Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

La mort réelle aurait pu se fondre dans les morts fictives

« Une enveloppe agrafée, déchirée, et vide. Jetée par lui après avoir trouvé perte de la perte de tout d. Je m’accroche à ce d qui défait ».

Nathalie de Courson nous propose un récit puissant, animé par les voix plurielles des « cinq enfants du vieil About », Primus, Triolette, Quartette, Quintette et Benjamin, des lieux peuplés « de vieillards et de vieillardes », leurs mémoires et leurs pressentiments… Lire la suite

Le coin du polar (janvier 2020)

Une histoire des Etats-Unis : les sixties.

Les années 1960 sont des années de mort, l’assassinat de John Kennedy en 1963, celui de son frère, Robert le 6 juin 1968 et entre celui de Malcom X le 21 février 1965 et de Martin Luther King le 4 avril 1968 et de créations folles comme la musique soul, celle de James Brown d’abord et le free jazz qui cohabitent pour exprimer la rage, la colère contre cette société raciste et qui veut le rester. Malcom comme Luther King avaient compris le lien qu’il fallait faire pour le combat de classe et de race entre le politique, le social et la lutte contre la guerre du Viêt-Nam. Un programme qui dépassait les droits civiques pour les englober dans la mise en cause d’une société capitaliste embourbée dans la défense de ses intérêts particuliers. La ligne politique s’est incarnée dans le responsable du FBI, Edgar J. Hoover décrit dans toute sa plénitude par Clint Eastwood dans « Edgar J. ». Anti-communiste, raciste, homophobe – pourtant homosexuel -, le directeur du FBI faisait passer ses phobies avant la lutte contre le crime organisé. Lire la suite

La lune en do mineur

Il y a une certaine magie dans le traitement tout en tendresse des personnages Rose et Pierrot dans le monde cruel du début du XXème siècle au Canada.

Des enfants abandonné·es, des enfances malmenées dans un orphelinat catholique, la violence des « soeurs », le rêve et l’extrême inventivité de celle et celui qui n’ont rien, les relations à d’autres enfants, « Mystérieusement, sa tristesse chassait la leur », les punitions, l’attention de sœur Eloïse et sa pédocriminalité (pour utiliser une formule d’aujourd’hui), le viol répété de Pierrot, « Les personnes les plus dangereuses au monde sont peut-être celles qui croient au bien et au mal, mais qui donnent à ces concepts des définitions insensées »… Lire la suite

Des cadeaux à (se) faire : poésie, polars, littérature, jazz

Le Père Noël n’est pas toujours nécessaire pour faire des cadeaux. Toutes les périodes de l’année sont propices. Par les temps qui courent – et vite – il est nécessaire de se référer plutôt à la Mère Noël, c’est plus sur. Les cadeaux les plus importants ne sont pas forcément les plus chers ni les plus en vue. Il faut toujours se méfier d’un produit, d’un bien qui plait immédiatement. Il vaut mieux viser le moins évident, le plus hermétique pour un cadeau qui durera.

Mais ne gâchons pas le plaisir. Celui d’offrir bien sur. Un bon moyen de lutter contre la dépression qui vous prend devant la profusion de marchandises. Un cadeau, ce peut être un livre de poèmes. Il faut savoir y penser. Lire la suite

Un premier roman musical, « La dissonante »

Sortir des mythes de l’enfance

Tristan, chef d’orchestre d’une petite ville, est en quête de l’interprétation parfaite, celle qu’il entend dans sa tête. Il n’arrive pas à tirer de l’orchestre ni des incarnations de Tristan et Isolde – l’opéra de Wagner – les sons tirés de son imaginaire. Il sombre dans la mélancolie à l’orée de cette soixantaine qui n’est plus l’âge de la retraite. Le sauvetage passe par l’amour – forcément – de Mathilde, une chorégraphe. Lire la suite

Du coté des romans (décembre 2019)

Qui est coupable ? Comment survivre ?

Un accident de voiture. Qui est responsable ? Le conducteur ? Sa passagère, en même temps que son épouse ? Le hasard d’une route mouillée par la pluie ? La voiture dévale le bas côté et finit dans le ravin. La femme est morte, le mari, Ogui, est paralysé et ne peut pas parler. Il communique par le battement de ses yeux. « Le jardin » de Hye-Young Pyun, écrivaine sud-coréenne, nous plonge dans le cerveau de cet homme cloué à son lit qui veut survivre malgré tout. L’hôpital ne peut pas le garder – il faut libérer des lits -, Ogui se retrouve enfermé dans sa propre maison avec tous les souvenirs, les siens comme ceux de sa compagne. Se tissent les éléments d’une vie et d’une culpabilité de plus en plus évidente. Lire la suite

Le coin du Polar (décembre 2019)

Polar historique

Paul Doherty, médiéviste dans le civil et auteur de plusieurs séries, nous entraîne avec ce nouveau « grand détective », Christopher Urswicke un peu aussi agent double, dans l’Angleterre de la Guerre des deux Roses, en mai 1471 pour le début de cette saga. Le personnage central est « La reine de l’ombre », titre de cette première enquête, soit Margaret Beaufort, mère du futur roi. L’ombre pour définir le pouvoir de cette femme qui met tout en œuvre pour sauver son fils et le faire accéder au trône. En 1471, les York triomphent dans le sang. Ils cherchent à supprimer tous les prétendants possibles qui pourraient mettre en cause leur légitimité et leur descendance. Lire la suite