Archives de Catégorie: ATTAC/COPERNIC /CADTM/CETIM

Au monde clos du TINA, opposer des alternatives déjà en germes…

Dans son avant-propos, avant-propos-et-sommaire-du-livre-dolivier-bonfond-il-faut-tuer-tina/, publié avec son aimable autorisation, Olivier Bonfond répond à une question lancinante, de sceptiques ou non, « Vous critiquez, vous critiquez, mais que proposez-vous concrètement ? ». Une question qu’il faut prendre à bras le corps, une question et ses cadavres sanglants du siècle écoulé, une question dont aucun mouvement d’émancipation radical ne peut faire l’économie.

Il ne s’agit certes pas de dessiner les lignes d’une utopie achevée, mais de proposer des mesures, immédiates ou non, qui permettent à la fois une amélioration sensible de la situation socio-économiques de la grande masse des producteurs/productrices et de la majorité des citoyen-ne-s et à la fois un cadre de mobilisation démocratique pour l’égalité et la liberté des toustes. Lire la suite

Debout contre les dettes privées illégitimes !

Le dernier numéro Les Autres Voix de Planète, revue du CADTM, vient de paraître !

Les membres et proches du réseau international du CADTM nous livrent ce trimestre leurs analyses et leurs expériences de luttes contre les dettes privées illégitimes (focus sur les dettes paysannes, dettes étudiantes, dettes hypothécaires, microcrédit)

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Comment appliquer des politiques antipopulaires d’austérité

L’OCDE fournit un vade mecum pour les gouvernants

Dans un document destiné aux gouvernants, Christian Morrisson, fonctionnaire de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) – voir encadré – prodigue, en 1996, ses recommandations1. C’est effarant. 

Le texte de Christian Morrisson se passe de longs commentaires. En voici des extraits (les intertitres sont de la rédaction). 

À la lecture, on se rend compte que ces recommandations sont effectivement appliquées à l’échelle de l’ensemble de la planète avec le soutien des grandes institutions internationales comme l’OCDE, le FMI, la Banque mondiale, la Banque centrale européenne, et la plupart des gouvernements. Lire la suite

La lutte contre la dette et le microcrédit s’organise en Asie du Sud

Les 3 et 4 mars 2017 s’est tenu l’Atelier du CADTM Asie du Sud à Dacca, au Bangladesh. Cette rencontre internationale a réuni des activistes, des journalistes et membres d’organisations venant du pays hôte, d’Inde et du Népal1 actifs contre les dettes publiques et privées, comme le micro-crédit, et contre les projets financés par les bailleurs de fonds qui détruisent l’environnement et les moyens de subsistance de la population.

Soulignons que le Bangladesh est l’une des principales victimes du réchauffement climatique. Les inondations, les cyclones et les tempêtes sont ici monnaie courante avec des conséquences terribles notamment pour les paysans. En zone urbaine aussi, les conditions de travail sont extrêmement difficiles. Rappelons l’effondrement de l’immeuble industriel Rana Plaza, le 24 avril 2013, qui avait provoqué la mort de 1138 ouvriers du textile (en grande majorité des femmes) et gravement blessé 2500 personnes. Depuis cette catastrophe, la situation sociale s’est très peu améliorée tandis que l’État continue à payer la dette rubis sur ongle, à mener des politiques alignées sur les prescriptions mortifères du FMI. C’est dans ce pays que Muhammad Yunus a créé la « fameuse » institution de micro-finance Grameen Bank. Le modèle du microcrédit s’est généralisé dans le pays, avec une pratique de taux d’intérêt réels autour de 35 % voire plus, provoquant bien sûr des situations de surendettement aux conséquences dramatiques. Lire la suite

Contre l’immixtion de la Banque mondiale dans le vote du projet de loi sur le foncier agricole au Mali

Le CADTM Afrique (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes) constate et dénonce l’immixtion flagrante, illégale et antidémocratique de la Banque mondiale dans le vote du projet de loi sur le foncier agricole au Mali.

