Archives de Catégorie: Capitalisme /Critique de l'économie politique

La notion de système-monde chez Wallerstein. Considérations critiques

Immanuel Wallerstein – disparu le 31 août 2019 – figure parmi les auteurs qui ont repris le concept d’économie-monde proposé par Fernand Braudel, tout en cherchant à le libérer de certaines de ses limites [1]. Pour autant, l’analyse qu’il conduit à partir de là du monde protocapitaliste n’en encourt pas moins des critiques.

Empire-monde et économie-monde Lire la suite

L’économie-monde moderne selon Braudel. Considérations critiques

Le tome 3 (en deux volumes) de l’ouvrage d’Alain Bihr Le premier âge du capitalisme, intitulé Un premier monde capitaliste, sera disponible en librairie début novembre. A cette occasion, nous avons demandé à son auteur un exposé et une analyse critique du concept d’économie-monde de Fernand Braudel. Ce qui permet, a contrario, d’éclairer un des aspects majeurs de cette somme que constitue Le premier âge du capitalisme. (Réd.) 

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Entre 1450 et 1750, on a assisté à la formation d’un premier monde capitaliste, que je nomme le monde protocapitaliste, à partir de l’Europe occidentale, son berceau historique [1]. Pour en analyser la structure originale, faite à la fois d’homogénéisation, de fragmentation et de hiérarchisation, Fernand Braudel et Immanuel Wallerstein se sont appuyés sur le concept d’économie-monde. Cependant ce concept ne permet ni de véritablement dégager cette structure ni surtout de comprendre en quoi elle se trouve générée par le procès global de reproduction du capital. Lire la suite

Basculement du monde. Les crises sont-elles inéluctables ?

La crise systémique de 2007-2008 a ouvert une nouvelle période dans l’histoire du capitalisme. Elle appelait à des révolutions pour répondre au basculement du monde. Les gouvernants se sont enlisés dans des politiques néolibérales qui avaient démontré à la fois leur nocivité et leur incapacité de répondre aux enjeux de la nouvelle donne. Il était logique que les répliques – pour employer le langage des tremblements de terre – de plus en plus fortes se manifestent. La fin de cette année 2019 est en train d’en faire la démonstration. Lire la suite

Libéralisme et néo-libéralisme. Quelle stratégie du Capital ? Quelle réponse du mouvement ouvrier ?

Viktor Orban, en veine de théorisation, propose « d’instaurer un État illibéral » tout en gardant la philosophie des politiques d’austérité mises en œuvre partout dans le monde. Le dirigeant hongrois dessine ainsi l’idéologie néo-libérale : imposer la mondialisation du Capital en diminuant drastiquement le coût du travail en jouant sur la concurrence de tous contre tous et toutes.1 L’illibéralisme tient dans la rupture avec le libéralisme des révolutions anglaises et françaises, un système politique, économique, social qui prend sa légitimité dans la démocratie, le vote des citoyen-ne-s. Lire la suite

Panique à la Réserve Fédérale et retour du Credit Crunch sur un océan de dettes

En catastrophe, mardi 17 septembre 2019, la Réserve fédérale des États-Unis a injecté 53,2 milliards de dollars dans les banques car celles-ci ne trouvaient pas assez de financement au jour le jour sur le marché interbancaire et auprès des Money market funds (voir encadré « Qu’est-ce que les Money Market Funds ? »). Elle a remis cela le mercredi 18 et le jeudi 1 septembre (https://www.wsj.com/articles/short-term-funding-spike-raises-hopes-for-fed-cuts-11568807648 ). Ce type d’intervention fait penser au mois de septembre 2008 quand les grandes banques en pleine déconfiture ont arrêté de se prêter mutuellement de l’argent (ce qui a notamment provoqué la faillite de Lehman Brothers) et qu’elles ont dû appeler à l’aide les banques centrales. Les grandes banques privées n’avaient plus confiance les unes dans les autres. Le marché bancaire s’était subitement asséché, le terme credit crunch était apparu dans la presse pour désigner ce phénomène. A partir de ce moment, la Fed a injecté de manière permanente des liquidités dans les grandes banques privées des États-Unis et elle a également, jusque 2011 permis, aux banques européennes d’avoir accès à des liquidités en dollars de manière massive. Et pour cause : les banques étasuniennes et banques européennes étaient tellement interconnectées qu’un manque de liquidités en dollars en Europe aurait pu empêcher les banques européennes de tenir leurs engagements vis-à-vis des banques des États-Unis provoquant de graves difficultés pour celles-ci. Lire la suite

De l’économie du socialisme à la planification écologique

La réflexion sur un calcul économique permettant de prendre en compte les contraintes environnementales pourrait avantageusement se nourrir de débats déjà anciens sur l’économie du socialisme.

Le livre d’Eugène Préobrajensky, La nouvelle économique, va faire l’objet d’une nouvelle édition. C’est la rédaction d’une nouvelle introduction à cet ouvrage qui a fait apparaître une continuité possible entre les théories anciennes du socialisme et l’élaboration d’un écosocialisme. Lire la suite

Les facteurs de crise financière et économique sont à l’œuvre

La crise diluée dans le vide de la pensée dominante

L’analyse objective de la conjoncture conduit à conclure que les facteurs de crise n’ont jamais été aussi actuels. Sur le terrain économique, le ralentissement de la croissance est visible dans la zone euro, particulièrement en Allemagne plus dépendante du marché mondial que la France. L’économie française amortit le choc de la récession qui vient avec une croissance de 0,2% à 0,4% par trimestre en 2018 et 0,3% pour le premier trimestre 2019 suivant les chiffres publiés par l’INSEE. Le ralentissement est plus prononcé pour l’économie allemande et pour l’ensemble de la zone euro. Lire la suite