Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

Le coin du polar (Novembre 2018)

Historique.

Jean D’Aillon est un créateur de série. Celle des aventures de Louis Fronsac, notaire au départ, se situe au « siècle de Louis XIV » pour dresser un portrait de ce roi que l’on soupçonne d’être un bâtard et un grand malade aimant le secret et la grandeur, sans doute du fait de sa petite taille. Les hypothèses les plus diverses circulent sur ses maîtresses et enfants plus ou moins légitimes ou illégitimes. L’intérêt des enquêtes de Louis Fronsac – et de ses compagnons découverts dans le précédent, « Le dernier secret de Richelieu » – est de nous faire partager les possibles plausibles concernant la vie du Roi. « Menaces sur le roi » fait état d’un fils illégitime dont le secret est bien mal gardé. Pressions politiques, chantages, assassinats, faux et vrais coupables se succèdent, s’enchevêtrent pour permettre au Sherlock Holmes de D’Aillon de découvrir les pots aux roses. Agréable à lire même si toutes les pistes ne sont pas totalement creusées.

Jean D’Aillon : Menaces sur le roi, 10/18 Lire la suite

À mon grand-père Moshé, Juif-Polonais migrant, engagé volontaire en 14, déserteur en 16, rouge jusqu’à ce que la vie le quitte.

Aux lendemains du référent dum-dum en peau de lapin de Calédonie et de la conspiration des ergots du 11 novembre, le bazar faisant bien les choses, j’ai enfourché un vieux clou à guidon chromé datant de « mil neuf cent et quelque chose (1) », certes un peu oxydé, retrouvé sur une étagère couverte des débris de vers qu’une tentative d’infraction y avait semés. J’avais vraiment besoin d’un vers après les motions subies et plus encore après la lecture de plusieurs lectures qui m’avaient fait grincé les dedans. Lire la suite

Chic, c’est la rentrée !

La rentrée littéraire, comme à l’habitude, se remplit de romans, d’essais, de BD et de polars pourtant, paraît-il, un peu moins nombreux que l’an dernier. Plus de 530 romans tout de même. Et on dit le livre en recul… Contrairement aux prophètes, qui ne savent prévoir que le passé disait Elias Canetti, le papier tient encore le haut du pavé.

Personne ne peut être exhaustif. Les critères de choix ne sont pas toujours évidents. Il faudrait tout lire…Les présentations ci-après n’ont pas d’autre but que faire la preuve de la diversité des imaginations Lire la suite

Le désert aride, sans charme ni horizon de la famille

La force simple de mots, de situations banales, d’événements courants lors de la petite enfance, des questions et cette réponse lancinante « parce que ».

Les repas, il est possible de péter à table mais pas d’y lire, au lit, les ronflements, une sœur, un accident, l’effrayant « il n’y a que les meilleures qui s’en vont », le silence, ce qui n’est jamais évoqué, « Tout ce silence, tout ce poids… », mon père et les sales races, ma mère et la violence, le dressage, mon frère n°2 et mon frère n°1, la construction du masculinisme, mon frère n°3 et la droite extrême, le voisinage, « on ne sort pas sans chapeau », les boches, le rejet et la fascination pour l’ordre, les policiers français, ceux qui ne faisaient que leur devoir, les colonies de vacances, la peinture, les parents et cette accusation « tu n’est pas normale ! », la tendresse de grands-parent·es, l’assignation des filles au mariage, les logements et les « je me souviens »… partir à 18 ans, « bêtement enceinte »… Lire la suite

L’Arlésienne

Jérémy Fel a préféré titrer son roman « Helena », personnage de mère qui n’apparaît qu’à la fin, comme contrepoint et facteur clé d’explication d’une partie de l’intrigue. Il est nécessaire de recoller les morceaux pour comprendre, enfin, les actes d’une demoiselle en perdition qui le restera dans l’impossibilité de se sortir du piège. Le piège de son enfance, de sa mémoire, de sa mère. Lire la suite

Même les murs pleurent déjà

Deux conseils très subjectifs avant de plonger dans ce(s) monologue(s) intitulé(s) « Une pièce de théâtre ».

Ecouter et « oublier » une des interprétations du Winterreise de Franz Schubert. Ne pas lire la quatrième de couverture. Ne pas se laisser enfermer dans les commentaires des autres sur cet ouvrage. Lire la suite

Des paysages internes et les langues pour en parler

Une écriture comme en pastel, des touches pleines de tendresse et de retenue, une grand-mère et un grand-père coréen·ne·s au Japon, une femme suisse, une petite fille japonaise. Les cultures quelques fois proches et parfois si différentes. Des langues parlées ou refusées, les relations dans toutes leurs ambivalences, les attachements et les écarts. Derrière les affections, une violence comme feutrée. Lire la suite