Archives de Catégorie: Polar

Du coté du polar (avril 2019 – B)

Une réédition pour une nouvelle collection

« La Noire » vient s’ajouter – pour l’instant – à la Série Noire pour faire découvrir ou redécouvrir des auteurs oubliés ou laisser en jachère. Hervé Prudon en fait partie. « Nadine Mouque » est un nom commun à la plupart des filles dans cette cité HLM de banlieue où il est impossible de vivre sinon en répondant à des stéréotypes. C’était déjà le cas en 1995, année de la première parution de ce récit, et, de ce point de vue, il n’a guère vieilli. Lire la suite

Le coin du polar (avril 2019)

« Derniers jours à Berlin » repose sur des documents, des récits qui racontent la vie quotidienne à Berlin des 12 jours qui précèdent la capitulation des enfants soldats engagés dans les troupes nazies et les jours qui suivent sous la domination des troupes soviétiques. Les exactions ne cessent pas avant et après. Harald Gilbers fait agir ses personnages dont l’ex commissaire juif Oppenheimer et sa femme Lisa dans ce monde étrange de la ville détruite en butte à tous les trafics et livrée à tous les espions, le NKVD comme les services secrets américains, l’O.S.S. ancêtre de la CIA. L’intrigue est vraisemblable : les débuts de la course aux armements. Staline comme Truman veulent s’approprier les installations allemandes comme les savants atomistes pour construire la bombe atomique. Les déserteurs russes violent et tuent, l’espion américain est prêt à payer pour récupérer une valise qui transporte des déchets radioactifs sans considérations morales, seul le colonel soviétique croit encore à la sainte Russie stalinienne qui en fait un personnage à part et humain, avec ses faiblesses. Lire la suite

La part des ténèbres de chacun·e

Toute l’action se passe dans un petit village isolée, dénommé Ormberg : une campagne magnifique mais désertée suite à la fermeture des usines. Seules quelques familles sont restées, des personnes âgées et des chômeurs. L’avenir est sombre pour les enfants qui y grandissent. Par ailleurs, l’ancienne usine désaffectée sert de lieu d’accueil pour des migrants – que les habitants regardent avec méfiance, voire haine. Lire la suite

Qui pouvait, mieux qu’un cannibale…

Difficile de résumer ce roman inclassable, très noir et pourtant hilarant, au personnage principal totalement atypique puisqu’on découvre très vite qu’il est… cannibale. Un monstre ? Aux lecteurs et lectrices de juger. Perpétuellement fauché, partageant son appartement avec un colocataire toxicomane, Timothy Blake vit chichement grâce à quelques arnaques fondées sur sa mémoire phénoménale et en résolvant des énigmes que des gens lui envoient. Lire la suite

Le coin du polar (Février 2019 – 2)

Hypothétique Jack l’Eventreur

« Jack, The Ripper » a défrayé la chronique londonienne dans les années 1898. Un tueur en série de prostituées qui éventrait ses victimes dans les bas fonds de la capitale britannique, le district de Whitechapel pour être exact. Toutes les hypothèses ont trouvé leurs défenseurs. Robert Bloch en avait dressé, en 1943, un portrait resté dans les annales. Beaucoup d’autres se sont risqué dans la recherche de son identité, des explications de la la mise en scène macabre en relation avec les secrets des sectes, le personnage résistant à ce flot d’encre. Les thèses les plus intéressantes, du point de vue de l’histoire, sont celles qui mettent en relation ses vices la société réactionnaire victorienne qui craignait plus le sexe que la peste. Lire la suite

Au sujet du cyberharcèlement : deux polars récents

Le cyberharcèlement est probablement un sujet dont on entendra de plus en plus parler. Enfin, les médias s’y intéressent, avec la ligue du LOL, et les victimes sont reconnues. Le problème n’est pas nouveau cependant, et deux romancières contemporaines en ont fait le sujet principal de leurs ouvrages : Les Suicidées de Val McDermid et Les Hordes invisibles de Louise Mey. Ces deux auteures, à travers des intrigues très différentes, mettent en scène des hommes fragilisés qui voient une menace lorsque les femmes s’expriment et veulent jouer un rôle dans l’espace public. Lire la suite

Du côté des polars (février 2019)

La RDA. La République Démocratique Allemande a été longtemps considérée comme une des réussites des pays de l’Est, comme on disait à l’époque, pour s’apercevoir, à la chute du Mur de Berlin, que les retards étaient considérables. Les traces de ce passé demeurent actuelles. L’unification de l’Allemagne ne peut réduire les différences profondes entre les deux « pays ». Dave Young s’est lancé dans la recréation de l’ambiance de cette Allemagne de l’Est via les enquêtes du lieutenant Karin Müller. Stasi Block se déroule à l’été 1975 dans la ville nouvelle « Halle-Neustadt » dans laquelle les rues sont des numéros. La corruption rôde, partout les bouches se ferment… et la Stasi – la police secrète – fait peser tout son poids pour conserver les secrets. L’enquêtrice se perd dans tous ces dédales pour trouver quand même les coupables. Une évocation réussie. Lire la suite