Archives de Catégorie: Capitalisme /Critique de l'économie politique

La montagne de dettes privées des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financière

Les ingrédients d’une nouvelle crise financière internationale majeure sont réunis. Les dirigeants des banques centrales le savent de même que les dirigeants d’institutions comme le FMI, l’OCDE et la Banque des règlements internationaux. De nombreux articles de la presse spécialisée y sont consacrés. Un des facteurs qui mènent l’économie vers une crise vers une nouvelle crise internationale de grande ampleur, c’est l’énorme accumulation de dettes par les grandes entreprises privées et l’usage qui est fait de ces dettes.

Pourtant les gouvernements des principales économies de la planète avaient promis de rétablir une discipline financière qui respecterait l’intérêt général et éviterait de nouvelles crises aux effets douloureux pour la population. Afin de défendre ce système capitaliste qui écœure une majorité de l’opinion publique, ils ont multiplié les effets d’annonce de mesures fortes visant à réformer le système pour lui donner un « visage humain », mais bien sûr sans que cela ne change quoi que ce soit en pratique. En réalité, la politique que les gouvernements et les dirigeants des banques centrales ont menée a ménagé et favorisé les intérêts du grand capital, notamment celui des grandes sociétés financières. Aucune mesure stricte n’a sérieusement obligé les capitalistes à mettre un frein à la prise de risque, à réduire la spéculation, à investir dans la production. Lire la suite

L’obsession de la mathématique et de la « mesure » en économie : un alibi pseudo « scientifique »

Comme annoncé dans ma précédente chronique qui portait sur le caractère « intenable » du modèle économique (néolibéral) dominant, je propose ici de commencer à nous intéresser à la prétention « scientifique » de ce même modèle, qui se drape de capacités de mesurer, chiffrer, quantifier, prédire… en mathématisant à outrance son discours. Je tenterai de rendre le plus direct, simple et accessible possible, une analyse qui touche à des considérations qui, au premier abord, peuvent sembler rebutantes ou trop complexes. Lire la suite

La prétention de la mesure en économie : que valent ses piliers fondamentaux ?

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La discussion de la « simple » notion de concurrence dite « pure et parfaite », ou même édulcorée sous forme de « concurrence de marché imparfait », nous mène à des considérations dont la complexité et la portée dépassent de très loin la façon dont on en traite dans le discours économique dominant.

Partie 1 : La notion de « concurrence pure et parfaite ».

Avec la présente chronique, je voudrais, plutôt que d’aller plus en avant et directement dans le « déboulonnement » des prétentions de statut de science, et de capacités de « mesurer » en économie ; effectuer un petit détour par une analyse des piliers-fondements de la pensée néoclassique-néolibérale. « Piliers », que je qualifie de « fondamentaux » et qui soutiennent tout l’édifice théorique de la pensée économique néoclassique – néolibérale, ainsi que et surtout, la prétention de celle-ci au double statut de « science » et de « science qui mesure ». Il me parait donc plus adéquat de commencer par défricher les soubassements et les conséquences, de l’existence ces piliers. Ils sont passablement nombreux. Ce sont les arcs-boutants de la notion même de « système capitaliste » : depuis la dite « concurrence pure et parfaite », jusqu’à la prétendue indépendance (entre-elles) des variables indépendantes dans les équations multivariées, en passant par les postulats de « marché autorégulé », de « rareté »… ou encore de l’existence – quasi automatique – d’un « équilibre général des marchés » (2). Lire la suite

« La science de la richesse », une réflexion sur les outils de l’économie

Renouer les fils de la théorie pour comprendre et agir.

Jacques Mistral, avec « La science de la richesse » qui se veut « Essai sur la construction de la pensée économique », poursuit un but qui se démultiplie. D’abord faire pièce au néolibéralisme, à « la fable des marchés efficients », à cette « confiance presque absolue dans les mécanismes du marché » – il faudrait même parler de croyance -, à cette idéologie qui s’est imposée aux débuts des années 1980 avec son cortège d’« horreurs économiques ». Fable, en conséquence, d’une « science économique » qui, à l’image de la physique, pourrait se passer de toute intervention de l’Etat et même de l’Etat. Une charge menée à l’aide de toute l’histoire de la pensée économique pour démontrer que, dés les mercantilistes et plus encore chez Smith et Ricardo, seule a droit de cité l’économie politique. Lire la suite

L’année 2019, année noire ? 

Récession et crise financière

Les dernières prévisions de l’OCDE – organisation internationale qui réunit les experts des pays riches – sont orientées à la baisse. La croissance mondiale serait de 3,3% – au lieu de 3,8% précédemment – si celle des Etats-Unis se maintient à son niveau tandis que la zone euro enregistrerait une hausse de 1%. Lire la suite

Le capitalisme ne sera jamais vert (Daniel Tanuro)

Le mouvement pour le climat, qui est véritablement apparu en France après la démission de Nicolas Hulot, commence à reprendre des forces. Alors que les premières marches pour le climat, fin 2018, se limitaient souvent à soutenir des principes moraux assez vagues, celles qui accompagnent aujourd’hui la grève hebdomadaire des jeunes s’annoncent officiellement « anticapitalistes » et ont lieu conjointement à des actions de désobéissance. Une saine radicalisation est en route.

Il règne néanmoins une grande confusion. Souvent, on ne voit pas le lien entre la lutte écologique et celle des gilets jaunes, et pire, on pense parfois qu’elles sont contradictoires. On ne sait pas comment s’orienter dans le débat entre violence et non-violence, entre une tactique de la massification et une tactique de l’efficacité. On voit parfois mal ce que signifie le concept de « capitalisme », et on ne comprend pas la nécessité de l’utiliser pour thématiser la destruction écologique. 

Nous avons déjà écrit sur toutes ces questions : violencecapitalisme et écologiegilets jaunes et écologie. Mais puisque ces débats deviennent brûlants à l’approche de la grève mondiale pour le climat le 15 mars, et plus généralement pour la suite du mouvement, nous avions envie d’en discuter avec Daniel Tanuro, ingénieur agronome et environnementaliste, auteur de L’impossible capitalisme vert. Lire la suite

La crise économique et les banques centrales 

Les éléments d’une nouvelle crise financière internationale sont réunis, on ne sait pas quand elle va éclater mais elle éclatera et son impact sur toute la planète sera important.

Les principaux facteurs de crise sont :

L’augmentation très forte des dettes privées des entreprises, d’une part, et d’autre part, la bulle spéculative sur les prix des actifs financiers : bourses des valeurs, prix des titres de la dette, et, dans certains pays (États-Unis, Chine, …), de nouveau le secteur immobilier. Les deux facteurs sont étroitement interconnectés. Lire la suite