Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

Du coté du polar (avril 2019 – B)

Une réédition pour une nouvelle collection

« La Noire » vient s’ajouter – pour l’instant – à la Série Noire pour faire découvrir ou redécouvrir des auteurs oubliés ou laisser en jachère. Hervé Prudon en fait partie. « Nadine Mouque » est un nom commun à la plupart des filles dans cette cité HLM de banlieue où il est impossible de vivre sinon en répondant à des stéréotypes. C’était déjà le cas en 1995, année de la première parution de ce récit, et, de ce point de vue, il n’a guère vieilli. Lire la suite

L’immuable brisé

Les exaspéré·es, les insurgé·es contre l’état de servitude. D’autres avant elles et eux, d’autres plus tard, contre l’esclavage et la colonisation. Espérance d’hier comme du présent pour un monde plus juste, pour l’égalité et la liberté. Thomas Müntzer, l’invention de l’imprimerie, « Et les livres s’étaient multipliés comme les vers dans le corps », le baptême volontaire et conscient, les polémiques et les argumentations, « ils veulent se tenir nus dans la vérité », les passions, le luxe des ministres de Dieu, la bible enfin accessible à la raison humaine… Lire la suite

Le coin du polar (avril 2019)

« Derniers jours à Berlin » repose sur des documents, des récits qui racontent la vie quotidienne à Berlin des 12 jours qui précèdent la capitulation des enfants soldats engagés dans les troupes nazies et les jours qui suivent sous la domination des troupes soviétiques. Les exactions ne cessent pas avant et après. Harald Gilbers fait agir ses personnages dont l’ex commissaire juif Oppenheimer et sa femme Lisa dans ce monde étrange de la ville détruite en butte à tous les trafics et livrée à tous les espions, le NKVD comme les services secrets américains, l’O.S.S. ancêtre de la CIA. L’intrigue est vraisemblable : les débuts de la course aux armements. Staline comme Truman veulent s’approprier les installations allemandes comme les savants atomistes pour construire la bombe atomique. Les déserteurs russes violent et tuent, l’espion américain est prêt à payer pour récupérer une valise qui transporte des déchets radioactifs sans considérations morales, seul le colonel soviétique croit encore à la sainte Russie stalinienne qui en fait un personnage à part et humain, avec ses faiblesses. Lire la suite

Roman ? Récit ? Conte moderne ?

Un pas de côté.

Comment définir « Un élément perturbateur », titre du conte signé par Olivier Chantraine ? Un marginal qui ne sait où vivre, mal à l’aise dans le travail d’analyste qu’il effectue pourtant au mieux et ce mieux gêne les dirigeants de l’entreprise dans laquelle il officie sans entrain et par la grâce de son frère, ci-devant ministre des finances ? Ou un malade victime de problèmes psychologiques entraînés par le suicide de son père ? Des questions qui trouveront des débuts de réponse en suivant le curieux et drolatique itinéraire de Serge Horowitz, l’empêcheur de tourner en rond alors que lui a toujours l’impression de tourner sur lui-même. Lire la suite

Vingt-quatre machines à calculer aux portes de l’Enfer

« En février, les arbres sont morts, la rivière pétrifiée, comme si la source ne vomissait plus d’eau et la mer ne pouvait en avaler davantage. Le temps se fige ».

Aborder l’histoire avec les mots et les inventions de la littérature, « La littérature permet tout ». Faire récit en agençant les petits éléments et les lignes de force. « Le temps des mots, compact ou liquide, impénétrable ou touffu, dense, étiré, granuleux, pétrifie les mouvements, méduse ». Souligner ce qui fait sens en regard de L’ordre du jour. Lire la suite

La part des ténèbres de chacun·e

Toute l’action se passe dans un petit village isolée, dénommé Ormberg : une campagne magnifique mais désertée suite à la fermeture des usines. Seules quelques familles sont restées, des personnes âgées et des chômeurs. L’avenir est sombre pour les enfants qui y grandissent. Par ailleurs, l’ancienne usine désaffectée sert de lieu d’accueil pour des migrants – que les habitants regardent avec méfiance, voire haine. Lire la suite

Poètes d’avant-hier, d’aujourd’hui et d’ailleurs

Et la poésie…

La poésie fait figure de parent pauvre de la littérature. Comme si elle avait perdu son aura. Elle a, pourtant, une actualité. Actualité d’abord d’une nouvelle traduction de la Divine Comédie de Dante Alighieri. Un poème divin qui, par le rêve halluciné, permet de visiter « Enfer-Purgatoire-Paradis ». Dans la collection Poésie (chez Gallimard), Jean-Charles Vegliante en avait proposé une traduction sans notes pour rendre compte du choc que peut ressentir le lecteur moderne à la lecture de cet auteur du XIIIe siècle. Danièle Robert livre une version de la deuxième partie, Purgatoire. Ce choix résulte de la nouveauté : le Purgatoire ne prend place dans la théologie qu’en 1274. Dante lui donnera un contenu qui s’imposera. Ce lieu intermédiaire, passage vers le haut ou retour en bas, mêle toutes les références, en particulier celle d’Ovide et de ses Métamorphoses. Lire la suite