Archives de Catégorie: Polar

De Londres à Paris, une même histoire s’écrit

Londres

Juin 1381, Londres connaît une Grande Révolte. Une véritable armée déferle assoiffée de revanche et de haine pour les Nobles et les possédants. La bière coule à flots excitant les foules tout en rendant plus difficile la nécessité de la discipline condition nécessaire pour gagner. Les divisions entre les sociétés secrètes répondant à des intérêts différents organiseront la défaite. Sans compter les espions, les ambitions personnelles notamment celle du Régent qui veut la mort du jeune Roi. Ce serait suffisant comme narration. Lire la suite

Le coin du polar. Spécial James Lee Burke

James Lee Burke fait partie des grands romanciers américains, de ceux du « South Side ». La référence la plus souvent citée est celle de Faulkner à qui ses personnages faisaient peur. Burke a choisi pour exprimer sa rage, sa colère, ses indignations, le polar. Deux personnages récurrents, doubles de lui-même, hantent ses histoires. Dave Robicheaux pour la Louisiane, Nouvelle-Orléans et Bâton Rouge et Hackberry Holland, un Texas Ranger pour décrire cet État. Rivages qui édite depuis le début, grâce à François Guérif, Burke, propose, pour cet été – et après si affinité – trois rééditions et une nouveauté. « Déposer glaive et bouclier » – issu d’un gospel « Down By The Riverside » – est la première rencontre avec Hack qui pourrait devenir une vedette de la vie politique texane. Sauf qu’il a fait la guerre de Corée et il répond à l’appel d’un de ses anciens compagnons. Le vernis saute. Lire la suite

Le coin du polar (Juin 2018 – B)

L’Irlande du VIIe siècle

Peter Tremayne – Peter Berresford Ellis pour l’état civil – possède un don, celui de nous faire vivre au rythme de l’Irlande de 671 partagé entre traditions païennes et la loi de Rome qui cherche à s’appliquer dans tous les royaumes, une loi qu’il présente comme barbare face au bon sens des rois de ces contrées. Sa détective privée, Fidelma, la sœur du roi de Muman, avocate – pour utiliser des termes d’aujourd’hui -, férue de droit, est chargée de résoudre des crimes pour éviter des guerres tout en développant une argumentation juridique. Toutes les références que Tremayne multiplie dessinent l’architecture d’une société partagée entre différentes obédiences. C’est avec gourmandise que l’auteur nous fait partager son savoir. Pas seulement. Il réactualise quelques situations qui font la beauté du roman policier, comme l’assassinat porte apparemment fermée à clé sans autre possibilité d’entrer et de sortir. Ainsi le conseiller du roi, l’archevêque Ségdae, a été assassinée zen compagnie de son assassin, assommé, dans une chambre fermée à clé. L’assassin est donc l’homme assommé, un ami de l’abbé. Impossible mais comment le prouver ? Les habitués du meurtre en chambre close comprendront très vite sans que le plaisir de la lecture en soit gâché, dopé même par un voyage dans les contrées étranges de régions pas souvent visitées. Lire la suite

Le coin du polar (Juin 2018)

Un grand amour rétrospectif

Conan Doyle avait décidé de se séparer de Holmes en le faisant mourir dans les bras de son ennemi intime le professeur Moriarty dans « Le dernier problème ». Il a été obligé, sous la pression populaire, de le faire revenir du royaume des morts. Le docteur Watson est très elliptique dans la recension de l’aventure. Annelle Wendeberg a décidé de combler les trous pour raconter cette histoire via sa détective privée, médecin, Anna Kronberg. La première rencontre Sherlock/Anna avait eu lieu dans « Le diable sur la Tamise ». « La dernière expérience » fait la part belle à la guerre bactériologique dans laquelle se lance Anna, séquestrée par Moriarty. Les relations avec son geôlier occupe une grande partie de cette aventure. Un peu fastidieux mais les zones d’ombre de l’enquête de Holmes disparaissent. Intéressante expérience. Lire la suite

Le coin du polar (Avril 2018 – 2)

Amour et haine rancis

Est-il possible de vivre confiné dans un seul endroit, une seule maison ? Les sorties hors du domicile familial sont des fêtes rares et racontées plus d’une fois. C’est le pont de départ de ce roman noir deSarah Schmidt, Australienne, bibliothécaire qui a été saisi par ce drame : le 4 août 1892 à Fall River (Massachusetts), Lizzie Borden découvre son père et sa belle-mère massacrés à coups de hache. Cet assassinat passionne les Etats-Unis depuis plus d’un siècle. « Les sœurs de Fall River » ne se veut ni enquête journalistique, ni enquête policière mais plongée dans l’intimité d’une famille pour expliquer les comportements, l’amour et la haine souvent mêlées. Un assassinat en vase clos. Une intrigue qui doit remonter à Edgar Allan Poe sans l’humour ni l’ironie qui sied au poète créateur du roman policier. Dans le même temps, elle fait la critique d’une société misogyne qui ne peut pas croire qu’une femme soit responsable de meurtres aussi horribles. Lire la suite

Le coin du polar (avril 2018)

La Pennsylvanie oubliée.

« Dans la vallée décharnée » permet de visiter la localité de Wild Thyme, au Nord de la Pennsylvanie par l’intermédiaire de Henry Farrell, le seul flic, après l’assassinat de son adjoint, dans ce territoire délaissé. Tout commence par la découverte du corps d’un jeune homme mort dans la neige. Jeux de pouvoirs, de fantômes, d’apparitions, de nuages de mensonges et de rancœurs, entourés d’un froid qui met à nu les êtres humains comme les paysages. Les préjugés, dans ce cadre là, sont meurtriers. L’auteur sait manier la dénonciation des peurs, des angoisses de ces populations séparées du monde, qui votent vraisemblablement Donald Trump, et la compréhension, la sympathie même. Un ton juste. La musique – Tom Bouman, l’auteur, est aussi musicien – occupe une très grande place comme la danse. Lire la suite

Polar et revendications des Africains-Américains. Les curiosités du système judiciaire américain.

Attica Locke a choisi le roman pour exprimer la réalité de la société américaine d’aujourd’hui qui a permis à Donald Trump de remporter l’élection présidentielle en 2016 alors que lui-même se donnait perdant. Les déchirements, les éclatements, le racisme via des groupes fascistes qui reprennent vie comme les « suprématistes » de la race blanche. Les « bavures » assassines des policiers dans les villes américaines ont donné naissance à des nouveaux mouvements profonds de révolte nourris des « tweets » de Trump qui blessent toutes les sensibilités et légitiment toutes les violences des extrêmes droites. Lire la suite