Archives de Catégorie: Capitalisme /Critique de l'économie politique

Comment est né le capitalisme

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

La Chine est en train de retrouver la place qu’elle occupait dans l’économie mondiale. Elle réalisait 25 % du PIB mondial en 1500, selon les estimations d’Angus Maddison, et encore 22 % en 1700. Un niveau qu’elle est en passe de retrouver aujourd’hui (18,7 % en 2018 selon le FMI). À l’heure où se produit ce grand renversement du monde, le retour sur l’histoire de longue période est un éclairage utile. Une question récurrente est alors de savoir pourquoi – et comment – le capitalisme est né en Europe. Cette question a donné lieu à une abondante littérature, principalement anglo-saxonne, parmi laquelle on peut citer Maurice Dobb et Paul Sweezy, Robert Brenner, Ellen Meiksins Wood ou Kenneth Pomeranz. Lire la suite

Alain Bihr : « La mondialisation a permis de donner naissance au capitalisme »

Alain Bihr est un sociologue ayant produit une œuvre importante touchant tant à l’histoire du mouvement ouvrier qu’à celle de l’extrême-droite. Se réclamant du communisme libertaire, ses derniers travaux abordent la question du capitalisme sous un angle socio-historique avec une forte inspiration marxienne. Nous l’avons interrogé à l’occasion de la parution du premier tome de sa colossale histoire de la naissance capitalisme intitulé Le premier âge du capitalisme (1415-1763), Tome 1: L’expansion européenne, coédité par les éditions Syllepse et les éditions Page 2.  Lire la suite

Migrations et crise politique

Les média parlent de « crise des migrants » ou de « crise migratoire » pour diffuser l’angoisse des populations. « Crise », dans ce cadre, ne signifie rien sinon de faire retomber la faute, la responsabilité sur les victimes, les migrants, d’une situation qu’ils n’ont pas choisie. Lire la suite

Comment les économistes dominants expliquent le chômage

La prégnance du chômage doit être légitimée : c’est l’une des tâches imparties aux économistes mainstream. On propose ici un survol critique des théories dominantes, jusqu’à leur implosion récente. Lire la suite

Economie politique. Penser et mesurer la stagnation séculaire

Il existe aujourd’hui un débat entre économistes assez fascinant, tant les positions sont opposées. D’un côté, certains avancent des prévisions catastrophiques quant aux effets sur l’emploi des nouvelles technologies, et il est d’ailleurs frappant de remarquer qu’ils sont qualifiés de « techno-optimistes ». En face, les  « techno-sceptiques » constatent le ralentissement tendanciel des gains de productivité du travail et annoncent l’avènement d’une « stagnation séculaire »1.

Le graphique ci-dessous illustre cette tendance qui a démarré au moins à partir de la grande récession du milieu des années 1970. Il y a là une véritable énigme, comme le reconnaît Patrick Artus : « On ne comprend pas bien pourquoi, malgré le développement du digital, l’effort de recherche et d’innovation, les gains de productivité diminuent et la croissance de long terme devient donc faible, bref « on ne sait plus analyser la situation à long terme des économies »2.

Gains de productivité annuels, ensemble de l’économie française

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Nouvelles technologies, une révolution en cours, ses effets sur l’emploi et les salaires

Résumé

La révolution numérique bouleverse les comportements des entreprises, leur environnement, les modes de consommation, elle modifie la structure des emplois et celle des salaires dans les branches où elle œuvre. Elle est une rupture majeure. On ne saurait la freiner. Aussi faut-il chercher à la maitriser plutôt qu’à la nier, expulsée par la porte elle reviendrait par la fenêtre dans les pires conditions.

Les pays latino-américains utilisent, à des degrés divers, ces technologies nouvelles, mais ils ne les produisent pas. Aussi les effets négatifs sur l’emploi, le chômage, la remontée des emplois informels et les revenus du travail sont-ils probablement plus élevés que dans les pays avancés et dans les pays asiatiques émergents qui eux les produisent. Lire la suite

Les Bourses du monde entier ont brutalement chuté le 5 février 2018. Retour à la normale ?

Surprise de tous les journaux économiques (et des autres un peu plus tard) : le lundi 5 février 2018 Wall Street a chuté et à la suite les Bourses du monde entier. Les niveaux atteints par les indices boursiers flirtaient avec des records. Le « Dow Jones » – indice phare de la Bourse de New York qui contient les 30 valeurs industrielles les plus importants – avait crevé les plafonds en dépassant les niveaux atteints avant la crise d’août 2007. L’euphorie emportait toutes les réticences et mises en garde de certains économistes et même celles des traders conscients que « ça ne pouvait pas durer ». Lire la suite