Archives de Catégorie: Polar

Le coin du polar (février 2020)

Jean Meckert – Jean Amila pour la Série Noire – fait partie des grands auteurs de romans noirs. « Les coups », publié en 1940 a été salué par toute la critique à commencer par Queneau. « Nous avons les mains rouges », 7e volume de ses œuvres, met en scène, en 1947, un groupe de Résistants qui refuse les injustices et les profiteurs. Il se fait justicier en chassant les anciens collaborateurs. Un document, en même temps qu’un vrai polar, sur cette période troublée où tout semble possible alors que, déjà, s’éloignent les rêves d’un autre monde. Lire la suite

Le coin du polar (janvier 2020)

Une histoire des Etats-Unis : les sixties.

Les années 1960 sont des années de mort, l’assassinat de John Kennedy en 1963, celui de son frère, Robert le 6 juin 1968 et entre celui de Malcom X le 21 février 1965 et de Martin Luther King le 4 avril 1968 et de créations folles comme la musique soul, celle de James Brown d’abord et le free jazz qui cohabitent pour exprimer la rage, la colère contre cette société raciste et qui veut le rester. Malcom comme Luther King avaient compris le lien qu’il fallait faire pour le combat de classe et de race entre le politique, le social et la lutte contre la guerre du Viêt-Nam. Un programme qui dépassait les droits civiques pour les englober dans la mise en cause d’une société capitaliste embourbée dans la défense de ses intérêts particuliers. La ligne politique s’est incarnée dans le responsable du FBI, Edgar J. Hoover décrit dans toute sa plénitude par Clint Eastwood dans « Edgar J. ». Anti-communiste, raciste, homophobe – pourtant homosexuel -, le directeur du FBI faisait passer ses phobies avant la lutte contre le crime organisé. Lire la suite

Des cadeaux à (se) faire : poésie, polars, littérature, jazz

Le Père Noël n’est pas toujours nécessaire pour faire des cadeaux. Toutes les périodes de l’année sont propices. Par les temps qui courent – et vite – il est nécessaire de se référer plutôt à la Mère Noël, c’est plus sur. Les cadeaux les plus importants ne sont pas forcément les plus chers ni les plus en vue. Il faut toujours se méfier d’un produit, d’un bien qui plait immédiatement. Il vaut mieux viser le moins évident, le plus hermétique pour un cadeau qui durera.

Mais ne gâchons pas le plaisir. Celui d’offrir bien sur. Un bon moyen de lutter contre la dépression qui vous prend devant la profusion de marchandises. Un cadeau, ce peut être un livre de poèmes. Il faut savoir y penser. Lire la suite

Le coin du Polar (décembre 2019)

Polar historique

Paul Doherty, médiéviste dans le civil et auteur de plusieurs séries, nous entraîne avec ce nouveau « grand détective », Christopher Urswicke un peu aussi agent double, dans l’Angleterre de la Guerre des deux Roses, en mai 1471 pour le début de cette saga. Le personnage central est « La reine de l’ombre », titre de cette première enquête, soit Margaret Beaufort, mère du futur roi. L’ombre pour définir le pouvoir de cette femme qui met tout en œuvre pour sauver son fils et le faire accéder au trône. En 1471, les York triomphent dans le sang. Ils cherchent à supprimer tous les prétendants possibles qui pourraient mettre en cause leur légitimité et leur descendance. Lire la suite

Entre la fin et le début. Histoires noires de notre temps.

Portrait d’une Amérique profonde.

William Gray (1941-2012) est considéré, aux Etats-Unis comme le maître du « Southern Gothic », un genre qui mélange allégrement le noir avec des ingrédients tenant du grotesque ou du surréel venant en droite ligne de Faulkner et de ses personnages maléfiques dessinés par ce Sud des Etats-Unis toujours marqué par la guerre de Sécession. « Stoneburner » se partage en deux parties. « Thibodeaux », le nom de l’ami de Stoneburner, détective privé pour respecter les codes du roman noir, vit une drôle d’aventure, une sorte de rêve éveillé qui tourne au cauchemar et semble échappée à toute rationalité. La deuxième partie, « Stoneburner », vient apporter une apparence de raisonsà une épopée maudite. En arrière-fond le traumatisme de la guerre du Vietnam qui avait réuni les deux amis. Lire la suite

A l’Est que du nouveau

Du côté de Varsovie

Zygmun Miloszewski est salué, à juste raison à la lecture de « Te souviendras-tu de demain ? », comme un romancier qui compte. Il met en scène un couple de vieux amants mariés, Ludwik et Grazyna, vivant de nos jours à Varsovie. Par un miragemiraculeux, ils se trouvent reportés dans le temps, dans un Varsovie de 1963 sans rien perdre de leur mémoire de femme et d’homme de 80 ans. Le décalage est grand. Leurs souvenirs du temps de leur jeunesse ne leur servent pas totalement. La Pologne, Varsovie n’est pas tout à fait la même. Le pouvoir n’appartient pas au Parti Communiste qui se trouve dans l’opposition et offre, du coup, une alternative au pouvoir en place lié à la France. Les deux amants se perdront-ils totalement ? Rien n’est sur, l’incertitude reste le lot de tous les personnages qui tentent de surnager dans un univers décalé. L’uchronie, procédé à la mode – avec des « si », ce serait une autre Histoire – permet à l’auteur de dresser un portrait actuel de cet ville étrange qu’est Varsovie. Lire la suite

Spécial James Lee Burke

Dave Robicheaux, flic de Louisiane, est le personnage clé de l’œuvre de James Lee Burke, son double plus sans doute que ses autres personnages. Robicheaux c’est la Nouvelle-Orléans, sa corruption, ses ouragans – Katrina a laissé des traces durables – aussi sa musique bien sur, le jazz, le blues particulier de la Ville et sa générosité dans la violence et la sauvagerie. Burke a construit un personnage représentatif de la Ville, Clete Purcell.Trop pur, trop violent, alcoolique, remplit du sentiment naïf, évident de la fraternité.Un personnage entier qui ne fait la part de rien, loin de tout compromis. On aimerait le rencontrer. Il est possible de réaliser ce rêve entre les pages de ces romans de James Lee Burke. Lire la suite