Une session extraordinaire qui se tient en ce moment à l’Assemblée nationale sur la réforme constitutionnelle et le projet de loi sur le foncier agricole. Nous avons contacté ce matin au téléphone un député qui soutient les organisations paysannes pour s’enquérir de la situation du vote du projet de loi. Il nous a informés qu’il y a une forte pression sur le gouvernement et sur les députés pour le vote dudit projet de loi. Lire la suite

Pour une véritable bifurcation condition de sortie de crise

livre_affiche_503De caractéristique en caractéristique, exogène, passagère, localisée, surmontée, du bout du tunnel mille fois entraperçu, un mantra domine : le déni de la crise dans sa globalité, sa multi-dimensionnalité, l’imbrication des contradictions sociales et des contradictions économiques, sans oublier les rapports avec la finitude de l’environnement.

« L’objectif de ce nouvel ouvrage est double : mieux comprendre en quoi la crise est globale et montrer qu’on ne peut en sortir qu’à la condition de s’attaquer à la logique même du sytème » Lire la suite

Pétition pour défendre et internationaliser la loi belge sur les fonds vautours


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Pour signer : http://www.cadtm.org/Petition-pour-defendre-et

Les fonds vautours sont des sociétés privées qui rachètent des dettes publiques d’États insolvables à des prix bradés, refusent délibérément de participer aux restructurations de dettes et engagent des procédures judiciaires contre ces États dans l’objectif d’obtenir le paiement de la valeur d’origine de la dette majorée d’intérêts, de pénalités et d’éventuels frais de justice. Les profits qu’ils engrangent sont exorbitants puisqu’ils représentent en moyenne trois à vingt fois leurs « investissements » ; ce qui équivaut à des rendements de 300% à 2000%1. Lire la suite

Une politique offensive contre les droits de la majorité de la population


un_president_ne_devrait_pas_tbnDans son introduction, introduction-et-sommaire-du-livre-de-la-fondation-copernic-un-president-ne-devrait-pas-faire-ca-inventaire-dun-quinquennat-de-droite/, publiée avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse, Pierre Khalfa revient sur la campagne électorale de François Hollande, la phrase d’un soir de meeting – Mon ennemi c’est la finance », sur ce bilan qu’il convient en effet de considérer comme « désastreux pour un président de la République se réclamant de la gauche » Lire la suite

Les femmes d’Europe face à l’austérité et à la dette publique

La dette, cheval de Troie d’une guerre sociale sans précédent contre les peuples d’Europe, n’est nullement neutre du point de vue du genre. Les mesures d’austérité imposées en son nom sont sexuées autant dans leurs caractéristiques que dans leurs effets.

Pour l’Union européenne, le FMI et leurs gouvernements complices, le seul moyen de résoudre la crise est d’appliquer de rigides mesures d’austérité. Selon la doxa néo-libérale, elles permettraient aux États endettés de rembourser leur dette et de retrouver le sacro-saint équilibre budgétaire. En réalité, ce tout-austéritaire n’engendre qu’un saccage social sans précédent au sein des pays sommés de l’appliquer. Le désastre humanitaire qui ravage la Grèce depuis 2010 est l’effroyable matérialisation de l’application des Memoranda of Understanding (MoU)1. Accompagnés de réformes structurelles socialement rétrogrades, ils détruisent le pays à coup de privatisations, augmentation de taxes injustes telle que la TVA, coupes dans les salaires, les pensions, la santé, l’éducation, la culture, etc. Outre cette antinomie entre développement social et austérité, toute analyse quelque peu approfondie de la crise de la dette démontre sans ambiguïté qu’elle est sexuée tant dans ses caractéristiques que dans ses effets. Loin de s’attaquer aux responsables de cette crise, aux riches et aux grands patrimoines, l’austérité touche les populations les plus fragilisées, les plus précaires et donc encore, malheureusement, majoritairement les femmes et plus particulièrement, celles qui sont les plus vulnérables (les mères célibataires, les femmes jeunes, âgées, migrantes, les femmes provenant d’une minorité ethnique, du milieu rural…). Tout comme les plans d’ajustement structurel ont appauvri les femmes du Sud, les plans d’austérité sont en train de saigner celles de l’Europe. Privatisations, libéralisations et restrictions budgétaires sabrent les droits sociaux des femmes, accentuent leur pauvreté, durcissent et aggravent les inégalités entre les sexes et sapent les ‘conquis’ féministes. Lire la suite

Perdre sa vie à la gagner

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

un_president_ne_devrait_pas_tbnEn matière de droit du travail, les modifications successives opérées tout au long du quinquennat ont été plus loin que la simple prolongation des processus de déconstruction, engagés sous les gouvernements précédents. Plus brutales aussi, avec le recours répété à l’article 49.3 de la Constitution. Avec la loi dite « Travail », une remise en cause globale est engagée, qui prendra de l’ampleur au cours des années qui vont venir, d’accords dérogatoires en accords dérogatoires. Lire la suite

