Peter Hudis

Merci à Kevin Anderson pour m’avoir signalé cet entretien

Mohsen Abdelmoumen : Vous avez écrit le livre pertinent « Frantz Fanon, le philosophe des barricades ». Pourquoi un tel intérêt à l’œuvre de Fanon ?

Dr. Peter Hudis : Il y a en effet un renouveau d’intérêt pour le travail de Fanon au cours des dernières années (mon livre n’est qu’un parmi ceux qui sont parus). Je pense qu’il y a deux raisons à cela. La première est que l’objectif change dans le capitalisme mondial, qui génère une discrimination raciale et un racisme à grande échelle. Le racisme, et surtout le racisme anti-noir, n’est pas nouveau dans le capitalisme, comme le montre l’histoire des États-Unis, les relations de classe ont été façonnées par des facteurs raciaux depuis la naissance du projet colonial. C’est pourquoi toute analyse « purement de classe » échoue toujours lorsqu’elle est appliquée à la société américaine. Ce qui est devenu de plus en plus évident, cependant, c’est que la structuration raciale de classe et des relations sociales n’est ni une question d’histoire ancienne ni restreinte aux Amériques. À mesure que le capitalisme devient de plus en plus mondialisé, il repose de plus en plus sur les déterminations raciales pour stimuler l’accumulation du capital, diviser la classe ouvrière et détourner l’attention des crises qui affligent la société existante. L’Europe est un cas clair, qui connaît une croissance massive du sentiment raciste, mais le problème n’est en aucun cas limité à l’Europe. La deuxième raison de l’intérêt renouvelé à Fanon est l’effort, surtout par les personnes de couleur, de résister à ce racisme résurgent. Le fléau des abus de la police, l’entassement dans les prisons des pauvres et des chômeurs, et la discrimination à l’égard des immigrés, pousse une nouvelle génération à rechercher des sources théoriques qui peuvent aider dans l’effort de lutter contre ces conditions. En tant que principal critique de la race et du racisme de l’ère post-seconde guerre mondiale, il est logique que Fanon soit de nouveau un pôle d’attraction, surtout pour les jeunes. Lire la suite

Marx au 21e siècle : et si les questions comptaient plus que les réponses ?

Cent cinquante ans après la première publication du Livre 1 du Capital, dans cette deuxième décennie du 21e siècle, que reste-t-il de l’héritage intellectuel de Karl Marx ?

Je propose ici d’apprécier cet héritage selon les critères mêmes de Marx, c’est-à-dire dans sa dimension « pratique-critique ». À l’âge de 27 ans, n’écrivait-il pas : « C’est dans la pratique qu’il faut que l’homme prouve la vérité, c’est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps » (2eThèse sur Feuerbach, 1845) ? D’où la question au centre de cette réflexion : la pensée de Marx est-elle en mesure de prouver sa « vérité », sa « réalité » et sa « puissance », « dans ce monde et pour notre temps » ? Lire la suite