Archives de Catégorie: Du coté de la réalité imaginaire

La vérité sur ce qui nous arrive dans ce monde ne cesse d’évoluer…

« Il est une fissure, un trou noir, un danger indéterminé, une irruption permanente de l’inconnu dans notre monde surexposé ». Un mythe cinématographique et la violence indicible comme toile de fonds.

Marisha Pessl construit une aventureuse plongée dans des mondes interlopes, des images dont il est difficile de faire la part entre fantasme et réalité déformée. Elle nous parle de chambres noires, de secrets comme « des bulles d’air coincées sous les débris au fond d’un océan », d’un palais du rire, d’un tatouage bipode, d’un kirin japonais, d’espaces dédiés aux sorcelleries, de quête de soi peut-être. L’autrice nous entraine dans des espaces où la frontière entre intérieur et extérieur semble manquer de sens. D’autant que le récit est entrecoupé de documents, photographies, coupure de journaux, captures d’écrans de pages internet. Lire la suite

La poésie au centre vital d’une vie faite pour être vivable

Dans sa présentation Gérard Roche, aborde l’écho du recueil, sa réputation sulfureuse, le scandale provoqué, la colère et l’indignation de Benjamin Péret, la collaboration de l’auteur à l’Humanité, le « pourfendeur de curés pédophiles, de gradés sadiques toujours prêts à frapper et à opprimer », les débats quant « aux rapports entre la création poétique et l’action pratique révolutionnaire », le refus d’« une instrumentalisation politique de la poésie » ou d’une réduction de la poésie à « l’indignité mercenaire ». Il cite André Breton : « L’imagination artistique doit rester libre. Elle est tenue quitte par définition de toute fidélité aux circonstances grisantes de l’histoire. L’oeuvre d’art, sous peine de cesser d’être elle-même, doit demeurer déliée de toute espèce de but pratique ». Lire la suite

Le coin du polar (Novembre 2018)

Historique.

Jean D’Aillon est un créateur de série. Celle des aventures de Louis Fronsac, notaire au départ, se situe au « siècle de Louis XIV » pour dresser un portrait de ce roi que l’on soupçonne d’être un bâtard et un grand malade aimant le secret et la grandeur, sans doute du fait de sa petite taille. Les hypothèses les plus diverses circulent sur ses maîtresses et enfants plus ou moins légitimes ou illégitimes. L’intérêt des enquêtes de Louis Fronsac – et de ses compagnons découverts dans le précédent, « Le dernier secret de Richelieu » – est de nous faire partager les possibles plausibles concernant la vie du Roi. « Menaces sur le roi » fait état d’un fils illégitime dont le secret est bien mal gardé. Pressions politiques, chantages, assassinats, faux et vrais coupables se succèdent, s’enchevêtrent pour permettre au Sherlock Holmes de D’Aillon de découvrir les pots aux roses. Agréable à lire même si toutes les pistes ne sont pas totalement creusées.

Jean D’Aillon : Menaces sur le roi, 10/18 Lire la suite

À mon grand-père Moshé, Juif-Polonais migrant, engagé volontaire en 14, déserteur en 16, rouge jusqu’à ce que la vie le quitte.

Aux lendemains du référent dum-dum en peau de lapin de Calédonie et de la conspiration des ergots du 11 novembre, le bazar faisant bien les choses, j’ai enfourché un vieux clou à guidon chromé datant de « mil neuf cent et quelque chose (1) », certes un peu oxydé, retrouvé sur une étagère couverte des débris de vers qu’une tentative d’infraction y avait semés. J’avais vraiment besoin d’un vers après les motions subies et plus encore après la lecture de plusieurs lectures qui m’avaient fait grincé les dedans. Lire la suite

Chic, c’est la rentrée !

La rentrée littéraire, comme à l’habitude, se remplit de romans, d’essais, de BD et de polars pourtant, paraît-il, un peu moins nombreux que l’an dernier. Plus de 530 romans tout de même. Et on dit le livre en recul… Contrairement aux prophètes, qui ne savent prévoir que le passé disait Elias Canetti, le papier tient encore le haut du pavé.

Personne ne peut être exhaustif. Les critères de choix ne sont pas toujours évidents. Il faudrait tout lire…Les présentations ci-après n’ont pas d’autre but que faire la preuve de la diversité des imaginations Lire la suite

Le désert aride, sans charme ni horizon de la famille

La force simple de mots, de situations banales, d’événements courants lors de la petite enfance, des questions et cette réponse lancinante « parce que ».

Les repas, il est possible de péter à table mais pas d’y lire, au lit, les ronflements, une sœur, un accident, l’effrayant « il n’y a que les meilleures qui s’en vont », le silence, ce qui n’est jamais évoqué, « Tout ce silence, tout ce poids… », mon père et les sales races, ma mère et la violence, le dressage, mon frère n°2 et mon frère n°1, la construction du masculinisme, mon frère n°3 et la droite extrême, le voisinage, « on ne sort pas sans chapeau », les boches, le rejet et la fascination pour l’ordre, les policiers français, ceux qui ne faisaient que leur devoir, les colonies de vacances, la peinture, les parents et cette accusation « tu n’est pas normale ! », la tendresse de grands-parent·es, l’assignation des filles au mariage, les logements et les « je me souviens »… partir à 18 ans, « bêtement enceinte »… Lire la suite

L’Arlésienne

Jérémy Fel a préféré titrer son roman « Helena », personnage de mère qui n’apparaît qu’à la fin, comme contrepoint et facteur clé d’explication d’une partie de l’intrigue. Il est nécessaire de recoller les morceaux pour comprendre, enfin, les actes d’une demoiselle en perdition qui le restera dans l’impossibilité de se sortir du piège. Le piège de son enfance, de sa mémoire, de sa mère. Lire la suite