Femmes : engagements non tenus

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

un_president_ne_devrait_pas_tbnL’histoire du ministère des droits des femmes est significative du déclassement progressif du thème de l’égalité entre les femmes et les hommes durant ce quinquennat. Des réformes allant dans le bon sens ont certes été entreprises, mais ce sont des demi-mesures qui ne vont pas au bout des choses. Alors que les besoins restent considérables pour rendre effectifs les droits des femmes et l’égalité, le ministère n’a jamais disposé d’un budget à la hauteur des enjeux. De plus, la poursuite des politiques d’austérité a accru la fragilisation des plus précaires, parmi lesquels les femmes – particulièrement les mères isolées – sont majoritaires. Lire la suite

Introduction et sommaire du livre de la Fondation Copernic : Un président ne devrait pas faire ça ! Inventaire d’un quinquennat de droite

Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse

un_president_ne_devrait_pas_tbnEn 2012, la campagne électorale de François Hollande avait été marquée du sceau de l’ambiguïté. La phrase d’un soir de meeting – Mon ennemi c’est la finance » – avait marqué les esprits. Elle avait fait oublier son objectif de « donner sens à la rigueur » et sa volonté de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB dès 2013, reprenant à son compte l’engagement de Nicolas Sarkozy, et annonçant ainsi la poursuite de la politique d’austérité. Son engagement à renégocier le pacte budgétaire, le traité dit Sarkozy-Merkel, rassurait. Et puis, même dubitatif, on voulait tellement malgré tout y croire un peu. Après le quinquennat qui venait de s’achever, ça ne pouvait pas être pire… Lire la suite

Procès Lagarde, la culpabilité version business class


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La Cour de justice de la République a rendu ce lundi 19 décembre son jugement dans l’affaire de l’arbitrage Tapie : l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et actuelle directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde est reconnue coupable mais reste dispensée de peine et son casier judiciaire reste vierge (!). Véritable prouesse, voire un non-sens juridique, cette sentence est définitive car il n’est pas possible de faire appel. Elle ne fait que confirmer une justice d’exception à l’égard des hauts fonctionnaires. Lire la suite

Des moyens pour une effectivité universelle de la protection sociale

arton14277-a6aa1L’évolution de la protection sociale représente deux grandes tendances. Globalement, dans les pays dits développés, les mécanismes de protection sociale subissent un démantèlement structuré sous l’égide des politiques néolibérales et des mesures d’austérité. Alors que dans les pays dits en développement, des initiatives privées et publiques pour étendre la protection sociale se multiplient, bien que leur portée reste limitée. Lire la suite

Conversion de dettes tunisiennes : le CADTM International dénonce le cadeau empoisonné de la France et de la Belgique

Le Premier ministre français a annoncé, lors de la conférence internationale sur l’investissement à Tunis les 29 et 30 novembre 2016, la décision de son gouvernement de convertir une partie de la dette de la Tunisie en investissements ; soit 1 milliard d’euros d’ici 2020, à raison de 250 millions d’euros par an. Quelques jours plus tard, le Premier ministre belge lui emboîtait le pas en annonçant une mesure similaire portant sur 3 millions d’euros de dettes tunisiennes. Lire la suite

Déclaration du CADTM Afrique à l’issue de sa seconde université d’été à Niamey (Niger)

La deuxième Université du Réseau CADTM Afrique s’est tenue dans la ville de Niamey, au Niger, du 7 au 9 octobre 2016 sous le thème « Unissons-nous contre les dettes illégitimes », pour des audits citoyens des dettes publiques et l’abolition des dettes illégitimes.

Cette rencontre destinée à la formation des membres du Réseau a permis aussi d’échanger entre les quatre-vingt-dix militantes et militants venu-e-s de six (6) pays africains (Burkina Faso, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, Côte d’Ivoire et Togo) et les représentant-e-s venu-e-s de pays européens (Belgique).

Le mécanisme de la dette comme système de transfert des richesses du Sud vers le Nord et ses conséquences sur la vie des peuples de notre continent ont été au centre des travaux de cette université.

Nous, mouvements sociaux réunis à cet effet à Niamey, au Niger, avons au cours de cette édition traité de plusieurs thèmes qui touchent les problèmes qui entravent le développement de l’Afrique. Ainsi, nous avons parlé de ce qui suit : Lire la suite

Voyage à l’intérieur du monde du fracking


cover_def-e1473064452895Dans sa préface « 
Les industries extractives : les nouvelles violations des droits humains et des peuples », preface-dadolfo-perez-esquivel-a-louvrage-la-passion-du-schiste-democratie-capitalisme-environnement-en-argentine/, publiée avec l’aimable autorisation du CETIM, Adolfo Pérez Esquivel aborde, entre autres, les droits humains, les lieux de vie des « peuples indigènes », les entreprises extractives, les conflits « environnementaux », l’Amazonie et la compagnie Chevron, les hydrocarbures conventionnels ou non, l’impunité judiciaire, les droits des populations autochtones, les communautés mapuche, l’entreprise YPF, la fracture hydraulique (fracking), l’expertise démocratique contre quelques experts « juge et partie »… Lire la suite

Préface d’Adolfo Pérez Esquivel à l’ouvrage : La passion du schiste. Démocratie, capitalisme, environnement en Argentine

Avec l’aimable autorisation du CETIM

Les industries extractives : les nouvelles violations des droits humains et des peuples

cover_def-e1473064452895Les droits humains étaient au début circonscrits à des segments déterminés de la vie de la société ou des indivi­dus. Ils s’étendent aujourd’hui aux espaces physiques et aux écosystèmes naturels, lieux de vie des peuples indigè­nes. Ces derniers, qui vivent dans une relation étroite avec la Terre mère, sont conscients de sa valeur. Ils maintien­nent depuis toujours l’équilibre adéquat pour que l’environnement naturel reste sain et puisse perdurer. Malheureusement avec le temps, le « marché », qui ré­pond à divers intérêts, ni nationaux, ni collectifs mais bien transnationaux et individualistes, a transformé ces biens naturels en objets lucratifs. Les entreprises et les politiques publiques privilégient le capital financier par rapport à la vie des peuples. Lire la suite

Changer le système, pas le climat » – Conférence internationale Tous à Safi les 4 et 5 novembre 2016

Voilà 15 ans, le Maroc accueillait la COP 7. Cette année la Conférence des parties sur le changement climatique prépare sa 22ème édition, à nouveau au Maroc. Que s’est-il passé pendant ces 15 ans? Pas grand chose. La COP de Kyoto (1997) a misé sur le marché pour contrôler les émissions de carbone. Le protocole de Kyoto, entré en vigueur seulement en 2005 a confirmé que les mécanismes du marché n’ont pas permis de réduire ces émissions qui ont continué d’augmenter de 2% par an (5ème rapport du GIEC). Lire la suite

La protection sociale à l’épreuve de l’égalité entre les femmes et les hommes

Notre système de protection sociale a été mis en place au sortir de la Seconde guerre mondiale. Il répondait à l’objectif d’assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans les cas où ils se trouvent dans l’incapacité de travailler. Les causes d’incapacité concernées étaient la maladie, l’invalidité, l’accident du travail, la vieillesse et la maternité ; le chômage, qui n’était pas une préoccupation à l’époque, n’a été intégré que plus tard. Ce système s’est construit sur le statut de travailleur (plus restrictif donc que celui de citoyen) et sur la base du modèle de famille patriarcale, avec l’homme « gagne-pain » et la femme qui assure la gestion de la famille. L’ordonnance qui instaure la Sécurité sociale parle ainsi des travailleurs et de leurs familles1. L’homme, travailleur, émancipé, a des « droits propres », directs, à la protection sociale. La femme bénéficie de « droits dérivés » ouverts par le statut d’épouse et/ou de mère. C’est une logique de dépendance. Elle aboutit aujourd’hui à ce que de nombreuses femmes séparées ou divorcées, qui n’ont pas acquis de droits propres, se retrouvent sans couverture sociale adéquate, sans retraite hors du minimum vieillesse, et passent de la dépendance envers leur mari à celle envers les minimas sociaux. Même si le système de protection sociale a évolué au fil du temps, il reste inadapté, de diverses manières, au regard des mutations de la société, en particulier des modes de vie. Il doit se transformer de manière à associer étroitement les principes de solidarité et d’égalité entre les femmes et les hommes. Lire la suite